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interviewLEGEND· 7 avril 2026 60 min

SES DEUX FRÈRES ONT ÉTÉ ASSASSINÉS PAR LA DZ MAFIA : L’HOMME LE PLUS PROTÉGÉ DE FRANCE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Tu as pas peur parfois pour ta propre mort ? Non non non, c'est pas quelque chose qui a un m frais parce que au pire je rejoins mes frères quoi. Bonjour à tous.

Aujourd'hui émission exceptionnelle puisqu'on va à Marseille rencontrer Amine Kessassi, la figure de lutte contre le narcotrafic. Vous l'avez vu récemment, il a fait la une de l'actualité quand il est allé voter avec un gilet par bal et toute sa sécurité autour de lui. Les policiers avaient leurs mains dans leur sac avec leur pistolet prêt à tirer puisqueamine Kessassi c'est le deuxième homme le plus protégé de France après notre président Emmanuel Macron.

Ses deux frères ont été assassinés. Le premier c'est Brahim qui a été tué en 2020 dans un règlement de compte. Son corps a été retrouvé calciné dans une voiture.

Son deuxième frère Medy a été tué par balle en pleine après-midi en novembre dernier alors qu'il n'avait rien à voir avec le narcotrafic. C'est parti. Direction Marseille. [musique] Bon ben ça y est, on a retrouvé Amine Kessassi.

Enchanté. Enchanté. Merci d'être là.

Merci d'avoir répondu à notre invitation. Plaisir. On voulait te recevoir depuis tellement longtemps.

Je pense qu'il y a pas encore tout le monde qui connaît ton histoire et ton combat. Donc c'était important pour nous de retracer ta vie et de raconter tout ça. C'est significatif.

On est à l'hôtel de ville à Marseille. C'est ça. Tu viens d'être nommé maire adjoint.

Il y a quelques heures. Ouais. Seulement. quelques heures et c'est à la fois une étape et à la fois une fierté, une fierté personnelle parce que cette victoire, elle a pour moi un goût un goût particulier.

Il y a des présences que j'aurais aimé avoir à mes côtés que je n'ai pas et puis à la fois une étape parce que c'est finalement un moment où j'ai pendant des années interpellé les pouvoirs publics, interpellé les institutions à agir à agir sur des sujets particuliers. la lutte contre le narcotrafic, la dignité des habitants dans les quartiers populaires, la question notamment du logement de la dignité qu'on a dans nos quartier et donc aujourd'hui d'arriver à un poste à responsabilité où je vais pouvoir agir concrètement sur ces sujets, j'avoue que c'est quelque chose. Oui, ça concrétise un peu quand même pas mal ton combat.

Euh et tu es sous protection policière depuis plus de 8 mois maintenant. Je pense que [musique] nous les gens lambda entre guillemets, on narrive pas à se rendre compte de ce que c'est quel impact ça a vraiment sur ton quotidien. Euh bah aujourd'hui, je suis pas en capacité ni même en position de me plaindre.

Je pense qu'il y a des gens qui vivent des choses graves, des choses lourde et être sous protection policière alors que c'est à la fois une chance, une chance qu'on ait détecté cette menace qui pèse sur moi puisque je veux quand même le dire et notamment à celles et ceux qui mènent des débats de ça coûte cher de protéger des gens comme Amine et cetera. Euh aujourd'hui, il y a des gens des trafiquants de drogue qui euh sont certainement en prison et qui euh ont décidé de mettre une somme d'argent euh sur ma tête. C'est-à-dire que la personne qui réussira à m'assassiner pourra prétendre à cette somme d'argent.

Donc euh c'est ce qu'on appelle un contrat. Et donc je passe mes journées avec un contrat sur ma tête, c'est-à-dire avec un groupe mafieux qui est certainement la DZ Mafia qui tente aujourd'hui de mettre fin à mes jours. Et donc vivre dans ces conditions là, c'est sûr que c'est pas évident, que c'est pas simple, mais lorsqu'on a des personnes comme mon petit frère me dit à qui je veux rendre hommage qui n'ont pas eu justement cette chance d'être protégé, d'être protégé à temps, on n pas le droit de se plaindre.

Ouais, mais ça a quand même un impact sur ton quotidien là, je précise, on tourne dans une salle qui n'est pas la plus belle au monde mais au moins qui est protégée. Il y a tous les policiers qui sont avec toi au quotidien. Tu ne peux pas marcher dans la rue librement ?

Non non, en effet et personne ne devrait vivre ainsi et encore moins quand on a 22 ans. Euh vivre en permanence avec euh beaucoup de policiers, vous en avez vu quelques-uns mais ils sont très nombreux. Euh et ces policiers qui sont tout le temps, tout le temps.

Euh il y a pas une seconde où ils ne sont pas avec moi. On priorise des choses après ça quand on vit dans ces conditions-là où on a plus le droit de sortir, on n'est jamais au même endroit, où il faut toujours tout planifier à l'avance, ne jamais donner son programme, annuler des choses en dernière minute, caler des horaires en dernière minute, envoyer des gens, vérifier les lieux où on va. Enfin, c'est sûr que c'est c'est ultra pesant et c'est pas ça a pas été évident de faire campagne ainsi.

Mais tu as créé des liens un peu justement avec ces policiers puisqu'ils sont 24 he/ 24 avec toi. Euh ça devient des un entourage proche finalement proche ? Je sais pas.

En tout cas, ça devient des personnes effectivement avec qui on fait beaucoup de choses. Euh courir, faire du sport, partir loin, faire ses courses ou d'ailleurs, je suis même pas en capacité de pouvoir faire mes courses moi-même. Donc c'est sûr qu'ils ont à la fois à me supporter et à me supporter à longueur de journée et et à la fois à faire leur travail qu'ils font dignement bien en fait. dignement bien parce que je veux le rappeler, on est aujourd'hui euh sous les projecteurs des procès des responsable de la TZ de Mafia qui euh encore une fois ont décidé euh de vouloir mettre fin à ma vie et puis surtout qui euh il y a pas très longtemps ont de nouveau tenté de mettre fin à ma vie puisque j'ai été extradié d'un meeting à Ex en Provence en urgence.

On on a tendance à mettre le projecteur sur Marseille, montrer que ce qui se passe à Marseille. Il se passe des choses ailleurs. Ailleurs, il y a aussi euh Pardon, on y va.

On y va, on y va. On y va, on y va. Pardon, pardon, je suis désolé, je sais pas ce qui se passe parce que une menace imminente était en train d'arriver avec vers nous. un commando de la TC Mafia a été monté pour euh mettre fin à mes jours.

Donc euh c'est ces personnes, elles sont d'un courage absolu. Tu es pas parano quand tu dis ça, on a failli t'assassiner, tu as été exfiltré d'un meeting. Comment tu fais pour pas avoir tout le temps la boule au ventre ?

Rien que la nous, c'est une ambiance un peu particulière quand même. On sent qu'il y a une tension. Quand à 17 ans, on a déjà enterré un grand frère [soupir] qui a été retrouvé calciné dans une voiture et que tout de suite après, on a son petit frère qui est coupable d'une seule chose, c'est d'être mon petit frère et qu'il a été assassiné pour ça me dit le 13 novembre dernier parce que c'est mon petit frère quand on on a connu ses drames personnels, quand on a connu ces drames de vie, je pense que la peur peur, c'est pas quelque chose qui peut facilement nous nous habiter.

Et quand des gens me disaient "Mais tu es courageux de te lever et cetera, en fait je crois que je me lève malgré moi. En fait, je suis pas certain d'être plus courageux que quelqu'un ou plus courageux que que des gens. Mais je pense que quand on est dans ces situations là, ouais, se taire, s'allonger, c'est pas quelque chose qui est à la fois envisageable, à la fois entendable.

Et qu'est-ce que ça raconterait de moi de me taire, de regarder ailleurs, de fuir ? Tu pourrais fuir et prendre un billet d'avion euh avec ta maman euh à l'autre bout du monde et avoir cette pression. J'aime trop mes frères et j'aime trop ma ville pour faire ça.

On va revenir un peu sur ton enfance si tu veux bien pour comprendre vraiment ton histoire. Tu as grandi dans les quartiers nords à FRVallon. Euh c'est comment de grandir dans ces quartiers-là ?

Euh et vous étiez une famille de combien ? Vous avez eu quelle éducation ? Ouais, je suis l'avant-dernier d'une fraterie de 6.

Euh, on est quatre garçons et et deux filles, deux parents qui étaient arrivés en France dans les années 80, début 90 et qui ont fondé une famille, fondé une famille sur différentes choses, mais notamment le respect et le travail. En fait, ma maman faisait des ménages, elle travaillait à l'usine, mon papa était mécanicien et il répare des voitures et tous deux ont toujours travailler en fait de depuis que je suis à un âge conscience, je les ai toujours vu travailler, rentrer le soiretard, s'occuper de nous, nous expliquer qu'il ne fallait pas faire ça parce que c'était pas bien, qu'il fallait aller à l'école, qu'il fallait travailler, qu'il fallait étudier. Et d'ailleurs, c'était drôle puisqueà chaque fois leur phrase c'était "Si tu veux pas être fatigué comme moi, tu dois travailler à l'école." Euh et donc voilà, enfin des parents qui euh nous ont élevé dans des conditions où où on élève des enfants qu'on aime en fait, mais des parents comme on en connaît dans nos quartiers.

Euh puisque moi je veux mettre fin à ce mythe de celles et ceux qui croient que dans les quartiers, il y a des parents qui veulent que leur enfant tombe dans la drogue, qui cautionnent que leur enfant tombe dans la drogue. Et ça, ça n'existe pas dans le monde réel. Il y a aucun parent qui dès que il voit un enfant naître se disent "Bon ben moi je veux que mon fils devienne narcotrafiquant.

Mon rêve ça serait qu'il meure à 22 ans. Enfin ça n'existe pas. Tous les parents du monde veulent que leur enfant devienne avocat, juge, astronaute, président de la République, mais personne ne dit "Je veux que mon enfant soit trafiquant de drogue." Mais voilà.

Donc du coup dans cette famille où nos deux parents étaient constamment derrière nous, constamment quand mon frère Ibrahim est tombé dans le narcotrafic, ma maman est partie tous les jours à sa recherche. À chaque fois elle a appelé la police pour dire "Mon fils est dans la drogue, venez le chercher, j'y arrive pas". Elle a été tard la nuit une fois avec mon petit frère Medy et moi chercher mon grand frère qui était sur un point d'île.

Elle s'est retrouvée face au gérant de ce point d'île qui l'a menacé. d'une arme qu'il a braqué avec une arme et euh et mon petit frère et Mohamed étions témoins de cette de cette scène et on a vu le courage de notre mère qui n'est pas très grande de taille mais qui est une grande dame parce qu'elle s'est tenue debout face à ce monsieur en lui expliquant qu'elle allait rentrer ce soir chez elle avec son fils Brahim et elle a réussi à la récupéré mon frère et on est rentré comme ça. Tu av eu très peur toi d'ailleurs.

Je crois c'est c'est mon live là j'ai vu dans le livreou effectivement c'était une une scène qui m'avait fait peur. J'étais tout petit à l'arrière je savais pas s'il fallait agir s'il fallait rien faire. à la fois, j'avais envie de protéger ma maman parce que j'ai toujours eu cette envie de protéger mes proches et à la fois impuissant en fait, impuissant et et résigné à être témoin.

Et je pense que d'ailleurs dit comme ça, c'est je pense ce jour-là que inconsciemment j'ai compris que je voulais être dans une phase active en fait, une phase où je peux faire les choses et que je ne voulais plus jamais me retrouver dans une phase où j'étais témoin de quelque chose sans pouvoir rien y faire. C'est comment de grandir dans les quartiers nord comme ça ? Les dealers cohabitent avec les habitants comment ça se passe quand on grandit comme ça ?

On a à la fois ce sentiment d'être dans une grande famille puisque quand il y a un problème, c'est la voisine ou le voisin qui dépanne. Quand il manque des pâtes, du riz, du lait, c'est les voisines et voisins qui nous qui nous dépannent. Quand maman doit aller travailler, c'est maman Maggie pour pas la citer qui gardait les enfants du quartier.

Enfin, c'est grandir en fait dans ces conditions là. Mais c'est aussi grandir dans cette vague d'espoir en fait de se dire que des gens qui naissent dans ces cités se disent "Ben mon objectif, c'est de réussir dans la vie justement pour partir de là." pas partir parce qu'on n'est pas fier de nos quartiers, mais partir parce que les gens aspirent à une meilleure qualité de vie, aspirent à vivre mieux, à vivre dans de meilleures conditions, dans des appartements plus spacieux, plus propres, des appartements qui soient aux normees, des appartements où les ascenseurs fonctionnent et je pense que si on amélioré les conditions de vie dans les quartiers populaires, les gens ils seraient plus enclins à y rester, à y vivre.

Donc ouais, moi j'ai une enfance plutôt normale, plutôt banale, une enfance qui était marquée à la fois d'insouciance parce que l'avant-dernier d'une fraterie, j'avais mes aînés qui nous protégeaient, qui nous apprenaient les choses et à la fois très conscient puisque j'ai tout de suite compris où j'étais né et et où je grandissais. Toi, la chance que tu avais, c'est que tu étais scolarisé dans les quartiers sud. Ça t'a permis de voir qu'il y avait autre chose justement que les quartiers nord.

Frévalence, c'est à Marseille la seule cité où on a un métro dans le quartier. Et ça c'est a une importance parce que ça m'a permis moi d'être sur décision de ma mère d'ailleurs avec mon petit frère inscrit dans l'école des quartiers sud. J'ai été scolarisé à la Timon grâce à ce métro qui en 15 minutes nous permettait d'être dans les quartiers sud de la ville.

On était finalement euh le matin quand on prenait ce métro dans un voyage. En fait, on quittait nos quartiers, nos barres d'immeubles, un peu ce sentiment pesant et cetera. Et on arrivait dans un endroit qui était pas très loin, la Timon par rapport à Férivalon, c'est une dizaine de stations de métro et et 15 minutes.

Et on se retrouvait dans un endroit où c'était propre, les gens ne te regardaient pas en essayant de comprendre ce que tu faisais et donc un sentiment un peu plus apaisé, un peu plus avec un ciel dégagé et cetera. Et donc c'était c'était très particulier de faire ce voyage tous les matins. Et dans le quartier de Frévalon particulièrement, est-ce que il y a beaucoup de jeunes qui succomb au narcotrafic ?

Est-ce que c'est facile entre guillemets bah de de succomber ? En fait, il y a deux types de jeunes qui tombent dans la drogue. Il y a et on s'est dit qu'on se disait les choses franchement donc je vais y aller franco.

Il y a des gens qui sont un peu cons et ceux-là on peut rien y faire. Le petit il est excité depuis qu'il a 14 ans quand il voit Narcos à la télé. Il s'est fait un petit tatouage Pablo Escobar. il a laaffiche de Pablo Escobar dans sa chambre et parce qu'il a répondu une ou deux fois à ses parents, il croient que c'est un grand voy faut vraiment beaucoup travaill pour l'en faire sortir.

Mais par contre il y a ceux qui tombent dans le narcotrafic parce que ils ne se sentent pas à leur place. Pas à leur place dans la société. Ils se sentent inutiles, rejetés, pas la pas à leur place à l'école puisqu'on remarque à chaque fois que des jeunes arrêtent l'école au collège et bien avant le brevet des collèges, c'est des jeunes qui pour beaucoup vont tomber dans ces milieux de la prostitution, du narcotrafic, trafic des armes, du banditisme.

Et en fait, ces jeuneslà, on peut les aider parce que comme ils se sentent pas à leur place dans la société, on peut répondre de façon très technique, très factuelle à leur problème, un logement, un revenu stable qui leur permet de vivre. Ça gagnera pas autant. Franchement, ce mythe là, il faut vraiment qu'on se le retire la tête.

Si les narcotrafiquants, les jeunes qui sont au pied d'immeuble gagner 3 millions d'euros par mois, ça se saurait. et je pense que nos cités iraient un peu mieux et que plus personne n'aurait de dettes de loyer dans dans nos quartiers et qu'on aurait tous de très belles voitures et cetera. Euh [raclement de gorge] aujourd'hui, il faut faire la distinction entre celles et ceux qui sont au sommet de la pyramide du narcotrafic, les têtes de réseau, ceux qui sont à Dubaï, en Thaïlande, ceux qui se sont bien amusés avec certains rappeurs, avec des influenceurs, ceux qui depuis la prison continuent de diriger les prisons et le petit qui en pied d'immeuble ne gagne même pas 10 € par jour.

Parce que si euh il se fait euh 30 à 50 € par jour, c'est le grand luxe, euh à ces 50 € il faut retirer 15 € de bouffe le midi, 15 € de bouffe le soir, euh ce qui fait déjà 30 €. Il reste 20 €, il se prend 10 € de consommation perso, il lui reste 10 € à la fin de la journée. Pour venir à toi et ton histoire, euh ton frère Brahim [musique] est tombé dans le narcotrafic.

Comment ça se fait que toi tu n'es pas tombé là-dedans ? Est-ce que Dieu merci, pas tout le monde dans les quartiers tombe dans les narcotrafic, ça serait compliqué sinon. Mais euh qu'est-ce que tu penses que ce qui fait que toi tu as échappé à ça ?

Bah aujourd'hui ce qu'il faut comprendre c'est que et ça nous permet Merci de poser la question dans ce sens-là, ça nous permet de supprimer un argument de nos de notre tonton François qui qui est très gênant lors des repas de Noël et tout et qui dit des choses gênantes. Et à ce tonton François, on lui réexplique que c'est pas une question d'éducation puisque lui viendrait nous expliquer que c'est une éducation et cetera. Brahim et moi avons été élevés par la même maman.

Je pense pas que ma mère ait failli dans son rôle de d'éducatrice puisque elle a élevé ma grande- sœur Sarah qui est caporal chef dans l'armée terre et qui et je pense la plus républicaine que je connaisse autour de moi. C'est pas du tout une question d'éducation mais je pense que c'est une question de personne en fait. Etbrahim dans son histoire est quelqu'un qui n'a pas trouvé sa place dans l'école.

Et on parlait tout à l'heure de ce sentiment de se sentir exclu, de se sentir en dehors de quelque chose, de se sentir marginalisé en fait. Et je pense que Brahim était dans ça, dans une forme de rébellion parce que marginalisé, parce que pas dans le système de l'école, parce que pas compris aussi et c'est ce qui a fait que lui est tombé dans la drogue et pas mort. À quel âge il est tombé dedans ?

Très jeune. Très très jeune. Toi, tu as essayé de lui en parler même si tu étais plus petit ?

Ah, j'étais beaucoup plus petit. On avait 5 ans d'écart BR et moi. Donc sur la fin de sa vie quand j'ai compris les choses et que dès le soir d'ailleurs où on était allé le chercher, hein.

Et bien sûr, j'ai toujours essayé de parler à mon frère et il avait compris puisque on pense que les raisons pour lesquelles il a été assassiné, c'est parce qu'il voulait sortir justement de ce réseau avec son ami. [souffle coupé] Et c'est pour ça qu'ils ont été rattrapés parce que quand tu mets un pied dans ce système, c'est les deux options qui te sont possibles et qui te sont disponibles. C'est soit la case prison et c'est la meilleure ou soit la case cimetière.

Il avait quel rôle lui ? Il était pas, c'était pas du tout, tu l'as expliqué dans ton livre, c'est pas du tout un cerveau, c'était une petite main. Oui, c'était les petites mains à tout faire.

Et c'est ils font quoi ? Ils font de la vente, du deal, de la comptabilité, enfin font tout ça quoi. Et et malheureusement, ils ont développé un vrai vocabulaire professionnel les narcotrafiquants.

Donc donc non, Br mon frère était pas était pas à la tête d'un d'un réseau. Toi, à cette époque-là, est-ce que vous aviez peur que ça vous cause des problèmes à toi et ta famille ou ? Brahim, c'est quelqu'un qui était très pudique, qui gardait beaucoup les choses pour lui.

Donc il rentrait pas le soir en nous disant "Coucou, je suis dealer, voici le chiffre de la journée, je suis trop fier de moi." C'est pas quelque chose qu'on était amené à discuter, qu'on était amené à où on était amené à échanger ensemble là-dessus. Donc, j'ai rarement eu l'occasion de lui dire ce que je pensais.

Et ce livre, c'est aussi ça en fait. C'est aussi à la fois cette lettre d'amour envers mon grand frère que j'aime et à la fois cette lettre d'interrogation de bon pas de reproche parce que je suis personne pour le reprocher quoi que ce soit mais mais d'interrogation. Ouais.

Malheureusement le 29 décembre 2020 Brahim et l'un de ses amis sont retrouvés calcinés dans le coffre d'une voiture. C'est un règlement de compte. La police qualifie d'un ça d'un d'une violence sans précédent une cruauté monstrueuse.

Comment toi tu réagis ? 17 ans. 17 ans, c'est jeune pour vivre ça.

C'est jeune [musique] pour vivre ça. Quand on perd un être cher, il y [raclement de gorge] a toujours cette complexité de se dire "On va plus le revoir, on va plus mais quand on perd son grand frère de 5 ans, il avait 5 ans de plus que moi, qui t'a appris à te défendre, à te protéger, qui était celui qui était un peu la figure paternelle pour toi ? On t'arrache quelque chose de terriblement injuste en fait. [musique] On t'enlève une boussole, on t'enlève un radar qui était nécessaire à ton évolution.

Et 17 ans pour vivre avec son frère, c'est pas c'est pas assez. C'est pas beaucoup d'années. Il était papa d'une petite Luna aussi.

Oui, mon frère nous a laissé quelqu'un d'extraordinaire puisqu'il nous a laissé une petite partie de lui sur cette terre qui est sa fille. Et est-ce que tu as un souvenir heureux avec lui si tu plein plor de souvenirs avec lui de souvenirs où lorsque j'ai créé conscience, il venait se moquer de moi et me prenait en vidéo sur Snapchat et m'appeler le président de vidéo. Savait aujourd'hui.

Je pense qu'il sait aujourd'hui et que mon frère Miery et lui sont certainement fiers. Quand j'étais plus petit avec Medi, je j'avais un un passempit [grognement] pas normal. Regarder public Sénage, je regardais les débats à la télé et m dit prenez le smartphone de ma main, venez me filmer. et je m'amusais à répéter et refaire refaire ces débats.

Donc j'ai toujours été intrigué et passionné des gens qui savaient manier la langue, qui savaient utiliser le débat, le dialogue, la force politique pour se battre en fait. Et je pense que c'est une arme très puissante la politique. Et quand Brahim est décédé, est-ce que tu as eu envie de te venger ?

La vengeance, c'est quelque chose de très particulier parce que je pense que ce que je suis en train de faire, c'est une forme de vengeance. euh de rappeler au meurtriers de mon frère, de mes frères, puisqu'ils sont probablement les mêmes, de leur rappeler que tant qu'ils ne m'atteindront pas euh ces personnes, je continuerai à répéter le prénom d'brahim, le prénom de Mine non pas parce que je suis obsédé par mes frères et mon deuil je peux le vivre et je le vis déjà assez durement seul le soir chez moi, mais leur rappeler qu'est-ce qu'ils ont fait, leur rappeler qu'ils ont pris remettre entre des prénoms et des visages. Et je pense que depuis 2020 et c'est aussi peut-être ce qui a conduit à la folie la personne qui a mis ce contrat contre moi.

Depuis 2020, je n'ai pas arrêté de parler de Brahim, je n'ai pas arrêté de montrer sa photo. Et je pense que c'est une forme de vengeance en fait cette personne, elle est condamnée mais surtout à vivre avec le souvenir, avec moi, ma voix dans les médias, dans la télé, sur les réseaux sociaux à dire Brahim Brahim dit. Et je pense que ça fait peser beaucoup de choses sur ces personnes.

Donc jamais un sentiment de vengeance, de prendre les armes de ma habité. Par contre effectivement un sentiment de colère, de culpabilité beaucoup mais de vengeance dans ce sens. Oui.

De me lever, de porter la mémoire de mes frères, de faire vivre le combat qui a coûté la vie à mon petit frère MD. Donc voilà. Toi en 2020 à ce moment-là, tu veux combattre, tu veux raconter ce qui se passe dans les quartiers, tu veux essayer de comprendre parce que tu es très jeune.

Ce que je voulais faire, c'était raconter raconter ce que le narcotrafic coûte à nos vies. raconter que ce pays s'est endormi et il se réveille aujourd'hui avec un monstre qu' qui s'est infiltré partout, un monstre qui s'est faufilé à chaque gros coin, dans chaque famille, dans chaque foyer. Je veux raconter la souffrance, je veux raconter le bruit le bruit des balles.

Je voulais raconter en 2020 le cri et les pleurs des mamans de victimes du narcotrafic. On s'est mis à aller dans chaque cité à chaque fois qu'une maman perdait un enfant. Et je vais vous raconter deux anecdotes à ce sujet.

J'ai un jour une maman qui euh me prend dans ses bras dans une cité au Castellas et qui me dit "Je j'adore ce que tu fais. J'adore ton action. Je je dis tout le temps à mes enfants, je veux que vous soyez comme ce jeune, que vous parlez bien comme lui et cetera.

Je ne veux jamais te voir chez moi parce que si tu viens chez moi, ça voudrait dire qu'un de mes enfants a été assassiné. Et puis un autre jeune qui m'avait croisé dans le métro, j'ai pas pu lui demander son prénom puisque ça s'est fait très vite. Il m'a dit "Tu es pas le gars qui passe à la télé toi ?" Je me suis dit "Bon, soit il m'aime, soit il m'aime pas, on va le voir dans 2 secondes, quoi.

Soit soit on se fight ou soit pas du tout." Et il me dit "J'ai un grand respect pour toi parce que je sais que" et il précise, je suis dealer, je sais que quand on va me tuer, parce qu'on va me tuer, c'est toi qui va aller voir ma maman et qui va l'accompagner. Et en fait quand on a ça, ça fait ça fait porter quelque chose, ça fait porter une responsabilité.

Et ce jeune me remerciait et il descendait du métro, c'est pas vraiment hyper rapidement entre deux stations. Et pourquoi il aurait été tué ? Parce qu'il est conscient que quand tu mets un pied dans la drogue, tu es tout de suite ciblé en fait parce qu'il comprend que c'est pas le cursus et le parcours qui te fait avoir une grande vie.

Tu as parlé très brièvement de ton frère, pourquoi il a été ciblé Brahim ? ce queon sait en général tu pourquoi il y a des règlements de compte pour plusieurs raisons. On a connu à Marseille un phénomène celui où on avait une tête une tête qui faisait régner la terreur.

Son surnom d'ailleurs était le rôtisseur euh qui a inventé cette méthode dit du barbecue d'assassiner, de brûler des gens. Et cette personne lorsqu'il a été assassiné, c'est l'histoire du roi est mort, vive le roi quoi. Donc tout de suite beaucoup de têtes sont sorties et beaucoup de têtes ont dit "Bon ben maintenant qu'il est mort, c'est moi le chef." Et donc ça a commencé à créer des tensions entre les uns et les autres qui se sont chacun répartis sur la carte de la ville les points les points d'al et qui ont par la suite commencé par fin de pouvoir, par fin de de grossissement en fait de leur réseau.

Une guerre de territoire qui a commencé entre différentes bandes qui ont décidé par la suite de s'associer, ce qui a donné naissance à la D Mafia, la Yoda et cetera. Et d'ailleurs, leur tête était déjà à l'étranger, était déjà à Dubaï, en Algérie et dans d'autres pays, au Maroc. Et ces personnes, elles ont décidé notamment en 2023 lorsqu'on avait deux d'entre eux qui étaient dans un bar en Thaïlande.

C'est une histoire qui a été racontée par la préfet de police de l'époque, Frédéric Amieri. C'est une histoire qui est connue et inscrite dans les dossiers de la police. Donc c'est une histoire vraie et les gens peuvent aller vérifier.

Deux personnes se sont retrouvées dans une boîte de nuit. L'un d'entre eux a décidé de provoquer la personne qui était face à lui qui était un autre gérant de réseau marseillais et a pris un glaçon de son verre et lui a jeté dessus ce qui avait fait rire les filles autour dans cette boîte de nu de Thaïlande. Celui qui a reçu le glaçon lui a répondu "Bah écoute, demain je vais faire assassiner des gens sur tes points deal à toi sur tes réseaux." Et c'est ce qui en 2023 avait démarré cette guerre où on était à près de 50 59 homicides sur Marseille.

Et c'est comme ça que cette guerre, elle a commencé en fait en 2023. Euh et ces deux personnes se sont fait une guerre sans précédent pour une histoire de glaçon. Et là, c'est des petits jeunes qui trinquent qui sont juste eu c'est à l'étranger qui s'amusent avec des filles et qui rigolent.

Et à Marseille sur le terrain, c'est nos frères, nos cousins, nos amis, nos voisins qui sont assassinés et nos mères qui pleurent. Et dans le cas de Brahim, est-ce que tu c'est Et donc dans le cas de Brahim, on a des procès qui un procès qui arrivent Oui. enfin 2026 je crois grandement prochainement qui se déroulera dans des conditions particulière puisque on a vu cette semaine les procès des cadres de la TZ de mafia qui tournent au fiasco et d'ailleurs à plusieurs reprises, j'ai demandé à ce que ces procès soient délocalisés à ce qu'il n'ait pas lieu ici mais qu'ils les aient lieu ailleurs.

Pas dans les bouches du run tu veux. Non, faut qu'on parte ailleurs. Ces gens-là ici, ils sont chez eux.

Ils jouent dans un terrain qui est conquis. Donc faut qu'on parte loin, faut les dépayser, faut les emmener dans des endroits où la déside c'est rien en fait et c'est personne. Et je me souviens qu'en 2020 ma première réaction c'était la douleur, la peine, tout ce qu'on veut.

Mais quand je suis revenu à moi-même, quand j'ai repris ma capacité à réfléchir seul, à me lever et cetera, ça a été de me dire "Mais pourquoi tant de haine en fait ? Pourquoi tant de violence ? Tuer quelqu'un c'était pas suffisant en fait. nous laisser le corps de mon frère Brahim pour qu'on lui dise au revoir pour prendre l'embrasse une dernière fois.

C'est une des premières fois d'ailleurs je m'exprime sur le des précisions de ce dossier. Mais la voiture dans laquelle mon frère Brahim était avec son ami, elle n'a pas nécessité l'intervention des pompiers. C'est-à-dire qu'elle était en feu, qu'elle a brûlé toute la nuit et qu'elle s'est éteinte par elle-même.

Le feu s'est éteint de lui-même à un moment au bout de plusieurs heures quand la voiture était entièrement carbonisée et qu'il ne restait qu'un bout de la plaque d'immatriculation qui était visible et rien d'autre. Ça raconte un niveau de violence, un niveau de barbarie qui est qui est sans précédent. Personne n'a appelé les pompiers, personne n'a C'était dans un coin assez isolé.

Donc la personne qui le matin a découvert la voiture n'a pas eu enfin il y a pas eu besoin de l'intervention des pompiers. Le feu était déjà c'était déjà éteint par lui-même. Tu as cherché toi à aller pour essayer de comprendre d'aller parler avec les trafiquants avec lesquels Brahim travaillait ?

Est-ce que tu as essayé d'aller au plus près de son point de deal entre guillemets ? Non ben je vis dans ma cité. Moi j'ai toujours vécu à Fréalon.

Donc les gens ils sont devant traqué dans la cité. Il a commencé dans la cité. Il a pas il a pas fini dans la cité.

Mais les gens sont devant moi en fait. Je suis quelqu'un qui euh prenait jusqu'à présent le métro qui marchait à pied dans la rue. Mes locaux associatifs, tout le monde savait où ils étaient.

Donc les gens qui voulaient venir me rendre visite pour de bonnes ou de mauvaises intentions savaient où j'étais. Et donc non, j'ai pas tenté moi d'aller parler aux gens. Par contre, Marseille c'est une petite ville.

C'est ce qu'on se disait tout à l'heure. C'est une ville où tout le monde se connaît, tout le monde se raconte des choses. Donc où tout de suite des noms me sont parvenu, tout de suite des infos me sont arrivé et jamais j'ai voulu interférer dans le travail de la police.

J'ai toujours laissé les policiers faire leurs enquêtes et je leur ai toujours témoigné une grande confiance dans ces dossiers. On va parler de ton livre, il est sorti en octobre 2025, Marseille et suite larmes. Pourquoi ce titre ? parce que j'hésitais entre deux titres et il y avait dans la nuit brûle une voiture et dans la nuit brûle une voiture, c'est l'histoire de mon frère Brahim, celle que je voulais raconter mais c'était pas à l'image de mon combat et en fait mon combat il est de dire que rien n'est une fatalité. qu'au contraire malgré tout ça, malgré tout ce qu'on peut vivre, malgré tout ce qu'on peut subir, rien n'est une fatalité et tout doit nous pousser à à agir, à croire, à espérer, à rêver et à imaginer un monde meilleur.

Donc Marseille est sué parce que Marseille c'est une ville qui pleure, une ville qui est en deillée, qui pleure les siens, qui voit ses enfants mourir un après l'autre, qui sur ses terres, sur son bitume aspire le sang de ces jeunes qui sont là au sol, vu, écrasés, regardés. Et donc c'est à la fois une ville qui sait se tenir debout. Une ville qui en novembre dernier lorsque mon petit frère Medy à la chemin été assassiné.

Une ville qui a su mobiliser par milliers des personnes puisque 10000 personnes s'étaient réunies sur ce rond-point que je maudit, sur ce rond-point que je déteste. Et ces personnes-là, elles étaient d'un courage absolu et c'est à l'image des Marseillaises et Marseillais. Et en quelque sorte, on peut dire qu'ils sont venus essuyer les larmes de Marseille.

Oui, parce que un mois après, à peine la sortie de ton livre, ton frère MDI est assassiné, tué par balle sur un rond-point. Merci de dire ça parce que ça me permet aussi de de répondre et je pense que les gens ne se rendent pas compte de la force des mots et de ce que ça représente et de la violence des mots. Et j'ai été un des premiers à plaider ma culpabilité dans cette histoire et dans ce qui s'est passé.

Et je ne cherche pas du tout à me dédouiner. Au contraire, je sais de quoi je suis responsable et j'ai déjà beaucoup de choses à me reprocher là-dessus. Mais peut-être chronologiquement raconter aux grands commentateurs, à ceux qui depuis leur canapé sont très courageux.

Euh ceux qui n'ont pas besoin de sortir avec un gilet par balle dans la rue, ceux qui passent leur temps et leur journée à commenter. Déjà, je veux dire merci aux gens qui mettent des bons commentaires parce que Mathieu qui est là dira qu'il faut toujours regarder les bons et pas les mauvais. Mais il y en a quelques-uns qui se permettent d'exprimer des choses.

Et à ces gens-là, je veux expliquer la chronologie euh de comment euh les choses se sont passées. Le 18 août dernier 2025, j'apprenais par des policiers qui m'ont demandé de venir que je devais quitter Marseille dans la journée, qu'ils avaient intercepté des échanges dans lesquels mon nom était revenu et dans lesquels potentiellement un des responsables d'ADZ de Mafia a demandé moyen moyen monnaie mon assassinat. Et donc euh le 18 août, personne ne savait que j'allais publier mon livre encore.

Oui. Et ta tête était déjà sous contrat ? Ma tête était déjà sous contrat mais personne.

Le livre n'existait nulle part. Je venais d'ailleurs tout juste de le rendre à mes éditeurs et éditrices et il n'était ni sorti dans la presse, ni sur les réseaux sociaux, ni publiquement. Par contre, ce qui approchait à grand pas et ce qui était su, c'était le procès des assassins de mon frère Brahim.

Là, oui, on savait qu'il allait avoir un procès. Moi, je pense que le lien est plus tourné vers le procès que vers le le livre puisque beaucoup de gens se sont excités. Oui, c'est son livre, c'est son livre, il a tué son frère avec son livre et cetera.

C'est ce que j'ai beaucoup entendu. Et à ces personnes-là, je veux répondre que mon livre est sorti bien plus tard que les menaces qui sont arrivées. Tu la prenais au sérieux cette menace ?

Oui, tout de suite. Tu savais ? Tout de suite.

Ma vie, elle a basculé le 18 août. J'ai tout de suite compris quelque chose de terrible allait se passer. J'ai beaucoup réfléchi, me suis dit "Mais qu'est-ce que je dois faire ?

Qu'est-ce que je dois faire ? Qu'est-ce que je dois faire ?" Et pour moi, la chose la plus évidente à faire à ce moment-là, et je me suis certainement trompé, c'était de partir et de faire entendre que j'étais parti pour que ces personnes justement ne viennent pas s'en prendre à mes proches, ne viennent pas me chercher là où je ne suis pas.

Je voulais expliquer à ces personnes que j'étais loin et que s'il voulaient venir me chercher, il fallait venir me chercher loin, pas chez moi, pas dans l'association. et rester ici, ça aurait au contraire encore accentué les choses et et ça aurait fait enfin en tout cas à ce moment-là, c'est ce que je me disais, ça aurait fait que on m'aurait assassiné au volant de ma voiture avec mon petit frère à mes côtés. J'avais d'ailleurs préparé mon petit frère Medien en lui disant "Si jamais un jour on est tous les deux en voiture et que quelqu'un ouvre ouvre le feu sur nous, je te demande mes dit de descendre de la voiture, de partir loin, de trouver une pharmacie où tu demandes à te faire soigner et tu dis que ton frère est dans cette voiture et qu'il a aussi besoin d'aide." Et le 13 novembre quand Media était assassiné, il s'est fait assassiner sur un rond-point devant une pharmacie et on pense qu'il a tenté de rentrer dans cette pharmacie dès qu'il a reçu les balles avant de de s'effondrer.

Donc euh donc voilà, les choses sont pas pas aussi simples que ça. Et donc aux personnes qui commentent beaucoup mon histoire, je veux leur expliquer que la chronologie, elle est pas aussi simple que ce qu'il croi et que le livre est arrivé bien plus tard. Vous l'avez lu ce livre et euh [grognement] est-ce que vous avez lu une seule fois une accusation envers quelqu'un ?

Aucune. Est-ce que vous avez vu un nom ? Non.

Aucun. Une adresse ? Aucun.

Aucun. C'est pas un livre de vengeance politique, de vengeance pour mon frère. C'est une lettre d'amour pour Brahim.

J'avais besoin de faire une lettre à mon frère Brahim, de lui raconter ce que ce que je n'avais pas pu lui dire, ce qu'on ne m'a plus permis de lui dire, ce qu'on ne m'a pas permis de lui dire puisqu'il y a des choses que je voulais lui dire et que je n'ai pas pu. Et enfin euh raconter de l'intérieur comment était euh nos vies parce qu'on parle beaucoup euh des cités du narcotrafic mais on se rend pas vraiment compte quand on en parle de l'extérieur surtout on en parle de l'extérieur et et jamais de l'intérieur et c'est important de dire euh e oh on est là on existe et on peut parler pour nous-même par nous-mêmes pour parler un peu de médit tu parlais de culpabilité parce que je pense que pourquoi ils l'ont visé lui il voulait être gardien de la paix n'avait jamais mis les pieds dans un commissariat n'a jamais été arrêté été sauf une fois où il a été au commissariat pour récupérer une brochure afin de candidater dans la police et il avait passé une première fois les concours de gardien de la paix qu'il avait raté et j'ai eu confirmation par les autorités policières locales qu'il venait de réussir le deuxème le la deuxème la deuxème tentative de ce concours de gardien de la paix et qui voulait devenir gardien de la paix et qu'il est à mes yeux aujourd'hui un vrai gardien de la paix. Quand il se passe ça, tu as pas envie de tout arrêter ou au contraire parce que c'est là tu ça montre l'ampleur de et l'impuissance qu'on a en fait vis-à-vis de tous ces réseaux.

Oh l'impuissance, je pense pas. Je pense qu'on peut mettre les moyens et aujourd'hui on a décidé de mettre des moyens autour de moi qu'on aurait peut-être pu mettre autour de mon frère, autour de ma famille, mais [souffle coupé] je suis pas là pour faire porter la pierre à qui que ce soit. Mais je pense quand on vit ça, ouais, on a cette idée qui nous traverse et qui nous dit "Bon, franchement là, faut peut-être arrêter et cette idée m'est traversée." Et j'ai d'ailleurs tout de suite écrit à tout le monde en disant "Moi, stop, j'arrête tout et c'est fini." Et puis on se rappelle, on se rappelle de pourquoi on s'est levé la première fois et puis on voit sa mère qui nous dit "Bon maintenant, tu vas te lever et tu vas te battre pour les deux.

Euh tu portais la vie, tu portais sur tes épaules la mémoire de Brahim et maintenant sur chacune de tes épaules, tu porteras les deux mémoire de tes frères. Et puis aussi parce que on en est arrivé là quoi. Et en fait, c'est pas maintenant qu'il faut arrêter au contraire.

Maintenant, il faut achever, il faut terminer. Comment elle va ta maman aujourd'hui puisque tu en parles ? Elle va comme une maman qui a enterré deux enfants, une maman qui est à la fois d'un courage, d'une dignité, d'une exemplarité mais incroyable et à la fois une fragilité, des émotions qui vont et qui viennent.

Il y a eu une énorme vague de soutien à Marseille et dans toute la France à la suite de ce qui s'est passé en novembre 2025. Tu as ressenti quoi quand tu as vu ça ? Tu as donné de l'espoir ces toutes ces personnes qui se sont réunies justement de l'espoir mais surtout la confiance la confiance en cette société qui aurait pu dire bah nous on approche plus à nous on est tous menacés et cetera et au contraire les gens sont venus les gens n'ont pas eu peur de mettre la photo de mes dites de mettre ma photo sur les réseaux sociaux à l'institut du monde arabe était projeté mon prénom est celui de mon petit frère et donc donc ouais beaucoup de de confiance je pense et Euh et un sentiment de se dire bah on n'est pas seul.

Pour parler un peu du réseau, on peut pas trop citer de nom. Enfin, on sait pas. De toute façon, il y a une enquête qui est encore en cours pour MI et on verra bien pour le procès de Brahim fin 2026.

Tu penses que c'est le même groupe qui a ciblé tes deux frères ? Je pense qu'au vu euh de l'actualité, au vu euh euh de la chronologie des choses, le procès qui approchéit l'assassinat de métier, on pourrait croire que le système et l'organisation est la même. La structure est la même, la façon de faire est la même.

Maintenant, les policières et policiers mènent un travail extraordinaire, un travail qui moi appelle toute ma confiance. Toute ma confiance. Tu crois que ces personnesl ne sont pas intouchables ?

Je pense que personne n'est intouchable dans ce pays. On a mis des rois sur la guillotine et des présidents de la République derrière les barreaux. On a parlé un peu de la protection policière, mais je veux un peu y revenir.

Euh donc effectivement, tu es sous protection depuis août 2025 avant même ce qui s'est passé. Cette interview me plaît bien parce qu'elle me permet de rétablir beaucoup de choses. Je me permet de te couper, pardon.

Mais les policières et policiers qui m'entourent ne sont pas euh des policiers de la BAC, c'est pas des CRS, c'est pas des la B, on avait entendu nous. Et j'ai lu des choses terribles. J'écouté pour ne pas les nommer sur Sud Radio, des gens qui débattaient du prix de ma protection.

On n' calculé la protection pour personne. Mais aujourd'hui, parce que c'est moi, il faut qu'on calcule, qu'on sache combien ces gens sont payés, combien ça coûte à l'État. Est-ce que dans les voitures dans lesquelles on se déplace, c'est moi ou c'est eux qui mettent l'essence ? toutes des questions aussi bêtes l'une que l'autre puisque on s'est jamais posé la question quand il s'agissait de protéger par nombre de 20 de 30 officiers de policiers de police des président des président des ministres qui n'étaient pas menacés et aujourd'hui lorsqu'il s'agit de menacer quelqu'un qui se bat pour son pays qui se bat dans une guerre interne et moi j'ai eu beaucoup honte des gens et quand on a des gens qui sont venus me dire oui Mais tuen veux pas au rappeur de pas être présent à tes côtés à la marche blanche ?

Les rappeurs ont certainement leur raison et moi j'en ai vu, j'en ai eu qui m'ont appelé, qui m'ont témoigné leur soutien et ils ont souhaité voulu être discret dans ces moments. Mais ceux à qui j'en veux terriblement, c'est les gens du monde littéraire. En fait, ceux qui ont agité leur stylo rouge pour défendre la liberté d'expression.

Ces gens-là qui lorsque les guerres sont à l'étranger, je pense à la Palestine, je pense à un tas d'autres choses, euh sont les premiers à crier. Fre Gaza, Free Palestine sont les premiers à venir manifester. Mais quand les guerres elles sont chez nous, dans notre pays, ont peur.

Euh des gens qui m'ont écrit pour aller à un meeting notamment et qui sont de ma famille politique et qui me disent "On ne souhaite pas t'accueillir parce que toi tu es sous protection policière et pas nous et on a peur pour nos vies." Et en fait, ça dénonce une lâchet terrible. Et donc les policiers qui m'entourent sont des policiers qui euh sont dans un service, celui de la protection des personnes.

C'est euh des officiers de police de l'État qui dépendent du ministère de l'intérieur euh qui sont une entité de la police. Dans la famille police, on a plusieurs branches et eux, ils sont une des branches de la police et qui ont pour mission de protéger certains bâtiments officiels, de protéger les présidents de la République et de protéger les ministres. Et depuis quelques temps, ces policières et policiers ont pour mission de protéger des juges, des magistrats, des avocats, des journalistes, des activistes, des activistes politiques de puissance étrangère et cetera.

Et donc c'est des gens qui sont formés pour ça, qui sont formés pour accompagner peut-être un peu moins dans le monde du narcotrafic. C'est peut-être des missions comme on peut les appeler qui sont inédites, mais c'est pas des policières et policiers qu'on est venu enlever du terrain parce que c'est ce que disait sur ce plateau de Sud Radio qu'on enlevait des policiers du terrain et qu'ils étaient avec moi. Et en fait, c'est pas des gens qui sont habituellement sur le terrain, c'est des gens qui leur travail c'est de protéger des personnalités.

Effectivement, le ministre Gérald Armanin disait qu'aujourd'hui j'étais une des personnalités les plus protégées, si ce n'est la plus protégée en France après le président de la République. Mais ça se justifie, ça s'explique d'une menace réelle. Il y a des gens qui mettent des sous pour que des groupes mafieux viennent m'assassiner.

Tu sais combien ils mettent de sous d'ailleurs ? Beaucoup beaucoup. Des centaines de milliers peut-être.

Certainement. Certainement. et et donc voilà, enfin je veux vraiment encore une fois le rappeler, ces policières et policiers ont choisi d'être là avec moi, de m'accompagner et ils sont d'un courage absolu.

Et moi vraiment jamais durant ce mandat, durant la campagne, je ne souhaite les mettre en danger, les exposer et bien au contraire, je peux leur témoigner à la fois de toute ma gratitude, ma reconnaissance, mais aussi mon respect parce que beaucoup qualifient mon courage et cetera. Moi, je pense que je suis pas plus courageux qu'un autre, mais eux ont un courage véritable parce que eux ont choisi. Moi, c'est un combat que je mène mais eux ont dit bon ben là, on va aller protéger cette personne, on va accompagner cette personne.

Et d'ailleurs des policiers sur Paris avec qui j'avais pu échanger, qui m'avaient une ou deux fois protégé quand les équipes tournaient pas mal, me disaient que ça faisait plus de 20 ans qu'il faisait ce métier et me disait "Mais tu sais, c'est une des premières fois où nos missions elles ont un sens réel quoi. On protège quelqu'un qui est vraiment menacé. Et et donc voilà, enfin il y a vraiment je pense un grand courage de leur part à à souligner et je veux rassurer les gens, ça coûte pas 10 milliards, c'est un service qui existe déjà.

C'est des policières et policiers qui ont [raclement de gorge] pour mission de protéger des personnalités en France. Et c'est le prix de ta vie aussi. Ah bah un peu mais voilà, il y a des gens qui se permettent de mener ce débat et euh j'entendais euh le titre du débat c'était euh est-ce que ça mérite un tel coût pour la société ?

Donc je trouvais les choses assez euh assez déplacées. Pour bien comprendre, du coup tu ne peux rien faire tout seul. Tu as constamment euh des policiers avec toi ?

Constamment des policiers qui sont plusieurs. Vous en avez vu quelques-uns mais ils sont beaucoup plus beaucoup plus autour, éloignés. Enfin, je vais pas rentrer dans les détails, mais ils sont très nombreux et tout le temps.

On n'est jamais sur un point fixe, on dort jamais au même endroit, on est tout le temps en train de boucher, tourner. Enfin, des choses qui sont pas simples. Pas simples malgré le fait qu'ils essaient de s'adapter, qu'ils ont aussi compris qu'ils ont face à eux un jeune, un jeune de 22 ans qui a ses défauts, ses qualités, qui veut vivre, qui veut respirer et cetera et et qui a besoin de faire son deuil aussi.

Donc euh je je les remercie de s'adapter beaucoup. Mais mais ouais, enfin c'est un dispositif qui est pas simple, pas évident où il faut tout prévoir, tout planifier, tout organiser, rien ne doit futer, annuler des rendez-vous à la dernière minute, prévoir des choses à la dernière minute. On nutilise jamais le même itinéraire.

On est Ouais, c'est enfin c'est pas une vie. Non du tout. Là si tu voulais aller te balader rien qu'au vieux port, c'est pas possible.

Non [musique] non, je me balade sur Google Map maintenant. le street viw et c'est tout. Tu as pas peur ?

J'insiste là-dessus parce que tu as que 22 ans, tu as un contrat qui te pèse sur la tête et tu es et tu fais de tu fais des médias, tu là, tu es élu euh maire adjoint, enfin c'est adjoint ou maire plutôt. Euh on peut dire les deux. On peut dire les deux. peur.

Je pense pas avoir le droit en fait d'avoir peur. Je pense que j'ai pas peur malgré moi et que encore une fois à 22 ans, j'ai enterré deux de mes frères et et donc j'ai pas le droit en fait de d'avoir peur ou de me cacher. Euh mais à la fois je suis pas non plus dans un esprit de provocation.

Je vais pas aller au milieu de la Castellane ou au milieu de Frévalon sur le point de et crier "Bonjour Samassie, je suis là. J'agis aussi en conséquence. Je j'essaie euh combien que mal de d'adapter ma vie, d'adapter mon action politique, d'adapter le combat et la lutte que je porte à ce nouveau mode de vie.

Si tu veux aller te voir ta maman, je crois que tu dois prendre limite rendez-vous un mois à l'avance pour lui dire bonjour. C'est c'est une organisation qui est pas simple. Ouais.

Tu penses que ça va s'arrêter un jour cette protection ? Bah j'espère, j'espère. [grognement] J'espère aussi qu'un jour on va arrêter euh de d'avoir peur dans ce pays quand on on s'exprime, quand on dit des choses qui euh euh quand on ose des mots des mots sur nos vies, sur des situations, j'espère qu'un jour on comprendra que mon combat il est pas contre des personnes mais contre un système et et qu'au contraire moi ce que je veux c'est que ces personnes aient une place dans la société qu'ils puissent travailler dignement, vivre dignement.

Je dis ouais, j'espère qu'on vivra un jour dans un monde qui est de moins en moins dans cette violence. En fait, ça t'arrive d'en vouloir à ceux qui consomment du cannabis justement, de la drogue ? Jamais, jamais parce que je me trompe pas d'ennemis et mon ennemi, il est sur celui qui appuie sur la gâchette et je pense qu'il y a un vrai enjeu aujourd'hui de santé publique, d'accompagner des personnes qui sont dépendantes, des gens qui sont malades, des gens qui sont accros à quelque chose.

D'ailleurs, dans le livre, j'en parle, je je parle d'une société sous dépendance et je m'interroge en me disant pourquoi est-ce qu'aujourd'hui on est dans une société où pour faire l'amour, pour faire la fête, les gens sont obligés de tirer un rail de coque. Pourquoi est-ce que quand les gens rendent du travail le soir, la première chose qu'ils font avant même d'embrasser leurs proches, avant même de lire, avant même de se laver, avant même de manger, c'est d'aller tirer sur un joint de titre. Donc on est vraiment dans une société sous dépendance aujourd'hui.

Tu penses qu'il faudrait peut-être légaliser ? C'est un sujet qui est compliqué mais ça pourrait aider. Oh, pas compliqué.

Franchement, les choses, elles sont d'une évidence absolue. Il faut qu'on mène un travail d'action sociale où on développe les associations, où on parle de la question de l'école et l'école, elle a un grand rôle à jouer aujourd'hui dans la lutte contre le narcotrafic. Il faut redonner de la force à l'école de la République, celle qui permet aux jeunes de rêver, d'imaginer un monde meilleur, d'aspirer à des perspectives d'avenir.

Il faut agir en moyen policier et notamment de justice. Et je pense qu'il faut effectivement aller sur une voie de légalisation encadrée du cannabis à la fois pour pouvoir mener des plans de santé publique, accompagner des personnes malades, des personnes dépendantes, savoir où en est leur consommation, combien ils consomment, comment ils consomment et à la fois de pouvoir mener une sensibilisation la plus large possible et puis de faire porter aussi une responsabilité une fois qu'il y aura une drogue légale encadrée On pourra aller voir les consommateurs et leur dire "Bah écoutez, vous avez deux drogues, une qui est légale encadrée, vous permettez de financer des projets, vous permettez de financer des rénovations de cité, des programmes scolaires et puis vous savez ce que vous fumez et vous pourissez moins la santé aussi. C'est la bonne si je peux me permettre l'expression.

Euh mais si vous continuez d'aller vers la drogue illégale qui est un peu moins chère effectivement parce qu'il y aura pas de taxe dessus mais vous savez pas ce que vous fumez, vous pourrissez la santé et là par contre on pourra leur dire au même titre que les meurtriers de mon frère MIF vous avez du sang sur les mains parce que malgré la drogue légale vous avez décidé de continuer à aller vers une drogue illégale. Je voulais qu'on reparle un peu de la responsabilité des familles. C'est vrai qu'on entend souvent c'est la faute des mamans et tout ça.

On en a un peu parlé. Je pense que c'est bien d'insister là-dessus. Euh toi, on a déjà reproché à tes parents euh leur éducation au sujet de Brahim tout d'abord.

Est-ce que tu as ressenti ça ? Oui, je pense que de fait la société fait porter une responsabilité à ses familles qui n'est pas la leur et quand on a euh des projets euh gouvernementaux, des projets institutionnels, l'ancien maire de Nice, Christian Estros qui euh nous expliquait qu'il fallait euh expulser les familles de dealer de leur logement, je m'interroge en fait dans notre pays juridiquement la sanction collective, ça ne devrait pas exister. C'est interdit par la loi et punir des mamans parce que leurs enfants ne sont pas dans les bons rangs, c'est pas c'est pas quelque chose de juste.

Ça raconte quelque chose de terrible sur ça raconte une lâcheté de la part de nos responsables politiques qui n'ont pas la force, la capacité d'aller combattre celles et ceux qui ont les armes, les têtes de réseau qui sont à Dubaï, en Thaïlande, mais par contre, ils ont la force d'aller enlever les allocations familiales à une maman, d'aller enlever le logement social à une maman. Et ça raconte une lâcheté terrible. On aurait retiré le logement social de ma maman parce que mon frère Brahim est tombé dans la drogue en fait et donc du coup nous tous autour qu'est-ce qu'on est en fait c'est ça qui va favoriser l'insertion dans les réseaux.

C'est ça qui va pousser les autres membres de la fraterie d'aller dilet. Oui parce que ça aurait rajouté de la peine encore plus la peine mais ça nous aurait puni. C'estàd que moi et mon petit frère M on aurait dû arrêter l'école si on avait enlevé le logement social de ma maman parce que mon frère Brahim était dans dans le deal.

Ça voudrait dire que mon frère M et moi, on aurait dû arrêter l'école parce que on se serait retrouvé à la rue du jour au lendemain et qu'on aurait dû se mettre à travailler et un travail à 14 ans dans les quartiers, il y en a qu'un seul, c'est être trafiquant de drogue. C'est ça que ça veut dire. C'est pour ça quand certains politiques disent supprimer les accolocations des parents des délinquants, pour toi, c'est un non sens.

Enfin, c'est c'est dû l'acheter. Terrible. On devrait leur supprimer leurs indemnités lorsqu'ils se mettent même à consommer ou à aller dans des soirées où où il s'amuse bien entre eux.

Pour parler des zones de non droit, ça comment toi tu penses qu'on peut faire à ce niveau-là ? Parce que là, il y a des zones dans les quartierneurs où la police ne peut pas accéder. Mais il faut organiser le retour de la République.

Il faut qu'on crée le plan de reconquête républicaine et on a des outils pour le faire. Les bailleurs sociaux par exemple et moi je veux m'investir au sein des bailleurs sociaux marseillais. euh pour porter cette question, pour porter ces sujets de l'aménagement du territoire, faire en sorte qu'il n'existe plus aucune salle dans les quartier, plus aucune cave, plus aucun parc, plus aucun parking qui ne soit pas exploité, qui ne soit pas utilisé constamment par les associations, par les habitants, par l'État, par les collectivités.

Il faudrait qu'on insiste sur un point, c'est celui de dire "Les associations n'ont pas le rôle de l'État. Elles sont pas là pour être le service public. Il faut qu'il y ait un service public.

Et pour ça, on va aujourd'hui dans le cas de mes nouvelles fonctions d'int au maire de Marseille avec le maire de Marseille Benoît Paillant, on va porter le doublement des effectifs de la police municipale. On va ouvrir dans chaque arrondissement de la ville une antenne de la police municipale et enfin on va aller dans chaque quartier de la ville du sud au nord pour ouvrir une maison de la santé accompagnée d'un guichet administratif qui permettront aux gens de pouvoir se soigner et de pouvoir accéder à des guichets administratifs qui leur permettent de faire leur papiers, leur état civil et qui permettent finalement le retour du service public. Et une fois qu'on a ce service public qui revient dans les quartiers, de fait, on aura des fréquentations nouvelles, de fait, on aura une présence policière renforcée, de fait, on aura des passages renforcés des gens à n'importe quelle heure et donc de fait, on aura une présence sur le territoire et sur le terrain.

Il y a le maire de Saint-Denis euh en Île-de-France à Paris qui veut désarmer la police. Oui. Toi, tu penses quoi de ça ?

Je peux te demander ton avis ? Bien sûr et je pense et je me suis déjà exprimé là-dessus. Déjà, je veux lui adresser tout mon soutien dans cette vague de racisme qu'il subit.

Mais je veux surtout euh dire que c'est euh euh [raclement de gorge] d'une bêtise absolue et d'un sens de la responsabilité qui est à revoir. Comment on peut envisager d'envoyer des policières et des policiers face à des gens armés, des gens qui le 13 novembre n'ont pas hésité à assassiner mon petit frère MI parce qu'il était mon petit frère. Des gens qui ont pour simple envie d'en découdre qui sont tellement sous emprise sous cacheton qu'ils sont prêts à appuyer à n'importe quel moment. n'importe quel temps, n'importe à n'importe qui sur la sur la détente.

Donc ces personnes-là, elles sont là pour des raisons et donc envoyer des policières et des policiers, envoyer des mères, des pères de famille, envoyer des personnes, des hommes, des femmes face à cette guerre alors que nous on est dans des bureaux et que eux sont sur le terrain sans l'équipement nécessaire, je trouve qu'effectivement c'est une injustice terrible. Là maintenant tu es en politique. Tu as pas peur que la politique te dis t'empêche de dire certaines vérités ?

Non, c'est mal me connaître ça. Tu penses ? [rires] Non non, je je dis ce que je fais, je fais ce que je dis, je dis ce que je pense, je dis ce que je vois, je dis ce que j'entends.

Et non, je pense que celles et ceux qui me connaissent bien savent qu'il en faut beaucoup pour me faire terre. Au contraire, je pense que mon défaut, c'est que je parle trop. Euh je fais aussi, mais je parle trop.

Et euh et puis euh ça non euh je suis pas euh je suis pas militant politique depuis avanthier, quoi. C'est pas à l'élection municipale que je me suis révélé euh euh cette volonté de faire de la politique [musique] et ça ne m'a jamais empêché de dire de dire les choses parce que pour la simple et bonne raison que je ne m'engage que sur des sujets que je connais. En fait, je m'engage que sur des choses que je sais, sur des choses que j'ai vécu et mon engagement politique, il est né aussi d'une histoire personnelle mais aussi de ma vie en fait, de la vie que j'ai eu et de la petite mais de la vie que j'ai eu.

Et donc voilà, je pense que c'est à la fois important pour moi de continuer. Je suis pas quelqu'un qui a été parachuté par un parti politique. Moi, je suis né, j'ai grandi ici, les gens me connaissent, les associations me connaissent, je travaille avec les gens ici.

Et c'est de nos vies dont je parle. Quand je vais parler des familles de victimes, c'est de ma maman, c'est des autres mamans que je vais parler. Quand je vais parler des petits frères qui ne doivent pas être assassiné, c'est de mon frère médié que je vais parler des autres.

Donc donc ouais, quand on est concerné par les choses, je pense qu'on on n pas peur de ce genre de choses. Tu crois que c'est pas un peu utopique de penser que Marseille un jour existera sans ses réseaux, sans ses sans le narcotrafic ? Je pense qu'un des seuls euh droits qu'il nous reste sans restriction, c'est de pouvoir rêver, de pouvoir espérer, de pouvoir euh imaginer.

C'est quelque chose qu'on nous a beaucoup privé et moi je me vois pas priver ça aux Marseillais et aux Marseillais. Leur privé euh de ce droit de pouvoir imaginer, de pouvoir espérer, de pouvoir rêver, de pouvoir croire aussi. C'est important et je pense que si tout était une fatalité, je serais pas là devant vous.

Mais en tout cas, voilà, une fois que j'ai dit ça, euh il faut aussi qu'on réunisse toutes les conditions nécessaires à ce que ça ne soit pas utopique justement, à ce que à ce que tous les candidats, notamment dans quelques mois à l'élection présidentielle décident que le narcotrafic soit et sera un enjeu prioritaire durant la campagne, mais surtout lorsqu'ils seront en responsabilité, on a décidé de créer l'Association nationale des maires de France que je préside aujourd'hui qui agissent contre contre le narcotrafic et [grognement] dans cette association, on fera en sorte que tous les maires de France qui adhérent à cette association, que toutes les communes qui seront membres de cette association soit dans une ligne que la lutte contre le narcotrafic doit être une priorité absolue et non pas un un trait, un programme, un tiré, un point [souffle coupé] dans un programme sécuritaire. Et c'est au niveau national aussi que ça se joue, pas que au niveau de la mairie, c'est aussi il faut que le budget soit alloué. Ouais.

Au niveau local, on peut faire des choses. La police de proximité, la police municipale, les services publics, l'action sociale. Au niveau des départements, on peut faire des choses.

Au niveau de la métropole, on peut faire des choses. Au niveau de l'État, on doit faire des choses puisque c'est une compétence régalienne. Et enfin, au niveau de l'Europe aussi, l'Europe, elle peut agir et elle doit agir.

Pour terminer, tu as parlé d'une fois où tu as été exfiltré d'un meeting à Sans Provence. Là, c'était très chaud. Tu as pas peur parfois pour ta propre mort ?

Non. Non non, c'est pas quelque chose qui a un m frais parce que au pire je rejoins mes frères quoi. Donc [grognement] et non parce que je suis entouré parce que quand on fait des choses et des déplacements, jamais je suis dans une position où je vais mettre en danger les officiers qui m'accompagnent mais aussi les gens que je vais rencontrer.

Et donc à chaque fois, je sais qu'on a travaillé, qu'on a regardé, qu'on a prévu les choses et deviendra ce qu'il adviendra. Mais tuabandonneras pas. Non.

Il y a quelque chose qui pourrait te faire arrêter ce combat ? Ben, le principe de quelque chose qui pourrait nous faire arrêter, c'est de pas connaître cette chose et et j'espère pas un jour que quelque chose me fasse arrêter. Malgré les menaces, la protection policière, malgré tout, avec tout ça, tu lâcheras pas.

Non, on peut le répéter une 4è fois, s'il [rires] C'est pour le mot de la fin. Merci beaucoup Amine, j'étais très contente de te recevoir. Merci à toi et et du travail que vous faites avec tes équipes et encore félicitations.

Tu as été élu donc quelques heures hein, vous êtes la première interview que que je donne en 4 janvier. Donc à très vite peut-être au président la prochaine fois. [rires] On a le temps.

On a le temps. Merci Amine. Merci à vous.