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interviewBFMBUSINESS· 30 juin 2026 58 min

Tech & Co Business - Mardi 30 juin

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

BFM Business présente Tech & Co-Business, le magazine de l'accélération digitale. Frédéric Simotel. On va parler de toute l'actualité hier avec nos débriefeurs. Je vous les présente tout de suite. Vincent Champin, président de l'Observatoire du long terme, patron du digital chez Framatome, membre du COMEX. Bonjour. Bonjour. Vincent, merci d'être avec nous. Eric Campagnini, associé chez Alixio Group. Bonjour. Bonjour Frédéric. Eric et Emmanuel Vignon, vice-président d'Engineering, Head of AI chez Generis Group. Bonjour Emmanuel. Bonjour Frédéric. Merci d'être à tous les trois. On démarre par le sujet, un peu qui fait la une de la semaine.

La bataille des super-IA est lancée après Anthropik, son modèle Mythos. C'était au tour d'Open AI de lancer une nouvelle version de chat GPT, baptisée Sol. Et encore là, il y a un contrôle limité par la Maison-Blanche. On écoute juste ce qu'en dit Anthony Morel et on revient juste après.

0:55
Invité

C'est toujours le même schéma maintenant, c'est-à-dire qu'on a connu exactement ça au lancement de Mythos. GPT 5.6 Sol, c'est le nom complet de cette nouvelle intelligence artificielle conçue par Open AI, sera dans un premier temps au moins réservé à une poignée d'organisations, dont on n'a pas la liste complète d'ailleurs, triées et validées par l'administration Trump. Pour exactement les mêmes raisons, des raisons de sécurité nationale, parce que ce nouveau modèle, il est aussi puissant, en tout cas sur certains indicateurs clés, que Mythos.

Sol revendique notamment un niveau équivalent ou supérieur sur un certain nombre de benchmarks qui concernent le développement informatique et la cybersécurité. Alors ça, c'était vraiment le point clé, le point le plus sensible. Parce qu'en tropique, vous vous souvenez que Mythos avait été interdit parce qu'il permettait de découvrir des vulnérabilités, des failles critiques qui pourraient être exploitées si elles étaient mises entre de mauvaises mains. Eh bien, Sol, c'est exactement la même chose.

Alors évidemment, Open AI a un peu pris les devants, parce que comme ils ont vu toutes les polémiques autour de Mythos, donc ils ont dit non, non, mais nous, on a mis en place des garde-fous qui sont très très difficiles à contourner. C'est-à-dire que déjà, l'IA refusera de répondre quand on lui pose des questions un petit peu tendancieuses. Par exemple, fabrique-moi un virus informatique, ce genre de choses. Mais en plus de ça, elle sera beaucoup plus puissante sur le fait de limiter les détournements. C'est-à-dire qu'on essaye, on peut essayer de filouter un peu, de passer outre les garde-fous. Eh bien là, il y a 700 000 heures qui ont été consacrées à tester ces protections.

Et puis, il y a une surveillance des usages aussi. C'est-à-dire que si vous posez un peu trop de questions suspectes, eh bien, votre compte pourra être suspendu, voire supprimé.

2:29
Présentateur

Voilà. Alors, on sait que, hasard du calendrier, c'est la pression qui a été un peu relâchée sur Mythos. Aussi, ils vont ouvrir un peu plus Mythos. Mais enfin, ça reste un tout petit accès. Qu'est-ce qu'il faut penser de tout ça, là, de ce chat GPT 5.6 ? Donc, baptisé Sol. Est-ce que... Enfin, voilà. Qu'est-ce qu'il faut... On est une entreprise ? On est un peu perdus quand même. Il y a trois modèles. Sol, Terra et Luna. C'est trois types de modèles. En fait, on pouvait se poser la question sur Mythos. On pouvait se dire, c'est un coup de sang, il y a une mécompréhension. Bon, là, on voit qu'on est rentré dans... Ou voir un coup de communication un peu. Ouais, de deux côtés.

On dit, on est rentré dans autre chose. Et en fait, si on regarde l'histoire, toutes les technologies puissantes, à un moment, ont été régulées. L'aéronautique, à un moment, ont été régulées. La cryptographie, on s'en souvient, avait été régulée. Il y a même eu une pub d'Apple sur le Power Mac. Je ne me souviens plus lequel. Parce qu'en fait, il dépassait la puissance de calcul maximale qui imposait une restriction à l'export. Parce qu'il y avait une vieille réglementation qui n'avait pas évolué. Donc, on rentre là-dedans. Et les enseignements, il y en a deux. C'est-à-dire que le fait de ne pas avoir leadership technologique, il y a deux coûts. Le premier coût, c'est qu'on paye.

Donc ça, tout le monde l'avait en tête. Le deuxième coût, c'est qu'on attend. Et quelquefois, on attendra longtemps. Et c'est peut-être le deuxième qui va être le plus gênant. Parce que 90% de la valeur d'une technologie, c'est dans ses usages. Donc, si on ne peut même pas payer pour l'avoir, là, on a un sujet de souveraineté. Je suis une entreprise lambda. Le risque, c'est que ça devienne beaucoup trop cher. Le deuxième, c'est que je pourrais l'utiliser. Et pendant ce temps, les autres sont en train de tourner. Après, on voit qu'avec le temps, toutes ces réglementations-là, la cryptographie ou la taille des machines, elles ont sautées parce que ça devenait intenable.

Donc là, on est dans une phase un peu d'incertitude où on voit des choses qui arrivent, pas forcément soutenables. Après, c'est ce qu'on dit toujours. Pour une entreprise, il faut vivre avec. Oui, et puis après, c'est ce qu'on dit toujours avec ces technologies. Ça va tellement vite. Parce que la cryptographie, ça vient un peu de temps et manuel. Oui, en fait, Jean Monnet disait, les êtres humains voient le changement que dans la nécessité et on ne voit la nécessité que dans la crise. Bon, quelque part, ce qui se passe, c'est... C'est ce qu'on a vu avec la canicule, en tout cas. C'est une forme de crise aussi, pas la même. Mais là, effectivement, on est face à une force de crise.

Et donc, il y a une prise de conscience dans les COMEX que ça devient un risque opérationnel et qu'il est traité comme un risque opérationnel. Après, il y a plein de choses qu'on pourrait dire. Développer une souveraineté, essayer... Déjà, on n'est pas obligé de... On n'a pas forcément besoin, on le disait la semaine dernière, on n'a pas forcément besoin du dernier modèle frontière pour déployer peut-être 80% des cas d'usage de l'entreprise. Donc, moi, je continue à le penser. Et après, voilà, c'est une vulnérabilité de l'Europe, comme tu dis, Vincent, contre laquelle il faut lutter. Est-ce que, Eric, est-ce qu'on en parlait l'autre jour quand Mythos a été...

Ça fait 15 jours, 3 semaines, donc Mythos a été bloqué au nom d'Américains. Et Vivatec est arrivé dans la foulée. Tout le monde, du coup, Vivatec par les souverainetés dit que ça peut donner un élan à notre souveraineté. Il faut y croire. En fait, pour faire un peu de provocation, et je ne pensais pas dire ça un jour, mais merci Trump. Parce que c'est un électrochoc, ça amène à prendre conscience, effectivement, comme disiez tous les deux, qu'il y a un vrai risque. Je te rejoins jusque-là, on disait, tiens, ça pourrait coûter plus cher, là, ça peut être coupé complètement.

Et les États-Unis sont en train d'appliquer exactement la doctrine sur les technologies stratégiques, ce qu'ils ont fait jusque-là. Donc, ce n'est pas nouveau en soi. Par contre, c'est un peu comme si on se réveillait là, en disant, oh là, mince ! Potentiellement, je ne pourrais pas être dépendant. Pour ça, je faisais le lien avec la calicule. On nous dit que la planète va se réchauffer depuis tellement d'années que quand ça arrive, on se dit, ah mince, oui, en effet, on est... Et c'est vrai, ce que tu disais, je reviens sur Vincent, je suis en train d'en penser à plein de sujets qui datent d'il y a longtemps, même sur les processeurs, tu disais sur la cryptographie.

Les Américains nous ont déjà habitués à ça. Sur le nucléaire, sur les semi-conducteurs, sur le GPS aussi. Et on va probablement voir émerger des modèles, finalement, modèles grands publics, modèles entreprises, modèles gouvernementaux et modèles de défense. Et ça, ce n'est pas très, très grave en soi. Par contre, ça nous invite collectivement à se dire, comment est-ce qu'on fait, peut-être, pour être moins dépendant ? Sans doute pas uniquement sur des frontières modèles, mais des modèles peut-être un peu moins avancés, mais plus applicables au domaine de l'entreprise.

Et ça repose la question de l'open source, de se dire, c'est quel modèle d'IA on veut déployer, effectivement, de l'entreprise. Mais en fait, il y a un côté un peu utopique là-dedans, parce que ce qui fait tourner notre économie, c'est les data centers, en fait. C'est ce qui se passe sur les data centers. On déploie des logiciels, que ce soit en SaaS ou on-prem, machin. Mais quand tu regardes un data center, en fait, le LLM, c'est une toute petite partie de ce qui se passe dans un data center. Tu as des firewalls, tu as des équipements réseau, tu as des bêtes de stockage. Tout ça, c'est des technos américaines, en fait.

Donc, en fait, nous, là, effectivement, on met un coup de projecteur sur la souveraineté liée au LLM. Mais la différence, c'est qu'il y a des technos qui font l'objet de restrictions et d'autres pas. La cryptographie, c'est un tout petit point sur la carte de l'informatique, mais particulier. Et là, on découvre que l'IA est à cet endroit-là. Qu'est-ce qui empêche Trump, demain, de dire que la dernière mise à jour du firewall Palo Alto est une technologie militaire qu'il faut être régulée ? Ça, ça fait vrai. Firewall, on en a depuis des années. Ce n'est pas arrivé à ce stade. Non. Il y a eu d'autres choses, mais il n'y a pas eu ça. Certes.

Mais ce que je veux dire par là, c'est que la souveraineté, elle n'est pas uniquement regardée. Elle ne doit pas être uniquement prise sous l'angle du « je voudrais installer le dernier LLM on-premise ». Voilà. Mais c'est pour ça que le modèle chinois est intéressant à regarder. Parce que qu'est-ce qu'ils font ? Ils développent leur modèle propriétaire. Première chose. Deuxième chose, ils vont sur l'open source. Troisième chose, ils regardent, regardez Huawei, par rapport à NVIDIA, ils développent leur propre puce. Et ils sont sur des modèles qui sont moins consommateurs de GPU.

Donc, il y a une stratégie, effectivement, sur quatre dimensions, et pas seulement sur la partie LLM, qui n'est pas inintéressante. Donc, vous pourriez peut-être... Mais visiblement, ils sont biaisés. Alors, on a vu, c'est au ministère de l'Intérieur, je crois, où le ministère de l'Intérieur avait ouvert un accès à un LLM chinois. C'est le Trésor.

8:28
Invité

C'est le Trésor. Le Trésor, c'est le Trésor.

8:30
Présentateur

Exactement, c'est le Trésor. Voilà, et au bout de quelques jours, ils ont dit, eh bien non, en fait, ils ne répondent pas exactement comme on voudrait, donc on va plutôt se replier sur une solution de type Mistral. Mistral, exactement. Tiens, justement, on va parler de Mistral. Est-ce que c'est un coup dur ou pas ? C'est l'Union européenne qui veut travailler sur une IA open source. Et alors, en fait, quatre langues, 400 milliards de paramètres. Et là, elle choisit qui ? Elle choisit un italien. Là, oui, en tant que Français, on est déçus. On aimerait comprendre pourquoi. Je comprends que Mistral avait candidaté. Pourquoi ils n'ont pas été acceptés ?

Alors, si c'est un problème de structuration, peut-être qu'il faudrait qu'à un moment, Mistral sépare la partie open source, qu'il met dans une fondation, puis la partie plus business. Mais c'est dommage d'avoir le seul modèle européen qui est sur la carte des modèles mondiaux qui n'ait pas été retenu. Après, le prix qui a été offert, c'est 2,5% de la capacité d'euro-HPC. C'est à peu près 100 millions. Donc, c'est pas mal. Mais c'est très en dessous de, par exemple, c'est un dixième. Mais est-ce que ça peut être un vrai coup dur pour Mistral ? Honnêtement, il faudrait leur demander. Moi, je pense que j'aurais plutôt envie de les aider, mais de comprendre.

Est-ce que ça doit induire pour eux un changement de structure pour permettre d'être un peu le réceptacle de cette ambition open source européen ? Je veux dire, c'est bien avoir raison tout seul. C'est la stratégie du Minutel. Ça, il ne faut pas. Donc, est-ce qu'ils ont été indûment évincés ? Là, ce n'est pas normal. Et dans ce cas-là, la France va se mobiliser. Est-ce qu'il y a une mécompréhension ? Il y a peut-être une structuration qui peut le permettre. Mais c'est dommage que l'Europe ne prenne pas son seul modèle européen pour le renforcer. Et puis après, on imagine aussi, parce qu'on sait que c'est les spécialistes de ça à la Commission européenne, c'est de saupoudrer.

Donc, peut-être qu'on peut donner sa chance à une autre IA pour avoir un... Oui, mais la logique de l'open source, justement, c'est d'éviter de prendre ça. Donc, que ça arrive sur l'open source, moi, franchement, j'ai l'impression... Alors, ils ont, le consortium de Minutel, ils ont déjà créé des modèles. Sauf qu'on n'en parle pas beaucoup. On ne les voit pas trop sur les benchmarks. Il n'y a que des benchmarks un peu... C'est vrai qu'on parlait des Allemands à l'F-Alpha et puis après, ils avaient l'alimentation de la société en sourdine. Non, moi, la seule analyse que je peux avoir, c'est que, un, Domine arrivait avec un cluster Blackwell opérationnel, ce qu'on n'avait pas Mistral.

Donc, il y avait déjà CPU, c'est ça. Donc, ça, plus EuroHPC, ça permet... L'Europe peut se dire je réduis les risques en confiant directement à un acteur qui a déjà ce cluster Blackwell. Le deuxième, c'est que, en fait, la stratégie, la vision de Mistral sur la souveraineté, elle n'est pas forcément super claire. Ils n'ont pas dit je fais all-in sur l'open source ou je fais all-in sur un modèle SaaS. Ça a toujours été un peu fluctuant au début beaucoup de modèles open source et, en fait, quand on parle avec eux, c'est OK, super, le modèle open source, mais c'est bien si vous utilisez aussi le modèle payant parce que c'est comme ça qu'on va gagner de l'argent.

Alors que Domine a plutôt une stratégie full open source depuis le début. Donc, il y a probablement quelque chose qui est un petit peu plus aligné par rapport à ça. Et le troisième, c'est l'équilibre politique. Mistral est très franco-français alors que le consortium, là, il est italien, allemand, il est peut-être un petit peu plus ouvert et peut-être que la Commission européenne a valorisé un petit peu plus ces aspects-là. Bon, ça, c'est mon analyse. Je ne sais pas... Non, mais on est à pour ça, Éric. C'est une volonté de l'Europe de faire l'Airbus de l'IA, probablement. Je te rejoins, effectivement, sur une vision transfrontalière. On est effectivement déçus que Mistral ne soit pas dedans.

Maintenant, peut-être qu'une des explications, elle est encore plus simple que ça, c'est que le cahier des charges qui était demandé, c'était effectivement de l'open source, ce qui n'est pas complètement le cas de Mistral, et une logique à la fois business et recherche. Et le mariage entre Domine et Fraunhofer Gesellschaft, qui est quand même un des plus grands centres européens de recherche appliquée, donc on peut être très, très fiers au niveau européen, la combinaison des deux, c'est probablement ça qui a fait gagner. C'est quand même 32 000 chercheurs, c'est 3 milliards d'euros d'investissement, c'est déjà une logique ouverte sur l'entreprise. Il ne faut pas tous de l'IA.

Ce n'est pas que de l'IA, je suis d'accord, mais ce n'est pas inintéressant de voir émerger d'autres acteurs dont on avait relativement peu entendu parler. Domine, ils ont changé de nom il y a 4-5 ans, ça existe depuis 2016, c'est un acteur. Maintenant, c'est vrai qu'on est un peu circonspect sur le sujet, et moi aussi, j'aurais voulu qu'on pousse un peu plus Mistral. Moi, le point d'attention que j'aurais aussi, c'est qu'effectivement, c'est un consortium qui est très académique.

Tu dis, il ferait une offerte, il faut que tu es le chaff, tout ça, et objectivement, l'Europe a toujours été assez forte pour faire des grandes annonces et tout ça, mais derrière, dans l'opérationnalisation, ça peut pêcher un peu. Là, l'objectif, c'est quand même de sortir un modèle de 400 milliards de paramètres dans moins d'un an. Ce n'est pas juste un petit truc. La marche est élevée parce que je crois que Domine fait 260 versus 400, donc la marche est haute.

Maintenant, ce qui n'est pas inintéressant, c'est ce qu'a dit le fondateur d'OVH, Octave Claba, qui dit, on est peut-être au moment où on va voir arriver une deuxième vague de modèles parce que ça coûte moins cher, parce que la barrière technologique est un peu plus basse et de la même manière qu'on l'avait vu avec les navigateurs Internet, on va voir émerger de nouveaux acteurs et ça, ça va être assez intéressant. C'est l'approche chinoise, 100 millions de calculs, c'est Kuen 3.7 qui est très correct, c'est à peu près ce qu'ils ont en poche. De ce côté-là, c'est bien et par rapport à ce qu'on s'était dit tout à l'heure, avoir des modèles qui n'aient pas

13:42
Invité

les billets psychologiques puisque le problème d'utilisation du modèle par le trésor,

13:48
Présentateur

c'était pour faire des notes. Il y avait des billets dans le texte, donc c'est bien qu'il y ait effectivement des modèles européens. C'est probablement pas mal qu'il y ait un peu de concurrence, mais on aimerait quand même savoir pourquoi notre champion n'a pas gagné et puis tout faire en sorte pour l'aider. Est-ce que... Enfin, peut-être que l'Europe... Mais je crois que, de toute façon, Mistral, il faut frugalité parce que là, je ne sais pas qu'est-ce qu'ils ont pu mettre en avant ces Italiens avec leurs solutions. Je te dis, là, le cluster Blackwell opérationnel, ça, c'est une réalité. Non, tu n'y crois pas trop, Vincent ? Je pense que Mistral en a, puis avec des montants significatifs.

Ils ont des promesses d'en avoir, là, dans le data center. Non, puis... C'est aussi l'effet de temporalité. Ce qu'on dit, c'est bien, on va investir, même nous, ce que va mettre sauf banque, 40 millions d'une première tranche, tout ça, mais on parle à 2030. Là, on est en train de parler aujourd'hui. Bon, on va... Je te sens pas loin. C'est pas compréhensible. Je trouve que même en termes de transparence de l'information, c'est une décision publique. On serait attendu à ce qu'il y ait un peu plus d'informations sur le pourquoi. On est à l'attente d'une vraie stratégie européenne en termes d'IA. C'est ça. Je pense qu'il y a...

Moi, je vois ça au sein de la Commission européenne, c'est plein de petits distances. Vincent, tu as beaucoup côtoyé, enfin, tu continues certainement à le faire, cet univers. Je pense que voilà, il y a des petits tiraillements, ce côté saupoudrage, ce côté... Oui, en fait, il y a une dynamique... Enfin, c'est une copropriété de 27 copropriétaires. Chez moi, on est cinq, on veut faire changer un tapis de sol. Il faut avoir trois séances et des discussions et n'en plus finir. Maintenant, tu as 27 pays qui doivent parler de l'IA sur des sujets très techniques. Tu peux tout multiplier par un million. Donc, c'est structurellement compliqué.

qui fonctionne par le consensus et le consensus génère du saupoudrage. Alors, on va être plus positif. Tiens, pour un acteur français, il s'appelle Chaps Vision. Vous connaissez peut-être son... Enfin, certainement son fondateur, Olivier Dellenbach, qui avait monté une première entreprise. Alors, c'était du logiciel d'investissement et il avait revendu ça à BlackRock 1,3 milliards. On est dans les années 2018-2019. De là, il monte Chaps Vision qui l'a donc dans la data puisqu'ils sont amenés à remplacer à terme Palantir à la DGSI mais on les a déjà vus dans l'analyse de données au service secret allemand aussi. Ils ont commencé à investir tout ça.

Et puis Chaps Vision, c'est depuis pas mal d'années, c'est pas mal leur achat. Je sais qu'ils ont acheté un moteur de recherche qui s'appelait Cinequa qui était le concurrent d'Exalide qui lui-même a été racheté par Dassault Systèmes à l'époque. Et puis voilà, ils ont un ensemble de rachats. Enfin, c'est une entreprise qui monte pas mal, Vincent. C'est des produits qu'on utilise. Alors, ce qui est marrant, c'est les chiffres. Combien de personnes ont sa vision ? 5 000. On se dirait assez petit. Combien de personnes ne se fait pas l'entire ? 5 000. La boîte, elle valait 600 milliards fin 2025. Elle en vaut 300 aujourd'hui.

Donc, c'est effectivement très bien que Chaps Vision puisse s'y implanter. Je pense qu'effectivement, vu la souveraineté du domaine, c'était quand même étonnant que ce n'ait pas lieu encore. Oui, surtout qu'ils avaient re-signé en 2025 pour 3 ans. Tout le monde était un peu surpris parce qu'on commençait à parler sérieusement de souveraineté opérationnelle. Enfin, dans l'exécution opérationnelle de souveraineté logicielle. Donc, on n'avait pas trop compris. Et là, donc plutôt une bonne nouvelle. Plutôt une bonne nouvelle entre une entreprise de 1 000 personnes qui déloge une autre de 5 000. Alors, à la DGSI parce que dans d'autres industries sont encore bien présents.

Chez Airbus notamment et pour la petite histoire, c'est Fabrice Roger qui était le patron d'Airbus à l'époque qui, lorsqu'il a quitté Airbus, était le patron de Palantir France et donc a poursuivi un peu le fait de développer Palantir dans ces industries. Emmanuel ? Non, c'est un geste fort, c'est un geste fort, souverain, c'est un geste que j'aimerais bien voir se reproduire auprès aussi des DSI, des entreprises, des entreprises publiques parce que là, c'est l'appareil étatique qui prend cette décision-là. C'est bien, moi, voilà, je pense qu'il faut qu'on en ait vraiment beaucoup plus de décisions de ce type-là.

C'est une décision qui est courageuse en fait parce qu'on sait qu'en fait, Palantir, le truc, c'est que... Si on choisit Palantir, c'est comme si on choisit Microsoft, on ne va pas se tromper. En fait, ce que je veux dire, c'est que quand je discute avec des gens qui ont Palantir, alors au début, ils sont très positifs, tu vois, ouais, c'est cool, j'ai mis Palantir, machin, et puis après, je lui dis, oui, mais Palantir, c'est Peter Thiel, proche de Trump, etc., qu'est-ce que tu en penses ? Et là, ça crispe, ça crispe, ça crispe, et à la fin, il me regarde et me dit, ouais, mais ça marche quand même super bien. Voilà, et du coup, on tombe un peu sur ce truc-là.

Et oui, il faut peut-être accepter de... Parce que, alors, Chaps Vision, je ne connais pas et je ne dirai pas sur ce plateau que ça marche moins bien que Palantir, je ne sais pas. En revanche, je pense que c'est une décision courageuse quand il y a quelque chose qui fonctionne bien dans une entreprise, de décider, pour des raisons qui sont souveraines, voilà, de décider de dire, allez, je sors de Palantir pour aller chercher sa position, d'autant que ça coûte. On sait très bien que les programmes de migration, ce ne sont pas des trucs que tu fais du jour au lendemain.

Donc, ils vont rentrer dans un programme de migration qui va durer plusieurs mois, peut-être plusieurs années, voilà, qui va coûter de l'argent. Est-ce que Palantir va jouer le jeu ? Ils avaient déjà signé il y a un an et demi avec la DGSI, enfin, avec la DGSI, je crois bien aussi, mais c'était pour un premier volet très petit. Bon, là, ça y est, c'est la réalité supérieure.

Voilà, et les Allemands l'ont fait aussi il y a quelques années, peut-être qu'il y a des apprentissages à récupérer auprès des Allemands et là aussi, je nourris l'espoir que quelque part les Français et les Allemands puissent se parler là-dessus en disant, tiens, comment tu t'y es pris pour sortir de, enfin, c'est quoi ta trajectoire de sortie de Palantir ? Eric ? Oui, tu disais, c'est étonnant que ça n'a pas été fait plus tôt mais heureusement, on passe maintenant du slogan de cette souveraineté à une mise en œuvre opérationnelle. les écoutes judiciaires, les plaques d'immatriculation, etc.

C'est absolument critique et c'était juste après les attentats de 2015 où le patron de la DGSI avait dit, mais je n'ai pas les moyens de réunir toutes ces informations, etc. Donc, il y avait un enjeu stratégique d'aller vite et la solution à l'époque, c'était Palantir. Là, maintenant, tu dis effectivement, ça va prendre plusieurs mois, je pense que ça va même prendre plusieurs années parce que Palantir a 10 ans d'expérience derrière eux sur justement les différentes API, sur les usages qui ont été faits jusque-là. Donc, oui, c'est une bonne nouvelle.

Maintenant, c'est plus facile politiquement de dire, on passe, on change que de le faire d'un point de vue technique et c'est ça sur quoi il va falloir s'atteler maintenant. Manuel, tu peux vous en dire ? Non, je suis d'accord, enfin, je n'ai rien de plus à dire. En tout cas, on les suivra, chaque vision parce que c'est vraiment une des belles pépites françaises avec Olivier Dellenbach qui mène tout ça et il disait en matinale de BFM, oui, il y a plus de 500 personnes qui ont travaillé vraiment sur ce sujet-là en espérant que cet investissement rejaillisse, ça puisse irriguer, aller pousser vers d'autres contrats avec la force publique. Sujet aussi sur le constat de déskilling.

Je te laisse nous expliquer tout ça, Eric, et on va revenir dessus. C'est vraiment tout autour des compétences IA. Oui, c'est-à-dire qu'on a beaucoup parlé de souveraineté technologique. La question de la souveraineté, de la dépendance, elle est aussi cognitive.

Et on commence à parler, il y a des premières études qui sortent sur le sujet, et on commence à parler en entreprise de déskilling ou d'atrophie des compétences qui, en fait, plus j'utilise l'IA, et en fait, la question, ce n'est pas tellement dans l'utilisation de l'IA, mais c'est chaque fois que je délègue de façon répétée des tâches cognitives à l'intelligence artificielle, le constat, on l'a vu chez les DSI avec les développeurs, on le voit dans le domaine de la santé, je vais y revenir, c'est qu'en fait, je perds une partie de cette compétence.

Pour les développeurs, c'est effectivement une capacité à challenger le code, certes, ils vont plus vite, mais comment est-ce que je challenge le code derrière de façon un peu plus profonde ? Il y a une étude qui a été menée, qui a été rappelée par le magazine Nature auprès de gastro-entérologues où, pendant plusieurs mois, on leur a mis à disposition une IA pour identifier les polypes. Et en fait, on s'est rendu compte que lorsque je ne suis pas aidé de l'intelligence artificielle, ma performance en tant que gastro-entérologue diminue. Donc ça, on l'avait vu avec d'autres technologies jusque-là, donc je ne suis pas du tout en train de dire qu'il faut arrêter l'usage de l'IA.

Par contre, ça pose une vraie question sur quelles sont les compétences critiques que je veux préserver dans l'entreprise et comment, vu l'avancée spectaculaire, extrêmement rapide de ces technologies-là, je fais en sorte de sortir d'un modèle purement organisationnel avec des fonctions, etc., un modèle beaucoup plus centré sur les compétences.

D'ailleurs, ça rappelle un peu, alors bien que c'est Renaud, il n'a pas dit que c'était forcément un IA, l'IA, mais il y a quelques jours, Renaud a annoncé la mise en départ de près de 800 ingénieurs, alors peut-être sur d'anciennes technologies, enfin ce que j'appelle les anciennes technologies, davantage sur le thermique et tout ça, mais derrière, ils disent qu'ils vont remboucher 150 à 200. C'est un vieux sujet,

22:48
Invité

je veux dire, aller au zoo, regarder les gorilles, ils sont tous musclés comme des bodybuilders. Nous, on ne l'est pas pour... Pourquoi ? Parce que ces muscles, on n'a pas besoin au quotidien et donc ils se sont atrophiés. J'ai fait un petit calcul,

23:04
Présentateur

je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais il y a eu un gain de productivité de x 5000 sur les développeurs. X 10 pour l'utilisation... En combien de temps ? Depuis 70 ans, x 10 pour utiliser un compiler, c'est-à-dire qu'au lieu de faire, d'écrire en langage machine, on a un système qui vous transforme un langage un peu plus élaboré en code. L'utilisation de mécanismes de protection de type et de variable, x 5. L'utilisation de librairies qui sont dans l'OS pour accéder à un fichier, etc., x 5. L'utilisation de librairies en Python, dès que vous avez un sujet, vous avez une librairie qui fait le job, x 5. Au total, c'est x 5000. Donc du desk killing, on en a eu.

Aujourd'hui, on dit qu'en brut, avec l'IA, on va faire du x3 en net plus 30%. Donc c'est tout petit et c'est même l'histoire de l'humanité qu'on se spécialise et que du coup, on devient plus productif dans un domaine mais on a besoin des autres pour le reste. Alors il y a deux choses. Un, effectivement, il faut avoir une vision claire des contrôles et des compétences à garder et donc je pense qu'on va aller, et Arthur Mensch le disait, il disait que les développeurs deviennent des managers de robots et un manager d'une activité technique qui doit comprendre chaque tâche pour la déléguer et la contrôler et puis mettre à jour sa carte des compétences.

Je pense que d'ailleurs le modèle du prompt ingénieur qui était la personne qui ne connaît rien et qui sait faire un prompt, pour moi, il est mort. Le modèle, en revanche, c'est le manager full stack, c'est-à-dire qu'il comprend chaque chose, par contre, qu'il ne va pas forcément tout faire lui-même mais qu'il comprend suffisamment la technique pour pouvoir la corriger et changer les choses. Évidemment, ça dépendra des domaines. Dans du code hyper critique, on continuera à faire trois développements qui font la même fonction dans des langages avec des implémentations et des personnes différentes pour être sûr que derrière, on puisse identifier les problèmes des résultats.

Quand il s'agit de faire des applications jetables pour des opérations de communication, on fera ça en vibe coding. Et quelque part, on est en train de revenir aux fonctions de base du métier d'ingénieur. Oui, on redonne un peu de l'épaisseur au métier d'ingénieur, notamment dans l'informatique où souvent, on voyait des gens qui avaient des cursus très longs et puis finalement, qui passaient leur temps à la réimaginer des choses mais qui codaient beaucoup, qui perdaient beaucoup de temps à aller chercher des modules. Là, je trouve que... Parce que je sors un côté positif. Oui, et c'est un côté positif qui doit s'accompagner et qui doit s'accompagner sur deux dimensions.

Une première partie qui est de se dire je repense mon organisation centrée sur les compétences. C'est ce qu'on appelle la partie skills-based organization et les études qu'on mène à l'Observatoire d'Aixio montrent que 4% seulement des entreprises sont véritablement orientées dans ce domaine-là. Donc là, c'est la première chose à faire et la deuxième chose à faire, c'est qu'au niveau des leaders, si j'ai été reconnu ou promu leader sur ma compétence alors qu'il y a le fait le mieux, s'il y a décide plus vite, quelle est ma responsabilité en tant que leader et quelle est ma raison d'être dans l'organisation ?

Donc je ne dis pas que c'est nouveau, je dis que l'accélération est très forte et que ça s'accompagne, skills-based organization d'un côté et accompagnement des leaders de l'autre. Oui, en fait, l'article que tu mentionnais tout à l'heure, je voulais revenir juste sur un point.

25:57
Locuteur non identifié

Nature.

25:58
Présentateur

Oui, sur le nature parce qu'en fait, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a une érosion des connaissances. C'est-à-dire que même si tu prends quelqu'un qui connaissait bien son domaine d'expertise, à force d'utiliser l'IA régulièrement, si au bout de quelques semaines, quelques mois, tu lui enlèves l'IA, tu te rends compte qu'il est beaucoup moins fort que ce qu'il était avant. Fais-le au codeur aujourd'hui, tu vas voir. C'est le sujet des codeurs. Mais je reviens sur... Les codeurs, en plus, c'est mon quotidien chez Generics, mais on a besoin, on se dit, il faut que les codeurs sachent écrire, faire un Hello World, qui est le programme informatique le plus basique.

Il faut qu'ils sachent le faire manuellement parce que tu passes par là quand tu veux construire ta carrière de codeur, etc. Et puis au fur et à mesure, tu enrichis tes connaissances. Mais en fait, il y a tout un tas de ces connaissances-là qui ne sont pas forcément très utiles. Aujourd'hui, quand tu achètes une voiture, c'est toi qui citais cet exemple-là, Vincent, la semaine dernière, je crois. Dans les années 1920, quand tu achetais une voiture, il fallait que tu sois mécanicien parce que tu avais toujours un problème. Tu étais là avec ta clé de 12. La 2 chevaux, c'est la voiture qui justement pouvait se démonter avec juste une clé et donc on était assez débrouillard.

Aujourd'hui, moi, excuse-moi, je sais éventuellement changer les essuie-glaces et faire le niveau sur le lave-glace, mais c'est à peu près tout. Et puis après, je la dépose. Donc, ce n'est pas forcément grave en soi qu'il y ait une perte de connaissances. D'accord ? En revanche, parce qu'à un moment donné, il faut qu'on revienne sur la raison et l'intention fondamentale qui fait qu'on a besoin de maîtriser ces connaissances. Je prends juste un autre exemple. Très rapidement, c'est l'agriculture. L'agriculture, de 1945 à aujourd'hui, on a industrialisé l'agriculture et je pense qu'on a perdu de la connaissance sur l'agriculture.

Aujourd'hui, on voit des gens sur les marchés qui achètent des fraises en décembre et qui achètent des poires au mois de juillet. Je suis désolé, mais en France, ça ne pousse pas dans ces machins. Donc, il faut peut-être qu'on réapprenne. Mais en fait, on le réapprend. Pourquoi ? On le réapprend, et je boucle, parce qu'il y a la canicule, parce qu'il y a un dérèglement climatique et parce que, quelque part, on se dit que ça devient important de redévelopper ses compétences. Et je pense que sur l'IA, on va avoir un cycle un peu transitoire ou quelque chose comme ça qui va faire qu'au début, on va perdre, puis ensuite, on va remonter, etc.

Et c'est, j'ai envie de dire, c'est un peu le sens du progrès technologique depuis... Donc là, tu penses qu'on est en plein dans ce chaos un peu... Oui, solution transitoire, situation transitoire. Je pense qu'il y aura quand même la différence entre les utilisateurs comme pour la voiture qui n'ont pas besoin de comprendre et l'ingénieur d'une écurie de Formule 1 ou l'industriel qui fait des voitures à l'échelle et lui qui aura besoin de continuer à comprendre. Donc moi, je suis plutôt du côté des industriels. Je pense que ce management du manager full stack qui comprend vraiment toute sa chaîne technologique, c'est un métier d'avenir.

Messieurs, merci d'avoir partagé avec nous tous ces sujets, notamment celui sur les compétences. Vincent Champin, président de l'Observatoire du long terme, patron digital chez Farmato, membre du Comex. Eric Campagnini, associé chez Alix au groupe et Emmanuel Vignon, vice-président d'engineering head of AI chez Généris Group. Merci, messieurs, de votre passage et de tous vos regards sur cet actuel qu'on essaie de comprendre un peu plus chaque semaine. Allez, notre émission se termine. On se retrouve ici la semaine prochaine. même et au même endroit d'ici là. Excellente semaine sur BFM Business. Tech & Co Business sur BFM Business.

BFM Business présente Tech & Co Business, le magazine de l'accélération digitale. Frédéric Simotel. Allez, on va parler de toute l'actualité et avec nos débriefeurs. Je vous les présente tout de suite. Vincent Champin, président de l'Observatoire du long terme, patron du digital chez Farmato, membre du Comex. Bonjour. Bonjour. Vincent, merci d'être avec nous. Eric Campagnini, associé chez Alix au groupe. Bonjour. Bonjour. Éric et Emmanuel Vignon, vice-président d'engineering, head of AI chez Generis Group. Bonjour. Bonjour. Frédéric. Merci d'être à tous les trois. On démarre par le sujet un peu qui fait la une de la semaine.

La bataille des super-IA est lancée après Anthropik, son modèle mytho. C'était au tour d'Open AI de lancer une nouvelle version de chat de GPT baptisée SOL. Et encore là, il y a un contrôle limité par la Maison Blanche. On écoute juste ce qu'en dit Anthony Morel et on revient juste après.

30:00
Invité

C'est toujours le même schéma maintenant, c'est-à-dire qu'on a connu exactement ça au lancement de Mythos. GPT 5.6 SOL, c'est le nom complet de cette nouvelle intelligence artificielle conçue par Open AI, sera dans un premier temps au moins réservée à une poignée d'organisation dont on n'a pas la liste complète d'ailleurs, triée et validée par l'administration Trump. Alors pour exactement les mêmes raisons, des raisons de sécurité nationale parce que ce nouveau modèle, il est aussi puissant, en tout cas sur certains indicateurs clés, que Mythos.

SOL revendique notamment un niveau équivalent ou supérieur sur un certain nombre de benchmarks qui concernent le développement informatique et la cybersécurité. Alors ça, c'était vraiment le point clé, le point le plus sensible parce qu'en tropique, vous vous souvenez que Mythos avait été interdit parce qu'il permettait de découvrir des vulnérabilités, des failles critiques qui pourraient être exploitées si elles étaient mises entre de mauvaises mains. Eh bien SOL, c'est exactement la même chose.

Alors évidemment, Open AI a un peu pris les devants parce que comme ils ont vu toutes les polémiques autour de Mythos, donc ils ont dit non, non, mais nous, on a mis en place des garde-fous qui sont très très difficiles à contourner, c'est-à-dire que déjà, l'IA refusera de répondre quand on lui pose des questions un petit peu tendancieuses, par exemple, fabrique-moi un virus informatique, ce genre de choses, mais en plus de ça, elle sera beaucoup plus puissante sur le fait de limiter les détournements, c'est-à-dire qu'on essaye, on peut essayer de filouter un peu de passer outre les garde-fous, eh bien là, il y a 700 000 heures qui ont été consacrées à tester ces protections et puis il y a une surveillance des usages aussi, c'est-à-dire que si vous posez un peu trop de questions suspectes, eh bien votre compte pourra être suspendu, voire supprimé.

31:34
Présentateur

Voilà, alors on sait que hasard du calendrier, c'est la pression qui a été un peu relâchée sur Mythos aussi, où ils vont ouvrir un peu plus Mythos, mais enfin ça reste un tout petit accès. Qu'est-ce qu'il faut penser de tout ça là, de ce chat GPT 5.6, donc baptisé Sol, est-ce que, enfin voilà, qu'est-ce qu'il faut, on est une entreprise, on est un peu perdus quand même. Il y a trois modèles, Sol, Terra et Luna, c'est trois types de modèles. En fait, on pouvait se poser la question sur Mythos, on pouvait se dire c'est un coup de sang, il y a une décompréhension, bon là on voit qu'on est rentré dans... Ou voir un coup de communication un peu aussi.

Ouais, de deux côtés, on dit, on est rentré dans autre chose et en fait, si on regarde l'histoire, toutes les technologies puissantes à un moment ont été régulées, l'aéronautique à un moment ont été régulées, la cryptographie, on s'en souvient, a été régulée. Il m'a même eu une pub d'Apple sur le Power Mac, je ne me souviens plus lequel, parce qu'en fait, il dépassait la puissance de calcul maximale qui imposait une restriction à l'export. C'est une vieille réglementation qui n'avait pas évolué. Donc on rentre là-dedans et les enseignements, il y en a deux, c'est-à-dire que le fait de ne pas avoir leadership technologique, il y a deux coûts.

Le premier coup, c'est qu'on paye, donc ça, tout le monde l'avait en tête. Le deuxième coup, c'est qu'on attend et quelquefois, on attendra longtemps et c'est peut-être le deuxième qui va être le plus gênant parce que 90% de la valeur d'une technologie, c'est dans ses usages. Donc si on ne peut même pas payer pour l'avoir, là, on a un sujet de souveraineté. Donc c'est ça, je suis une entreprise, une entreprise lambda, bon, le risque, que ça devienne beaucoup trop cher. Le deuxième, c'est je pourrais l'utiliser et pendant ce temps, les autres sont en train de tourner.

Après, on voit qu'avec le temps, toutes ces réglementations-là, la cryptographie ou la taille des machines, elles ont sautées parce que ça devenait intenable. Donc là, on est dans une phase un peu d'incertitude où on va voir des choses qui arrivent, pas forcément soutenables. Après, c'est ce qu'on dit toujours avec ces technologies, ça va tellement vite parce que la cryptographie, ça a mis un peu temps et manuels. Oui, en fait, Jean Monnet disait, les êtres humains voient le changement que dans la nécessité et on ne voit la nécessité que dans la crise. Quelque part, ce qui se passe, c'est une... C'est ce qu'on a vu avec la canicule, en tout cas. C'est une forme de crise aussi, pas la même.

Mais là, effectivement, on est face à une force de crise et donc, il y a une prise de conscience dans les COMEX que ça devient un risque opérationnel et qu'il est prêté comme un risque opérationnel. Après, il y a plein de choses qu'on pourrait dire. Développer une souveraineté, essayer... Déjà, on n'est pas obligé de... On n'a pas forcément besoin, on le disait la semaine dernière, on n'a pas forcément besoin du dernier modèle frontière pour déployer peut-être 80% des cas d'usage de l'entreprise. Donc, moi, je continue à le penser. Et après, voilà, c'est une vulnérabilité de l'Europe, comme tu le dis, comme tu le dis, Vincent, contre laquelle il faut lutter.

Est-ce que, Eric, est-ce qu'on en parlait l'autre jour quand Mythos a été... Ça fait 15 jours, trois semaines, le Mythos a été bloqué au nom d'Américains et Vivatec est arrivé dans la foulée et tout le monde, du coup, Vivatec parlait de souveraineté, dit ça peut donner un élan à notre souveraineté, il faut y croire ? En fait, pour faire un peu de provocation, et je ne pensais pas dire ça un jour, mais merci Trump, parce que c'est un électrochoc, ça amène à prendre conscience, effectivement, comme disiez tous les deux, qu'il y a un vrai risque.

Je te rejoins, jusque-là, on disait, tiens, ça pourrait coûter plus cher, là, ça peut être coupé complètement, et les États-Unis sont en train d'appliquer exactement la doctrine sur les technologies stratégiques, ce qu'ils ont fait jusque-là. Donc, ce n'est pas nouveau en soi, par contre, c'est un peu comme si on se réveillait là, en disant, oh là, mince !

C'est vrai que pour ça, je faisais le lien avec la calicule, on nous dit que la planète va se réchauffer depuis tellement d'années, et que quand ça arrive, on se dit, ah mince, oui, en effet, et c'est vrai ce que tu disais, je reviens sur Vincent, je suis en train d'en penser à plein de sujets qui datent d'il y a longtemps, même sur les processeurs, tu disais sur la cryptographie, les Américains nous ont déjà habitués à ça. Sur le nucléaire, sur les semi-conducteurs, sur le GPS aussi, et on va probablement voir émerger des modèles, finalement, modèles grands publics, modèles entreprises, modèles gouvernementaux et modèles de défense.

Donc ça, c'est pas très très grave, on voit, par contre, ça nous invite collectivement à se dire, comment est-ce qu'on fait peut-être pour être moins dépendants, sans doute pas uniquement sur des frontières modèles, mais des modèles peut-être un peu moins avancés, mais plus applicables au domaine de l'entreprise, et ça repose la question de l'open source, de se dire, c'est quel modèle d'IA on veut déployer effectivement de l'entreprise.

Mais en fait, il y a un côté un peu utopique là-dedans, parce que ce qui fait tourner notre économie, c'est les data centers, c'est ce qui se passe sur les data centers, on déploie des logiciels, que ce soit en SaaS ou on-prem, mais quand tu regardes un data center, en fait, le LLM, c'est une toute petite partie de ce qui se passe dans un data center, t'as des firewalls, t'as des équipements réseaux, t'as des bêtes stockages, tout ça, c'est des techno-américaines, en fait. Donc en fait, nous, là, effectivement, on met un coup de projecteur sur la souveraineté liée au LLM. La différence, c'est qu'il y a des techno qui font l'objet de restrictions et d'autres pas.

La cryptographie, c'est un tout petit point sur la carte de l'informatique, mais particulier, et là, on découvre que l'IA est à cet endroit-là. Qu'est-ce qui empêche Trump, demain, de dire que la dernière mise à jour du firmware, du firewall Palo Alto, est une technologie militaire qui pouvait réguler ? Ça, ça fait. Firewall, on en a depuis des années, c'est pas arrivé à ce stade. Non. Il y a eu d'autres choses, mais il n'y a pas eu ça. Certes. Mais ce que je veux dire par là, c'est que la souveraineté, elle n'est pas uniquement regardée, elle ne doit pas être uniquement prise sous l'angle du je voudrais installer le dernier LLM on-premise.

Mais c'est pour ça que le modèle chinois est intéressant à regarder parce que qu'est-ce qu'ils font ? Ils développent leur modèle propriétaire, première chose. Deuxième chose, ils vont sur l'open source. Troisième chose, ils regardent, regardez Huawei, par rapport à Nvidia, ils développent leur propre puce et ils sont sur des modèles qui sont moins consommateurs de l'EPU. Donc il y a une stratégie effectivement sur quatre dimensions et pas seulement sur la partie LLM qui n'est pas inintéressante dont vous pourriez peut-être... Mais visiblement, ils sont biaisés.

Alors on a vu, c'est au ministère de l'Intérieur je crois, où le ministère de l'Intérieur avait ouvert un accès à un LLM chinois à ses collaborateurs. Le trésor.

37:34
Invité

C'est le trésor. Le trésor.

37:35
Présentateur

Exactement, c'est le trésor. Et au bout de quelques jours, ils ont dit non, en fait, ils ne répondent pas exactement comme on voudrait donc on va plutôt se replier sur une solution de type Mistral. Mistral, oui, exactement. Tiens, justement, on va parler de Mistral. Est-ce que c'est un coup dur ou pas ? C'est l'Union européenne qui veut travailler sur une IA open source et alors on va être quatre langues, 400 milliards de paramètres et là, elle choisit qui ? Elle choisit un italien. Là, oui, évidemment, tant que français, on est déçus. On aimerait comprendre pourquoi. Je comprends que Mistral avait candidaté. Pourquoi ils n'ont pas été acceptés ?

Alors si c'est un problème de structuration, peut-être qu'il faudrait qu'à un moment, Mistral sépare la partie open source qu'il met dans une fondation puis la partie plus business mais c'est dommage d'avoir le seul modèle européen qui est sur la carte des modèles mondiaux qui n'ait pas été retenu. Bon, après, le prix qui a été offert, c'est 2,5% de la capacité d'euro-HPC, c'est à peu près 100 millions. Donc, c'est pas mal mais c'est très en dessous de par exemple ce qui est un dixième. Mais est-ce que ça peut être un vrai coup dur pour Mistral ou pas ? Je pense qu'il faudrait leur demander.

Moi, je pense que j'aurais plutôt envie de les aider mais de comprendre est-ce que ça doit induire pour eux un changement de structure pour permettre d'être un peu le réceptacle de cette ambition open source européen ? Je veux dire, c'est bien avoir raison tout seul, c'est la stratégie du Minitel, ça il faut pas. Donc, est-ce qu'ils ont été indûment évincés ? Là, c'est pas normal et dans ce cas, la France doit se mobiliser. Est-ce qu'il y a une mécompréhension ? Il y a peut-être une structuration qui peut le permettre mais c'est dommage que l'Europe ne prenne pas son seul modèle européen pour le renforcer.

Et puis après, on imagine aussi, parce qu'on sait que c'est les spécialistes de ça à la Commission européenne, c'est de saupoudrer. De dire, tiens, Mistral, on les voit, ils sont en train de signer des gros contrats droite à gauche, peut-être qu'on peut donner sa chance à une autre IA pour avoir un autre. Oui, mais la logique de l'open source, justement, c'est d'éviter de prendre ça. Donc, que ça arrive sur l'open source, moi, je... En fait, j'ai l'impression... Alors, ils ont, le consortium de mine, ils ont déjà créé des modèles. Alors, sauf qu'on n'en parle pas beaucoup, on ne les voit pas trop sur les benchmarks. Il n'y a que des benchmarks un peu...

C'est vrai qu'on parlait des allemands à l'F-Alpha et puis après, ils avaient... Oui, il y a l'OM, c'est comme une société bien sourdine. C'est pour ça qu'on n'en parle pas trop, quoi. Non, moi, la seule analyse que je peux avoir, c'est que, un, Domine arrivait avec un cluster Blackwell opérationnel, ce qu'on n'avait pas Mistral. Donc, il y avait déjà CPLU, c'est ça. Donc, ça, plus EuroHPC, ça permet... L'Europe peut se dire je réduis les risques en confiant directement à un acteur qui a déjà ce cluster Blackwell. Le deuxième, c'est que, en fait, la stratégie, la vision de Mistral sur la souveraineté, elle n'est pas forcément super claire.

Ils n'ont pas dit je fais all-in sur l'open source ou je fais all-in sur un modèle SaaS. Ça a toujours été un peu fluctuant au début beaucoup de modèles open source et, en fait, quand on parle avec eux, c'est OK, super, le modèle open source mais c'est bien si vous utilisez aussi le modèle payant parce que c'est comme ça qu'on va gagner de l'argent. Alors que Domine a plutôt une stratégie full open source depuis le début donc il y a probablement quelque chose qui est un petit peu plus aligné par rapport à ça. Et le troisième, c'est l'équilibre politique.

Mistral est très franco-français alors que le consortium, là, il est italien, allemand, il est peut-être un petit peu plus ouvert et peut-être que la Commission européenne a valorisé un petit peu plus ces aspects-là. Bon, ça, c'est mon analyse. Je ne sais pas si... Non, mais on est à ça, Eric. C'est une volonté de l'Europe de faire l'Airbus de l'IA, probablement. Je te rejoins effectivement sur une vision transfrontalière. On est effectivement déçus que Mistral ne soit pas dedans.

Maintenant, peut-être qu'une des explications, elle est encore plus simple que ça, c'est que le cahier des charges qui était demandé, c'était effectivement de l'open source, ce qui n'est pas complètement le cas de Mistral, et une logique à la fois business et recherche. Et le mariage entre Domine et Fraunhofer-Gesellschaft, qui est quand même un des plus grands centres européens de recherche appliquée, donc on peut être très, très fier au niveau européen, la combinaison des deux, c'est probablement ça qui a fait gagner. C'est quand même 32 000 chercheurs, c'est 3 milliards d'euros d'investissement, c'est déjà une logique couverte sur l'entreprise. Il ne faut pas tous de l'IA.

Ce n'est pas que de l'IA, je suis d'accord, mais ce n'est pas inintéressant de voir émerger d'autres acteurs dont on avait relativement peu entendu parler. Domine, ils ont changé de nom il y a 4-5 ans, ça existe depuis 2016, c'est un acteur. Voilà, maintenant, c'est vrai qu'on est un peu circonspect sur le sujet et moi aussi, j'aurais voulu qu'on pousse un peu plus Mistral. Moi, le point d'attention que j'aurais aussi, c'est qu'effectivement, c'est un consortium qui est très académique. Tu dis, Fraunhofer-Gesellschaft, tout ça, et objectivement, l'Europe a toujours été assez forte pour faire des grandes annonces et tout ça, mais derrière, dans l'opérationnalisation, ça peut pêcher un peu.

Là, l'objectif, c'est quand même de sortir un modèle de 400 milliards de paramètres dans moins d'un an. Ce n'est pas juste un petit truc. La marche est élevée parce que je crois que Domine fait 260 versus 400. Donc, la marche est haute. Maintenant, ce qui n'est pas inintéressant, c'est ce qu'a dit le fondateur d'OVH, Octave Clava, qui dit, on est peut-être au moment où on va avoir arrivé une deuxième vague de modèles parce que ça coûte moins cher, parce que la barrière technologique est un peu plus basse et de la même manière qu'on l'avait vu avec les navigateurs Internet, on va voir émerger de nouveaux acteurs et ça, ça va être assez intéressant.

C'est l'approche chinoise, 100 millions de calculs, c'est QN 3.7 qui est très correct, c'est à peu près ce qu'ils ont en poche. De ce côté-là, c'est bien. Et par rapport à ce qu'on s'était dit tout à l'heure, avoir des modèles qui n'aient pas

42:47
Invité

les billets psychologiques, puisque le problème d'utilisation du modèle

42:52
Présentateur

par le trésor, c'était pour faire des notes. Donc, il y avait des billets dans le texte. Donc, c'est bien qu'il y ait effectivement des modèles européens. C'est probablement pas mal qu'il y ait un peu de concurrence, mais on aimerait quand même savoir pourquoi notre champion n'a pas gagné et puis tout faire en sorte pour l'aider. Est-ce que... Enfin, peut-être que l'Europe... Mais je crois que, de toute façon, Mistral, il pariait beaucoup là-dessus. À la fois souveraineté, à la fois frugalité. Oui. Parce que là, je ne sais pas qu'est-ce qu'ils ont pu mettre en avant ces Italiens avec leurs solutions. Je te dis, là, le cluster Blackwell opérationnel, ça, c'est une réalité.

Non, tu n'y crois pas trop, Vincent ? Je pense que Mistral en a, puis avec des montants significatifs. Ils ont des promesses d'en avoir. Là, dans le data center,

43:37
Locuteur

je ne sais pas.

43:37
Présentateur

Non, puis... Elle les sonne, là. Moi, c'est aussi l'effet de temporalité. Ce qu'on dit, c'est bien, on va investir, même nous, ce que va mettre Softbank, 40 millions d'une première tranche, tout ça, mais on parle à 2030. Là, on est en train de parler aujourd'hui. Bon, ben, on va... Je ne te sens pas le point. Je ne te sens pas le point. Je trouve que même en termes de transparence de l'information, c'est une décision publique. On serait attendu à ce qu'il y ait un peu plus d'informations sur le pourquoi. On est à l'attente d'une vraie stratégie européenne en termes d'IAR. C'est ça. Je pense que, moi, je vois ça au sein de la Commission européenne, c'est plein de petits distances.

Vincent, tu as beaucoup côtoyé, enfin, tu continues certainement à le faire, cet univers. Je pense que, voilà, il y a des petits tiraillements, ce côté saupoudrage, ce côté... Oui, en fait, il y a une dynamique... Enfin, c'est une copropriété de 27 copropriétaires. Chez moi, on est cinq, on veut faire changer un tapis de sol. Il faut avoir trois séances et des discussions et n'en plus finir. Maintenant, tu as 27 pays qui doivent parler de l'IA sur des sujets très techniques. Tu peux tout multiplier par un million. Donc, c'est structurellement compliqué. Puis, c'est une mécanique, effectivement, qui fonctionne par le consensus et le consensus, il génère du saupoudrage.

Alors, on va être plus positif. Tiens, pour un acteur français, il s'appelle Chaps Vision. Vous connaissez peut-être son... Enfin, certainement son fondateur, Olivier Dellenbach, qui avait monté une première entreprise. Alors, c'était du logiciel d'investissement et il avait revendu ça à BlackRock 1,3 milliard. On est dans les années 2018-2019. De là, il monte Chaps Vision qui l'a, donc, dans la data, puisqu'ils sont amenés à remplacer à terme Palantir à la DGSI, mais on les a déjà vus dans l'analyse de données au service secret allemand aussi. Ils ont commencé à investir tout ça. Et puis, Chaps Vision, c'est depuis pas mal d'années, c'est pas mal leur achat.

Je sais qu'ils ont racheté un moteur de recherche qui s'appelait Cinequa. C'était le concurrent d'Exalide qui lui-même a été racheté par Dassault Systèmes à l'époque. Et puis, voilà, ils ont un ensemble de rachats. Enfin, c'est une entreprise qui monte pas mal, Vincent. C'est des produits qu'on utilise. Alors, ce qui est marrant, c'est les chiffres. Combien de personnes chez Chaps Vision ? 1 000. On se dirait assez petit. Combien de personnes chez Palantir ? 5 000. La boîte, elle valait 600 milliards en fin 2025. Elle en vaut 300 aujourd'hui. Donc, c'est effectivement très bien que Chaps Vision puisse s'y implanter.

Je pense qu'effectivement, vu la souveraineté du domaine, c'était quand même étonnant que ce n'est pas lu encore. Oui, surtout qu'ils avaient re-signé en 2025 pour 3 ans. Tout le monde était un peu surpris parce qu'on commençait à parler sérieusement de souveraineté. Alors là, de souveraineté opérationnelle. Enfin, dans l'exécution opérationnelle de souveraineté logicielle. Donc, on n'avait pas trop compris. Et là, donc plutôt une bonne nouvelle. Plutôt une bonne nouvelle entre une entreprise de 1 000 personnes qui déloge une autre de 5 000. Alors, à la DGC, parce que dans d'autres industries, ils sont encore bien présents. Chez Airbus, notamment.

Et pour la petite histoire, c'est Fabrice Roger qui était le patron d'Airbus à l'époque qui, lorsqu'il a quitté Airbus, était le patron de Palantir France et donc a poursuivi un peu le fait de développer Palantir dans ces industries. Emmanuel ? Non, c'est un geste fort. C'est un geste fort, souverain. C'est un geste que j'aimerais bien voir se reproduire auprès aussi des DSI, des entreprises publiques. Parce que là, c'est l'appareil étatique qui prend cette décision-là. C'est bien. Moi, j'aime... Voilà. Je pense qu'il faut qu'on en ait vraiment beaucoup plus de décisions de ce type-là. C'est une décision qui est courageuse, en fait.

Parce qu'on sait que, en fait, Palantir, le truc, c'est que... Oui, si on choisit Palantir, c'est comme si on choisit Microsoft. On ne va pas se tromper. En fait, ce que je veux dire, c'est que quand je discute avec des gens qui ont Palantir... Alors, au début, ils sont très positifs. Tu vois ? Ouais, c'est cool, j'ai mis Palantir, machin. Et puis après, je lui dis oui, mais Palantir, c'est Peter Thiel, proche de Trump, etc. Qu'est-ce que t'en penses ? Et là, ça crispe. Ça crispe. Ça crispe. Et à la fin, il me regarde et me dit ouais, mais ça marche quand même super bien. Voilà. Et du coup, on tombe un peu sur ce truc-là. Et oui, il faut peut-être accepter de... Parce que...

Alors, Chaps Vision, je ne connais pas et je ne dirais pas je pense que c'est une décision courageuse quand il y a quelque chose qui fonctionne bien dans une entreprise, de décider pour des raisons qui sont souveraines, voilà, de décider de dire allez, je sors de Palantir pour aller chercher sa position d'autant que ça coûte. On sait très bien que les programmes de migration, ce n'est pas des trucs que tu fais du jour au lendemain. Donc, ils vont rentrer dans un programme de migration qui va durer plusieurs mois, peut-être plusieurs années.

48:01
Locuteur non identifié

Plusieurs années.

48:01
Présentateur

Voilà, qui va coûter de l'argent. Est-ce que Palantir va jouer le jeu ? Bien sûr. Vous avez déjà signé il y a un an et demi avec la DGSI, enfin, avec la DGSI, je crois, bien aussi. Mais c'était pour un premier volet très petit. Bon, là, ça y est, il passe à l'été supérieure. Voilà, et les Allemands l'ont fait aussi il y a quelques années. Peut-être qu'il y a des apprentissages à récupérer auprès des Allemands. Et là aussi, je nourris l'espoir que quelque part les Français et les Allemands puissent se parler là-dessus en disant, tiens, comment tu t'y es pris pour sortir de... Enfin, c'est quoi ta trajectoire de sortie de Palantir ? Eric ?

Oui, tu disais, c'est étonnant que ça n'a pas été fait plus tôt. Mais heureusement, on passe maintenant du slogan de cette souveraineté à une mise en œuvre opérationnelle. Il faut quand même rappeler que Palantir, la plateforme de Palantir qui s'appelle Gotham, elle sert à quoi ? Elle sert à chercher des liens entre la vidéosurveillance, les écoutes judiciaires, les plaques d'immatriculation, etc. C'est absolument critique. Et c'était juste après les attentats de 2015 où le patron de la DGSI avait dit, mais je n'ai pas les moyens de réunir toutes ces informations, etc. Donc, il y avait un enjeu stratégique d'aller vite et la solution à l'époque, c'était Palantir.

Là, maintenant, tu dis effectivement que ça va prendre plusieurs mois, je pense que ça va même prendre plusieurs années parce que Palantir a 10 ans d'expérience derrière eux sur justement les différentes API, sur les usages qui ont été faits jusque-là. Donc, oui, c'est une bonne nouvelle. Maintenant, c'est plus facile politiquement de dire on change que de le faire d'un point de vue technique et c'est ça sur quoi il va falloir s'atteler maintenant. Manuel, tu peux vous en dire ? Non, je suis d'accord. Enfin, je n'ai rien de plus à dire.

En tout cas, on les suivra, chaque vision parce que c'est vraiment une des belles pépites françaises avec Olivier Dellenbach qui mène tout ça et il disait en matinale de BFM, oui, il y a plus de 500 personnes qui ont travaillé vraiment sur ce sujet-là en espérant que cet investissement rejaillisse, ça puisse irriguer, aller pousser vers d'autres contrats avec la force publique. sujet aussi sur le constat de déskilling. Je te laisse nous expliquer tout ça, Éric, et on va revenir dessus. C'est vraiment tout autour des compétences IA. Oui, c'est-à-dire qu'on a beaucoup parlé de souveraineté technologique.

La question de la souveraineté, de la dépendance, elle est aussi cognitive et on commence à parler, il y a des premières études qui sortent sur le sujet et on commence à parler en surprise de déskilling ou d'atrophie des compétences qui en fait, plus j'utilise l'IA et en fait, la question, ce n'est pas tellement dans l'utilisation de l'IA, mais c'est chaque fois que je délègue de façon répétée des tâches cognitives à l'intelligence artificielle, le constat, on l'a vu chez les DSI avec les développeurs, on le voit dans le domaine de la santé, je vais y revenir, c'est qu'en fait, je perds une partie de cette compétence.

Pour les développeurs, c'est effectivement une capacité à challenger le code. Certes, ils vont plus vite, mais comment est-ce que je challenge le code derrière de façon un peu plus profonde ? Il y a une étude qui a été menée, qui a été rappelée par le magazine Nature auprès de gastro-entérologues où pendant plusieurs mois, on leur a mis à disposition une IA pour identifier les polypes. Et en fait, on s'est rendu compte que lorsque je ne suis pas aidé de l'intelligence artificielle, ma performance en tant que gastro-entérologue diminue. Donc ça, on l'avait vu avec d'autres technologies jusque-là, donc je ne suis pas du tout en train de dire qu'il faut arrêter l'usage de l'IA.

Par contre, ça pose une vraie question sur quelles sont les compétences critiques que je veux préserver dans l'entreprise et comment, vu l'avancée spectaculaire, extrêmement rapide de cette technologie-là, je fais en sorte de sortir d'un modèle purement organisationnel avec des fonctions, etc., un modèle beaucoup plus centré sur les compétences.

D'ailleurs, ça rappelle un peu, alors bien que c'est Renaud, il n'a pas dit que c'était forcément un IA-LIA, mais il y a quelques jours, Renaud a annoncé la mise en départ de près de 800 ingénieurs, alors peut-être sur d'anciennes technologies, enfin ce que j'appelle les anciennes technologies, davantage sur le thermique et tout ça, le moteur thermique, mais derrière, ils disent qu'ils vont remboucher 150 à 200. C'est un vieux sujet,

51:54
Invité

je veux dire, aller au zoo, regarder les gorilles, ils sont tous musclés comme des bodybuilders. Nous, on ne l'est pas, enfin, notre veste,

52:01
Locuteur non identifié

on ne l'est pas,

52:02
Invité

sauf toi. Pourquoi ? Parce que ces muscles, on n'a pas besoin au quotidien et donc ils se sont atrophiés. Je fais un petit calcul, je ne sais pas si vous vous rendez compte,

52:10
Présentateur

mais il y a eu un gain de productivité de fois 5 000 sur les développeurs. Fois 10 pour l'utilisation... Depuis 70 ans, fois 10 pour utiliser un compileur. C'est-à-dire qu'au lieu de faire, d'écrire en langage machine, on a un système qui vous transforme un langage un peu plus élaboré en code. L'utilisation de mécanismes de protection de type et de variable, fois 5. L'utilisation de librairies qui sont dans l'OS pour accéder à un fichier, etc., fois 5. L'utilisation de librairies en Python, dès que vous avez un sujet, vous avez une librairie qui fait le job, fois 5. Au total, c'est fois 5 000. Donc, du deskilling, on en a eu.

Aujourd'hui, on dit qu'en brut, avec l'IA, on va faire du fois 3 en net plus 30 %. Donc, c'est tout petit. Et c'est même l'histoire de l'humanité qu'on se spécialise et que du coup, on devient plus productif dans un domaine mais on a besoin des autres pour le reste. Alors, il y a deux choses. Un, effectivement, il faut avoir une vision claire des contrôles et des compétences à garder. Et donc, je pense qu'on va aller... Arthur Mensch le disait, il disait que les développeurs deviennent des managers de robots et un manager d'une activité technique doit comprendre chaque tâche pour la déléguer et la contrôler et puis mettre à jour sa carte des compétences.

Je pense que, d'ailleurs, le modèle du prompt ingénieur qui était la personne qui ne connaît rien et qui sait faire un prompt, pour moi, il est mort. Le modèle, en revanche, c'est le manager full stack. C'est-à-dire qu'il comprend chaque chose, par contre, qu'il ne va pas forcément tout faire lui-même mais qu'il comprend suffisamment la technique pour pouvoir la corriger et changer les choses. Évidemment, ça dépendra des domaines. dans du code hypercritique. On continuera à faire trois développements qui font la même fonction dans des langages avec des implémentations des personnes différentes pour être sûr que derrière, on puisse identifier les problèmes des résultats.

Quand il s'agit de faire des applications jetables pour des opérations de communication, on fera ça en vibe coding. Quelque part, on est en train de revenir aux fonctions de base du métier d'ingénieur. Oui. Oui, on redonne un peu de l'épaisseur au métier d'ingénieur, notamment dans l'informatique où souvent, on voyait des gens qui avaient des cursus très longs et puis finalement qui passaient leur temps à leur imaginer les choses mais qui codaient beaucoup, qui perdaient beaucoup de temps à aller chercher des modules. Là, je trouve que... Si je sors un côté positif. Oui, et c'est un côté positif qui doit s'accompagner et qui doit s'accompagner sur deux dimensions.

Une première partie qui est de se dire je repense mon organisation centrée sur les compétences. C'est ce qu'on appelle la partie skills-based organization et les études qu'on mène et l'observatoire d'Aixio montrent que 4% seulement des entreprises sont véritablement orientées dans ce domaine-là. Donc là, c'est la première chose à faire et la deuxième chose à faire, c'est qu'au niveau des leaders, si j'ai été reconnu ou promu leader sur ma compétence alors qu'IA le fait le mieux, s'IA décide plus vite quelle est ma responsabilité en tant que leader et quelle est ma raison d'être dans l'organisation.

Donc je ne dis pas que c'est nouveau, je dis que l'accélération est très forte et que ça s'accompagne, skills-based organization d'un côté et accompagnement des leaders de l'autre. Oui, en fait, l'article que tu mentionnais tout à l'heure, je voulais revenir juste sur un point. Sur le revenu nature. Oui, sur le revenu nature. Parce qu'en fait, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a une érosion des connaissances. C'est-à-dire que même si tu prends quelqu'un qui connaissait bien son domaine d'expertise, à force d'utiliser l'IA régulièrement, si au bout de quelques semaines, quelques mois, tu lui enlèves l'IA, tu te rends compte qu'il est beaucoup moins fort que ce qu'il était avant.

Fais-le au codeur aujourd'hui, tu vas voir. C'est le sujet des codeurs. Mais je reviens sur... Les codeurs, en plus, c'est mon quotidien chez Generics. Mais on a besoin, on se dit, il faut que les codeurs sachent écrire, faire un Hello World, qui est le programme informatique le plus basique. Il faut qu'ils sachent le faire manuellement parce que tu passes par là quand tu veux construire ta carrière de codeur, etc. Et puis au fur et à mesure, tu enrichis tes connaissances. Mais en fait, il y a tout un tas de ces connaissances-là qui ne sont pas forcément très utiles. Et on revient sur...

Aujourd'hui, quand tu achètes une voiture, c'est toi qui citais cet exemple-là, Vincent, la semaine dernière, je crois. Dans les années 1920, quand tu achetais une voiture, il fallait que tu sois mécanicien parce que tu avais toujours un problème. Tu étais là avec ta clé de 12. La 2 chevaux, c'est la voiture qui justement pouvait se démonter avec juste une clé et donc on était assez débrouillard. Aujourd'hui, moi, excuse-moi, je sais éventuellement changer les essuie-glaces et faire le niveau sur le lave-glace, mais c'est à peu près tout. Et puis après, je la dépose. Donc, ce n'est pas forcément grave en soi qu'il y ait une perte de connaissances. D'accord ?

En revanche, parce qu'à un moment donné, il faut qu'on revienne sur la raison et l'intention fondamentale qui fait qu'on a besoin de maîtriser ces connaissances. Je prends juste un autre exemple. Très rapidement, c'est l'agriculture. L'agriculture, de 1945 à aujourd'hui, on a industrialisé l'agriculture et je pense qu'on a perdu de la connaissance sur l'agriculture. Aujourd'hui, on voit des gens sur les marchés qui achètent des fraises en décembre et qui achètent des poires au mois de juillet. Je suis désolé, mais en France, ça ne pousse pas dans ces machins. Donc, il faut peut-être qu'on réapprenne. Mais en fait, on le réapprend pourquoi ?

On le réapprend, et je boucle, parce qu'il y a la canicule, parce qu'il y a un dérèglement climatique et parce que quelque part, on se dit que ça devient important de redévelopper ses compétences. Et je pense que sur l'IA, on va avoir un cycle un peu transitoire ou quelque chose comme ça qui va faire qu'au début, on va perdre, puis ensuite, on va remonter, etc. Et c'est, j'ai envie de dire, c'est un peu le sens du progrès technologique depuis... Donc là, tu penses qu'on est en plein dans ce chaos un peu... Oui, solution transitoire, situation transitoire.

Je pense qu'il y aura quand même la différence entre les utilisateurs, comme pour la voiture, qui n'ont pas besoin de comprendre, et l'ingénieur d'une écurie de Formule 1 ou l'industriel qui fait des voitures à l'échelle et lui qui aura besoin de continuer à comprendre. Donc moi, je suis plutôt du côté des industriels. Je pense que ce management du manager full stack qui comprend vraiment toute sa chaîne technologique, c'est un métier d'avenir. Messieurs, merci d'avoir partagé avec nous tous ces sujets, notamment celui sur les compétences. Vincent Champin, président de l'Observatoire du long terme, patron digital chez Farmato, membre du Comex.

Eric Campagnini, associé chez Alixio Group et Emmanuel Vignon, vice-président d'engineering head of AI chez Generis Group. Merci messieurs de votre passage et de tous vos regards sur cet actuel qu'on essaie de comprendre un peu plus chaque semaine.