Frédéric Poletti, porte parole du collectif contre la cherté des carburants en Corse
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteRéponse directe
Que va étudier précisément le Conseil d'Etat ?
- 0:34OuverteRéponse directe
Le Conseil d'Etat va-t-il trancher la régulation des prix ou contraindre le gouvernement à étudier la question ?
- 2:09OuverteRéponse directe
Si le Conseil d'Etat vous donne raison, espérez-vous un décret pour la régulation ?
- 2:42OuverteRéponse directe
Entendez-vous les arguments des distributeurs locaux sur la vente à perte ?
- 3:26OuverteRéponse directe
Pour vous, la régulation n'est donc pas un moyen ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Et la question de la fiscalité, comment l'abordez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34PrésentateurPromesse
« Nous leur avons demandé d'enjoindre l'État à examiner de manière sérieuse la possibilité d'une régulation des prix en Corse. »
- 1:03PrésentateurFait
« Ce que nous attendons, c'est au moins un examen sérieux, ce que depuis huit ans, nous n'avons jamais eu de la part de l'État. »
- 1:26Invité politiqueFait
« Le député Colombani, qui doit produire à la fin, en cette fin septembre, un rapport sur la question du prix des carburants en Corse »
- 3:00PrésentateurFait
« La régulation des prix, qu'elle soit appliquée dans les territoires d'Outre-mer, n'a jamais à mener à une vente par perte. »
- 5:33PrésentateurChiffre
« L'aide que devrait apporter Rubi à ces stations est de l'ordre de 5 millions d'euros. »
Temps de parole
- Présentateur55 %
- Invité politique38 %
- Présentateur 25 %
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Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Le
Conseil
d'Etat se penche sur la cherté des carburants en Corse dans deux jours,
ou
plutôt sur la possibilité d'ordonner au gouvernement d'étudier sérieusement la question de la régulation des prix chez nous.
C
'est ce pour quoi se bat depuis des années le collectif contre la cherté des carburants en Corse. Nous recevons ce matin son porte-parole. Il répond à vos questions, Hélène Batin.
Frédéric Poletti, bonjour. Bonjour. Vous obtenez donc audience devant la plus haute juridiction administrative. En quelques mots, que va-t-elle étudier précisément
?
Eh bien en fait, nous leur avons demandé d'enjoindre l'État à examiner de manière sérieuse la possibilité d'une régulation des prix en Corse.
Pour être clair, est-ce que le Conseil d'Etat va trancher la question de la régulation des prix en Corse, ou il va plutôt contraindre le gouvernement, comme le disait Isabelle, à étudier vraiment la question ?
Alors, nous aurions aimé que le Conseil d'Etat puisse demander et ordonner cette régulation. Or, c'est du ressort de la police économique,
c
'est du ressort de l'exécutif. Donc nous, ce que nous attendons, c'est au moins un examen sérieux, ce que depuis huit ans, nous n'avons jamais eu de la part de l'État.
Puisque c
'est
l'absence de réponse à vos sollicitations qui vous permet ce recours, et non une inflexion du gouvernement sur la question. Le député Colombani, qui doit produire à la fin, en cette fin septembre, un rapport sur la question du prix des carburants en Corse, pense que les dernières grosses amendes sur les pétroliers, les grands pétroliers en Corse, pour pratiques anticoncurrentielles, rappelons-le, ont fait évoluer le gouvernement sur ce point-là. D'où sa mission, d'ailleurs, et vous
? En
fait, nous l'espérons. La réponse qui avait été faite par le gouvernement à notre mémoire introductive dans le Conseil d'État, nous faisait penser, ou nous a clairement montré le contraire. Maintenant, il peut y avoir des ratés au sein même de l'État, où une partie ne veut pas, l'autre partie le
souhaite. Et puis sinon, sa
mission n'aurait pas de sens ?
Et sinon, sa mission n'aurait pas de sens. C'est d'ailleurs ce qui lui a sans doute permis de prendre conscience très tôt que le rapport de la mission n'est pas suffisant. Il y a vraiment un travail de lobbying à faire auprès de l'État.
Bon,
si le Conseil d'État vous donne raison, vous espérez ensuite qu'on arrivera à ce décret pour la régulation. Certaines voies, sans s'opposer catégoriquement, en tout cas évoquent quand même des obstacles. C'était le cas récemment sur notre antenne avec les distributeurs locaux. Alors, on était dans le cas de la crise que traverse, par exemple, Vito, Ferrandi, face au bouclier tarifaire de Total. Mais eux évoquent, par exemple, la fluctuation des prix actuellement, qui, avec une régulation, les mènerait à vendre à perte. Ou alors, la fiscalité que ne pourrait pas absorber la région. Est-ce que vous entendez ces arguments-là ?
Alors, là, vous m'entendez sur un terrain technique qui, en fait, est assez
complexe. On va
essayer de vulgariser.
Est assez complexe, tellement il ne repose sur rien, en fait. La régulation des prix, qu'elle soit appliquée dans les territoires d'Outre-mer, n'a jamais à mener à une vente par perte. Donc, pourquoi, subitement, en Corse, nous aurions une vente à perte ? C'est totalement une
élégie. Elle est
fixée pour un mois, et on a vu que ça pouvait beaucoup changer sur un mois.
Oui, mais les distributeurs de carburants ont la projection de ce qu'ils vont dépenser sur un an. Donc, quand ils approvisionnent, ils n'approvisionnent pas forcément tous les 15 jours. Donc, on anticipe, en fait, et la fixation du prix des carburants permet d'anticiper, en fait, les fluctuations. Ou, du moins, permet, sur la base, de ce qui a été projeté comme vente.
Pour vous, ce n
'est
pas, donc, un moyen. Pour ce qui
est
de la fiscalité,
par
exemple... Non, mais
prenons un pays plus proche, même. La Belgique. Ça fait 50 ans que la Belgique régule le prix des carburants. Ils ne vendent pas à perte en Belgique. Donc, on vient de nous sortir un argument qui n'est pas un argument.
Et l'autre, la question de la fiscalité, puisque l'État l'emploie au niveau national.
Alors, la question de la fiscalité qui a été évoquée, à votre micro, la problématique, elle est qu'aujourd'hui, les gens qui se sont opposés à la régulation sur cette base estiment qu'il n'y a que la fiscalité qui est une cause de cherté du prix des carburants en Corse. Déjà, il y a une problématique de marge. Sinon, il n'y aurait pas eu de sanctions. Une
régulation imposerait, en effet, une marge fixée et pas mal d'autres points
sur l
'approvisionnement,
sur tout ce qui
fait le prix.
Et surtout, une transparence. Après, la fiscalité, il faudra en parler, sans doute. Par exemple, les certificats d'économie d'énergie, dont le temps décrié ces derniers temps, qui coûtent 6,50
euros
par plein de 50 litres aux Français, donc en Corse. Eh bien, si on veut la toucher, il faut la toucher dans le cadre d'une régulation. Parce que comme ça, ce sera le seul moyen de s'assurer que cette baisse ira là où elle doit aller,
c
'est-à
-dire
dans la poche du consommateur.
Et pour refaire un instant, un zoom sur la crise conjoncturelle, puisque là, votre cours, il concerne la situation structurelle de la Corse. Face aux différences entre les pétroliers, celle qui a été mise en évidence notamment avec Total, la régulation, pour vous, c'est aussi l'alpha et l'oméga ?
C'est en tout cas, lorsqu'on voit que dans les territoires d'Outre-mer, il n'y a pas eu de bouquet tarifaire, parce qu'il n
'y a
pas eu besoin d'aller à ces hauteurs de prix. Et donc, effectivement, ça aurait empêché la situation que l'on connaît aujourd'hui en Corse. C'est ce que dit le député Colombagne. Si la situation des stations-services hors réseau Total est compréhensible et entendable, aujourd'hui, ce bouquet tarifaire ne représente, vu le niveau élevé des prix, qu'une bouée qui se dégonfle et qui permet au Corse de se noyer moins vite. C'est tout.
Les super-profits, la fiscalité d'un groupe aussi grand, pour vous, ça
n
'explique pas ce qui se passe maintenant ?
La raison pour laquelle Total applique son bouquet tarifaire, ce ne sont pas des humanistes. Il y a sans doute des raisons pour lesquelles ils ont été motivés à appliquer ce bouquet tarifaire. Maintenant, si on ramène aux 60 stations insulaires, on se rend compte que l'aide que devrait apporter Rubi à ces stations est de l'ordre de 5 millions d'euros si on prend en compte les chiffres qui ont été communiqués à votre micro. On va dire que, vu les profits de Rubi, ça ne semble pas impossible.
Chacun a posé ses arguments sur ce point-là. Pour conclure, si vous n'êtes pas entendu par le Conseil d'État mercredi, ou bien si le gouvernement étudie la question, mais on n'arrive pas à vos conclusions, quelle est la suite possible ? Une autre procédure
?
Alors, ça ne sera qu'une bataille. On espère la gagner, mais ce n'est qu'une bataille dans cette guerre pour la régulation. Maintenant, il y a aussi le travail du député Colombagne. Et si jamais nous ne devions pas avoir gain de cause, nous repartirons au combat sous différentes formes. Et nous n'excluons pas cette fois la mobilisation.
On
en saura plus très vite, d'ici mercredi, notamment avec l'examen de ce recours, et puis très rapidement avec le travail du député Colombagne, puisqu'il a annoncé sa production pour les jours à venir. Merci beaucoup Frédéric
Pellet. C'est
à vous.