🔴 EN DIRECT | Les vœux du Premier secrétaire Olivier Faure
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Du monde derrière l'écran aussi. Vous me dites quand on commence, mais là, c'est bon ? Mesdames, Messieurs, au nom du Parti Socialiste, je vous présente pour vous-même, pour vos proches, pour vos familles, pour votre profession, encore si brutalement touchée cette année, mes voeux les meilleurs. Et je dois le dire, faites-en provision pour affronter avec les Français les défis qui sont devant nous. 2023 aura été une année noire pour les Français, pour l'Europe et pour le monde. Toutes les crises se multiplient et se cumulent.
Nous vivons un tremblement de terre, dont l'épicentre est la folie d'un monde où l'argent est à mesure de tout, où la course au profit se fait au détriment de nos biens communs et de la vie elle-même. Le modèle productiviste est à bout, à bout de souffle, soutenu sous perfusion par des politiques libérales, modèle libéral qui épuise les hommes et la terre et aggrave les inégalités. Nous vivons en réalité une crise de civilisation, pas celle décrite par l'extrême droite, qui se traduirait par un grand remplacement. La crise migratoire est en réalité liée au modèle économique inéquitable et préalable de notre planète.
Non, nous vivons une crise de civilisation au sens où l'humain, la planète, ne sont plus la raison de tout, mais la variable d'ajustement du système capitaliste qui fonctionne à marche forcée et selon les seuls intérêts des dominants. Emmanuel Macron et Gabriel Attal ne sont plus que les commis du système qu'ils se chargent de perpétuer. Et quand il pointe ces failles, qu'il est difficile de passer sous silence, c'est pour se limiter à des opérations de cosmétiques qui n'ont pas l'effet entraînement nécessaire.
Plus que jamais, je suis, nous sommes, convaincus que seul le socialisme écologique est de la nature à répondre aux défis du présent et éviter le grand basculement dans le gouffre populiste auquel les peuples malheureux semblent prêts à confier leur destin. L'extrême droite n'a pas de solution, elle n'a que des boucs émissaires. Et il est tragique qu'en décembre dernier, le président de la République, son gouvernement et sa majorité relative, ait décidé de lui emboîter le pas. Le gouvernement n'a pas hésité à utiliser le 49.3 chaque semaine pendant l'automne budgétaire et il n'avait aucune, oui, aucune raison ni obligation de céder à la droite et à l'extrême droite.
Le président a ainsi accordé une victoire idéologique à l'extrême droite. Sur le sujet migratoire, le désaccord avec Marine Le Pen n'est plus une question de nature, mais de degré. Et le président qui s'est fait élire à deux reprises pour barrer la route à l'extrême droite a fait voter la préférence nationale, offrant ainsi à Jean-Marie Le Pen une légitimité et une consécration que lui-même n'attendait pas. La conséquence de ce désastreux exercice c'est aussi la fragilisation de notre état de droit. Le président joue avec les principes fondamentaux de la République comme il joue avec les Français.
En faisant voter une loi qu'il savait en partie inconstitutionnelle, il a permis à l'extrême droite comme à la droite extrémisée de dénoncer un coup d'état de droit et d'opposer le vote du Parlement à un pseudo-gouvernement des juges. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes abandonnant toute référence au gaullisme a même été jusqu'à suggérer que l'Assemblée ait le dernier mot après une décision du Conseil constitutionnel autrement dit suggérer l'abolition de l'ordre juridique interne. Et donc, à toutes les crises déjà évoquées, le président de la République a ajouté une crise institutionnelle.
Pourtant, ce début d'année 2024 devait être le moment, le grand moment du grand rendez-vous du président avec la nation. Après tout, un remaniement ne peut pas servir exclusivement à masquer des reniements. Une nouvelle équipe, c'est aussi normalement un nouveau cap, un nouvel élan. Et rendez-vous avec la nation, c'est aussi l'idée de vouloir la réunir, la fédérer autour d'une vision. La nôtre, c'est celle de la République écologique et sociale. Voilà le projet, l'objectif commun, le dessin partagé qui peut unir toutes les générations de Françaises et de Français. Mais qu'avons-nous entendu en lieu et place ? La reprise d'un slogan d'Éric Zemmour pour que la France reste la France.
Mais la France républicaine n'est pas une nostalgie, une image sépia, un âge d'or mythifié. Elle est un horizon, la volonté, chaque jour renouvelée, d'avancer sur le chemin de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Une vision, c'est un tableau sur lequel se dessine un avenir désirable. Mais Emmanuel Macron est, lui, un peintre en trompe-l'œil. Un jeune Premier ministre ? Très bien. Pour marquer un nouveau départ, tirer les conséquences des erreurs passées ? Non. Non, un jeune Premier ministre pour masquer les chevaux sur le retour du sarkozisme. Ce retour, plus gravement encore, illustre l'abandon de principes qui portaient les dernières marques d'un progressisme.
Aucune femme pour administrer les fonctions régaliennes de l'État. Une ministre de la Santé qui s'est prononcée contre le mariage pour tous, qui n'a jamais porté la constitutionnalisation de l'IVG, qui est plus que réservée sur le droit à choisir sa fin de vie. Une ministre de la Culture, mise en examen pour corruption et trafic d'influence, entrée au gouvernement pour chercher, on l'aura vite compris, une rampe de lancement pour les municipales à Paris. Une ministre de l'Éducation qui pratique le séparatisme scolaire, l'entre-soi bourgeois, la stigmatisation des enseignants de l'école publique pour mieux justifier son choix du privé.
Mais surtout, si l'on en revient au fond, l'école, elle a besoin de nouveaux hussards de la République. Pas d'uniforme. J'étais il y a quelques jours à Nevers. Figurez-vous qu'à la rentrée prochaine, seuls les enfants qui sont en quartier politique de la ville auront à porter l'uniforme. Comment mieux dire que cette réforme, qui était censée être le moyen de ne plus distinguer, ne vise en rien à effacer les différences, mais qu'elle peut même devenir un stigmate social ? La réalité, c'est celle que nous portons depuis longtemps. Comment rendre à nouveau attractif ce métier que l'on a longtemps qualifié du plus beau métier du monde ?
Comment peut-on accepter de si maltraiter ces femmes et ces hommes qui ont la responsabilité de nos enfants et qui ont entre leurs mains à la fois notre avenir et ce qui est le plus précieux à nos yeux ? J'entends qu'il faut réinstaurer le respect de nos professeurs. Très bien, je partage, nous partageons ce vœu. Mais bien, si cette question du respect se pose, il faut que l'État commence lui-même par manifester ce respect en redonnant les moyens aux services publics de l'éducation de fonctionner. Et j'appelle à ce titre les socialistes, qu'ils soient enseignants, parents d'élèves, retraités, à se joindre au cortège enseignant ce jeudi 1er février.
L'autre grand sujet du moment, c'est évidemment l'inflation. L'inflation a rongé le poids d'achat des Français. 10,8 millions de personnes, soit 16% de la population, n'ont pas les moyens de s'alimenter comme elles le devraient pour être en bonne santé. Les chiffres sont de l'association Famille Rurale. Et c'est le moment où Bruno Le Maire a précisément fait le choix de ne pas honorer le chèque alimentation pourtant annoncé par le chef de l'État. Vous relèverez que le Président s'est en revanche engagé à une baisse d'impôt de 2 milliards l'année prochaine. La belle affaire.
Dans le même temps, le Président aura prélevé 12 milliards d'euros sur les mêmes via l'augmentation de près de 10% du prix de l'électricité. Je laisse à chacun faire le calcul des gains et des pertes. 2 milliards annoncés, 12 milliards prélevés. Chacun a compris là où se loge l'arnaque. Le travail doit payer. Un travailleur sur 5 en agriculture est désormais payé au SMIC. J'entends le Premier ministre, son ministre de l'Intérieur, chercher en permanence à opposer les Français qui travaillent à de supposés fainéants. Il loue la valeur travail mais sans jamais accorder la moindre valeur au travail.
Où est cette grande conférence sociale et fiscale où seraient remises à plat toutes les exonérations de cotisations pour les conditionner à la revalorisation en priorité des premiers de corvée. Les dispositifs d'exonération sont en hausse constante et sont le triple d'il y a 10 ans. Les allégements de cotisations sociales vont aujourd'hui jusqu'à 3,5 SMIC. Les allégements sur les bas salaires ne représentent eux que 50% du coût total.
Où est la grande conférence sociale qui évoquerait les conditions de travail dégradées, les politiques de flux tendus, la sous-traitance qui n'est souvent que l'externalisation de l'exploitation en témoignent les accidents du travail qui sont deux fois plus nombreux que dans les établissements d'honneur d'ordre, l'explosion de l'intérim qui n'est choisie que par 9% des salariés qui y ont recours, l'abus des contrats courts quand on sait que la France est, avec la Croatie, l'un des deux pays de l'Union européenne ayant le plus fort taux de recours à ces contrats parmi les emplois salariés. Grand rendez-vous, là encore, manqué sur le logement.
Le président et le Premier ministre n'ont pas cru utile de nommer un ministre de plein exercice pour le logement. 70 ans après l'appel de l'abbé Pierre, je ne vais pas essayer de l'imiter mais rappelez-vous de ces mots, mes amis au secours, une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3h sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel avant-hier on l'avait expulsé. Chaque nuit, ils sont plus de 2 000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d'un presque nu. Ce ne sont plus 2 000 mais 330 000 de nos concitoyens qui sont à la rue dont, nous dit-on, 3 000 enfants.
4 millions de nos concitoyens sont mal logés tandis que 3,1 millions de logements restent vacants. Les 400 domiciles fixes qui sont décédés, ces doutaniers, ont été tués autant par la météo que par la froide indifférence des pouvoirs publics. Les réquisitions des bureaux vides qui servent juste à la spéculation immobilière doivent être réquisitionnées à minima pendant l'hiver. La construction de logements sociaux doit être urgemment relancée et chacun sait le poids qu'a pris la diminution des APL dans la panne aujourd'hui constatée. Le grand rendez-vous aurait dû aussi évoquer la question de l'accès aux soins. Accès aux soins devenu impossible dans les déserts médicaux.
L'hôpital est à l'agonie. Combien de temps faudra-t-il pour revaloriser ces métiers du soin ? Combien de temps faudra-t-il pour réguler l'installation des médecins comme c'est le cas pour les pharmaciens, pour les infirmières ? Le grand rendez-vous aurait dû évoquer le problème ou plus exactement les solutions qui doivent être trouvées pour le grand âge. Et la loi grand âge a malheureusement été abandonnée. alors même que le scandale Orpea est encore tout frais. Tout est pourtant sur la table. Rapport, je pense à celui de Christine Pires-Bone. Proposition, je pense à celle de Jérôme Gage. L'Assemblée s'est même prononcée pour un débat conclusif en 2024.
L'ambition d'assurer la dignité de nos aînés jusque dans leurs derniers mois mérite mieux que des effets d'annonce. La bifurcation écologique aurait dû aussi être un des grands éléments du discours présidentiel. Elle n'est pas une option, elle est un impératif. Il n'est plus possible de se limiter à la comparaison avec ceux qui font pire, exercice dans lequel le président excelle. Ses propres experts ont exigé des moyens, 34 milliards d'euros par an, en rétablissant un ISF climatique. Mais chacun l'a compris, là encore, « Make our planet great again » était un trompe-l'œil et n'était pas le dessin présidentiel.
Je m'arrête évidemment un instant sur l'actualité de la crise agricole qui n'avait pas été anticipée alors même que les signes avant-coureurs étaient nombreux. Il y a un bon sens paysan qui est désormais vanté par tout le monde, il y a aussi un bon sens populaire. Ce bon sens populaire, il dit quoi ? Il dit que quand il y a des prix de l'ayentation qui ne cessent d'augmenter mais que dans le même temps le revenu des paysans ne cesse de baisser, il y a un sujet qui est celui de savoir où va l'argent. La droite et l'extrême droite voudraient tirer profit de la colère en désignant l'écologie comme la cause de tous les maux. La norme, voilà l'ennemi.
Il y a, bien entendu, des simplifications à opérer. 14 règles pour tailler une haie, c'est certainement 13 de trop. Mais désigner les écologistes comme l'adversaire, faire du Green Deal le coupable, c'est éviter de traiter le problème à la racine, l'effort déséquilibre des rapports de force qui fondent désormais les rapports de négociation au sein des filières agroalimentaires, notamment avec la montée en puissance des industries agroalimentaires et la concentration de la distribution. Les rapports d'échange au sein des filières agroalimentaires sont fortement biaisés et jouent sur le prix des produits agricoles comme variable d'ajustement.
Les échanges au sein des filières agroalimentaires sont fortement déséquilibrés. Les grands groupes agroalimentaires Bessnier, Lactalis et ceux de la grande distribution au champ, par exemple, détiennent le pouvoir de redistribution du prix d'aval vers l'amont. On connaît une multitude d'exemples de pressions d'entreprises souvent multinationales qui font bien peu de cas des intérêts des producteurs français. Quand le marché mondial se durcit, le chantage à la délocalisation devient alors un leitmotiv pour demander aux producteurs de poursuivre la course à la productivité avec tous les dégâts économiques, sociaux et écologiques qui l'accompagnent.
Et les échanges internationaux dérégulés sont aussi fortement producteurs, porteurs de véritables distorsions de concurrence. Réduits à l'état de matière première, ces produits agricoles sont le plus souvent soumis à une concurrence effrénée par les prix encourageant pour survivre les producteurs à s'engager dans une course permanente au gain de productivité. Les spéculations favorisées par le statut de matière première de ces produits sont dévastatrices tant pour nos producteurs européens que pour ceux des pays en développement.
Les crises successives que vivent les agriculteurs français soumises à une volatilité des prix mondiaux sans maîtrise laissent une part significative de ceux-ci dans une situation exsangue voire désespérée. C'est là encore le tout-marché qui est à l'origine de l'exaspération de nos paysans. Et depuis la cordère, connaissez la formule entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. Alors, quelle est la solution ?
Pour préserver en France une agriculture viable économiquement, mais aussi respectueuse de l'environnement et aménageuse du territoire, il faut réintégrer la valeur ajoutée agricole dans la construction de valeur du produit alimentaire. En clair, même s'il est trop long de développer ici, la pression au bas prix sur l'alimentation n'est pas tenable. Vous connaissez les chiffres, nous utilisons aujourd'hui environ 15% de nos revenus pour nous alimenter, c'était deux ou trois fois plus il y a 50 ans. Il faut payer nos éleveurs, nos agriculteurs à l'acteur de leurs efforts.
Et la réalité, c'est qu'il n'est pas normal de laisser s'envoler le prix, par exemple, du logement, ce qui a indirectement des conséquences sur ce que les ménages sont disposés à payer pour se nourrir correctement. Tout est lié. Ça peut paraître très indirect, mais la réalité, elle est là. Quand la pression sur les prix se fait ailleurs, évidemment, il y a une pression à la baisse sur les prix de l'alimentaire et au bout de la chaîne, ce sont les paysans qui trinquent. Nous devons commencer par jouer sur la TVA, sur l'alimentation, comme ça a été décidé en Espagne par Pedro Sanchez. Il faut assurer une véritable régulation des échanges au sein des filières agroalimentaires.
Il y a un enjeu à une véritable lutte contre les abus de position dominante, les chantages des référencements, le respect des prix minima rémunérateurs pour les producteurs, interdire les ventes à perte, une contractualisation de moyen terme permettant de donner de la visibilité aux agriculteurs. Il faut évidemment donner à une PAC profondément rénovée le rôle central de réorientation de l'agriculture vers l'agroécologie.
Comme je n'y reviendrai pas, je le dis au passage, la perspective de l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne est une perspective que nous soutenons, mais elle n'est possible qu'à la condition, évidemment, que l'Europe réforme ses propres modes de fonctionnement et notamment la PAC qui ne peut pas être prolongée dans les conditions actuelles. L'agroécologie doit être le leitmotiv de la PAC. La problématique écologique doit être inscrite dans la problématique économique en prenant totalement en compte la construction du revenu agricole. Et s'il y a un surcoût, il doit être rémunéré.
La PAC doit accompagner financièrement de façon équilibrée toutes les exploitations, jouant le rôle de la réorientation et remettant en question les fortes inégalités de distribution des aides directes. Là aussi, vous connaissez les chiffres, même s'ils sont contestés. Il y a à peu près... Alors, Dominique Potier serait là et me corrigerait, mais je sais qu'on dit que 20% des agriculteurs prélèvent 80% des revenus issus de la PAC. Dominique Potier, après le rapport qu'il vient de commettre, nous dit que c'est plutôt en France de l'ordre de 56% qui prélève 80%. Mais les faits sont là, ils sont têtus et il y a aujourd'hui nécessité de remettre en question ces fortes inégalités de distribution.
Il faut également préserver une PAC régulatrice qui lutte contre les fluctuations de marché destructrices du tissu de production et qui prend en compte les variations climatiques et les contraintes du réchauffement et qui ne laisse pas aux produits phytosanitaires le seul rôle d'assurance contre-aléatoire. Il faut sortir de l'hypocrisie que constitue la signature d'accord de libre-échange bilatéraux et multilatéraux avec des pays tiers qui autorisent notamment l'entrée sur le marché européen des produits ne respectant pas les règles imposées à nos propres agriculteurs.
Et de ce point de vue, nous sommes favorables à de véritables écluses aux frontières européennes qui permettent de réguler le marché. Il n'est pas possible de demander des efforts à nos agriculteurs et laisser ouvert le marché européen à des gens qui n'en respectent aucune des normes que nous nous imposons à nous-mêmes.
On ne peut également se satisfaire des conditions de concurrence intracommunautaire actuelles, je pense à la volaille, aux fruits et légumes, tant que l'Europe ne sera pas dotée de règles communes en matière fiscale ou sociale, on assistera à des échanges fortement biaisés par des différentiels de coûts de production constitutifs de véritables distorsions avec des mouvements de délocalisation à la clé. Je me souviens d'une campagne où on parlait de concurrence libre et non faussée. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, la concurrence, elle est peut-être libre, mais elle est parfaitement faussée par ces distorsions.
Alors, vous me direz que toutes ces politiques coûtent cher et qu'il n'y a pas d'argent magique. Certes, il n'y a pas d'argent magique, mais il y a des magiciens qui arrivent tout de même à nous faire croire qu'ils sont pauvres alors même que quand tous les Français se serrent la ceinture, ils arrivent à accroître de manière exponentielle leur fortune. Puisque les crises se multiplient et se cumulent, que les inégalités explosent, il est grand temps d'avoir un discours de vérité. C'est le moment de responsabiliser, y compris le CAC 40. Le président aurait pu dire pour ce grand rendez-vous, vous venez de réaliser des nouveaux records.
100 milliards d'euros, 100 milliards d'euros, à comparer aux 6 milliards qui nous manquent pour permettre de ne pas augmenter le tarif de l'électricité des Français ce 1er février, 100 milliards d'euros viennent d'être distribués sous forme de dividendes ou de rachats d'actions. Et donc, il aurait pu leur demander, leur dire, vos revenus explosent quand les Français souffrent de l'inflation, que 4 millions de nos citoyens sont mal logés, que l'hôpital souffre, que la transition écologique patine, que nos anciens sont maltraités dans nos EHPAD. Eh bien, chacun doit contribuer à l'effort national à proportion de ses moyens.
C'est la raison pour laquelle je vous appelle à une solidarité exceptionnelle. Voilà ce que j'appelle le réarmement civique. J'avoue que si ce discours avait été prononcé, nous aurions été les premiers à applaudir, les premiers à lui emboîter le pain. Parce que le réarmement civique, ça ne peut pas être simplement de s'attaquer à ceux qui n'ont rien ou qui ne sont rien selon les mots du président.
Ce n'est pas de chercher à dicter une conduite quand on sait très bien que ces conduites sont aussi très liées aux situations vécues et que la colère qui s'exprime parfois de manière brutale et nous ne sommes évidemment pour rappeler toutes celles et ceux qui manifestent à chaque fois au calme, mais cette colère elle s'exprime parce qu'elle est le fruit, la conséquence d'injustice et donc il y a la matière à réflexion et le réarmement civique il doit commencer par le haut. L'exigence de rentabilité du capital dans le cadre du capitalisme actionnarial a conduit à une contraction de la part des salaires, la part du travail dont la valeur ajoutée ne cesse de diminuer.
Comment mieux dire que la répartition entre ceux qui détiennent le capital et ceux qui n'ont que leur force de travail à proposer n'a cessé de diminuer et que donc nous devons maintenant faire en sorte que tout ça change ? Je donne un chiffre un seul une taxe mondiale qui fixerait l'imposition minimale des bénéfices des grandes entreprises pour l'instant c'est à 15% et bien rapporterait 170 milliards par an aux Etats européens.
Là aussi il y a de quoi réfléchir et quand je dis 25% de taux minimale il faut se rendre compte de ce qu'est la fiscalité actuelle se rendre compte de qui paye aujourd'hui des impôts on nous parle toujours le MEDEF nous parle toujours de la TPE et de la PME mais la TPE ou la PME elle paye beaucoup plus en réalité que la grande entreprise qui elle par les biais de l'optimisation parfois malheureusement de la fraude fiscale s'exonère de ce civisme élémentaire qui revient à payer des impôts dans le pays dans lequel on est accueilli dans le pays qui a formé les salariés dans le pays qui a créé les services publics qui permettent d'avoir un service de qualité j'ai beaucoup parlé de la situation française européenne je veux dire malgré tout un mot de la situation préoccupante du Proche-Orient le conflit n'a pas commencé le 7 octobre la répression le blocus israélo-égyptien de Gaza la colonisation tout ça a des racines bien plus profondes mais nous l'avons dit et nous le répétons rien à nos yeux ne justifie ni n'excuse le viol le massacre de jeunes à une rêve partie l'exécution de bébés le kidnapping d'otages y compris d'enfants et tout cela ne relève pas d'un acte de résistance mais bien d'actes et de crimes terroristes les actes du Hamas doivent donc être condamnés comme leur projet politique qui n'est pas la paix et qui exclut toute coexistence pacifique avec l'État d'Israël notre condamnation est donc totale le terrorisme n'est pas un moyen d'expression mais c'est la raison pour laquelle nous avons exprimé notre solidarité avec les familles des victimes et le peuple israélien traumatisé mais nous avons aussi immédiatement refusé le scénario du pire cette tentation du pire elle est portée à la fois par le Hamas mais aussi par l'extrématique israélienne qui sont au fond les co-responsables les co-criminels de la fin des accords d'Oslo ils ont les uns et les autres contribué à la mort de Dittsak Rabin la riposte ne peut pas être la vengeance aveugle notre soutien à Israël comme à toutes les démocraties visées par le terrorisme à ses limites dans le respect du droit international contrairement à la majorité nous avons posé dès le départ des bases claires à ce soutien le droit humanitaire doit être respecté le siège de Gaza n'est pas acceptable la déshumanisation des palestiniens est une insulte à notre commune humanité infliger une punition collective à des populations civiles est insupportable les milliers de vies arrachées les dizaines de milliers de blessés les enfants mutilés les hôpitaux dévastés les opérations sans anesthésie rien de tout cela n'est acceptable et notre conviction est inchangée il n'y aura pas de paix durable dans un état palestinien et sans garantie de sécurité pour Israël les zigzags du président de la république ont rendu inaudible la parole de la France et affaiblit la parole de l'Europe dans un moment où au contraire nous avions besoin de toute sa puissance et de toute sa force pour imposer un cessez-le-feu et le retour des otages tous ces enjeux que je viens d'évoquer sont nos combats de demain sécurité défense agriculture modèle social souveraineté scientifique médicale alimentaire coût de l'énergie nombre de ces sujets que je viens de traiter ont leur prolongement en Europe le 9 juin doit permettre de faire basculer l'Europe du libéralisme vers le socialisme écologique une petite vingtaine de sièges seulement c'est par la droite européenne du parti socialiste européen les socialistes français joueront un rôle particulier puisque nous n'avions que six sièges dans l'assemblée sortante et que donc nous pouvons par notre score contribuer à cette victoire au plan européen je soumettrai donc au vote des militantes et des militants le 10 février une liste conduite par Raphaël Glucksmann depuis cinq ans nous travaillons en parfaite harmonie et je me réjouis de voir que désormais plus aucun socialiste n'évoque à son sujet et au sujet de sa candidature une stratégie de l'effacement ce choix d'ouverture nous a permis d'adresser il y a cinq ans un message clair à l'attention de toute la gauche et des écologistes nous n'avons pas vocation à l'hégémonie mais notre ambition est de réunir l'ensemble des forces qui peuvent demain interrompre la montée devenue inexorable de l'extrême droite la légitimation de l'extrême droite par le pouvoir actuel l'a disqualifiée pour drater ce combat après la loi retraite les coûts répétés à l'assurance chômage l'inaction écologique le déni démocratique la loi immigration a été un moment de bascule le verre de trop pour nombre de nos concitoyens la démonstration d'un cynisme sans borne sans mauvais jeunement j'appelle tous les républicains sincères à se joindre à nos combats pour la justice pour la bifurcation écologique pour une démocratie renouvelée le scrutin proportionnel permet à chacun de partir sous ses propres couleurs sans risque pour quiconque de ne pas se qualifier pour un second tour je proposerai qu'au lendemain de l'élection se formalise un groupe de contacts de liaisons entre toutes les délégations de gauche au Parlement européen pour donner plus de force à nos combats communs d'ici là chacun portera dans l'élection sa sensibilité sur la question européenne chacun sait nos différences d'approche nous socialistes sommes européens pas européens européens nous ne nous satisfaisons pas de la situation actuelle mais nous croyons illusoire de bâtir comme on disait dans les années 70 le socialisme dans un seul pays la construction européenne aussi imparfaite soit-elle a permis de créer un espace entre nations rivales qui ont fait de leur diversité une chance et non plus une menace cette construction est unique dans l'histoire du monde tous les grands enjeux de l'époque supposent une force qu'aucun état ne peut atteindre seul l'Europe est souvent le seul niveau ou le niveau pertinent de l'action le mandat qui s'achève aura beaucoup vu évoluer l'union européenne d'abord sous l'effet des crises suspension du pacte de stabilité achat commun de vaccins plan de relance mutualisation de la dette green deal la réalité c'est que sur tous ces sujets il y a là une porte qui peut rester ouverte mais aussi une porte qui peut se refermer on le voit dans les débats actuels au parlement européen à la commission au conseil la volonté d'en finir avec une parenthèse et d'en revenir à ce qui était l'état antérieur l'austérité on voit bien que les conflits avec le monde agricole en aux Pays-Bas en Allemagne en France peuvent conduire aussi à remettre profondément en cause le green deal alors même que toutes ces crises ont un point commun que ce soit la crise sanitaire la crise sociale la crise climatique la crise agricole c'est la surexploitation des hommes et de la nature et c'est donc la raison pour laquelle nous devons porter haut et fort nos couleurs alors j'entends les commentaires j'entends les commentaires récurrents appuyés toujours les mêmes sur une hypothétique crise de la social-démocratie européenne je veux donc vous livrer ma conviction je crois au contraire que le socialisme écologique est la seule vision qui permette un avenir commun la gauche est en crise à chaque fois qu'elle renonce à être elle-même qu'elle plie sous le poids des lobbies les intérêts des puissances financières lorsque ses visiteurs du soir lui conseillent d'oublier sa vocation se mettre au service de la multitude et refuser la domination de quelques prédateurs pour dire les choses encore plus clairement les socialistes sont en crise quand ils deviennent de vulgaires sociaux libéraux cette campagne sera donc une campagne d'affirmation de notre projet mesdames et messieurs j'en viens à ma toute fin pour vous dire que dans ce que je vous ai décrit il y a là beaucoup d'interrogations beaucoup de doutes beaucoup de craintes qui s'expriment et c'est vrai que le ciel est lourd de menaces mais selon la formule de Darlene là où croit le péril croit aussi ce qui sauve ce serait là l'honneur de la gauche et notre conviction partagée c'est que quand l'espoir rencontre la volonté nous pouvons changer le monde très belle et heureuse année à toutes et à tous et nous sommes maintenant là pour répondre à toutes vos questions avec mes collègues porte-parole de ce grand parti socialiste allez-y mais peut-être que les porte-parole peuvent venir à mes côtés comme ça on répondra alternativement il n'y a pas que
bonjour Aurélien Devernois de RFI j'avais une question concernant Gabriel Attal il prononce demain son discours de politique générale qu'est-ce que vous attendez finalement de ce programme pour les prochains mois puisque c'est ce qui est censé être présenté et est-ce que vous avez tout simplement des attentes par rapport au discours que va prononcer le Premier ministre
je ne vous surprendrai pas en vous disant qu'on n'attend pas grand chose et qu'on ne serait pas surpris de grand chose non plus je l'ai rencontré la semaine dernière avec les deux présidents de groupe à l'Assemblée et au Sénat et j'ai rencontré un Premier ministre qui avait qui assumait une forme de cynisme tranquille nous expliquant qu'il n'était pas là pour changer de cap et que tout ce que nous pouvions espérer en matière sociale économique ou écologique ne viendrait pas qu'il était là pour au contraire accélérer la politique voulue par le chef de l'État et que donc il voyait bien que sur l'IVG on peut nous retrouver d'autant plus que c'est une réforme qui a été portée par la gauche et que nous pouvions nous retrouver éventuellement sur un texte sur la fin de vie admettez que ça fait assez peu pour approuver un discours de politique générale et donc nous déposerons dans la foulée de ce discours une motion de censure puisqu'il n'a pas fait le choix de se soumettre au vote du Parlement ce qui aurait été pourtant de bonne facture et dans la tradition républicaine et nous marquerons ainsi par ce vote d'une motion de défiance notre incrédulité sur le projet qu'il formule mais malheureusement Gabriel Attal a été désigné Premier ministre pour ses qualités de communicant et reconnaissons qu'elles existent mais guerre plus quelle est la vision nouvelle portée par Gabriel Attal quel est le moment dans lequel nous sommes entrés en quoi est-il différent d'Elisabeth Borne en quoi se distingue-t-il de messieurs Castex et Philippe la réalité c'est que la seule chose pour laquelle il se distingue c'est qu'il est prêt à assumer plus encore et aller plus vite encore la seule réforme sociale qui nous est annoncée dans notre entretien c'est une nouvelle réforme de l'assurance chômage il y en a déjà eu deux qui ont restreint en fait drastiquement les droits des chômeurs de toutes celles et ceux qui connaissent un accident de parcours professionnel donc vous avez la réponse on n'attend pas grand chose et on ne sera pas surpris si vous voulez rajouter vous n'hésitez pas à prendre la parole
bonjour vous avez évoqué la liste européenne en disant qu'elle serait conduite par Raphaël Luxman est-ce que ça veut dire que ça y est vous avez conclu un accord avec place publique ou alors est-ce que c'est encore en discussion et la liste est-elle définitivement close terminée est-ce que vous avez trouvé tous les candidats
vous connaissez trop le PS pour savoir que quand une liste n'est pas déposée en préfecture elle n'est pas terminée donc on continue à discuter mais il n'y a pas plus parce que justement ce n'est pas moi qui en suis chargé il y a Sébastien Vincigny qui préside la commission électorale et qui discute avec place publique comme avec les autres sur cette question strictement liste et puis il y a des discussions qui se poursuivent sur le fond parce que évidemment un accord nous lie et nous avons vocation à porter ensemble le même discours et le même message mais si je vous dis que ça se fera avec Raphaël Glucksmann c'est parce que à place publique comme au Parti Socialiste nous savons très bien que nous allons conclure un accord nous n'avons jamais cessé de travailler ensemble depuis 5 ans et que c'est une forme d'évidence voilà et donc puisqu'il faut saisir les militants de ces choix ils seront saisis y compris de la tête de liste que nous souhaitons confier à Raphaël Glucksmann est-ce qu'on a été clairs
là ?
est-ce que peut-être est-ce que les portes-paroles veulent rajouter quelque chose en fonction de ce qui pourrait être leur sensibilité dans ce débat
tu as tout dit si ce n'est peut-être que que je dis effectivement comme on l'a évoqué nous allons avoir un mouvement de grève assez important des enseignants et je crois que dans ce temps où nous avons été je m'inclus dedans puisque je suis enseignante moi-même où nous avons été pas mal bousculés notamment par l'arrivée assez fracassante de notre nouvelle ministre qui a au moins eu le mérite de rouvrir de vieux débats et de poser la question centrale c'est-à-dire celle de la place de l'école publique dans notre pays je pense qu'il est important que nous socialistes nous soyons aux côtés des enseignants et des enseignantes ce jeudi mais c'est surtout qu'en le faisant nous serons aux côtés de notre jeunesse et de l'école de la république parce qu'il n'est pas admissible que ce séparatisme scolaire perdure et que nous assistions impuissants à des deniers publics qui vont à celles et ceux qui ont fait le choix de l'enseignement privé oui on a le choix de pouvoir scolariser ces enfants dans un établissement privé qui soit sous contrat ou pas c'est un choix personnel mais je pense que l'état ne doit pas financer au détriment de l'école publique ces établissements surtout lorsqu'ils ne sont pas en accord avec les valeurs de la république comme on a pu le voir pour l'école Stanislas mais ce n'est pas le seul donc je crois que c'est aussi l'honneur des socialistes de continuer à défendre l'école de la république et nous serons au rendez-vous ce jeudi comme nous allons continuer à être au rendez-vous à la région contre aussi des coupes drastiques qui vont impacter les établissements scolaires voulus par la majorité de Valérie Pécresse je peux dire un mot aussi moi je pense que vu que Paris est menacée d'être affamée par nos agriculteurs dire un mot de la crise qui se déroule partout en Europe dans le monde paysan je pense que Olivier l'a bien rappelé on est face à un moment de vérité en France mais aussi en Europe parce que les paysans ils se mobilisent dans tous les pays d'Europe en Allemagne aux Pays-Bas en Espagne en France en Pologne en Roumanie pour des questions différentes chez nous c'est principalement la question du revenu qui se pose mais cette révolte elle intervient dans un moment de grande transition et de bascule vers l'agroécologie pas que je casse les micros et donc nous avons des choix à faire et c'est simple d'ailleurs que ce mouvement arrive au début de cette campagne européenne puisque l'Europe elle doit choisir elle doit choisir entre d'un côté le pacte vert qui va engager la nécessaire transition écologique de notre agriculture mais en même temps elle ne peut pas faire le pacte vert et donc demander à nos agriculteurs de produire de façon plus durable d'entretenir les sols de faire tout ce qu'il faut et en plus les exposer et continuer de les exposer à une concurrence Olivier l'a rappelé qui est très largement déloyale à travers toute une série d'accords de libre-échange et donc je crois qu'au milieu de tout ce débat qui se déroule en ce moment il ne faut être dupe de rien il y a une tentative grossière de récupération notamment de M.
Bardella et de l'extrême droite sur cette gronde des agriculteurs alors même que M. Bardella les rares fois où il fait ses apparitions au Parlement européen vote pour la PAC actuelle vote ou s'abstient sur les accords de libre-échange donc nous avons une voix à faire entendre dans ce moment et la voix que nous ferons entendre sur cette question de l'agriculture et de l'agriculture au niveau européen ce sera celle de la protection et du protectionnisme écologique pour ne renoncer à rien ni à la nécessaire transition écologique ni au fait de maintenir des revenus justes pour l'ensemble de nos agriculteurs
Louis Nadeau
de Marianne vous évoquiez précisément les accords de libre-échange il se trouve que concernant l'accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande les socialistes français ont été les seuls à voter contre si je ne dis pas de bêtises le reste du groupe socialiste européen a voté en faveur est-ce qu'il n'y a pas là une contradiction au sein de la gauche européenne et si oui comment la résoudre effectivement les socialistes français la délégation socialiste au sein du groupe social-démocrate du Parlement européen nous avons voté contre l'accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande nous avons voté contre la PAC actuelle et il ne vous échappera pas qu'au Parlement européen il y a des clivages politiques mais il y a aussi des clivages d'ordre nationaux au sein même du groupe des Verts européens les Verts français n'ont souvent pas les mêmes positions que les Verts néerlandais ou les Verts allemands et tout l'enjeu de ces élections européennes précisément c'est de renforcer l'influence des socialistes français qui incarnent comment dire une avant-garde éco-socialiste et pour le socialisme écologique en Europe de renforcer cette influence au sein du groupe social-démocrate du Parlement européen qui est un groupe incontournable s'il y a eu le pacte vert c'est grâce au groupe social-démocrate au Parlement européen s'il y a eu la fameuse loi de restauration de la nature qui est une loi de protection de la biodiversité en Europe c'est grâce au poids du groupe social-démocrate européen rien ne se fait sans ce groupe et donc je crois qu'un des enjeux des élections européennes c'est quand même de renforcer la taille de ce groupe qui est à quelques sièges du groupe majoritaire du PPE tandis que les autres groupes de gauche sont moins nombreux que nous et quand je dis ça on ne met pas sous le boisseau toutes les petites divergences qu'il peut y avoir avec nos autres camarades socialistes européens on a d'ailleurs adopté on va adopter un programme commun pour ces élections européennes autour de combats communs très clairs c'est le fameux manifesto les choses bougent évoluent et l'enjeu c'est bien d'arriver à convaincre l'ensemble des partis socialistes en Europe qu'il faut renoncer à ce type d'accord de libre-échange à l'avenir pour protéger nos agriculteurs peut-être pour rebondir sur la question aussi également venant d'un territoire très oral avec 80% des terres de la Somme qui sont agricoles j'ai effectivement fréquenté de nombreux agriculteurs avec des situations très particulières et très alarmantes et puis j'entends aussi par exemple monsieur Tanguy ou d'autres députés du Rassemblement National être au final je dirais se vendre d'un protectionnisme de lutter contre le libre-échange et au final voter contre une motion de rejet du traité de libre-échange entre le Mercosur et l'UE vous voyez il y a aussi un double langage entre ce qu'ils disent dans les territoires et là je parle du Rassemblement National mais aussi pour la droite c'est le même registre et donc pour le coup au-delà des différences qu'il peut y avoir entre les différents groupes délégations pardon chez les socialistes vous voyez que même en France en tout cas dans les autres partis politiques là il y a un double langage entre ce qu'on raconte aux agriculteurs et ce qu'on fait au sein du Parlement européen voilà