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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 4 août 2025 22 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & familleSécurité

Macron veut (encore) reconnaître la Palestine : mais qu'est-ce que ça cache ?

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:45OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qui a changé aujourd'hui ? Et surtout, qu'est-ce que cache ce nouveau coup de théâtre ?

  • 6:22OuverteRéponse directe

    Nils, son envie de quoi ? Comment on peut expliquer ce revirement d'Emmanuel Macron vis-à-vis d'Israël ?

  • 9:25OuverteRéponse directe

    Macron, il n'est pas aussi guidé par des considérations purement franco-françaises ?

  • 10:56OuverteRéponse directe

    Est-ce que tu as enquêté sur leur projet cet été ? Est-ce qu'ils vont aller en vacances ?

  • 14:56OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a des ministres qui vont quand même à l'étranger ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:35PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron va enfin reconnaître la Palestine. »
  • 2:43PrésentateurFait
    « Cela devrait se faire en principe en septembre à l'ONU, à New York. »
  • 3:26InvitéFait
    « L'antisionisme, lorsqu'il est la négation de l'existence d'Israël comme État, est un antisémitisme. »
  • 4:22InvitéFait
    « Rappelez devant tous le droit légitime d'Israël de se défendre face à ceux qui œuvrent à sa destruction. »
  • 7:33PrésentateurFait
    « Macron s'est enfin décidé en mai dernier à qualifier de honte la vengeance exercée par Netanyahou sur les civils palestiniens. »
  • 7:42InvitéFait
    « Ce que fait aujourd'hui le gouvernement de Benjamin Netanyahou est inacceptable. »
  • 11:30PrésentateurChiffre
    « 44 milliards de saignées décrétées par le Premier ministre avant les congés. »
  • 14:09PrésentateurChiffre
    « Il y a un paquet de dix mesures qui sont en préparation pour septembre-octobre. »
  • 14:27PrésentateurFait
    « Parmi lesquelles le rétablissement des peines d'un mois d'emprisonnement ferme. »
  • 16:43PrésentateurChiffre
    « Il n'y a eu pas moins de quatre projets de loi qui ont été déposés sur la table du Conseil des ministres. »

Temps de parole

  • Présentateur65 %
  • Présentateur 219 %
  • Invité6 %
  • Locuteur non identifié3 %
  • Invité 22 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, Le Média TV et Le Média 24-7, et d'activer la cloche. Bonjour tout le monde et bienvenue pour un nouvel épisode des Indiscrets sur Le Média. Votre rendez-vous hebdomadaire politique avec Nils Vilqueux. Grâce à son carnet d'adresses sans égales et sa connaissance fine des acteurs politiques de tous bords, Nils nous permet d'arpenter chaque semaine les coulisses et ce qu'ils se trament dans la politique française est d'aller chasser les indiscrétions. Et vous l'avez certainement constaté, l'extrême droite est aidée par des médias, financés par des milliardaires.

Ensemble, ils cherchent à imposer une seule vision du monde et ils le font, en muselant la diversité des voix et en bafouant le pluralisme. Alors aux médias, on s'organise pour contrer tout ça et on lance, riposte, une campagne citoyenne cruciale pour bâtir une chaîne d'informations indépendante et populaire. Sur les réseaux sociaux, mais aussi sur la TNT francilienne, nous voulons porter les voix qui dérangent, celles qu'on ne veut pas entendre ailleurs. Cette bataille pour la démocratie nous concerne tous, alors rejoignez-nous dès maintenant en soutenant la riposte. Ça se passe sur campagne.lemédiatv.fr. C'est parti pour les Indiscrets.

Au sommaire de cette émission, Emmanuel Macron a annoncé, encore une fois, qu'il allait reconnaître l'État de la Palestine. Le président nous avait déjà fait le coup au mois de juin. Qu'est-ce qui a changé aujourd'hui ? Et surtout, qu'est-ce que cache ce nouveau coup de théâtre ? Justement, Nils a enquêté là-dessus. Nous sommes début août. On parlera évidemment des vacances du gouvernement. Bretagne, Var, Corse. Les ministres vont plutôt rester en France pour tenter de souffler avant la rentrée. Et c'est peu de le dire, une rentrée qui s'annonce agitée parce que les Français sont exaspérés par les réformes antisociales qui s'accumulent. Ce sera notre deuxième sujet. Salut, Nils.

Salut, Amira. Salut à toutes et à tous. Alors, ça y est, je le disais, Emmanuel Macron va enfin reconnaître la Palestine. Il était pourtant très proche d'Israël. Oui, c'est la dernière surprise de notre président en plein cœur de l'été, sans prévenir, par un simple tweet sur le réseau social X. Le voilà qui annonce que la France a l'intention de reconnaître l'État palestinien. Alors, cela devrait se faire en principe en septembre à l'ONU, à New York. Mais tu as raison, en tout cas, c'est assez étonnant parce qu'Emmanuel Macron s'est signalé dès le début de son mandat par son tropisme pro-Israël, évidemment au détriment de l'ancienne orientation française pro-arabe.

En 2020, lors de sa visite à Jérusalem, on le voit très proche du président israélien de l'époque, c'était Reuven Rivlin. Et surtout, il n'a pas un mot pour la Palestine, et même pour la solution à deux États, ce qui constitue une rupture avec la tradition diplomatique française regardée.

3:17
Invité

Nous avons aussi décidé de discuter et de poser très franchement la question de l'antisionisme, aujourd'hui profondément liée à la question de l'antisémitisme. J'ai eu l'occasion de le dire. L'antisionisme, lorsqu'il est la négation de l'existence d'Israël comme État, est un antisémitisme.

3:40
Présentateur

Voilà, alors en réalité, à l'époque, une source diplomatique m'explique que Macron est plus attiré par les possibilités de business, avec notamment l'industrie de la tech israélienne, que par le sort de la Palestine, et de manière générale par le conflit au Proche-Orient. Et puis comme toujours avec Macron, Amira, tout est calculé en rapport avec l'actualité médiatique. La preuve, il se désintéresse complètement du sujet du Proche-Orient avant l'attaque terroriste du 7 octobre en 2023 sur Israël. D'ailleurs, il ne se rend sur place que deux semaines après, le 24, pour exprimer non seulement sa solidarité, mais surtout pour proposer, sortir de sa pochette surprise, une coalition anti-Hamas.

Regardez ça.

4:22
Invité

« Rappelez devant tous le droit légitime d'Israël de se défendre face à ceux qui œuvrent à sa destruction. Cette cause est juste, point final. Le Hamas est un groupe terroriste dont l'objectif même est la destruction de l'État d'Israël. C'est aussi le cas de Daesh, d'Al-Qaïda, de ceux qui leur sont associés dans l'action et dans l'intention. La priorité, votre priorité, mais aussi celle de toutes les démocraties et de la France, est avec vous de vaincre ces groupes terroristes. Nous qui avons été frappés si durement par ces mêmes groupes, voulons vous dire une chose simple. Vous n'êtes pas seuls.

C'est pourquoi la France est prête à ce que la coalition internationale contre Daesh, dans le cadre de laquelle nous sommes engagés pour notre opération en Irak et en Syrie, puisse lutter aussi contre le Hamas. Je propose à nos partenaires internationaux, je l'ai évoqué avec vous ce matin, que nous puissions bâtir une coalition régionale et internationale pour lutter contre les groupes terroristes qui nous menacent tous. Je pense que c'est l'intérêt d'Israël, de sa sécurité, celle aussi de plusieurs de vos voisins, menacés par ces mêmes groupes ou des groupes voisins.

5:47
Présentateur

Voilà, alors sans surprise, à l'époque, on en avait parlé, j'imagine, sur le média. L'idée a fait un four, personne n'est enthousiaste. Et puis surtout, Emmanuel Macron fait le minimum syndical sur la Palestine. Alors, à ce moment-là du conflit, j'ai repris mes notes. Et puis l'Élysée expliquait en fait que le président craignait par-dessus tout que le conflit ne s'exporte en France, sous-entendu regardé vers les banlieues. Voilà, et puis trois semaines après, Badaboum, nouveau changement de doctrine présidentielle. Le voilà, qui prenait la défense des Palestiniens dans une interview à la BBC.

6:22
Locuteur non identifié

Alors, Nils, son envie de quoi ?

6:52
Présentateur

Comment on peut expliquer ce revirement d'Emmanuel Macron vis-à-vis d'Israël ? Oui, il y a probablement plusieurs facteurs, tu t'en doutes à cela. D'abord, on le dit peu, mais ses rapports avec Netanyahou ne sont pas bons. Le président français et le premier ministre israélien se détestent cordialement, malgré plusieurs rencontres. Alors, il y a des raisons personnelles. Il ne supporterait pas les mauvaises manières de l'Israélien, qui ne cesse de le renvoyer à sa propre impuissance sur la région. Évidemment, alors un diplomate me dit, bah oui, mais en même temps, c'est la réalité. La France ne compte plus vraiment dans la région.

Et puis, c'est vrai aussi que l'ennimité entre les deux dirigeants a éclaté au grand jour, quand Macron s'est enfin décidé en mai dernier à qualifier de honte la vengeance exercée par Netanyahou sur les civils palestiniens, regardez.

7:42
Invité

Ce que fait aujourd'hui le gouvernement de Benjamin Netanyahou est inacceptable. Et aujourd'hui, la crise humanitaire est la plus grave que nous ayons connue depuis octobre dernier. Et donc, la position de la France, elle est constante. Et je vais ici en donner la cohérence.

7:59
Présentateur

Voilà, et puis une autre raison de la colère présidentielle, c'est la visite de Bardella et Marion Maréchal, à qui Netanyahou a déroulé le tapis rouge. C'était d'ailleurs cette année. Regardez. Voilà, et pour l'Élysée, aucun doute à l'époque. C'est une vengeance de Netanyahou envers Macron. Et puis, il y a une autre raison, sans doute plus personnelle au revirement du président. Et je pense que ça va vous faire sourire. Le président n'a pas abandonné secrètement l'idée de recevoir le prix Nobel de la paix, s'il vous plaît. Comme Obama en son temps, c'est le Parisien qui avait dévoilé le premier les ambitions présidentielles dès 2022.

Alors évidemment, à l'époque, la nouvelle avait suscité certaines moqueries ou d'indignations chez les oppositions et même un certain embarras parmi les macronistes, c'est selon. D'autant que la diplomatie sauce Macron est loin d'avoir porté ses fruits. Oui, alors cette fois, le président veut devenir le premier dirigeant d'un pays du G7 à reconnaître la Palestine. Ce sera donc en septembre, on l'a dit, lors du 80e anniversaire de la création de l'ONU. Reste qu'Emmanuel Macron doit entraîner avec lui d'autres États d'importance pour ne pas donner une impression d'isolement sur la scène internationale.

Alors, c'est raté avec nos voisins allemands outre-Rhin qui ont déjà fait part de leur opposition à la reconnaissance de la Palestine. Reste éventuellement le Royaume-Uni et le Canada qui semblent le plus ouverts à la question. Mais comme me le confiait un diplomate, ce n'est pas gagné. Nils, est-ce que Macron, il n'est pas aussi un peu guidé par des considérations purement franco-françaises ? Eh oui, un boom politicien, tu as bien raison. Macron, évidemment, surveille comme le lait sur le feu, comme ils disent à l'Élysée, la situation en France.

Et puis, notre président aussi a été exaspéré par l'attention médiatique portée notamment à Rima Hassan, le redéputé de la France insoumise, lors de son opération de communication sur la flottille de la liberté. On y avait d'ailleurs consacré une émission avant les vacances. Le président est sensible à l'attention médiatique. Évidemment, on me confiait l'un de ses proches pour préparer cette émission. Et puis, il voit probablement aussi une manière de rebondir dans les sondages en se saisissant de cette question. C'est vrai aussi que le sort des Palestiniens intéresse la population française. On a vu des manifestations de soutien.

On a vu effectivement cette initiative de la flottille de la liberté. Et puis, dans les sondages d'opinion, quand même, il faut bien le reconnaître, les Français sont majoritairement pour effectivement les civils palestiniens. Et donc, évidemment, cette question, le président entend bien s'en saisir pour gagner des points au niveau politique. Alors, évidemment, il faudra voir si cette dernière initiative, avant la fin de son mandat, peut contribuer à le réconcilier avec les Français. Les Français, justement, il n'y a pas qu'Emmanuel Macron qui est au plus bas dans leur cœur. Il y a évidemment Bayrou et puis tous ses ministres.

D'ailleurs, Nils, est-ce que tu as enquêté sur leur projet cet été ? Est-ce qu'ils vont aller en vacances ? Déjà, oui, ils vont prendre quelques vacances parce que, déjà, ils seront peut-être plus ministres après les vacances. Il y a toujours cette menace de censure qui plane sur le gouvernement Bayrou. Voilà, puisque le budget, la proposition de budget de François Bayrou, qu'il a élaborée avec seulement quelques proches dans son bureau à Matignon, est loin d'avoir satisfait les oppositions et même son propre camp, le socle commun. Et puis, c'est vrai aussi que le gouvernement Bayrou est au plus bas dans les sondages. Alors, évidemment, on en a parlé. Il y a la situation budgétaire.

44 milliards de saignées décrétées par le Premier ministre avant les congés qui ont achevé de faire plonger la cote de son gouvernement. Et d'ailleurs, le dernier conseil des ministres ce mercredi s'est déroulé dans une ambiance, je cite, « fatiguée », selon un participant qui a accepté de me parler. Signe que la situation est tendue. D'ailleurs, les ministres ont été privés du traditionnel cocktail offert par Emmanuel Macron à l'Élysée chaque été avant les vacances. Et bien, à la place, ils n'ont eu le droit qu'à un café. C'était amer comme la situation politique. C'est ce que m'explique un ministre en poste.

Alors, plus sérieusement, le président a exhorté ses ministres à passer des vacances vigilantes. C'est l'expression, c'est l'élément de langage qui a été transmis à nos confrères et consoeurs journalistes qui ont la chance, n'est-ce pas, de suivre l'actualité au plus près à l'Élysée. Traduction du langage présidentiel, garder son téléphone près de soi et ne pas décrocher de l'actualité, évidemment. Comme d'habitude, me souffle un ministre. Alors, c'est vrai qu'il y a eu des précédents de catastrophes industrielles en matière de vacances ministérielles. On se souvient des vacances d'hiver, de Blanquer à Ibiza en pleine pandémie de Covid, par exemple.

Résultat, depuis, les ministres les plus importants, c'est-à-dire régaliens, armés, justice, etc., vont rester sur le territoire national. Éric Lombard, par exemple, le ministre de l'Économie, et ses collègues du budget et des comptes publics, notamment Amélie de Montchalin, se réfugie en Bretagne. Bayrou, lui, reste à Paris et il a fait savoir partout, dans tous les médias, qu'il n'allait pas prendre de vacances. Voilà, on a un surhomme à la tête du pays, c'est comme Emmanuel Macron. Et Darmanin, également, le ministre de la Justice, il fait un peu le coup tous les ans d'expliquer qu'il ne prend pas de vacances, qu'il est entièrement consacré à son ministère.

Et ça agace toujours, évidemment, ses collègues. Il joue les faillots, c'est ce que m'explique l'un d'eux. Il n'a pas complètement tort. Regardez, c'était l'année dernière.

13:26
Invité

Je vois que vous ne portez plus de cravate non plus, Gérald Darmanin. Est-ce que vous allez profiter de ces Jeux olympiques un petit peu, en tant que spectateur ? Écoutez, je vais essayer, avec ma famille, d'aller supporter l'équipe de France, notamment chez moi, à Lille, pour le basket. Mais je suis surtout très concentré. Je suis comme les policiers, les gendarmes. On n'a pas de vacances cet été pour, justement, protéger les Français et les 13 millions de touristes qui vont venir voir la plus belle ville du monde et le plus beau pays du monde qui est la France.

13:50
Présentateur

Voilà. Alors, il ne prend pas de vacances, Darmanin. C'était déjà le cas en 2023. Regardez. Ou encore en 2022. Et je suis sûr que si on remontait les archives, on aurait exactement les mêmes titres de presse. Alors, l'un de ses collègues, évidemment, qui n'est pas très content de cette publicité, qui le fait passer pour un fainé, on me dit qu'il devrait prendre deux semaines. Ça lui éclaircirait les idées. Il est vrai que notre ministre de la Justice prépare un projet de loi baptisé Sûr, visant à rendre la France plus sûre, donc jeu de mots subtil, n'est-ce pas ? Selon lui, mais qui fait déjà frémir les magistrats.

Il y a un paquet de dix mesures qui sont en préparation pour septembre-octobre, parmi lesquelles le rétablissement des peines d'un mois d'emprisonnement ferme, le sursis réservé uniquement aux personnes sans casier judiciaire, ou encore cerise sur le gâteau, le retour des frais d'incarcération. Ça, c'est le petit cadeau pour les familles de détenus. Bref, une réforme du tout carcérale, alors qu'il n'y a jamais eu autant de gens en prison en France, et que notre pays est souvent condamné pour des conditions de détention indignes. Alors, Nils, à la rentrée, bien évidemment, tu vas nous parler de ce projet d'Armanin.

Mais avant ça, est-ce qu'il y a des ministres qui vont quand même à l'étranger ? Oui, il y a quand même deux ministres qui ont osé s'aventurer en dehors de la France, et encore en pointillé, l'inénarrable Aurore Berger, qu'on adore sur le média, va visiter la Haute-Savoie, l'Eure, mais aussi le Portugal. Et Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition écologique, sera entre les Alpes, l'Italie et la Provence. Alors, pour être tout à fait honnête, c'est le Figaro qui a sorti l'info. Comme d'Armanin, il y a d'autres ministres qui jouent les faillots et le font savoir. Par exemple, Françoise Gattel.

Alors, pour ceux qui ne sont pas familiers avec l'organigramme du gouvernement, qui, il est vrai, a beaucoup changé ces derniers mois. Françoise Gattel est à la ruralité, elle sera également en Bretagne, et elle fait savoir aux journalistes qu'elle restera entièrement disponible pour ses équipes, pour le gouvernement et donc pour la ruralité. À l'instar d'Emmanuel Macron, qui séjournera comme chaque année au fort de Brégançon, Elisabeth Borna, l'Éducation nationale, posera ses valises tout à côté dans le Var avec des amis au programme des vacances studieuses, donc à confier son entourage à nos confrères du Figaro.

Nathalie Delattre, au tourisme, sera en Gironde et évidemment communiquera sur les vacances des Français. Et Sébastien Lecornu, aux armées, passera par l'Eure et le Var, lui encore, et rendra sûrement visite à des régiments. C'est ce qu'assure son équipe aux journalistes. Alors Nice, on utilise le mot vacances, mais est-ce qu'on peut vraiment parler de congé d'été ? Non, pas vraiment. Il faut être toujours sur le pont. C'est ce que m'explique un ancien ministre qui, il est vrai à l'époque, a eu la malchance d'être en poste au moment du Covid. On ne peut pas dire que c'était la joie comme d'ailleurs le reste des Français.

Mais cette année, le gouvernement actuel surjoue un petit peu cette tendance, quand même en dramatisant. Et en faille au temps, il n'y a eu pas moins de quatre projets de loi qui ont été déposés sur la table du Conseil des ministres. C'est quand même beaucoup avant des congés. Et puis, il y a quand même une atmosphère de compétition au sein du gouvernement, issu d'un socle commun qui n'a plus rien en commun. Tout le monde se tire dans les pattes. C'est pesant. C'est ce que me confiait un conseiller ministériel la semaine dernière pour un article que j'ai publié sur Off Investigation.

Alors, il y a eu notamment l'épisode de la loi Duplomb qui a souligné l'antagonisme entre Aurore Berger et Agnès Pannier-Runacher dont je vous parlais auparavant. Quand la ministre de la Transition écologique explique qu'elle est contre cette loi qui a réintroduit les pesticides, qui a fait l'objet d'une pétition qui a atteint les deux millions de signataires, voilà ce que répond Aurore Berger sur France Info. Écoutez.

17:30
Invité

Il y a une ligne qui a été claire, qui est qu'il y a une proposition de loi qui a été soutenue par le gouvernement. Donc, la ligne du gouvernement, c'est que nous avons soutenu la proposition de loi Duplomb. Il n'y a pas à avoir en permanence des avis personnels. Quand on est membre d'un gouvernement, on assure... Agnès Pannier-Runacher n'a pas à faire part de son avis personnel contre la système mypride. Quand vous êtes membre d'un gouvernement, vous assumez d'être solidaire des décisions qui sont prises. Parce que sinon, ça crée de la confusion. Et à force de confusion, je pense que ça crée de la confusion aussi dans l'esprit des Français.

17:59
Présentateur

Voilà, alors ce petit tacle envers Agnès Pannier-Runacher n'est pas vraiment passé dans le camp de la ministre. Comme Aurore Berger ne travaille pas ses dossiers, elle ne sait pas que le gouvernement a soutenu une position contre la réintroduction des néonicotinoïdes, donc ces fameux pesticides, au Sénat, me répond un soutien d'Agnès Pannier-Runacher. Alors, la ministre n'a pas souhaité réagir aux propos fort peu amicaux de sa collègue. Il est vrai qu'elle est connue pour sa discrétion, Agnès Pannier-Runacher. En revanche, Aurore Berger, très décriée dans son propre camp, on en a largement parlé dans cette émission, a aussi agacé ses autres petits camarades ministres.

Lors de sa dernière tournée médiatique à la mi-juillet, la ministre, par exemple, a sollicité les préfectures sur un parcours de visite à travers la France pour monter, je cite, des événements. Et par exemple, dans Jura, figure-toi qu'il n'y avait pas assez de monde pour la saluer et pour l'acclamer sur son passage. Et donc, on a demandé aux agents de la préfecture d'y participer pour faire illusion. C'est ce que m'a affirmé l'un de ses collègues ministres et c'est ce qu'on m'a confirmé au niveau préfectoral. Une source bien placée au niveau préfectoral. Et donc, c'est la visite Potemkin réinventée par Aurore Berger.

Et puis, elle se fait mal voir du reste de ses collègues parce qu'elle va sur leur plate-bande. Elle est sur l'intelligence artificielle un jour, le sport avec le Tour de France un autre jour, la culture aussi. Et donc, en gros, ses collègues lui reprochent de donner des leçons de solidarité alors qu'elle-même n'est pas, évidemment, comment dire, exemplaire sur ce point. Et puis, surtout, elle ne siège pas au Conseil des ministres. C'est réservé aux grandes personnes. Bah, dis donc, Nice, ça annonce de belles vacances, tout ça. Oui, puis une bonne ambiance de travail. Alors, la faute en revient quand même au chef, Emmanuel Macron.

Les ministres doivent composer avec ce management toxique instauré par le président de la République qui ne s'interdit rien. Et d'ailleurs, il a répété lors de son discours aux armées le 13 juillet dernier. Pour être libre, il faut être craint. Message reçu par ses équipes, 5 sur 5, avant le tunnel électoral à venir, avec les municipales en 2026, puis la présidentielle en 2027, à l'Élysée comme à Matignon. Amira est dans les ministères. Cet été, ça annonce meurtrier. Merci beaucoup, Nils, pour tous ces petits secrets. Et puis, je te dis à la semaine prochaine. Ça marche. Salut Amira. Salut à tous. Et vous l'aurez compris, c'est la fin de cette émission.

Merci à vous d'avoir suivi cet épisode des Indiscrets. Puis, j'attire une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique, face aux 105 millions d'euros du milliardaire ultra-conservateur Stérin qui va installer l'extrême droite au pouvoir. Le Média lance, riposte, une contre-offensive vitale et citoyenne. C'est notre unique chance de bâtir une chaîne d'info populaire et indépendante, capable de percer sur les réseaux sociaux, mais aussi sur la TNT francilienne, pour enfin donner la parole à celles et ceux qu'on ignore. Ensemble, reprenons le terrain et protégeons notre démocratie. Alors, soutenez-nous sur campagne.lemédiatv.fr.

Ça se passe dès maintenant.