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interviewSénat (sur YouTube)· 20 février 2026 29 min

Audition de L'Oréal France

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

ou madame de votre de votre présence. Je vais vous rappeler la règle des commissions d'enquête que vous connaissez certainement qui est donc de prêter serment avant d'être entendu. Je vous rappelle qu'un faux témoignage devant notre commission d'enquête est passibl de peine qui sont prévus aux articles 434-13-14-15 du code pénal de 5 ans d'emprisonnement et de 75000 € d'amende.

Donc je vais vous inviter en tout cas toutes les personnes qui vont prendre la parole à allumer votre micro. le petit bouton rouge euh à lever la main droite et à dire "Je le jure, je le jure, je le jure." Votre micro, monsieur ?

Ouais, je le jure. Non, ça doit être l'autre. Je le jure.

Je le jure. Il est ouvert. Il est ouvert.

C'est très bien. Ouais, parfait. Est-ce que vous auriez des déclarations à faire sur d'éventuelles missions lien d'intérêt par ailleurs qui serait nécessaire de porter à la à la connaissance de la commission d'enquête ?

Non, rien de particulier à déclarer. Je vous remercie. Donc nous sommes ravis de de vous recevoir ce matin puisque vous êtes un des leaders des rayons hygiène et beauté de la grande distribution et que vous représentez de nombreuses marques également du du secteur des PH.

Nous serons particulièrement intéressés à entendre les chiffres actualisés qui concernent vos différentes activités euh et la part euh de de ces chiffres entre pour l'ensemble du TPH entre les grandes et moyennes surfaces. Nous serons également bien sûr intéressés à connaître la manière dont vous assurez le partage de la valeur euh de l'amont à à l'AV et euh et la manière dont vous gérez le niveau des prix. Et puis bien sûr en matière de marge, si vous pouvez nous faire un point sur les marges de votre entreprise sur ce volet du du DPH et une fois encore sur la manière dont se partage la valeur entre la mont et la Vale.

Quelques mots également, je pense sur l'impact des lois égalim dans votre secteur d'activité, global l'impact du cadre légal sur votre activité et la manière dont vous gérez à la fois le SRP + 10, l'encadrement des des promotions et puis enfin quelques mots si possible autant que possible sur le dérouler des négociations commerciales à ce stade. Alors en fonction, vous serez combien à intervenir ? 3.

Donc je vais vous demander de bien gérer votre temps puisque nous nous n'avons que une petite heure. Donc il faudrait pas que ça dure une demi-heure. Voilà.

Donc si vous pouvez gérer la parole entre 7 et oui si 7 minutes par préliminaire sera juste moi. Très bien. Ah parfait.

Très bien. Donc juste vous madame donc vous avez plus d'une dizaine de minutes 10 12 minutes si vous le souhaitez parce qu'ensuite donc nous avons les questions de madame la la rapporteur et puis quelques questions complémentaires de mes collègues. Voilà.

Et oui, et je voulais préciser que vous nous avez demandé un temps de H clos. Donc on s'arrêtera, on fermera euh le dispositif d'enregistrement et nous pourrons poursuivre. Donc on va dire, vous avez à peu près 35 40 minutes de débat.

Merci madame. Je vous donne la parole. Madame la présidente, madame la rapporteur, mesdames et messieurs les sénateurs, je vous je vous remercie de me donner la parole dans le cadre des travaux de cette commission d'enquête.

Je salue son objectif de nourrir un climat de confiance et de transparence entre les acteurs économiques, les pouvoirs publics et les citoyens. Nous souhaitons évidemment coopérer pleinement à vos travaux pour vous aider à améliorer la loi qui encadre les relations commerciales en France. Donc vous l'avez indiqué, effectivement, nous avons sollicité un h closel sur cette audition car certaines informations peuvent être sensibles sur le plan concurrentiel.

Mais soyez assurés que j'aurai à cœur de répondre le plus précisément possible à l'ensemble de vos questions. Je commencerai par une présentation rapide de moi-même. Je suis depuis janvier 2023 directrice générale de l'Oréal France.

Nous opérons en France métropolitaine autour des produits de nos quatre divisions : grand public, luxe, beauté dermatologique et produits professionnels. J'ai débuté ma carrière chez l'Oréal en 1997 aux États-Unis. Je suis accompagnée d'Elsa Chantot, directrice des relations extérieures et de l'engagement, Guillaume Humri qui est le directeur commercial de la division grand public dont les produits sont donc commercialisés en grande distribution et Jean-Luc Binri directeur juridique de l'Oréal France.

Alors pour commencer, il est important de rappeler quelques fondamentaux sur la contribution de l'Oréal en France. Notre groupe est né dans l'hexagone il y a 116 ans et nous sommes le numéro 1 mondial de l'industrie de la beauté. Nous puisons en France nos racines, notre outil industriel et notre puissance de recherche.

Nous y comptons 11 usines. 98,8 % de nos produits commercialisés en France sont produits en France et en Europe. Par exemple, les marques Elsev et DOP Arambouillet. la marque Laro Poset évidemment dans notre usine de la commune du même nom et 100 % de nos marques emblématiques de parfum comme Saint-Laurent, LANCô, Prada sont produites en France entre Holnetis en Sintis et à gauchi dans l'INE.

Nos investissements sont continus avec plus de 500 millions d'euros depuis 3 ans dans les territoires pour renforcer notre outil de production et notre capacité d'innovation. Nous sommes aussi un partenaire de référence. Nous travaillons activement avec plus de 8000 fournisseurs dans l'hexagone.

Quelques exemples, le Verrier Vercence pour nos flacons et Chrystalco par exemple qui fournit avec son suc de betterave l'alcool de nos parfums. Le fabriquer en France, c'est ainsi notre quotidien. La France représente 5 % de notre chiffre d'affaires mondial mais plus de 26 % de notre production mondiale et 70 % de notre recherche et innovation.

Nous sommes aussi un employeur de référence. avec plus de 15000 collaborateurs et l'Oréal en France et son activité représente près de 100000 emplois direct et indirect car un emploi chez l'Oréal génère par effet d'entraînement 5,2 emplois dans le reste de l'économie. Enfin, et c'est important de le rappeler, notre filière est la deuxième contributrice à la balance commerciale française derrière l'aéronautique et devant les vins spiritueux pour une valeur de 22 milliards d'euros en 2025.

Alors, j'en viens maintenant au produits que nous commercialisons dans la grande distribution. Nous sommes présents dans la salle de bain de 44 millions de français et c'est probablement la preuve la plus concrète de l'accessibilité et la proximité de nos produits. Notre conviction, c'est que tous les consommateurs français doivent pouvoir avoir accès à des prix justes pour des produits d'hygiène et de beauté de qualité.

Le pouvoir d'achat des Français est donc au cœur de nos priorités. Et d'ailleurs, nous sommes fiers de constater des prix abordables sur nos produits. Quelques exemples, la marque DOP en douche et en shampoing à moins de 3 €.

Un déodorant Narta qu'on peut aussi trouver à moins de 3 €. Un soin visage garder garnier à moins de 6 €. Je précise qu'il s'agit de prix constaté en France auprès de l'ensemble de la GMS par le cabinet CIRCAN.

Nous sommes aussi également très engagés dans le don de produit en partenariat avec de nombreuses associations comme l'Agence du don en nature, banlieu santé, Emaus et Pharma Solidaire. Cela représente 680000 produits donnés en 2025. Nous avons créé cinq espaces beauté et bien-être avec Emaus solidarité en région parisienne à Nant et à Amien pour y accueillir plus de 21000 personnes en situation difficiles et leur fournir près de 66000 produits offert bien entendu.

Alors maintenant, je propose de rentrer davantage dans le cœur de du sujet de cette commission sur la déflation chronique de notre marché, le DPH et plus spécifiquement celui qui nous concerne celui de l'hygiène beauté. Donc euh vous pouvez voir cette première slide, ce premier graphique à l'écran. Contrairement au reste des produits de grande consommation, on observe que les prix du secteur baissent depuis plus de 10 ans.

C'est ce que vous pouvez constater sur ce graphe. Et le prix moyen constaté des marques nationales de l'hygiène beauté a perdu 14 % depuis 2012. Entre 2022 et 2023, nous l'Oréal avons fait le choix pour préserver le pouvoir d'achat des Français d'absorber les deux tiers des hausses de coût de revient que nous subissions dans le cycle d'inflation sur les matières premières sur lequel je reviendrai par la suite.

Et quand vous regardez ce graphe, vous pouvez voir que ce pic le petit pic inflationniste a été totalement effacé aujourd'hui pour les marques nationales de l'hygiène beauté. Les prix constatés sont moins chers aujourd'hui qu'il y a 15 ans et se dégradent plus vite et de manière plus significative que les autres produits de grande consommation qui eux ont augmenté de plus 16 % sur la même période. Je souhaitais aussi revenir sur les récentes législations qui concernent ce secteur, les lois dites de crousaille puis travers et la réalité de notre marché.

Alors, c'est très important pour moi de vous dire combien nous sommes complètement solidaires de l'objectif des lois égalimes et de protéger le revenu de la filière agricole. Nous avons cependant fait le constat d'un effet de bord adverse avec ces lois égales. La déflation que je viens d'évoquer et les promotions extrêmes à qui vont qui sont allées jusqu'à - 80 - 90 se sont reportés sur le non alimentaire et j'ai quelques exemples de tractes que vous pouvez voir qui précèdent donc le la la mise en place de ces lois.

Donc je me permets d'insister sur la la pertinence de ces lois descreusailles et travers qui sont venues en partie rééquilibrer la situation et qui permettent aujourd'hui de continuer à protéger le pouvoir d'achat des Français avec un taux de promotion maximum à 40 % comme en témoigne ce ce tracte récent. C'est aussi important pour moi de vous de vous informer que les ventes sous promotion n'ont pas été négativement impactées par l'encadrement de la générosité et ce graphe en témoigne au contraire, les ventes en promotion ont progressé plus vite qu'en 2023. Vous pouvez voir sur ce graphe qu'en 2024, l'année de la doit de croisaille, l'évolution était de + 3 % et de + 5 % en 2025 qui était l'année de la loi travers.

Donc sur ce graphe que vous voyez à l'écran, la ligne noire représente la moyenne du marché, la ligne jaune l'Ouréal et la ligne bleue les marques nationales concurrentes. Donc forcé de constater que les ventes promotionnelles sont plus dynamiques depuis l'encadrement du taux promotionnel car probablement que davantage d'acteurs ont les moyens d'y participer et nous avons aussi augmenté la fréquence de nos promotions. Cet engadement permet enfin d'assurer la périnité du modèle économique de la filière cosmétique car pour rappel, notre filière représente 300000 emplois sur le territoire avec des verriers, des producteurs d'ingrédients, d'emballage, des ingénieurs formulateurs et des responsables qualité en valeur mais la courbe est en gros très Oui, les les les courbes sont tout à fait similaires.

Je voulais partager avec vous quelques réalités sur le coût de notre production en France. Pendant que l'on constate la déflation des prix consommateurs sur notre catégorie de l'hygiène beauté, nos coûts de production que vous voyez sur la droite, la courbe bleue, eux ont fortement augmenté de plus 30 % comme visible sur c sur ce graphe du fait de l'inflation des matières premières qui n'a pas rebaissé, des revalorisations salariales et des investissements conséquents au service de la transition environnementale comme le passage en plastique recyclé. l'accélération des recharges et les reps auxquels nous contribuons bien entendu sur le temps long.

Si les prix sont en déflation et de retour à leur plus bas niveau de 2021, le coût de production lui reste en progression chaque année et on comprend donc que nos marges sont très mises à mal et force de constater que cette situation est quand même très propre au marché français. En conclusion de mon propos liminaire, nous sommes persuadés qu'il est très important de veiller à l'équilibre économique de toute la chaîne, des fournisseurs, des fabricants, des distributeurs et du pouvoir d'achat des Français, tout en continuant d'avoir les moyens d'investir dans la nécessaire transition environnementale. Donc je termine ici mon promo introductif et nous sommes maintenant à votre disposition pour toute question.

Madame la présidente. Donc on va donner la parole à madame la rapporteur. Oui, je vous remercie.

Je vais commencer avec une question sur les négociations commerciales. Donc vous savez que c'est un sujet qui est au cœur de notre commission d'enquête afin de de pouvoir comprendre comment lieu ces négociations commerciales. Alors concernant l'Oréal, je voulais savoir si vous considérez que les négociations commerciales sont plus tendues aujourd'hui qu'elles ne l'était il y a quelques années.

Est-ce que vous considérez effectivement qu'elles sont musclées et est-ce que vous avez est-ce que vous êtes victime de mesures de rétorsion ou de pratiques qui vous semblent pas tout à fait correspondre à la bonne tenue des négociations commerciales normales ? Merci madame la rapporteure. Je vais me permettre du coup de de prendre la parole.

Donc je me représente Guillaume directeur commercial et donc je suis évidemment au cœur de ces négociations qui sont dans notre actualité puisque elles se terminent dans 11 jours. Tout à fait. Euh peut-être pour commencer ce qui est important pour nous de rappeler, c'est que nous considérons que nos relations avec les distributeurs sont des relations qui dépassent largement le cadre de la négociation.

C'est des relations de partenariat. Nous avons un vrai sens à travailler ensemble au service du consommateur français. Euh notre responsabilité, c'est d'offrir euh euh aux consommateurs français des produits d'hygiène beauté euh à des prix accessibles tous les jours.

Le meilleur de la beauté à prix accessible. Et aujourd'hui, c'est en travaillant avec les distributeurs que on a la capacité de faire ça. On cherche à développer ces partenariats sur le temps long et c'est toujours ce temps long qui doit primer par rapport au temps court qui peut parfois être celui de la négociation.

D'accord. Euh et c'est vrai que sur ce temps long, on est fier aujourd'hui d'être reconnu par les distributeurs comme un partenaire significatif sur l'hygiène beauté. C'est le cas à différents niveaux.

Ça a été le cas au niveau national où on a été élu dans le cadre du classement Advantage survet qui est un classement qui cherche à noter les relations entre les distributeurs et les fournisseurs sur un certain nombre de critères. On est reconnu par nos distributeurs comme étant numéro 1 dans le cadre de de ce classement là. C'est aussi dans la qualité de relation.

Dans la qualité de relation. Exactement. Euh c'est aussi vrai en magasin puisque vous savez qu'aujourd'hui on travaille avec beaucoup d'indépendants, de franchisés, d'adhérents, d'associés euh qui maillent le territoire local et et on a une force de vente qui va les voir au quotidien.

On a à nouveau cette reconnaissance puisque au classement LSA des meilleures forces de vente, on est à nouveau reconnu par les distributeurs comme étant la meilleure force de vente du DPH. Donc c'est important aussi parce qu'on cherche. Merci.

Je crois globalement que j'ai compris où vous voulez en venir dans vos relations avec la grande distribution qui a priori sont assez bonnes et partenariales. Donc c'est très différent de ce qu'on entend habituellement. Très bien.

Alors je vais vous poser une question donc à laquelle peut-être vous pourrez répondre plus simplement. Je constate en magasin qu'il existe des différences entre les prix effectués pour un public féminin et des prix pour un public masculin. J'aimerais donc savoir s'il existe dans votre pratique de prix une forme de taxe rose où vous taxeriez plus les produits féminins que les produits masculins.

Alors, je vais vous répondre aussi là-dessus. Donc on a plusieurs marques qui interviennent à la fois pour des publics féminins et des publics masculins. Je vais en citer deux.

Par exemple, Narta, donc qui fabrique des déodorants à la fois pour les hommes et les femmes ou Ouoya sur lequel on a des produits de gel douche qui peuvent exister pour un public féminin comme pour un public masculin. Nous avons un strict alignement tarifaire au sein de nos gammes sur les déodorants Narta comme sur les douches ouoya. C'est visible dans nos tarifs qu'on pourra évidemment vous fournir dans un cercle de H clos ou suivant cette commission.

C'est également visible dans l'activation des promotions puisque vous allez trouver ces produitsl en même temps dans les mêmes promotions à disposition des consommateurs. Après, j'insiste sur le fait qu'évidemment on est en maîtrise de la structure tarifaire. On n'est pas en maîtrise des prix pratiqués par les distributeurs qui sont bien.

Donc ce que vous me dites, c'est que ça ne vient pas de vous. industriel, la différence de prix entre des produits féminins et des produits masculins. C'est ce que vous me dites là.

On vous confirme que nos tarifs sont les mêmes entre les références hommes et femmes sur les marques qui ont des gammes pour hommes et pour femmes. Oui. Donc par exemple, je reprends l'exemple de la mousse à raser parce qu'il y a des mousses à rasé roses et des mousses à rasé bleu.

Généralement, il peut y avoir un écart du simple double. Alors nous on n pas de mousse à raser on a quelques mouss quelques mousses à raser sur la marque Meden. Donc nous vraiment le la marque qui voilà les deux marques que Guillaume a évoqué sont celles qui vraiment fournissent des produits pour hommes et pour femmes et on vous confirme que le tarif est le même.

D'accord. D'accord. Très bien.

Je vous remercie. Euh j'aurais aimé avoir votre retour puisque vous négociez alors déjà savoir où vous négociez vos prix. Est-ce que vous voulez négocier en centrale européenne ou est-ce que vous voulez négocier en centrale nationale ?

J'imagine centrale européenne et si oui, je voudrais connaître le parcours entre les centrales européennes et la centrale de service, enfin pardon, entre la centrale d'achat et la centrale de service. Je veux savoir si vous commencez votre parcours de négociation en allant à la centrale de service ou en allant à la centrale d'achat. Alors, les alliances d'achat à l'international sont évidemment un sujet de discussion important et sont pour nous des gros acteur dans notre chiffre d'affaires puisqueaujourd'hui on a trois alliances qui représentent à peu près 80 % de notre chiffre d'affaires qui nous amènent à négocier sur des territoires extranationaux notamment à Amsterdam, en Belgique ou en Espagne.

Je précise quand même que pour une partie de nos nos produits, les négociations sont restées en France. C'est le cas du maquillage euh avec enfin catégorie sur laquelle la quasi totalité de nos négociations continue avec les acteurs du territoire français. Euh donc évidemment le sujet de l'internationalisation des des négociations est un sujet pour nous.

Et juste peut-être une précision, donc quand trois alliancesent près de 80 % de notre chiffre d'affaires, donc chacune d'entre elles pèse entre 20 et 30 % quand nous pesons moins de 1 % de leur chiffre d'affaires. Donc avec ces alliances internationales, nous négocions sur les conditions tarifaires et sur les plans d'affaires qui sont associés. En parallèle de ça, on a aussi assisté en effet à un développement des alliances de service qui sont de plus en plus nombreuses et qui représentent une part de nos investissements de plus en plus importantes avec une corrélation qui existe mais qui n'est pas forcément directe puisque ces alliances de service, elles ne sont pas régies par la date légale et par cette date butoire du 1er mars.

Donc les discussions qu'on peut avoir avec ces alliances de service peuvent démarrer parfois avant, parfois après, mais se font on va dire en parallèle des discussions qu'on a sur les négociations avec les alliances internationales d'achat. D'accord. Alors, il y a quelque chose qui m'étonne un peu, c'est vu la force de l'Oréal, est-ce que vous avez vraiment besoin d'acheter des services ?

Alors sur les contreparties qui nous sont fournies par ces alliances de service, je je je les mets un petit peu dans trois catégories différentes. On a aujourd'hui des prestations qui sont relatives à tout ce qui a attrait à la donnée ou à la data et c'est sûr que la donnée aujourd'hui est un élément extrêmement important pour nous dans le cadre de la conduite de notre activité que ce soit la donnée chiffrée sur les ventes ou la donnée relative au consommateur et à notre type de consommateur. Alors, je vous arrête puisque Ilec nous a expliqué qu'en fait, il me semble que c'était ILEC qui nous disait ou d'autres d'autres acteurs nous ont expliqué que c'était pas du tout pertinent les achats de données.

Donc vous vous trouvez pour l'Oréal les achats de données sont pertinents ? Tout dépend de leur qualité, mais je vous confirme que aujourd'hui, il y a des centrales internationales de services qui nous fournissent des données auxquelles on n' pas accès par ailleurs par d'autres cabinets et donc qui sont de qualité et qu'on utilise dans euh le cadre de notre activité. Donc la donnée, elle fait du sens, elle est bien fait on a bien fait de vous faire venir parce que là pour l'instant vous contredisez tout ce qu'on nous a dit jusqu'à présent.

Non, mais peut-être la réponse que je ferai à ça, c'est que je je pense qu'il faut pas rentrer dans un schéma caricatural où tout est blanc ou tout est noir. Et donc sur ces alliances de service, oui, il y a des contreparties qui nous sont faites qui nous sont utiles. Donc parfois elles portent sur la donnée, parfois elles peuvent porter sur des plans d'affaires et des choses qui dynamisent notre chiffre d'affaires avec les distributeurs avec qui on travaille.

Et puis parfois, il y a des contreparties qui elles pour le coup sont beaucoup plus questionnables, notamment des rendez-vous. Voilà, je vous donner un exemple très concret de contrepartie. Ça peut être l'organisation d'un rendez-vous qu'on appelle top to top entre les dirigeants de chacune des entités.

Donc là, évidemment, c'est des contreparties qu'on considère plus questionnables. Pour nous, ce sur quoi on va insister là-dessus, c'est la notion de proportionnalité. Et d'ailleurs, c'est ce qui régit le cadre légal français.

C'est cette notion d'investissement en face d'une contrepartie proportionnée. Et ce sur quoi on insiste, c'est le besoin que les investissements qui sont mis soient en face de contrepartie proportionnée. D'accord.

Alors, je vais vous lister un certain nombre de services et puis si vous pouvez me dire si euh oui ou non ça fait partie des choses qu'on peut vous demander. Ouais. Donc, j'aimerais savoir si il arrive que des centrales européennes vous demandent des produits gratuits, des palettes de produits gratuits lors d'innovation ou lors de promotion.

Ça fait partie des demandes qu'on a. Alors, pas forcément des centrales européennes, ça peut faire partie des discussions qu'on a avec des distributeurs. Nous, c'est pas quelque chose auquel on donne suite.

Voilà, c'est pas une une pratique chez l'Oréal mais en effet, c'est D'accord. Ça m'a déjà été demandé dans des boxes de négociation. Avez-vous déjà eu l'obligation d'ouvrir des comptes dans des banques spécifiques demandées par le par la grande surface ou par la centrale européenne ?

Jamais à ma connaissance. D'accord. Participez-vous au financement du mobilier des grandes surfaces ?

Alors, le mobilier, c'est une question euh qui est un petit peu particulière parce que nous, on a aussi vocation pour le développement de nos catégories ou pour certains produits qui sont très spécifiques comme le maquillage euh de développer euh d'immobiliers qui d'une part mettent en avant nos produits qui communiquent aussi sur nos marques mais qui soient adaptés à leur spécificité. Produit maquillage par exemple, c'est des tout petits produits donc qui ont auraiit pas leur place comme ça sur une étagère de grande distribution. Donc on on développe nous aussi volontairement un certain nombre d'immobiliers qu'on propose, qu'on met à disposition dans le cadre Tout à fait. préférez développer votre propre mobilier qui met en valeur un peu mieux vos produits.

C'est ça. D'accord. Euh vous vous appliqueton des frais administratifs ?

Euh est-ce que ça ça arrive déjà ? Est-ce que c'est déjà arrivé ? Alors ça peut arriver par exemple quand on fait des des des prestations de promotion ciblées.

Moi, je vais vous donner un exemple très concret. quand on a des promotions ciblées sur les applications de nos clients qui est une petite part de de frais de service, on constate pas euh de pratique qui soit normal sur la part de frais de service par rapport à la part qui va être de nos consommateurs euh dans des cadres comme celui-là. Par contre, sur des frais de service pour notre activité au quotidien ou pour nos promotions classiques, non hêtement, c'est pas une pratique usuelle.

Une autre question, est-ce que on vous demande est-ce que les grandes surfaces peuvent vous demander de gérer leur propre stock ? Vous savez, comme vous êtes une très grande entreprise, il est possible que vous ayez cela avec des grandes surfaces, c'est-à-dire qu'en qu'en réalité, soit vous qui fassiez la gestion du stock en étant euh alors euh on vend 400 millions d'unités sur le territoire français par an. Euh et donc on a un panel de mode de fonctionnement euh logistique qui est quand même assez large avec les distributeurs euh en fonction des discussions qu'on peut avoir avec euh avec eux.

Euh quelque chose qu'on a beaucoup développé euh pour euh sur les dernières années, c'est ce qu'on appelle le la GPA. Euh donc la GPA, c'est la la gestion pour autrui euh dans lequel pour le coup on a la charge de la gestion de nos stocks chez les distributeurs et honnêtement c'est quelque chose que nous pour le coup on recommande, on a plutôt vocation à développer parce que ça permet de limiter les ruptures en magasin, d'avoir un meilleur pilotage des stocks. On connaît mieux que nos distributeurs les rotations de nos produits et donc c'est vrai qu'on a beaucoup de distributeurs et qui on a développé ce principe de GPA mais qu'on a plutôt tendance à pousser et à recommander.

Oui oui tout à fait. Mais je pensais que c'était que vous étiez le type d'entreprise qui pouvait le faire. Donc il y a très peu d'entreprises qui le font.

Donc c'était d'où ma question. J'ai une enfin une dernière question sur ce sujet. les alors comment comment est-ce qu'on vous demande des livraisons avec des éléments logistiques spécifiques, des cagettes particulières, des cartons spécifiques.

Comment qu'est-ce qu'on vous demande à ce niveau-là ? Alors oui, certains distributeurs aujourd'hui nous font des demandes sur des modes de livraison très précis. Je vais donner l'exemple des prêtes à vendre.

Voilà, il y a une partie de la distribution française aujourd'hui qui pour des questions de de praticité et de rapidité, de mise en rayon, nous demande de livrer nos produits en prête à vendre. Et donc ça signifie quoi prête à vendre ? C'est-à-dire c'est un petit carton où vous avez juste à enlever le chapeau de ce carton là et à poser le carton directement dans le rayon pour que ce soit prête à être utilisé par le consommateur qui s'oppose à un carton classique où on ouvre et on doit mettre chaque produit un par un dans le rayon.

Donc oui, ça peut faire partie des demandes de nos distributeurs aujourd'hui. Un autre exemple, ce serait la pose d'antivol sur nos produits de maquillage qui est une demande de distributeur du marché français. Et ça c'est à vos frais.

Oui. Et c'est une demande qui est plutôt spécifique au marché français parce qu'il y a plus de vol en France. La démarque inconnue est un sujet sur certaines catégories en effet et donc c'est au cœur de certaines de nos discussions sur des catégories comme le le maquillage pardon euh par exemple qui sont des catégories qui sont plus sensibles au vol que que d'autres.

D'accord. Très bien. Mais je vous remercie.

Est-ce que vous pouvez nous dire quel bilan vous tirez globalement des gadim ? Vous nous en dites un mot et oui, mais peut-être en particulier, il y a la question des promotions, hein, dont vous avez parlé, qui est quand même un sujet qui a été très important pour vous, qui maintenant est à peu près réglé. Euh la question du SRP + 10, peut-être un mot.

Alors nous on en bénéficie pas du SRP + 10 mais on pense que c'est plutôt quelque chose d'intéressant parce queen une fois veiller à la bonne marge des distributeurs nous paraît tout à fait louable et ça a l'air de fonctionner côté alimentaire et donc ça serait quelque chose qui pourrait être étendu au non alimentaire sur le sujet de la promotion comme le graphe de tout à l'heure le montrait très bien le cadre a aidé et donc peut-être c'est c'est le message qu'on vous passerait c'est que vous définissez un cadre pour nos relations. Ce cadre systématiquement, nous on considère qu'il nous aide à clarifier, à simplifier les relations qu'on a avec la distribution. C'est le cas de la date butoire, c'est le cas de l'encadrement des lois des creusilles et travers qui vous l'avez vu, a permis de réinvestir en fréquence promotionnelle au service du consommateur français.

Et donc tous les éléments de cadre à partir du moment où ils sont clairs, justes, simples, lisibles et qu'ils tiennent dans la durée, j'insiste aussi là-dessus, euh sont de nature à nous aider dans nos relations avec les distributeurs. C'est sûr que la stabilité du cadre législatif pour nous est très importante et euh et et on y tient et on le salue. Donc c'est vrai que la la périnisation de cette expérimentation au-delà de 2028 sur la loi à traverse n'y serait évidemment très favorable.

Et et ce que j'ajouterai du coup, c'est ce principe aussi d'égalité entre les différentes industries. C'est vrai qu'on voit que dès que une loi ou un cadre ne s'applique qu'à une partie d'un marché, il y a des effets de déport. Il y a du débord et sur le DPH, en l'occurrence, on a été très concerné par ce départ, à la fois sur les prix et l'évolution des prix, vous l'avez vu, mais aussi sur les pratiques promotionnelles avec des des taux de discount ou de générosité. euh qu'on considère comme étant euh euh trop important euh et et et pas raisonnable.

Très bien, je vous remercie. Alors, je vous propose suite à votre demande que nous basculions en H clos. Donc on va laisser quelques minutes au moyen technique pour euh

Audition de L'Oréal France — Anne-catherine Loisier · Pourquijevote