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interviewBFMTV· 28 avril 2025 19 min

Meurtre dans une mosquée, budget, impôts... L'interview en intégralité de Xavier Bertrand

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Xavier Bertrand, vous êtes le président de la région Hauts-de-France, président LR de la région Hauts-de-France. Nombreuses questions, je voudrais commencer par cette annonce. Cette nuit, l'arrestation d'un jeune homme de 20 ans qui aurait crié « Ton Allah de merde » en pleine mosquée, vendredi, assassinant sauvagement dans cette mosquée du Gard un homme qui priait dans la mosquée. Olivier Hache, c'est son nom, a donc été arrêté cette nuit.

Mourad Batik, qui est l'avocat de la famille de l'homme qui a été tué, estime qu'il y a eu un retard à l'allumage, que le ministre de l'Intérieur ne s'est pas rendu suffisamment rapidement sur les lieux. Et il va même jusqu'à dire que le fait que le parquet national antiterroriste ne se soit pas saisi est une manière de dire qu'en France, la République, je cite, « trie les victimes ». Comment vous réagissez à tout ça ?

0:55
Xavier Bertrand

Que l'indignation ne peut pas être à géométrie variable. Que quand un homme est assassiné, sauvagement assassiné, en France parce qu'il est musulman, on doit combattre ça. On doit combattre ça. Et je le dis, que ce soit la haine des juifs, la haine des musulmans, que ce soit la haine des catholiques, on doit combattre et faire reculer cette haine dans mon pays. Voilà moi ce que je veux faire. Me battre pour que reculent justement, clairement, ces agressions, ces attaques.

Je pense aussi, si vous me permettez, au-delà des déclarations de l'avocat, à la famille de cet homme qui a perdu la vie, qui a été assassiné dans des conditions effroyables d'après ce que l'on en sait, et d'après ce que l'on en sait, d'après ce qu'a évoqué le procureur, il a été sauvagement assassiné parce qu'il était musulman et dans cette mosquée. Donc, très clairement, aujourd'hui, toute la lumière doit être faite. Et il faut savoir qu'il est interdit en France d'avoir une indignation ou des condamnations à géométrie variable.

1:55
Présentateur

Mais ça veut dire que vous sous-entendez qu'il y a bel et bien eu une indignation à géométrie variable.

2:00
Xavier Bertrand

Non, non, non. Je vous dis qu'il ne doit pas y en avoir. Et en ce qui me concerne, en tant que responsable politique, moi, je le dis très clairement, je condamne toutes les agressions, quelles qu'elles soient.

2:11
Présentateur

Mais vous, ministre de l'Intérieur, vous y auriez été dès vendredi ?

2:13
Xavier Bertrand

En tant que ministre des Cultes, oui. Le ministre de l'Intérieur est aussi ministre des Cultes. J'ai eu l'occasion de le dire à Bruno Retailleau. J'ai entendu ses explications hier. Je comprends qu'il ait besoin d'avoir un maximum d'éléments au titre de l'enquête. Mais le ministre de l'Intérieur est aussi ministre des Cultes. Et je suis intimement convaincu qu'il fallait y aller aussitôt.

2:33
Présentateur

Xavier Bertrand, le parquet national antiterroriste est en observation, mais ne s'est pas pour l'heure saisi à proprement parler de l'affaire. Est-ce que vous estimez qu'il devrait le faire ?

2:43
Xavier Bertrand

Laissons faire la justice. Connaissez mon respect des institutions judiciaires, que ce soit le parquet ou que ce soit le siège. Si le parquet national antiterroriste ne l'a pas fait, c'est parce qu'il n'a pas d'éléments suffisants. Aujourd'hui, d'ailleurs, vous le savez bien, même dans les premières heures de ce qui s'est passé dans ce drame, même votre chaîne BFM ne savait pas trop les circonstances. Il était question au départ d'un fidèle qui aurait assassiné un autre fidèle. Qu'on ait besoin de toute la lumière, c'est une chose. Et le parquet national antiterroriste ne fait pas exception à cette règle.

3:11
Présentateur

Ce que l'on entend, c'est que 48 heures, un peu plus de 48 heures après ce drame abominable, finalement, le débat politique s'apporte presque sur est-ce qu'on défend assez, est-ce qu'on ne défend pas assez, qui est sincère, qui ne l'est pas, une grande manifestation contre l'islamophobie hier dans les rues de Paris, mais dont certains ont été expulsés, notamment un socialiste, Jérôme Gage, au prétexte du fait qu'il ne serait pas suffisamment du côté de ces victimes-là. Il a même été traité de sioniste par des manifestants. Qu'est-ce qui se joue là, en ce moment ? Qu'est-ce qui se joue ? Est-ce qu'on ne peut pas tous s'indigner ensemble ?

3:51
Xavier Bertrand

On peut tous s'indigner ensemble, on doit tous s'indigner ensemble. Et moi, c'est ce que je fais, je le fais. Vous, je l'ai fait aussi hier en m'exprimant sur les réseaux sociaux. Mais il faut aller plus loin également. C'est qu'il y en a marre de ces amalgames qui nous amènent à cela. C'est-à-dire qu'il y a aussi dans la classe politique ceux qui font l'amalgame entre les islamistes qui s'en prennent aux valeurs de la République et nos compatriotes musulmans qui ne demandent qu'une seule chose. C'est de pouvoir assumer, c'est de pouvoir exercer leur foi. C'est ça aussi qui est en train de se jouer aujourd'hui. Et ça fait des mois et des années que ça fait.

Ce que je suis en train de vous dire, Apolline de Malherbe, c'est que nous sommes dans une France où on a besoin d'apaiser la société, de rapprocher les Français. Et depuis des mois et des mois, vous avez aussi des responsables politiques et je pense bien évidemment aux extrêmes, qui instrumentalisent tout cela. Et moi, je ne veux pas qu'il y ait de chasse aux musulmans dans notre pays. Voilà ce que je suis en train de vous dire aujourd'hui. Parce qu'on n'arrivera pas à vivre en paix, à vivre avec un peu plus aujourd'hui d'équilibre dans notre société, si on continue à avoir des discours de haine de chaque côté.

Et vous avez aussi des tarés qui sont devant leur télé ou devant leur poste ou devant les réseaux sociaux qui, eux, peuvent prendre ça pour argent comptant et passent à l'acte dans des conditions sauvages. J'en appelle à la responsabilité de tous.

4:59
Présentateur

La responsabilité de tous, mais j'essaie quand même de comprendre ce que vous voulez dire ce matin, Xavier Bertrand. Quand Jean-Luc Mélenchon accuse Bruno Retailleau d'entretenir, je cite, une ambiance, un climat islamophobe...

5:09
Xavier Bertrand

Mais qu'il se taise, Mélenchon. Il y contribue à tout cela. Il paraît qu'il a été à une époque républicain, Jean-Luc Mélenchon. Il est où, son républicanisme ? Les valeurs de la République, elles sont intangibles. La liberté, l'égalité, la fraternité et aussi la laïcité que je mets au même niveau. Alors, ce n'est certainement pas M. Mélenchon que je vais commenter aujourd'hui. Lui qui, justement, sème également cette haine.

5:30
Présentateur

Il sème cette haine ? C'est-à-dire que vous voulez dire qu'en refusant qu'on critique l'islamisme ou qu'on fasse... Vous dites qu'il fait lui-même des amalgames ?

5:39
Xavier Bertrand

Je vous l'ai dit, faisons la part des choses. Si on veut arrêter qu'il y ait cette chasse, parce que c'est aussi une chasse qui est en train aujourd'hui d'être vécue, mettez-vous aussi à la place de la famille, des proches de cette victime. Qu'est-ce qu'ils se disent aujourd'hui ? Est-ce qu'on peut exercer notre foi en toutes les conditions de sécurité ? D'ailleurs, Bruno Retailleau a eu raison de dire hier qu'il fallait renforcer. Cela a été fait à différents moments et de façon quasi permanente sur les synagogues. C'est vrai aussi sur des lieux de culte catholiques au moment des fêtes de Pâques.

On l'a vu, que ce soit à la messe des Rameaux, que ce soit aussi lors du cœur des fêtes de Pâques, il y avait davantage de forces de sécurité. C'est vrai aussi pour les mosquées. C'est que nous sommes aujourd'hui dans une société tant qu'il n'y aura pas davantage d'esprit, de responsabilité. C'est ce que je vous demande aujourd'hui, c'est ce que je viens faire. Sur votre plateau, on a besoin de protéger ceux qui veulent exercer leur foi paisiblement.

6:27
Présentateur

Mais fallait-il peut-être que d'autres responsables que les seuls LFI, ou en grand nombre surtout eux, soient à cette manifestation hier ? Est-ce que LR n'avait pas sa place dans une manifestation ?

6:38
Xavier Bertrand

Participer à une manifestation aux côtés de M. Mélenchon, certainement pas.

6:40
Présentateur

Jamais ? Non. Pour vous, c'est impossible ?

6:43
Xavier Bertrand

Mais écoutez, avec ceux qui sont effectivement en train de prêcher la haine, prêcher la violence, et les propos antisémites aussi de M. Mélenchon et d'un certain nombre de ses proches ? Certainement pas, Pauline de Malherbe. Il y a suffisamment de place aujourd'hui pour que les Républicains se fassent entendre, que les Républicains, que toutes celles et ceux qui continuent à croire et à promouvoir les valeurs de la République. La République, ce n'est pas une idée ancienne. La République, on a besoin de lui donner un contenu précis. On a besoin que liberté, égalité, fraternité, laïcité, c'est un contenu précis, notamment pour les jeunes générations.

Mais je ne connais pas de meilleur ciment pour la France.

7:16
Présentateur

Xavier Bertrand, François Bayrou a parlé d'islamophobie. Manuel Valls ou Bruno Retailleau refusent d'utiliser ce terme. Vous en pensez quoi ? Vous levez les yeux au ciel ?

7:25
Xavier Bertrand

Oui, parce que ce débat sémantique, il est stérile. Il y a un homme qui a été sauvagement assassiné parce qu'il était musulman. Voilà justement les faits. Voilà. Et donc, une fois que l'on a dit ça, j'en appelle encore une fois à l'esprit de responsabilité et à la force républicaine qui peut animer un certain nombre de responsables politiques pour dire très clairement aujourd'hui que l'on refuse les amalgames et que l'on refuse les extrêmes.

7:49
Présentateur

C'est dans ce contexte, Xavier Bertrand, que Laurent Wauquiez demande hier à ce que l'organisation des frères musulmans soit classée comme organisation terroriste et refusée sur le sol français. Vous en pensez quoi ?

7:59
Xavier Bertrand

Que quand il y a un acte qui est commis, qui est contraire à la loi de la République, il doit être sanctionné aussitôt. Aussitôt. Que ce soit justement l'idéologie salafiste, que ce soit l'idéologie des frères musulmans. Le vrai sujet, c'est comment vous évitez que ce poison ne se diffuse dans les têtes. Comme je vous le disais tout à l'heure. Quels sont les outils ? Les outils, c'est la loi. La République aussi, elle est construite, elle est fortifiée par la loi républicaine. Alors on applique la loi et on respecte la loi. Un acte qui est commis contrairement aux lois républicaines, il est sanctionné immédiatement et avec force. Mais je n'ai pas compris.

8:35
Présentateur

Les frères musulmans, pour vous, est-ce que ça doit être classé ?

8:37
Xavier Bertrand

Tout acte doit être réprimé aussitôt. Ils tiennent des propos qui sont contraires à la République, il y a des prêches qui sont contraires à la République, alors ces condamnations, et celui qui prêche contrairement aux valeurs de la République, il n'est pas français, il est expulsé. Immédiatement. Vous ne laissez rien passer. Vous savez, cette force, cette force que je qualifie aujourd'hui de force républicaine, si elle s'applique, les autres reculeront. Voilà clairement ce que je veux vous dire.

9:03
Présentateur

Xavier Bertrand, justement, à propos d'un lycée qui est dans votre région, le lycée Averroès, Bruno Retailleau, lui, estime qu'il s'agit d'un bastion de lentrisme islamiste, sous-entendu, tout comme seraient les frères musulmans. Vous avez eu, à propos de ce lycée, des... je dirais une sorte d'analyse variable. Vous avez d'abord salué l'arrivée de ce lycée Averroès dans votre région.

9:26
Xavier Bertrand

Oui, il était là avant que je n'arrive à la tête de la région.

9:28
Présentateur

Vous l'avez salué. Puis, vous avez bloqué les subventions dues à ce lycée Averroès, menant d'ailleurs à la désassociation de l'établissement entre l'État et l'établissement en septembre 2024. Et voilà que le tribunal administratif de Lille a décidé de rétablir le contrat d'association entre l'État et le lycée Averroès et de rouvrir ce lycée. On en est où ? Mais qu'est-ce que vous en comprenez ?

9:53
Xavier Bertrand

Allez, plusieurs choses. Quand je suis élu en 2016, le lycée Averroès est là depuis longtemps. Mais il est vrai, il est vrai qu'au lendemain de Charlie, sommes invités, notamment avec des élus, le président du département, avec Gérald Darmanin, qui est à mes côtés, dans ce lycée, où ils veulent témoigner de leur attachement à la France, aux valeurs de la République et à condamner ce qui s'est passé chez Charlie. Et nous y allons. Ensuite, j'ai différents bruits. Notamment, on me dit, il y a des problèmes dans ce lycée. Je saisis le rectorat qui, à chaque fois, soit ne me répond pas, soit ne me dit qu'il n'y a rien à voir. Et puis, en 2019, il y a le livre de M.

Malbruneau qui dit très clairement qu'il y a Qatar Charity, une organisation catarienne, qui a financé cet établissement et donc qu'il y a des influences

10:37
Locuteur

et des influences étrangères. Je saisis le ministère qui me met du temps avant de déclencher une enquête de l'administration et qui me dit, circulez,

10:44
Xavier Bertrand

il n'y a rien à voir. Cette réponse-là ne me satisfait pas. Et je décide, comme un lanceur d'alerte, comme un lanceur d'alerte que j'assume être, de ne pas verser les forfaits d'externat pour attirer l'attention de l'État. Et au bout de quelques années, le préfet, la Chambre régionale des comptes disent, oui, il y a un problème dans cet établissement. Voilà exactement les choses. Ce n'est pas que j'ai changé. C'est que moi, je ne fais pas l'amalgame entre les islamistes et les musulmans. Les familles qui sont dans cet établissement, les enfants qui sont là, sont là pour y recevoir une bonne éducation. Mais derrière, moi, je ne veux pas qu'il y ait d'influence.

Et je ne veux pas qu'il y ait d'influence islamiste. Et je ne regrette pas. Ça serait à refaire, je le referais ce que j'ai fait. Parce que si je n'avais pas été ce lanceur d'alerte, rien n'aurait été mis à jour.

11:26
Présentateur

Sauf que rien n'aurait été mis à jour. Mais aujourd'hui, l'État estime qu'il n'y a pas, le tribunal administratif de Lille, plus précisément, estime qu'il n'y a pas de manquement grave aux principes fondamentaux de la République.

11:37
Xavier Bertrand

Et bien maintenant, ce que je souhaite, c'est que l'État fasse appel pour aller jusqu'au bout des voies de procédure. Et je l'ai indiqué. En ce qui me concerne, je ne reprendrai pas les versements tant que le droit n'aura pas été dit définitivement. Donc je l'ai dit à Elisabeth Borne, je l'ai dit aussi à Bruno Retailleau, je souhaite que l'État puisse faire appel et que la justice puisse rendre définitivement son verdict. Au moins, les choses seront claires. Et si les choses sont en train de bouger au sein de ce lycée, et si effectivement, il n'y a plus d'influence, ça montre clairement que si c'était à refaire, je referais la même chose.

12:09
Présentateur

Xavier Bertrand, il y a de nombreuses questions aujourd'hui sur la manière de trouver des milliards d'euros pour le budget de l'État. Deux pistes évoquées pour de nouveaux prélèvements. Une nouvelle contribution qui serait utilisée, c'est le ministre de la Cohésion des Territoires, M. Repsamen, qui l'a évoqué. Une contribution modeste, dit-il, pour aider les collectivités territoriales. Est-ce que c'est une nouvelle taxe d'habitation déguisée ?

12:34
Xavier Bertrand

Non, mais en plus, il paraît que ce sont des associations délus qui sont à l'origine de ça. Mais ils sont tous tombés sur la tête ou quoi, là ? Mais ils ne voient pas les Français, ils ne discutent pas avec eux. Mais les gens en ont marre. En ont marre de cette overdose fiscale. Moi, je vais vous dire une chose.

12:46
Présentateur

Les maires, vous les avez entendus, ils disent qu'ils n'ont plus les moyens de faire de la continuité territoriale et qu'ils n'ont plus

12:53
Xavier Bertrand

suffisamment de dotations. Je vais vous parler pour moi. Pour moi, à la région, l'État a autorisé les régions à taxer des entreprises. Comme l'État nous a fait les poches, des régions, on dit, comme vous nous faites les poches, autorisez-nous à faire les poches des entreprises en mettant en place un versement mobilité. Je suis la première région à avoir dit je ne mettrai pas en place ce nouvel impôt sur les entreprises parce que c'est un impôt qui va faire disparaître des emplois. Ça m'aurait rapporté 71 millions d'euros, entre 70 et 80 millions d'euros. Bien. Qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai réduit mes dépenses. Ce n'est pas facile de réduire les dépenses.

Je les ai réduits d'à peu près 110 millions d'euros. Si j'avais appliqué cet impôt, je n'aurais jamais réduit mes dépenses. Jamais.

13:32
Présentateur

Donc pas question ?

13:32
Xavier Bertrand

Non. Pas question d'avoir de nouvelles contributions. Pas question d'aller taper les retraités. J'allais y venir puisque c'est l'autre piste. Pas question justement tant qu'on n'a pas baissé les dépenses au maximum. Et on peut le faire dans notre pays. Je l'ai fait à la tête de ma région. Excusez-moi, je ne suis pas un magicien mais en tout état de cause, je sais le faire parce que j'essaye aussi de gérer la région comme un père de famille, chef de famille, gère son budget, comme un chef d'entreprise gère son budget.

13:58
Présentateur

Donc la suppression de l'abattement fiscal de 10% pour les retraités qui est évoquée par Amélie de Montchalin, c'est non ?

14:04
Xavier Bertrand

C'est niette. Je vais aussi vous dire pourquoi. Il y en a marre de considérer les retraités comme des vaches à lait. Il y a quelque chose que les gens ne comprennent pas quand ils sont en activité. C'est que quand on est retraité, on n'a pas le même revenu que quand on est salarié ou indépendant. Votre revenu va se situer en moyenne à deux tiers de ce qu'était votre revenu. C'est-à-dire que si vous aviez 2000 euros, vous allez vous retrouver grosso modo avec 1350 euros. Elle est là la différence. Mais votre mutuelle santé, elle va coûter beaucoup plus cher. Et vous n'aurez pas d'heures supplémentaires. Et vous n'aurez pas de prime de fin d'année.

Donc très clairement, les retraités ont ça jusqu'au bout. Et les 10% ne compensent même pas ce qu'a été leur perte de revenu. Donc il faut bien comprendre que de chercher à opposer les uns aux autres, vous voyez, mais les retraités, faites un effort pour les gens. Ce n'est pas comme ça qu'on crée de la cohésion. Ce n'est pas comme ça qu'on est raccord avec ce que je vous disais tout à l'heure sur cet esprit républicain. Qu'on aille jusqu'au bout de la baisse des dépenses. Et là, effectivement, on verra que notre pays pourra enfin se redresser.

15:04
Présentateur

Xavier Bertrand, dans votre région, ArcelorMittal annonce la suppression de très nombreux emplois. 636 au niveau national, mais notamment dans le nord, Dunkerque et Mardique. Est-ce que l'État doit rentrer au capital ? C'est l'une des propositions de François Ruffin.

15:17
Xavier Bertrand

Non, l'État doit déjà se bouger. Moi, je suis en contact permanent avec...

15:20
Présentateur

J'ai l'impression que ça fait des années qu'il se bouge. Ça fait depuis que j'ai commencé ce métier qu'on nous parle de la sidérurgie et que l'État dit se bouger. Moi, je suis en contact

15:26
Xavier Bertrand

avec Marc Ferracci, le ministre de l'Industrie, qui fait son boulot. Je suis en contact avec Stéphane Séjourné à la Commission européenne, mais il y a deux choses. Ne croyez pas que c'est au Premier ministre, plutôt que de faire une réunion sur la proportionnelle, de venir sur place, parce qu'il y a plus de 600 emplois qui vont se retrouver sur le carreau. Vous croyez que la mise en place de la proportionnelle, ça va arranger la vie de ceux qui vont perdre leur boulot ? Et pourquoi je dis le Premier ministre ? Parce qu'il y a le ministre des Affaires Sociales et du Travail, il y a le ministre des Territoires, il y a le ministre de l'Industrie qui sont concernés.

Moi, ce que je veux, ce que je demande avec Patrice Vergris...

15:56
Présentateur

Pardon, mais ce que vous êtes en train de dire, c'est que François Bayrou n'a pas saisi la mesure et qu'il fait de la politique politicienne à la... Vous ne croyez pas

16:02
Xavier Bertrand

qu'il y a plus intéressant à faire que la proportionnelle pour les gens qui perdent leur boulot ? Et où est le rapport

16:05
Présentateur

entre la proportionnelle et le...

16:07
Xavier Bertrand

C'est parce que par contre, il va trouver le temps de faire une réunion sur la proportionnelle. C'est passionnant ça. Tout le monde attend ça.

16:12
Présentateur

Est-ce qu'il ne fait pas ça juste pour que le RN ne le censure pas ?

16:15
Xavier Bertrand

Moi, je veux toujours dire, quand vous mettez dans la main des extrêmes, vous êtes mort. Terminé. Donc, occupez-vous de la vie des Français. Voilà ce que les gens veulent. Croyez qu'à Dunkerque qui m'ont dit, c'est génial, il fait une réunion sur la proportionnelle si après il peut venir nous voir. Non, c'est maintenant. Parce que moi, ce que je veux, c'est non seulement que les 600 salariés, on leur donne des garanties pour qu'ils puissent rebondir et retrouver du boulot. Mais il y en a en France plus de 15 000 toujours chez Arcelor. Et là, on n'attend qu'une chose. C'est qu'Arcelor nous dise très clairement on investit en France, on investit en Europe et on garde votre boulot.

Et là, sur ce sujet-là, ça fait des mois et des mois qu'on fait pression à la fois sur l'État, qu'on fait pression à la fois sur l'Europe. Mais j'attends d'Arcelor clairement qu'ils puissent nous dire on fait le boulot. Parce que je vais vous dire une chose, ce qui est aujourd'hui très important. L'Europe, pendant des années et des années, a mis des bâtons dans les roues de l'industrie. Là, aujourd'hui, Stéphane Séjourné, lui, veut tourner cette page. Mais il faut qu'on ait tout le monde autour de la table et que clairement, Arcelor nous dise on investit et on gardera les emplois. Et vous ne croyez pas quand même que si le Premier ministre revient lui-même, c'est sa responsabilité ?

17:17
Présentateur

Et c'est un appel que vous lui lancez. Les boulangers et les fleuristes, est-ce qu'ils doivent pouvoir bosser le Premier Mec ?

17:21
Xavier Bertrand

Évidemment. Les fleuristes, le Muguet ne se vend pas seulement dans la rue. Je sais que c'est cette tradition, mais les fleuristes sont là toute l'année. Ils payent des charges. Je pense que c'est bien aussi de leur permettre. Puis le boulangerie, par congelé son pain une journée avant, c'est quand même n'importe quoi. Ne croyez pas quand même que la loi doit changer. Hervé Marseille, le président de l'UDI, a déposé une proposition de loi. Il a raison. Et en attendant, tiens, si on faisait la grève des contrôles le 1er mai, ne croyez pas que ça permettrait aussi, très clairement, de leur permettre de travailler.

17:51
Présentateur

En gros, vous dites qu'on devrait annoncer qu'il n'y aura pas de contrôle de manière tacite ce jour-là.

17:55
Xavier Bertrand

En attendant que la loi ne change.

17:57
Présentateur

Gérald Darmanin dit qu'il a envie d'être candidat à la présidentielle. Eh bien, très bien pour lui. Mais vous aussi, vous avez envie d'être candidat à la présidentielle. Vous avez tous envie d'être candidat à la présidentielle.

18:04
Xavier Bertrand

Mais avoir envie, ça ne suffit pas. Est-ce que vous avez les vraies solutions pour, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, apaiser la société, rapprocher les Français et redresser le pays ?

18:13
Présentateur

Vous n'êtes pas surpris que Gérald Darmanin ait envie d'y aller ?

18:21
Xavier Bertrand

Je me prépare à être candidat parce que je viens de vous le dire. Ce n'est pas un « tiens, j'ai envie d'être candidat à tout ça ». Non, non, ce n'est pas ça. Le vrai sujet, c'est est-ce que vous avez les solutions et est-ce que les Français vous font confiance ? Et en attendant ça, vous savez quoi ? Il faut se battre pour les Français.

18:35
Présentateur

Merci Xavier Bertrand d'avoir répondu à mes questions ce matin. Donc, président LR de la région Hauts-de-France et candidat à la candidature.

18:41
Xavier Bertrand

On en reparlera.

18:42
Présentateur

Il est 8h51.

Meurtre dans une mosquée, budget, impôts... L'interview en intégralité de Xavier Bertrand — Xavier Bertrand · Pourquijevote