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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 8 novembre 2019 7 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Michael Weber : "La protection de l'environnement peut être l'occasion d'une transition vers de l'emploi"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Dites-nous ce qu'elles ont d'exceptionnelles, ces forêts du plateau de Langres.

  • 1:13OuverteRéponse directe

    Il y a des arbres qui sont très très vieux ?

  • 1:39OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous constatez les effets du changement climatique dans les forêts que vous gérez ?

  • 2:22OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça apporte de devenir un parc national ?

  • 3:05OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il est interdit de faire dans un parc national ?

  • 3:49OuverteRéponse directe

    Un parc national, est-ce que ça a de l'argent ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25PrésentateurFait
    « C'est le parc le plus au nord de France, un projet qui a mis plus de 10 ans à aboutir. »
  • 0:54InvitéFait
    « Il a fallu, dans le cadre du projet qui avait été annoncé dans le Grenelle, avoir un parc national de forêts. »
  • 1:00InvitéFait
    « C'est le premier d'ailleurs parc national de forêts. »
  • 1:57InvitéFait
    « Pour ce qui est du réchauffement climatique, oui, on le constate. »
  • 2:46InvitéChiffre
    « L'État va quand même injecter, je pense, 6 à 7 millions d'euros sur ce territoire-là. »
  • 4:08InvitéChiffre
    « Quand on dit qu'on va injecter 7, 8 millions d'euros, on peut penser que c'est très bien. »
  • 4:19InvitéChiffre
    « Vous avez dit, ils sont 11. C'est très peu. C'est l'ensemble des gestionnaires protégés. »
  • 4:23InvitéChiffre
    « Nous sommes 54. Les réserves naturelles sont aussi très nombreuses. »
  • 4:31InvitéFait
    « La prise de conscience s'est faite suite à l'annonce de l'IPBUS l'an dernier de la disparition massive des oiseaux et des champs. »
  • 6:08InvitéChiffre
    « C'est-à-dire 30% d'un protégé en France. »
  • 6:19InvitéFait
    « La fiscalité tech, elle est construite en France, elle est plutôt punitive et ne permet pas aux territoires ruraux de s'engager. »
  • 6:42InvitéFait
    « Il y avait l'Agence française pour la biodiversité qui devient Office français pour la biodiversité. »
  • 6:50InvitéFait
    « Les chasseurs vont intégrer l'Office national de la faune. »

Temps de parole

  • Invité75 %
  • Présentateur22 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

France Inter. Mathilde Munoz, le 5-7. Il est 6h21, c'est un événement rare. Un nouveau parc national est inauguré aujourd'hui, le 11ème de France. Il s'agit de protéger une partie des forêts de Champagne et de Bourgogne, celle qui se trouve sur le plateau de Langres, plus précisément à cheval entre les départements de la Côte d'Or et de la Haute-Marne. C'est le parc le plus au nord de France, un projet qui a mis plus de 10 ans à aboutir. Bonjour Michael Weber. Vous êtes le président de la Fédération des parcs naturels régionaux de France. On va d'ailleurs revenir sur cette distinction entre les parcs régionaux et les parcs nationaux.

Mais d'abord, dites-nous ce qu'elles ont d'exceptionnelles, ces forêts du plateau de Langres.

0:42
Invité

Ce sont des forêts qui sont sur un milieu très rural, qui ont été préservées déjà par l'histoire et par l'activité humaine d'une certaine façon. Si vous voulez, dans l'annonce qui a été faite, il faut aussi distinguer le fait que certes, cette forêt-là est particulièrement protégée. Il a fallu, dans le cadre du projet qui avait été annoncé dans le Grenelle, avoir un parc national de forêts. C'est le cas aujourd'hui. C'est le premier d'ailleurs parc national de forêts. Et je rappelle que d'ailleurs, dans le Grenelle, à l'époque, il était annoncé aussi un parc sur les zones humides.

Je crois qu'un des messages, c'est de dire, ok, poursuivons la démarche et allons vers un parc de zones humides, parce que je pense que c'est un sujet aussi aujourd'hui.

1:13
Présentateur

Donc à l'intérieur, il y a quoi ? Il y a des arbres qui sont très très vieux ?

1:15
Invité

Oui, c'est ça, des gros arbres, des hétraies particulières. Et dans la situation que l'on connaît aujourd'hui, que tous nos concitoyens ont vu, c'est-à-dire dépérissement du hêtre, squelite sur les épicéas, avec des résineux qui ont beaucoup souffert, notamment cet été, je pense que c'est un sujet qui nous interpelle. C'est-à-dire, comment est-ce que la forêt va s'adapter au réchauffement climatique ? Et comment est-ce que nous-mêmes, nous allons adapter nos pratiques ? C'est-à-dire, comment est-ce que l'homme, par rapport à l'activité économique, va utiliser la forêt demain ?

1:39
Présentateur

Est-ce que vous, par exemple, dans les forêts que vous gérez, vous constatez les effets du changement climatique ?

1:44
Invité

En réalité, il y a deux éléments. Il y a un élément qui est notamment sur le résineux, quand on voit les résineux qui ont bruni. Ça, c'est un peu le résultat de l'humain, des choix de gestion forestière. Parce que très souvent, on a mis des résines dans des stations qui n'étaient pas prévues à cet effet. Pour ce qui est du réchauffement climatique, oui, on le constate. Les hêtres qui dépérissent, qui sèchent, c'est un effet direct du changement climatique. La question pour nous, c'est comment est-ce que nous allons réagir face à ce changement climatique dont on ne sait pas jusqu'où il va aller et ce qu'on va en faire.

C'est-à-dire, est-ce qu'on va implanter des essences qui ne sont pas des essences d'ici ? Comment est-ce qu'on va utiliser ces bois-là ? Quel va être l'impact sur la filière bois ? Je pense que tous ces éléments sont sur la table.

2:22
Présentateur

Qu'est-ce que ça apporte de devenir un parc national ?

2:24
Invité

Je pense que ça permet de mettre tous les acteurs autour de la table. C'est-à-dire de considérer que le patrimoine naturel est emblématique sur ce territoire-là. Ce n'est pas un territoire qui est mis sous cloche. Certes, la protection dans un parc national est plus forte que sur un parc naturel régional. Mais malgré tout, on a toutes les politiques publiques qui sont engagées. Il y a des moyens lourds qui sont mis en œuvre. Ce ne sont pas suffisants, peut-être qu'on y reviendra tout à l'heure. Mais des moyens qui sont importants. Là, l'État va quand même injecter, je pense, 6 à 7 millions d'euros sur ce territoire-là.

Et c'est aussi de montrer que finalement, on a évoqué Gonesse tout à l'heure, c'est que la protection de l'environnement, ce n'est pas un destructeur d'emplois. Je pense que c'est aussi l'opportunité, l'occasion de faire du développement local et de peut-être faire une transition, qu'il soit aussi une transition sociale, aussi une transition vers de l'emploi.

3:05
Présentateur

Qu'est-ce qu'il est interdit de faire dans un parc national ? On ne peut pas faire du camping, on ne peut pas chasser ?

3:10
Invité

Non, justement, je crois qu'un des éléments aussi de ce constat que l'on fait en forêt, c'est que justement, il y a un déséquilibre sylvo-synégétique et qu'il faut chasser. C'est-à-dire ? Sylvo-synégétique. C'est-à-dire qu'effectivement, on constate qu'il y a trop de gibiers qui évitent que la régénération naturelle de la forêt se fasse. Donc, il faut que l'on puisse chasser. Mais par contre, il ne faut pas agréner, il ne faut pas accentuer, si vous voulez, la population, la prolifération du gibier. C'est ça le sujet. De la même façon aussi, on peut faire du camping, peut-être dans des secteurs qui seront délimités. On doit éviter l'artificialisation et l'urbanisation.

Ce sont des sujets qui sont extrêmement importants et qui sont en phase, je crois, avec ce qui avait été annoncé hier.

3:49
Présentateur

Alors, on évoquait un damo tout à l'heure, les moyens. Un parc national, est-ce que ça a de l'argent ?

3:56
Invité

Alors, ça a de l'argent, mais j'allais dire, malheureusement, pas suffisant. On peut dire que ce n'est jamais suffisant, mais je voudrais que finalement, on se dise que ce n'est pas simplement politique du chiffre. Parce que quand on annonce 56 000 hectares et qu'on dit que c'est le plus grand parc d'Europe, c'est très bien. Quand on dit qu'on va injecter 7, 8 millions d'euros, on peut penser que c'est très bien. Mais le problème, c'est que l'on parle de quelques surfaces qui, à l'échelle du territoire français, sont minimes. Et que les moyens qui sont mis en oeuvre, ce n'est pas simplement ceux pour les parcs nationaux français. Vous avez dit, ils sont 11. C'est très peu.

C'est l'ensemble des gestionnaires protégés. Nous sommes 54. Les réserves naturelles sont aussi très nombreuses. Les conservateurs d'espace naturel aussi. Et on s'aperçoit que dans ces budgets-là, c'est en baisse. Et quand on répond, si vous voulez, parce que la prise de conscience s'est faite suite à l'annonce de l'IPBUS l'an dernier de la disparition massive des oiseaux et des champs, tout simplement, des oiseaux communs, on ne peut pas répondre à cette problématique-là juste en disant que l'on va mettre une protection forte sur l'Antarctique ou sur les terres australes.

4:47
Présentateur

Mais si c'est un parc national, est-ce que ça ne veut pas dire qu'il est plus, je ne sais pas, plus beau, qu'il est plus riche, que la biodiversité est plus importante que dans les autres parcs ? Donc est-ce qu'il n'est pas normal de lui donner plus d'argent que les autres régions ?

4:59
Invité

Si, mais la biodiversité aujourd'hui, elle n'a pas de sens si l'on constate que ce sont des poches de biodiversité. La biodiversité doit être interconnectée. Les animaux, ils ne vont pas, ce n'est pas comme les humains peut-être. D'ailleurs, les humains circulent beaucoup. C'est qu'ils ont besoin de connexions pour pouvoir vivre. Donc c'est cette question des connexions entre des territoires qui sont protégés et ceux qui ne le sont pas. Et sur ces territoires-là, c'est vrai, il y a deux éléments qui sont fondateurs. C'est l'exemplarité de la biodiversité présente, mais c'est aussi un élément culturel.

C'est-à-dire que l'activité humaine, en quelque sorte, a préservé, a permis d'éviter que cette biodiversité disparaisse totalement.

5:26
Présentateur

Toujours à propos des moyens, dans les parcs, ça fait quand même plusieurs mois, voire plusieurs années, que les personnes qui travaillent dans ces parcs râlent parce qu'il y a de moins en moins de postes, de moins en moins d'argent. Ça se fait avec des budgets de plus en plus petits. Du coup, ça veut dire quoi de créer un onzième parc si on n'a pas les moyens ?

5:43
Invité

C'est la question. C'est que si les autres dix parcs nationaux doivent contribuer en quelque part au onzième, on n'a rien gagné dans l'affaire. C'est-à-dire qu'on déshabille Pierre pour habiller Paul ? C'est un peu ça. Si l'on ne prend pas en compte en réalité aujourd'hui que c'est une énorme ingénierie que l'on est obligé de mettre en œuvre et que ce n'est pas du fonctionnement pour les territoires ou des frais de fonctionnement, mais que c'est des frais d'investissement, eh bien on se trompe vraiment de stratégie.

Et ce qu'on a besoin aujourd'hui, c'est qu'entre le discours qui est annoncé, le discours lié en surface, aux chiffres qui sont annoncés, aux objectifs qui sont donnés, c'est-à-dire 30% d'un protégé en France, il faut aussi en mettre les moyens en face. Et il faut aussi que ça soit un élément d'attractivité pour les territoires, en particulier pour les territoires ruraux. Or, aujourd'hui, la fiscalité tech, elle est construite en France, elle est plutôt punitive et ne permet pas aux territoires ruraux de s'engager parfois eux-mêmes par des dispositifs qu'ils pourraient engager sur ces territoires.

6:30
Présentateur

Une dernière question rapidement. La ministre de la Transition écologique a annoncé hier la naissance de l'Office français de la biodiversité. C'est un gadget ou c'est utile ?

6:38
Invité

Je pense que c'est très utile. Nous, on est très vigilants, effectivement, à ce que l'on y mettra, parce qu'il y avait l'Agence française pour la biodiversité qui devient Office français pour la biodiversité. Nous y sommes vigilants parce que, notamment, les chasseurs vont intégrer l'Office national de la faune. La chasse intègre l'Office français pour la biodiversité. Donc, on a un sujet, notamment sur la chasse. Et on ne voudrait pas que, là encore, il y ait un déséquilibre entre les pro-chasseurs et les pro-environnement. Je pense que les deux sont sur le même objectif.

Mais il faut aussi que l'on puisse adapter nos méthodes, se comprendre mieux et avoir une vraie action pour les territoires, pour la biodiversité dans nos territoires.

7:11
Présentateur

Michael Weber, président de la Fédération des parcs naturels régionaux de France, vous est-il invité du 5-7 ? Merci.

7:17
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.