Contre-Matinale #81 | Retour de manif, jeunes morts au travail, séniors en souffrance : L'actu du jour
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 7 %Attaque 59 %Défensif 34 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 51:35OuverteRéponse directe
Que pensez-vous de l'héritage des luttes sociales et de leur impact aujourd'hui ?
- 52:39OuverteRéponse directe
Pouvez-vous nous parler des conditions de vie en EHPAD et des maltraitances ?
- 55:59OuverteRéponse directe
Quels sont les principaux problèmes dans les EHPAD publics ?
- 59:16OuverteRéponse directe
Pourquoi les listes d'attente sont-elles si longues en EHPAD publics ?
- 1:02:42OuverteRéponse directe
Comment anticiper les démarches pour éviter le placement en EHPAD ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:55PrésentateurFait
« Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues pour réclamer une hausse des salaires. »
- 2:17PrésentateurFait
« Emmanuel Macron envisage de créer une sorte de durée légale de travail modulable, selon l'âge notamment. »
- 2:40PrésentateurFait
« Contrairement à ce qu'Emmanuel Macron pense, les jeunes au travail, ça rime très souvent justement avec accidents du travail. »
- 4:49PrésentateurChiffre
« Les syndicats ont recensé plus de 170 rassemblements qui ont réuni 150 000 manifestants en France selon la CGT. »
- 4:59PrésentateurChiffre
« Face à une inflation qui ne cesse de grimper, chiffrée à 2,8%, l'augmentation des salaires est une urgence. »
- 5:13PrésentateurChiffre
« Des pancartes rappellent que ce sont 5 700 lits qui ont été fermés pendant la période de pandémie. »
- 5:31PrésentateurChiffre
« La grande colère des salariés d'EDF s'est aussi fait entendre. Place de la Bastille poursuit Mediapart après une grève record la veille et en mobilisant plus de 42% des salariés du groupe public. »
- 6:08PrésentateurChiffre
« Ils étaient 20 000 à marcher à Paris selon la CGT et 4 000 à Lyon selon les syndicats. »
- 6:50PrésentateurFait
« Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé vouloir dissoudre le média de gauche. »
- 7:04PrésentateurFait
« Les faits reprochés remontent au 21 janvier dernier. »
- 7:49PrésentateurFait
« Révolté, le 25 janvier, le ministre de l'Intérieur annonçait vouloir dissoudre le collectif. »
- 17:04InvitéFait
« Il y avait eu cette déclaration de 2016 où Emmanuel Macron déclarait déjà que 35 heures, finalement, ce n'était pas long pour un jeune. »
- 17:26InvitéChiffre
« Il y a une étude de l'INRS qui dit que les moins de 25 ans ont 2,5 fois plus de chances d'avoir un accident du travail. »
- 20:08InvitéFait
« Ce jeune salarié, il avait enchaîné 11 jours de travail consécutifs. »
- 20:17InvitéFait
« Il enchaînait sa dixième heure de travail. »
- 46:52InvitéFait
« quand tu sortais manifester, tu te faisais jeter d'un pont et tu te voyais dans la scène et personne ne disait rien »
- 47:36InvitéFait
« Assa Traoré elle rassemble plus de 100 000 personnes place de la République après le confinant aucune force politique ne fait ça aujourd'hui »
- 48:33InvitéFait
« Gaï-Kamara s'est fait tuer par la police une balle dans la tête »
- 48:34InvitéFait
« nous avons eu deux non-lieux le premier en septembre 2019 l'autre en janvier 2021 »
- 48:54InvitéFait
« Baguille était témoin principal dans la mort d'Adama »
- 49:04InvitéFait
« il a été innocenté »
- 53:06PrésentateurFait
« les résidents sont rationnés en protection hygiénique nourriture et limité en nombre de toilettes quitte à macérer dans leurs excréments »
- 56:41InvitéFait
« il y a une carence patente des personnels dans ces établissements »
- 56:55InvitéFait
« il faut mettre l'argent à la poche et prendre des boîtes d'intérim pour compenser les absences et que ça coûte beaucoup plus cher »
- 58:17InvitéFait
« il n'y a personne derrière pour vérifier c'est-à-dire que s'il manque quelqu'un une journée lambda il n'y a pas quelqu'un qui va dire ah ben là c'est une infirmière pour 40 patients alors que ça devrait être pour 20 patients »
- 59:23InvitéFait
« les places sont limitées les tarifs sont moins chers parce que subventionnés un peu plus par l'État »
- 1:05:05InvitéFait
« on juge de la valeur de la population d'un État de la manière où on traite ces personnes âgées »
Temps de parole
- Présentateur38 %
- Invité27 %
- Invité 216 %
- Invité 313 %
≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Plus longtemps, très contente de vous retrouver aujourd'hui pour la dernière matinale de la semaine que j'aimerais introduire avec des remerciements. Jamie, l'Elisa a été sur le terrain hier et ils m'ont fait part des gentils messages d'encouragement que vous avez adressés à toute l'équipe du Média qui se joint à moi pour exprimer notre gratitude. Votre soutien passe par la bienveillance et se traduit aussi par les likes et partages qui boostent nos contenus et notre chaîne. On ne le répétera jamais assez, l'indépendance a un coût et la gratuité de nos contenus aussi. On compte sur votre sens de l'engagement et votre générosité pour permettre à la contre-matinale de vivre.
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Toujours sur le travail, Emmanuel Macron envisage de créer une sorte de durée légale de travail modulable, selon l'âge notamment. En gros, les seniors resteraient à 35 heures et les jeunes pourraient se voir imposés comme base 40 ou 45 heures pour avoir un éclairage vraiment informé sur les jeunes au travail aujourd'hui. Les jeunes en souffrance au travail, nous avons contacté Mathieu Lépine, enseignant qui effectue une veille permanente sur les accidents du travail. Une veille consultable via le compte Twitter, accidents du travail. Et contrairement à ce qu'Emmanuel Macron pense, les jeunes au travail, ça rime très souvent justement avec accidents du travail.
La question de la maltraitance des personnes âgées qui séjournent dans les établissements d'hébargement pour personnes âgées dépendantes, dit EHPAD, et plus globalement dans le milieu de la santé, ressurgit après la publication du livre Enquête, les Fossoyeurs du journaliste Castanet. L'auteur y révèle les dérives dans les EHPAD du groupe Orpea. Pour en parler avec nous en visio, docteur Sonia Amarouch, médecin généraliste affecté au service SSR gériatrique à la clinique Clean Alliance de Fontenay-aux-Roses. Elle pratique la gériatrie depuis plus de 10 ans par passion. Nous entendrons également Valérie Descaires, Véronique Descaires, directrice d'école retraitée.
Elle témoignera des conditions de vie de sa mère et de sa belle-mère en EHPAD public. Mettons nos forces en commun, c'est l'intitulé du meeting du comité Adama Traoré, qui a réuni 600 personnes au théâtre de Jazé à Paris, mardi 25 janvier dernier. Le rendez-vous était donné pour évoquer les luttes du comité et la nécessité de les poursuivre les cinq années à venir. Aux côtés de Hassat Traoré, de nombreux invités étaient présents. Tahabou Hafs et Benoît Dervelli ont produit un reportage que l'on diffusera en fin d'émission. Il est 7h49, vous regardez ou écoutez la 81e contre-matinale du Média. Et on commence avec la titrologie.
Une revue des titres qui s'intéresse davantage aux une de la presse indépendante. C'est une demande qui revient souvent en commentaire sur YouTube et à laquelle je réponds volontiers par cette titrologie qui porte exclusivement aujourd'hui sur la presse indépendante. Tout augmente sauf nos salaires. La presse s'intéresse bien évidemment à la grève interprofessionnelle qui a eu lieu hier jeudi 27 janvier. Des cortèges de travailleurs, de retraités et de lycéens ont défilé avec le même mot d'ordre. L'augmentation générale des salaires et des pensions. Les syndicats ont recensé plus de 170 rassemblements qui ont réuni 150 000 manifestants en France selon la CGT.
Reportage à Paris pour Mediapart et à Lyon pour Rapport de force. Face à une inflation qui ne cesse de grimper, chiffrée à 2,8%, l'augmentation des salaires est une urgence. Les petites mains du service public étaient nombreuses sur l'estrade, rapporte Mediapart, pour redire l'effritement des hôpitaux et des écoles. Des pancartes rappellent que ce sont 5 700 lits qui ont été fermés pendant la période de pandémie. La grande colère des salariés d'EDF s'est aussi fait entendre.
Place de la Bastille poursuit Mediapart après une grève record la veille et en mobilisant plus de 42% des salariés du groupe public contre la décision gouvernementale de faire payer à la société la flambée des prix de l'électricité. Par ailleurs, les enseignants qui s'étaient largement mobilisés le 13 janvier étaient également de retour dans la rue pour dénoncer les miettes que leur accordait le Premier ministre. Aucune volonté de créer de nouveaux postes et exprimer leur agacement face aux protocoles qui changent sans cesse. La fonction publique territoriale était aussi présente.
Parmi eux, des personnels de cantine, des agents périscolaires, des secrétaires et attachés municipaux, départementaux, régionaux, des éboueurs, des égoutiers en gros toute la France. Ils étaient 20 000 à marcher à Paris selon la CGT et 4 000 à Lyon selon les syndicats, rapportent rapport de force. Les revendications et les craintes sont les mêmes sur l'ensemble du territoire. Les prix augmentent plus vite que le niveau de vie. Derrière l'épais de misère et la dégradation des conditions de travail, c'est la précarité qui s'enracine, souligne rapport de force, qui a donné la parole à de nombreux manifestants. Notre journaliste, Tulip, s'est aussi rendu à la manifestation.
Nous y reviendrons dans cette matinale. Du côté de reporters, on parle de la liberté de la presse et du média Nantes révolté, menacé par le gouvernement. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé vouloir dissoudre le média de gauche. C'est une offensive contre la liberté de la presse. S'insurgent les membres. Les faits reprochés remontent au 21 janvier dernier. Mais à Nantes, ce tenait une manifestation contre, je cite, la politique sanitaire du gouvernement et les idées rampantes de l'extrême droite qui gangrène le pays. Elle a rassemblé 600 personnes, ce qui est un petit score pour une ville habituée aux forts mouvements sociaux, pour un cortège au flambeau.
Plusieurs vitrines de grandes enseignes ont été brisées et un pied de statut tagué, écrit reporter. L'opposition nantaise s'est alors saisie de ce qu'elle a nommé un saccage. Les élus municipaux Laurent Garnier, les Républicains et Valérie Oppelt, la République en marche, ont demandé des comptes à la mairie socialiste de Nantes. Johanna Roland, la présidente de région, dans une lettre à Gérald Darmanin, a demandé, elle, la dissolution du groupuscule d'ultra-gauche Nantes révolté. Révolté, le 25 janvier, le ministre de l'Intérieur annonçait vouloir dissoudre le collectif.
Je cite, une fois que les choses seront construites et que nous serons inattaquables, je proposerai au président de la République, a-t-il dit à l'Assemblée nationale. Depuis, la machine médiatique s'est emballée, jusqu'à affirmer que le groupe Nantes révolté avait à présent 15 jours pour faire valoir ses arguments au gouvernement. Une actualité sur laquelle est longuement revenu mon collègue Jemil, lors de la matinale d'hier, qui a reçu Louise, membre des cerveaux non disponibles, et Jean-Michel de Nantes révolté.
Primaire populaire, un scrutin hors sol pour les quartiers, c'est la une du jour de Bondyblog, qui maintient encore son regard critique à l'égard d'une gauche qui, je cite, « a trahi les quartiers pendant 20 ans ». Les votes pour la primaire populaire s'ouvrent aujourd'hui, jusqu'au 30 janvier, dans l'idée d'investir un ou une candidate unique d'une gauche de plus en plus fracturée, raconte Bondyblog, dans les quartiers populaires et notamment en Seine-Saint-Denis. Militants et habitants ont pour le moment du mal à croire au rassemblement.
On peut y lire des témoignages forts, et notamment celui du cofondateur de la Seine-Saint-Denis au cœur, Ali Duhara, qui déclare « la candidature de Taubira est selon moi opportuniste ». J'ai du mal à voir en elle la personne providentielle. Sur le plan humaniste, oui, elle fait le boulot, mais si l'on regarde entre les lignes, elle limite libéral sur les questions sociales et économiques. Je crois davantage à la mort imminente du Parti socialiste et à la recomposition de la gauche à l'issue de ce scrutin. C'est à ce moment-là que les quartiers populaires devront se tenir prêts. Pour le moment, la gauche continue de mépriser celles et ceux qu'elle dit représenter.
À aucun moment, il n'est question des gens qui souffrent de justice sociale. C'est pourquoi on ne va pas voter, on est résigné. Fin de citation. Un commandant de police d'Épinay-sur-Seine visé par une plainte pour harcèlement sexuel, Street Press nous rapporte l'histoire effroyable de Sarah, une jeune femme autiste qui s'est rendue au commissariat d'Épinay pour porter plainte qu'on s'entre son mari violent. Au cours de la procédure, elle va croiser le commandant Thierry B, qui va pendant près d'un mois la harceler sexuellement. A l'appui de ces accusations, Street Press publie les SMS salaces et racistes envoyés par l'officier de police judiciaire à la victime.
Saisi, le parquet de Bobigny a ouvert une enquête. Notre collègue Tulipe est allée hier sur le terrain pour couvrir les mobilisations. Durant cette journée de grève interprofessionnelle, dès 7h55, un blocus a eu lieu au lycée Brassens, ce qui a encore été une fois violemment réprimé. Et celui du lycée Fennelon a rencontré plus de succès qu'on pourrait expliquer par une moindre répression policière.
Attention, attendissance à la loi, vous devez vous disperser et quitter les lieux.
Dès 14h, notre journaliste a rejoint la manifestation syndicale interprofessionnelle au départ de Bastille. Entre quelques tensions et les petits pas amusés du sosie de Jean-Michel Blanquer, Tulipe a pu réaliser quelques interviews qu'on vous invite à regarder.
On a annoncé les frais d'inscription. Ils ont été formés pendant deux ans. Pendant deux ans, les étudiants ont juste galéré. Et donc, on a eu plein d'étudiants qui ont été dans des situations financées et que peu importe son origine sociale, on puisse aller à l'université. Actuellement, on a fait trois piquets de grèves. L'une, elle est à Genevilliers dans le 92, l'autre est à Cronompost dans le 94. On lutte tous ensemble pour que nous soyons régularisés. C'est des camarades qui travaillent, qui travaillent depuis des années. Donc, on a vu que pour être régularisé ici, c'est trop difficile, trop dur.
Donc, on n'a pas d'autre moyen que de faire une lutte pour quand même qu'on puisse obtenir nos droits. Aujourd'hui, je me suis mobilisé avec mes collègues et avec l'ensemble des organisations syndicales et des travailleurs pour l'augmentation des salaires. Nous, on travaille jusqu'à 41 heures pour les temps pleins dans l'éducation nationale. On est les surveillants dans les collèges et les lycées. On travaille pour un SMIC. Depuis la crise sanitaire, on a nos missions qui se sont énormément accrues. On doit gérer les protocoles sanitaires, en plus de toutes nos autres missions de surveillance des élèves et d'accompagnement éducatif.
Et on était là aujourd'hui pour demander une augmentation de nos salaires, le dégel du point d'indice pour les fonctionnaires et la prise en compte de nos missions pour qu'enfin, on soit reconnu à notre juste valeur pour ce qu'on fait. Aujourd'hui, nous sommes mobilisés pour les salaires puisque ça a commencé le 25 janvier, première journée des salaires sur l'énergie. Donc, on s'est mobilisés justement pour avoir une augmentation de salaire parce qu'aujourd'hui, avec l'inflation, ça devient de plus en plus compliqué. Donc, aussi, avec l'annonce du gouvernement le 14 janvier pour demander à EDF de compenser la hausse de 4% d'augmentation des prix de l'électricité.
Nous sommes mobilisés aussi dans l'intersyndécale, la CFE, la CFDT, FO. Et pareil, nous demandons un retrait de cette demande du gouvernement qui devrait, au travers de la baisse de la TVA, c'est un des moyens, un des leviers pour justement diminuer l'augmentation des prix de l'électricité.
On parle toujours travail, c'est l'ébdomadaire souverainiste Marianne qui l'a révélé. Emmanuel Macron envisage de créer une sorte de durée légale du travail modulable, selon l'âge notamment. En gros, les seniors resteraient à 35 heures et les jeunes pourraient se voir imposer comme base 40 ou 45 heures. L'info est d'autant plus crédible que déjà, dans des images d'un documentaire de TF1, racontant sa campagne de 2017, Macron développait déjà cette théorie.
Par contre, si dans une boîte, ils sont capables de se mettre d'accord pour travailler 32 heures, parce que ça sauve des jobs, ou pour travailler 40 heures, 100 heures sup, parce qu'il faut faire ça pour répondre aux commandes, on va gagner des parts de marché. La réduction du temps de travail, elle doit être à partir d'un certain âge. 35 heures, c'est du baratin pour quelqu'un qui a 30 ans. Un enseignant, une enseignante, tu pars. Quand elle a 55 ans, le bruit, c'est deux fois plus que 3 ans.
Et quand t'es jeune, d'ailleurs, ce qui est la vraie façon de contourner le problème des chemins de jeunes, 35 heures, c'est de la pipe, c'est 40 ou 45 heures, parce que t'apprends ton job en même temps. Parce que si tu as une dégression des heures de travail avec l'âge, tu peux très bien travailler jusqu'à 65 ans. C'est une très bonne idée. C'est-à-dire que toi, tu dis, on module pas seulement selon le secteur d'entreprise, mais aussi l'âge.
Pour avoir un éclairage vraiment informé sur les jeunes au travail aujourd'hui, les jeunes en souffrance au travail, nous avons contacté Mathieu Lépine, enseignant, qui effectue une veille permanente sur les accidents du travail, une veille consultable via le compte Twitter, accidents du travail, contrairement à ce qu'Emmanuel Macron pense. Les jeunes au travail, ça rime très souvent justement avec accidents du travail.
Il y avait eu cette déclaration de 2016 où Emmanuel Macron déclarait déjà que 35 heures, finalement, ce n'était pas long pour un jeune. Ce qu'il faut savoir, c'est que toutes les études le montrent, la probabilité d'avoir un accident du travail quand on est jeune, elle est supérieure à celle des travailleurs plus âgés. Et ça s'explique par tout un tas de raisons. Il y a une étude de l'INRS qui dit que les moins de 25 ans ont 2,5 fois plus de chances d'avoir un accident du travail, notamment au début de leur mission.
C'est vrai que c'est une étude de l'OIT aussi qui disait que dans les premiers mois d'un emploi représente le moment le plus accidentogène, puisqu'on arrive dans l'entreprise, on apprend encore des habitudes, etc. Et ça touche notamment particulièrement les jeunes. Les jeunes pour plusieurs raisons. la question de la formation, tout d'abord. Ensuite, la question de l'expérience, bien évidemment. Ensuite, ça va être aussi peut-être une certaine insouciance chez les jeunes. Moi, j'ai beaucoup de formateurs aux questions de sécurité et de santé qui me rapportent que justement, les jeunes ne prennent pas forcément assez sérieusement, on va dire, en compte la question des accidents du travail.
D'ailleurs, tout montre que plus le travail de prévention est fait en avant chez ces jeunes, moins justement ils vont avoir de chances d'avoir un accident derrière. Plutôt que de les faire travailler davantage, peut-être faudrait-il les former davantage. C'est vrai qu'à l'entendre, on pourrait penser que les jeunes ne sont pas touchés par tous ces accidents. Or, tout montre qu'ils le sont davantage aussi, parce qu'ils vont avoir moins connaissance de leurs droits, par exemple, lorsqu'ils arrivent dans une entreprise ou sur un chantier. Donc, ils vont peut-être moins faire valoir leurs droits.
Ils vont aussi moins facilement remettre en question des ordres qui vont leur être donnés que s'ils avaient eu l'expérience. Et à ce moment-là, ils auraient peut-être pu dire, non, je ne ferai pas ça parce que c'est trop dangereux.
Les jeunes sont également très vulnérables face aux emplois et aux usages professionnels dangereux, tout simplement parce qu'ils font souvent face à une grande précarité.
On a aussi chez les jeunes la question de la précarité. Quand on est jeune, on cherche un emploi, on veut entrer dans le monde du travail. Parfois, on va accepter des emplois plus précaires. Et ce sont justement ces emplois-là qui seront les plus accidentogènes. Donc, ça fait que les jeunes sont surreprésentés parmi les victimes d'accidents du travail. Donc, c'est vrai que ce genre de déclaration est dangereuse. Et en plus, elle arrive particulièrement au mauvais moment puisque tout dernièrement, il y a un procès qui a eu lieu dans les Côtes d'Armor. C'était le procès d'une entreprise agricole dont l'un des salariés qui avait 19 ans, qui sortait tout juste d'apprentissage, est décédé.
Et en fait, ce qu'il faut savoir, c'est qu'on était en plein été. Donc, la période de très forte activité dans l'agriculture. Et que ce jeune salarié, il avait enchaîné 11 jours de travail consécutifs. Et le jour de sa mort, il enchaînait sa dixième heure de travail. Voilà, il conduisait une moissonneuse. Il y a une botte de foin qui s'est coincée. Il est descendu. Il a voulu mettre un coup de pied pour la faire sortir. Et il a été happé, en fait, par la machine.
Et il y a cette concomitance entre le retour de ces propos sur la question des jeunes et ce procès qui tout porte à croire que plutôt que de vouloir faire travailler les jeunes toujours plus, il faudrait déjà pouvoir les faire travailler dans de meilleures conditions. Ça nécessite une meilleure formation. Et puis, ça nécessite aussi des emplois qui ne soient pas uniquement des emplois précaires. On voit bien qu'on a eu aussi ces derniers temps une recrudescence ces derniers mois, ces dernières années, des accidents de livreurs, par exemple. On retrouve beaucoup de jeunes parmi ces livreurs, beaucoup de jeunes précaires, parfois des jeunes sans papier.
Et on voit bien que c'est ce type de public-là qui va être amené à faire les emplois les plus à risque, les plus dangereux.
Selon Mathieu Lépine, l'apprentissage à la française est déjà une sorte d'exploitation structurelle des jeunes vendus comme tel par l'État lui-même.
En effet, l'apprentissage en France, on se vante souvent de pousser les jeunes à l'apprentissage, d'avoir des records d'apprentissage, etc. D'ailleurs, parfois, on en fait la promotion avec des propos tout à fait étonnants. Je pense encore une fois à Emmanuel Macron qui avait déclaré devant le MEDEF, plus c'était en 2014-2015, il avait déclaré « Je compte sur vous pour engager des apprentis. C'est désormais gratuit quand ils sont mineurs. » Comme si, en fait, un apprenti, c'était uniquement une main-d'œuvre, une main-d'œuvre bon marché, une main-d'œuvre gratuite.
Et malheureusement, il s'avère que je ne doute pas qu'il y a des très bons formateurs qui arrivent à faire aimer leur métier et à former nos jeunes. Mais je crains et je pense malheureusement qu'on a aussi, parfois, dans certaines entreprises, on profite de cette « main-d'œuvre » gratuite vendue, promue par l'État, et qu'on utilise ces jeunes comme une main-d'œuvre corvéable à Mercier. Alors, je pense, en effet, à Runa Samathe, ce jeune apprenti plombier qui est décédé l'an dernier. Il avait tout juste 17 ans. Il est décédé des suites d'une chute sur un chantier. Je pense aussi à plusieurs apprentis bûcherons sur lesquels j'ai été en contact avec leur famille.
Et à chaque fois, d'ailleurs, les procès démontrent qu'on a des conditions d'apprentissage qui sont mauvaises. On fait prendre parfois des risques à ces jeunes. On les met dans des situations dans lesquelles ils ne devraient pas se retrouver. On les encadre mal. Et on est face à des jeunes de parfois 16 ans, 17 ans, 18 ans, qui apprennent tout juste, qui sont des jeunes en devenir, des professionnels en devenir. Ce qu'il faut savoir aussi, c'est qu'en France, pour avoir un apprenti, les conditions ne sont pas très, très compliquées. Il suffit d'avoir un an d'expérience et un diplôme au moins équivalent à celui passé par l'apprenti. Et ça suffit pour recruter un apprenti.
Moi, je pense qu'il y aurait aussi des choses à revoir sur la formation des formateurs.
Alors bien entendu, l'économie ubérisée, qui détruit de facto l'idée même de SMIC et de droit du salarié, est d'abord et avant tout expérimentée par des jeunes qui, entre leur petit boulot mal payé et leurs études, travaillent déjà pour certains bien plus que 45 heures par semaine et subissent des conditions de vie peu enviables. Certains de ces jeunes étudiants, travailleurs, trouvent la mort alors qu'ils sont au travail.
Les jeunes sont déjà surreprésentés dans certains emplois précaires. On pense par exemple à la livraison de repas et on voudrait en plus leur imposer de travailler davantage. Moi, ce qui, au tout départ, m'a fait lancer ce recensement sur les accidents du travail, c'était justement l'accident d'un jeune livreur qui s'appelle Franck Page, qui avait 19 ans, et qui est décédé à Pessac, dans la banlieue de Bordeaux. Il travaillait, lui, notamment pour financer ses études, parce que sa bourse d'études n'était pas suffisante.
Et voilà, il est justement décédé à cause des conditions de travail dans lesquelles qu'il était obligé, entre guillemets, de subir, parce que ses plateformes envoient parfois des livreurs jeunes, très jeunes, ou lui, 19 ans, dans des quartiers dangereux. Lui, il est décédé, par exemple, aux alentours d'une bretelle d'autoroute, des quartiers où il y a une fréquentation importante de poids lourd. Et donc, on a des jeunes qui déjà subissent des conditions de travail difficiles, mais en plus, il faudrait qu'ils subissent ces conditions de travail plus longtemps dans la semaine, ce qui représente en effet une double sanction.
Donc, on vient d'entendre Mathieu Lépine, enseignant, qui effectue une veille permanente sur les accidents du travail, une veille consultable via le compte Twitter « Accidents du travail ». Alors là, on peut conclure à une forme de mépris vis-à-vis des jeunes. Mais là, on va parler du mépris vis-à-vis des seniors. Vous avez certainement entendu parler du livre « Enquête les Fossoyeurs » du journaliste Victor Castanet, qui a provoqué une secousse dès sa publication. Il y pointe les pratiques scandaleuses du groupe Orpea, leader mondial des établissements pour personnes âgées, au fil d'une enquête riche de 250 témoignages.
On découvre que les résidents y sont rationnés en protection hygiénique, nourriture, et limités en nombre de toilettes, quitte à macérer dans leurs excréments. Le livre relance le débat sur la maltraitance des personnes âgées qui séjournent en EHPAD, et plus globalement dans le milieu de la santé. Pour en parler avec nous, en visio, Dr Sonia Amarouch, médecin généraliste affecté au service SSR gériatrique, à la clinique Linaliance de Fontenay-aux-Roses. Elle pratique la gériatrie depuis plus de dix ans par passion. Et nous allons également entendre Valérie Véronique Decker, directrice d'école retraitée, qui va témoigner des conditions de vie de sa mère et de sa belle-mère en EHPAD public.
Véronique, est-ce que vous m'entendez ? Oui, je vous entends. C'est parfait. Merci, merci encore Véronique d'avoir accepté. Je ne vous vois pas, mais je vous en... Oui, alors bientôt, je pense que vous allez bientôt me voir. Est-ce qu'on me le confirme là-bas en régie ? Non, ce n'est pas possible. Très bien, mais en tout cas, je vous entends parfaitement. Alors Véronique, vous êtes directrice d'école retraitée. Comme je disais, votre mère et belle-mère ont connu en tout cas des séjours à l'EHPAD.
Alors peut-être avant de revenir sur les conditions de vie de votre mère et de votre belle-mère, j'aimerais que vous peut-être réagissiez à ces révélations qui ont été faites par le journaliste Victor Castanet dans ce livre « Les Fossoyeurs ».
Je pense qu'il faut arrêter l'hypocrisie. Une société privée avec des actionnaires, elle cherche à faire du profit, elle ne cherche pas le bien-être des résidents. Moi, je reçois sur Facebook des publicités constamment me proposant d'investir dans ces EHPAD avec un rendement de 7%. Donc, tout le monde sait que l'objectif de ces entreprises, c'est de générer un rendement de 7% et pas de bien traiter les personnes dont elles ont la charge. Donc, il ne faut pas découvrir. Qu'est-ce qui fait que des gens vont mettre leurs parents dans ces EHPAD privés ? C'est le fait que les EHPAD publics ont des conditions de fonctionnement qui sont eux aussi dégradées.
Ce qui fait que les gens les plus riches se disent « Eh bien, moi, je vais tenter de faire que mes parents soient mieux traités puisque j'en ai les moyens, puisque mes parents ont les moyens, en les mettant dans ces EHPAD privés. » Mais il faut réaliser ce qu'on fait en ne défendant pas le service public, en cherchant à échapper seul, soit par l'école privée, soit par l'EHPAD privé, soit par la clinique privée, on accepte un monde qui ne s'intéresse qu'au profit et pas au bien-être des gens.
En tout cas, vous, vous avez décidé, ou alors plutôt votre mère et belle-mère ont décidé de séjourner en EHPAD public. Vous l'avez dit, les conditions aussi de vie sont dégradantes dans ces établissements publics. Est-ce que vous pouvez nous raconter ?
Alors, l'essentiel des problèmes dans ces EHPAD publics vient d'un manque de personnel, qui fait que, du coup, les protocoles doivent être extrêmement stricts parce que comme il y a très peu de gens pour les porter, pour nettoyer, il n'y a qu'une seule salle pour pouvoir rencontrer les personnes âgées, alors qu'avec le protocole, à un moment, on n'avait plus le droit de rentrer dans l'EHPAD. Mais on pouvait quand même, je pouvais quand même aller voir maman, mais dans une salle dédiée.
Sauf que comme il n'y en avait qu'une, eh bien, une fois, j'ai fait 350 kilomètres en voiture, parce qu'il se trouve que ma mère se retrouve en EHPAD à 350 kilomètres de chez moi, pour découvrir que mon rendez-vous n'avait pas été validé. Et bien que je dise, enfin, je viens de très loin, je ne vois pas ma maman très souvent et tout ça, c'était impossible de faire une exception parce que, voilà, le protocole est respecté à la lettre, parce qu'il n'y a plus assez de gens disponibles pour le porter. Je sais que pour couper les ongles de ma mère, il faut avoir une heure devant soi parce qu'elle n'a pas envie, parce qu'elle ne veut pas, parce que c'est compliqué.
Eh bien, la dernière fois que je suis allée la voir, ses ongles n'étaient pas coupés depuis un assez grand moment. Et elle avait eu une gastro probablement liée à une absence d'hygiène de ses ongles pas coupés. J'en veux pas au personnel, mais ils ne sont pas assez nombreux pour faire que nos parents soient suffisamment bien traités.
Pas assez nombreux, peut-être pas aussi insuffisamment formés. On en reparlera tout à l'heure avec le docteur Sonia Marouche.
Je ne sais pas, mais ma belle-mère, qui a fait un séjour en Ehpad, en Corrèze, parce qu'elle ne pouvait plus marcher, donc on ne pouvait plus la garder ni en autonomie ni chez nous, se retrouvait à aller au restaurant à 11h du matin et à y attendre une heure parce qu'il n'y avait que deux personnes pour amener au restaurant l'ensemble des résidents handicapés en fauteuil. Et donc, ces deux personnes commençaient à amener les premiers à 11h du matin pour arriver à emmener les derniers pour midi.
Et même chose dans le sens du retour, c'est-à-dire que les gens se retrouvaient stockés dans un couloir ou dans un coin du restaurant uniquement parce que le personnel qui aurait permis de les aider à descendre n'était pas en nombre suffisant non plus.
Alors, vous le disiez, vous le disiez, Véronique, votre mère a dû vendre sa maison en viagé pour pouvoir payer le prix qui est exigé pour le séjour dans cet Ehpad public, 2000 euros par mois, c'est ça ?
À peu près 1800. Mais voilà, ma mère était femme d'artisan, jamais déclarée, donc elle n'a qu'une minuscule retraite. Et en fait, aujourd'hui, les personnes âgées vivent de plus en plus longtemps un temps de vie dépendante qui nécessitent qu'ils aient des moyens pour payer cette dépendance. Et le seul moyen qui a été trouvé, c'est de vendre sa maison en viagé.
Et est-ce que votre mère ou votre belle-mère, vous nous avez quand même décrit des situations, on va dire, de maltraitance psychologique ou voire symbolique, le fait effectivement de ne pas pouvoir prendre un repas avant 11 heures, le fait de ne pas pouvoir être, d'avoir des changes très rapides, est-ce qu'elles témoignent aussi de violences physiques ?
Alors, non, non. Je n'ai jamais constaté ni dans l'un ni dans l'autre des violences. Alors, des moments d'agacement, j'ai vu des personnels dire « là, j'en ai marre, j'en peux plus », des choses comme ça où on sent que les personnels sont à bout. Mais non, je ne peux pas témoigner qui est de maltraitance. Par contre, effectivement, il m'est arrivé d'arriver dans la chambre de ma mère et que sa couche, elle l'est enlevée elle-même et posée au sol à côté d'elle. En fait, comme personne n'était disponible pour venir la changer, ma mère a réussi à se débrouiller toute seule et du coup, la couche, elle était par terre. Voilà.
La personne qui s'occupait de l'étage était très gênée quand je l'ai appelée, mais j'ai bien senti que pour l'étage, elle était toute seule à ce moment-là et que donc ce sont des EHPAD où il y a 70-80 personnes, on ne peut pas imaginer qu'une aide-soignante seule puisse gérer les besoins de tout un étage de personnes âgées, 25 personnes. Voilà. Il y a des normes, si vous voulez. Par exemple, dans une crèche, vous avez des normes. Il y a une personne pour cinq bébés ou pour huit enfants. Je ne connais pas exactement cette norme, mais je sais qu'elle existe. On ne peut pas mettre dans une école maternelle 70 enfants avec une seule enseignante.
J'ai l'impression que dans les EHPAD, il n'y a soit pas de normes, soit elles ne sont pas respectées et tout le monde s'en fout. Voilà. C'est ça l'impression que j'ai.
Alors, vous le disiez, effectivement, manque de personnel. Alors, c'est quoi le véritable problème ? C'est un métier qui ne séduit pas ou plus parce qu'il est mal rémunéré ou bien parce que, malheureusement, ça ne donne pas envie à des personnels soignants de s'occuper des seniors ?
Alors, je pense qu'il y a un peu des deux. C'est difficile d'être confronté à la dépendance, à la mort. Je pense que c'est un métier qui est psychologiquement exigeant. Moi, j'ai le sentiment que les gens qui travaillent en EHPAD s'attachent aux personnes âgées dont elles s'occupent, comme les maîtresses de maternelle s'attachent aux petits dont elles s'occupent et qu'évidemment, devoir affronter leur décès, c'est compliqué. mais surtout, je pense que les niveaux de salaire sont complètement déconnectés du réel parce qu'un EHPAD travaille 24 heures sur 24. C'est ouvert à Noël, c'est ouvert le dimanche, c'est ouvert les jours fériés.
Les femmes qui travaillent en EHPAD ont des conditions de travail qui sont lourdes. Elles sont de 8, elles commencent tôt le matin ou elles finissent tard le soir, elles travaillent un week-end sur deux. Les salaires ne sont pas à la hauteur. Si on payait mieux les gens, je pense qu'on trouverait des gens pour faire ce métier.
Vous me disiez aussi la France ne manque pas de chômeurs qui pourraient être embauchés, de jeunes qui pourraient être formés, ni d'argent pour rémunérer ce travail. C'est aussi un problème de priorité au niveau des politiques ?
Oui, il y a une déshumanisation de la politique. Aujourd'hui, l'objectif politique n'est pas le bien-être des êtres humains, ni des enfants, ni des personnes malades, ni des personnes âgées. Or, il me semble que le niveau d'humanité qu'on atteint se mesure à la manière dont on traite les plus faibles parmi nous.
Merci infiniment Véronique Descaires pour votre témoignage. Je vous invite à suivre le Twitter de Véronique Descaires qui est un Twitter très engagé. On y apprend énormément de choses. Elle décrypte aussi l'actualité. Merci Véronique. D'ailleurs, on va écouter juste après vous. Je vous demande de bien vous la rester en ligne, peut-être pour entendre également le docteur Sonia Amarouch qui travaille depuis dix ans en gériatrie. On vous rappelle aussi qu'un reportage a été réalisé sur le sujet par nos confrères Théo Cazeneuve et Maxime René que vous pouvez consulter sur la chaîne YouTube du Média. Alors, docteur Sonia Amarouch est-elle en ligne ?
Est-ce que Sonia est en ligne à la régie s'il vous plaît ? Elle est là ? Est-ce que Sonia vous m'entendez ? Alors non, le son, il y a un problème de son. Non. Sonia, est-ce que vous m'entendez ? D'accord. Alors, on va appeler. Je pense qu'il y a des difficultés de joindre le docteur Sonia Amarouch via Zoom, mais on va passer par le téléphone. Heureusement que nous avons des alternatives. Alors, le docteur Sonia Amarouch, je le rappelle, est médecin généraliste affectée au service SSR, gériatrique à la clinique, Clean Alliance de Fontenay-Aurose. Elle pratique la gériatrie depuis plus de dix ans par passion. est-ce que Sonia, si vous pouviez activer votre micro ?
Voilà, je pense que c'est ça, oui. Juste cliquer sur le petit micro. Alors, je ne sais pas, la régie, vous me dites, est-ce que vous voulez, c'est un peu embêtant, donc de passer par le, de diffuser le sujet qui vient juste après, la question de la maltraitance des personnes âgées, ou alors on vous demande juste de patienter avec nous quelques instants. On met le sujet suivant. Très bien. Écoutez, on va revenir et on y tient vraiment parce qu'on vient d'entendre Véronique Descaires, dont la maman et la belle-mère ont séjourné en EHPAD public. C'était pour nous important de donner la parole à ces familles et aussi dans le même temps de le faire avec le personnel soignant.
Au revoir, au revoir Véronique. Alors, en attendant qu'on puisse pouvoir échanger avec Sonia, le docteur Sonia Marouche, on va revenir sur cet événement qui a fait grand bruit cette semaine, mettre nos forces en commun. C'est l'intitulé du meeting du comité Adama Traoré qui a réuni 600 personnes au théâtre de Jazé à Paris, mardi 25 janvier dernier. Le projet est ambitieux et plein d'espoir. Mettre fin, je cite, aux discriminations. Dessiner une époque qui nous grandit tous, un monde où nos enfants parleront d'égalité comme une valeur dont ils sont fiers parce qu'ils la vivent. Reportage de Tahabou Hafs et Benoît Dervelli.
Merci à vous tous. aujourd'hui de nous faire l'honneur de votre présence ici ce soir. Ce combat-là, je pense que c'est le combat
de nous tous, de toute une génération et de toute aussi une société. Avant d'assister à ces débats,
je vous demande s'il vous plaît pour commencer cette belle cérémonie, un tonnerre d'applaudissements pour Assa Traoré. Mon frère qui est mort le jour de son anniversaire, le jour de ses 24 ans. Ce jour-là, Adama avait mis une chemise à fleurs, un bermuda et un bob. Il avait pris son vélo et mon petit frère voulait juste faire un tour de vélo ce jour-là. Mon frère va mourir écrasé. Mon frère va mourir en 10 ans je n'arrive plus à respirer. Mon frère va mourir en passant devant cet hôpital sans qu'on lui apporte assistance. On a fait du nom d'Adama un symbole. Son nom est devenu un symbole. Vous en avez fait un symbole. Le nom de mon petit frère voyage à travers le monde.
Le combat Adama est un combat d'utilité publique parce que c'est un combat qui ne nous appartient plus. C'est un combat qui appartient à la France entière. C'est un combat qui appartient au monde. Ce 25 janvier, vous pourrez dire que j'y étais. Merci beaucoup. Merci à vous. Chanteuse. auteure, compositrice et mannequin Isette. C'est ce que j'appelle un bourbis qui a envie de commencer pour décrire son rêve pour la France, pour la patrie. Pour Charlemagne, Clobis, c'est quasiment. Je vais un peu faire un descriptif. J'ai préparé trois minutes pour l'intervention. Pour combien de Adama Traoré qui sont tués ? Dans combien de caisses qu'il n'y a pas de Assa Traoré pour parler ?
Parce qu'on n'a pas tous la force d'Assa. On n'a pas toute la force d'Assa. Assa essaie de nous la donner. Il y a des gens qui sont là. Il y a Youssef, il y a Al-Mami, il y a Rokhaya, il y a Geoffroy, il y a Sonia, il y a des gens qui ont toujours été là. On s'est battus. Mais on n'a pas tous cette force-là. Et imposer aux gens d'être des héros, c'est imposer une violence sur les épaules de gens qui ne peuvent pas toujours porter ça. Alors je vous en supplie, créons ensemble un espace dans lequel je pourrais vous donner ma souffrance. Vous pourrez la porter pour moi et vous donner votre souffrance et moi, ce quinquennat-là, c'est aussi le quinquennat de la diabolisation.
C'est celui où on a vu tous ces mouvements appelés néo-féministes, mouvements néo-antiracistes alors qu'ils s'inscrivent dans le droit fil de lutte qui dépasse le temps de nos seules vies. Eh bien, le fait d'être combattus de cette manière-là, c'est violent, c'est difficile, c'est douloureux et à ça, on sait quelque chose. C'est important aussi de donner tort à tout ce qu'on entend, à tout ce qui nous submerge, à tout ce qui nous agresse, qui nous offense. Juste unissons-nous et entre eux. Il faut juste entreprendre. C'est important aussi de pouvoir nous retrouver dans ces moments, dans des séquences comme celle-là qui sont des séquences très politiques.
On sait qu'il va y avoir des échéances importantes pour nous, pour les citoyens, pour ce pays, pour l'avenir de ce pays. Et c'est bien de pouvoir prendre le temps aussi entre nous pour en discuter, comme le disait Nadia, loin des plateaux de télévision où c'est du bruit, où c'est du buzz, où c'est du clash et qu'on puisse se retrouver aussi pour discuter de nos points de vue, de nos stratégies, de ce qu'on veut faire dans les mois à venir, dans les années à venir. Parfois, on ne se sent pas vraiment chez nous dans nos pays d'origine, on ne se sent pas vraiment chez nous ici.
On ne peut pas vraiment se revendiquer d'histoire de France entièrement et pas entièrement de l'histoire de nos pays d'origine. Et qu'est-ce que c'est alors ? D'où est-ce qu'on vient ? Et moi, j'ai trouvé une partie de cette réponse dans les luttes de l'immigration. Je me suis retrouvé, j'avais 18 ans, je me posais plein de questions, je n'avais pas de taf, c'était compliqué, j'étais confronté à la violence de l'État et je me suis dit mais comment est-ce que je vais faire ? À défaut de pouvoir changer ma vie, il faut changer la société. Et à ce moment-là, il arrive un truc très particulier, je commence à peine à me politiser et on est en juillet 2016 et il y a la mort d'Adama Traoré.
Je vais découvrir qu'en fait, il y a des gens comme moi qui ont rencontré les mêmes difficultés que moi, parfois même des difficultés encore plus intenses et qui en fait se sont posés les mêmes questions que moi mais en fait qui se sont organisés, qui ont lutté, qui ont parfois même obtenu des choses et juste le fait de découvrir qu'il y a cet héritage-là qu'on nous a caché, il y a cette histoire-là qu'on nous a caché, ça a été une libération énorme quand on m'a expliqué ce qu'était la marche pour l'égalité et contre le racisme qu'on a appelée la marche des beurres à une époque où en fait quand tu sortais manifester, tu te faisais jeter d'un pont et tu te voyais dans la scène et personne ne disait rien et donc aujourd'hui le fait de...
enfin à ce moment-là moi quand j'ai découvert ça, ça a été une libération énorme de dire que ouais en fait d'où je viens c'est l'héritage de ces luttes de l'immigration, c'est l'héritage de ces luttes ouvrières et donc c'est là d'où on vient et c'est là d'où on veut aller. Nous on avait l'habitude de se faire contrôler, de se retrouver au commissariat je trouve qu'il y avait un terme qu'on se disait entre nous l'outrage c'est la garantie en ordre pour les policiers de nous faire la misère. Voilà on peut s'organiser, on peut se lever ensemble. Assa Traoré elle rassemble plus de 100 000 personnes place de la République après le confinant aucune force politique ne fait ça aujourd'hui. Aucune.
Là en présidentielle je mets au défi n'importe quel candidat de mettre 100 000 personnes place de la République. C'est un combat très important parce qu'aujourd'hui on se rend compte qu'on est de plus en plus nombreux et effectivement le fait qu'on veuille construire ce nouveau monde est très important pour nous. On est de la Bois-de-Loup donc il y a deux mots aussi qui sont sortis beaucoup aussi c'est l'organisation la résistance et la lutte on voulait préciser cela aussi c'était important pour nous puisqu'il y a beaucoup d'injustice sociale dans ce pays alors que c'est soi-disant le département français donc il nous faut également votre soutien et regarder un peu ce qui se passe là-bas.
Je demande du comité vérité et justice pour Gaï-Kamara il faut savoir qu'à moins d'une semaine on fêtait 4 ans de sa mort ça faisait 4 ans jour pour jour que Gaï-Kamara s'est fait tuer par la police une balle dans la tête nous avons eu deux non-lieux le premier en septembre 2019 l'autre en janvier 2021 aujourd'hui si nous sommes là c'est d'abord pour soutenir le combat d'Adama ma grande sœur Assa Traoré qui a été l'une des premières personnes à venir chez nous à Champs-sur-Marne pour nous faire part de son soutien aujourd'hui Baguille était témoin principal dans la mort d'Adama on va dire qu'il est la voix vivante de celle d'Adama il l'a crié et aujourd'hui son innocence il l'a clamé haut et fort il a été innocenté donc pour nous c'était un réel soulagement c'était dur pour notre famille parce que mon frère risquait beaucoup et de voir à la barre c'était tous les gendarmes qui étaient présents le jour de la mort de mon petit frère qui venaient témoigner contre lui il y a eu trois semaines de procès mais il a été acquitté ça me fait chaud au cœur de vous voir tout ce soir et je voulais remercier toutes les personnes qui m'ont soutenu durant mon incarcération à tort et à travers vous êtes au courant ils ont enfermé mes frères ils m'ont enfermé ils ont toujours mon petit frère aujourd'hui on est dans un combat c'est grâce à vous qu'aujourd'hui on en arrive jusqu'à là et je vous remercie tous j'ai pas de mots je l'ai mis c'est la première fois que je parle en micro donc je ne sais pas pas vous dire présidentielle et en fait il nous a semblé que pour les quartiers populaires ils ne pouvaient pas être absent de cette campagne de ce moment politique important et qu'il fallait imposer nos thématiques et donc voilà cette soirée c'était sous le thème de les cinq prochaines années sont les nôtres et c'est pour dire qu'on compte et qu'on ne peut pas laisser cette campagne cette élection présidentielle se faire sur le dos des quartiers populaires des noirs des arabes et des personnes musulmanes et qu'il fallait absolument que l'on soit visible que l'on ait une parole qu'on puisse dire ce que nous on veut pour notre propre pays et quelles sont nos perspectives politiques et nos demandes nos exigences même de justice imposer nos récits notre discours notamment contre ces idées réactionnaires qui saturent totalement le paysage politique français C'est important d'aujourd'hui d'organiser ce meeting d'être dans la continuité du combat à Dama le 2 le 13 juin on a marqué l'histoire le peuple français a marqué l'histoire en allant dans la rue où on a scandé tous les mêmes mots où on se bat pour l'égalité et pour que les discriminations cessent et on a une date aussi qu'on va annoncer c'est le 5 février une grande marche à Paris et surtout pour cette expertise qui arrive le 15 février où on continue à réclamer la mise en examen des gendarmes responsables dans la mort de mon petit frère
Alors de retour sur le plateau du Média avec docteur Sonia Marouche donc on poursuit on revient sur le sujet la maltraitance des personnes âgées en EHPAD et plus globalement dans le milieu de la santé docteur Sonia Marouche est-ce que vous m'entendez ?
Oui
Sonia est-ce que vous m'entendez ? Il semblerait qu'il y a un différé Est-ce que vous m'entendez bien ?
Je laisse le son parce que j'entends pas
Sonia on vous entend ici en plateau
Pas de soucis
Est-ce que vous nous voyez ?
Ok c'est bon Merci Allo ?
Oui Sonia vous m'entendez ? J'ai pas de son Bon Décidément Est-ce que vous avez activé le micro ? On vous entendait nous en tout cas et là plus du tout
Sonia
on vous entend Alors Sonia vous avez je ne sais pas si vous avez pu suivre le début de l'émission On traite de ce sujet en raison de la publication d'un livre enquête Les Fossoyeurs du journaliste Victor Castané tu le disais qui a provoqué une secousse il y pointe les pratiques scandaleuses du groupe Orpéa leader mondial des établissements pour personnes âgées donc une enquête de 250 témoignages et on y découvre que les résidents sont rationnés en protection hygiénique nourriture et limité en nombre de toilettes quitte à macérer dans leurs excréments Alors forcément ce sujet relance toujours le débat de la question de la maltraitance vous ne travaillez pas en EHPAD mais en clinique au service gériatrie Vous m'entendez Sonia ?
Bonjour Sonia Oui bonjour Ah bonjour c'est parfait très contente de vous voir et de vous entendre je suis contente que la connexion fonctionne vous avez pu suivre le désagrément mais il n'y a aucun souci ça arrive les problèmes techniques on en rencontre sur ce plateau je le disais je le disais Sonia vous travaillez dans une clinique privée et vous êtes affectée au service SSR gériatrique ça fait 10 ans que vous pratiquez ce métier et vous insistez sur ce mot par passion
tout à fait pour pouvoir travailler avec des personnes âgées il faut les apprécier il faut les aimer il faut vouloir aider son prochain un critère qui devrait être important pour chacun avant de travailler en gériatrie c'est de vouloir aider ses aînés et le faire vraiment par passion parce que sinon on le fera mal on le fera pas avec son cœur c'est des personnes qui sont fragiles dépendantes certaines souffrances et il faut vouloir les aider si on ne veut pas les aider ça ne peut pas marcher et ils vont le ressentir donc il faut faire ça par cœur par passion par envie et malheureusement ce qui n'est pas toujours le cas pour les uns et les autres
que ce soit
au niveau administratif dans les strates hautes de la direction ou dans le personnel aussi il y a certains malheureusement moi j'ai pu croiser des personnes que je ne trouvais pas dignes de travailler en gériatrie donc je me suis permise de leur dire que s'ils ne font pas ça par cœur s'ils font ça avec de la rancune s'ils font ça avec un regard méfiant auprès des personnes âgées ils le ressentent et dans ce cas il faut changer de travail il faut changer de branche si on ne veut pas aider il faut changer de branche et malheureusement il y a une question lucrative pour certaines EHPAD et il y a au niveau du personnel certains heureusement ce ne sont pas la majorité encore une fois des personnels qui travaillent dans ces établissements mais il y a des personnes qui font passer avec leur cœur et moi j'ai des patients quand je passe qui me disent elle m'a dit ça elle m'a fait ça je me sens mal je n'ose pas appeler et ça me fait peine au cœur parce qu'on est là pour eux en fait sans eau on n'existe pas
d'ailleurs c'était important pour nous de recueillir vraiment vos propos parce que le service gériatrique c'est un peu le service qui va précéder le séjour de ces personnes âgées que vous côtoyez au quotidien qui vous accordez des soins et qui vont être orientées vers des EHPAD est-ce que justement cette patientèle âgée vulnérable forcément mérite un traitement particulier vous le disiez il faut pouvoir faire ce métier avec passion et dans le même temps Véronique Descaires que l'on a que l'on a entendue juste avant vous et qui témoignait des conditions de vie difficiles dans les EHPAD publics où sa mère et sa belle-mère ont séjourné faisait remarquer que l'insuffisance du personnel expliquait cette maltraitance et ces négligences est-ce que vous voyez aussi un autre problème une autre difficulté ?
Effectivement ça c'est une réalité et le Covid a aggravé la situation il y a une carence patente des personnels dans ces établissements des personnels en ce moment qui sont malades non remplaçables par défaut de personnel ou parce qu'il faut mettre l'argent à la poche et prendre des boîtes d'intérim pour compenser les absences et que ça coûte beaucoup plus cher et certains tirent sur la corde des personnels des gens en place et leur demandent de faire plus alors que c'est physiquement pas possible pour certains et du coup ça se répercute sur les personnes âgées ils sont là ils sont dans leur chambre ils demandent d'avoir des passages réguliers il ne faut pas attendre qu'ils appellent moi c'est ce que je dis tout le temps aux personnels avec qui je travaille il ne faut pas attendre que quelqu'un vous demande un coup de main des fois il faut y aller si on a 5 minutes on y va je sais que c'est fatiguant pour eux que des fois on me dit que je suis trop exigeante je pense qu'on n'est jamais assez exigeant après ces personnes quand ils ne vont pas ils disent qu'ils n'ont pas eu le temps qu'ils ne peuvent pas et c'est une vérité c'est une vérité c'est une vérité ils n'ont pas les moyens c'est la responsabilité aussi des EHPAD de décider peut-être d'en gagner moins et de mettre une personne en plus ou deux personnes en plus pour venir aider en renfort il y a une question d'argent derrière il y a toujours malheureusement une question d'argent que ce soit dans les crédits privés dans les EHPAD privés ou même dans le public dans le public ils ont un quota un nombre de personnel pour un nombre de patients et le plus souvent il n'y a personne derrière pour vérifier c'est-à-dire que s'il manque quelqu'un une journée lambda il n'y a pas quelqu'un qui va dire ah ben là c'est une infirmière pour 40 patients alors que ça devrait être pour 20 patients parce qu'ils ne peuvent pas quotidiennement avoir quelqu'un derrière eux ils ne sont pas ils sont effectivement ils sont il y a des visites de l'agence régionale de santé qui vérifient que tout est conforme les protocoles sont conformes que le personnel est formé savent ce qu'ils font mais malheureusement ce n'est pas au quotidien et ça encore c'est une question de moralité
une absence de contrôle voilà une absence de contrôle donc c'est un autre problème que vous identifiez Véronique Descaires nous faisait remarquer qu'elle avait donc choisi plutôt d'orienter sa mère et sa belle-mère vers des EHPAD publics parce que d'un point de vue éthique il n'est pas question pour elle de faire gagner de l'argent à des entreprises lucratives les EHPAD privés sauf que on ne décide pas forcément c'est pas forcément un premier choix de placer un parent en EHPAD privé vous m'expliquiez Sonia que les listes d'attente étaient longues en fait en EHPAD publics
tout à fait les places sont limitées les tarifs sont moins chers parce que subventionnés un peu plus par l'Etat les places sont limitées il faut savoir qu'il n'y a pas beaucoup de places quand on fait une demande d'EHPAD on attend longtemps avant d'avoir une place pour certains patients surtout dans le public parce qu'il faut qu'un patient malheureusement parte pour qu'un autre prenne sa place on ne pousse pas les murs il n'y a pas assez de place et dans les EHPAD privés où c'est plus cher il y a plus de place surtout en sachant que des fois il n'y a pas assez de place non plus mais il y a un peu plus de place et malheureusement il faut prioriser et peut-être laisser la place malheureusement c'est peut-être ce que je veux dire à des personnes qui ont moins de moyens dans le public et ceux qui ont des moyens d'aller dans le privé mais encore une fois il y a théoriquement et ça devrait être le cas une responsabilité des établissements une responsabilité vraiment des directeurs ils doivent veiller à ce que les malades soient bien pris en charge que les patients ont une qualité de vie c'est hyper important et ça c'est leur responsabilité et à un moment il faut on veut gagner de l'argent on veut être à la tête d'un établissement il faut y mettre les moyens le personnel adapté après effectivement c'est ce qu'on disait dans le public c'est les mêmes problèmes que dans le privé il ne faut pas faire un faux procès non plus aux EHPAD privés c'est les mêmes problématiques un défaut de personnel une insuffisance de moyens du personnel parfois qui n'est pas adapté qui ne devrait pas travailler en gériatrie c'est un ensemble et comme je vous disais les remplacements parfois sont compliqués j'ai un collègue qui me disait qui travaille qui est médecin coordinateur en EHPAD qui me disait que là pendant le Covid il y a eu des infirmières qui étaient absentes une infirmière qui manquait dans l'établissement et ils ont mis des annonces même via des voies d'intérim en laissant place au choix aux infirmières de laisser le montant de la journée pour être remplacé ils m'ont dit si tu connais du monde on lui donne ce qu'elle veut il n'y a pas de problème ils n'ont pas trouvé il n'y en avait pas elle ne voulait pas y aller elle ne voulait pas le faire ils n'ont pas trouvé et bien il l'a dit il a participé comme il pouvait il a fait des soins avec les infirmières sur place voilà donc c'est pour ça des fois malheureusement ce n'est pas qu'une question de personnel il n'y en a pas assez il faut en former plus il faut les après comme vous disiez il faut que ça soit attractif aussi il faut que chacun y trouve son compte mais si les gens savaient que c'est un bonheur d'aider son prochain en fait et qu'ils se rendent compte d'aider quelqu'un à aller aux toilettes de l'aider à faire sa toilette il n'y a rien de plus lucratif d'un point de vue humain moi ma journée quand j'ai un patient qui me regarde avec un sourire qui me dit merci je suis heureuse je me dis j'ai fait quelque chose de ma journée quelque chose d'utile en fait c'est pas qu'une question de salaire ou autre c'est vraiment je me dis je me couche sereine parce que j'ai aidé quelqu'un parce que à mon niveau même si c'est pas important et c'est plus important il faut y aller dans cet état d'esprit là voilà et se dire c'est comme ça et si tout le monde y allait dans cet état d'esprit aussi tout le monde y serait gagnant
oui donc le prérequis c'est visiblement des qualités humaines des prédispositions à aider son prochain donc difficile de pouvoir former des patients pardon un personnel soignant ou des infirmières à développer ces qualités mais bon en attendant il y a aussi peut-être une autre solution on en parlait aussi Sonia Amarouche c'est de pouvoir anticiper les démarches c'est ce que vous me disiez c'est que parfois les familles n'identifient pas suffisamment tôt les signes de démence ou de perte d'autonomie alors que par exemple une aide à domicile pourrait être pensée au lieu d'un placement en EHPAD et au risque de subir les maltraitances que l'on a que l'on a évoqué ici
tout à fait tout à fait nous on fait le maximum pour que les personnes rentrent à leur domicile si c'est leur choix on respecte toujours au maximum le choix du patient il y a des patients qui veulent aller en EHPAD donc parce qu'il y a une vie sociale qui se crée parce qu'ils sont moins dans la perte d'autonomie donc ils arrivent à se créer du lien social ils sont heureux d'y aller il y a des personnes qui veulent rentrer chez eux il y a des aides à mettre en place il faut que le médecin traitant intervienne il faut qu'ils se retournent d'assistantes sociales pour aider à faire les démarches parce que c'est pas toujours facile il faut guider les familles mettre au maximum d'aides à la maison pour repousser c'est surtout leur souhait de ne pas y aller repousser et l'entrée en EHPAD et les gens sont heureux d'être chez eux oui il y a des choses à mettre il y a des choses en place mais il y a une responsabilité aussi de l'État qui doit prendre la mesure des choses à inciter plus aider des personnes qui soient formées à mettre en place les aides il y a des personnes qui sont dépassées ils arrivent chez nous ils ne peuvent plus rentrer chez eux parce qu'ils n'y arrivent plus ils n'arrivent plus à marcher ils ne peuvent plus être tout seuls ils ont des comorbidités alors qu'encore 3-4 mois 5 mois 6 mois avant ça si on avait mis les aides en place ils ne seraient pas tombés par exemple à la maison ils ne seraient pas fracturés ils n'arriveraient plus à marcher et on aurait peut-être pu éviter tout ça parce que voilà effectivement les familles doivent être vigilantes par rapport à ça parfois ils sont dépassés ils travaillent ils ont leur vie du quotidien ils ne se rendent pas compte que la personne est en perte d'autonomie ou ils se rendent compte mais ils ne savent pas comment faire voilà il faut bousculer il faut aider il faut avoir des campagnes de prévention par rapport à ça inciter les personnes âgées à anticiper les démarches pour éviter effectivement l'institutionnalisation en EHPAD il y a des choses il y a tellement de choses à faire en fait mais effectivement c'est des priorités de l'État c'est des priorités du gouvernement il doit se remettre en cause comme disait justement et à juste titre l'intervenant principal on juge de la valeur de la population d'un État de la manière où on traite ces personnes âgées il faut qu'on les respecte plus qu'on les aide plus et c'est la responsabilité de l'État et à un moment c'est les nouvelles présidentielles on entend parler de tout et de n'importe quoi des fois et je n'ai pas entendu beaucoup parler des personnes âgées alors qu'on va tous y passer que c'est une priorité et il faut qu'on se remette tous en question tous à tous les niveaux voilà
donc une absence de volonté politique mais comme vous l'avez dit Sonia Amarouch les élections présidentielles arrivent il faudrait peut-être effectivement faire de la question du traitement des seniors une priorité dans ces campagnes dans cette campagne présidentielle qui arrive à grands pas Docteur Sonia Amarouch merci infiniment d'avoir répondu à nos questions d'avoir aussi témoigné nous avoir raconté le quotidien dans ces services gériatriques qui précèdent généralement le passage donc de ces personnes âgées vers des EHPAD qui soient privées ou publiques on vous rappelle que nos collègues Théo Cazeneuve et alors je ne me souviens plus du nom pardon Cazeneuve pardon et a réalisé un reportage donc sur le sujet donc de la maltraitance des personnes âgées en EHPAD et bien voilà la matinale la contre-matinale touche à sa fin on vous prie de nous excuser pour ces petits désagréments techniques merci de nous avoir suivis pour nous permettre de continuer de nous donner de la force vous pouvez bien évidemment partager l'émission la liker ou encore vous abonner continuer à animer aussi le chat comme vous le faites c'est toujours intéressant de vous lire et si vous pouvez bien faites nous un don sur la plateforme Ocapal ou devenez abonné sociétaire du Média très bon week-end à vous et vous retrouverez mon collègue Théophile lundi Sous-titrage Société Radio-Canada