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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 23 août 2023 15 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSécurité

Sommet des BRICS : Macron s'est fait jeter ! L'ordre mondial bousculé

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:45PrésentateurFait
    « Sergei Lavrov y est aussi pour représenter la Russie en l'absence de Vladimir Poutine, absent à cause d'un mandat d'arrêt international dont il fait l'objet. »
  • 7:07PrésentateurChiffre
    « « Baisser les dépenses pour réduire la colossale dette tricolore tout en investissant dans la transition écologique et les services publics ». »
  • 7:36PrésentateurChiffre
    « Bruno Le Maire veut dégager 15 milliards d'économies en 2024 »
  • 8:04PrésentateurChiffre
    « Elisabeth Borne avait annoncé 7 milliards d'euros dès 2024 pour la transition écologique »
  • 11:01Locuteur non identifiéChiffre
    « 16% des jeunes de moins de 35 ans estiment que le départ de certains juifs pour Israël est une bonne chose pour la France. »
  • 11:13Locuteur non identifiéChiffre
    « 40% des 18-24 ans estimaient que les juifs ont trop de pouvoir dans la finance. »

Temps de parole

  • Présentateur93 %
  • Locuteur non identifié7 %

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Présentateur

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Le Média. Nous sommes le mardi 22 août 2023 et c'est avec un grand plaisir que je vous retrouve sur ce plateau. Cet été, comme chaque année, Le Média réduit la voilure pour permettre à l'équipe de prendre repos et vacances bien méritées et préparer la rentrée plus sereinement. Néanmoins, vous le voyez chaque jour, nous sommes au rendez-vous de l'actualité en maintenant des programmes pour vous informer au quotidien. Et la rentrée prochaine, puisqu'on en parle, se fera à la télé mais surtout avec vous.

C'est pour cela qu'il est nécessaire de continuer à signer la pétition sur unetelepourvous.lemédiatv.fr et de soutenir financièrement notre antenne indépendante sur lemédiatv.fr. L'Europe et les Etats-Unis sont-ils en train de trembler ? Le sommet des BRICS, Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, est en train de se tenir actuellement à Johannesburg et les pays émergents semblent vouloir passer à l'offensive contre l'hégémonie géopolitique américano-européenne. Et le programme est fastidieux. Dédollarisation de l'économie mondiale, élargissement des BRICS, faire concurrence au G7, il y aura des choses à dire.

La Russie et la Chine ne sont évidemment pas innocents au vu des conflits géostratégiques et diplomatiques qui les engagent face aux Etats-Unis. Du côté de la Macronie, puisqu'ils n'auront pas leur mot à dire durant ce sommet, jouent leur fameux en même temps à la question « Faut-il augmenter les impôts ? » Bref, de ces sujets et d'autres, il sera question dans cette édition de votre Flash Info version été. Comment qualifier ce qu'ils s'apprêtent à se passer au sommet des BRICS qui commence aujourd'hui même à Johannesburg ? Révolution ? Nouvelle guerre froide ? Nouvelle polarisation du monde ? Rééquilibrage des rapports de force entre les pays émergents et les puissances hégémoniques ?

Ou bien serait-ce un petit peu de tout ça à la fois ? Bref, comme je le disais, un sommet des BRICS élargi débute ce mardi 22 août et se tiendra jusqu'au 24 août. En dehors des pays principaux, une trentaine de pays africains ont été invités et une soixantaine de pays au total ont été conviés également pour l'événement. L'occasion d'envoyer un premier uppercut diplomatique à Emmanuel Macron qui avait exprimé son souhait d'y participer mais s'est pris à un refus sec de la part de l'Afrique du Sud. Bon, l'Afrique du Sud est un allié de la Russie donc tout n'est pas tout à fait neutre mais quand même le ton est donné. Pays occidentaux et du Nord, vous n'avez plus votre mot à dire.

Le président brésilien Lula est évidemment présent ainsi que le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, vous le voyez sur ces images. Sergei Lavrov y est aussi pour représenter la Russie en l'absence de Vladimir Poutine, absent à cause d'un mandat d'arrêt international dont il fait l'objet. Et le premier tremblement de terre sur cette joyeuse scène géopolitique vient du souhait de la part des BRICS de créer une monnaie commune afin de s'émanciper et de concurrencer le dollar et l'euro, outil d'hégémonie et de domination économique s'il en est. Un enjeu d'autant plus important que la plupart des monnaies des pays émergents sont arrimées soit au dollar, soit à l'euro.

Car oui, avec la présence des pays africains à ce sommet, il n'y a pas que le dollar qui serre les fesses, l'euro aussi. L'arrimage à une monnaie forte, s'il permet une stabilisation des cours des devises, constitue aussi un frein évident à la souveraineté économique et au développement. Être une économie dite fragile et être dans le même temps arrimée à une monnaie de référence, et donc forte, c'est se prendre par ricochet x12 les dévaluations, l'augmentation des taux d'intérêt, etc. Bref, tout cela rend les économies des pays du sud extrêmement dépendantes des grandes puissances économiques.

Cette question, essentiellement portée par le président brésilien Lula, qui la porte également à l'échelle du continent sud-américain, est vue d'un bon oeil par la Chine et Xi Jinping, qui aimerait bien intensifier l'utilisation du yuan dans les échanges internationaux. La Chine avait déjà impulsé la création en 2015 de la banque de développement censée concurrencer le FMI et permettre des prêts en monnaie locale. Le problème, c'est la fragilisation des pays émergents dus à la conjoncture et aussi la banque de développement qui est encore largement financée en dollars. Il y a aussi l'hétérogénéité des économies et des systèmes politiques qui composent les BRICS.

En attendant d'avoir une banque de développement solide et une monnaie commune, les échanges internationaux entre les pays émergents se font tout de même de plus en plus en monnaie locale, de quoi permettre de diversifier les réserves de monnaie. L'autre point qui fait trembler les puissances occidentales et qui pourrait singulièrement rabattre les rapports de force internationaux, c'est la question de l'élargissement. On le disait tout à l'heure, une soixantaine de pays ont été invités au sommet des BRICS à Johannesburg.

Mais surtout, plusieurs pays auraient déposé leur candidature pour intégrer officiellement les BRICS, parmi lesquels l'Argentine, Cuba, l'Algérie, le Nigeria, l'Arabie Saoudite ou encore le Venezuela. Une occasion pour la Chine qui affiche le souhait que les BRICS concurrencent le G7. Il ne faut cependant pas perdre de vue que la Chine a des intérêts économiques importants avec l'Afrique et l'Amérique du Sud, en particulier le Venezuela.

La Russie aussi entend élargir son influence en Afrique, où elle marche par ailleurs sur les précarés de la France, qui a déjà vu le Burkina Faso, le Mali et désormais le Niger, lui tourner le dos aux grandes dames d'Emmanuel Macron, dont les gesticulations aussi ridicules qu'inconséquentes ne changent rien. C'est aussi un moyen pour la Chine et la Russie de faire basculer le rapport de force géopolitique en leur faveur face aux Etats-Unis. Reste à savoir comment les BRICS arriveront à faire bloc, alors que l'Inde prend de plus en plus ses distances avec le duo Russie-Chine pour se rapprocher un peu plus de l'Europe.

Le projet d'élargissement a connu de son côté, selon certaines sources, ses premiers couacs, notamment par rapport à l'Algérie qui devra vraisemblablement patienter, et le Maroc qui de son côté aurait déclaré n'avoir jamais déposé officiellement de candidature. Le Royaume du Maroc reproche en outre à l'Afrique du Sud de s'être exprimé positivement en faveur d'un référendum d'autodétermination, référendum soutenu par ailleurs par l'Algérie, dans le Sahara occidental. En effet, les Sahraouis, situés dans le sud du Maroc, revendiquent leur souveraineté sur l'ensemble du Sahara occidental.

Bref, comme pris entre des chaises, l'enjeu pour les pays émergents, surtout les pays d'Afrique et d'Amérique du Sud, est le suivant. S'émanciper des Etats-Unis et de l'Europe sans risquer de tomber sous une nouvelle domination qui pourrait être russe et ou chinoise. Le sommet se tiendra pendant trois jours et gageons que le média se tiendra informé de ce qu'il s'y dira. Dans tous les cas, avec l'éventualité qu'un nouveau bloc géopolitique s'établisse, la domination des pays industrialisés du Nord est plus que jamais remise en question. Le gouvernement envisage des hausses d'impôts. Pourquoi ? Des hausses d'impôts ?

C'est pourtant bien les macronistes qui martèlent depuis 2017 sur la hausse de la fiscalité qui n'apporterait rien et ralentirait l'économie. Fin septembre, Thomas Cazenave, le nouveau ministre délégué au budget, présentera le projet de loi de finances pour 2024 qui va consister à, je cite, « Baisser les dépenses pour réduire la colossale dette tricolore tout en investissant dans la transition écologique et les services publics ». Bon, colossale dette tricolore, c'est pas vraiment ça et on vous laisse regarder l'instant pour cher pour comprendre tout ça. Mais avec ce budget, on va assister là à un beau en même temps macroniste.

Tout d'abord, l'obsession néolibérale, baisser les dépenses publiques en agitant le fameux chiffon de la dette. Bruno Le Maire veut dégager 15 milliards d'économies en 2024 qu'on file l'entourage d'une ministre au monde. C'est bien connu, pour relancer une économie, il faut couper dans les dépenses publiques. Bah non, c'est pas aussi simple que ça. Et qui sera dans le viseur en plus ? La santé, avec un contrôle accru des arrêts maladie, une hausse de la franchise à 1 euro sur les médicaments ou encore les aides à l'emploi jugées mal ciblées, à savoir l'apprentissage ou encore le compte professionnel de formation.

Et dans le même temps, quelques investissements promis ou obligés, Elisabeth Borne avait annoncé 7 milliards d'euros dès 2024 pour la transition écologique début juillet. A voir quelle transition et pourquoi. Et puis, Emmanuel Macron avait avancé quelques promesses. Relèvement du point d'indice des fonctionnaires, moyens supplémentaires pour la police et la justice, après les révoltes urbaines de juin, et les différentes lois de programmation, notamment pour la recherche et les armées. Alors, à Bercy, on bricole par-ci par-là des petites taxounettes, tout en veillant à ne vexer ni les ménages, et alors surtout pas le grand patronat.

On essaie d'aller chercher entre 500 et 600 millions avec une possible taxe sur les sociétés d'autoroutes, ou encore 100 millions avec une taxe sur les billets d'avion, ou encore la suppression de petites niches fiscales. Roland Lescure, ministre chargé de l'industrie, a promis à plusieurs reprises qu'il n'y aura pas d'augmentation d'impôts, hier encore sur Europe 1. La fameuse baisse d'impôts, promise de 2 milliards d'euros pour les classes moyennes, est en revanche repoussée à la fin du quinquennat, a annoncé Emmanuel Macron fin juillet. Mais attention, les impôts sur les sociétés, passés de 33 à 25% depuis 2017, eux, on ne les touche pas, bien sûr.

Aucune réelle hausse d'impôts, donc, et encore moins sur les plus riches. Dommage. L'exécutif s'entête avec son objectif, toujours le même, de baisser le déficit public en pourcentage du PIB, pour plaire au marché financier et aussi à Bruxelles. Sauf qu'en réduisant les dépenses, en étant si peureux avec les investissements publics, le risque est de réduire l'activité, la consommation et donc le PIB. Faisons un petit peu de maths. Si le déficit baisse, mais que le PIB baisse aussi, parce qu'on réduit l'activité et les sources de recettes pour l'État, forcément, le rapport en pourcentage ne va pas baisser lui non plus. Logique, comme les mathématiques finalement.

N'est-ce pas les macronistes ? Tag antisémite à Levallois-Péret, l'homme qui a été interpellé samedi dernier a été remis en liberté à l'issue de sa garde à vue qui a duré près de 24 heures. La garde à vue a été levée sans poursuite, faute d'éléments suffisants permettant d'incriminer le suspect à ce stade, a indiqué le ministère public. Appréhendé après l'examen des images captées par les caméras de vidéosurveillance de la ville, l'homme âgé de 72 ans n'est toutefois pas mis complètement hors de cause selon une source proche du dossier.

Le doute et l'indignation demeurent après la découverte des tags antisémites peints sur la devanture d'un restaurant cachère dans la nuit du vendredi 18 août au samedi 19 août. Des appels à se rassembler devant le commerce vandalisé ont été lancés. Non, l'antisémitisme n'est pas résiduel en France, il est plus que jamais présent, a rappelé Mathieu Slama, essayiste et chroniqueur régulier aux médias. C'était cette fois au micro de BFM, on l'écoute.

10:44
Locuteur non identifié

Ça doit être aussi une sorte de cri d'alarme sur l'antisémitisme en France. On a l'impression que pour certains, l'antisémitisme en France n'existe plus, c'est devenu résiduel, etc. Or, pas du tout, on se rend compte que l'antisémitisme en France est extrêmement présent. On a vu dans de récentes études, par exemple, je vous donne quelques chiffres, mais que 16% des jeunes de moins de 35 ans estiment que le départ de certains juifs pour Israël est une bonne chose pour la France. Une autre étude, un an auparavant, donc en 2022, nous disait que 40% des 18-24 ans estimaient que les juifs ont trop de pouvoir dans la finance.

Donc on se rend compte qu'en particulier dans la jeunesse, il y a un regain d'antisémitisme et je crois que c'est très important de le dire et de le combattre, d'autant plus quand on voit encore récemment cette organisation catholique d'extrême droite qui s'appelle Civitas avait organisé une conférence dans laquelle des propos très très graves antisémites avaient été tenus et d'ailleurs avaient abouti à la demande de dissolution de Civitas.

11:45
Présentateur

Par Gérald Darmanin, absolument. Le maire, les républicains de Levallois-Péret, où réside une importante communauté juive, a fait savoir qu'une enquête avait été ouverte dans la foulée. Il existe dans la ville de nombreux hypermarchés et restaurants cachers et à ma connaissance, il n'y a jamais eu le moindre problème de ce type. C'est étonné l'élu qui a évoqué dans les colonnes du Parisien l'hypothèse d'une vengeance ou d'un règlement de compte. Pour l'instant, nous n'avons pas d'explication. L'enquête permettra d'en savoir plus. A-t-elle conclu ? Et on conclut ce flash avec l'actualité internationale.

En Belgique, des violences ont éclaté dans la banlieue de Liège après la mort d'un jeune homme abattu par un policier après un refus d'obtempéré. Les faits se sont déroulés vendredi 18 août après-midi à Houpeï. Alors que la police souhaitait procéder au contrôle de Dominico, 31 ans, au volant d'un quad, ce dernier aurait refusé de s'arrêter et aurait foncé sur les policiers. Selon le parquet de Liège, le conducteur va renverser un des deux policiers qui se retrouve sous le quad et son collègue va faire feu à ce moment-là. Bilan de cette interpellation, Dominico est mort, les deux policiers sont hospitalisés. L'un blessé par le quad, l'autre en état de choc après avoir fait usage de son arme.

Dès la soirée du drame, du mobilier urbain a été détruit et des pierres ont été lancées en direction de la police. Le bourgmestre a pris des mesures pour maintenir l'ordre et a interdit les rassemblements. Des interpellations ont conduit à 14 arrestations administratives et une arrestation judiciaire. On se souvient que la Belgique s'était également soulevée contre la mort de Naël à Nanterre, abattue par la police le 27 juin dernier. Si cette nouvelle affaire rappelle le meurtre du jeune homme de 17 ans, les deux situations ne sont pas comparables pour autant. Nuance Vincent Seron, professeur de criminologie à l'université Liège.

En Équateur, Louisa González est arrivée en tête du premier tour du scrutin présidentiel avec 33,5% des voiles. La candidate du mouvement Révolution Citoyenne, âgée de 45 ans, est l'héritière désignée de l'ancien président de gauche, Raphaël Correa, à la tête du pays de 2007 à 2017. Au deuxième tour, prévu le 15 octobre, elle fera face à l'entrepreneur Daniel Noboa, qualifié à la surprise générale, avec 23,5% des suffrages. Fils du millionnaire Alvaro Noboa, qui a lui-même été 5 fois candidat à l'élection présidentielle.

Les élections se sont tenues le 20 août dans le calme, après une campagne électorale marquée par l'assassinat par balle du centriste Fernando Villavicencio, le 9 août dernier. Le vainqueur ne restera en poste que 18 mois, le temps de compléter le mandat du président sortant, Guillermo Lasso. Et voilà, c'est la fin de ce bulletin d'infos quotidien, un format qui entre dans notre programmation d'été, comme à chaque fin de saison, nous réduisons quelque peu la voilure, avec notamment la mise en pause de nos directs.

Mais l'actualité ne s'arrête pas, alors nous non plus, nous continuons à vous fournir, dans ces moments importants, nos reportages, enquêtes, entretiens, plateaux d'analyse, de débats, et de décryptage au quotidien. Vous le savez, notre existence et notre projet de débarquer sur vos télés dépendent toujours de votre soutien et surtout de vos abonnements qui sont notre source de financement la plus pérenne. Rendez-vous donc sur lemédiatv.fr slash soutien. D'ici là, restez connectés aux médias grâce notamment à la diffusion de nos programmes en 24-7 sur YouTube. Quant à moi, je vous dis à très vite.