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Mes interventions dans le débat du Media au soir des manifestations du 16 février

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Vous étiez à la manifestation parisienne. Vous êtes plutôt optimiste ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    C'est-à-dire que les salariés se préservent et gardent du salaire pour Mars ?

  • 2:47OuverteRéponse directe

    Vous expliquez ça comme ça pour le recul de la mobilisation au sein de l'éducation nationale ?

  • 3:16OuverteRéponse directe

    Nathalie Arthaud, est-ce que vous pensez effectivement qu'on doit durcir la mobilisation ?

  • 5:31OuverteRéponse partielle

    Comment se préparer à cette offensive qui risque d'être violente ?

  • 8:07OuverteRéponse directe

    Nathalie Arthaud, est-ce que vous pensez que cette mobilisation doit être avant tout celle des femmes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34Invité politiqueChiffre
    « il y a eu quand même des centaines de milliers de femmes et d'hommes qui ont voulu s'emparer de cette journée pour s'exprimer »
  • 1:36Invité politiqueFait
    « multiplier les manifestations, ça ne suffira pas. Ça, c'est le gouvernement qui nous le dit et qui nous le démontre, de manif en manif »
  • 3:20Invité politiquePromesse
    « Il faut bloquer cette attaque. Il faut la bloquer. »
  • 3:37Invité politiqueFait
    « c'est d'arrêter de faire rouler les trains, de donner les cours aux enfants, c'est d'arrêter la production ou de baisser la production d'électricité, c'est d'arrêter la fabrication des voitures »
  • 4:27Invité politiqueFait
    « La grève, elle s'était construite à la SNCF et ça avait mis plusieurs semaines »
  • 4:41Invité politiqueFait
    « ça n'a pas été long pour que Juppé, qui prétendait droit dans ses bottes, recule »
  • 8:59Invité politiqueFait
    « beaucoup n'iront pas jusqu'à 64 ans, mais ils iront à Pôle emploi »
  • 9:35Invité politiqueChiffre
    « j'avais 43 annuités de cotisation. Donc moi, c'est au-delà de 67 ans »
  • 11:20Invité politiqueFait
    « leurs années d'apprentissage ne sont pas comptabilisés pour la retraite pour tous ceux qui ont fait leur apprentissage avant 2014 »
  • 11:46Invité politiqueFait
    « elle nous mène à la guerre »

Temps de parole

  • Nathalie Arthaud89 %
  • Présentateur9 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Alors, Nathalie Arthaud, vous étiez à la manifestation parisienne. Vous êtes plutôt optimiste. Vous n'inquiétez pas de cet affaiblissement de la mobilisation ?

0:07
Nathalie Arthaud

Non, moi, j'ai été même agréablement surprise, en fait, parce que c'était une journée entre deux. On a tous en tête que le moment décisif va arriver autour du 7, 8 et effectivement 9, 10 mars. Et je crois que ceux qui manifestaient aujourd'hui l'avaient vraiment en tête. L'avaient vraiment en tête. Et c'est vrai que moi, j'étais... Je me suis dit, bon, finalement, ça fera une toute petite, petite manif. Voilà. Et en réalité, il y a eu quand même des centaines de milliers de femmes et d'hommes qui ont voulu s'emparer de cette journée pour s'exprimer.

Et puis, je pense aussi pour préparer, pour préparer la suite, pour continuer de s'adresser à leurs camarades de travail, pour dire que la mobilisation, elle continue d'exister. Moi, voilà, ça m'a... Je dois dire, en fait, oui, un peu impressionnée. Parce que je crois que ça montre quand même la profondeur du mouvement. Effectivement, il n'y avait pas d'enjeu sur cette journée. D'accord ? Eh bien, il n'empêche qu'il y avait énormément de monde au rendez-vous. Voilà. Donc moi, je crois que c'est vraiment un élément qui témoigne de la profondeur.

Maintenant, clairement, on a tous en tête qu'il faut préparer, en effet, le 7 mars, parce qu'on l'a tous compris, multiplier les manifestations, ça ne suffira pas. Ça, c'est le gouvernement qui nous le dit et qui nous le démontre, de manif en manif. Donc ça veut dire qu'il faut passer à un cran supérieur. Ça veut dire qu'il faut passer, effectivement, à la grève, que cette grève, elle s'étende, que cette grève, elle dure et qu'on réussisse à se faire craindre, qu'y compris le MEDEF commence à s'inquiéter parce qu'il ne peut plus faire ses affaires comme d'habitude et qu'il demande à Macron de rétropédaler.

2:00
Présentateur

C'est-à-dire que les salariés se préservent et gardent du salaire, en fait, pour Mars et pour les reconductibles ?

2:04
Nathalie Arthaud

Je pense que beaucoup ont en tête que ça sera de toute façon dur, qu'il ne suffira pas d'un jour, qu'il faut s'engager, là, sur une grève, effectivement, qui peut prendre, je ne sais pas, peut-être une semaine, peut-être plus, je ne sais pas, mais tout le monde l'a en tête, en fait. Donc oui, c'est pas facile. Ça nécessite de prendre de l'énergie. Bon, je prends le secteur de l'enseignement. Moi, je suis enseignante. Il y a une difficulté objective aussi. C'est les vacances samedi. Donc beaucoup de camarades de travail voulaient voir les élèves avant de partir en vacances, d'autant plus que nous, à la rentrée, c'est la grève.

2:42
Présentateur

D'accord. Vous expliquez ça comme ça pour le recul de la mobilisation au sein de l'éducation nationale et plus précisément au sein du corps enseignant ?

2:50
Nathalie Arthaud

Je pense, oui, je pense que les vacances, le fait qu'on soit, voilà, que samedi, on soit en vacances, enfin que vendredi, on soit en vacances et au retour des vacances, on est en grève, encore une fois. Donc je pense qu'il y avait aussi beaucoup de profs qui voulaient revoir leurs élèves avant de leur dire au revoir pour trois semaines ou un mois.

3:09
Présentateur

Voilà. La détermination reste intacte, même chez les professeurs. C'était plus une question, on va dire, d'opportunité à renoncer. Nathalie Arthaud, est-ce que vous pensez effectivement qu'on doit durcir la mobilisation ?

3:20
Nathalie Arthaud

Il faut bloquer cette attaque. Il faut la bloquer. Et il faut le faire avec les moyens que possèdent les travailleurs. Et ces moyens-là, c'est la grève, effectivement. C'est d'arrêter de faire rouler les trains, de donner les cours aux enfants, c'est d'arrêter la production ou de baisser la production d'électricité, c'est d'arrêter la fabrication des voitures. Et c'est là, c'est en touchant au portefeuille du grand patronat qu'encore une fois, on se fera craindre. Moi, j'ai quand même en tête ce qui s'est passé au moment des raffineries. Je sais qu'on en rediscutera tout à l'heure. Mais vous vous souvenez, les cris de rage, ils nous prennent en otage, etc. Enfin bon, c'était la haine.

C'était la haine. Pourquoi ? Pourquoi c'était la haine du côté du MEDEF et du côté du gouvernement ? Parce que précisément, on touchait là où ça leur faisait mal. C'est exactement ça, la voie à suivre. Vous savez, on a beaucoup pris l'exemple de 95. 95, ça n'était pas parti comme ça, comme une traînée de poudre, brutalement. La grève, elle s'était construite à la SNCF et ça avait mis plusieurs semaines. En revanche, quand elle avait commencé à être contagieuse et à s'étendre de secteur en secteur, et donc à devenir incontrôlable, non seulement du gouvernement, mais aussi des syndicats, ça n'a pas été long pour que Juppé, qui prétendait droit dans ses bottes, recule.

Donc en réalité, c'est ça le rapport de force. Et moi, ce que je vois, c'est qu'il faut qu'on discute beaucoup parce qu'il y a encore des hésitations, il y a encore des doutes, beaucoup. Et il faut réaliser l'immense force qu'on a et la force qu'on a de se faire craindre et donc de se faire respecter. Voilà, moi, je suis convaincue que les travailleurs, ils peuvent écrire l'histoire, qu'on n'est pas, comment dire, destiné à subir et à enteriner ce qu'en haut, au sommet, ils décident. On peut écrire l'histoire au travers de nos luttes et de nos mobilisations.

5:18
Présentateur

Alors il y a beaucoup de filières qui pensent comme vous, Nathalie Artaud, que cette arme-là, et on va revenir aussi sur la question de la répression policière, parce que ça aussi, ça fait reculer des manifestants. On n'a pas envie de perdre un œil ou de perdre une main. Comment se préparer à cette offensive qui risque d'être violente ?

5:36
Nathalie Arthaud

Moi, je ne veux pas intervenir de façon technique sur le sujet de la réquisition, mais quand même dire qu'ils peuvent... D'abord, ça ne se fera pas comme ça et pas dans tous les secteurs, ce n'est pas possible. Et surtout, si la grève est massive et si elle est étendue, ils ne peuvent pas envoyer des policiers conduire les trains à la place des conducteurs. Ils n'enverront pas des policiers faire cours dans les écoles primaires ou dans les collèges. Ils n'enverront pas des policiers produire les voitures qui ne se produiront pas chez Peugeot, Stellantis. Mais réquisitionner les travailleurs. Il faut réaliser. Mais réquisitionner les travailleurs, mais non.

Surtout dans un moment où les travailleurs, justement, ils ont envie de se battre. Les réquisitions, on les retournera dans... Ça leur reviendra comme un boomerang dans la figure. Le problème, c'est la détermination, c'est la combativité. S'il y a ça, si effectivement on arrive à trouver cette énergie-là, je peux vous dire qu'il n'y aura pas de réquisitions qui tiennent et même ils n'oseront même pas y aller sur les réquisitions. Et c'est là qu'il faut... On est sur un point de bascule. Est-ce que justement cette énergie, cette combativité, on va la trouver pour y aller véritablement ? Et là, il y a encore une petite hésitation. Parce qu'il faut qu'on réapprenne tout.

Il faut qu'on réapprenne à faire grève. Il faut qu'on réapprenne à lever les obstacles. Il faut qu'on réapprenne même, je dirais, à laisser exploser sa colère. Parce qu'aujourd'hui, la colère, elle est froide. Elle est rentrée. Et il y a encore... Moi, j'entends des camarades de travail qui disent « Oui, mais moi, ça va me coûter cher. Je ne peux pas, etc. » Mais tu vas perdre combien avec ces deux ans ? Et puis, c'est toute la société qui est en train de se déliter. Et puis, c'est sur les salaires qui sont en train de nous ratatiner. Parce qu'effectivement, il y a cette conscience-là qu'en fait, on est confronté à une société de plus en plus inégalitaire. En effet, c'est pas...

La retraite cristallise. Cristallise un mécontentement beaucoup plus général. Une société qui est complètement détraquée. Où il n'y en a que pour le fric. Et tous les besoins des travailleurs, que ce soit, voilà, les salaires, mais l'éducation, les transports, la santé, la santé, bon, tout ça, il n'y a jamais d'argent. Donc, il y a cette conscience-là. Mais moi, je suis convaincue que si on arrive à faire la bascule, et... Alors, en s'appuyant sur les plus déterminés, ben là, je peux vous dire qu'il n'y a pas de réquisition qui tiendra. Et il n'y aura pas... Et ils ne pourront pas remplacer les grévistes. Ils n'ont jamais pu.

8:07
Présentateur

Vous qui êtes avocate volontaire, Nathalie Arthaud, est-ce que vous pensez que cette mobilisation contre la réforme des retraites doit être avant tout celle des femmes ?

8:16
Nathalie Arthaud

Moi, elle doit être celle du monde du travail. Mais c'est ça qui fera notre force. C'est que précisément, il y aura... Il faut qu'il y ait le secteur privé. Et il faut qu'il y ait les secteurs publics. Il faut qu'il y ait les femmes. Il faut qu'il y ait les hommes. Il faut qu'il y ait les seniors, les anciens. Il faut qu'il y ait les jeunes. Il faut qu'il y ait l'ensemble du monde du travail. Et là, franchement, merci Macron. Merci Macron. Parce que ça faisait quand même un paquet de temps qu'on n'avait pas réussi à s'exprimer d'une même voix, comme on s'exprime d'une même voix, là, en ce moment. Donc moi, je n'ai pas tellement envie de saucissonner tout ça. C'est injuste.

C'est injuste du début jusqu'à la fin. C'est une attaque, mais pourrie. Ça saute aux yeux, tout le monde. Parce que d'abord, on sait tous que, en fait, beaucoup n'iront pas jusqu'à 64 ans, mais ils iront à Pôle emploi. Et ça, tout le monde le sait. Tout le monde le mesure. Les femmes, les hommes, etc. Ils voient le fric qui a un pôle, les milliards qui dégoulinent, et comment on s'en prend comme ça, y compris à ceux qui ont commencé à travailler tôt et qui ont fait les boulots les plus durs. Parce que c'est ça aussi, la borne d'âge des 64 ans. Parce que moi, franchement, moi, c'était Touraine qui m'avait déjà mis la tête sous l'eau.

C'est-à-dire le gentil gouvernement socialiste et tous ces membres qui sont en train de manifester en ce moment contre cette réforme. Moi, franchement, c'était la réforme Touraine. Moi, je suis de 1970. Donc, de toute façon, j'avais 43 annuités de cotisation. Donc moi, c'est au-delà de 67 ans. Voilà. Donc j'avais déjà bu la tasse. Donc, en fait, ce n'était pas tellement ceux qui ont fait des études qui sont touchés. C'est ceux qui ont commencé. C'est les prolos. C'est les ouvriers. C'est les ouvriers. C'est les artisans. C'est ceux qui font les boulots les plus durs. Donc, si vous voulez, cette réforme, elle est injuste, mais de bout en bout. De bout en bout.

Donc moi, je n'ai pas envie de saucissonner tout ça. Et je n'ai pas envie de dire il y a le 7, il y a le 8. Non. Il y a un combat à mener. Ce combat, il faut qu'on y mette toutes nos forces. Il faut savoir qu'il va durer. Eux, ils sont déterminés en face. Ce n'est pas une lubie. Macron, il n'a pas été pris d'une lubie, etc. La bourgeoisie, elle a un problème avec son système. Elle a un problème. Il arrive au bout du rouleau. Il y a une concurrence féroce entre eux. En plus, il y a le problème. Ils ont besoin de l'État pour les aider en permanence. Ils ont besoin d'être mis sous respiratoire artificiel. Ils ont besoin que tout de l'argent de l'État, il aille dans les poches de la bourgeoisie.

Voilà. Il faut que le fric, il fasse encore plus de fric. Donc, il faut qu'ils aillent chercher du pognon chez les travailleurs. Donc, eux, ils sont déterminés. Nous, il faut qu'on soit déterminés. Et cette détermination, ça voudra dire le 7, le 8, le 9, le 10. Parce que le gouvernement, il sait qu'il y a une tempête qui l'attend le 7 et le 8. La question, ça sera le 9. Donc, une détermination.

10:57
Présentateur

Le 9 et le 10. C'est vraiment cette convergence entre ouvriers, paysans et jeunesse qui semble vraiment être essentielle pour que le mouvement passe à la vitesse supérieure. Et peut-être, pourquoi pas, aboutissent à une grève générale illimitée ? C'est ce que vous disiez tout à l'heure.

11:08
Nathalie Arthaud

Oui, il y a même des artisans. On a vu des coiffeurs. On a vu des artisans. Vous avez quand même vu que tous ceux qui avaient bossé en apprentissage, qui avaient fait de l'apprentissage, leurs années d'apprentissage ne sont pas comptabilisés pour la retraite pour tous ceux qui ont fait leur apprentissage avant 2014. C'est quand même dingue. C'est quand même dingue. Alors, voilà. Donc, c'est une révolte générale. Et moi, ce que je pense aussi, c'est que dans les préoccupations, il y a vraiment cette idée que la société, elle va à volo chez les jeunes. Je pense quand même que la préoccupation de la guerre, elle est présente aussi.

C'est qu'à la fois, on est une société de plus en plus inégalitaire, mais en plus, là, elle nous mène à la guerre. À la guerre. Alors, on parle des retraites, mais il y a peut-être plus de chances que les jeunes entre 18 et 30 ans, malheureusement, ils atteignent pas... Enfin, ils soient envoyés à la guerre. Non, mais... Et là, je ne plaisante pas parce qu'il y a une... Quand même, on le sent. Il y a même une télévision qui s'est spécialisée. C'est la télévision guerre. Il y a une télévision. Tous les jours, on peut se connecter, apprendre tout ce qu'il faut sur les chars de combat et les supermissiles et les drones. Voilà. Et ils préparent la guerre. Ils préparent la guerre.

Et ça, je pense que c'est aussi... En tout cas, j'espère que c'est dans l'esprit de tous ces jeunes qui ont envie, d'une façon ou d'une autre, qui ont envie de se révolter. Et moi, j'espère que ce mouvement dans la jeunesse, il va s'élargir. Il va s'élargir et effectivement, il va devenir le plus massif possible. Il y a un dernier...

12:41
Présentateur

Vous partagez l'avis d'Elsa Marcel, c'est-à-dire qu'on vit vraiment un contexte économique et social qui finalement est propice au succès de cette mobilisation.

12:51
Nathalie Arthaud

Oui, moi je pense que l'articulation, elle est naturelle. Elle est naturelle dans le sens qu'aujourd'hui, on se bat ensemble précisément. et on se bat. Et en se battant, y compris, on fait de la politique. Et en se battant, on s'intéresse aux autres, à leurs problèmes particuliers, parce que femmes, parce qu'effectivement d'origine étrangère, parce que couleur de peau, etc. Et il y a une fraternité. Quand on se bat ensemble, on se découvre, on se... et on se comprend, on se comprend mieux.

Moi, je suis sûre que cette lutte et ce combat, s'ils s'ancrent, s'ils se développent, alors s'ils gagnent, s'ils gagnent, je suis convaincue qu'il fera y compris reculer les idées d'extrême droite dans le monde du travail. Dans le monde du travail. Parce que quoi de mieux que de se battre côte à côte, d'être soudé, d'être solidaire, de faire... Voilà, de se battre, de mettre ses forces en commun. En commun. Et on gagne en confiance. On gagne en confiance. Et donc, c'est effectivement... Mais c'est ça, le monde du travail, c'est ça. Le monde du travail, il a toutes ses composantes. Dès qu'il commence à se battre, le combat qu'il mène, c'est un combat qui est libérateur sur plein de plans.

Moi, je pense à 68. 68, ça a été plein de micro-révolutions, j'ai envie de dire, pour les femmes, pour les travailleurs immigrés, pour les ouvriers. Plein de micro-révolutions. Et c'est ça, la force d'un mouvement. En tout cas, c'est ça, la force du monde du travail. Quand massivement, il se met en marche.

14:13
Présentateur

Mais certaines populations ont plus difficilement que d'autres accès à des carrières complètes. Est-ce que c'est pas important quand même de rendre visibles les difficultés de certains ?

14:23
Nathalie Arthaud

Dans les discussions, bien sûr, on remise, mais il faut pas... En même temps, c'est un élan commun. En même temps, quand on se bat pour le retrait de cette réforme, on se bat pour un objectif commun. Il faut pas perdre de vue aussi que voilà ce qu'on a en commun et que le combat commun qu'on peut mener, c'est pour gagner sur les retraites et plus que ça. C'est-à-dire pour se faire reculer l'exploitation. Parce que moi, ce que j'espère aussi, c'est que ça sera qu'un point de départ.

Si on réussit à faire reculer Macron là-dessus, ça sera un point de départ pour poser aussi tous les problèmes qui nous taraudent et qui nous pourrissent la vie depuis des années et des années, sur les conditions de travail, sur le pouvoir d'achat, sur le fait qu'il faut embaucher les jeunes, qu'il faut soulager les gens qui bossent, etc. Pour moi, ce sera un point de départ pour une contestation, je l'espère, beaucoup plus large de cette société capitaliste et de la bourgeoisie qui domine.

15:17
Présentateur

Merci beaucoup, Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte Ouvrière, ancienne candidate aux élections présidentielles. Et merci beaucoup également.