L'interview politique intégrale d'Eric Ciotti sur RMC
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
FMTV, bonjour Éric Ciotti. Bonjour. Merci d'avoir choisi RMC et BFMTV pour faire votre rentrée politique ce matin.
Demain, vous serez face au président de la République. Vous êtes le président des Républicains, vous êtes le député des Alpes-Maritimes. Et il vous a demandé, pour cette grande initiative politique majeure, comme il dit, d'arriver avec des propositions.
Vous, ce que vous voulez, c'est un référendum sur l'immigration. Ce sera quoi la question que vous poseriez aux Français ? C'est une réforme constitutionnelle pour nous permettre d'agir à nouveau.
Une mesure simple qui n'est pas autorisée aujourd'hui, c'est la capacité offerte au Parlement de voter chaque année un nombre maximal d'étrangers qu'on peut accueillir. Donc c'est ça la question que vous allez poser ? La réforme constitutionnelle permettrait d'adopter chaque année par le Parlement ces quotas migratoires.
Aujourd'hui, on a délivré plus de 300 000 titres de séjour. Avec les demandeurs d'asile et les mineurs clandestins, ça fait presque 500 000 entrées légales. Sans compter les illégaux, nous voulons limiter...
Pas entrées légales, vous dites...
Non, vous dites qu'en comprenant les clandestins, donc...
Non, non, non, non. Vous mélangez les légales et les illégales ? Non, non, non, non, je reprends.
Allez-y. Nous avons donné 330 000 titres de séjour, 327 000 exactement. Le regroupement familial, les étudiants, les étrangers malades.
Il y a eu 156 000 demandes d'asile et auxquelles...
Donc ça fait à peu près 480 000 titres, auxquels on rajoute 20 000 mineurs clandestins. Dans les Alpes-Maritimes, on en reçoit malheureusement, je dirais, chaque jour. C'est une forme de submersion deux fois plus que l'année dernière.
Donc 500 000...
Submersion, vous dites, 20 000 mineurs, désolé, vous parlez de submersion. Ça augmente. Le nombre d'arrivés en Italie a doublé.
Donc il y a un sujet migratoire majeur. Nous avons posé un texte de réforme constitutionnelle. C'est celui-là que nous souhaitons voir valider.
Je parle également de l'expulsion des délinquants étrangers, le retour à la double peine. Mais globalement, nous allons...
Ce que je veux demander au président de la République...
Je vais revenir en détail sur tout ce que vous dites, parce qu'effectivement, la question que je vous pose, c'est justement quelle sera la question que vous poserez aux Français. Mais malgré tout, ce n'est pas du tout anodin. Quand vous dites le mot submersion, je voudrais quand même y revenir, vous l'avez un peu glissé comme ça, mais il n'est pas du tout anodin.
Pourquoi vous dites submersion ? Je l'ai toujours dit, je le revendique. Vous dites submersion sur les mineurs isolés.
D'autres l'ont dit avant moi, je dis une submersion de façon globale. Il est à le sujet des mineurs, je ne dis pas isolés, clandestins, parce qu'ils sont malheureusement souvent l'objet de traite des êtres humains, l'objet de la manipulation de filières, de passeurs. Ce que nous devons, c'est reprendre le cours de notre destin en matière migratoire.
Que la France choisisse qui elle veut accueillir et que la France décide qui elle ne veut pas sur son territoire. Nous ne le pouvons pas aujourd'hui, parce qu'il y a une accumulation de normes, de traités, de contraintes qui aujourd'hui sont autant de carcans qui empêchent la France de décider qu'elle veut rajouter au manque de volonté de ceux qui depuis au moins 2017 nous dirigent avec un manque de volonté manifeste sur ces questions. Sauf que dans le même temps, vous l'avez peut-être vu, il y a un nombre d'instituts économiques, dont l'Institut Montaigne, qu'on ne peut pas traiter d'affreux gauchos, si je reprends un vocabulaire de la droite.
L'Institut Montaigne, c'est un institut libéral. Et qu'est-ce qu'il nous dit ce matin ? C'est le titre de sa note, « Démographie en France, conséquences pour l'action publique de demain ».
La France s'apprête à connaître un déclin de sa population que seule l'immigration pourrait combler à court et à moyen terme. C'est une analyse de résignation. C'est une analyse que je récuse totalement, en tout cas dans ses solutions.
Vous allez dire ça au patron qui cherche des employés ? Absolument. L'immigration n'est en rien la solution au déclin démographique.
Le déclin démographique, on doit y répondre, c'est un défi majeur. On doit y répondre, comme l'avait fait le général de Gaulle, comme l'ont fait beaucoup de gouvernements depuis la Seconde Guerre mondiale, par une grande politique de soutien à la natalité, à la parentalité, à l'éducation. C'est un sujet important, mais vouloir trouver comme issue à ce défi l'immigration, c'est d'une paresse intellectuelle insigne, c'est un manque de courage et c'est une résignation qui est totalement préoccupante et dangereuse.
Pas pour moi, en tout cas, sur ce chemin. Mais il y a deux timings. C'est-à-dire qu'évidemment, quand vous répondez natalité, c'est aussi d'ailleurs ce que dit l'Institut Montaigne, qui dit qu'il y a une chute de la fécondité, on est à 1,8 enfants par femme, ça ne renouvelle pas les générations.
On était à deux lorsque M. Hollande a été élu président de la République. Ça veut dire que les mesures qui ont été prises, notamment au plan fiscal qui ont attaqué les familles, sur le quotient familial, mais aussi sur les prestations d'accompagnement des jeunes enfants, toutes ces remises en cause, cette attaque de la famille ont eu aussi ces conséquences.
Ensuite, il faut plus de lisibilité pour l'avenir. Une grande politique de natalité, c'est aussi une politique de fierté, d'avenir, d'espérance pour un pays. À long terme, bien sûr, la politique de la natalité, ça peut faire remonter en partie, ça peut être l'une des raisons qui fera remonter la natalité, mais qu'à court terme, ça ne marche pas et qu'à court terme, il faut de l'immigration.
Non, ce n'est pas vrai. Et la volonté d'un homme politique, c'est de ne pas subir les événements. La noblesse de l'action publique, c'est justement de relever les défis avec courage, c'est de ne pas sombrer dans une forme de fatalisme, de résignation.
Moi, je n'ai pas envie que la France disparaisse, je n'ai pas envie que nos modes de vie soient effacés par l'arrivée massive de populations que l'on n'a pas la capacité à intégrer. C'est ce que je dirai demain aussi au président de la République sur ces questions d'immigration. Les Républicains sont les seuls à avoir posé des propositions claires, juridiquement étayées, qui embrassent toute la perspective, que ce soit au niveau de l'accueil, que ce soit au niveau des expulsions.
Il faut rompre avec le regroupement familial automatique. Il faut aller beaucoup plus loin sur les expulsions. Il faut avoir une nouvelle relation avec les pays d'immigration, et notamment avec l'Algérie.
Il faut rompre avec ces accords déviants prolongés par les accords de 68, qui offrent à l'Algérie des droits exorbitants. Tout cela, il faut le dire, mais il faut surtout le faire. Mais Eric Ciotti, pourquoi vous ne vous mettez pas main dans la main avec Jordan Bardella ?
Vous allez arriver ensemble demain à cette réunion avec Emmanuel Macron, avec exactement la même proposition, chacun dans votre cartable. Je vois bien votre rhétorique depuis des années...
Non, non, ce n'est pas ma rhétorique, c'est hier, Irec, Jordan Bardella a dit « Nous arriverons avec un référendum sur l'immigration ». Et ce matin, c'est ce que vous vous dites également. Nous l'avons, vous en êtes témoin, nous l'avons déposé, cette proposition de loi référendaire, avec les sénateurs.
Elle est prête, c'est ça ce que vous voulez dire ? Elle est déposée. C'est ça la seule différence ?
Elle est déposée, elle est déposée. C'est que vous, elle est prête et elle n'est pas prête. Elle est déposée au Sénat, elle est déposée à l'Assemblée nationale.
Moi, peu importe ce que disent les uns ou les autres, si on va dans la même direction, si on va dans la même direction avec M. Macron, si on va dans la même direction avec d'autres, ça ne me gêne pas. Avec d'autres, en l'occurrence, Jordan Bardella.
Ce qui compte, c'est l'intérêt du pays. Moi, j'ai toujours dit la même chose. On ne sortira de certaines problématiques, et je l'ai dit dans mon discours lors de la rentrée politique dans les Alpes-Maritimes au Canet dimanche, que si on donne la parole au peuple pour lever les obstacles, dont, je ne dis pas que c'est votre position personnelle, mais vous vous en faites la porte-parole aujourd'hui, ce discours, on l'entend...
Pourquoi je me fais la porte-parole ? C'est-à-dire le fait de vous avoir signalé cette note...
D'une forme d'immobilisme, d'une forme de résignation en disant on ne peut plus rien faire, sur l'immigration, c'est inéluctable, ça doit être qu'il n'y a plus que ça à faire. Le fait de vous signaler qu'il y a cette note de l'Institut Montaigne fait de moi une complice ? Mais pas de vous, pas de vous personnellement, mais on entend ce discours d'une forme d'élite qui aujourd'hui est au pouvoir depuis des décennies et qui empêche d'agir.
Donc pour lever ces obstacles...
Et qui est l'élite au pouvoir depuis des années qui empêche d'agir ? Pour lever ces obstacles, il n'y a qu'un moyen, c'est que les Français s'expriment sur ces sujets. Que veulent les Français ?
Et c'est ce que je dirais en trois points au Président de la République. Les Français aujourd'hui, ils veulent plus d'autorité pour qu'il y ait de l'ordre dans la rue. Qu'on ne voit plus un gamin de 10 ans assassiné par des dealers.
Qu'on ne voit plus les émeutes où des écoles ont été incendiées, où des mairies ont été attaquées, où des élus comme Vincent Jambrun ont été menacés parce qu'ils sont courageux. Ils veulent de l'ordre de la rue. Les Français veulent aussi restaurer de la liberté.
De la liberté pour leur pouvoir d'achat. Ils veulent moins d'impôts, moins d'impôts, moins de charges, qui accablent les chefs d'entreprise, qui accablent ceux qui font avancer le pays. Donc il faut plus d'autorité, moins d'impôts, moins d'immigration.
Voilà, si on va sur ces trois sujets, ils sont à la source aujourd'hui des maux de notre pays. Le désordre, la violence, l'immigration qui nourrit le communautarisme, et notamment le communautarisme islamiste, et la fiscalité, les charges qui pèsent sur le pouvoir d'achat. Voilà, les maux de notre pays, nous les connaissons.
Le diagnostic, on peut le partager, là encore. Ce qu'il convient maintenant, ce n'est plus de parler, c'est d'agir. C'est ce que nous demandons.
J'ai toujours pas compris quelle était la question concrète que vous poserez aux Français. Il y a une Constitution, vous ne l'ignorez pas. Pour ou contre la modification de la Constitution ?
Nous demandons une modification constitutionnelle en plusieurs points dans notre texte. Un, d'ailleurs, qu'on puisse consulter les Français de façon générale, régulière, sur tous les sujets. C'est la modification de l'article 11 de la Constitution.
Aujourd'hui, on ne peut pas faire un référendum sur l'immigration. De façon simple, pour dire...
Donc en fait, vous allez faire un référendum pour savoir si vous pourrez faire un référendum ? Ça sera un des points de notre loi référendaire. Ensuite, nous voulons que l'asile, les demandes d'asile, soient faites à l'extérieur des frontières.
Qu'on ne laisse pas rentrer sur notre territoire des gens qui vont y rester à vie et qui ne sont pas de vrais réfugiés. Donc, impossibilité d'obtenir l'asile si la demande n'a pas été faite en amont. J'y reviens, décider du nombre de titres de séjour.
Il faut diviser de façon massive le nombre d'entrées légales. Et il faut aussi, c'est un point important, que nous puissions lever les obstacles qui font qu'aujourd'hui, on ne peut pas expulser, notamment certains délinquants, vers certains pays. Donc, il faut que la loi française, qui soit inscrite dans un cadre constitutionnel, redonne à la France sa capacité de décider.
Tout simplement...
Éric Ciotti, j'aimerais bien que vous écoutiez...
Vous savez, on ne peut pas résumer par une mesure simpliste. Vous voulez une question simpliste. Réformer la Constitution, c'est un enjeu majeur.
Je veux simplement pouvoir poser mes questions. Et je n'ai pas trop aimé la manière un peu insidieuse dans laquelle vous avez mis les journalistes en général parmi des élites qui seraient au pouvoir depuis des années. C'est un peu ce que vous glissez.
Honnêtement, c'est assez malhonnête quand on sait que les Républicains...
Alors, vous le regrettez sans doute aujourd'hui, mais c'est un peu facile de dire que vous n'êtes plus au pouvoir, que donc ce sont les autres qui décident. Ça fait malheureusement quelques années. Bah, exactement, mais vous n'avez à vous en prendre qu'à vous-même.
Ça fait depuis 2000 heures. Raphaël Cogné était mon invité ce matin sur RMC. Il est le maire de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines.
Ce week-end, il y a eu un mariage qui a mal tourné chez lui à Mantes-la-Jolie. Et à partir de là, il se rend compte qu'il n'a pas les outils, tout simplement, pour faire appliquer la loi. Voilà ce qu'il disait ce matin, je dirais que vous réagissiez.
On est officier de police judiciaire en tant que maire, on est officier d'État civil, on a un certain nombre de responsabilités, mais la loi n'est absolument pas faite pour que les petites sanctions que nous puissions prendre de façon immédiate et dissuasive puissent être appliquées. Je vais vous prendre un exemple. Nous, à Mantes-la-Jolie, on a un problème, comme dans beaucoup de communes, avec les déchets sauvages.
On a des caméras, donc on est capable, quand quelqu'un fait un dépôt sauvage, et si on identifie son numéro de plaque d'immatriculation, de mettre un PV. On l'a fait plusieurs fois. À chaque fois, ou quasiment à chaque fois, quand on réclame l'argent et que l'argent ne vient pas, on lance une procédure judiciaire. 9 fois, ou 9,5 fois sur 10, on est classé sans suite au bout de deux ans devant les tribunaux.
Qu'est-ce qu'on fait ? Parce que sinon, si on l'écoute, en fait, tout ce dont on parle, là, ça reste théorique. Absolument, vous avez raison.
Vous voyez que je suis d'accord avec vous. Oui, mais sauf que vous avez été aussi au manège, vous êtes député. J'ai évoqué la question de l'autorité.
L'autorité et l'ordre, ça veut dire qu'il faut que la loi sanctionne ceux qui ne la respectent pas, qu'il n'y ait plus une forme d'impunité, ce que dit ce maire. Et il a raison, c'est que dans trop de sujets, il y a la règle, la loi, tout simplement, qui sont les garants de la vie commune dans une société, qui sont les remparts contre une forme de barbarie. La barbarie, on l'a vu dans la rue lors des émeutes, c'est qu'il y ait des sanctions, qu'il y ait des sanctions qui soient dissuasives.
Mais ces sanctions existent, le problème n'est pas qu'elles ont pu se mettre ces sanctions. C'est leur application. Qu'est-ce qui, vous, Éric Ciotti, au pouvoir, changerait pour que ça puisse vraiment être appliqué ?
Je prends un exemple. Pourquoi la loi pénale, la sanction pénale, aujourd'hui, est mal appliquée, en tout cas mal exécutée ? Mal exécutée, il y a souvent des sanctions fermes.
Elles sont déconstruites par l'aménagement des pètes. C'est le décalage entre ce qu'on dit et ce qui est fait, véritablement. Il manque cruellement de places de prison.
J'ai porté, vous le savez, un amendement qui a permis leur augmentation, mais on est loin du compte. On nous avait promis, en 2017, lorsque M. Macron a été élu, 20 places de prison supplémentaires.
On peut y aller s'il y a des récidives. Mais je parle de façon générale. Les atteintes à l'autorité publique, les atteintes aux maires qui ont été agressées, il y a eu un maire dans le Var qui est mort sur une question d'atteinte, justement, de déchets sauvages.
Donc on voyait qu'on est dans une escalade. Il faut sanctionner le premier fait d'incivilité jusqu'aux crimes les plus graves avec une exécution et une sanction permanente. L'impunité qui sanctionne beaucoup trop de faits a nourri cette situation aujourd'hui où on ne respecte plus la règle.
L'interdiction des abayas, vous applaudissez ? Bien sûr. Je trouve que c'est une décision opportune, attendue.
Et je salue cette avancée. On était dans une dérive insupportable. 150% d'augmentation l'année dernière d'atteinte à la laïcité par le port de vêtements religieux.
Il faut revenir à l'esprit de la loi 2004. Cette grande loi qu'a voulue Jacques Chirac. Vous savez, ça sera sans doute une des grandes lois du siècle parce qu'elle permet de protéger notre modèle républicain.
Notre modèle républicain, il accorde une place essentielle à la laïcité. Si elle avait été suffisante, il n'aurait pas eu besoin de redire que c'était interdictif ? Oui, mais parce qu'on a des dirigeants qui ne l'ont pas voulu l'appliquer.
Je pense particulièrement au ravage du ministre précédent de l'Éducation, M. Papendiaï. Il y a un changement radical aujourd'hui.
Je m'en réjouis. Nous verrons comment cette annonce est mise en œuvre. Mais en tout cas, je le dis...
Avec une question, Emmanuel Montpare de la France Insoumise annonce qu'il va saisir le Conseil d'État pour tenter d'interdire cette interdiction. On n'en doute pas. Les complices du communautarisme vont être à la manœuvre.
On aura un débat. Vous savez, il y avait eu ce débat lorsque Jacques Chirac a fait voter cette loi en 2004 et c'était avec le concours de François Baroin à l'époque. C'était parti de l'affaire du collège de Creil où deux collégiennes avaient voulu défier la République.
Il a fallu 15 ans pour légiférer. On va avoir un débat. On va avoir un débat juridique.
Moi, je pense aujourd'hui que la loi de 2004 et la circulaire Fillon de 2004 qui posait le cadre. Et le cadre, il est simple. C'est dire ce vêtement, il permet d'identifier une personne comme appartenant à une religion.
Et ça, ce n'est pas la République. On ne peut pas imposer aux autres ces appartenances religieuses. Donc, il faut reprendre là aussi.
Comme appartenant à...
Donc, ça, c'est une réponse à ce que dit notamment le Conseil du culte musulman qui dit que ce n'est pas à proprement parler un vêtement religieux. Vous vous dites, en fait, ce n'est pas celle-là la question. La question, c'est est-ce qu'on peut identifier via ce médecin ?
C'est l'hypocrisie. C'est l'esprit de la jurisprudence du Conseil d'État, d'ailleurs. C'est l'esprit de la circulaire de 2004.
Dire que ce n'est pas un vêtement religieux pour vous, c'est l'hypocrisie. C'est un signe d'identification. Et c'est celui de l'appartenance à une norme religieuse de plus en plus radicale.
Jean-Luc Mélenchon, il redoute que ce soit la résurgence d'une guerre de religion. C'est au contraire la défense de la République face à la montée du communautarisme. Aucune règle religieuse ne peut s'imposer à la République.
La religion fait partie de l'intime. C'est un droit, naturellement et heureusement, à chacun de prier le Dieu qu'il veut. Mais cela relève de l'aspect privé.
On a dans notre pays des cultures, des traditions. Il faut que chacun les respecte. Je le dis, cette démarche, en tout cas, marque une rupture avec ce qui a été fait depuis 2017.
Et je salue cette initiative de Gabriel. Éric Ciotti, dimanche, vous avez réitéré une forme d'appel à une candidature de Laurent Wauquiez. L'espérance, cher Laurent, tu l'incarnes par ton talent, ta vision et ton courage.
Quel courage ? Il est où, là, Laurent Wauquiez ? Il est dans la préparation d'un débat important avec les Français.
Mon objectif à la tête des Républicains, c'est qu'en 2027, nous reprenions, grâce à nos propositions, nos idées, nos convictions, à celui qui les portera, le cours du destin français. Aujourd'hui, notre pays décline. Donc, il est candidat.
Notre pays est déclassé. Il se prépare. Nous voyons bien le bilan.
Le désordre dans la rue, le désordre dans les comptes, une perte d'influence internationale, des Français qui souffrent, difficulté de pouvoir d'achat, plus de bureaucratie, des impôts records. Il faut changer le cours de ce destin. Et pour vous, ça y est, c'est lui.
Il faut sortir des slogans de communication. Il faut sortir, il faut se préparer. Il faut sortir tout court.
Laurent Wauquiez a une stature, une dimension. Il est caché quand même. Il a déjà fait part de sa vision.
Vous savez, on voit bien aujourd'hui...
Et c'est pas faute de l'invité. Et d'ailleurs, c'est mon cas, comme celui de tous mes confrères. C'est juste qu'il préfère rester silencieux.
Il faut peut-être souffrir, excusez-moi, que le débat présidentiel se prépare aussi d'abord dans la rencontre avec les Français, plutôt que dans les petites phrases, chaque matin...
Il faut trouver un leader. Non, mais c'est pas les petites phrases chaque matin. Ça, c'est trop facile.
Je veux dire, on a du temps, on a 20 minutes chaque matin pour exposer les choses. C'est ça, la vie des Français. Il faut changer le cours aussi de la politique, cette débauche de communication.
Vous n'avez pas réussi à convaincre Nicolas Sarkozy là-dessus. Regardez le long terme. Il dit qu'il faut trouver un leader qui soit capable de rassembler les amis de Zemmour, Macron et Ciotti.
Je suis d'accord avec lui. Je suis d'accord avec lui. Je l'ai dit à la fin de mon discours dimanche.
Il faut, et c'est pour cela que nous sommes au cœur de ce rassemblement possible. Les Républicains, par la force de leurs idées, doivent ramener vers eux et charger le pays. Ça pourrait être votre candidat ?
Gérald Darmanin, c'est le problème de la majorité. Madame Borne...
Oui, mais sur le fond, quand on écoute son discours, il n'y a pas beaucoup de différence avec vous. Vous avez dit tout à l'heure, j'ai noté cette phrase, vous avez dit « Je ne veux pas que la France disparaisse ». Et l'une des phrases de Gérald Darmanin dimanche, c'était « Espérons qu'ici et demain, la France reste la France ».
Vous auriez pu la signer, cette phrase. C'était même le slogan de ma campagne présidentielle en 2021. C'est moi qui avais déposé cette idée.
Pour que la France reste la France. Mais sortons des mots. Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?
M. Darmanin, comme M. Le Maire, sans doute demain, comme M.
Attal, qui aura peut-être légitimement des ambitions, comme M. Philippe, qui a été Premier ministre. Ça, c'est un problème de la majorité.
Ils ont tous été en action. Ils sont encore au gouvernement. Quand on est au gouvernement avec la gravité du pays, quand on veut parler aux classes populaires, on règle les problèmes d'insécurité.
C'est pour ça que j'ai parlé d'une forme d'indécence à ouvrir au moment où les sujets sont si graves et qu'il y a des personnalités qui sont en action. précisément qu'il va mieux prendre le temps avant de sortir du bois. J'ai entendu la Première ministre qui a manifestement réglé ce problème.
Mais ça, c'est la compétition qui s'ouvre dans la majorité. La vôtre, c'est la compétition des Républicains. Non, il n'y aura pas de compétition.
Il y aura une ligne claire, des idées, une incarnation. Vous le verrez. Eric Ciotti, président des Républicains.
Merci d'avoir répondu à mes questions. Il est 8h54 sur AMC BFM TV. Merci à Pauline de Malherbe dans quelques instants le live sur BFM TV avec cette toute première interview accordée par les parents du petit Émile au magazine Famille Chrétienne.
Nous n'avons pas peur de demander à Dieu un miracle. C'est dans quelques instants. A tout de suite.
Éric Ciotti