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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 27 mars 2017 11 min

Nicolas Dupont-Aignan : "Je veux que mon pays ait les moyens d'assimiler ceux qui arrivent sur notre sol"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Nicolas Dupont-Aignan

Le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter.

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Présentateur

Bonjour Nicolas Dubon-Aignan. Bonjour Patrick Cohen. Si on vous l'avait proposé, vous seriez allé à Moscou serrer la main de Vladimir Poutine ?

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Nicolas Dupont-Aignan

Pas en période électorale, mais parce que je pense que, en tout cas, la place d'un candidat à l'élection présidentielle, c'est auprès des Français. Ou alors, il faut passer beaucoup de temps à l'étranger, parce que j'aimerais serrer la main à beaucoup de dirigeants.

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Présentateur

Que pensez-vous de ceux qui ont parlé à propos de cette visite et de cette rencontre, Le Pen-Poutine, d'allégeance ? François Bayrou, par exemple, a parlé d'allégeance, non ?

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Nicolas Dupont-Aignan

C'est complètement excessif. En vérité, encore une fois, la campagne aborde des faux sujets, polémiques, qui n'ont aucun intérêt. La vraie question, c'est comment on va résoudre les problèmes des Français, les problèmes quotidiens, pouvoir d'achat, impôts, sécurité. École publique, hôpital public. Je suis candidat, parce que je suis différent des autres. Je suis maire d'une ville de banlieue depuis 20 ans. Je vois à quel point nos dirigeants politiques sont déconnectés de tout. D'ailleurs, ils ne parlent que d'eux, que de leurs problèmes, de leurs affaires, de leurs... Tout ça ne m'intéresse plus du tout.

Et la seule chose qui m'intéresse, c'est d'offrir aux Français un programme pour résoudre leurs problèmes.

1:17
Présentateur

Bon, alors, votre programme, on va en parler. En janvier, il y a un aspect de votre programme, vous ne l'avez pas cité à l'instant. En janvier, vous disiez que ce serait l'un des axes principaux de votre campagne. C'est la question migratoire. Vous avez un programme copieux de fermeture des frontières, de contrôle, d'expulsion. Mais votre particularité, c'est que vous semblez croire à la théorie du grand remplacement. Vous pensez que la gauche veut délibérément remplacer ce qu'on appelle les Français de souche par des immigrés ?

1:47
Nicolas Dupont-Aignan

Je n'ai jamais dit ça. Vous êtes dans la caricature totale. J'ai simplement dit ce que ressentent tous les Français sur notre territoire. J'ai simplement dit à la lumière des chiffres objectifs de 2016, où la natalité s'est effondrée, 198 000 excédents de naissances sur les décès en 2016 contre 300 000. Donc 100 000 de moins en 10 ans. J'ai simplement dit qu'en détruisant la politique d'aide aux familles natalistes, qui avaient survécu d'ailleurs sous Mitterrand, comme sous tous les présidents, François Hollande a pris la responsabilité d'affaiblir notre démographie. Donc c'est notre système de retraite qui à terme sera affaibli.

Les familles françaises aimeraient avoir un peu de pouvoir d'achat pour vivre. Et j'ai simplement dit que quand les flux migratoires devenaient supérieurs à l'excédent des naissances, eh bien le pays changeait de population. Et élu de banlieue, tous les jours, je vois les dégâts d'une absence d'assimilation. Je crois à l'assimilation républicaine, à l'école publique. Je veux tout simplement que mon pays ait les moyens d'assimiler ceux qui arrivent sur notre sol.

Et encore une fois, dès qu'on parle bon sens dans notre pays, dès qu'on veut résoudre les problèmes, c'est-à-dire tout simplement en disant qu'on va freiner l'immigration fortement pour pouvoir intégrer ceux qui sont sur notre sol, pour pouvoir redonner une espérance, une dignité aux enfants d'étrangers qui sont français, eh bien tout de suite on vous caricature, grand remplacement, machin. C'est vous qui avez parlé de remplacement ? Non, jamais.

3:10
Présentateur

Tweet du 17 janvier, vous commentez le bilan démographique de l'INSEE. En 2016, les socialistes compensent la baisse de la natalité par l'invasion migratoire. Le changement de population, c'est maintenant. Vous cherchez des polémiques là où il n'y en a pas. C'est l'idée, d'abord vous avez parlé vous-même de remplacement au micro de France Info.

3:29
Nicolas Dupont-Aignan

De remplacement progressif. Et j'ai dit justement, si vous aviez écouté, que ça peut alimenter des thèses qui sont excessives. Et j'ai parlé de thèses excessives. Est-ce qu'un jour, en France, on peut poser les problèmes tels qu'ils sont et pas tels qu'une certaine intelligentsia ne veut pas voir ? Il y a un problème migratoire en France. Une invasion migratoire ? Il y a une invasion migratoire en Europe.

3:52
Présentateur

C'est vrai qu'on est le pays de l'OCDE, l'un des pays de l'OCDE qui accueille le moins d'immigrés. C'est votre choix. C'est pas un choix, c'est un fait, monsieur Dupont-Aignan.

3:58
Nicolas Dupont-Aignan

J'ai une autre vision des choses. Comme beaucoup de Français, il suffit d'aller dans un hôpital. Il suffit d'aller partout dans notre pays. Tous les Français le ressentent. Et je ne propose pas la fermeture. Je propose d'aider l'Afrique. Je suis le seul qui en parle. C'est-à-dire un vrai plan pour le développement de l'Afrique européen. Au lieu de donner 1000 milliards d'euros aux banques chaque année, je propose qu'il y ait une vraie aide pour l'Afrique, pour stabiliser les populations, notamment l'agriculture africaine. Il n'y en a pas un candidat qui en parle. Je propose de contrôler nos frontières nationales. car c'est quand même la moindre des choses de savoir qui rentre chez soi.

Et je propose de supprimer les aides sociales pendant 5 ans pour les étrangers pour qu'ils contribuent à la collectivité avant de recevoir des prestations. Et c'est un plan équilibré. Je ne propose d'ailleurs pas l'arrêt de l'immigration parce qu'il y a les étudiants qui arrivent, parce qu'il est normal qu'il y ait des étrangers qui arrivent sur notre sol. C'est un quasi-arrêt quand on lit l'ensemble de vos mesures.

4:48
Présentateur

Interdire les mariages avec les étrangers en situation irrégulière. Voter un plafond d'immigration, durcir les règles du regroupement familial, refonder le droit d'asile, durcir les conditions d'accès à la naturalisation, supprimer l'enseignement des langues et des cultures d'origine primaire, la double peine automatique.

5:09
Nicolas Dupont-Aignan

C'est bien, mais je suis ravi que vous fassiez l'énoncé de mon programme. Je l'assume totalement, oui. Il est temps de changer avant que notre pays parte dans le décor. Et je pense que la priorité absolue, c'est de donner un boulot aux enfants de nos banlieues comme au monde rural qui sont en train de crever. La priorité absolue, c'est de réconcilier les Français. Et nous ne pourrons réconcilier les Français que si nous bloquons l'immigration à un flux raisonnable annuel. J'ai proposé 100 000 au lieu de 200 000, ce qu'il y avait sous Jospin Chirac. Ça ne me paraît pas excessif. Il n'y a pas d'immigration zéro, mais il n'y a pas non plus l'anarchie qui règne aujourd'hui.

Il suffit d'aller le long des autoroutes où vous avez des pauvres gens qui dorment sous des tentes. Si c'est ça le modèle républicain, eh bien continuons, continuez avec M. Macron ou comme ça. Mais moi, ce n'est pas ma tasse de thé.

5:58
Présentateur

En tout cas, pour terminer sur cette idée, cette polémique du remplacement ou du remplacement, ça n'est pas, à vos yeux, un choix délibéré, planifié,

6:07
Nicolas Dupont-Aignan

comme les adeptes de la théorie le porte. C'est l'inconscience de beaux esprits qui vivent dans les beaux quartiers et qui ne reçoivent jamais chez eux ceux qu'ils font accueillir par les autres, et notamment les catégories les plus modestes de notre pays qui souffrent, les chômeurs, les ouvriers, qui, eux, n'ont plus rien et qui doivent accueillir toujours plus. C'est triste.

6:30
Présentateur

Voilà. Bon. Alors, tout autre sujet. Il y a un personnage à qui vous avez serré la main ces derniers jours. Vous vous en félicitez sur votre blog. C'est pour ça que je vous en parle. C'est le professeur Joyeux, le héros des anti-vaccins qui, dites-vous, mène un combat exemplaire et dont vous êtes fiers d'avoir signé la pétition. Vous saviez qu'il est interdit d'exercer la médecine ? Non, mais il n'est pas du tout interdit.

6:50
Nicolas Dupont-Aignan

Il a une procédure devant le Conseil de l'Ordre. Il est radié. Et il n'est pas du tout radié. Il est en appel. Si je peux terminer. Oui. Qu'est-ce qu'il dit ? Il dit que l'industrie pharmaceutique, avec la complicité du ministère de la Santé, a cessé la production d'un vaccin obligatoire qu'il faut administrer à nos enfants, qui est le vaccin traditionnel diphtérie, tétanos, polio. Comme par hasard, ce vaccin a disparu des pharmacies. D'ailleurs, le Conseil d'État... Comme par hasard, c'est-à-dire qu'il y a... Si je peux terminer ma phrase. Comme par hasard, si on peut avoir un raisonnement, comme par hasard, ce vaccin a disparu des pharmacies.

Et le Conseil d'État, d'ailleurs, vient de donner l'ordre au gouvernement et à l'industrie pharmaceutique de le fournir. Parce que, en supprimant ce vaccin, qui était à 7 euros par hasard, ils ont proposé un vaccin à 42 euros, qui oblige à vacciner avec 6 vaccins l'hexavalent, notamment l'hépatite B, qui n'est absolument pas nécessaire pour les enfants, et qui présente des risques. Et bien, si je peux terminer ma phrase...

7:48
Présentateur

C'est le risque, la question des risques.

7:49
Nicolas Dupont-Aignan

Si je peux terminer ma phrase, je tiens à la vaccination obligatoire sur les vaccins éprouvés, mais, comme lui, et comme un million de Français qui ont déjà signé sa pétition, j'estime que l'industrie pharmaceutique n'a pas à imposer la vaccination de nos enfants, de nos bébés, sur des vaccins qui ne sont pas rendus obligatoires par l'État. Et je crois que ce sont des sujets graves de santé publique que l'avidité d'une certaine industrie pharmaceutique, l'avidité d'argent, les complicités au sein du gouvernement font que le Conseil d'État a condamné le gouvernement sur ce point. Il n'y a rien d'exceptionnel. Moi, je souhaite qu'il y ait une liberté minimum.

Les vaccins non obligatoires ne doivent pas être administrés de force à nos enfants. C'est point, c'est tout. Il n'y a rien d'exceptionnel. Et je pense que la santé publique...

8:35
Présentateur

Le point sensible, c'est qu'il n'y a aucune preuve scientifique des dangers que vous soulignez, Nicolas Dupoignan. Et ça a été souligné, c'est dans les motifs de la radiation de l'ordre des médecins. C'est-à-dire, il a été radié pour avoir proféré des contre-vérités sans preuve scientifique

8:47
Nicolas Dupont-Aignan

et dangereuse pour la population. C'est pas vrai. Si je peux continuer, c'est curieux, c'est que les vaccins à l'aluminium que conteste le professeur Joyeux ont été interdits aux États-Unis pour les chiens et les chats tellement ils avaient des faits cancérogènes. Alors, en 95.

9:01
Présentateur

Donc, il faut arrêter. Nous avons évité à ce micro des spécialistes sérieux de vaccins. Nous avons fait une émission complète à 8h20 sur ce sujet. Non pas avec un ancien cancérologue, un cancérologue à la retraite qui ne fait pas un expert en vaccinologie, Nicolas Dupoignan. Mais bien sûr,

9:14
Nicolas Dupont-Aignan

des experts en vaccinologie payés par les laboratoires pharmaceutiques, on sait comment ça marche. Et je trouve regrettable que vous relayiez des laboratoires pharmaceutiques. Les complots sont partout. Il n'y a pas de complot. Il y a simplement le besoin de la liberté. Vous feriez mieux d'être un peu plus prudent, M. Cohen, sur ce que vous dites, parce que là, c'est la santé de nos enfants qui est en jeu. Et je crois justement qu'il y a besoin d'un président de la République. Et c'est pour ça que je suis candidat qui n'est pas à la merci des lobbies. Et je regrette que France Inter dans cette affaire soit à la merci des lobbies. Par votre intermédiaire. Vous agitez des peurs ?

Je n'agite pas des peurs, je dis des vérités. Et en tout cas, la parole est libre en France. Et je serai le président justement qui ne sera pas à la merci des lobbies, des intérêts qui gouvernent la France depuis tant d'années, que ce soit la grande distribution, l'industrie pharmaceutique et les autres. Et il serait temps dans notre pays que le pouvoir politique soit indépendant.

10:00
Présentateur

Nicolas Dupont-Aignan, invité de France Inter. On vous retrouve dans quelques minutes.