Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
DébatC dans l'air (sur YouTube)· 24 juillet 2024 66 minContradictoireMixteSécuritéÉconomie & entreprisesSolidarités & familleCulture, médias & sport

JO : la tension monte #cdanslair 23.07.2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Sommes-nous prêts pour les JO ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Les Français devraient être fiers de leur capitale pendant les JO ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Les restaurateurs et hôteliers sont-ils satisfaits des JO ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Les JO ont-ils été utilisés pour chasser les migrants et sans-abri ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Les JO sont-ils éthiques, sociaux et écolos ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Y.ThréardFait
    « On est un peu comme un étudiant avant un examen ! On est fébrile et on voit tout en noir. »
  • 5:00A.GoutardChiffre
    « On a quand même vendu 6,8 millions de billets. C'est le record de tous les JO. »
  • 7:00P.RondeauFait
    « On a fait le choix de dépenser très peu en termes d'infrastructures, autrement dit d'utiliser ce qu'on avait déjà. »
  • 12:00A.de TarléChiffre
    « 45 000 policiers et gendarmes, 50 000 agents de sécurité. »
  • 15:00Y.ThréardFait
    « Il y a une conjonction de 2 phénomènes. Il y a un discours du président de la République, qui n'est pas nouveau, qui dit qu'il faut répartir sur le territoire les migrants. »
  • 18:00A.GoutardChiffre
    « On a battu le grand record de ventes de billets. On ne fait pas peur. »
  • 20:00S.HoibianFait
    « Il y a la sécurité, les coûts et ensuite l'impact sur l'environnement, exactement. »
  • 25:00P.RondeauChiffre
    « Los Angeles en 84. Ils avaient un budget de 1,8 milliard. Ca coûtait 1,8 milliard et ça rapportait 1,8 milliard. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

avec Febreze Petit Coin. Souriez, vous pouvez respirer. ... - A.de Tarlé: Bonsoir.

J-3 avant ce grand pari inédit qu'a fait la France d'organiser une cérémonie d'ouverture des JO en plein air, au centre de ce qu'on a coutume de décrire comme la plus belle ville du monde. On y attend des centaines de milliers de spectateurs et des milliards de téléspectateurs. Jusqu'ici, tout va bien.

A force de mesures sécuritaires, le centre de Paris est devenu une sorte de zone interdite, désertée, avec des restaurateurs désoeuvrés qui déchantent sérieusement face à ce qui devait être le jackpot des JO. Sommes-nous prêts? La grande fête des JO sera-t-elle une incroyable réussite?

Quel regard les Français portent-ils sur cet événement hors normes? C'est le sujet de ce "C dans l'air". Pour répondre à vos questions, nous accueillons Y.Thréard, éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du "Figaro".

P.Rondeau, vous êtes économiste du sport, codirecteur de l'Observatoire du sport à la Fondation Jean-Jaurès. A.Goutard, vous êtes grand reporter à France Télévisions, spécialiste des faits de société.

S.Hoibian, vous êtes directrice générale du Crédoc. Y.Thréard, il y a un compteur officiel des JO.

La cérémonie d'ouverture commence à la fin de ce décompte. On sent que la tension monte vers cet événement qui sera planétaire. - Y.Thréard: Il sera planétaire!

C'est sûr! On est un peu comme un étudiant avant un examen! On est fébrile et on voit tout en noir.

Depuis plusieurs jours, depuis plusieurs mois, rien ne va. En plus, il y a le tempérament français, qui est volontiers négatif. "Ca ne va pas marcher", comme disait Philippe Séguin.

Finalement, c'est normal d'être dans cet état. Je suis sûr que vendredi, ce sera magnifique, un feu d'artifice. C'est une cérémonie qui sera tout à fait inédite.

On n'a jamais vu une ville accueillir les JO de la sorte. Généralement, les cérémonies d'ouverture ont lieu dans un espace clos. Là, ça va être magique.

Les images vont faire le tour du monde. Elles vont probablement inciter beaucoup de gens à venir faire du tourisme en France plus tard. C'est aussi un événement qui a un effet à long terme.

On est fébriles, mais ça correspond aussi assez bien à l'état d'esprit français. Je vais vous dire! D'expérience, parce que je ne suis pas né de la dernière pluie, toutes les compétitions des JO ont donné lieu à des pessimismes terribles dans tous les pays, que ce soit en Angleterre, au Brésil, au Japon...

Partout, on est un peu inquiets. Le monde entier vous regarde. Il faut que ça se passe bien.

Aujourd'hui, ça se passe dans un contexte géopolitique pour le moins compliqué, avec des rivalités exacerbées, dans un monde très divisé. On n'est plus dans le monde où il y avait un dialogue. Le dialogue, maintenant, est complètement rompu entre certaines parties du monde.

Il y a des enjeux politiques et géopolitiques. On est dans un pays en pleine crise. Il n'y a pas d'autre mot.

Pas de gouvernement, un président de la République... - A.de Tarlé: Qui s'exprimera ce soir et qui a appelé à une trêve... - Y.Thréard: Oui... - A.de Tarlé: On verra. - Y.Thréard: Elle ne concerne que ceux qui veulent bien la respecter. - A.de Tarlé: A.Goutard, vous avez dû traverser Paris pour venir ici.

On n'a jamais vu autant de policiers dans la ville. Pour cette cérémonie, il y a 45 000 policiers et gendarmes, 50 000 agents de sécurité. On a l'impression qu'il y a plus de policiers que de touristes. - A.Goutard: Jamais cette ville, en temps de paix, n'a connu autant de forces de l'ordre.

En même temps, l'enjeu est énorme. On a quand même vendu 6,8 millions de billets. C'est le record de tous les JO.

Même Atlanta, c'était 6,3 millions. On parlera des restaurateurs tout à l'heure, qui ont l'impression que tout est vide, mais les gens arrivent. Il va y avoir près de 10 millions de personnes qui vont assister à cette cérémonie totalement exceptionnelle.

C'est vrai, le préfet de police a parlé de risque zéro. Il n'est pas question qu'il y ait le moindre incident. Pour ne pas avoir le moindre incident, vous avez presque 4 policiers pour 1 touriste, en tout cas en ce moment.

Il y a 40 000 barrières...

Eh oui! 40 000 barrières encerclent cette zone tellement incroyable de la Seine...

La cérémonie du 26 se fera sur la Seine. C'est inédit. En termes d'ordre public, on n'a jamais vu un spectacle d'une telle ampleur, avec autant de monde, qui se déroule sur un périmètre aussi large.

Lors des précédents JO, c'était dans des zones, avec un stade, etc. Là, ça va se dérouler partout dans toute la ville, à Marseille aussi, ainsi que Châteauroux...

La fête sera partout. - A.de Tarlé: Une ville sur...

J'allais dire "militarisée"...

Sursécurisée. C'est le prix à payer pour avoir choisi cette cérémonie... - P.Rondeau: C'est un choix de Paris dès 2017.

La victoire à la candidature pour les Jeux 2024...S Le dossier de candidature, dès le départ, avait annoncé: "Nous serons les Jeux les plus sobres et les moins chers de l'histoire." D'ailleurs, c'est vrai. - A.de Tarlé: La France n'est pas connue pour être peu dépensière.

Qu'avons-nous fait pour organiser les Jeux les moins chers de l'histoire? - P.Rondeau: On entend les Franciliens se plaindre de l'ambiance générale dans Paris aujourd'hui.

On a fait le choix de dépenser très peu en termes d'infrastructures, autrement dit d'utiliser ce qu'on avait déjà, de faire du sport sur le Champ-de-Mars, aux Invalides...

A Rio, à Londres, à Athènes, à Pékin, on a tout construit. Pour Rio, c'était à 30 km de la ville. Ce n'a pas dérangé les Brésiliens.

Mais on a tout construit, donc facture de 36 milliards. A Paris, on a fait dans la ville directement. De fait, ça coûte peu cher. 8 milliards aujourd'hui, c'est moins que les 12 milliards pour Londres, les 36 pour Rio, les 32 pour Tokyo, les 21 pour Pékin.

C'est moins cher, mais le choix dérange les Parisiens. On est dans Paris, on bloque les ponts. On fait une cérémonie dans la ville de Paris.

On a fait des choix. Le positif est le négatif de l'autre. On a utilisé des bâtiments qu'on a déjà, mais comme on n'a rien construit de nouveau, c'est dans Paris et ça va déranger les Parisiens. - A.de Tarlé: S.Hoibian, vous avez fait une enquête auprès des Français pour connaître leur regard sur ces JO.

Enthousiasme et inquiétude, voici les 2 mots que vous avez retenus. - S.Hoibian: C'est comme s'ils étaient tiraillés entre l'envie, la joie autour de l'événement...

Près de 80 % disent être très contents, que ça va rassembler et être fédérateur dans une population qui se dit souvent... - A.de Tarlé: "Rassembler les Français", c'est l'atout principal que les Français attribuent à ces JO. - S.Hoibian: L'événement peut être fédérateur, dans une société qui a été beaucoup chahutée ces derniers temps, ne serait-ce que sur la politique.

Les divisions sont assez fortes. Les Français se voient comme un peuple divisé. Ils attendent ce rassemblement.

Ils sont plutôt satisfaits...

Ils imaginent qu'il y aura des opportunités en termes d'emploi, que ça créera une bonne image de la France à l'international. - A.de Tarlé: Les Français devraient être fiers vendredi soir de leur capitale rayonnante qui sera vue par des milliards de téléspectateurs? - S.Hoibian: Voilà.

On a aussi beaucoup d'inquiétude, mais elle va probablement se dissiper à partir du moment où les Jeux vont vraiment être mis en place. On aura les bénéfices et pas simplement les contraintes. Aujourd'hui, il y a beaucoup d'inquiétude, notamment par rapport à la sécurité. 45 % de la population est inquiète qu'il y ait un attentat, davantage de vols, davantage de méfaits.

La France va être un peu au centre des regards. Des inquiétudes aussi sur le plan environnemental, peut-être à tort. Il y a la peur que beaucoup de constructions soient finalement inutiles et qu'il y ait un gros impact carbone du déplacement de tous les touristes, de tous les athlètes.

Un regard ambivalent. D'un côté, de l'enthousiasme et de l'autre, des inquiétudes. - A.de Tarlé: Les membres de l'exécutif l'ont répété ces derniers jours: "Nous sommes prêts pour les défis sécuritaires que représentent les JO." Mais avant que la fête ne commence, les restrictions de circulation mises en place depuis la semaine dernière ont transformé certains quartiers de la capitale en casse-tête pour touristes et Franciliens. - Paris est-elle toujours la plus belle ville du monde?

Ces derniers jours, la carte postale vire un peu au gris, avec 44 000 barrières installées pour sécuriser les JO. De quoi déboussoler les habitants. - Franchement, je ne m'imaginais pas être emprisonnée devant chez moi alors que l'ouverture est là.

Ca dénature Paris et les rues. - J'ai vu des gens essayer de forcer le passage. Ca se passe mal pour ces gens et ça les rend un peu furieux.

On a été suffisamment prévenus, quand même. On s'attendait tous à ce que ce soit le bazar. - Pour protéger le périmètre de la cérémonie d'ouverture, ces zones de restrictions évoluent d'heure en heure. 600 000 QR codes auraient été délivrés pour les traverser, selon la ministre des Sports. - A.Oudéa-Castéra: A cérémonie exceptionnelle, dispositif de sécurité exceptionnel.

A nous de montrer le meilleur visage de notre pays et chacun sera gagnant demain. - Pour l'image de la France, A.Oudéa-Castéra compte aussi sur le fleuve parisien, testé et approuvé par la principale intéressée il y a une dizaine de jours. - A.Oudéa-Castéra: Elle est belle, la Seine. - La Seine est pour l'instant conforme à la baignade.

La maire de Paris confirme. - A.Hidalgo: Super!

Génial! - Mais les pluies des derniers jours pourraient compromettre les plans. Une météo cruciale aussi pour le spectacle, dont les répétitions sont en cours.

Là aussi, l'incertitude plane. Hier, ces danseurs menacent de faire grève pour l'augmentation de leur salaire. Pendant ce temps, E.Macron inaugure ce commissariat dans le village olympique. - E.Macron: Nous sommes prêts.

Nous sommes prêts et nous serons prêts tout le long des Jeux. Monsieur le ministre, merci infiniment. Vous avez aussi mobilisé, et vous êtes tous là pour le montrer, des forces de sécurité intérieure comme jamais, pas simplement pour la cérémonie d'ouverture, mais durant toute cette saison olympique. - Un dispositif sécuritaire exceptionnel, avec, en Ile-de-France, 30 000 policiers et gendarmes déployés en moyenne chaque jour. 20 000 agents de sécurité privée et 10 000 militaires de l'opération Sentinelle.

Le ministre de l'Intérieur leur adresse cette lettre... ...

Opération communication pour G.Darmanin, après 2 projets d'actions violentes à Saint-Etienne et Paris déjoués. Par prévention, le ministre de l'Intérieur a ordonné 155 mesures de surveillance.

Des chiffres sans précédent depuis la fin de l'état d'urgence en 2017. - G.Darmanin: Il y a 155 personnes que nous considérons comme très dangereuses, pouvant possiblement passer à l'acte qui ne sont pas dans les prisons parce qu'ils ont épuisé leur peine.

Il y a des mesures administratives pour les tenir à distance. Jusqu'à présent, nous avons obtenu, de la part de la DGSI et des autres services du ministère de l'Intérieur, 134 visites domiciliaires. Nous faisons des perquisitions chez les gens sous l'autorisation du juge. - Sécurité sur terre et dans les airs.

Chaque jour, les forces de l'ordre interceptent des drones à proximité des sites olympiques. Un espace aérien ultra sécurisé avec le concours de l'armée de l'air, assure le Premier ministre. - G.Attal: Rien ne doit pouvoir nous échapper.

C'est la raison pour laquelle des systèmes de détection, de brouillage, d'interception, des moyens de défense sol-air sont déployés sur la plaque parisienne lors de la cérémonie d'ouverture, mais également sur les lieux qui accueilleront des épreuves à l'occasion des Jeux. Nous sommes prêts à accueillir le monde. - Parmi les missions de haute sécurité pour les forces de l'ordre, protéger les athlètes israéliens arrivés hier en France.

Le comité olympique palestinien réclame l'exclusion de la délégation. La France confirme qu'elle est la bienvenue. - A.de Tarlé: Dans le reportage, on a vu successivement A.Oudéa-Castéra, G.Darmanin, G.Attal...

Le gouvernement, bien que démissionnaire, est toujours aux manettes, et même plus que jamais? "Le Monde" nous dit: "Forte hausse des assignations à résidence". C'est rassurant de voir que ceux qui ont préparé les JO les exécutent? - A.Goutard: Complètement.

C'est une continuité de l'Etat. Il était prévu qu'ils soient toujours en exercice pendant les JO. Pour parler clairement, c'est comme si rien ne s'était passé dans leurs fonctions et leur travail au quotidien. - A.de Tarlé: G.Darmanin n'est pas en vacances du tout. - A.Goutard: Il a remis la cravate, d'ailleurs.

Il avait enlevé sa cravate à l'issue du dernier Conseil des ministres avec E.Macron. On le voyait tout le temps sans cravate.

Lors de cette visite, il a remis la cravate. On peut y voir un symbole. G.Attal, c'était intéressant, aujourd'hui, il était dans une base aérienne.

C'est le 1er Premier ministre qui a le go, si par exemple un drone rentrait dans la zone de la cérémonie...

Si ça arrivait, c'est le ministre de l'Intérieur, qui ne sera pas avec les invités...

Il sera dans une salle sécurisée. C'est lui qui donnera le signal pour abattre le drone. C'est l'homme de la situation pendant la cérémonie.

C'est celui qui décidera de beaucoup de points sensibles pendant cette cérémonie. C'est le travail d'un Premier ministre. Evidemment, on met de côté tous les enjeux politiques de ces dernières semaines. - A.de Tarlé: Question. - P.Rondeau: L'enveloppe dédiée aux JO, et spécifiquement aux JO, on a 2 budgets différents.

On a le Cojop et la Solideo pour la construction. Le Cojop a intégré un volet sécurité pour la première fois de l'histoire des JO. Il y a un fonds dédié dans le Cojop à cette sécurité, mais uniquement des sites olympiques.

Quand on me parle des policiers partout dans Paris ou en France, des barrières, des réquisitions des forces de l'ordre, des militaires, des agents de sécurité privée pour sécuriser Paris...

Ce n'est pas un fonds dédié spécifiquement et financé directement par le Cojop. - A.de Tarlé: Tous ces policiers qui assurent la sécurité dans Paris, c'est à la charge du budget de l'Etat? - P.Rondeau: Oui. - A.Goutard: C'est leur travail quotidien. - P.Rondeau: Effectivement.

Durant l'événement, accueillir des touristes. De fait, on assure la sécurité publique. - A.de Tarlé: "Le Figaro" a interrogé la cheffe de mission des JO de Paris. - P.Rondeau: C'est plus que 48 Coupes du monde, mais 56, avec tableau masculin et féminin.

C'est beaucoup plus que ce qui a été présenté. De fait, c'est l'événement le plus important au monde, sportif ou non. Il y a les athlètes, les supporters, les touristes, le public, les dirigeants politiques.

Pendant la cérémonie d'ouverture... - A.de Tarlé: L'Euro 2016, c'était de la gnognotte. - P.Rondeau: C'est incomparable.

La cérémonie d'ouverture, c'est 3 milliards de téléspectateurs sur Terre. La finale de l'Euro, c'est 600 millions. - A.de Tarlé: Qui filme?

C'est France Télévisions? - P.Rondeau: Bien évidemment! - A.de Tarlé: Il ne s'agit pas de bourder. - A.Goutard: Ils feront le maximum. - P.Rondeau: On est au-delà du sport et du cas parisien.

C'est l'événement, sport ou non, le plus important sur Terre. La moitié du monde va regarder Paris, la Seine. - A.de Tarlé: En attendant, les Franciliens quittent l'Ile-de-France. - S.Hoibian: Pour l'instant, on est plutôt dans le trou d'air.

On a plutôt moins de recettes. Il y a moins d'arrivées aériennes, moins 15 %, depuis 3 semaines en région parisienne. - A.de Tarlé: Les gens se disent que ça va être compliqué d'atterrir à Paris... - S.Hoibian: Il y a des effets de décalage dans le temps.

Les touristes qui seraient arrivés normalement en juillet, peut-être qu'ils vont partir l'année suivante, ou alors en août pour assister aux JO. Juillet n'est pas très bon. En plus, la météo n'a pas beaucoup aidé.

Les Franciliens sont plus partis. Plus 20 % de billets vendus à des Franciliens par rapport à d'habitude. Les Franciliens ont décidé de quitter la capitale pour être un peu plus tranquilles.

Beaucoup, 85 %, disent être gênés dans leur quotidien. On s'y attendait, mais forcément, ça arrive. En termes de tourisme, à court terme, en juillet, ce n'est pas terrible.

Par contre, on espère qu'il y aura un effet de rattrapage en août. Le 2e effet qu'on espère, c'est des retombées à long terme. Là, c'est plus discuté au niveau économique.

Des prévisions montrent qu'il y aurait 1,1 milliard d'euros de recettes supplémentaires sur une dizaine d'années. D'autres disent que la France est déjà un pays très touristique et que la pub ne changera pas grand-chose. C'est déjà un des pays qui accueillent le plus de touristes au monde.

On espère qu'il y aura une compensation des pertes de juillet en août. - A.de Tarlé: On n'a pas encore parlé de sport.

Est-ce qu'il y a un avant et un après-vendredi en termes de séquence de ce dont on va parler? - Y.Thréard: Déjà, les épreuves vont commencer demain. - A.de Tarlé: C'est une bizarrerie.

Le rugby et le foot. - Y.Thréard: Le rugby, c'est demain.

Au rugby, il y a A.Dupont, quelqu'un de très important. Il est considéré comme le meilleur rugbyman du monde.

Il y aura un avant et un après-vendredi. Le top départ, c'est vraiment après la cérémonie d'ouverture. C'est une vitrine magnifique qui sera diffusée dans le monde entier, qui aura une saveur tout à fait originale, inédite.

Ca se déroule au milieu de Paris, comme tous ces JO. C'est ça qui est extraordinaire. Aujourd'hui, on dit que la ville est défigurée parce qu'il y a des stades éphémères à La Concorde, aux Invalides...

Ca ressemble à des échafaudages, tous les stades. Quand vous aurez retransmis à la télévision ces compétitions, avec en toile de fond les Invalides, le Grand Palais, la tour Eiffel...

Ca aura de la gueule! Ce sera autre chose qu'un stade construit au milieu de nulle part, dans une banlieue d'une grande cité. On va tout de suite changer notre regard.

Je pense qu'il va être modifié dès vendredi. Au fil des épreuves qui vont se dérouler dans la capitale...

Il ne faut pas oublier qu'il y a Marseille, Châteauroux et Tahiti. Et puis, il y aura l'enjeu sportif. On ne parle pas de ça.

On a un enjeu sportif énorme, qui a été fixé par certains responsables sportifs, comme T.Estanguet, le président de la République, les ministres des Sports qui se sont succédé depuis 2017. Ils nous disent qu'il faut 80 médailles. - P.Rondeau: Ca a été quelque peu remis en cause depuis. - Y.Thréard: Oui, mais l'objectif... - A.de Tarlé: L'autre jour, T.Estanguet a dit qu'il fallait battre notre record de 43 médailles. - Y.Thréard: L'objectif est surréaliste.

Je n'y ai jamais cru. Quand même, on va parler de sport. J'ai quelques inquiétudes sur certaines disciplines, comme l'athlétisme.

Je trouve qu'on a beaucoup perdu de talents. On n'est pas préparés comme il le faudrait. Après, il y a tous ces nouveaux sports, ou ces petits sports, appelés comme ça... - A.de Tarlé: Ce qu'on retiendra, c'est la cérémonie d'ouverture ou le nombre de médailles? - Y.Thréard: Les deux, mais surtout la cérémonie d'ouverture.

Je pense qu'elle va rester gravée dans les mémoires. - A.de Tarlé: E.Macron s'exprime demain au 20h de France... - Y.Thréard: Ce soir! - A.de Tarlé: Pardon.

Il va parler JO et politique? - A.Goutard: En principe. - Y.Thréard: Politique et JO, d'ailleurs. - A.de Tarlé: En appelant à une trêve?

On arrête nos chamailleries sur la majorité... - A.Goutard: Oui.

Toutes les oppositions ont réagi en disant: "Une trêve, et puis quoi encore?" Ce moment intense de communion, entre la cérémonie, les épreuves qui vont démarrer, les gens qui vont partir en vacances...

La trêve se fera de fait. - A.de Tarlé: Les Français ont besoin de se souder? - A.Goutard: Oui.

On a l'impression d'être dans un vaste chantier, sans faire de parisianisme. Quand on est à Paris, on a l'impression...

Juste après la cérémonie, dans la nuit, tout va être enlevé. - A.de Tarlé: Dès samedi matin. - A.Goutard: Les Restaurateurs qui se plaignent, à juste titre...

Parfois, ils ont jusqu'à 80 % de chiffre d'affaires en moins. On imagine que la machine va se mettre en route et que l'enthousiasme va prendre le pas. La trêve sera là parce que, de toute façon, la France va montrer ce qu'elle a de plus beau. - A.de Tarlé: Les Français ont envie de jouer collectif. - A.Goutard: La créativité française va s'exprimer.

Ca fait des années que nos artisans, nos ingénieurs bossent sur ce projet. Le savoir-faire français, ça va être la vitrine de la France. De fait, la politique ne passera jamais au second plan, mais elle accompagnera les JO. - A.de Tarlé: Y.Thréard, E.Macron qui appelle à une trêve après avoir dissous l'Assemblée nationale? - Y.Thréard: Ca paraît un peu bizarre que ça vienne de lui alors qu'il a dissous l'Assemblée nationale et qu'il a suscité... - A.de Tarlé: Il a mis le feu. - Y.Thréard: Il a mis le feu, entre guillemets, à la vie politique française et à la scène politique française.

Pour le coup, on ne sait plus tellement où on habite. C'est une situation complètement inédite et qui aurait pu sérieusement ternir ces JO. Ce ne sera pas le cas, j'espère.

Il ne faut pas s'attendre à ce qu'il nous donne un calendrier ce soir en nous disant...

Quoi que, tout peut arriver avec lui, mais un Premier ministre pendant les JO, ça m'étonnerait. Mais la trêve politique, je dirais qu'elle ne regarde que celui qui la prononce. Tous les opposants n'entendent pas observer une trêve.

M.Panot a déjà dit que pour elle, le débat devait continuer. Tous les opposants politiques vont continuer...

Et les JO, dans leur déroulement, pourraient aussi devenir un sujet de débat politique si jamais il y avait quelques grains de poussière... - A.de Tarlé: Si ça devait mal se passer, G.Darmanin...

Comme la Ligue des champions qu'on avait spectaculairement ratée au Stade de France... - Y.Thréard: En accueillant des Espagnols et des Anglais.

Ca avait été une catastrophe. - A.de Tarlé: Ca a été un mal pour un bien, cette Ligue des champions spectaculairement ratée? - P.Rondeau: Il y a un savoir-faire français au niveau de l'organisation de compétitions sportives.

Certes, la finale de la Ligue des champions s'est très mal déroulée... - A.de Tarlé: En 2022... - P.Rondeau: Il y a 2 ans.

Récemment, on a eu l'Euro 2016, la Coupe du monde féminine de football, la Coupe du monde de handball féminin et masculin, la Coupe du monde de rugby. On a eu des matchs de NBA, de MMA UFC. Il y a eu beaucoup de compétitions en France parce qu'il y a un savoir-faire, une expérience, un régime fiscal particulier.

La Ligue des champions il y a 2 ans, ça a été un grain de sable dans les rouages. - A.de Tarlé: Avec ces malheureux supporters de Liverpool... - P.Rondeau: Il y avait eu des problématiques de transport, de vérification, d'insécurité... - Y.Thréard: Ce qui a mis le feu aux poudres, c'est le mensonge. - A.de Tarlé: G.Darmanin avait accusé les supporters anglais d'être des hooligans. - A.Goutard: Ca avait coûté le poste du préfet de police de Paris à l'époque. - P.Rondeau: Ce n'est pas parce qu'on a eu la Ligue des champions que derrière, on s'est améliorés.

On savait déjà faire et on saura faire. Je rassure tous les supporters anglais et espagnols: on saura faire pour les JO. - A.de Tarlé: Ce devait être le coup de feu pour les restaurateurs à Paris, mais les professionnels déchantent.

Malgré 15 millions de touristes attendus pendant la période, les réservations sont en baisse, y compris dans les hôtels de la capitale. - Les JO devaient être une fête, mais pour ce restaurateur parisien, le coeur n'y est pas vraiment. Devant son restaurant, la circulation a été drastiquement réduite.

Des grilles ont été installées. - Ca ne donne pas envie de venir. Pour nous, le passage, il faut oublier.

La fête des JO, je ne la vois pas trop, là. - L'amertume d'un restaurateur qui désespère. Avec les JO, il travaille beaucoup moins.

Déjà 70 % de chiffre d'affaires perdu. Il s'interroge: à quoi bon? - On a quand même décidé d'ouvrir le 26.

Pour l'instant, c'est zéro réservation. Forcément, c'est problématique. Si on avait eu les informations en avance, on aurait peut-être fermé tout juillet. - Les JO, une galère, une épreuve de plus. - Ca fait 10 ans qu'on est là.

On a pratiquement tout passé: les attentats, la grève des taxis, le covid, le PGE...

On arrive à un point critique. Il faut tout rembourser. C'est pas le bon moment.

On pensait rebondir sur les JO, mais pas du tout. - Rebondir, c'est justement ce que cherche Hugo. Lui a perdu 50 % de chiffre d'affaires en un mois.

Ce chef étoilé a décidé de changer radicalement de formule, quitte à revoir son standing. - On a retiré une nappe. On a désacralisé la table.

Ce sont les couverts du bistro, pas du restaurant gastronomique. Ils sont en inox. - La partie gastronomique est fermée le midi.

Tout le restaurant passe en mode bistro en service continu. - On a eu une diminution très franche et nette des réservations sur les 2 restaurants. Là, ça recommence tout juste à avoir des appels, des réservations, qui reprennent brusquement.

C'est un pari, de fermer le restaurant gastronomique au profit du bistro. On ne sait pas trop quel sera l'impact réel des JO pour nous. - Pour sauver l'été, Hugo revisite les grands classiques de la bistronomie.

Une formule à 45 euros avec une promesse... - Un service de restauration rapide et efficace pour que les personnes qui veulent profiter des épreuves, à La Concorde notamment puisqu'on est à côté, puissent se restaurer rapidement. - Une baisse d'activité sans précédent, même pour les hôtels en dehors des zones de restrictions.

Didier est à la tête de cet hôtel du 8e arrondissement, moins occupé cette année que l'an dernier. Selon lui, le pire est encore à venir. - Entre les deux JO, on est à 15 % d'occupation.

C'est très mauvais. - Ses clients les plus fidèles ont disparu. - Juillet est normalement un mois plus touristique.

La clientèle va faire 60 à 70 %. Là, elle est à zéro. Toutes les sociétés avec lesquelles on travaille nous on dit: "Toutes nos réunions à Paris sont annulées." - Il s'attendait à une baisse de fréquentation, mais pas de cette ampleur.

Il a quelques regrets. - On nous a quand même vendu beaucoup de rêves, mais bon...

Ca n'a été que des rêves. - Devant la grogne des professionnels du tourisme, une commission d'indemnisation sera mise en place pour compenser sous conditions le manque à gagner. - A.de Tarlé: Question.

On a vu ce patron d'hôtel dire que son taux d'occupation avait baissé par rapport à l'an dernier. - S.Hoibian: Pour relativiser un peu ce panorama assez sombre, il faut rappeler que les prix, notamment dans l'hôtellerie, ont été multipliés par 3 en moyenne. - A.de Tarlé: Ceci peut expliquer cela. - S.Hoibian: Si les prix ont été multipliés par 3, les taux d'occupation sont moins élevés, mais peut-être que les recettes sont au rendez-vous.

Il y a juillet, mais surtout août. C'est à partir de maintenant que, normalement, les visiteurs vont arriver et qu'il y aura des dépenses et des gens qui iront en restauration. Ca n'a pas été prévu sur le mois de juillet...

C'est toujours difficile de savoir à partir de quel moment les visiteurs vont arriver. Peut-être que ça aurait pu être prévu. Il y a eu des phénomènes, avec la météo, le contexte politique...

Tout un tas d'événements ne pouvaient pas être prévus en avance. Au final, à voir pour les recettes, si elles seront si mauvaises que ça. - A.de Tarlé: Beaucoup de touristes se disent que ce n'est pas le moment d'aller visiter Paris. - P.Rondeau: Si seulement les décideurs politiques, les restaurateurs ou les hôteliers n'avaient ne serait-ce que lu les publications universitaires en économie du sport de ces 40 dernières années...

Ca fait 40 ans que les économistes du sport parlent, au sujet d'une compétition sportive internationale, de l'effet d'éviction. Lorsque vous avez un événement d'importance majeure organisé dans une ville déjà touristique, il y a un remplacement des touristes culturels par des touristes sportifs. Les touristes sportifs viennent pendant l'événement.

Ils ne viennent pas une semaine avant ou après. Il y a une plainte de la part des restaurateurs et des hôteliers qu'il n'y ait pas de touristes dans leurs restaurants et hôtels en juillet. Les JO commencent le 26 juillet, pas le 12.

Les touristes lambda qui venaient habituellement dans la ville la plus touristique du monde ne vont pas venir à l'été 2024 en considérant qu'il y aura les JO. Rio, c'est la ville d'Amérique du Sud la plus touristique. Rio n'a pas connu de bond touristique en 2013, en 2014, en 2015 ou en 2016.

Il y a eu le même nombre de touristes. - A.de Tarlé: Cette année, le Louvre sera vide.

C'est le moment de le visiter. - P.Rondeau: A l'Euro 2016, peut-être que c'était sur ce plateau, avec un reportage sur "C dans l'air"...

Le directeur du musée Rodin se plaignait de la baisse de la fréquentation pendant l'Euro. On nous disait qu'il y aurait un afflux touristique. Les touristes sportifs ne vont pas au Louvre, au musée Rodin, au Mont-Saint-Michel...

Ils vont dans les bars de sport, dans les compétitions, dans les stades, mais pas là où les touristes lambda viennent. Si vous êtes un hôtelier ou un restaurateur et que vous avez l'habitude, en 2019, 2021, 2022, 2023, d'accueillir du monde en juillet et qu'il n'y en a plus, c'est parce qu'on a les JO. Il y a le phénomène d'éviction.

Une ville déjà touristique n'a pas besoin des JO. Si on avait fait Lille 2024, Saint-Etienne 2024, ça aurait été un immense succès. Pour la Coupe du monde de rugby en 2023, Saint-Etienne a accueilli des matchs.

Saint-Etienne a connu des bonds hôteliers et touristiques. Désolé pour les Stéphanois. Ce n'est pas une ville touristique en octobre.

Ils n'ont pas l'habitude d'accueillir du monde. Ils ont eu la Coupe du monde de rugby. Ils ont eu du monde.

Paris est la ville la plus touristique du monde. - A.de Tarlé: Marseille se félicite...

Peut-être est-ce lié à cette fantastique journée du 8 mai où la flamme olympique est arrivée sur le port de Marseille par le Belem. Mais Marseille bénéficierait aussi de l'effet des JO et se féliciterait de voir que les touristes étrangers dépensent plus du double que les touristes français. - Y.Thréard: Marseille n'a rien à voir avec Paris.

Marseille, ça se passe sur l'eau. Vous êtes sur la terre et vous n'avez pas les embarras que vous avez à Paris aujourd'hui. Même si Marseille est une ville tout le temps en thrombose, embouteillée... - A.de Tarlé: Demain, il y a le match au Vélodrome, France/Etats-Unis. - Y.Thréard: Le football est une chose inhérente à la ville de Marseille.

Il y a la voile. Marseille n'est pas transformée par les JO. Paris est transformée par les JO.

J'adhère à ce que vous avez dit, sauf que le discours politique n'a pas été à la hauteur. - P.Rondeau: Bien sûr. - Y.Thréard: Il n'a pas été à la hauteur du tout.

Quand vous êtes hôtelier, restaurateur, vous n'avez pas l'habitude de recevoir les JO tous les 4 ans. Ca fait 100 ans. Les professionnels s'attendaient sans doute à un afflux supérieur à d'habitude.

Paris est une ville extrêmement touristique. - A.de Tarlé: Les hôteliers ont eu les yeux plus gros que le ventre? - Y.Thréard: On leur a vendu du rêve commercial.

Il y a eu un défaut de communication. Pour des problèmes de sécurité, par rapport au fait que ce n'est pas le même public non plus...

Les gens viennent voir des compétitions sportives. Une fois terminé, ils s'en vont. Ca coûte cher, aussi.

Le doublement des tarifs de transport en commun à Paris, j'en ai entendu parler à l'étranger. Lisez la presse étrangère. Ca a été ravageur.

Ravageur! - A.de Tarlé: 4 euros le ticket de métro au lieu de 1 euro. - A.Goutard: Dans d'autres pays, en Angleterre, etc, le ticket est à 7-8 euros.

On a un prix très bas. - P.Rondeau: Dans le dossier de candidature, la promesse avait été les transports gratuits. - A.Goutard: Promesse non tenue. - Y.Thréard: Grosse erreur.

C'est quand même une fierté de recevoir les JO. On aura des effets à long terme, évidemment. Il y a un problème majeur qui existait moins par le passé: les problèmes de sécurité qui se posent aujourd'hui.

Paris est une ville qui a été extrêmement meurtrie par le terrorisme. La France est un pays au centre d'enjeux géopolitiques importants, quasiment sur tous les continents. En Afrique, au Proche-Orient... - A.de Tarlé: Les menaces peuvent venir... - A.Goutard: Pardon, mais on a battu le grand record de ventes de billets.

On ne fait pas peur. - Y.Thréard: En termes de menaces de sécurité.

C'est quelque chose qui peut jouer. - A.Goutard: Je ne crois pas... - A.de Tarlé: On a vendu du rêve.

On a l'impression que les Français ont répondu présent. Je parlais de Marseille qui avait été un peu le top départ. Le parcours de la flamme... 6 millions de Français.

Pourtant, c'est une flamme. - A.Goutard: C'est très beau. - A.de Tarlé: Elle véhicule plus qu'une flamme.

Elle véhicule une émotion. - A.Goutard: C'est comme le passage du Tour de France.

C'est l'émotion, l'impression d'appartenir à quelque chose, à un pays. C'est une fierté. Les Français ont pu être très en colère d'un point de vue politique ces derniers mois.

On l'a vu et on l'a tous suivi dans cette campagne législative. En même temps, ils ont pu se retrouver autour de cette flamme qui circule, qui a fait 12 000 km. On a une chaîne qui montre le parcours de la flamme tout au long de son parcours.

On la voit en haut du mont Blanc, dans des paysages incroyables, avec des personnalités inspirantes. C'est une réussite française. Aucun autre pays n'avait organisé ça de cette façon-là.

C'est une vraie réussite. Pour revenir sur Paris et le manque à gagner que les restaurateurs ont pour l'instant, une commission va se mettre en place. L'Umih, le syndicat des restaurateurs et des hôtels, ne nous a pas dit quel était le taux de remplissage au mois d'août.

J'ai compris qu'en juillet, ce n'était pas bon, mais je ne sais pas où on en est pour août. Est-ce que c'est aussi mauvais? Est-ce que les hôtels sont vides?

Est-ce que les 6,8 millions de touristes... - A.de Tarlé: Ils réclament des compensations et en ont obtenu. - A.Goutard: Ils vont en obtenir à condition qu'ils parviennent chacun à démontrer que leur chiffre d'affaires est vraiment très en deçà de 2023 dans cette période de barriérage et d'organisation des JO. - A.de Tarlé: Sur la différence de dépenses des touristes français et étrangers...

Un touristes étrangers va dépenser 170 euros par jour là ou un Français va dépenser 65 euros par jour. - S.Hoibian: La différence est l'hébergement.

Les 2/3 des gens qui vont venir voir les JO sont français. Ils vont essayer de trouver des moyens pour se loger chez des amis, de la famille, voire faire le déplacement dans la journée pour économiser des frais d'hébergement. Il y a une grande différence.

Ca fait 2 ans qu'il y a une forte inflation, un problème de pouvoir d'achat. Même si on a serré la ceinture pour s'offrir le grand événement, on va peut-être réduire toutes les petites dépenses autour, les restaurants...

Le budget était assez cher. Il y avait le prix d'entrée des billets...

Ce n'est pas un tourisme de masse. Une grande partie du budget a été captée. - A.de Tarlé: C'est peut-être le voyage d'une vie pour un Australien qui vient passer en France... - S.Hoibian: Pour rebondir sur l'effet d'éviction...

Normalement, il y a aussi un effet de rattrapage. Les gens qui ne sont pas venus voir la tour Eiffel et le Louvre cette année, on espère qu'ils viendront l'an prochain. De la même façon que les hôtels qui ne sont pas près des lieux...

Il y a des effets d'éviction dans tous les sens. Les hôtels et restaurants près des lieux des épreuves bénéficient le plus des fréquentations. Après, il y a un effet de lissage.

Ce sera à voir. - P.Rondeau: Sur la capacité de consommation des supporters, en tout cas des touristes...

Elle est corrélée au succès sportif. C'est intéressant de voir que dans le domaine de l'économie du sport, il y a un regain de confiance et donc de consommation après un succès et une augmentation de la déprime... - A.de Tarlé: La médaille d'or booste la dépense. - P.Rondeau: Il faudrait vérifier quel est le panel de touristes étrangers les plus présents sur place et leur capacité à remporter des médailles.

Si un petit pays avec peu de touristes remporte des médailles, ce n'est pas intéressant pour nous. Mais si des Américains, très présents sur le territoire, remportent des médailles...

Ils vont consommer, acheter du champagne et des choses pour faire la fête. C'est intéressant pour nous. - A.de Tarlé: 2 millions d'étrangers sont attendus.

On a une idée des pays... - P.Rondeau: On avait réalisé une étude pour la Coupe du monde de foot en 2018 pour la Russie.

La population la plus dépensière sur place était la population sud-américaine. Le Chili avait un très gros portefeuille de dépenses. Les gens d'Amérique du Sud capables de partir à l'étranger pour un événement sont issus de classes sociales assez élevées.

Ce n'est pas la classe moyenne européenne ou française. Quand vous êtes sud-américain et que vous partez loin pour un événement sportif, vous faites partie de la classe supérieure. - A.Goutard: Sur l'effet rattrapage pour l'an prochain, on sait que les tour-opérateurs et les agences de voyages qui s'adressent aux touristes étrangers ont vraiment conseillé aux touristes culturels qui voulaient venir voir la beauté de Paris de ne pas venir cette année, sachant que, devant la tour Eiffel, il y a un échafaudage immense, que le Trocadéro n'est pas visitable...

C'est une communication qui a été faite à l'étranger vis-à-vis des touristes habituels de la capitale. On devrait les retrouver l'an d'après. - A.de Tarlé: Alors que les yeux du monde entier sont braqués sur Paris pendant 15 jours, a-t-on sciemment chassé les migrants et les sans-abri des rues de la capitale pour les JO?

Ces derniers jours, les évacuations de campements se sont multipliées. - 22h. Une friche sous le périphérique parisien.

C'est là qu'une trentaine de jeunes migrants espèrent pouvoir s'installer pour passer la nuit. Expulsés le matin même du pont Marie, sur les quais de Seine, théâtre dans quelques jours de la cérémonie d'ouverture des JO. - La police est venue pour nous piétiner.

Ils ont commencé à nous tabasser. Depuis le début, je filmais. Ils ont pris mon téléphone pour le casser.

Les policiers nous ont dit de quitter Paris. - Les services de l'Etat ont proposé, comme à chaque évacuation, des bus vers un hébergement temporaire hors de la capitale. Mais la plupart a refusé, comme Mohammed. - A peine installés, ils sont à nouveau délogés par les forces de l'ordre avec la promesse d'être systématiquement chassés où qu'ils s'arrêtent, selon l'ONG Médecins du Monde, pour qui il est difficile de ne pas faire le lien avec les Jeux. - On est à 35 opérations d'évacuation en 6 mois.

Avant, c'était 30 par an. Le nombre d'opérations se succèdent. C'est dur d'être parisien et d'être fier, de nos jours.

On est devant un échec, un truc politique hyper brutal. Ca fait 4 jours que tous les matins, on est en évacuation, on voit des gens désespérés. C'est dur. - En avril, le plus grand bidonville de région parisienne a été démantelé à Vitry-sur-Seine.

En début de semaine dernière, ce campement sur le parcours final de la flamme olympique. En tout, plus de 12 500 personnes auraient été expulsées en Ile-de-France depuis l'an passé, selon un rapport associatif. Une augmentation de plus de 38 % par rapport aux années précédentes.

La préfecture dément pourtant vouloir faire place nette. - Il n'y a pas d'accélération. On intervient quand les campements deviennent importants.

C'était le cas, avec plusieurs centaines de personnes ici. Les problèmes de salubrité publique sont importants. On conteste cette notion de nettoyage social, qui est dérangeante.

Ces personnes, on leur propose des mises à l'abri, de l'hébergement. - Un hébergement souvent dans d'autres régions via l'un des 10 sas d'accueil temporaires ouverts l'an passé, à Rouen, Besançon, Lyon ou Bordeaux. Les sans-abri parisiens y sont relogés dans cet ancien collège, mais l'accueil ne dure que 3 semaines.

Après, la majeure partie d'entre eux disparaît des radars, selon la mairie. Certains viennent grossir les campements, comme celui-ci, sur la rive droite de la Garonne. L'hébergement d'urgence, à Bordeaux aussi, est saturé. - Bienvenue dans la maison d'Elisabeth. - Cette femme vient en aide aux sans-abri bordelais depuis 2018, leur permettant de prendre une douche, un repas. - C'est notre salle à manger. - Depuis l'ouverture du sas, elle voit 2 fois plus de monde frapper à sa porte. - Ca a commencé au milieu de l'hiver.

On les a sentis un peu arriver petit à petit jusqu'à ce qu'on en ait 10 ou 15 d'un coup qui se présentent à la porte le matin. Quand vous levez le rideau, ils sont déjà là à attendre. J'ai attaché des bâches avec des piquets pour faire des abris de fortune. - Une situation que dénonce aussi l'adjointe au maire de Bordeaux en charge des solidarités, qui regrette qu'aucune place pérenne d'hébergement supplémentaire n'ait été créée. - On est pour l'accueil.

On n'est pas contre la répartition géographique ou l'accueil des personnes sur le territoire. Ce qui est difficile pour nous, c'est de se dire que, localement, on soulage les choses, mais on a besoin d'un sursaut national, d'un plan d'urgence nationale. - Dans l'immédiat, la fermeture de certaines associations pendant l'été risque de livrer encore plus à eux-mêmes les migrants éloignés de région parisienne. - A.de Tarlé: Question. - Y.Thréard: Il y a une conjonction de 2 phénomènes.

Il y a un discours du président de la République, qui n'est pas nouveau, qui dit qu'il faut répartir sur le territoire les migrants. Ca a été l'objet d'un débat. Il y a eu les paroles, mais les actes n'ont pas suivi pour accompagner cette nouvelle politique.

Comme souvent, les collectivités territoriales ont été obligées de se débrouiller. Personne ne va vous le dire. Dans le reportage, personne ne le dit.

On ne va pas se mentir. Evidemment que les JO ont été l'occasion de nettoyer la ville. "Nettoyer" entre guillemets. - A.de Tarlé: "Nettoyage social". - Y.Thréard: Ils ne vont pas vous le dire.

Il n'y a jamais eu autant de déplacements de personnes SDF que ces derniers mois. - A.de Tarlé: Il y avait beaucoup de tentes dans Paris, sous les ponts.

Il fallait évacuer ces tentes pour les JO? - A.Goutard: Quand vous discutez avec les associations, la problématique n'est pas de récupérer ces migrants et d'analyser leur situation pour leur offrir un hébergement.

C'est plutôt un bon circuit, ça. Vous avez ces campements de migrants absolument indignes où des jeunes gens se retrouvent à attendre des papiers hypothétiques sans avoir leur dossier étudié...

On les voit passer l'hiver dans des petites tentes. - A.de Tarlé: Sous les ponts. - A.Goutard: C'est une situation inique. - A.de Tarlé: Pour les JO, il fallait que les ponts... - A.Goutard: Pourquoi pas, mais le problème, c'est que le système ne va pas au bout.

On le voit dans le reportage à Bordeaux...

Au lieu d'aller jusqu'au bout, étude des documents des jeunes gens, leur donner un droit d'asile s'ils doivent l'avoir, ne pas leur donner sinon, gérer leur situation au cas par cas...

Ce n'est pas fait. Les appartements d'hébergement sont saturés. Les centres d'hébergement aussi.

On ne sait pas où partent les migrants. C'est ni fait ni à faire. Ce n'est pas le fait de les sortir du trottoir.

C'est évidemment mieux. C'est le fait de ne pas aller au bout du phénomène. - A.de Tarlé: Est-ce qu'on peut porter une accusation selon laquelle les JO auraient été une aubaine pour faire place nette? - P.Rondeau: Ca a été très bien dit.

C'est le fond du problème. Ce n'est pas de "nettoyer" la capitale parce qu'on a les JO...

Ce n'est pas mettre en mondovision la ville de Paris pour montrer la beauté de la capitale...

Admettons qu'on le fasse. Profitons-en, c'est les JO. D'ailleurs, l'intégration qu'il faut avoir pour ces personnes, la politique de suivi, d'accueil, qui n'a pas été réalisée...

On a mis la poussière sous le tapis. On les a envoyés en province et après, "débrouillez-vous"! Il n'y a aucun suivi.

Au-delà de ça, ce qui me dérange aussi, c'est qu'on sait que Paris va accueillir l'événement olympique depuis 2017. Et tous sur le plateau le savent...

On a la colline du crack, des ghettos, des bidonvilles aux abords de la ville de Paris...

On sait qu'il y a ces problèmes sociaux. Depuis 2017, on est au courant qu'on accueillera l'événement olympique et que le monde entier va nous regarder. On pouvait prendre les devants.

Est-ce qu'on l'a fait? Je n'en ai pas le sentiment. On a envoyé des SDF dans des bus en province, à Orléans, à Bordeaux et ailleurs.

Tout l'après, tout le suivi, rien n'a été fait. Il faut porter des condamnations là-dessus. C'est ce que fait le milieu associatif.

Rien n'a été fait. Ce n'est pas un problème de politique. Ce n'est pas la droite ou la gauche.

Il s'agit de prendre le temps...

Depuis 2017, on est au courant. - Y.Thréard: Qu'il y ait les JO ou pas... - P.Rondeau: Il faut le faire! - A.de Tarlé: Les JO ont révélé... - Y.Thréard: On connaissait déjà. - A.Goutard: Des villes comme Bordeaux se retrouvent avec des migrants dont on ne sait pas quoi faire parce que, là aussi, il n'y a pas eu de communication.

C'est un problème politique. - A.de Tarlé: Ils étaient envoyés dans des hôtels où on payait quelques... - A.Goutard: C'était 3 semaines.

On payait 3 semaines. On aurait dû étudier leur dossier, mais comme les délais sont trop longs...

Il y a les recours...

Souvent, ces migrants sous nos ponts travaillent à Paris. Ils ont préféré repartir sur la capitale pour essayer de conserver leur boulot. C'est un serpent qui se mord la queue, avec une administration...

C'est un système politique qui a été totalement défaillant. - S.Hoibian: C'est amplifié pendant les JO, mais c'est toujours le cas.

La question de l'invisibilisation des publics les plus vulnérables n'est pas nouvelle. On ne veut pas le voir. - A.de Tarlé: Et donc, quand il y a des caméras, on fait en sorte que les tentes disparaissent.

On revient à vos questions. Question. - P.Rondeau: Oui!

A chaque fois. A Londres, les Anglais... - A.Goutard: Londres, une catastrophe. - P.Rondeau: Rio, il y a eu des manifestations populaires, des grèves... - A.de Tarlé: Il n'y a pas que les Gaulois réfractaires. - P.Rondeau: Tokyo, pareil.

Il y a eu des plaintes, des critiques faites auprès des organisateurs. Ca a été une perte énorme. Il y avait le covid, donc absence de touristes et absence de retombées économiques.

Ca a coûté 1 milliard et ça a été critiqué. Du plus loin que je m'en souvienne, Sydney, Athènes, Pékin...

Pékin, ce n'est pas la même chose. - A.de Tarlé: La capacité à se plaindre est plus limitée. - P.Rondeau: Il y avait quand même des déplacements de populations et des expropriations de certains fermiers pékinois ou en tout cas de la banlieue de Pékin.

Ils ont été expropriés pour construire des infrastructures olympiques. Il y avait eu des plaintes des manifestations à ce niveau-là. A chaque fois, ça a été critiqué.

Ce n'est pas le Gaulois réfractaire. On a le sentiment que le Français critique avant, admire pendant et célèbre après, mais c'est propre à tous les pays organisateurs. Les populations avant l'événement sont quelque peu dubitatives. - Y.Thréard: Je me suis plongé dans les archives du "Figaro", qui est un vieux journal.

En 1924, vous aviez les mêmes polémiques, exactement. Les prix des tickets d'entrée dans les stades, les prix des transports, les embouteillages, le logement, le logement étudiant, notamment...

Les étudiants sont chassés...

Il y en avait pourtant peu, des étudiants, en 1924. Ils sont chassés de leurs piaules pour qu'elles soient louées à des visiteurs. Des problèmes de sécurité...

Il y a exactement les mêmes polémiques et des polémiques violentes. - A.de Tarlé: Question.

Ce sont des Jeux éthiques, sociaux et écolos? Si on compare par rapport aux précédentes éditions? - S.Hoibian: Ecolos, un effort a été fait. - A.de Tarlé: On a moins construit. - S.Hoibian: On a été vigilants.

Des écoquartiers ont été mis en place. Est-ce que c'est écolo de faire des JO? Probablement que non. - A.de Tarlé: Un grand barnum... - S.Hoibian: A l'intérieur de l'exercice, ça a été plus écolo que les précédents.

Mais l'exercice en lui-même n'est pas écolo. Il crée beaucoup de déplacements et d'activités. On peut aussi dire que la vie n'est pas écolo.

Tout dépend des valeurs de chacun. Sociaux... - A.de Tarlé: J'étais surpris de voir que c'était une des critiques des Français vis-à-vis des JO qui arrivait en numéro 3 dans votre enquête. - S.Hoibian: Il y a la sécurité, les coûts et ensuite l'impact sur l'environnement, exactement. - A.Goutard: Sociaux, quand même, parce qu'une ligne de métro...

Vous me direz que c'est pour les Franciliens, mais aussi les Marseillais. Des infrastructures attendues depuis des années ont été créées. Les JO donnent ce coup de fouet qui oblige les pouvoirs publics à faire avancer des travaux importants. - A.de Tarlé: L'une des critiques qu'on peut faire sur ces JO est que c'est un peu les Jeux de Paris et pas de toute la France? - P.Rondeau: T.Estanguet avait fait la demande officielle auprès du CIO de changer les noms "Paris 2024" pour "France 2024".

Ca a été refusé par le CIO, qui veut que ce soit une ville organisatrice et pas un pays. Mais dès le début, le Cojop, dirigé par T.Estanguet, a voulu mettre en avant l'idée de fraternité française et non pas francilienne ou parisienne.

On n'est plus dans du parisianisme centré. Les organisateurs cherchent vraiment à mettre en avant le fait que ce soit les Jeux des Français. On a des compétitions à Paris, en Ile-de-France, à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, à Châteauroux, à Marseille...

La flamme a traversé la France entière, alors qu'initialement, elle traversait le monde avant une olympiade. Je prends le cas de Pékin ou de Londres. Le parcours est un parcours pays par pays.

Là, c'est ville par ville, en France. Ils ont voulu montrer à quel point c'était les Jeux des Français et non pas des Parisiens. - A.de Tarlé: C'est réussi? - P.Rondeau: Savoir si les Français de province ont le sentiment de faire partie de l'événement...

En Bretagne, à Saint-Malo, quand on leur pose la question, qu'on leur parle des Jeux de Paris...

Ca reste à Paris. Les organisateurs cherchent à montrer que ça se passe à Paris, à Saint-Denis, à Tahiti, à Marseille, à Châteauroux ou ailleurs. Le tournoi de football aura lieu à Lille, à Nantes, dans beaucoup de villes de France.

Ce n'est pas seulement la ville de Paris. - Y.Thréard: Il faudra voir les audiences télé. - A.Goutard: Quand les champions français seront en lice et joueront les épreuves, la France se reconnaîtra.

Ce ne sera pas Paris. - A.de Tarlé: Question. - P.Rondeau: Los Angeles en 84.

Ils avaient un budget de 1,8 milliard. Ca coûtait 1,8 milliard et ça rapportait 1,8 milliard. Ils n'ont pas intégré le budget sécurité.

Nous, c'est la 1re fois que la sécurisation des sites est intégrée au budget. Los Angeles, en 84, ce sont officiellement les Jeux les plus rentables de l'histoire car ils n'ont rien coûté aux contribuables par rapport à ce qu'ils ont rapporté, mais tous les coûts indirects et induits n'avaient pas été intégrés, ciblés par l'organisateur. - Y.Thréard: Il y a une édition qui a été dramatique, que j'ai vécue de très près: celle d'Athènes en 2004.

Ca a été le début de la fin. Ils se sont heureusement reconstruits depuis, mais ça a précédé la crise financière... - A.de Tarlé: Elle avait ses origines avec les JO. - Y.Thréard: Crise financière et politique.

Ca a été un scandale politique. - A.de Tarlé: Question.

Est-ce que certaines femmes ou hommes politiques ne prendraient pas un risque à créer la polémique à un moment où les Français cherchent la concorde? - A.Goutard: C'est ce que je pense.

C'est ce que je vous disais en début d'émission. A un moment, la puissance de l'événement va s'imposer sur la politique. Ce ne sera plus l'heure de la polémique.

Les politiques sont suffisamment habiles et expérimentés pour le sentir. - A.de Tarlé: Question.

Effectivement, 1800 policiers étrangers sont venus de 43 pays. - P.Rondeau: C'est la France, mais à chaque compétition, il y a des échanges comme ça.

Quand on envoie des policiers français au Qatar... - A.de Tarlé: Je peux me faire arrêter par un policier polonais? - A.Goutard: Ils n'ont pas le droit. - P.Rondeau: Les QR codes sont contrôlés, mais il n'y a pas d'arrestation ou d'amende. - A.de Tarlé: Ils peuvent contrôler les QR codes et renseigner les touristes.

JO : la tension monte #cdanslair 23.07.2024 — Emmanuel Macron · Pourquijevote