Emmanuel Macron en Alsace: sa prise de parole en intégralité
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 55 %Attaque 25 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:34RelanceRéponse directe
Est-ce que l'expression de cette colère devant vous n'est pas nécessaire ?
- 3:52OuverteRéponse partielle
Les personnes dehors ne remettent pas en cause que la réforme des retraites. C'est aussi votre méthode qui est jugée.
- 4:10RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous considérez que vous avez une part de responsabilité dans cette colère qui vise aussi votre façon de présider ?
- 9:26OuverteRéponse directe
Pourquoi est-ce important que vous vous fassiez engueuler dans cette carrière ?
- 11:46OuverteRéponse partielle
Est-ce que Elisabeth Borne est la personne idoine pour sortir de cette crise ou votre première ministre était-elle en CDD ?
- 12:17OuverteRéponse directe
Est-ce que vous dites « Il y a eu des ratés, j'en prends ma part » ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:10PrésentateurFait
« On pourrait ne pas faire de réforme des retraites, c'est pas vrai. »
- 2:50PrésentateurFait
« On fait pas les 65 ans à horizon 2030. On va progressivement travailler un peu plus longtemps. »
- 2:58PrésentateurChiffre
« On va aller jusqu'à 64 ans à horizon 2030. »
- 3:31PrésentateurFait
« Ce qui fait que c'est, par exemple, pas du tout une réforme qui ne serait qu'une augmentation de la durée. »
- 3:39PrésentateurChiffre
« On a réinvesti à peu près un tiers de ce qu'elle produit dans ces aménagements. »
- 6:54PrésentateurChiffre
« Le SMIC a été augmenté, selon la formule, 10% en 18 mois. »
- 12:54PrésentateurPromesse
« J'assume cette réforme qui est nécessaire pour l'équilibre et la préservation d'un système de retraite par répartition. »
- 13:06PrésentateurFait
« C'est quand on a un système qui s'équilibre plus, ça veut dire que les actifs d'aujourd'hui ne payent plus les retraites et que ça va aller croissant. »
- 14:05PrésentateurFait
« L'article 49.3 de la Constitution de la Ve République, tel que modifié en 2008, qui en a réduit les usages. »
Temps de parole
- Présentateur94 %
- Auditeur4 %
≈ 1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Nouvelle fois, la question s'impose. Ce que vous inspire, c'est Macron, des missions, ces critiques, ces interpellations ?
Elles ne sont pas une surprise, mais elles ne doivent pas être un obstacle. Il y a une colère qui est là. Il y a aujourd'hui plusieurs de nos compatriotes qui se sont mobilisés contre une réforme que l'exécutif considère comme importante pour le pays, pour l'intérêt général. Et il est normal que cette colère s'exprime. Donc elle est là. Il y a aussi d'autres gens qui ont d'autres motivations, qui sont venus le saluer, d'autres qui sont en soutien. Vous avez été ce matin avec moi au sein d'une entreprise qui reflète la diversité de la France. Je n'ai pas entendu de mobilisation avec cette loi. Donc on peut avancer, aller dans des entreprises et faire les choses.
Néanmoins, cette colère s'exprime. Je ne m'attendais pas à autre chose. Mais elle ne m'empêchera pas de continuer à me déplacer partout à travers le pays. Parce que nous devons continuer d'agir et d'avancer. Là, on vient de faire le point pendant une heure et demie sur des projets de réforme. On doit continuer de se préparer face à la sécheresse qui arrive l'été prochain. Et donc d'aider nos élus sur le terrain qui nous permettent de faire les investissements, de préparer les collectivités pour éviter d'avoir une crise cet été. On doit continuer la réindustrialisation du pays et de créer des emplois.
On doit continuer d'aller chercher nos compatriotes qui sont en grande difficulté pour les aider à revenir vers l'emploi et mieux les accompagner. Tout ça, ce sont des chantiers. Et je pourrais parler de l'école, de l'hôpital, de la médecine de ville sur lesquels nous devons continuer d'agir. Et donc je continuerai de le faire. — Mais M. le Président, est-ce que l'expression de cette colère devant vous, est-ce que finalement, c'est pas nécessaire ? Est-ce qu'il faut pas un moment peut-être un peu cathartique ? — Peut-être. C'est un peu ce qu'on fait. C'est pour ça aussi que je vous ai dit que je continuerai à être sur le terrain. Donc elle s'exprime. Elle est là. — Et il y a aussi un cadre.
C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de choses. Quand on rentre après, on reprend la discussion, quand la colère s'exprime, il y a des choses sur lesquelles... D'abord, il y a parfois des malentendus. Et on a la force est de constater qu'on n'a pas su les lever. Quand j'entends encore des gens qui me disent « On pourrait ne pas faire de réforme des retraites », c'est pas vrai. Ou alors on vit pas dans la même situation, le même pays avec les mêmes chiffres. Ça n'est pas vrai. Donc ça, il faut continuer quand même de le marteler. Il faut pouvoir le dire, l'expliquer et dire qu'à le moment... C'est pas vrai. Et donc ça veut dire qu'il faut continuer à s'endetter.
La dette qu'il a paiera à vous, les enfants, ça veut dire sinon qu'on doit renoncer à d'autres dépenses. Donc on peut pas dire « Vous ne faites pas de réforme de retraite, mais vous investissez dans l'hôpital et vous investissez dans l'école, etc. ». On gère tous des budgets à l'échelle de nos familles. On sait très bien qu'on peut pas tout faire à un moment donné. Et même quand c'est le banquier qui le paye pour nous, c'est-à-dire qu'on décide de s'endetter, il y a un moment donné où il nous dit que c'est plus possible. Bon. Donc il faut continuer d'expliquer. Il faut aussi faire valoir ce qui a été fait par la négociation dans cette réforme. C'est pas la...
On fait pas les 65 ans à horizon 2030. On va progressivement travailler un peu plus longtemps. Mais on va accélérer la durée d'augmentation de la durée de cotisation. On va aller jusqu'à 64 ans à horizon 2030. Mais il y a aussi beaucoup qui a été fait pour les carrières longues. Il y a des carrières longues qui partiront plus tôt qu'avant la réforme. C'est une réalité. On a beaucoup fait grâce au débat parlementaire, tout ça, et aux concertations avec les syndicats avant. Je disais, les carrières longues pour les femmes, compte tenu de leur carrière, et la valorisation, justement, des trimestres, pour l'usure professionnelle. Donc on a amélioré aussi beaucoup de choses.
Ce qui fait que c'est, par exemple, pas du tout une réforme qui ne serait qu'une augmentation de la durée. On a réinvesti à peu près un tiers de ce qu'elle produit dans ces aménagements. Et puis, je le rappelle aussi, c'est une réforme qui va permettre, par ses efforts, d'autres progrès, comme pour nos retraités les plus modestes. Donc voilà. Il faut continuer d'expliquer. Et puis surtout, il faut avancer sur le reste.
– Monsieur le Président, vous parlez de la réforme des retraites, mais les personnes dehors ne remettent pas en cause que la réforme des retraites. C'est aussi votre méthode qui est jugée. On a entendu des mots très forts. On n'est pas en démocratie. Est-ce que vous considérez que vous avez une part de responsabilité dans cette collègue qui vise aussi votre façon de présider ?
– Non, ça, je veux dire, c'est un argument qu'on connaît. C'est celui des extrêmes. Il est connu. Il existe dans à peu près toutes les démocraties. Il y a des tas de gens qui ne se remettent pas de ne pas avoir gagné les élections présidentielles. – Bon, c'est une chose. Il y a des tas de gens, quand on ne fait pas ce qu'ils disent parce qu'ils crient plus fort ou qu'ils tapent sur des casseroles, ils disent « c'est pas une démocratie parce que vous ne faites pas comme je dis ». Mais c'est pas ça, une démocratie. C'est pas ça. Et donc il y a un moment donné, on sera lundi au un an de l'élection. La démocratie, c'est d'essayer de porter un projet, de le dire et de l'appliquer.
Moi, je considère que c'est pas une démocratie qui fonctionne bien que celle qui consiste à proposer un programme et à faire le contraire. C'est arrivé dans le passé. Il y a eu des réformes de la retraite ou de l'assurance maladie qui, six mois plus tard, se sont faites après des élections qui se faisaient sur la fracture sociale. C'est arrivé. Il y a eu des grandes grèves. On les a abandonnées à ce moment-là. C'est pas ce que j'ai fait. J'ai lancé dès l'été la réforme sur laquelle j'avais fait campagne et les députés avaient fait campagne. Qu'est-ce qu'il y a de plus démocratique ?
Et vous pensez que ce serait plus démocratique de dire « vous êtes arrivé en tête du premier tour au présidentiel. Des gens ont voté pour vous et vous ont élu. Des gens ont fait une majorité, certes relative. Il n'y a pas de majorité alternative, comme le prévoit notre Constitution, puisqu'il y a eu un rejet de la motion. Et parce qu'il y a des gens qui manifestent, on abandonne le projet qui est celui que vous poussez, on en prend un autre. Ce n'est pas non plus un fonctionnement démocratique. Les mots ont un sens. Après, il faut entendre la colère. Alors ça, oui, je ne suis pas sourd à celle-ci. Et donc, il y a des gens qui sont très en colère aujourd'hui. Je les respecte.
J'ai envie qu'ils se réengagent dans le dialogue. Après, il y a des gens qui sont en colère et ils garderont un désaccord sur la partie des retraites, parce qu'on ne convaincra jamais tout le monde. Mais je pense qu'on peut encore convaincre des gens, parce qu'ils vont aussi voir que d'abord... Beaucoup de gens pensent qu'ils vont, dès la fin d'année, travailler 64 ans. Ce n'est pas vrai. Beaucoup de gens n'ont pas compris que ce serait très progressif. Beaucoup de gens ne croient pas qu'il y aura des choses positives qui vont se faire. Ils vont aussi voir les choses. La confiance va se conquérir.
Mais après, fort du bilan qui est le nôtre aussi, parce qu'à chaque fois que j'ai pris des engagements, j'ai essayé de détenir les 2500 maisons France Service qu'on crée, les 200 brigades qu'on est en train d'ouvrir, les gendarmeries, les sous-préfectures qu'on rouvre, tout ça sont des choses que les gens voient aussi et qui nourrissent de la confiance. Donc ça doit revenir progressivement. Et ensuite, il faut pouvoir réengager, y compris des gens avec qui on a eu des désaccords, sur des chantiers nouveaux, qui se sont exprimés et qui s'expriment dans ces colères. Beaucoup de gens sont contre la réforme parce qu'ils disent « Je ne vis pas bien de mon travail ». Et c'est vrai.
On l'a entendu, vous, moi. Il faut lui apporter une réponse. C'est pour ça que j'ai voulu relancer le débat sur ce sujet. On a apporté beaucoup de réponses comme gouvernement. Je l'ai déjà dit. Le SMIC a été augmenté, selon la formule, 10% en 18 mois. Mais la prime d'activité de 2019, les baisses d'impôts sur le revenu, la suppression de la taxe d'habitation et de la redevance, ce sont des gains de pouvoir d'achat pour celles et ceux qui travaillent. Est-ce que c'est suffisant ? On voit bien qu'on a une catégorie de Françaises et de Français qui ne vivent pas bien de leur travail aujourd'hui. en particulier ceux qui sont un peu au-dessus du SMIC et qui sont jusqu'à 2 000-2 500 euros.
Cette part de la France qui travaille dur, qui a des enfants mais qui souvent a acheté un pavillon, une habitation qui n'est pas à côté de l'endroit où on travaille, qui paye l'essence très chère, qui voit le coût du plein et l'augmentation du prix de l'alimentation, qui essaie de bien élever ses enfants et du coup qui multiplie les conduites, etc. Bon, elle se dit, mais mes revenus ne progressent pas assez vite. Et c'est vrai, ce n'est pas le gouvernement qui peut le faire tout seul.
Ça, c'est le dialogue social, c'est comment on améliore les carrières, comment dans les branches professionnelles où la rémunération a trop stagné, on arrive à recréer une dynamique, comment on accompagne aussi mieux sur les à-côtés du travail. Et là, c'est des discussions qui sont très locales aussi à conduire, ce n'est pas qu'au niveau national. On a aussi entendu, ça c'est un vrai débat très important, beaucoup de gens qui disaient, nous on est fatigué quand on est âgé. J'en parlais tout à l'heure avec des employés chez l'entreprise Matisse. Parce qu'on a ce qu'on appelle des troubles musculosquelétiques, parce qu'on fait des tâches qui sont plus dures.
Mais la réalité, est-ce que c'est à 62 ans que ça commence ? Non, ça commence à 50 ou 55 ans. C'est aussi pour ça qu'à travers ce texte de loi, on a commencé à améliorer les choses en prenant en compte cette usure professionnelle plus tôt. Et on doit encore continuer d'améliorer. Parce que le vrai point, c'est qu'il y a un suivi médical qui commence plus tôt, c'est qu'on crée des critères objectifs, sur lesquels d'ailleurs dans l'idéal, les employeurs et les employés devraient se mettre d'accord. C'est pour ça que je les invite à s'en ressaisir. Et qu'on facilite les reconversions. On était tout à l'heure dans une entreprise exemplaire. Je parlais à un monsieur qui avait commencé en 78.
Il me disait, moi, j'ai changé il y a 6 ans. J'ai bougé comme j'étais fatigué. J'ai été dans les services administratifs. C'est de la bonne gestion. Le problème qu'on a, c'est que ce n'est pas partout comme ça. Et donc il faut progressivement que ce dialogue social au plus près dans l'entreprise se fasse pour qu'on ait des fins de carrière, des reconversions, parfois des changements de branche, qui s'organisent. Pour que quand vous commencez à être fatigué, et ça peut être parfois à 50 ou 55 ans, vous ayez une fin de carrière différente. Monsieur le Président... Tous ces débats, il faut les poursuivre. Vous avez dit que vous parliez de démocratie tout à l'heure.
Oui. En bas, là. Vous lui avez dit, trouvez-moi une démocratie où le Président est devant vous et vient se faire engueuler. Oui, c'est vrai. Pourquoi c'est important que vous vous fassiez engueuler dans cette carrière ?
Mais parce qu'on ne peut pas dire tout et n'importe quoi. On a l'impression, il disait, on a fait annuler les manifestations un quart d'heure avant. Ce n'est pas vrai. Je veux dire, ils ont fait en sorte de dégager un accès. Donc la préfecture a fait ce qu'elle devait. Mais la preuve en est que c'est que là, il y a des manifestations devant le Président de la République. Bon. Et on a toujours fait ça. J'entends parfois des mots très définitifs dans notre débat général sur le rapport à la démocratie, au grand notion. Je crois que c'est un ou l'un d'entre vous que je répondais ce matin sur ce sujet. On peut et on doit toujours améliorer les choses.
C'est pour ça, d'ailleurs, qu'on a des autorités administratives indépendantes, qu'on a le juge, etc. Mais de dire que la France ne serait pas une démocratie, je pense que c'est un excès de langage qui accroît nos difficultés, collectivement. Nous en sommes une. Nous avons notre tempérament, collectivement. Nous tous. Moi aussi avec vous. Et on est comme ça. Mais c'est le caractère. On n'est pas un pays qui est toujours calme. Mais il faut avancer. Mais nous sommes une grande démocratie. Alors, moi, je n'ai de cesse d'essayer de l'améliorer. Le grand débat, la Convention citoyenne climat, on a changé la loi organique. Tout le monde l'a oubliée en 2021.
Pour donner au Conseil économique, social et environnemental la possibilité d'organiser ces conventions citoyennes et tirer les leçons de ce qu'on n'avait pas bien fait pendant la Convention climat. On vient de l'utiliser sur la fin de vie. C'est un formidable exemple démocratique. Et je peux vous dire que vous avez des experts de démocratie partout dans le monde qui sont venus regarder la Convention fin de vie pour justement voir. On est en train, je l'espère, de réussir. Maintenant, il y a un travail qui se fait. Et on avance. Les mi-termes, vous faites toujours comme un autre fois. Non, mais je n'y ai jamais pas. Il y aurait été après des débats institutionnels qui s'ouvriront.
J'ai commencé à en parler avec le président du Sénat, la présidente de l'Assemblée, le président du Conseil économique, social et environnemental. On doit toujours améliorer le fonctionnement de nos démocraties. C'est ce que nous disent nos compatriotes quand on regarde les choses. Ça ne peut pas être de dire dès qu'il y a une partie qui n'est pas d'accord, on doit tout arrêter. Parce que je peux vous le dire, il n'y aura plus un projet qui se fera. Mais même à l'échelle locale. Il n'y a pas un maire qui a l'unanimité de sa population. Si vous commencez à dire parce qu'il y a des gens qui crient fort, qui manifestent qu'on arrête un projet, vous aurez un pays à l'arrêt.
Par contre, nos compatriotes, ils veulent plus participer. C'est vrai. Donc il faut qu'on trouve ce cadre et qu'on puisse avancer. Est-ce que Elisabeth Borne est la personne idoine pour sortir de cette crise
ou votre première ministre était-elle en CDD ? Non, parce qu'on a l'impression que vous renouvelez votre confiance
parce qu'il y a une constitution, c'est le président qui décide et il y a un parlement qui accorde ou pas la confiance par des textes ou des motions de rejet. C'est simple. Mais je ne vais pas répondre à cette question. C'est le président qui décide. Pourquoi vous voudriez me faire un CDD à moi ? Moi, j'ai un CDD, mais j'ai un CDD jusqu'en 2027. Elle a ma confiance, sinon elle ne rentrait pas en charge de la feuille de route. Lundi soir, vous avez dit que vous aviez regretté
qu'un compromis n'a pas pu être trouvé sur la réforme des retraites. Est-ce que vous dites « Il y a eu des ratés, j'en prends ma part ». C'est ce qu'attendaient certains Français lundi soir. Je l'ai dit. Vous n'avez pas dit
« Il y a eu des ratés de ma part ». Non, je l'ai déjà dit plusieurs fois, alors je peux vous le faire à chaque fois si ça vous fait plaisir. Non, mais honnêtement, quand on arrive à une situation comme ça où on n'arrive pas à se mettre d'accord, on a tous une part de responsabilité. On l'a tous. À la fin, j'ai une responsabilité. C'est que le pays soit plus fort pour être plus indépendant et plus juste. Et qu'il n'y a pas de justice à crédit. Ce n'est pas vrai. Il y a de l'affaiblissement quand on le fait à crédit. Et donc, j'assume cette réforme qui est nécessaire pour l'équilibre et la préservation d'un système de retraite par répartition.
Quand j'entendais des jeunes dire « Il met à bas le système de retraite ». C'est l'inverse ce qu'on fait avec cette réforme. C'est quand on a un système qui s'équilibre plus, ça veut dire que les actifs d'aujourd'hui ne payent plus les retraites et que ça va aller croissant. Donc vous le mettez en risque. Donc on n'a pas voulu le mettre en risque. Et surtout, on a assumé une réforme qui fait qu'on travaille plus et donc qu'on produit plus. Moi, je regrette. Et d'évidence, j'ai ma part, je n'ai pas réussi à convaincre suffisamment. Et on n'a pas réussi à avoir un minimum de consensus pour qu'il y ait plus de pacification.
Après, je constate aussi que sur l'assurance chômage, on n'a pas réussi non plus parce qu'on est dans des moments qui sont difficiles où, sans doute, en sortie du Covid, il y a plus de tensions dans le pays et où on ne croule pas non plus sous les candidatures de partage de responsabilité. Je ne vais pas vous mentir. C'est-à-dire que les gens, ils ne se disent pas je vais prendre la responsabilité avec vous pour vous aider. Pas trop dit.
Mais est-ce que c'est la... Est-ce qu'il y a besoin du 49.3 hors texte budgétaire, vous l'utilisez encore ?
Mais moi, je suis pour la Constitution. Et je le dis aussi de la même manière quand on parle de démocratie. l'article 49.3 de la Constitution de la Ve République, tel que modifié en 2008, qui en a réduit les usages. Il est simple. Il y a un vote. Et c'est même, je dirais, l'engagement le plus solennel. C'est un gouvernement qui dit sur un texte... Alors il peut le dire soit parce qu'il a peur de ne pas avoir de majorité finale, soit parce qu'il a sa majorité qui lui manque. Il m'est arrivé de porter des textes comme ministre dans cette configuration. Soit parce qu'il veut écourter des débats.
Ce qu'on n'a pas fait, mais ce qui a par exemple était fait sur la première réforme des retraites en 2020. Tout le monde l'a oublié. Parce qu'il y avait un curiel d'amendements qui bloquait, qui faisait de l'obstruction parlementaire ou qui a été fait à d'autres égards. Quand par exemple TF1 a été privatisé, c'est par un 49.3. Parce que... Et c'est les lois à ce moment-là qui ont été faites. Donc vous savez, on l'oublie. De la même manière, on a fait... La CSG a été créée par Michel Requin sur un 49.3. Mais que fait le gouvernement ? Il dit j'engage ma responsabilité. Et si vous ne voulez pas de ça, faites-moi tomber. Et il y a un vote sur une motion de censure. Et c'est ce qui s'est passé.
Et ce vote a mis en lumière quoi ? Le fait qu'il n'y avait pas de majorité alternative. Donc il y a bien eu un vote le plus solennel. Parce que ça n'est pas qu'un texte qui tombait, mais tout le gouvernement. Donc c'est de la démocratie. — Merci.
— Quand la première ministre
s'est qu'elle ne veut plus l'utiliser, vous dites qu'elle va trop loin. — Vous n'êtes pas d'accord. — Non. Elle a dit qu'elle ne voulait plus... Elle souhaitait ne plus l'utiliser hors des textes financiers. — Vous êtes d'accord avec ça ? — La Constitution lui donne la possibilité de le faire une fois par session.
— Pour l'immigration, oui. — Pour l'immigration, oui.
— Mais je suis... Pardonnez-moi. On va faire les choses en bon ordre. La première ministre va d'abord finir le travail pour piloter les choses. Elle va travailler avec ses ministres pour qu'il y ait un schéma. Moi, je pense qu'il est toujours préférable d'avancer pour bâtir une majorité. Mais il est clair que sur ces sujets, on a besoin de bâtir une majorité. Je pense qu'elle est trouvable. — Merci, monsieur. — Merci.
— Pardon ? — Espérez-vous encore bâtir une coalition gouvernementale avec... — J'ai toujours...
Mais j'ai été clair quand j'ai répondu même il y a plusieurs semaines à certains de vos confrères. Il y a à l'Assemblée une majorité relative. Il y a ensuite un gouvernement qui a réussi à bâtir texte par texte une majorité. Parce que sur l'assurance-chômage, les énergies renouvelables ou le nucléaire, il y a des majorités qui ont été trouvées texte par texte. Est-ce qu'il y a une coalition qui est possible ? Je crois que les candidats éventuels ont déjà répondu. Ils ont dit qu'ils ne souhaitaient pas et que d'ailleurs, ils ne partageaient pas la feuille de route.
Donc ce qu'il faut faire, c'est bâtir des coalitions de bonne volonté et d'action parce que notre pays a besoin de continuer d'avancer. Donc voilà, moi, la logique, si vous voulez, pour moi, des jours, des semaines, des mois qui viennent. Elle est simple. C'est que cette colère puisse s'exprimer de manière totalement légitime. Vous parliez d'une catharsis. En tout cas, moi, ça ne me choque pas. Et elle continuera. De manière évidente, il y aura d'autres formes de colère et d'expression. qu'elles soient au maximum respectueuses de ceux qui ne sont pas en colère et qui veulent continuer de travailler aussi. Et je pense que c'est comme ça que les choses peuvent se faire justement en démocratie.
Mais qu'en apaisant, on continue d'avancer. Pourquoi ? Parce qu'on a des défis énormes pour aller vers le plein emploi, bâtir notre indépendance, pour renforcer nos services publics grâce à cette richesse qu'on crée. Pour notre école, c'est ce que j'essaierai de déployer demain en donnant là aussi... J'ai déjà donné le cap à la rentrée avec les recteurs, mais en précisant plusieurs avancées qu'on a préparées avec la Première ministre et le ministre sur la santé, sur tous ces sujets essentiels. Mais donc, qu'on continue d'avoir de l'ambition pour notre pays parce qu'on en a besoin et parce qu'on est aussi à un moment de bascule.
On a besoin d'aller plus vite et plus fort sur le changement climatique. Il y a quand même encore la guerre en Europe et ce contexte n'a pas bougé qui nous oblige. Et vous avez des révolutions technologiques qui sont en cours au cœur desquels nous devons être. Donc, tout ce travail, il faut le continuer et on ne peut pas l'arrêter. C'est ma responsabilité, en tout cas, qu'on puisse le faire avec le maximum de sérénité possible et en gérant les désaccords ponctuels.
Mais est-ce que ça me touche cette détestation que l'on retient chez certains contre votre personne ?
Non, je ne... Vous ne cherchez pas
à être aimé ?
Je préfère que les gens soient gentils mais comme je crois nous tous et nous toutes mais je pense que voilà, je pense que c'est normal qu'il y ait des désaccords. Après, moi, je suis attaché, j'essaie toujours même avec les gens avec qui je ne suis pas en accord d'être respectueux. Merci beaucoup. Je ne le qualifie pas. Je pense que voilà, ce que vous attendez de moi c'est que j'essaie de faire de la manière la plus efficace possible la mission que vous m'avez confiée. et après le reste ce n'est pas une question d'état d'âme. Je préfère que les gens soient plutôt heureux dans leur vie calme et même si on n'est pas d'accord qu'on sache débattre de nos désaccords.
Voilà, c'est ça pour le coup c'est ça ce qui est le chemin d'une démocratie.
Pas être aimé plus tard mais peut-être être aimé plus tard vous pensez aussi qu'il restera cette trace d'aurait fait cette répandre des retraites.
Je ne pense pas que ce soit le sujet là ni le bon verbe. La réalité c'est qu'il y a beaucoup de gens qui suivent et qui forcément ne disent pas ni d'ailleurs positivement ni négativement mais veulent aussi que le pays avance et je pense que la mission d'un président de la République n'est ni d'être aimé ni de ne pas être aimé c'est d'essayer de faire bien pour son pays et d'agir.
Et moi je suis au service des Françaises et des Français je le serai jusqu'aux derniers instants du mandat qu'ils m'ont confié et je le serai par beau temps et par temps de pluie qu'il neige ou qu'il vente et s'il pouvait y avoir quelques jours de beau temps ça ne me déplairait pas mais s'il doit y avoir beaucoup de vent et beaucoup de pluie je le ferai quand même. Merci beaucoup. Merci. Merci beaucoup. Je vais signer votre livre d'or alors.