S02E04 - Backseat avec Olivier Blazy, Émilie Delaunay et François Ruffin
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Mes amis, merci à toutes et à tous d'être avec nous ce soir pour cette émission, comme chaque semaine en direct sur Twitch, le 19h sur ma chaîne, en replay sur Youtube et également en podcast. Bienvenue à toutes et à tous, à toutes celles et à ceux qui nous regardent, qui discutent dans le chat, qui mettent des commentaires sur les réseaux sociaux. Merci à tous. Bienvenue, chers amis. Ce soir, on va parler de plein de trucs. On a prévu une émission assez exceptionnelle. On vient de discuter de la situation des livreurs à vélo à l'occasion du Bifor. On va se retrouver tout de suite avec mes chroniqueurs et chroniqueuses pour discuter des sujets de la semaine.
On a un sujet qu'on va traiter avec des personnes qui vont nous rejoindre sur le plateau. On va parler de l'interdiction d'accès au site pornographique pour les mineurs qui va être mis en place bientôt. Il y a eu des annonces récemment qui ont été faites. Et après la pause, on va se retrouver avec notre invité politique de la semaine. Il s'agira de François Ruffin, le célèbre François Ruffin, député de la Somme et social-démocrate, paraît-il. Il va nous expliquer ça. Voilà au programme ce soir. Et ce soir, je suis avec les meilleurs, les plus belles et les plus beaux, les chroniqueurs et chroniqueuses de Backseat. Bonsoir. Très heureux de vous retrouver. Bonsoir tous les trois.
On a un petit nouveau ce soir. On est content de l'accueillir. Raphaël Lorka.
Oui, pour votre accueil. Bonsoir. Comment ça va, Raphaël ? Un peu tendu, mais je compte sur votre accueil bienveillant.
Ça devrait le faire, Raphaël. On va voir. On va voir. Ça dépend de toi. Raphaël, tu es...
En période d'essai, j'ai bien compris.
Oui, voilà, si j'ai que t'apes, tu pourrais. Non, on est dans le thème, là. Raphaël, toi, tu bosses dans la communication, notamment dans la communication politique. Tu as écrit un bouquin qui s'appelle « La marque Macron », qui est sorti en 2021. Et tu es expert associé à la fondation Jean Jaurès. C'est ça ? Ce n'est pas ce que tu dis. Oui. Quoi d'autre ?
J'écris sur la communication. Oui. Je la prends au sérieux.
Oui.
Avec un ancrage plutôt science sociale. Moi, j'ai fait des études de linguistique.
OK.
Et donc, je travaille sur les questions de représentation, en fait, sur la construction du symbolique, sur les récits en politique, sur ce que ça signifie, développer des signes, quoi. Voilà. OK. C'est un peu comme ça que j'essaie d'approcher le politique. Donc, je l'ai fait sur Macron. Je l'ai aussi fait sur l'extrême droite. J'ai passé pendant deux ans sur l'extrême droite. J'y travaille encore sur la façon dont l'extrême droite parvenait à imposer des mots, des systèmes argumentatifs, des raisonnements, des images dans le débat public. Tout ça, il y a une part de construit qu'il faut, à mon avis, déconstruire, précisément.
OK. Eh bien, ravie de t'accueillir, Raphaël, sur le plateau de Backseat. Merci à toi d'être avec nous ce soir. On est aussi avec Chloé Riedel. Salut, Chloé. À nouveau pour ta deuxième émission. Oui. Ça fait plaisir de te retrouver, Chloé. Tu es haute fonctionnaire. Oui. Tu es la co-directrice de l'Institut Rousseau, qui est un think tank écolo de gauche. Et tu es co-fondatrice de l'association Mieux Voter, qui promeut le jugement majoritaire dans les élections. Le système de vote qui va tout révolutionner, c'est ça ?
Oui, qui va tout changer.
D'accord. Pour ceux qui ne connaissent pas, tu nous refais le topo sur le jugement majoritaire ?
Le jugement majoritaire, ça change tout à fait la façon dont on vote. C'est-à-dire que plutôt que de voter pour une personne, on évalue tous les candidats en leur attribuant à chacun une mention sur une échelle de valeurs qui va être excellent à rejeter. Et c'est un mode de scrutin qui révolutionne complètement l'élection et qui a notamment été utilisé dans une grande sélection politique en France l'an dernier qui s'appelle la primaire populaire. C'est mal terminé, mais ce n'est pas de la faute du mode de scrutin.
On en a parlé beaucoup dans Bakstit de ce sujet. Mais effectivement, d'ailleurs, je crois que c'est quand même été un moment où beaucoup de Français ont entendu parler pour la première fois de ce type de... Donc, écoute, tant mieux pour le coup de pub. Merci, en tout cas, Chloé, d'être avec nous ce soir. Usul, on se retrouve aussi. Salut, Usul. Oui, je suis de la fondation du think tank de moi-même. Voilà. Absolument. Que tu as cofondé. Oui, et que je présente. Préside. Que tu présides et que tu représentes ce soir. On te remercie. Chroniqueur sur Mediapart ? Toujours. Chroniqueur sur Blast ? Et également. Et chroniqueur sur Bakstit ? Bien sûr. Extraordinaire. Ça va, toi ? Je suis rincé.
Beaucoup de boulot ? Oui, grosse semaine. Énorme semaine. Tes dernières sorties, c'était quoi tes derniers ? Il y a eu un OLG lundi. On est revenu sur d'autres aspects de la réforme des retraites qu'on n'avait pas adopté avant. Ça fait le troisième de suite sur la réforme des retraites, mais il me semble que c'est un peu l'actu. Donc, voilà, on a donné de nouveaux éléments. Et puis sinon, d'autres trucs dont je ne peux pas encore parler. Des projets ? Qui sortiront quand ils sortiront dans les semaines à venir. Ce teasing de l'espace, ça fait plaisir. Écoute, ça fait plaisir. Super. Donc oui, dernière OLG sur la réforme des retraites.
Toi aussi, tu as interrogé Manès Nadel, qui était sur le plateau de Backseat. Avant vous, en fait, parce que c'était le mercredi. Oui, mais c'est sorti après. Oui, c'était sorti après. De toute façon, l'humanité nous a grillés parce qu'ils ont été les premiers avec BFM. Mais non, c'était une séquence intéressante et on continuera à suivre ça de près. Bon, ça va tous les trois ? Content d'être sur le plateau de Backseat. Qu'est-ce que vous avez fait de beau ces derniers temps, ces dernières semaines, tout ça ?
Nous, on s'est vus jeudi. Alors, depuis jeudi, moi, qu'est-ce que j'ai fait ? Dimanche, je suis allée chez mes grands-parents en Normandie. Oui, d'accord, très bien. Ils vont bien ? Manger un gigot, voilà. C'est aussi ça, le sel de la vie. Non, et mardi, c'était un nouveau jour de mobilisation pour les retraites. Oui. Et on a publié une tribune dans le monde avec quelques jeunes du Mouvement Climat, comme Camille Etienne, comme Gabriel Mazzolini, comme Lumir Lapré, et avec aussi des représentants des associations lycéennes comme La Fage et La Voix Lycéenne.
Parce que c'est vrai que depuis le début de cette mobilisation, on dit souvent, mais vous les jeunes, pourquoi est-ce que vous investissez ? Pourquoi est-ce que vous manifestez ? Vous n'allez même pas encore commencer à bosser. Eh bien, nous, on voulait souligner dans cette tribune qu'on a à subir une double injustice, à la fois climatique, parce que quand on aura l'âge d'être à la retraite, on aura à survivre dans un monde à plus 3 degrés de réchauffement, et puis aussi social, parce qu'on sait aussi qu'on aura à travailler plus. Et donc, on veut, on voulait, à travers cette tribune, questionner aussi, appeler nos aînés à nous laisser un autre héritage que celui-là.
Ok, intéressant.
Et à remettre le travail à sa juste place. On veut travailler moins et mieux.
Ok, d'accord. Tu as eu des retours déjà sur cette tribune ou pas encore ?
Ben ouais, non, mais...
Le gouvernement réfléchit... A entendu.
Il a entendu le message et retire la réforme. Je vous la donne pour voir en direct sur le backseat.
Ils viendront nous le dire sur le plateau de backseat, j'espère. Raphaël, tu as signé une tribune ? Toi, tu as pris position dans le débat public ? T'es comme moi, t'es un peu.
Alors moi, pareil, j'ai vu ma famille ce week-end. Non, non, alors, je ne pensais pas forcément parler de ça, mais j'étais très marqué par l'échange que vous venez d'avoir, là, avec Livreur. Ça m'a fait penser à des réflexions du philosophe Jacques Rancière, qui avait des trucs très intéressants sur le partage...
Tout de suite, toi, tu droppes un philosophe... Non, non, mais... Non, mais vas-y, mets là-bas. Non, mais...
Au début, je me suis dit, tiens, c'est marrant comme une émission politique, mais en fait, c'est éminemment politique, ce sujet. Ah bah... Il disait la chose suivante, il disait, mais en fait, le propre du politique, c'est de donner la parole à ceux qui ne l'ont pas, et c'est de rendre visibles les invités.
C'est dans la thématique rue fin, oui, oui.
Non, mais je prépare le terrain. C'est un produit conceptuel, dans un premier temps.
Moi, je vais proposer un challenge, c'est d'arriver à placer un autre mot que politique après le mot éminemment.
D'accord.
J'ai jamais entendu éminemment avec quoi que ce soit d'autre que politique derrière.
C'est éminemment dramatique. C'est beaucoup plus rare, beaucoup plus rare. Beaucoup plus rare. Non, ça m'a fait penser à un film génial, Rien à foutre. Ouais, c'est super, ce film. J'ai pas vu. Le titre est très mauvais, par ailleurs, je trouve. Ok, ok, ok. C'est un film avec Adèle et Chapoulos, sur précisément des stewards et des hôtesses de l'air, dans une compagnie aérienne qu'on devine être Ryanair, en fait.
Ouais.
Et ça raconte leurs conditions de travail, et surtout, il y a une scène géniale, et ça m'a fait penser à ça, cet échange avec les syndicats, où à un moment donné, elle, elle déboule, elle est Ibiza, donc c'est vraiment la vintenaire qu'on n'a rien à foutre, précisément. C'est pour ça que le titre... Mais elle rencontre des syndicalistes qui disent, mais fais la grève avec nous, c'est pas possible, les conditions traînent. Et là, il y a un choc culturel. On leur dit, mais attendez, mais vous, vous êtes cinquantenaire, moi, les syndicats, j'en ai rien à faire. Je ne sais même pas ce que j'ai fait la semaine prochaine, alors là, pour projeter dans le futur.
Et je trouvais que ce film mettait bien l'accent sur cette espèce de choc culturel, y compris générationnel, dans le secteur, non pas les livreurs de vélo, mais aussi des stewardes et des hôtesses de l'air. Et je trouvais que c'était un bon point, enfin, un bon exemple sur les mêmes problématiques, en fait.
Eh bien, écoute, je ne sais pas sur quelle plateforme il est dispo, ce film, ou s'il se pirate allègrement. Mais ne faites pas ça, c'est illégal. Bon, bah cool. Du coup, les amis, on va discuter, sauf si, Jules, tu veux nous parler de ton gigot ? Non, non, non, c'est bon. Allez, on va enchaîner, les amis, avec les sujets de la semaine. C'est parti pour les sujets de la semaine. Alors, l'actu de la semaine. Il y a une actu, mais de toute façon, ça commence vraiment à devenir le fil rouge, et tu l'as dit, Jules, de l'actualité en ce moment.
C'est cette réforme des retraites, la grande bataille de ce deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron, en tout cas de ce début de deuxième quinquennat, qui continue dans la rue avec une nouvelle journée de mobilisation qui a eu lieu hier, non, mardi, pardon, mardi dans toute la France, une nouvelle journée de mobilisation qui est prévenue samedi, si je ne dis pas de bêtises, et entre-temps, l'arrivée en séance publique à l'Assemblée nationale de l'examen du texte que les Français ont pu suivre sur la chaîne Twitch de Jean Macier. Et donc, voilà, on arrive dans ce moment hautement important où l'institution et le mouvement social avancent en parallèle.
On a vu à l'Assemblée nationale des images très spectaculaires. On sent les députés NUPES unis et avec une vraie volonté de faire venir dans l'hémicycle cette ambiance de la rue, ce rejet massif et franc de la réforme des retraites. C'est à ça que ça sert, un député d'opposition aussi, à se faire le relais d'une protestation et tout. Donc, ils sont complètement dans leur rôle.
Et de l'autre côté de l'hémicycle, on a une majorité, une majorité renaissance qui subit beaucoup, du coup, cette ambiance qui est mise par les députés NUPES et qui, en même temps, continue à essayer de travailler avec les députés, les républicains, qui, eux, savent très bien qu'ils sont le pivot de cette réforme et ils font monter l'enchaire très cher. C'est aussi leur rôle. Ils sont dans le leur. Comment vous analysez, vous, cette dernière semaine qui s'est passée sur le front de la réforme des retraites ? Une semaine éminemment politique, bien sûr. Donc, non, non, moi, c'est vrai que je suis plus les mouvements sociaux que ce qui se passe à l'Assemblée.
C'est pour ça qu'on est complémentaires. Voilà, chacun son boulot. Donc, moi, je suis allé voir des syndicalistes et tout. Qu'est-ce qu'ils t'ont dit, eux, du coup ? Oh, ben, ils m'ont dit, apparemment, il y avait un peu moins de monde mardi, mais la grosse date, parce qu'en fait, la CFDT a plutôt mis le paquet sur le samedi. Et moi, je me disais, le samedi, ça va être nul à chier et tout. Mais apparemment, ils vont y aller à fond le samedi, et puis ce qui est intéressant, c'est que là, on a aussi les dates de l'intersyndicale qui n'est pas opposée à l'idée que ça démarre en reconductible à partir du 7 mars. Ah, on est rassurés.
Alors, tu peux expliquer aux gens qui nous écoutent de quoi on parle quand on parle de reconductible ? C'est-à-dire une grève où on dit, ce jour-là, on commence. Mais on ne dit pas, on peut la reconduire chaque soir si on le vote entre nous. Et donc, c'est une grève qui peut être potentiellement beaucoup plus longue et qui a pour but d'épuiser, enfin, de voir qui sera épuisé le premier entre les grévistes et l'économie, dirons-nous. Parce que jusqu'à présent, on a des journées d'action. Donc, c'est un jour de grève manif. Et là, on irait potentiellement vers un durcissement du mouvement. Donc, l'étape suivante, c'est OK. Et il y a plusieurs trucs intéressants.
C'est que là, bon, il s'avère que les facs commencent un petit peu à débrayer, qui avaient été timides au début. Mais on a vu une petite séquence où Louis Boyard est allé voir Rennes 2 et a demandé à Rennes 2 de se mettre en grève, de faire le blocage, surtout. Rennes 2, la rouge, qui était censée impulser le mouvement pour les autres. Et puis, on a vu, en effet, un petit peu partout, peut-être une quinzaine de facs, je crois, en France, avec des perturbations, en tout cas mardi, qui avaient commencé un peu le lundi. Et puis, il y a des trucs qui ont été débloqués. On a envoyé les CRS à Rennes aujourd'hui, il me semble. Et il y a quand même d'autres...
Voilà, on est plutôt sur un début dans les facs que sur la fin, parce qu'ils ne s'étaient pas mis en marche tout de suite. Et il y a un autre truc qui est intéressant sur la date du 7 mars, c'est que le lendemain, c'est le 8 mars. Et je trouve ça assez habile. Et alors ? Le 8 mars, c'est la journée internationale des droits des femmes. C'est éminemment politique. C'est éminemment le droit des femmes. Et du coup, il y a l'idée de colorer aussi cette mobilisation de thématiques féministes, parce que l'opinion publique a aussi intégré que les femmes étaient les grandes perdantes de cette réforme. Et donc, de marquer ce truc-là par le démarrage, le 7, pour continuer le 8. Voilà.
Il y a un sujet sur lequel je voulais vous entendre aussi tous les trois. On en a parlé quand on préparait cette émission. C'est l'ambiance dans laquelle se passent ces manifs du côté de la sécurité. On a le souvenir d'un violent durcissement du maintien de l'ordre à partir de la réforme travaille la loi El Khomri en 2016. Le mouvement des Gilets jaunes, qui a été très violent, des images spectaculaires, etc. Tout le monde s'en souvient. Et là, ce mouvement de grève des retraites, on parle de millions de personnes dans les rues, et, semblerait-il, moins de castagnes, de casses du côté de manifestants plus radicaux, voire de policiers qui y vont moins fort, moins de charges.
Est-ce que c'est dû à un changement de doctrine du maintien de l'ordre avec le nouveau préfet de police qui n'est plus d'idéal allemand ? Est-ce que c'est le gouvernement qui a décidé de lever le pied ? Est-ce que c'est parce que c'est les syndicats ? C'est quoi ? Chloé ?
Non, moi, je pense que s'il y avait eu un changement dans la doctrine de maintien de l'ordre français, on l'aurait su. Et par ailleurs, ces manifestations, elles ont lieu ailleurs qu'à Paris, donc ce n'est pas que l'Allemand qui est concerné. Je pense que c'est un mouvement vraiment d'ampleur. On voit qu'il y a des mobilisations qui sont massives dans les petites villes, dans les villes moyennes. Et ça pose question parce que ces manifestations, elles se déroulent dans le calme. Donc ce n'est pas un changement de doctrine de maintien de l'ordre, c'est plutôt que l'intersyndicale tient le mouvement. Et que ce mouvement n'est pas entendu, alors même qu'il est massif.
Et c'est vrai que tu as parlé des gilets jaunes. J'entendais notamment Laurent Berger qui disait 300 000 gilets jaunes avec des faits de violence incontestables, on se rappelle de l'Arc de Triomphe, etc., font plier le gouvernement très rapidement, obtiennent 10 milliards. On parle du déficit qui justifie cette réforme des retraites. Et un mouvement qui rassemble des millions de Français partout en France, pacifique, lui, ne se fait pas entendre. Donc c'est quoi la prochaine étape ?
Ça pose une question grave.
Est-ce que c'est la violence qui marche ? Exactement, ça pose cette question. Et puis peut-être que franchement, en fonction de ce qui se passe à l'Assemblée nationale, pour l'instant, il n'y a pas de majorité. Si le gouvernement recourt à des mécanismes que tu connais bien, Jean, soit à l'article 47.1 qui permet de légiférer par ordonnance, c'est-à-dire de dire « Bon, le Parlement, là, vous mettez trop de temps à vous mettre d'accord, donc nous, on va légiférer quoi qu'il arrive, outrepassant votre pouvoir. » Il est question qu'ils recourent à ça s'ils n'ont pas de majorité, ou alors au 49.3. Mais là aussi, c'est une violence symbolique qui sera exercée.
Et moi, je trouve que c'est assez triste cette semaine, parce qu'on a l'impression d'une sorte de faillite démocratique, quoi, où le gouvernement nous amène vers une situation de violence, probablement.
– Je suis d'accord avec toi. Je continue à m'interroger à haute voix sur la réelle importance que tiennent les débats dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale pour les gens. Malgré la qualité de mon travail sur ce sujet, mon suivi assidu des travaux à l'Assemblée nationale, je me pose toujours la question de savoir si les grévilles, si les gens mobilisés, mobilisables, en ont vraiment quelque chose à foutre de savoir si l'article machin et tout. Je pense que 49.3, c'est très symbolique, très violent. Et ça, les gens, ça percute. 47.1, je ne suis pas sûr, motion référendaire. Enfin, voilà, je pense qu'il y a beaucoup... C'est une vraie question que je pose.
À part les passionnés de politique, est-ce que les gens, ça les intéresse vraiment ? Je ne sais pas. Raphaël ?
Non, c'est une question intéressante et je pense qu'elle est liée à la question de la violence, en fait. C'est que ce n'est pas tout à fait un hasard qu'il y a eu des gilets jaunes dans un moment où l'Assemblée nationale n'était pas perçue comme étant très représentative et où les débats se passaient à l'Assemblée nationale. C'est comme une théorie à laquelle j'adhère assez. C'est l'idée sur laquelle l'Assemblée nationale sert aussi de catharsis symbolique. C'est-à-dire que c'est le moment où les gens, mine de rien, se disent qu'il y a quand même des gens qui me représentent et qui portent ma voix au plus haut sommet des débats politiques, qui sont éminables. Je vais arrêter de faire ça.
Non, mais c'est important. C'est d'ailleurs, c'est pour ça que la stratégie de la NUPES a été très importante, de donner à voir des profils très différents de prise de parole dans l'Assemblée nationale. La prise de parole de François Ruffin, on va en parler tout à l'heure avec lui, mais Rachel Kéké a été très soulignée quand même.
Oui, bien sûr.
Quand elle dit, mais attendez, mais qu'est-ce que vous connaissez, vous autres gouvernements, de soulever des poids lourds, de changer 40 draps dans une matinée ? Qu'est-ce que vous savez de tout ça ? Bon, mine de rien, c'est pour ça que c'est lié à la violence. C'est-à-dire que quand on n'arrive pas à voir sa parole portée au plus haut sommet et dans les débats démocratiques à l'Assemblée, où est-ce qu'elle peut s'épuiser, cette parole, cette tension et cette colère, si ce n'est dans la rue et dans la violence ?
C'est ça, je vois le côté cathartique dont tu parles, c'est-à-dire que les étudiants ont vu un Louis Boyard hurler dans l'hémicycle et ça leur a probablement fait du bien à beaucoup d'entre eux de se dire, ah bah, en fait, ça réconcilie beaucoup les gens avec la République et la démocratie, de dire, ah bah, au moins, lui, il me représente une Rachel Kéké, un Ruffin. Et de l'autre côté aussi, les gens favorables à la réforme ou au maintien de l'ordre et tout, ils entendent aussi des députés Les Républicains ou Renaissance dire non au chaos.
Je ne sais pas, franchement, je pense que vous avez né dedans et pour vous, c'est important, je pense que pour la majorité des gens, ils suivent l'info la plupart du temps aux 20h pour la plus grande partie des gens, c'est comme ça que ça informe. Précisément, il y a des capsules de 30 secondes. Oui, c'est ça, une capsule de 30 secondes.
Où il y a le combat politique qui venait à l'écran.
Oui, mais non, mais eux, ce qu'ils voient, c'est les décisions prises derrière et ils voient Macron qui fait ce qu'il veut. Donc, qu'ils aient l'impression d'être représentés. À la limite, ils ont même l'impression qu'en fait, il y a des gens qui gueulent pour eux, mais pour rien et que ça ne sert à rien de toute façon, que cette Assemblée, elle ne sert toujours à rien, alors même qu'il a une majorité relative. Et non, il y a un agacement du politique. Ils ont toujours l'impression de subir le politique. La catharsis, je vois l'idée de la représentation nationale, elle représente, c'est une espèce de mini-France qui représenterait les tendances.
Mais si au final, c'est juste du jeu, un petit peu comme on peut regarder la Convention citoyenne pour le climat, génial, c'était une mini-France, elle a proposé des mini-trucs, et puis derrière, non, elle a proposé des grands trucs, et ça a débouché sur des mini-trucs, et ce que regardent les gens derrière, c'est quoi les décisions prises, dans quelle société ils vivent, quel est l'état de leur travail, jusqu'à combien de temps ils vont bosser, et là, ça ne change pas grand-chose que Rachel Kéké ait fait un beau discours ou non. Mais je vois ce que tu veux dire, je vois ce que tu veux dire. C'est présager de l'échec du truc. C'est pour ça que c'est si important.
À ce moment-là, si tu penses ça, ça ne sert à rien de vouloir qu'il y ait une meilleure représentation de la société française à l'Assemblée nationale. C'est quand même un sujet, le fait que l'Assemblée nationale, il y ait une sous-représentation quand même, ça ne compte pas pour du beurre. Après, je suis d'accord avec toi, dans le cadre de la réforme des retraites, ça ne va rien changer et tout ça. Mais symboliquement, moi, je trouve que ça a un poids quand même.
S'il y a une Assemblée nationale qui est remplie d'ouvriers et de femmes de ménage mais qu'elle se fait rouler dessus parce que Macron, il fait ce qu'il veut, ça revient au même. Oui, OK. Comme cette Assemblée citoyenne, comme cette convention citoyenne pour le climat.
S'il y avait une majorité de femmes de ménage, Macron, il ne ferait pas ce qu'il voulait. C'est juste qu'il n'y a pas de majorité.
C'est une majorité qui est importante et c'est là, effectivement...
La question, c'est qu'est-ce qui va faire plier le gouvernement ? Est-ce qu'il est possible de le faire plier et qu'est-ce qui va le faire plier ? Quand on a une pression de la rue et une pression dans l'Assemblée, les marges de manœuvre pour le gouvernement se rétrécient. Je pense que c'est pour ça. C'est pour ça que c'est important. Si ça échoue, tout ça, le mouvement dans la rue, ce qui se passe dans l'Assemblée, tout ça sera vain et ce sera encore une fois une nouvelle couche de désillusion, une nouvelle couche de... La politique, ça ne sert à rien et les discours, ça ne changera pas la vie. C'est pour ça que c'est un moment assez charnier.
Puisqu'on dit que l'Assemblée, ça ne sert à rien et tout, je voudrais quand même qu'on revienne sur un truc qui a été voté à l'Assemblée tout à l'heure, qui est contre l'avis du gouvernement, une proposition de loi de la niche PS pour empêcher le démantèlement de EDF.
Pour la nationalisation.
Et là, on voit concrètement quand même que l'Assemblée a repris du pouvoir dans le cadre de cette nouvelle configuration et cette décision, cette loi, du coup, qui empêche le démantèlement d'EDF, elle marque pour moi un tournant historique parce que depuis le début des années 2000, on a essayé d'ouvrir EDF à la concurrence. On pensait que d'ouvrir le service public de l'électricité à la concurrence, ça garantissait des prix plus bas pour le consommateur, etc. On s'est aperçu que c'était faux et puis que de toute façon, l'ouverture à la concurrence, elle ne prenait pas en compte toutes les autres choses qui sont importantes en dehors du prix.
Et donc là, j'ai l'impression qu'on en revient, quoi, de tout ça. Et même la droite a voté avec l'EPF
pour empêcher le démantèlement de l'EDF. La particularité, tant qu'EDF, c'était aussi une volonté du gouvernement de revenir sur une prise de contrôle du public. Donc je suis d'accord. En fait, le symbole, c'est que ça vient du PS. Ça aurait été un amendement dans un projet de loi de finances. Ça serait passé à côté. Mais j'entends quand même ce que tu dis. Mais je suis comme vous. Je me pose vraiment la question de l'importance des travaux parlementaires. Il y a quand même une particularité, et moi, je l'observe, c'est qu'on ne sait toujours pas quelle sera l'issue de ce travail.
C'est-à-dire que soit on joue la montre, on attend le 47.1, donc le moment où on passe par ordonnance, et je pense que le gouvernement y aurait tout intérêt. C'est d'ailleurs, et ça je vous en parle souvent sur ma chaîne, abonnez-vous, que là, l'obstruction parlementaire n'est pas une bonne stratégie. Parce que celui qui a le plus intérêt, est-ce que ça prenne du temps ? Les débats, là, c'est le gouvernement. D'ailleurs, la NUPES a décidé d'y aller mollo sur l'obstruction et de plutôt jouer les amendements pour essayer d'obtenir des majorités sur l'article 7 et tout. On y reviendra.
Mais donc, c'est ça aussi qui rend passionnant cette mandature, c'est que ce n'est pas certain encore à l'heure actuelle, à l'heure où je vous parle, ce n'est pas encore certain que la réforme passe l'étape de l'Assemblée. La Constitution prévoit effectivement des saufs-conduits. Raphaël ?
Un point quand même, en lien avec l'Assemblée. Moi, il me semble que cette semaine, elle est très importante parce que je pense que c'est la semaine où le gouvernement a fait le deuil de la bataille de l'opinion. Ça, c'est très important. C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'en fait, toutes les courbes de sondages qui montrent le soutien à la mobilisation montrent que l'opinion, elle est cristallisée. Il y a une règle des deux tiers qui est en train de s'installer qui est très importante. C'est grosso modo, il y a deux tiers des Français qui soutiennent la mobilisation. Faits plus rares, quasiment autant, 60%, soutiennent des blocages éventuels du pays. Ça, c'est quand même énorme. C'est énorme.
C'est cristallisé. Ça ne bouge plus. C'était le cas il y a un mois, deux semaines. Ça ne bouge plus. Voilà. À l'écran, on voit la courbe. Ça ne bouge plus. Il y a une asymptote à peu près à deux tiers. Autre chie dans cette loi des deux tiers, dans une éventualité d'un pays bloqué, quelle serait la responsabilité ? Le gouvernement ou les syndicats ? Les deux tiers des Français disent le gouvernement. C'est énorme, en fait. C'est énorme. Et il me semble que cette semaine, le gouvernement a fait le deuil de cette bataille de l'opinion. Je pense qu'ils ont intérilisé l'idée qu'ils ne pouvaient plus gagner la bataille de l'opinion. Il y a deux éléments qui me font dire.
C'est un, la prestation assez bizarroïde de Elisabeth Bonn sur France 2, où elle n'est pas du tout une carte empathie, compréhension. Non, c'est... Je vous donne les éléments très clairs de réforme. Et le lendemain, lorsqu'elle est dans le JDN, nous allons bouger, elle ne s'adresse plus aux Français. Elle s'adresse à LR. Ce qui veut dire que la bataille de l'opinion, puisqu'elle est perdue, elle va se jouer à l'Assemblée. Donc il y a des choses qui se crandent quand même. C'est pour ça que je me dis qu'il y a des choses importantes qui sont en train de se passer. Ne présageons pas trop vite quand même de son issue. Usul, pour le dernier mot sur ce sujet.
Oui, mais ça, ça m'intéresse déjà beaucoup plus qu'est-ce qui va se passer à l'Assemblée. Non, mais oui, vraiment, parce qu'on a coutume de dire dans le commentaire politique classique que finalement, dans ces grands moments de mouvement social, c'est un jeu à trois parties entre l'opinion publique, le mouvement social et le gouvernement, et qu'il s'agit de gagner l'opinion publique et de la garder. Donc là, cette bataille-là, elle est pour l'instant réussie pour le mouvement social, mais ça va laisser des traces durables si le truc est passé en ordonnance. Déjà, il n'est pas dit que le mouvement social s'arrête en mode « Oh non, on a perdu, bon ben on arrête ». Ce n'est pas dit du tout.
Je veux dire, les pays s'enflamment, ça arrive. Il y a des moments comme ça où novembre, décembre 1995, ça dure longtemps. Ça dure longtemps, c'est victorieux. D'ailleurs, ça commence à... Juppé commence à un petit peu lâcher l'affaire quand il voit que les jeunes sont rentrés dedans, que ça commence à cramer des abribus, que l'opinion publique ne bouge plus là-dessus et voilà, il va se contenter du retrait du truc en gardant quand même un truc important sur la sécu, mais l'important, c'est que c'est là que ça se joue. Ils peuvent magouiller ce qu'ils veulent à l'Assemblée. C'est l'opinion publique qui compte parce que ça va laisser des traces durables derrière.
Même si ça passe, la lutte peut continuer encore derrière. Et Borne, elle va faire le fusible, elle va dégager. La carte du remaniement n'est pas encore activée, mais il commence à se dire dans les milieux autorisés qu'éventuellement peut-être. On verra, on continue à se dire. On a déjà vu des trucs votés, des lois votées, puis après qu'on pote des décrets d'application ou des trucs comme ça. Voilà, on fait bon, ok, on l'a peut-être passé, mais on ne va pas la rendre effective parce que ça, c'est inflammable. On verra ça, en tout cas. Merci à vous. On continuera à parler du sujet retraite tout à l'heure avec notre invité politique dans la deuxième partie de l'émission.
Il s'agira du député François Ruffin qui fait partie des visages à l'Assemblée qui font le lien avec le mouvement social et qui s'opposent à cette réforme des retraites. J'espère que cette émission vous plaît. N'hésitez pas à participer à son financement. C'est grâce à vous qu'on l'a fait. Allez sur le utip.io slash Jean Macier. Merci à toutes et à tous pour vos dons pour cette belle émission. Merci à vous. Chers amis, on va enchaîner en passant à la séquence suivante et on va accueillir notre chroniqueuse préférée. C'est parti pour la vie d'Adèle.
Quel public !
T'as vu ça ? Salut Adèle !
Incroyable, public en feu ! Génial ! Ça va ? Bah oui, toi ? Ouais, très bien. On va changer un petit peu de sujet.
De quoi tu veux parler ?
Bah, je voulais participer à la conversation que vous allez avoir après donc je me permets de participer. Le contraire m'aurait étonnée. Usule quand tu veux. Non, pour tes interventions, bien entendu. Bien sûr, bien sûr, vas-y. Lundi, la presse titre que le gouvernement va annoncer cette semaine un dispositif pour protéger les moins de 18 ans du porno. Va annoncer cette semaine. Mais pourquoi on n'attend pas cette semaine pour le moment de l'annonce qu'on doit annoncer ? Je ne comprends pas. C'est quoi ce teasing tout pété ? Alors je sais que cette mesure concerne les enfants mais ils ne sont pas obligés de faire comme eux. Viens, j'ai un truc
super important à dire.
Ça n'a pas de sens. En fait, l'article indique qu'il y aura un système d'attestation numérique mais les détails techniques ne sont pas encore finalisés. Donc on va vous annoncer un truc qu'on ne sait pas encore comment ça marche. Et alors pourtant, comment ça marche, c'est quand même précisément le truc intéressant. C'est-à-dire, c'est ce que tous les pays, tout le monde partout recherchent depuis des dizaines d'années. C'est le code à craquer. C'est comment qu'on fait pour savoir qu'il est mineur. Est-ce que ce n'est pas la reconnaissance faciale ? Est-ce que c'est ta banque ou ton opérateur téléphonique qui te boucave ? Enfin, c'est...
Des tests osseux ? Il y en a d'autres qui ont le droit.
J'espère que vous allez en parler après si je voudrais savoir si ça fait partie des options envisagées. Mais donc, du coup, les détails techniques, quand même, c'est le seul intérêt de cette annonce qu'on n'a pas. Donc pourquoi qu'on en parle maintenant ? Ce n'est pas les hot-d'or, le salon de l'érotisme à Rennes est passé. Pourquoi ? Je crois que c'est beaucoup plus simple. C'est ce qu'on appelle dans notre petit jargon de communiquant politique. Raphaël, tu ne me détromperas pas. Mais le « Et si on parlait de cul ? » Oui, pour ne pas parler des sujets qui préoccupent les Français et ce qui vont par la gaudriole, tu vois.
Parce qu'on sait que le sexe, ça occupe évidemment facilement l'espace médiatique. Vous vous souvenez, février 2020, début de pandémie mondiale. La pittée Gris-Bourg. Ben oui ! C'est une jurisprudence. La photo du visite d'un candidat à la mairie de Paris nous a quand même beaucoup plus préoccupé que l'arrivée d'un virus chinois par l'Italie, tu vois. Et Manu, ça il le sait. Donc en Conseil des ministres, je pense que ça devait ressembler à… Bon, les gars, là ça cause trop retraite dans les médias, eux-mêmes, Baxit, ils en reparlent dans les sujets de la semaine. Il faut parler d'autre chose. Alors je veux des suggestions. Oui ? Olivier ? Un ministre mis en examen ?
Ouais, c'est une bonne idée. C'est vrai qu'habituellement ça marche. Mais il ne faut pas que ce soit le ministre en charge du sujet qui provoque la colère des Français, évidemment. Autre chose, les agriculteurs, les néo-néco… Ok, non, on passe à autre chose. Il nous faut un truc un peu plus… un peu plus… Jean-Noël, t'as dit quoi ? Interdire la pornographie pour les mineurs ? J'ai entendu porno. Je crois qu'on a un winner. Comment Jean-Noël ? Sauf qu'on ne sait pas le faire techniquement. Aucune importance. T'appelles le Parisien, tu dis juste que la France sera le premier pays au monde à le faire. Tu donnes une échéance de six mois et puis les gens vont se projeter.
Vas-y, balance la sauce, mon Jean-Noël et sauve-nous les retraites. Alors vous allez me dire qui est Jean-Noël ?
Mais oui, c'est qui.
Mais qui est Jean-Noël ? Vous, vous savez peut-être. Mais qui est Jean-Noël ? Jean-Noël, il fait partie de la catégorie relevée dans la presse en décembre des… Mais qui sont ces ministres que nous ne connaissons pas ? Je me demande si je ne vais pas lancer une rubrique régulière. Qui sont ces ministres que nous ne connaissons pas ? Donc Jean-Noël Barreau. Elle… Oui,
oui, on enchaîne, on enchaîne. Barreau.
Qui aurait pu prédire ?
Griveaux, ça se trouve, il ne fait pas grand-chose en ce moment, ils auraient pu le mettre là-dessus. Mais Griveaux, ça fait grivois. Ouais, ouais. Mais bon, c'est de quoi il parle ?
Eh, soirée calembour.
C'est la gauderie.
Donc, Jean-Noël Barreau est le ministre délégué chargé de la transition numérique et des télécommunications. Alors, ce terme n'a pas été utilisé depuis qu'on dit « Le ministre des télécommunications va faire une annonce après la réclame ! » Télécommunications, ça ne sent pas la Startup Nation ? Ça se fait ministre,
ouais.
Non, mais évidemment qu'on va avoir des problèmes techniques à régler si on est coincé en 97. C'est la date à laquelle c'était le dernier ministre des télécommunications. Il n'y en a pas eu depuis. 97 ? Ouais, 97. C'était les postes et les télécommunications. Les PTT, ouais. Exactement. Et pourtant, il n'est pas si vieux, notre ministre. Tu vois, 1983, comme Grégory Lemarchal. J'avoue, je ne sais pas du tout quoi faire de cette information. Donc, je vous la livre. HEC, Sciences Po, docteur en économie, prof aux USA, enfin, je veux dire, parcours sans faute de l'élite. Il y a un loup. Il est vice-président du Modem.
C'est pour ça, d'accord.
Vice-président du vice-parti présidentiel. Ça sert à quoi, le Modem, en 2023 ? Non, mais je veux dire, à part faire tout comme Renaissance et détourner des fonds publics, je ne sais pas. Il est le petit-fils de Noël Barreau, député, le fils de Jacques Barreau, député, ministre et commissaire européen. Il est ce qu'on appelle un épo-baby. Et pour les plus vieux, un fils d'eux. Il y a les deux, je sens, c'est tous les âges. C'est donc le Lily Rose Depp de la droite molle française. ou demi-molle. Bref, il ressemble à ça sur Wikipédia. Il est beau. Mais depuis qu'il parle porno, il ressemble plutôt à ça sur son Twitter. Moi, du coup, dans deux semaines, il ressemble à ça. Voilà.
Alors, Jean-Nou, il bosse à Bercy avec ses collègues, les Avengers de la dette publique. C'était leur photo carte de vœux. Ils ont envoyé ça aux gens. Ils ne m'ont pas envoyé. C'est dommage. C'est pour ça que je te la présente. C'est gentil. On n'a pas tous reçu. Alors, selon son Twitter aussi, Jean-Nô, il connaît personnellement Elon Musk et le boss de TikTok. Et il n'hésite pas à leur dire « Eh oh, il faut respecter les règles européennes françaises, OK ? » C'est ce qu'il dit sur Twitter qu'il leur a dit, évidemment. Et eux répondent « Yeah, we don't give a shit. Thank you. Si, si. » Voilà.
Donc, rien ne prédestinait Jean-Nô à s'occuper du sexe sur Internet à part que c'est un sujet éminemment important parce que le porno, c'est 25% de la bande passante. Ça veut dire qu'il y a plus de porno que de vidéos YouTube. En gros, il y a plus de vidéos de chat que de vidéos de chaton. Non, mais c'est bien d'avoir des exemples comme ça. Et les conditions de réalisation du porno aujourd'hui sont quand même très questionnées, voire portées en justice. Et vous allez en parler. Et c'est aussi ce dont se préoccupe le Sénat qui a sorti un rapport sur l'industrie pornographique et sa violence et une vidéo de présentation du rapport. Parce qu'ils sont modernes au Sénat.
Rapport sénatorial.
Ouais, c'est un rapport sénatorial. C'est des moyens. Petite musique. La pornographie et son industrie. On n'entend pas bien la musique, mais la musique continue sur, voilà, traite de l'être humain, proxénétisme, didoudi-doodi-doodi. C'est quand même incroyable.
C'est un métier.
Ouais, la com' c'est un métier.
Mais ils ont essayé
quand même. Moi, je pense que c'est ça qu'il faut saluer. Alors, ça a l'air un peu contre-intuitif, les parlementaires et le porno, mais je peux pourtant vous dire qu'ils bossent dur le sujet. Dure. Mais c'est pour le boulot, rien à voir avec un député serbe qui vient de démissionner il y a deux jours parce qu'il regardait du porno en séance quand la réalité dépasse la fiction. Évidemment, tout est vrai sauf ce qui ne l'est pas et ce qui ne l'est pas, c'est Vinza. Pour conclure, protéger les mineurs, on l'a dit, c'est éminemment important. Mais est-ce que l'urgence, ça ne serait pas plutôt de réguler l'accès à la pornographie des seniors en tant que contributeurs ?
Oui, parce que pour ceux qui ne le savaient pas, Michel Houellebecq a tourné dans un film pornographique et il le regrette apparemment terriblement. Vous allez sans doute aussi en parler, peut-être.
J'espère bien. C'était tout pour moi. Merci beaucoup, Adèle, pour cette chronique extraordinaire. Merci beaucoup. C'était la vie d'Adèle. Extraordinaire introduction pour notre sujet suivant. Chers amis, je vous propose que sans plus attendre, nous accueillons sur ce plateau les invités actus. C'est parti. Bonjour, bonjour, bonjour, bienvenue, installez-vous. Merci d'être avec nous pour nous aider à mieux comprendre cette actualité. En ce moment, nous ont rejoint sur ce plateau. Émilie Delonnet, salut.
Bonsoir.
Merci d'être avec nous sur le plateau de Backseat. Avec plaisir. Émilie, tu es aussi connue sous le nom de Lisa Del Sierra. Tu es actrice, réalisatrice, productrice de films X. Tu es engagée pour un porno éthique.
C'est ça.
Voilà, et vous avez été auditionnés tous les deux par le Sénat. On va en discuter dans le cadre de l'écriture de ce rapport qui fait couler beaucoup d'encre. Olivier Blasy, bonsoir.
Bonsoir.
Merci d'être avec nous.
Avec plaisir.
Olivier, toi, tu es professeur à l'école Polytechnique.
C'est ça.
Et tu as participé auprès de la CNIL à l'invention du fameux protocole de vérification de l'âge des utilisateurs à double anonymat. Tu nous expliqueras ça tout à l'heure. C'est probablement l'outil qui va être mis en place. On l'a appris, nous, cette semaine. Ça y est, le gouvernement a rompu, je crois, le dialogue avec les plateformes. Tu peux nous offrir un petit point rapidement, Chloé, sur on en est où ? Pourquoi est-ce que cette semaine, on parle de porno ?
Parce qu'effectivement, le gouvernement a annoncé que cette semaine, il dévoilerait quel serait le dispositif de certification de l'âge pour pouvoir accéder aux films porno. Alors, le but, c'est d'interdire l'accès aux mineurs. Il faut savoir qu'en fait, 95% des moins de 18 ans ont vu un film porno avant 18 ans. Ça, c'est pour les hommes et c'est 86% pour les femmes parce qu'en fait, aujourd'hui, comment on fait ? On arrive sur un film porno, il suffit de cliquer sur un bouton « Je suis majeur » « Oui, je suis majeure » et puis vous avez accès. Donc, il n'y a absolument aucune protection. Et donc, il est question de recourir notamment à France Connect.
Alors, France Connect, c'est le système qu'on utilise pour payer nos impôts, pour renouveler notre passeport. Alors, moi, je trouve ça extraordinaire que pour accéder à un film porno, il faille rentrer ses identifiants France Connect. vive la France, mais vraiment, vive la France.
A priori, ce ne sera pas ça, on en discutera.
Mais voilà, il est question qu'on soit le premier pays du monde, effectivement, à mettre en place ce système de certification, sachant que d'autres pays ont eu cette idée avant nous, mais n'y ont pas réussi pour des questions notamment de protection de données personnelles. Donc, sans doute que vous allez nous en dire plus. Mais moi, j'ai peut-être une question aussi pour lancer ce débat. En fait, quand j'ai lu le rapport du Sénat, dont Adèle a parlé dans sa chronique, qui rapporte que 90% des contenus pornographiques sont violents.
Et donc, en fait, je me dis que le problème qui véhicule du coup des stéréotypes sexistes, voilà, le problème n'est pas tant en fait de bloquer l'accès du porno aux mineurs, mais de faire en sorte qu'il n'y ait plus de violence, en fait. Donc, ma question, elle est simple, c'est au-delà de l'interdiction de l'accès aux mineurs, comment est-ce qu'on fait pour avoir une industrie pornographique, on sait que c'est une énorme industrie qui soit féministe, quoi, qui soit plus violente.
Carrément. Émilie, ça te dit d'essayer de répondre à cette question, je vous invite à bien parler dans le micro tous les deux.
Ça me dit, ça me dit. En fait, il faut bien différencier ce que le Sénat n'a pas fait, les diffuseurs qui vendent de la régie et non pas du porno et les producteurs qui vendent de la pornographie, des tournages qu'ils payent dans des conditions de travail correctes et dont les sites de vente respectent la loi, sont en conformité avec la loi Mercier, donc protègent les mineurs. Ces sites de trafic qui vendent de la régie s'en fichent complètement de leur contenu, il n'y a aucune éthique du contenu et donc forcément, pour avoir le plus de clics, il faut les choses les plus trash.
Et malheureusement, c'est là-dessus que les mineurs se retrouvent puisqu'ils ne sont pas en conformité et que c'est hyper facile d'accès. Donc le fait de tourner du porno éthique, du tourner du porno responsable qui véhicule une image décente de l'être humain parce qu'il y a aussi les hommes des fois qui sont un peu molestés, c'est déjà le cas. C'est déjà le cas. Les producteurs le font déjà. Mais suffisamment ? Mais en fait, ils le font déjà. Ce qui circule sur les autres plateformes qui sont de toute façon illégales puisqu'elles ne correspondent pas à la loi actuelle, ils ne l'ont même pas produit. En fait, n'importe qui peut poster quelque chose qu'il a fait chez lui.
En fait, on va dire les gros mots. Tu es en train de parler des tubes, donc ces fameux sites massifs de partage de vidéos qu'ils n'ont pas produites sur le modèle de YouTube, c'est-à-dire qu'on uploade une vidéo. En général, c'est plutôt toi qui l'as faite, la vidéo que tu mets sur YouTube. Là, en l'occurrence, c'est du contenu qui est uploadé sur ces plateformes qui vendent du clic, du trafic, qui n'ont ni caméra ni moyen de tournage. Ce n'est pas leur business. Ça, ce sont des boîtes de prod. On connaît Dorcel, par exemple, en France, très connue, etc. Et eux, les boîtes de prod respectent la loi sur leur propre site marcdorcel.com. Je crois qu'on contrôle bien la majorité, etc.
Et donc, en fait, la cible de cette nouvelle législation, de ce nouvel outil, c'est d'abord ces sites-là. C'est ça que tu dis ? C'est ça. D'accord, OK. Alors, même qu'il y a eu l'affaire, du coup, en 2020, de French Bukkake qui a fait énormément de bruit. Donc là, c'était vraiment dès qu'on dit qu'il y a eu une cinquantaine de victimes, de meufs qui ont été abusées dans tous les sens. On leur a menti. Elles se sont retrouvées dans des situations incroyables. Et c'est ça qui a démarré un petit peu une prise de conscience et puis qui a affolé un peu les pouvoirs publics à ce moment-là. Mais là, pour le coup, c'est une boîte de production. Ce n'est pas ces grosses plateformes pornoble, machin.
C'est ça. Parce qu'on a un autre problème en parallèle qui n'a rien à voir avec les mineurs. C'est que nos métiers ne sont pas encadrés. On n'a pas de loi. On n'a pas de règles. On n'a pas un code du travail qui puisse nous correspondre. Donc, on a demandé une ubérisation, entre guillemets, du métier du porno pour pouvoir légiférer sur toutes ces situations. Tant qu'on n'a pas de cadre, il y aura des gens pour déborder. Il y aura des gens pour faire n'importe quoi, malheureusement.
Si on revient sur le sujet des mineurs et de l'accès aux mineurs, du côté de l'industrie porno, des personnes qui produisent, des personnes qui travaillent, qui réalisent, etc., tout le monde est d'accord pour dire que les mineurs ne doivent pas y avoir accès. Bien évidemment. Oui, c'est ça. Tout le monde est d'accord. Bien sûr.
Le porno n'a aucune vertu éducative. Il n'est pas destiné aux jeunes. Dans le film pour adultes, il y a adultes. Ils sont en conformité. L'ARCOM ne les a pas du tout dans le viseur. Et de mon point de vue, cette nouvelle décision de créer ce système de double identification, machin, en fait, je ne vois pas d'intérêt. Parce qu'on a déjà une loi pour l'appliquer, simplement. Mais quand l'ARCOM met devant les tribunaux cinq grandes plateformes, le juge répond, faites une médiation. Au lieu de simplement dire « Ah oui, il ne respecte pas la loi, c'est constaté, shut down jusqu'à ce que vous soyez en conformité. » Tout simplement, il y a une loi, elle est là, appliquez-la. Et donc la médiation.
Mais justement, la médiation a même pu jouer.
Oui, mais ils gagnent du temps. Je ne sais pas pourquoi on ne donne à manger à ces gros lobbies. Et parce que les plateformes, en fait, pour pouvoir faire, pour certifier elles-mêmes l'âge, elles pourraient faire quoi ? Mais ils ont tous les moyens. Ils ont même fait des tests. Ils ont tous les moyens pour le faire. Ils jouent la montre. En plus, c'est un peu bête parce qu'ils auraient une audience qualifiée derrière. Donc, ils ont tout à y gagner. Donc, personne ne comprend vraiment pourquoi simplement ils ne font pas le switch.
Parce qu'ils font du trafic.
Mais ils en font aussi avec une audience en mesure d'acheter. Donc, ils vendront encore plus cher leur pub.
Ça n'a pas beaucoup de sens. Olivier, là, c'est le moment où on va avoir besoin de toi. Et je te remercie encore une fois de venir. Comment on fait, techniquement, avec la meilleure volonté du monde, pour contrôler l'âge d'un utilisateur d'un site Internet tout en respectant les règles du RGPD, de l'anonymat sur Internet, etc. Parce qu'il ne s'agit pas d'envoyer sa photocopie de carte d'identité.
Voilà.
Alors, explique-nous, Olivier, s'il te plaît.
Alors, d'une façon assez simple, c'est ce qu'on a appelé le double anonymat. C'est bien catchy, donc ça marche bien. Et en fait, on va passer par deux interlocuteurs pour s'authentifier. D'un côté, il y a la plateforme, le site auquel on va accéder. Donc, ce site-là va nous donner un challenge, donc une espèce de numéro de série, comme ça. Et notre but, c'est de faire certifier ce challenge par une autorité qui nous connaît déjà et qui va juste mettre un coup de tampon dessus pour dire, c'est bon. Majeur. Majeur. L'autorité ne saura pas pour quel site elle est en train de tamponner.
Pour l'instant, vu que la loi ne part pour s'orienter que sur le porno, l'autorité apprendra temporairement qu'on veut accéder à un site porno. Mais elle ne saura pas lequel. Elle ne saura pas lequel. Ça n'a rien d'illégal de toute façon. Voilà. Ça peut se faire plaisir.
Oui.
Sur l'une des plus grosses plateformes, il y a 10 millions de connexions par jour. Donc, de toute façon, c'est une proportion non négligeable pour la population française qui y va. Donc, ce n'est pas choquant. De toute façon, exactement, ce n'est pas illégal. L'ACNIL l'a rappelé 90 000 fois dans ses interventions que ce n'était pas illégal et donc qu'il ne fallait pas mettre une mesure de blocage pour les adultes. Et donc, en fait, cette autorité, pour l'instant, apprendra ça. Mais si on imagine que le dispositif se généralise pour la vente d'alcool en ligne, par exemple, elle ne saura pas si on a essayé d'accéder à un site porno ou un site de vente d'alcool.
Donc, ça peut être beaucoup plus large. En fait, si le dispositif se généralise, ça protégera encore plus la vie privée. Et donc, l'autorité mettra un coup de tampon sur le numéro. On ira voir le site. On lui dira le numéro que vous m'avez donné est tamponné. Je suis majeur. Laissez-moi accès.
Donc, le double anonymat, c'est que celui qui donne le tampon en disant oui, oui, il est bien majeur connaît ton identité mais ne sait pas sur quel site tu vas aller. C'est ça. Et le site ne connaît pas ton identité. Elle ne connaît que ton numéro. Oui. Et du coup, tu restes doublement anonyme. OK. Ça y est, je l'ai. OK. Et donc, c'est ça qui a été présenté hier, si je ne dis pas de bêtises, par le ministère et qui est censé être mis en oeuvre dès la fin de l'année.
Oui. Nous aussi, ça nous a surpris. Pour vous donner une idée du calendrier, on a commencé il y a un an et demi à travailler sur le sujet avec la CNIL et après avec le PRN, le pôle d'expertise en régulation du numérique. Donc, l'idée à l'époque, c'est que le sujet commençait un peu à émulser. Il y avait plein de solutions qui apparaissaient. Mais donc, oui, on va scanner la carte d'identité, on va donner la carte bancaire. C'est une super idée. Sur un site un peu louche, vous allez mettre votre numéro de carte bancaire. Génial. Ou alors, on va faire la reconnaissance faciale avec plein de questions sur le traitement des données, envoyer des données biométriques sur un site à l'étranger.
Oui, en termes de réglementation européenne, ce n'est pas ouf.
Voilà. Donc, on avait cherché une solution qui semblait bien et qui était facilement déployable. Et donc, nous, on a proposé une preuve de concept. Donc, une première version qui fonctionne. On a mis tout le code disponible pour tout le monde. Tout le monde peut le regarder. Tout le monde peut le reprendre et l'implémenter. Et donc, c'est en tout cas quelque chose dans cet esprit-là de double anonymat qui va sortir.
Alors,
ce ne sera probablement pas notre version. Peut-être que des startups de l'État vont vouloir s'en emparer. Des grandes compagnies vont découvrir qu'il y a de l'argent à faire. Donc, ils vont vouloir faire ça. Mais en tout cas, le principe de double anonymat semble acter. Et donc, cette double protection. Mais du coup, c'est la puissance publique qui va payer et pas les plateformes pour ce système de double anonymat. C'est nous qui payons quoi ? Pas tout à fait. C'est là où ça devient intéressant. C'est dans les dernières discussions qu'on a eues, on a comment on va facturer le fait de mettre un coup de tampon. Alors, on ne va pas facturer les utilisateurs parce qu'il ne faut pas les gêner.
Donc, en fait, c'est comment faire de l'anonymat, cacher qui a tamponné. Donc, savoir cacher que c'est votre fournisseur d'accès Internet par exemple qui a dit que vous étiez majeur. Mais comment a posteriori auprès des sites, on peut dire vous avez eu 10 millions de France Connect par exemple qui a mis un coup de tampon payé tant à France Connect. Donc, en fait, ce sera une des possibilités. Ce sera une facturation à la commande mais pour les sites, pour les plateformes et proportionnellement d'où viennent les certificats et comment ça a été fait.
On embrasse les fonctionnaires de la DGFIP qui sont en train de faire des réunions en s'arrachant les cheveux pour essayer de trouver une solution sur cette facturation. Raphaël.
Je voulais vous interroger sur l'évolution des pratiques de consommation et de production du porno. Moi, j'ai été très frappé par la polémique autour de la famille Pellissard. Je ne sais pas si vous entendez parler de ce truc-là.
Non, tu peux nous rappeler, s'il te plaît.
Alors, Amandine Pellissard est une jeune femme qui vit en Franche-Comté qui a été connue du grand public lors d'une émission qui s'appelait de télé-réalité qui s'appelait Famille Nombreuse. Elle est mère de 8 enfants et il se trouve qu'elle est avec un conjoint qui s'appelle, je l'ai noté, récemment, il y a eu un reportage de Jerem Star de 45 minutes qui a montré qu'ils revenaient sur la transition vers une nouvelle vie. En fait, ils sont lancés dans, je cite, des productions de vidéos intimes. Alors, évidemment, ça a fait polémique. Elle a été sur le plateau de Cyril Hanouna, évidemment, pour en discuter.
Mais au-delà des échanges autour de ça, ce que je trouve intéressant, c'est que ça a mis la lumière sur une plateforme MIME qui est un peu l'alter-ego français parce que c'est une plateforme française vis-à-vis de son concurrent américain qui est OnlyFan. Et ça a mis un coup de projecteur là-dessus sur l'idée selon laquelle, en fait, j'ai retrouvé, parce que vous avez parlé d'uberisation du porno tout à l'heure, ça m'a interpellé parce qu'il me semblait que dans le récit qui était fait de ce type de plateforme, précisément, c'est exactement ce même type de discours qu'on a retrouvé dans Airbnb, dans Uber, plus de liberté, plus d'autonomie. Qu'en est-il exactement ?
Parce que le principe, c'est en fait, les gens s'abonnent à des chaînes individuelles en payant et donc le prix est laissé à la discrétion du producteur de la vidéo. Donc, est-ce qu'il y a du mieux dans ce type de plateforme ? Est-ce que, justement, ce discours sur on évite les gros méchants, c'est désintermédiaire, on est directement avec le consommateur ou avec la personne en face, est-ce qu'il y a du mieux ou pas ? Émilie ?
Alors, je connais bien ces pages. Mime, effectivement, c'est français. Ils sont assez efficaces, que ce soit être auprès des modèles ou être auprès des clients. Donc, l'idée, c'est ça. Les nanas, en l'occurrence, se prennent en photo, se filment, le postent sur leur page, en font la promo sur Instagram et récupèrent des abonnés. Il faut être auto-entrepreneur pour pouvoir facturer ses gains, ce qui n'était pas le cas au début, donc ils se sont améliorés sur ce point-là déjà. Si elles font des contenus avec d'autres personnes, on commence à venir vers le... Il faudrait peut-être la carte d'identité du second modèle.
Donc, ça avance tranquillement avec eux vers quelque chose d'encore plus clean pour que ce soit comme OnlyFans où il faut carrément un contrat avec les autres modèles. C'est une bonne chose dans le sens où, en tout cas pour la pornographie, l'ensemble des comédiennes du milieu ont des pages sur ces sites-là. Donc, elles gagnent très bien leur vie. Ce qui fait que pour les avoir sur un tournage, il faut clairement dérouler le tapis rouge, payer un cachet exorbitant, proposer des conditions de travail excellentes et que le film soit parfait. C'est-à-dire qu'ils ne dénigrent pas la femme, qu'elles aient les plus belles photos, le plus beau décor.
Donc, nous, dans la pornographie, ça nous a tirés vers le haut et c'est tant mieux.
Donc, dans le rapport de force, vous êtes gagnante.
Bien sûr. Après, moi, je ne suis plus actrice depuis 2013, mais ce n'est pas grave, j'ai l'habitude. Mais effectivement, ça a été un plus pour le mix et pour les consommateurs aussi. Quand ils sont fans d'une actrice, ils vont directement chez l'actrice. Par contre, là où moi, ça me pose problème, c'est qu'aujourd'hui, n'importe quelle personne majeure s'ouvre une page payante, se prend en photo et poste. Ce n'est pas une démarche anodine, en fait. Il ne faut pas oublier de dire aux jeunes femmes que ce n'est pas une démarche anodine de poster son contenu, de poster sa poitrine, de poster ses parties intimes.
Même si c'est une page où il faut s'abonner pour le voir, on peut faire un screenshot, on peut enregistrer les vidéos, on peut les redistribuer. Il y a de nombreuses chaînes télégrammes qui refourquent tout ce contenu. On n'est pas encore dans quelque chose de parfait. L'État s'intéresse à la protection des mineurs, à beaucoup de choses, aux violences, mais pas à la protection des créations, puisque la pornographie, ça n'est pas du cinéma, visiblement. Donc, il y a encore du boulot. Il y a énormément de jeunes filles.
Moi, je le vois en tant que productrice, je vais sur Instagram chercher des nouveaux modèles, échanger avec des nanas et quand j'en trouve une en story, j'en ai 15 et quand j'en ai 15, j'en trouve 200. Je me dis, mais c'est la folie, tout le monde poste son cul sur Mime, c'est sans fin, ça ne s'arrête pas et en fait, elles n'ont aucune conscience de l'impact social de ce qu'elles sont en train de faire.
Les chiffres étaient dingues. Pendant le premier confinement, c'est 75% en plus, non pas d'inscrits, de producteurs de vidéos sur Mime. Bien sûr,
tout le monde s'est créé un profil. Donc, à la base, et bien sûr, Mime se défend, nous, on fait de la cuisine, comment entretenir tes plantes, des séances de sport, à plus de 90%, c'est du sexe, clairement, c'est du sexe et ça marche très bien. Donc, en France, on est des gros consommateurs parce qu'il n'y a pas vraiment d'anglophones sur cette plateforme. Ce ne sont que des Français.
Ce que vous voulez dire, c'est que le stigmate sur les TDS, il est toujours fort et que les travailleurs, travailleuses du sexe, il est toujours très fort et parfois, on peut se lancer là-dedans sans comprendre à quel point on va prendre cher après.
L'ensemble de ces modèles ne se considèrent pas TDS. Du tout. Il n'y a pas de contact, il n'y a pas de sexe, finalement. Alors que se dénuder, ça reste de la sexualité.
Mais au tout début de l'émission, on a reçu des syndicats de livreurs, des livres verrous. On a eu toute cette discussion sur l'ubérisation et ces nouveaux modèles de rapports sociaux. Et en fait, c'est très similaire. C'est-à-dire que c'est de la production de contenu. Ce que vous faites, de la même manière que je produis du contenu, de la même manière qu'un YouTuber produit du contenu. Il y a des discussions en ce moment qui ont lieu avec les pouvoirs publics autour de notre statut, nos protections et tout. Moi, je fais partie de ceux qui militent pour que les modèles fassent partie des créatrices de contenu comme les autres, auditionnés au même titre
parce que... Enfin, moi, je ne suis pas auto-entrepreneur mais quand elles veulent faire un statut auto-entrepreneur, c'est commerce de biens non alimentaires. Comme moi, quoi.
Oui, oui. Le même statut.
Voilà. Donc, elles facturent en service mais sans vraiment mettre sur ces reversements commission MIM. Il n'y a aucune protection, ça n'existe pas.
Alors, quand on parlait tout à l'heure, Olivier, il y a quand même pas mal de personnes dans le chat qui réagissaient en disant bon, la solution technique de contrôle de la majorité d'un utilisateur, c'est contournable, méga facilement. On parle de VPN, on parle de... Voilà, il y a des solutions techniques qui existent donc est-ce que ce n'est pas un vœu pieux des pouvoirs publics ? Dis-nous un peu.
Si, c'est complètement un vœu pieux et quelle que soit la solution technique qu'on va prendre, passer par un VPN permettra de faire croire au site qu'on n'est pas en France et donc pas soumis à la loi française. Donc...
Oui. Et après, tout le monde n'a pas un VPN sur tous les mineurs.
Tout le monde n'a pas un VPN et en fait, l'idée, c'est quand on regarde les chiffres, c'était 30% des mineurs accèdent à leur premier site porno avant 10 ans. En fait, si juste ce chiffre-là, on peut le décaler, que le premier accès se fasse à 13, 14 ans, à l'âge où ils commencent à savoir installer des VPN... C'est très tôt quand même aussi. Ça reste très très jeune. Je veux dire, non, ça reste très très jeune, mais tout ce qu'on peut prendre où il leur faut un certain niveau de... Bien sûr. ... pour avoir un accès, en fait, déjà, c'est déjà ça de pris.
C'est déjà ça de pris. OK. Usul ? Par rapport au rapport du Sénat et par rapport à ça aussi, c'est-à-dire qu'on voit en effet que l'âge de consommation du premier porno, de visualisation du premier porno s'est abaissé ces dernières années. Le coût d'entrée étant moindre, et on le rappelle, ils sont pornobs, etc., ne se dérogent absolument à la loi. On n'a pas le droit de montrer du porno à des mineurs ou de le remettre de manière accessible. Ils n'ont pas le droit. Mais ça, le rapport du Sénat est très très très très dur avec le porno et l'impact du porno sur les jeunes, sur leurs pratiques, on parle même de viol mental pour ça.
Et est-ce que, et donc charge énormément le milieu du porno, mais est-ce que ça ne s'inscrit pas aussi dans une culture plus globale et que le porno n'a pas un peu bon dos pour justifier, alors ce serait lui qui, les violences faites aux femmes, c'est lui la dégradation de l'image de la femme et puis rien sur la pub, rien sur d'autres choses. Est-ce qu'il n'a pas bon dos le porno au bout d'un moment ?
La femme, de toute façon, est malmenée partout. On la voit à poil pour un gel douche, pour un parfum, pour une voiture. Mais le porno, c'est vrai que c'est la cible la plus évidente et en soi, oui, une pub n'a jamais montré un homme en train de coucher avec une femme de manière si explicite. Donc, bien sûr, mais encore une fois, les contenus qu'on produit, qu'on tourne et auxquels on participe ne sont pas destinés aux mineurs. Et si on n'arrive pas à empêcher les jeunes d'y aller, moi je pense qu'un jeune qui met un VPN, déjà c'est plus la même démarche qu'un jeune de 9-10 ans qui tombe dessus par hasard.
Quand tu installes ton VPN pour aller mater ton porno, t'es un tout petit peu plus, un peu plus loin dans le délire quand même. T'es déterminé quand même. Voilà. Mais je pense qu'il y a aussi quelque chose qu'on a tendance à oublier et qui serait super important, c'est les éduquer, leur donner une grille de lecture. Vous allez potentiellement tomber sur des choses, des images que vous n'avez pas désiré voir. Ça peut vous choquer, ça peut générer des questionnements et il faut, enfin il y a une loi sur l'éducation et la sexualité. Ils sont censés avoir des séances tous les ans, trois séances par an. Le Sénat proposait d'y intégrer une préparation à la pornographie.
Mazeltov, allez-y, faites-le. Déjà, les séances de base n'existent pas. Le fait est que la seule proposition que le gouvernement a retenue de ce rapport, c'est l'interdiction de la pornographie aux mineurs. Ce qui est déjà le cas. Il y avait plein d'autres propositions qui traversent le débat que tu viens de soulever. C'est-à-dire qu'on sent qu'il y a un malaise pour aller plus loin que ça. C'est ça. Et les cours d'éducation sexuelle, c'est des cours de science. Donc on ne parlera pas de pornographie, malheureusement. Donc c'est encore un peu juste.
Dernière question, Émilie. Tu as été auditionnée, toi, au Sénat dans le cadre de l'écriture de ce rapport. Est-ce que tu as eu le sentiment d'avoir été écoutée, comprise ?
Écoutée, oui. Comprise, non.
OK.
Il y a des gens qui ne peuvent pas comprendre, et je l'entends en fait, qu'on fasse du porno par plaisir, que ce soit son métier. Ça fait 20 ans que je fais de la pornographie. C'est inimaginable dans leur monde, dans leur valeur morale. Et moi, je ne veux brusquer personne. Moi, je n'imagine pas par jour, derrière un bureau avec un petit écran, à faire des trucs chiants. Chacun son truc. Donc j'ai été entendue, je pense, comprise, non. Retenue dans mes propos et ce qu'elles ont décidé d'en tenir compte. Je ne pouvais pas faire le poids parce qu'ils ont reçu tellement de gens à charge que mon petit discours à décharge, ça ne suffisait pas. Mais j'étais contente d'être entendue.
Je pense que c'est déjà un très beau premier pas.
C'est bien de le voir comme ça. Je suis d'accord avec toi.
Oui, l'actrice porno au Sénat, ce n'est pas tous les jours.
Non, mais c'est vrai. Je le souhaite. Courage à toi, en tout cas, Émilie. Merci d'être venue en parler sur le plateau de Backseat. On va continuer à suivre de près les évolutions. Merci Olivier aussi d'être venue nous en parler. On pensera à toi quand on fera notre doute avant d'aller sur le site porno. Voilà, quand on fera la double authentification. Merci à vous deux. C'est la fin de cette séquence. Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue. Quel plaisir de vous retrouver. Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue. On est en direct sur Twitch comme chaque semaine pour parler politique sur le plateau de Backseat. Bienvenue à celles et à ceux qui nous regardent en direct sur Twitch.
Bienvenue à celles et à ceux qui nous regardent en replay sur YouTube et aussi à celles et à ceux qui nous écoutent en podcast. Très heureux de vous retrouver, chers amis, dans cette deuxième partie d'émission. Comme chaque semaine, nous avons le plaisir de recevoir une personnalité politique qui vient répondre à nos questions. Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir le député insoumis François Ruffin. Bonsoir François Ruffin. Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Backseat. J'en prie, merci de m'avoir invité. Bienvenue, bienvenue. Vous êtes député de la Somme depuis 2017. Vous êtes journaliste, essayiste, documentariste.
On se souvient notamment de Merci Patron en 2016. Il y a eu aussi Debout les Femmes pendant votre premier mandat en 2021. Vous avez publié plusieurs ouvrages Le temps d'apprendre à vivre, un essai sur la réforme des retraites qui est sorti récemment. Et vous avez été décrit en 2017 comme l'insoumis des insoumis. On se souvient, notamment sur ma chaîne quand on regarde les séances à l'Assemblée, du François Ruffin, Tony Truant à l'Assemblée nationale. Un très haut niveau sonore, une manière d'incarner le mandat politique qui était la vôtre.
Et puis, vous avez sorti ce livre à la fin de l'année dernière qui s'appelle « Je vous écris du front de la Somme » aux éditions « Les liens qui libèrent » dans lequel vous proposez une analyse de l'élection présidentielle et du temps politique et dans lequel vous proposez un moyen d'en sortir, une réflexion programmatique, intellectuelle sur l'état de la gauche et dans lequel vous proposez une forme de virage, y compris dans votre manière à vous d'incarner votre mandat politique. Vous vous réclamez maintenant de la social-démocratie. Vous êtes sosdem. Non. La blague est allée trop loin.
C'est la couverture de l'Obs et je ne vais pas leur faire un procès. Mais moi, ce que j'ai dit et ce que je dis aux socialistes depuis longtemps, c'est, vous savez, moi, je suis vraiment social et vraiment démocrate. Alors, ça veut dire quoi ? Ça veut dire quand on est vraiment social, on ne fait pas la loi travail. La loi est comme Réaulé XVI. Quand on est vraiment social, on ne prend pas la modération salariale depuis 40 ans. Quand on est vraiment social, on ne fait pas des traités de libre-échange tous azimuts qui contribuent à faire partir des usines de chez moi en Slovaquie ou en Pologne.
Quand on est vraiment démocrate, on tient compte du vote des Français du 29 mai 2005 où ils ont dit à 55% non et où 80% des ouvriers ont dit non. Et donc, quand c'est non, c'est non. Donc, je pense que je suis vraiment social et vraiment démocrate.
C'est que le PS ne l'est pas.
Mais j'aurais dit, le problème, ça fait 40 ans que vous ne l'êtes plus. En gros, moi, je situe ça à mars 1983. C'est un moment où s'ouvre, d'après le premier secrétaire du Parti socialiste de l'époque, M. Jospin, une parenthèse libérale d'où on n'est toujours pas sortis. Mais donc, l'enjeu, en gros, c'est aujourd'hui de sortir le pays de cette parenthèse. Et on le voit bien aujourd'hui, par exemple, le pays est en tension sur cette question-là.
On va en parler, oui.
Même ne serait-ce que ce qui se passe cet après-midi à l'Assemblée nationale où il y a un vote pour la renationalisation de l'EDF, il y a un vote pour le retour des tarifs réglementés avec les macronistes qui quittent l'hémicycle. C'est un symptôme d'un moment politique où, au fond, je pense que l'idéologie libérale, elle est morte. Concurrence, croissance, mondialisation, ce sont des mots qui dégoûtent les gens, qui ne leur font plus envie. Donc, il y a un détachement de l'idéologie dominante. C'est Gramsci qui parle comme ça. Il n'y a pas de rattachement pour l'instant en autre chose. Mais voilà le souci dans lequel on se trouve. Mais on a ce temps de détachement.
Ça ne veut pas dire que le libéralisme est mort parce que les forces sociales, elles ne reposent pas seulement sur les forces de l'esprit, sur des idées. Les idées, c'est comme une étoile qui est morte mais qui continue à briller. Vous voyez ? Oui, j'ai l'idée.
D'accord, ok, je l'ai.
Mais en revanche, il y a des forces concrètes, il y a des forces matérielles, il y a des banques, il y a le MEDEF, il y a la Commission européenne. Il peut y avoir un certain nombre d'institutions qui ont des intérêts à préserver la même direction. Donc là, il y a un combat qui est engagé sur comment on s'oriente pour la suite. Est-ce qu'il faut plus d'États, moins d'États ? Est-ce que la concurrence doit dominer dans le rail, doit dominer dans la poste, doit dominer dans l'éducation ou bien c'est un autre chemin qui doit être trouvé ? Chloé ?
Juste sur le vocable social-démocrate, en fait, moi, je m'interroge pourquoi choisir des termes déjà qui sont un peu dépassés et puis qui divisent aussi à gauche plutôt que d'amener des termes nouveaux comme par exemple éco-socialisme ? Moi, d'abord, je n'ai pas dit je suis social-démocrate, je le répète, c'est le titre de l'op. Je suis social et démocrate. Ils ont remplacé le « et » par un trait d'union et je redis je ne vais pas leur faire un procès, d'accord ?
En revanche, si jamais, je n'aime pas en fait, je ne me sens pas derrière un mot particulier, mais si jamais il y a un oxymore que je dois reprendre, un oxymore apparent, pour moi, c'est ce que Jaurès formule en disant réformisme révolutionnaire, ce qui me paraît beaucoup plus fécondant, c'est-à-dire, et je pense que je le suis vraiment dans la durée, après, vous savez, chacun a des traits de personnalité différents et à un moment, on choisit d'accentuer un trait de personnalité qui est déjà là en soi, quoi. Mais c'est quoi ?
Alors expliquez-nous, réformisme révolutionnaire, c'est anti-téthique ? Mais non,
ça n'est pas du tout. Le réformisme, c'est quoi dans l'esprit de Jaurès ? C'est se dire, on fait un premier pas dans une direction et si le peuple arrive à être assez fort pour faire ce pas-là dans cette direction-là, eh bien, il va prendre confiance et conscience dans sa force et il pourra aller plus loin et ça va lui permettre de relever le nez vers l'horizon. Bon, je vais prendre un exemple évident aujourd'hui, c'est les retraites.
Jaurès, à l'époque, en 1910, il me semble, vote la loi sur les retraites alors que c'est contre la CGT et contre plein de gens du mouvement socialiste qui considèrent que finalement, on va prendre de l'argent aux travailleurs qui vont mourir avant d'être à la retraite et Jaurès qui fait le pari en disant, mais non, ça va être une graine qu'on sème parce que demain, à partir de ça, on va étendre ça et voilà, ça va nous ouvrir un horizon.
Il y aura un déjà là.
Voilà, il y aura un déjà là. Et moi, je pense que, après, le bouquin s'intitule « Je vous écris du front de la Somme et je suis puissamment, moi, habité par là d'où je viens, 23 ans de Picardie, de journalisme en Picardie et c'est-à-dire qu'on prenne conscience de l'état de résignation du pays, des gens. Et donc, comment on sort les gens de la résignation ? Donc, on peut prôner un horizon merveilleux mais les gens, ils ne vont pas accrocher, ils ne vont pas réussir à nous suivre. Donc, si on veut, je considère qu'on est à faire comme à des malades en convalescence et si on leur dit « Regardez, on va battre le record du saut en longueur, il n'y en a pas un qui va se lever du lit pour essayer.
» Tandis que si on l'aide, si on lui dit « Voilà le premier pas dans lequel on va aller. Et puis si on réussit le premier pas, on va réussir le deuxième pas. Et puis si on réussit le deuxième pas, peut-être qu'à un moment, on relèvera ensemble le nez vers l'horizon. Donc, je pense que le réformisme révolutionnaire, il porte réformisme, ça veut dire ce premier pas est révolutionnaire, c'est l'horizon. »
Raphaël.
Je parle trop vite, non ? Non, non, non, non, non. Non, mais c'est le temps de digérer, mais c'est très simple.
Je suis content que vous soyez revenus de vous-même sur cette notion de réformisme révolutionnaire parce que moi, je fais partie de ceux qui ont estimé que cette interview dans l'Obs, et après, on va arrêter de ne pas faire cette interview, ça datait de l'automne dernier, mais a été pour moi l'une des plus abouties, l'une des interviews politiques les plus abouties, à la fois parce qu'elle dressait une vision, alors on est d'accord ou pas d'accord, et surtout cette méthode du réformisme révolutionnaire que je ne connaissais pas, que je trouvais très intéressante.
Dans ce même article, ou plutôt dans le petit article à côté qui accompagnait votre interview, j'ai appris quelque chose que je ne connaissais pas et je pense que ce n'est pas très connu du très grand public en réalité, c'est que vous avez fait des études de lettres et surtout de linguistique. Comme toi. Oui, toi aussi, tu as fait des études linguistiques. Oui, oui, c'est vrai, c'est vrai.
Il a hésité, il a hésité.
Je ne voulais pas dresser plus le parallèle.
J'ai lu son bouquin et j'ai vu qu'il y avait des auteurs qui ont marqué nos parcours par des études communes.
Voilà, la team des linguistes qui se retrouve sur le plateau de Baxit, c'est magnifique. Non, mais c'est important
parce que, et vous venez le mentionner et vous le dites dans l'interview dans l'Obs, si on dit aux gens voilà l'horizon, ils n'y croient plus. Et moi, la question que je me posais, c'est comment est-ce qu'on mène encore le combat politique dans un moment où les mots ont totalement perdu leur sens ?
Tu penses à quoi ?
Le mot justice, par exemple, voilà un mot magnifique. Les mots, ils n'ont pas de sens, ils ont des emplois. J'en viens, j'en viens. C'est un mot magnifique qui est porté historiquement par la gauche. Quand on a une première ministre qui vient présenter comme premier argument cette réforme d'air trade qu'on suit de la justice, le mot justice est totalement affadit. Il perd sa signification. Et donc la question, c'est comment est-ce que vous, en tant qu'homme politique, en tant que député, qui en plus a une tribune à l'Assemblée Nationale, comment vous portez ce combat politique par le langage ?
D'abord, donner un exemple de reversement des mots et de l'usage de la linguistique. Quand je parle de réforme, par exemple, réforme, dans les années 70, c'était un mot de gauche, enfin jusque dans les années 70, c'était un mot de gauche, c'est parce que c'était aller dans le sens du progrès et aller dans le sens du progrès social. Et quand la CGT, puisque j'ai étudié le langage syndical aussi, quand la CGT parlait des réformes de Valéry Giscard d'Estaing, par exemple, il parlait de contre-réforme. Et en fait, les forces libérales ont réussi à prendre le mot réforme et en faire un truc qui va dans leur sens et qui fait que maintenant, quand on parle de réforme, ça dégoûte tout le monde.
Alors qu'au départ, c'était un mot à nous. Évidemment, quand j'entends Elisabeth Borne parler de justice, mais en fait, c'est tous les jours sur le travail, sur la valeur travail, sur des tas de trucs comme ça où on voit qu'ils prennent des mots et qu'ils les volent. Je veux dire, qui ne pense pas à Orwell 1984 ?
Et plus encore, par exemple, vous coupez, Orwell a écrit un court texte qui s'appelle Politics on the English Language. Je ne sais pas si ça a été traduit. Moi, je l'avais lu en anglais. Il y avait une thèse très intéressante. Il faisait le parallèle entre la déliquescence de la classe politique anglaise et la déliquescence du langage. Et lui disait la façon de reconquérir du terrain politique, c'était de reconquérir le langage. Donc, plus encore que 1984, cet essai-là, je trouve... Je n'ai pas lu, donc bon.
Non, mais je ne vais pas faire semblant. Donc, voilà. Et donc, comment vous faites-vous ? Il est évident que ça suscite d'abord une forme de colère et malheureusement, quand on dit langue de bois, c'est encore trop faible. Parce que je considère que le bois, c'est une matière qui est dure. Tu peux t'y frotter.
Attention, parce que là, ça s'entend dans le micro.
Je crois que les gens l'entendent très bien. Je pense que ça fait des effets sonores et ça fait participer tout le monde. Mais, voilà. Et là, moi, j'appelle ça la langue de coton. et t'as l'impression d'avoir l'éther dedans et en fait, c'est fait pour t'endormir. Et donc, c'est comment on reste osagué pour contrer cette langue-là. Mais c'est vraiment ce qu'il y a de plus triste pour moi de ma vie dans l'hémicycle. Je ne m'attendais pas à gagner des choses, si tu veux, en allant dans l'hémicycle en 2017. Ce n'est pas le sujet. Je savais que j'allais perdre politiquement. Mais je m'attendais à des batailles rhétoriques, à des arguments, des contre-arguments. Et là...
Et ce n'est pas ce qu'il y a. Non, il n'y a rien.
Je suis, je suis.
Je trouve ça... Je dis ça, mais vous avez quand même
prononcé à la tribune de l'Assemblée, après, je donnerai la parole à Usul, qui a une question aussi, mais vous avez prononcé un discours contre la réforme des retraites et vous avez utilisé « Vous faites pitié en parlant à la majorité ». Ça a fait, je trouve, beaucoup écho. Beaucoup d'internautes, quand ils ont entendu ça, ils se sont dit « Waouh ! » Putain, ça, c'est un discours qui fera date dans ce débat-là sur la réforme des retraites. Comment vous est venue cette idée de faire ce discours ? Le moment où vous dites ces quatre vérités au gouvernement et à sa majorité, comment vous vous dites « On va arriver à ça ? »
En fait, il s'agit de voir que pour moi, il y a une immense tension entre la médiocrité de la réforme qui est proposée, qui consiste quand même à l'arrivée, d'après la Direction Générale du Trésor, à aller économiser 0,1 point de PIB. C'est d'une nullité absolue, qui contraste avec le moment tragique dans lequel nous vivons. Et qui réclame, pour moi, de la grandeur. Le moment tragique, c'est quoi ? C'est des Français qui sortent de la crise Covid, de la guerre en Ukraine, qui sont exténués. C'est les factures qu'on se demande comment on va payer. Donc, il y a ça.
Il y a, vous regardez, je ne veux pas faire un état apocalyptique du pays, mais quand vous avez en même temps l'école qui recrute en job dating, pilier de la République, l'hôpital, pilier de l'État social, qui est en lambeau, moi, chez moi, à Abbeville, avec des grandes difficultés à recruter des infirmières, quand vous avez les réacteurs qu'on n'est pas foutus de réparer parce qu'il faut aller faire appel à des soudeurs américains ou canadiens, quand vous avez les trains qui ne circulent pas par manque de conducteurs, c'est quand même, quand il y a une pénurie de médicaments dans les pharmacies, je ne veux pas embrosser un tableau avec la République, on a quand même quelques petits sujets à résoudre avant d'aller se bagarrer, se diviser, s'acharner sur la réforme des retraites.
Et je dis, pour moi, l'enjeu majeur, mais ça paraît quand même être évident, c'est affronter le choc climatique. Affronter le choc climatique, ça demande une transformation de la société, ça demande, qu'on se demande qu'est-ce qu'on va faire pour l'énergie, qu'est-ce qu'on va faire pour les déplacements, qu'est-ce qu'on va faire pour l'industrie, ça demande d'embarquer le pays, et je dis la totalité du pays, je viens pour parler de la France, ça demande de l'embarquer, y compris les gens de droite, y compris les entrepreneurs, ça demande d'embarquer tout le monde dans une direction par une forme d'enthousiasme, par une forme d'envie, par une forme d'appétit.
Et quand on contraste avec ça, ce qu'on te propose, dans cette sortie du tunnel où en fait, on ne sort pas, c'est un truc aussi médiocre que la réforme des retraites, qui est d'une banalité affligeante, je veux dire, c'est du sous-baladalure, c'est du sous-François Fillon, c'est effrayant de nullité. En fait, je me dis, à ce moment-là, autant les traiter par une forme de mépris, et évidemment, l'expression qui vient, c'est vous faites pitié. Non, mais il y a un renversement. Voilà, donc...
Olivier Dussopt, il me fait vraiment pitié, même quand je le vois, il y a un truc... Il n'y a pas beaucoup en ce moment. Alors, t'es le tribun aussi du retour au réel. Vous vous tutoyez parce que vous vous connaissez. On s'est déjà vu. Et puis de gauche, on se tutoie. C'est une tradition. On se donne du camarade. Mais j'avais fait, il n'y a pas longtemps, un travail sur l'abbé Pierre, et je t'avais mentionné en disant que t'avais une technique d'interpellation qui ressemblait, c'est-à-dire que tu ramenais des cas concrets.
C'était, voilà, là, je suis avec Karine, elle est gilet jaune, chez Amazon, elle touche 360 euros, machin, et tu remets le réel devant des politiques qui sont dans leurs abstractions comptables, dans leurs grandes manœuvres idéologiques, et tu les réimpliques dans la politique et tu as essayé beaucoup de choses pour les... Parce que c'est ça, ton combat, les réimpliquer dans la politique, leur refaire croire à autre chose, et tu as essayé beaucoup de choses. Il y a eu des trucs qui ont marché, il y a eu des trucs qui n'ont pas marché,
de la fête à Macron, non ? C'était la suite, je ne me souviens plus.
Oui, mais tu vois, bon, il n'y a pas eu de trucs qui étaient... Il y a même eu des karaokés avec Shirley et Dino, j'ai vu ça dans le coin.
C'était super, un super moment. Un super marché.
Je mobilise à peu de secondes.
Beaucoup d'inventivité.
Il y a des textes, il y a des films, qu'est-ce qui a le mieux marché selon toi, dans ta méthode, dans tout ce que tu as pu expérimenter pour remobiliser les gens dans la politique ?
D'abord, dire qu'il y a deux trucs, deux mots qui, je pense, font en fait une certaine constance dans mon parcours, même si ça ne se voit pas trop. Il y a un représentant de la nation et de la partie la plus invisible de la nation. Je considère, ça fait que 23 ans que je fais ce travail-là. À Fakir, j'ai rendu visible dans les colonnes du journal les plus invisibles de la nation. Quand j'étais à la Basse, j'y suis, l'émission de radio sur France Inter, je fais de même. Dans mes films, je fais de même, de manière représentée quasiment de manière picturale et à la tribune de l'Assemblée nationale, je viens aussi représenter la nation.
Et il y a une deuxième fonction qui est un mot que j'aime beaucoup, c'est animer. Animer, ça veut dire réveiller les âmes. Ce que je disais tout à l'heure sur la résignation. Je sais que, je le dis pendant ma campagne électorale, je disais, mon adversaire, c'est toujours la finance, mais c'est surtout l'indifférence. Et c'est comment on fait, c'est ce qui est notre pire ennemi, c'est quand on rencontre notre voisin, comment on fait pour le sortir du « c'est comme ça ». Le « c'est comme ça », c'est terrible, c'est une tautologie, le « ça » renvoie au « ça ». du réel. C'est-à-dire que quand la réalité ne renvoie qu'à la réalité et on est piégé là-dedans.
Et donc, il faut trouver des issues de secours pour ranimer les gens. Et donc, en effet, j'essaye tout. Moi, il y a des fois, ça va. Je pense que le film, par exemple, je veux dire, l'image est un outil populaire aujourd'hui. Plus que l'écriture. Je sais que quand je fais un livre, ce n'est pas un outil populaire. C'est un outil d'interpellation d'un certain champ, mais ce n'est pas un outil qui est directement populaire.
Un petit complément à ce que je disais avant. Mine de rien, ce que tu dis aussi, c'est que c'est très dur de faire sortir les gens du réel en leur promettant un horizon parce que déjà, soit ils ne croient pas à l'horizon, ils paraissent trop lointains, etc. Ceci dit, est-ce qu'aujourd'hui, il n'y a pas des choses qui sont en train de bouger dans le rapport des gens au travail, à la cause écologique ? C'est-à-dire que cet imaginaire est en train de se construire, est en train de se cristalliser autour d'un certain nombre de choses. Est-ce que tu l'observes, ça ?
Je crois qu'on a, mais depuis longtemps, dans la durée, on a comme un geyser d'énergie sous nos pieds. Il y a un désir d'autre chose. Dans le pays, il y a un profond désir d'autre chose. Mais c'est comme si les gens, ils mettaient une carapace sur leur cœur et qu'ils n'osaient pas croire que cette autre chose soit possible. Alors, on peut le voir dans des grands moments politiques, je disais le 29 mai 2005, qui est une aspiration à autre chose que la concurrence libre et non faussée. On peut le voir dans Nuit debout, quelque part, qui était pour la classe urbaine de centre-ville, éduquer, une aspiration à autre chose.
On peut voir l'aspiration à autre chose métaphysique, pour moi, dans le mouvement des Gilets jaunes aussi. Mais il y a des signes infrapolitiques qui me paraissent vachement intéressants. Quand on demande aux Français est-ce que vous pensez qu'il faut accélérer ou ralentir ? Il y a les deux tiers des Français qui disent qu'il faut ralentir. Et c'est très, très minoritaire. Alors que Macron, son maître mot, c'est accélération, accélération et accélération. Donc on a un système qui va accélérer. Quand on demande aux Français qu'est-ce que vous pensez, qu'est-ce que vous voulez comme maison ? La maison high-tech avec tous les objets connectés, ça vient en tout dernier.
Ce qu'ils veulent, c'est un cocon familial avec un jardin. Donc l'aspiration, elle est profondément là. Quand on demande aux Français est-ce que vous pensez qu'on va sortir de la crise climatique par des changements technologiques ou par des changements dans la société, très massivement, ils répondent par des changements dans la société. Donc je pense qu'on a puissamment, sous les pieds, un désir d'autre chose qui peine à se cristalliser, qui peine à s'incarner. Chloé. Dans le cadre de cette mobilisation contre la réforme des retraites, on n'a jamais autant parlé de travail en France.
Vous dites souvent dans vos interventions, d'ailleurs, vous parlez de la pénibilité de ce travail parce que la raison pour laquelle les gens sortent aussi massivement dans la rue, c'est qu'en fait, leur travail est pénible et qu'ils ne peuvent pas prendre deux ans de plus. Et vous mentionnez notamment que depuis les années 80, en dépit notamment de l'arrivée du numérique, etc., la pénibilité physique et psychologique du travail a augmenté. Donc ça, c'est quelque chose qui est très présent dans le débat. Et puis, une autre chose qui est présente dans le débat, c'est la place du travail dans la vie, le rapport au travail, est-ce que c'est autant, aussi important qu'avant, etc.
Moi, ce sur quoi je voudrais vous interpeller, c'est sur cette espèce de débat qui s'est inauguré à gauche, notamment à partir de la rentrée dernière, sur la gauche du travail versus la gauche des allocs, que la gauche n'aime pas la valeur du travail, etc. Est-ce qu'aujourd'hui, ce soir, vous pouvez réconcilier et comment dire, ces visions et essayer de solder ce débat et comment ? Je pense que ça fait six mois que je le fais et je pense que je l'ai fait en particulier dans ma DG, dans mon discours. DG, ça veut dire discussion générale lundi soir sur les retraites en disant, pardon ?
En live sur la chaîne Twitch de Jean-Massier, mais ça, les gens le savent.
Mais c'est-à-dire que pour moi, le droit à la paresse ne s'oppose pas à la valeur travail. Au contraire, les deux se conjuguent. C'est-à-dire quoi ? C'est-à-dire que l'histoire du mouvement ouvrier, c'est une histoire à la fois de dignité du travail, de gagner sa vie en travaillant et d'en être fier et en même temps, de libérer des temps hors travail. C'est-à-dire, c'est la fin du travail des enfants, c'est le congé maternité, c'est le dimanche chômé, c'est le samedi à l'anglaise, c'est les congés payés, c'est la retraite et enfin la retraite à 60 ans. Et donc, c'est les deux qui sont conjugués.
Alors, j'ai eu cette formule en disant que finalement, c'était le droit au repos, le droit à l'oisiveté conjugué avec le droit au travail qui faisait ce bel et éternel enfant qui est le bonheur. Parce que je pense que, de la même manière que ici, vous êtes fiers de votre travail. Je veux dire, moi j'ai fait des tas d'entretiens depuis 23 ans, les gens, ils aiment leur métier. Ils n'aiment pas la manière dont on leur fait faire leur métier. Et c'est vrai par exemple, même dans des métiers comme caissière. On se dit, caissière, s'il y a des caisses automatiques, ce n'est pas grave.
Mais en fait, les caissières qui ont une mémoire de leur travail, elles se souviennent du moment où elles rencontrent leurs collègues le matin, elles ont un moment de discussion. Et puis avant, il y avait une liberté de parler d'une caisse à l'autre, de parler avec les clients. Ce qu'elles n'ont pas enfermé, c'est quand on leur a demandé de faire du sbam. Sourire, bonjour, au revoir, merci. Sbam plus. Sourire, bonjour, au revoir, merci. Est-ce que vous voulez la carte de fidélité ? D'être auxiliaire d'une machine qui... Donc finalement, c'est déjà transformer les humains en robots et après, tu as moins de mal à mettre des robots à leur place. Et donc là, c'est pas seulement les robots,
c'est les méthodes de management qui se sont perfectionnées. En fait, il y a eu une grosse crise du travail dans les années 70 où on s'est demandé comment les gens allaient continuer à accepter la violence du travail. Il y avait eu mai 68, ça avait pété. Donc, on a réfléchi à comment contourner ça, comment dominer plus doucement et ça a donné le management tel qu'il est maintenant, qui ne dit pas son nom mais qui, mine de rien, mesure, met en compétition au lieu d'avoir des injonctions directes. Et ça, ça a eu un effet où les gens eux-mêmes, voilà, leur travail a été rendu beaucoup plus pénible comme ça. Ils sont toujours mesurés, toujours notés, etc. Raphaël ?
Je voulais revenir sur ce que vous racontiez tout à l'heure sur l'aspiration à un monde nouveau et peut-être se projeter dans la suite. Il y a un laboratoire d'idées qui s'appelle Destin commun qui est très intéressant parce qu'il clusterise la société française sur des critères non sociodémographiques mais par groupes de gens homogènes en termes de vision du monde et des valeurs. Il y a plein de groupes. C'est cluster 17, c'est ça ? C'est le même système, c'est un autre institut. Pourquoi j'en parle ? Parce qu'il y a des groupes, les identitaires, il y a des libéraux optimistes, il y a un groupe où ils ont montré qui est déterminant pour gagner le pouvoir, ça s'appelle les attentionnistes.
C'est quoi ça ? Qui votent successivement à droite, à gauche, ce sont des gens qui sont attachés au fond à ne pas trop perdre sur leur confort. Et qui sont attachés aux gens qui sont sérieux. Pourquoi je parle de ça ? Parce que vous avez une rhétorique qui est très intéressante et sur laquelle j'aimerais bien vous entendre. Vous dites souvent « Nous sommes les modérés. » Le sérieux a changé de camp. Alors, est-ce que vous pouvez nous expliquer parce que c'est un peu contre-intuitif et surtout comment est-ce que ça va s'inscrire dans des signes ? Je reprends ma casquette de sémiologue. Comment est-ce qu'on va pouvoir le voir ?
Comment est-ce qu'on va réussir à décoller cette étiquette que la droite et que le gouvernement essaient de vous apposer, à savoir vous êtes la gauche qui bordélise le pays ? Vous êtes l'extrême-gauche même.
D'abord, dire à quel point ce sont des extrémistes. Ce sont des extrémistes quand aujourd'hui sur la réforme des retraites, il y a 7 Français sur 10 qui disent non avec constance. Quand il y a 9 salariés sur 10 qui disent non. Quand tous les syndicats sont unis pour dire non. Quand tu as des chefs d'entreprise qui disent c'est une bêtise dans l'hôtellerie, dans le bâtiment, chez les artisans. Quand tu as tout ça et que tu décides de quand même passer par-dessus le corps social pour faire ça, je suis isolé, je ne vois pas comment appeler ça. Autrement que c'est un comportement d'extrémiste. Mais je prends un autre...
Là, apparemment, ils veulent nous remettre le traité Mercosur de libre-échange entre l'Europe et le Mercosur. Ça y est, ça revient. Donc, je veux dire, pour moi...
Macron s'y était opposé au nom de la lutte pour le climat.
Voilà. Mais pour moi, c'est se dire qu'à l'échelle de la planète toute entière, on doit avoir une libre circulation des capitaux et des marchandises, c'est un projet qui est démiurgique, utopique... Et pas sérieux. ...et extrémiste par les conséquences sociales et climatiques que ça. Et venir dire, moi, qu'est-ce que je prône ? Parce que je suis en faveur de taxes frontières, de barrières douanières, de quotas de portation depuis très longtemps. Mais venir dire, il y a 10 000 lignes tarifaires à l'OMC. quels sont les produits sur lesquels on estime qu'il faudrait une régulation ? Sur le médicament, je pense que c'est prioritaire. Et donc là-dessus, ben oui, il faut une régulation du marché.
Je veux dire qu'au fond, profondément, je pense que les pragmatiques, c'est nous, et les dogmatiques, ce sont eux. Il y a un certain fanatisme de la concurrence en face. Alors, la difficulté, même, regardez, Total, fait 20 milliards d'euros de bénéfices, payent zéro euro d'impôt sur les sociétés. C'est quand même d'une aberration infinie. Ça fait tomber les bras. Et on a un Bruno Le Maire qui est supposé être la police économique et qui est supposé être là pour nous protéger, qui dit, non mais c'est très bien, on ne va pas leur demander, ils vont nous faire une restourne sur l'essence, ils vont nous donner l'aumône et ça sera très bien comme ça.
La difficulté dans laquelle on se trouve du coup, c'est qu'au fond, je pense profondément que je suis modéré. Je vous ai dit cette histoire de premier pas, moi je ne dis pas on va raser Total, je ne dis pas Poudiané, on va lui faire cracher tous ses euros, mais on a une situation qui est tellement installée dans l'indécence, dans une espèce de folie. D'ailleurs c'est Macron qui parlait de folie au moment de la crise Covid, il y a eu des éclairs de lucidité là, il disait déléguer notre protection, notre santé à d'autres est une folie et pourtant c'est ce qu'il est en train de... Il avait raison à ce moment-là quand il disait ça.
Oui, je pense qu'on a eu un Macron de gauche pendant une minute trente à un moment.
C'était Nicolas Sarkozy qui avait fait pareil au moment de la crise des septembre 2008. Il avait dit folie, C'est pareil, mais du coup... Pour réformer le capitalisme et tout, moraliser le capitalisme.
Je ne veux pas partir dans des trucs, mais en même temps quand ils disent folie, c'est se refuser à analyser la nature du système pour le transformer. Parce que si tu considères que c'est juste irrationnel, tu ne comprends pas quelles sont les forces qui ont un intérêt très rationnel à cet ordre du monde. Mais donc, juste, on se trouve dans cette tension entre une folie, prenons-le comme ça, mais en tout cas une injustice qui est complètement majeure, acceptée par l'ordre gouvernemental, par l'ordre médiatique, en gros, bien souvent, par l'ordre économique. Et c'est comment, du coup, faire part de ton désir de modérer ça, parce que...
C'est-à-dire de rétablir les plateaux de la balance, il s'agit de se dire qu'on doit pouvoir produire ici. Enfin, c'est comment tu veux modérer ça et face à ça, dire cette modération avec modération. pour moi, c'est très compliqué. Et je parlais de l'abbé Pierre tout à l'heure, mais ça me fait penser à la figure de l'abbé Pierre. L'abbé Pierre, quelles étaient ses demandes ?
Que les gens puissent vivre dignement, que les gens puissent se loger dignement, mais que quand tu entends les paroles de l'abbé Pierre, en fond, il est traversé par une certaine force de violence verbale dans sa manière d'interpeller les lentilles en disant mais quoi, vous êtes en train de vous gaver pendant que les gens dorment à la rue et il le fait avec ardeur. Et donc, au fond, aujourd'hui, comment porter un programme qui, je le pense sincèrement, vient modérer la folie, l'hubris, tu vois, le mot juste, ça y est, le mot juste, c'est la démesure. On a une classe dirigeante qui est dans la démesure.
Bon, comment modérer cette démesure en réussissant à le dire avec calme et avec modération ? Je dois dire que je n'y parviens pas toujours. Chloé ? Sur la question de la démesure, ça me permet de faire allusion à un de vos intérêts.
Vous avez publié il y a quelques années un livre qui s'appelait Leurs progrès et le nôtre sur la question de la démesure technologique et cette contradiction, enfin, cette aberration qui fait que ce qui change le plus nos vies, c'est-à-dire ça, c'est ce dont on discute le moins dans un cadre démocratique et à l'Assemblée nationale, on discute beaucoup, beaucoup, beaucoup, mais ça aura toujours moins d'impact sur nos vies que les innovations qui nous viennent de la Silicon Valley. Alors, comment est-ce qu'on régule cette démurgie-là, cette hubris-là ? Comment est-ce qu'il serait possible de démocratiser le progrès technique parce que ça a des impacts énormes sur l'écologie, sur la société ?
D'abord, dans le monde du travail, c'est-à-dire qu'à partir du moment où une technologie est disponible type caisse automatique ou dans la logistique, les casques qu'on met sur les oreilles et qui font que c'est aux salariés de décider s'ils veulent ou pas de cette technologie. Donc, ça suppose de faire entrer la démocratie à l'intérieur de l'entreprise. C'est Jean Jaurès qui disait la révolution a fait des Français des rois dans la cité, mais elle les a laissés serre dans l'entreprise.
Bon, donc là, l'idée de faire entrer la démocratie dans l'entreprise, à la fois sur la répartition de la valeur ajoutée, sur qu'est-ce qu'on fait, est-ce qu'on utilise cet argent pour investir ou bien est-ce qu'on le distribue au capital ? Ça, c'est une question, mais l'autre question, c'est s'il y a des caisses automatiques à mettre, eh bien, la parole doit être donnée pas seulement au capital qui décide si ça va lui être rentable ou pas, mais au salarié qui se dit est-ce que ça va être mis en faveur de mon travail ? Est-ce que ça va être mis en faveur de m'aider à l'émancipation ou au contraire est-ce que ça va être un obstacle à mon émancipation ? C'est pas grave.
Mon émancipation ? Vous êtes fatigué, François Ruffin, vous me l'avez dit avant parce que c'est fatiguant en ce moment, votre actualité, l'Assemblée, le mouvement, etc.
Voilà, donc ça, c'est un premier point. Ensuite, je viens sur la question du téléphone portable. Et j'en viens, je suis venu avec mon graphique, vous me connaissez ?
Ah, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu ça. C'est quoi ce graphique ?
C'est le déficit commercial de la France. Parce que là, on parle des 12 milliards d'euros possibles qu'on va avoir avec les retraites et donc il s'agit de lutter contre ces 12 milliards d'euros. Le déficit commercial qui est tombé hier, c'est 164 milliards d'euros de déficit commercial. C'est-à-dire, c'est un gouffre gigantesque.
On importe beaucoup plus.
C'est-à-dire qu'on importe
beaucoup plus qu'on exporte, ça veut dire que concrètement, on a de la valeur qui fuit.
Voilà. Et donc, j'ai lu un bouquin que je me permets de vous recommander. Alors, les copains, ils se moquent de moi parce que je le recommande tout le temps. C'est un bouquin de Benjamin Brice qui s'appelle La sobriété gagnante et qui est vraiment formidable parce qu'au fond, il part de cette question du déficit commercial chronique de la France et que Macron n'a fait qu'aggraver. Alors, on peut dire, il y a la crise de l'énergie et ça fait 40 ans, en fin de compte, qu'on résout la question du déficit commercial, en fait, qu'on ne résout pas en disant il faut être compétitif.
Et au nom de la compétitivité, il s'agit de raboter les droits à la retraite, raboter les droits au chômage, raboter les salaires, faire de la modération. Et il s'agit, en fait, d'avoir une économie sous perfusion. C'est 160 milliards d'euros des entreprises, mais c'est au fond le chômage avec les gens qui se font virer des industries et qui se retrouvent au chômage. C'est aujourd'hui la prime d'activité qui font qu'on a des salaires sous subvention, vous voyez, mais même c'est l'agriculture qui est sous subvention, donc on a en fait une économie sous subvention.
Et ce que propose Benjamin Abriss, et je pense que c'est tout à fait pertinent, c'est de renverser les choses et se dire, l'objectif, ça ne doit pas être d'exporter au maximum, mais ça doit être d'importer le moins possible. Alors évidemment, en ayant des choses qu'on reproduit en France, mais par exemple, le téléphone portable, on ne va pas être fichu de le reproduire tout de suite en France. Donc ça veut dire que par exemple sur ça, c'est de demander comment on fait pour en importer le moins possible. Donc comment on fait pour réparer à la place d'acheter de nouveau, comment on fait pour que ça soit tous les deux ans ou tous les deux, trois ans qu'on achète.
Et je dis que c'est un enjeu parce que là, on lit deux causes. On lit la cause de la souveraineté nationale avec moins de déficit, mais évidemment, ça a un enjeu aussi qui est que c'est une moindre consommation et donc c'est résoudre en partie aussi la question écologique.
En plus, la question sur la technologie fait le lien avec ce qu'on disait tout à l'heure sur les travailleuses du porno, sur les livreurs Deliveroo, c'est une super émission, c'est vraiment incroyable. D'ailleurs, moi si vous étiez vous, moi si vous étiez vous, je financerais. Voilà, uti.io slash Jean Macier, participez au financement de Vaxit. On arrive sur les toutes dernières questions. Usul. D'accord. Tu parlais tout à l'heure du fait que les travailleurs pourraient regagner en effet du pouvoir dans l'entreprise. Il y a des pays dans lesquels les travailleurs ont un peu plus de pouvoir ou un peu des contre-pouvoirs.
Nous on les a sapés vraiment ces contre-pouvoirs dans l'entreprise et que ça du coup ça changerait. Ils pourraient dire je n'accepte pas qu'on me donne les chiffres dans l'oreille dans l'entrepôt Amazon, etc. Est-ce que c'est pas le moment aussi de réfléchir avec la CGT, avec les syndicats, maintenant qu'on voit qu'il y a presque un retour en grâce dans l'opinion de ces grandes structures syndicales, de proposer un plan j'ai envie de dire vigoureux et déterminé pour dire ça c'est fini.
Si nous on fait une grande réforme de comment on pense le travail aujourd'hui avec les interrogations qui sont en train d'avoir les français de toute façon, hop, on a un plan nous, ça il faut plus, il faut salarier les livreurs délivreux, il faut faire ça et nous on ferait ça si on était au pouvoir, un programme qui soit franc et pourquoi pas co-construit avec les syndicats.
Oui, avec toujours cette question de à quoi les français vont croire, tu vois, cette question du premier pas qui fait qu'ils se disent pas bon bah ils sont en train encore de nous vendre du vent.
Le programme commun il était pas, il y a des français qui, enfin voilà,
il faut installer les idées. Je pense que les expériences répétées et en particulier de la gauche au pouvoir ont fait baisser le niveau d'espérance et ont fait élever le niveau de cynisme ou de méfiance au moins, tu vois.
Mais là ça rendrait concret le truc de, parce que là on est toujours sur les grands débats au matin de France Culture, il faut repenser le travail, machin, mais il n'y a jamais de truc concret.
Concrètement, puisque tu parles d'Eli Vérou, je veux dire, moi je salue la victoire de ma collègue Leïla Chébi au Parlement européen, ben oui, c'est du concret. C'est-à-dire que maintenant il y a les livreurs, Uber, Deliver, et compagnie, il y a une présomption de salariat, ça veut dire que il y a à payer des droits au chômage, il y a des droits à la retraite, il y a des droits à la sécurité sociale, dont tout ça ils étaient exclus auparavant et il faut signaler ce qui se passe quand même qui est pour moi une espèce de renversement. C'est que c'est par l'Union européenne là que vient un progrès social auquel s'oppose... Par un commissaire social-démocrate, je le dis.
Oui, mais auquel s'oppose de toutes ses forces. Borne, quand elle était ministre du Travail, maintenant Borne Premier ministre et Emmanuel Macron en une espèce de lobbyiste des plateformes. Donc on est à front renversé parce que jusqu'à maintenant on disait c'est l'Union européenne qui bloque le progrès social. Là, on est dans une Europe où c'est la France qui devient force bloquante de possibles progrès.
Dernière question, François Ruffin. Les personnes qui nous écoutent depuis tout à l'heure, il y en a peut-être qui ont été convaincues par vos propos qui se sont dit c'est vachement bien ce qu'il dit. Moi, j'aimerais bien qu'il soit utile au pays, etc. La politique française est ainsi faite que la prochaine fois qu'on pourra prendre un virage concret en politique, ce sera en 2027 à l'occasion de l'élection présidentielle. Qu'est-ce que vous leur dites à ces gens ? Vous leur dites adhérer à la France insoumise ?
Moi, je leur dis je pense que la démocratie, tu vois, je pense que tous les jours elle se défend. Quand on ne fait pas quelque chose, c'est le pouvoir qui gagne et qui vient éroder la démocratie. Donc, si jamais ils doivent adhérer à un parti, c'est une solution. Mais je veux dire, dévendre son collègue au boulot, c'est faire vivre la démocratie.
Et voter pour vous en 2027 ?
Distribuer un tract. Distribuer un tract. Aller à la manif de samedi. Je veux dire, non mais alors après, je ne vais pas répondre à ta question, tu le sais bien. Je croyais qu'on valait mieux que ça, Jean. Il fallait que je la pose. Puisqu'on est dans un conflit social, dire que les conflits sociaux, traditionnellement, ils ont des débouchés politiques. Pour moi, mai 81, c'est le rebond politique de mai 68. 97, c'est le rebond, donc la gauche plurielle, Jospin, c'est le rebond de décembre 95. 2012, c'est, Sarko, on ne l'a pas eu sur les retraites en 2010, eh bien, on prend notre revanche dans les urnes.
Donc, il est évident pour moi que dès aujourd'hui, il faut poser à ce vaste mouvement social qui est dans le pays et à ce désir d'autre chose qui est encore plus ample. Il faut dire que nous devons construire un dépougé politique à ça. La situation compliquée dans laquelle on se trouve, je termine parce que je vois que tu es pressé qu'on en finisse. La situation compliquée dans laquelle on se trouve, c'est quand même qu'auparavant, disons que le débouché politique, il était automatiquement à gauche. Et ce n'est plus le cas aujourd'hui.
Ce n'est plus le cas aujourd'hui parce qu'il s'agit de dire qu'il y a un débouché politique pour des gens qui, possiblement, vont être dans la résignation, mais qu'en plus, le débouché politique, il est bien du côté de forces progressistes et pas du côté de l'extrême droite.
Tout à l'heure, vous avez parlé de langue de bois en tapant sur le bureau. Je précise que ce bureau en bois a été financé par vous. N'hésitez pas à participer vous aussi. N'hésitez pas à financer vous aussi l'émission Backseat comme tout le reste de l'émission. N'hésitez pas à participer à son financement. Vous avez parlé de langue de coton également. Vous pouvez acheter un magnifique t-shirt, un magnifique sweat en coton. Incroyable ! Merci beaucoup à vous. Chers amis, sans plus tarder, on va passer à la séquence suivante de l'émission. C'est parti pour le quiz à la con. Le quiz à la con, comme chaque semaine, chers amis, nous allons jouer. Vous allez jouer aussi chez vous.
4 questions, 4 propositions de réponses. A chaque fois, vous me dites selon vous quelle est la bonne réponse A, B, C ou D. Et vous, chez vous, vous votez selon vous la bonne réponse en participant au sondage qui est directement dans le chat. François Ruffin, vous jouez avec nous. C'est très simple, vous allez comprendre. Première question, Chloé est méga fan. Première question de ce coup de la con. Je crois qu'il y a une image. A votre avis, qu'est-il arrivé à ce pauvre fakir ? On a une image ou pas ? Réponse A, il a bloqué la 49. Non, attendez.
Il y a un fakir en France ?
Non, non, on n'a pas d'image. Pardon, excusez-moi, il y a eu un fakir en France en 2014. Il lui est arrivé un truc. D'accord. Réponse A, il a bloqué la 49 en laissant tomber sa planche à clous, crevant les pneus de plusieurs voitures. Réponse B, il a enflammé un drapeau en voulant faire une démo de crasheur de feu durant une manif. Réponse C, il a failli s'étouffer en avalant une matraque de policier. Ou réponse D, il a fait danser Darmanin en jouant du pungi.
Donc, il y en a une qui est vraie.
Il y en a une qui est vraie parmi ces quatre, il faut trouver. C'est une histoire vraie. Fakir, vous avez compris le jeu de mots, évidemment, très drôle. Voilà, abonnez-vous. On se poêle. Vas-y, fais de marrer, Raphaël.
Non, moi, je dirais la A. Tu dirais la A3 ? Oui, je trouve ça assez probable.
Une planche à clous qui tombe sur l'autoroute et en bloc la 49. D'accord, d'accord, d'accord.
Un fakir, c'est un animal, on est d'accord.
Non. On part de loin. François Ruffin, on part de loin. Sapir, oui, Sapir. François Ruffin, c'est quoi un fakir ? Ne pas confondre avec Jacques Sapir,
c'est encore autre chose.
Ok, j'ai confondu là, je pense qu'il est tard et tout ça.
Donc, c'est bon celui-là ? Moi,
c'est la B, c'est clairement la B, il a enflammé un drapeau en voulant faire une démo de cracheur de feu durant une manif.
Ok, la fameuse manif de 2014.
Il y a eu quoi comme manif ?
Un fakir, oh là là là.
Il y avait sûrement des manifs. Non, il y avait les élections municipales, ça emmerdait tout le monde. Oui, moi je vote B aussi.
Mais en même temps, franchement, est-ce qu'on aurait retenu ça ? Il a enflammé un drapeau, personne n'aurait retenu ça.
S'il y a une vidéo sur internet, personne ne se souvient du fakir. Moi,
je prends la matraque.
La matraque de policier ? Je prends la matraque. Très bien. Il se fait plaisir. Donc la réponse C pour François Ruffin. Ok, très bien. Dans le chat, ça a voté comment ? Laissez-moi checker rapidement. Ah non, merde, je ne vois pas le sondage. Attendez. Merde, mais comment ça se fait ? Page de pub. Non, non, non, mais de toute façon, les gens dans le chat me disent que c'est la réponse D qui a été majoritaire dans le chat, c'est-à-dire il a fait danser Darmanin en jouant du Pongui. D'accord, très bien. Eh bien, chers amis, la bonne réponse, c'est la réponse A. Bravo. Je ne peux pas le dire, mais c'est moi. Bravo Raphaël. C'est la culture générale.
Eh oui, c'était la 49, juste avant Grenoble en direction de Genève, vous connaissez tous évidemment. Un fakir a perdu une planche à clous sur l'autoroute provoquant environ 3 km de bouchons affectant une soixantaine de véhicules. J'en fais plus. Merci Max. Le dégât des animaux, c'est quand même dingue. On embrasse Max qui fait les questions du coups à la con, évidemment. Deuxième question de ce coups à la con. Pourquoi peut-on dire sans ironie à Henri Engelhardt « Merci patron ? »
C'est très thème ruffin ce soir. Évidemment,
c'est problématisé. Réponse A, collectionneur de voitures, il a offert à chaque employé une Tesla à Noël. Réponse B, il a invité toute son entreprise au dernier concert des Rolling Stones. Réponse C, il a offert 9 millions d'euros de sa fortune personnelle divisé entre ses 8000 employés. Réponse D, non juste, en fait, il est sympa à Henri. En plus, il amène des donuts le matin. C'est les petits gestes qui comptent. Moi, je pense qu'on a tous un Henri dans notre entreprise. Quelle nationalité, le gars ? Henri Engelhardt, c'est un britannique, donc un patron d'entreprise, vous l'aurez compris. Les patrons britanniques qui commencent par Engel, en général, c'est pas mal.
Il va falloir que t'expliques la reflée encore une fois. Marx et Engel, ça vous dépasse. Il était patron, il était... Oui, oui. Qu'est-ce qu'il y a, Chloé ? Moi, je vais dire la C. Toi, tu dis réponse C, il a offert 9 millions d'euros de sa fortune personnelle divisée entre ses 8000 employés. Parce que ça me dit qu'il ne craint pas. Tu penses qu'un patron ferait ça ? Un Engel, ouais. D'accord.
Moi, je vais la jouer thème anglais et je vais dire la réponse B. Il a invité toute son entreprise au dernier concert des Rolling Stones.
Réponse B, d'accord. François Ruffin, un patron qui veut être sympa. Moi, réponse C, mais si on veut dire merci patron, sincèrement, qu'est-ce qu'il faut qu'il fasse le patron ?
Déjà qu'il vise à transformer son entreprise en société coopérative pour la céder. il y a eu des grands patrons. Moi, dans mon coin, il y a eu Jean-Baptiste Godin, ça y est, j'ai fait le mec sérieux, mais qui était le millionnaire rouge, qui a fondé un espèce de Versailles pour les ouvriers, qui a construit avec peut-être une forme de paternalisme, on peut dire, et qui est avant sa mort, qu'il a transformé en société coopérative. Donc, je pense que penser que l'entreprise survive, mais qu'elle survive par les salariés, ça se trouve,
il avait un fils, son fils était nul à chier, il n'avait pas envie de lui donner, c'est possible, c'est souvent le cas en plus. Mais en plus, il paraît que ça existe souvent aussi dans le... C'est la gardère, tu vois, la gardère, franchement, il aurait mieux fait de transformer en société coopérative. La coop, la gardère, ça aurait été plus sympa. Ok, donc réponse C, Raphaël, je reste mon patron donut. Toi, tu dis patron donut, réponse... Je me suis fait plaisir là.
Moi, je me suis fait plaisir aussi avec la réponse B, mais en vrai, je pense que c'est lassé.
Tu penses que c'est lassé, le chat vote majoritairement pour la réponse C et c'est la bonne réponse, c'est bien la réponse C, effectivement, le PDG d'un groupe d'assurance automobile, l'entreprise s'appelle Admiral, tous les salariés ont touché 1200 balles.
Comment s'appelle l'entreprise ?
Admiral. Admiral.
Admiral.
Je t'emmerde. Il a mis sa casquette d'emmerdeur, là. Ouais, ouais, t'as vu comment ils s'y... Ils prennent vite le... Ok, entre 1200 balles et 5000 balles d'action, alors c'était sous forme d'action, c'était pas en cash. Mais il a... Tout s'est effondré le lendemain, non ? Je sais pas. Tiens, c'est une bonne question. Comment réagir les investisseurs, c'est une bonne question. Alors, troisième question de ce quiz à la con. Laquelle de ces idées tordues un patron dans le Missouri a réellement eu ? Réponse A. Chaque bureau est une mini-maison pour que les gens puissent télétravailler dans l'entreprise. Réponse B. Il a mis du sable dans les bureaux pour que les employés se sentent en vacances.
Oh, putain !
Réponse C. Il va chercher ses employés chez eux avec un bus pour faire comme en colo. Non. Réponse D. Il a des réflexions racistes à chaque repas parce que cette entreprise est une vraie famille. L'une de ces propositions est vraie. Si vous connaissez la réponse, vous ne la hurlez pas, mais l'une de ces réponses est vraie. Un patron du Missouri a réellement eu cette idée et l'a mis en oeuvre. Laquelle ? Moi, j'ai la réponse. Ah bah, tu vois. Je ne l'aime pas.
Mais pourquoi t'as la réponse ?
Parce que je sais des trucs.
Qui a la réponse ? Ah ouais, là, ça va.
T'as une idée ? Toi, tu ferais quoi ?
Non, mais sincèrement, après le baby-foot, le sable, évidemment. Moi, je pense que c'est...
Le sable aussi. Le sable ? Il y a déjà eu des trucs tordus comme ça que vous avez vus dans votre carrière de patrons qui essaient d'être sympas et qui tombent complètement à côté ? Parce qu'on se fout de la gueule du baby-foot dans les start-up histoire de faire cool.
J'ai vu un film sur le fondateur de Jiffy. Vous ne l'avez pas vu ? Mais ce qui est assez drôle, où le patron, il invite les gens aux sports d'hiver et donc à la fois, ils sont un peu condamnés à aller aux sports d'hiver mais ils sont contraints d'assister à un patron qui se prend pour un artiste et avec des tas de scènes absolument catastrophiques. Donc, je ne sais pas. Le film, il est terminé. Je sais pas. Il faut une espèce d'imprimature pour que le patron et ses avocats, ils acceptent de lâcher le film. Mais c'est... Voilà. C'est mon ami patron et on va sur son yacht avec lui et tout ça. Et donc, c'est un film qui est assez intéressant.
J'espère qu'il sortira. J'espère qu'on pourra le voir. D'accord. OK. Donc, le sable. Toi, tu dis Raphaël, le sable. François Ruffin ? Pareil. Ouais, le sable aussi. La réponse B.
Ouais, moi aussi, je dis ça.
Chloé, tu dis réponse B. Usul ? Réponse A. Toi, tu dis réponse A. Le chat vote réponse B majoritairement et Usul a la bonne réponse. C'est bien la réponse A. Effectivement.
Mais il y a combien d'employés dans son entreprise ?
On a une image d'ailleurs à vous montrer. On a une image. Ouais, j'ai vu les photos. Donc voilà, c'est un patron dans le Missouri qui dit s'être adapté après la pandémie et il a vu que les gens en majeure partie Il est auto-entrepreneur
en fait, le mec.
Il a réinventé
sa ministère.
C'est pas une blague, il a vraiment créé des petites maisons au travail. Qu'est-ce que c'est que cette musique de merde par contre ? Et donc, les gens peuvent travailler à domicile depuis l'entreprise avec des petites maisons. C'est bien, hein ? C'est beau, c'est beau un monde qui est le tout dans un grand hangar glauque. Ils ont leurs petites maisons d'enfants.
Télétravail, puisqu'on est en pleine mobilisation sociale qui est un facteur de mobilisation dans la rue, c'est une thèse très originale.
Ça a déjà été dit sur le plateau de l'excellente émission Backseat la semaine dernière. Ah bon ? Oui, je te jure. Faut regarder, hein ? Il fallait regarder. Moi, je regarde même quand je suis pas là, hein ? Ben ouais. Ça évite de redire des trucs. Quatrième question de ce quiz à la con. Combien coûte le gilet jaune créé par Balenciaga ? Réponse A.
Non ! Deux smic et demi.
Non ! Je te jure.
Mais qui a fait ça ? Mais c'est pas possible.
Balenciaga a créé un gilet jaune. Est-ce qu'il coûte deux smic et demi ? Est-ce qu'il coûte 100 pleins d'essence ? Est-ce qu'il coûte 2300 merguez ? Ou est-ce qu'il coûte 4 ronds-points ?
Un rond-point, ça coûte cher.
Oui, en plus. C'est pas une blague. Il y a vraiment un gilet jaune fait par Balenciaga. Je vais faire vite le calcul. Non, non, non. Tu regardes pas sur internet. T'es sérieuse, toi ?
Non, non. Ah, tu voulais faire le calcul. J'allais faire un petit calcul. Je pense...
Voilà. On a l'image. Oui, vous le voyez. C'est effectivement un gilet jaune sorti par Balenciaga. Allez, ouais. C'est quoi ? C'est combien un plein d'essence ?
C'est pas un gilet jaune. 100 euros. C'est un manteau jaune, en vrai. 100 euros, un plein d'essence ?
C'est jaune, c'est moche et ça va avec rien, comme dirait l'autre.
Oui.
La pub, c'est la girlfriend.
Si tu fais 50 ou 60 litres à presque 2 euros le litre, t'es pas loin des 100 balles. Oui, oui. Ça doit être chiant d'avoir une voiture et tout, là. Oh, le citadin. Je comprends qu'il soit fâché, les gens.
Qui commence, là ? Qui commence ? Qui commence ? Parce que moi,
je me sens pas à la fois. Vous l'aviez vu passer, François Ruffin, le gilet jaune créé par Balenciaga ? Pas du tout. Vous n'avez pas vu ? Parce qu'on en avait beaucoup parlé à une certaine époque où la fast fashion avait repris les symboles marxistes. Il y avait la faucille et le marteau qu'il avait acheté chez Dior. Je crois qu'il avait fait un truc comme ça avec Che Guevara, etc. Ça continue. Du coup, à chaque mouvement social, il nous invente des trucs. Donc voilà. Évidemment, ça coûte très cher. Du coup, qu'est-ce que vous en pensez ? Sans plein naissance.
Non, c'est trop franchement.
C'est trop. Si, si, le truc. Mais il t'en est. Je ne sais pas ce que c'est Balenciaga exactement.
T'as vu comme c'est moche,
mais c'est du luxe de luxe. Je crois que c'est luxe, mais je n'y connais rien. C'est ce que porte Jean Macier ce soir. Ah, pas du soir. Ce n'est pas le genre de la maison. Non, sérieux, c'est quoi Balenciaga ? C'est du luxe, luxe, luxe ?
Ah, c'est du luxe, luxe, luxe. C'est des sacs à 5, 6 000 euros, 2 000, j'en sais rien.
C'est une énorme parca, ça, c'est énorme.
C'est énorme, mais c'est moche en même temps.
Mais ce n'est pas le critère. Ce n'est pas le sujet. Ce n'est pas le critère pour eux. Donc, sans plein naissance pour François Ruffin, 10 000 balles. Tu en penses quoi, toi ?
Moi, entre A et C, je ne sais pas quelle est la différence. Je pense que 2 300 merguez, c'est assez proche que de Smick & Me, non ? Spontanément ? Non, c'est un peu moins.
Ça dépend si tu l'achètes tarif si j'ai tes manifs ou si tu l'achètes dans un centre-ville.
Moi, je dirais 2 300 merguez.
OK, 2 300 merguez. Réponse C pour Raphaël.
Bon, moi, je vais dire 2 Smick & Me.
Toi, tu dis 2 Smick & Me. Ça fait combien, 2 Smick & Me ?
Ça fait... Tu regardes François Ruffin, en plus. Non, mais ça fait 2 500, 2 600.
Et je précise que François Ruffin, c'est toujours le cas, vous vous payez au Smick ? Oui, oui. Vous touchez votre indemnité parlementaire et vous ne vous versez que le Smick. Et le reste va dans des... L'argent des films
et puis je n'y pas avoir un trésor de guerre, un nez de merci patron, quoi.
Oui, voilà. OK. Usul ? Sans plein d'essence aussi. Toi, tu dis sans plein d'essence aussi. Le tchat, il a voté comment ? Le tchat, il a voté... Ah, c'est quand même pas mal.
De la merguez de qualité, de la merguez Roussel.
Ils ont répondu...
Ça coûte plus cher. C'est 3 euros, la merguez.
C'est 3 euros, la merguez. Réponse C pour le tchat, qui n'était pas loin avec la réponse A. Eh bien, la bonne réponse, c'était la réponse A. Ah, merde. C'est bien de smic ennemi. Bravo, Chloé. C'est pas cher, quoi.
Franchement, c'est ma super victoire de la soirée.
Le gilet jaune pas cher pour Balenciaga, 2 990 euros. Moi, j'aurais payé plus, moi, pour ça. C'est quand même le sommet... Les économies que je fais en essence... On est dans le summum du mépris social, quand même. Mais ouais, sans plein d'essence, ça correspond à 7 300 balles. Alors, je ne sais pas sur la base de quel plein d'essence est-ce que Max a fait ses calculs.
Moi, je fais mon plein à 100 euros.
Ouais.
Mais ça ressemble au manteau que revêtent les personnels sur les autoroutes, ça.
Tu peux sortir de ta bagnole sur l'autoroute et changer ton pneu en toute sécurité, c'est bien. Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais. Incroyable. Cinquième et dernière question de ce quiz à la con. Que n'a pas fait Yves Rocard, le père de Michel Rocard, durant sa vie ?
Le père de Michel Rocard, d'accord.
Qu'est-ce qu'il n'a pas fait ? Réponse A. Il a créé la première bombe atomique française. Réponse B. Il a gagné le prix Nobel de physique. Réponse C. Il a empêché l'invasion de Goebbels en Angleterre. Réponse D. Il a participé aux recherches sur les OVNIs avec l'US Air Force. Donc, il a fait trois choses.
Alors, il était physicien.
Parmi ces trois, parmi ces quatre propositions, il y en a trois qui sont vraies. Que Michel Rocard, que... Comment il s'appelle, pardon ? Yves Rocard, le père de Michel Rocard. Évidemment, la blague, c'est sur la social-démocratie. Michel Rocard, le grand social-démocrate français. Oui, c'est des refs un peu. Voilà. Qu'est-ce qu'il n'a pas fait ?
Il était physicien, oui.
Il était physicien. Il a gagné le prix. S'il était jardinier, oui, c'est difficile. Je pense qu'il était physicien. Ruffin, qu'est-ce qu'on pense de l'héritage de Michel Rocard ?
Il y a des moments où je crains d'avoir l'addiction de Michel Rocard, tu vois, où on ne comprend pas. Je pars un peu dans toutes les directions et on se demande où est-ce que je vais arriver. Donc, si j'ai un héritage de Rocardien, il n'est pas dans la pensée, mais dans un mode de pensée qui se cherche en avançant dans une espèce de brume. Et je vois Michel Rocard au guignol de l'info parce que voilà, il y a un tour derrière et je me dis mais surtout pas, surtout pas. Et je n'ai que 47 ans, c'est ça l'inquiétant.
Il était comme ça Michel Rocard. Je ne sais pas si vous avez entendu l'excellente émission de Thomas Legrand sur France Inter qui s'appelle Enquête de politique dans laquelle il s'interroge sur des mots importants dans la vie politique. Il a fait une émission entière sur la social-démocratie avec des historiens pour s'interroger sur ce mouvement et à la toute fin, il interview un social-démocrate qui s'appelle François Hollande et il interroge sur la une de l'Obs et François Hollande dit une phrase du genre « C'est très bien si François Ruffin se convertit à la social-démocratie. »
Je crois que ça serait bien que François Hollande se convertit à la social-démocratie. Bravo, bravo. C'est la réponse
de François Ruffin. C'est envoyé. Très bien. On aura, j'espère, François Hollande sur ce plateau qui viendra nous dire ce qu'il en pense. Vos réponses. Alors, qu'est-ce qu'il n'a pas fait selon vous ? Moi, je pense que
je ne comprends pas l'invasion de Goebbels en Angleterre. Goebbels, c'est le ministre de la propagande nazie. Il n'a rien envahi du tout, lui. Je m'ose dirais C.
Vous voyez ? D'accord.
L'invasion nazie en Angleterre, je pourrais peut-être dire mais là, Goebbels, je ne comprends pas.
Oui, c'est l'invasion de Goebbels. C'est l'invasion de Goebbels lui-même ? Ah, la diffusion peut-être. Est-ce que je peux lui raconter une longue histoire sur la tentative d'invasion de l'Angleterre par les Allemands et comment elle a été contrée ou pas ?
Alors, juste après la réponse, avec grand plaisir. Juste après la réponse, mais oui, oui, avec grand plaisir. Du coup, vos réponses. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Moi, je suis assez... Vas-y, à toi, Usul. Je ne suis pas prête.
Ok, ça pédale. Non, C. Raphaël, toi, tu dis réponse C. François Ruffin dit réponse C aussi. Réponse A, moi. Réponse A, premier, il n'a pas créé la première bombe atomique, mais il a bien eu le Nobel. Moi, je pense que ce n'est pas son style.
Eh bien, tu sais quoi ? Moi, je vais aussi dire la réponse A.
D'accord. Le chat a répondu réponse C lui aussi à majorité. Ok. Eh bien, la bonne réponse, chers amis, c'était la réponse B.
Ah mince. Il n'a pas eu
le prix Nobel, mais les trois autres sont vrais. Mais Goebbels, il était le responsable scientifique des programmes qui ont conduit à la mise au point de la première bombe atomique française en 1954. C'était bien Yves Rocard. Il a été nommé par le général de Gaulle directeur de recherche des forces navales françaises libres et grâce à ses inspections des installations allemandes et de radio phares sur les côtes britanniques, il a réussi à faire échouer les plans de Goebbels en Angleterre qui travaillaient visiblement sur un truc en lien avec les radio phares. En 1966, il a rejoint le célèbre projet Blue Book lancé par l'US Air Force pour étudier le phénomène des ovnis. Quelle vie ! Voilà !
Et ce n'est qu'une infime partie de sa vie absolument incroyable. N'hésitez pas à checker sa page Wikipédia, c'est incroyable. C'est quoi cette histoire alors François Ruffin ? Non, mais c'est parce que j'ai lu une biographie
de Churchill et il y a un truc qui m'a épaté. D'abord, c'est une vie épatante. Et même dans la liberté qu'il peut avoir, avec plein de défauts, c'est évidemment un homme de droite et tout ça, mais avec la liberté qu'il peut avoir d'aller sur un banc à l'autre, franchement, il faut lire une biographie de Churchill, y compris pendant la Première Guerre mondiale, c'est dingue. Mais pendant la Deuxième Guerre mondiale, il y a la bataille d'Angleterre, donc à un moment où les nazis, enfin les Allemands, ils pilonnent par les airs...
Tous les Allemands ne sont pas nazis, Monsieur Ruffin.
Mais ils pilonnent pas au hasard, ils pilonnent les ports, ils pilonnent les terrains d'aviation, ils pilonnent les usines, ils pilonnent de manière très ciblée, les Allemands. Et à un moment, ils dévient, ils pilonnent, je ne sais pas, un bout de Londres ou une ville, et là, Churchill se met en colère, apparemment, c'était une erreur des Allemands, mais il se met en colère, et il décide, si ça se passe comme ça, d'aller pilonner Berlin. Mais lui, il n'a pas les avions pour ça, il se fait...
Il y a dix avions qui partent, il y en a un qui arrive à toucher Berlin, et donc c'est une catastrophe militaire, complètement déconseillée par tous les chefs militaires qui l'entourent, mais il continue dans son espèce de délire de vouloir aller pilonner Berlin alors que ça n'a aucun sens. Mais résultat, qu'est-ce qui se passe ? Ça met en colère Hitler, qui se dit, bon, si c'est comme ça, moi, pour de vrai, je vais lui pilonner ses villes et pas ses installations, et il se met à pilonner complètement les villes anglaises. À ce moment-là, qu'est-ce qui se passe ? Il se passe que les Anglais, l'armée anglaise, parvient à reconstruire ses installations, ses usines, ses ports, c'est tout ça.
Parce que les bombardiers arrêtent de les viser.
Parce qu'ils arrêtent de cibler les points les plus essentiels, et donc finalement, il y a une espèce de double erreur psychologique qui se met en place et qui permet, en tout cas, c'est raconté comme ça dans la biographie de Churchill, qui permet d'aller regagner la bataille d'Angleterre parce qu'ils arrivent à reconstituer leurs forces, parce que Hitler opère une faute stratégique en tombant dans un piège qui n'était même pas franchement tendu par Churchill. Du moins, c'est raconté de cette manière. Incroyable. J'ai trouvé que c'était un point assez épatant. De toute façon, il y a des grandes choses qui arrivent par les erreurs, quand même, par exemple, les cornflakes, tu vois.
Ça, je l'ai passé là,
par contre. La tarte à teint. La tarte à teint. Qui a été laissée au four et puis finalement, c'est devenu des cornflakes, tu vois. C'est génial. Il faut laisser la part
de... La tarte à teint aussi. De coïncidence, de choses comme ça. Emmanuel Macron, c'était une erreur ou pas ? Je pense qu'il est très programmé comme erreur. Merci beaucoup. François Ruffin, c'était l'invité politique cette semaine. Merci à vous. On va vous laisser quitter le plateau. Merci beaucoup. Merci, merci. On vous laisse y aller. Voilà. On n'est pas tout de suite à la fin de l'émission. Chers amis, on va enchaîner avec une séquence que je sais, vous attendez toutes et tous. On enchaîne avec le PowerPoint de Vincent. Ce n'est pas le bon jingle qui est parti, mais ce n'est pas grave. On est avec toi,
Vincent Manilev. Comment ? Bonsoir. Très bien et vous ? L'émission, il y a beaucoup d'énergie. Mais tu as vu la qualité de ce public. Mais oui, mais bien sûr.
Tu as vu qu'on les recrute sur critères physiques, tellement ils sont beaux. Mais oui. Vous aussi, vous pouvez faire partie du public en participant au financement de l'émission. Tout ça, tout ça. YouTip. Allez, excuse-moi. Vincent, de quoi tu veux nous parler cette semaine ?
Du financement participatif de l'émission, bien sûr. La semaine dernière, je vous avais dit que mes journées, c'est à peu près 90% à consommer des vidéos YouTube. Évidemment, je ne fais pas que ça. Donc, avant de démarrer, je voulais vous partager quelques statistiques un peu sur moi, très humblement. Mais si on peut passer à la slide suivante. Donc, voilà. Donc, je passe quand même 10% de mon temps à dormir, 15% à essayer de comprendre comment fonctionne le concept de pourcentage, 20% à écrire et enfin, 25% sur TikTok. Et sur TikTok, je passe quand même beaucoup, beaucoup de temps en vrai. Je scrolle comme dirait McFly et Carlito. Et j'adore découvrir des nouveaux comptes intéressants, etc.
Et dernièrement, j'ai un ami, Quentin, qui m'a envoyé le compte de la sénatrice Mélanie Vogel.
Oui, sénatrice Écolo.
J'ai rechecké la prononciation de son nom. Merci encore à l'équipe. On a un peu brainstormé là-dessus, parce que je voulais sûr de ne pas me tromper. Et ça m'a tout de suite intrigué, parce que j'ai voulu savoir tout de suite s'il y avait d'autres élus qui étaient présents sur TikTok, parce que je me dis que surtout, voilà, une sénatrice, on se dit les politiques, TikTok, voilà. Et j'ai trouvé énormément, énormément de vidéos postées par les politiques eux-mêmes, ou via des comptes d'anonymes un peu spécialisés en politique. Donc à chaque fois, c'est ultra cut, c'est sous-titré, avec des références à des mèmes ou à des tendances assez précises.
Et si ces contenus manquent parfois de contexte, voire frôles avec la désinformation, des fois, il faut le dire quand même, ça marche, ça fait quand même beaucoup, beaucoup de vues. Et en faisant mes recherches, par contre, j'ai quand même réalisé qu'il manquait un peu quelqu'un à l'appel, un groupe politique assez important. Donc je ne parle pas de la NUPES, parce que c'est largement représenté par Jean-Luc Mélenchon, par, voilà, sont les fraises, etc., Louis Boyard, François Ruffin qui était là, Mélanie Vogel ou David Guéraud. Je ne parle pas du RN non plus, où Jordan Bardella vraiment explose les scores d'audience, même plus que Marine Le Pen en termes de visibilité, je trouve.
445 000 followers. Quand même, oui, c'est impressionnant. Et puis, il y a beaucoup de comptes de soutien qui font des vidéos, des montages, etc., donc ça tourne beaucoup, beaucoup. Et je ne parle pas du parti présidentiel non plus, parce que c'est quand même porté par Emmanuel Macron.
Le youtubeur.
Ce qu'il y a. Pourquoi ? Je ne comprends pas. Emmanuel Macron, parce que c'est un chef d'État et c'est normal. Il y avait Jébari aussi qui était très investi. Voilà, je ne parle pas parce qu'il est un peu... Oui, il est passé dans le privé. Voilà, il est passé dans le privé. Mais voilà, je pense que vous avez compris où je veux en venir. Aujourd'hui, j'essaie de me demander où sont passés les Républicains sur TikTok. Et on s'était demandé, oui. Dans le métavers. Je vais y répondre en fait. Je suis là pour ça. Merci Vincent. Et question subsidiaire, existe-t-il quelque part une vidéo de Eric Ciotti en train de surfer sur la traîne du filtre Shining ? Voilà, je ne suis pas...
Je n'assume pas totalement le montage, mais voilà, j'avais du temps à perdre. Bon, voilà. Et la question se pose parce qu'il y a deux ans, il y a deux ans, le Figaro se demandait, enfin expliquait que voilà, la droite a rattrapé son retard sur les réseaux sociaux. Christian Jacob avait créé un compte TikTok, un compte Twitch et un compte Clubhouse. Ah ouais. Clubhouse, quoi. On s'en rappelle. C'est là, c'est là. Sauf qu'aujourd'hui, le bilan, quand on se penche un peu sur tout ça, il est quand même décevant. Il y a assez peu d'abonnés de vue de manière générale, surtout si on compare aux autres mouvements politiques et surtout ce sentiment d'un décalage générationnel très marqué.
Exemple, Laurent Wauquiez. Wauquiez, pardon. Et on le voit très impliqué pour sa région, il défend ses mesures, il fait tomber la cravate, ce genre de choses. Sauf que sur la forme, si vous voulez aller jeter un oeil, on voit surtout un phrasé encore très policien.
C'est moi où il joue au foot en costume ?
Oui, oui, oui. Mais justement, on voit, c'est des transitions très Windows Movie Maker, si vous allez voir la vidéo. Et puis, il y a quand même des musiques qui accompagnent les vidéos qui sont très déconnectées des tendances TikTok. il n'y aura pas de Miley Cyrus sur le compte de Laurent Wauquiez, malheureusement. Et voilà, j'ai aussi pris un autre exemple forcément qui a fait parler de lui récemment, notamment autour de Beyoncé. Ah oui, c'est Beyoncé, oui. Valérie Pécresse. Valérie Pécresse aussi, on sent un gars assez marqué parce que, et pourtant, on sent une vraie volonté de la part de son équipe de la rendre plus cool, de la rendre accessible, ce genre de choses.
et comme Marine Le Pen avant elle, elle se montre avec des petits chats, ce genre de choses, ou elle dévoile des photos d'enfance avec, ah, je pense que c'était la slide d'après d'ailleurs, je me suis trompé, c'est la régie, mais voilà. Voilà, on la voit avec des petits chats, des photos un peu rétro avec du gros rap en fond où elle se montre un peu, des fois, faire des gaffes devant des enfants. et elle met à chaque fois des hashtags quand même, beaucoup de hashtags je trouve pour rendre virale. Je retiens notamment le hashtag amis des animaux. Sauf que là encore, on sent quand même une forme de manque d'aisance je trouve devant le face caméra ou pour lancer des punchlines.
À un moment, elle a fait une vidéo pour sa punchline, la paille et la poutre. Je veux dire, c'est vrai que ça marque quand même, je trouve. Et puis globalement, un peu de problème pour se fondre dans le mood TikTok, on va dire. Je pense que vous voyez un peu de quoi je parle. Par exemple, elle a fait un TikTok où elle reprend la musique Bloody Mary de Lady Gaga en version accélérée. C'est un extrait sonore qui est ultra populaire sur TikTok grâce à une série Netflix. Et en fait, sauf que pour l'accompagner, son équipe n'a utilisé que des photos très officielles, très politiciennes.
Encore une fois, on peut le voir sur la droite de l'image et c'est en complet décalage avec le challenge de base et l'esthétique même de TikTok. Et puis, il faut dire aussi que Valérie Pécresse, elle souffre d'un vrai manque de popularité. Régulièrement, sous ses vidéos, désolé, il y avait un plat, j'ai mis les pieds dedans en fait. Elle est souvent sanctionnée par les commentaires sur leur RB, le pass Navigo ou les dettes de sa campagne, même si la vidéo n'a rien à voir. Vraiment, à un moment, elle prend un café, quelqu'un lui répond les sponso pour rembourser la campagne. Valérie Pécresse répond bof.
Et ce qui est génial, c'est que dans ces cas-là, en plus, ils sont plus ou moins animés par ce qu'ils ont de plus jeunes sous la main dans l'équipe pour animer ces trucs-là. Je vais y venir. Excuse-moi, je vais y venir. Toutes les chroniques. Non, non, mais attends. Je vais arrêter.
J'ai travaillé un petit peu quand même. Elle a dû... Et puis, on l'a vu, cette semaine, elle a pris la parole pour se défendre vis-à-vis de Beyoncé parce que des gens l'accusaient d'être responsable de l'absence d'une seconde date au Stade de France. Il n'y en aurait qu'une de date. Voilà. Alors qu'en soi, ce n'est pas vraiment sa responsabilité. Et pour le coup, cette vidéo-là, elle a dépassé les 800 000 vues en même pas 24 heures. Donc, c'est que ça marche. Mais bref, tout ça pour dire que sur TikTok, les figures LR, elles doivent d'emblée un peu nager à contre-courant. C'est le sentiment qui s'en dégage.
Et c'est pour ça qu'il y a d'autres comptes LR qui ont été soit abandonnés, soit impossibles à authentifier. C'est-à-dire que je suis incapable de vous dire si c'est le vrai compte de Eric Ciotti, le vrai compte de Christian Estrosi ou le vrai compte de Xavier Bertrand. Et définitivement, Eric Ciotti n'a pas fait la traîne Shining TikTok. Je peux le comprendre.
Oui, c'est un montage que tu as fait.
Oui, oui, oui. Non, non, tu me rassures parce que là, j'allais le chercher ce soir. Je l'ai tout de suite précisé. Oui, c'est vrai. Et il n'y a évidemment aucune trace du compte de Christian Jacob que j'ai cherché comme un Pokémon Shiny. Par contre, j'avais un peu d'espoir en me penchant sur le compte d'Aurélien Pradi dont on parle beaucoup en ce moment parce qu'il a 36 ans et je me suis dit qu'il y avait peut-être une chance que ses TikTok paraissent un peu plus naturels. Là encore, c'est un peu difficile de se lâcher pour lui. Des phrases très polissées et des musiques électro qui font très meeting de campagne.
D'ailleurs, on remarque si vous regardez les noms des sons et des musiques qui sont utilisées, il y a un usage très, très récurrent du mot épique. Moi, c'est-à-dire que quand je fais une story Instagram et que je ne sais pas quelle musique mettre mais que je veux une musique qui booste un peu, je tape épique musique, machin, etc. Et je pense qu'il y a un peu de ça aussi dans l'usage de ces vidéos. Donc, ce ne sont pas les musiques tendances actuellement. Et donc, j'ai pu parler à Nicolas Dupiège qui est un membre et il m'a dit que c'est vrai que lui, il avait des a priori sur TikTok. Il considère que ce n'est pas sa génération.
Il a 25 ans et ça m'a un peu surpris de dire qu'il considère que TikTok, ce n'est pas sa génération. Et lui, il reconnaît quand même que ça marche quand même pour Mélenchon, Bardella parce que c'est des gens qui fonctionnent beaucoup à la punchline et il dit peut-être que nous, à droite, on a sous-exploité cette capacité. Et d'ailleurs, en 2020, Aurélien Pradié disait on peut utiliser ces outils mais on doit garder nos codes, toute tentative de se fondre dans la masse et perdante. Il est important de préserver respectabilité et constance.
Et c'est peut-être ça un peu le souci au fond, c'est-à-dire ok, il faut garder une stature alors qu'on est sur une plateforme quand même assez jeune et qui casse un peu ces codes-là. Parce que dans le camp d'en face chez David Guiraud qui a presque 230 000 abonnés sur TikTok, lui dit qu'il travaille avec son assistant parlementaire, ils ont des références en commun sur le manga, etc. Ils mettent des petits sons de côté, des petites références et ils travaillent et ils en discutent beaucoup.
Et il dit même, et ça j'ai trouvé ça super intéressant, que quand il fait une intervention, il ne se dit pas qu'il va la mettre sur TikTok, mais ses vidéos ont fait un peu évoluer sa façon de parler, sa façon de mettre du rythme ou pas dans son contenu. Et à propos de LR, il dit qu'il pense que c'est un électorat beaucoup moins sur les médias jeunes comme TikTok qu'il est l'électorat de LR et qu'en gros, ils ont dû peut-être considérer qu'ils avaient suffisamment de capital politique avec la télévision et que ça pouvait se transférer sur les réseaux. Alors, quant à Valérie Pécresse, j'y viens, j'y reviens.
J'ai pu aussi parler à un membre de son équipe qui dit tout simplement que le vote des jeunes s'est porté sur les extrêmes, comme il dit, et ça se retranscrit selon lui sur TikTok. Il reconnaît quand même que les communautés sur ces réseaux attendent des sujets peut-être en léger décalage avec les sujets historiques des politiques du parti LR et il dit que voilà, c'est à eux de s'en emparer sans forcément perdre qui ils sont tout simplement. Alors, je ne pouvais pas non plus finir cette chronique sans partager une prise de parole de Valérie Pécresse qui est extraite du documentaire Service public de Salia Braclia et de Mouloud Achouan. Donc, on va lancer une vidéo normalement. Ah oui.
Vous, les réseaux sociaux, ça compte énormément aussi dans votre campagne ou pas ? Les réseaux sociaux, on est très en retard, les républicains sont très en retard parce que le parti lui-même n'était pas très présent, les groupes parlementaires n'étaient pas très présents et sociologiquement, nos électeurs ne sont pas très présents parce que nous, on a des gens qui sont des actifs qui bossent par rapport à une gauche qui a plutôt, pardon, mais des intellos. Donc, les intellos sont très sur les réseaux sociaux. Nous, on a plutôt des gens qui bossent, qui ne passent pas toute leur vie sur leur portable. en fait, on a un rapport sur leur ordinateur.
Donc, on a un rapport aux réseaux sociaux qui est... Champion du monde, ça. Il y a un petit homme. D'une manière... Non, non, mais on va y mettre énormément d'investissements dans les trois mois qui viennent, bien sûr. Voilà, donc moi, alors à la place de Valérie...
Elle n'a jamais accepté nos invitations à venir sur Twitch, mais bon, bref. Non, elle bosse, sauf pour le débat du sec, mais sur le backseat, on a... J'aime pas les intellos. Mais on n'abandonne pas. Valérie Pécresse, j'aimerais bien qu'elle vienne un jour sur le plateau de backseat.
Mais j'aimerais beaucoup et pour parler TikTok, notamment. Mais voilà, en tout cas, moi, à la place de Valérie Pécresse, ce que je ferais, c'est que je prendrais juste cet extrait-là, je le mets sur TikTok, quelques petits cuts, la dernière musique de Miley Cyrus. Et moi, c'est 100 000 vues, c'est 100 000 vues directes. Mais après, je me suis rappelé que bon, moi, de mon côté, sur TikTok, je n'ai jamais dépassé les 7 000 vues. Donc, c'est peut-être mieux que je retourne travailler mes chroniques. Voilà, donc merci à vous.
Merci Vincent, merci beaucoup. Merci beaucoup Vincent, c'était le PowerPoint de Vincent. Merci beaucoup. J'en ai parlé avec une responsable politique il n'y a encore pas très longtemps de comment parler sur Internet, etc. Ce n'est pas facile de leur donner des conseils comment faire et tout. Et mon premier conseil, ça a toujours été si tu ne consommes pas une plateforme, ce n'est pas la peine de chercher à t'inscrire dessus. Commence par regarder ce qui se fait et si ça te plaît, peut-être que tu auras envie de le faire. On va conclure cette émission en la débriefant rapidement. Est-ce que ça vous a plu ? Est-ce que vous avez passé une... Il est hyper étonné Raphaël. C'est un débriefing.
C'est un débriefing. Voilà, comment tu as trouvé cette émission. Raphaël, c'était ta première fois en tant que chroniqueur dans cette émission. Est-ce que tu as trouvé ça chouette ? Très chouette. C'est passé vite. Oui, je suis d'accord avec toi. C'est passé très vite.
Je suis d'accord avec toi. Il y avait mille autres sujets à évoquer, notamment François Ruffin. C'est la règle de l'émission, de toute façon, de toute émission. On aura l'occasion peut-être de l'entendre une prochaine fois. Non, j'ai trouvé ça rapide mais riche.
Oui, ça peut te rassurer. Des fois, ça passe lentement. Non, ce n'est pas vrai. Ah si, c'est des invités qui font que ça passe lentement des fois, je te jure. On a été un peu pressurisés par le temps. Cette fois-ci, il y a des invités qui devaient partir à une heure précise, d'autres qui arrivaient à une heure précise et tout. Donc, on a fait ce qu'on a pu. Chloé ?
Oui, moi j'ai trouvé que c'était une super émission assez dense, une bonne énergie. Je pense qu'honnêtement, Ruffin, il a dit ce qu'il avait à dire. On aurait pu discuter de plein d'autres choses avec lui mais...
On a beaucoup parlé philo.
On n'a pas parlé beaucoup de politique, politicienne. Non, effectivement, on a... C'est vrai.
C'est tant mieux. Mais oui,
je dis ça parce qu'il faut débriefer.
C'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule comme dirait Edouard Baird.
J'ai regretté de ne pas avoir poursuivi la discussion avec Immuni, etc. sur la pornographie parce que je pense qu'à la fin, on touchait au cœur du sujet c'est-à-dire... Bon, il y a le sujet de l'interdiction aux mineurs mais il y a aussi plus largement la façon dont on fait du porno éthique et ce qu'elle disait à la fin m'a beaucoup interpellée, c'est qu'elle parlait de la condescendance morale quelque part qu'elle avait vue chez les sénateurs et les sénatrices surtout de la délégation de droits des femmes et ça, c'est intéressant de creuser ça quoi.
Je suis d'accord. Et en même temps, elle a dit elle-même que c'est cool qu'une actrice X soit invitée au Sénat, c'est que c'est en soi une forme de premier pas tout en ayant parfaitement conscience qu'elle allait face à des sénateurs quoi. C'est les gens les plus éloignés du porno que tu puisses imaginer et ça n'a pas manqué d'après ce qu'elle nous a dit. Éloignés du porno ?
Ouais, franchement.
De son industrie en tout cas.
Je crois que Gérard Larcher est éloigné du porno.
Tu crois que des vieux mecs blancs pleins de fric ils n'ont pas même recours au service de travailleuses du sexe etc. Ah, ça j'en sais rien. C'est eux les clients. De l'industrie, de son mode de fonctionnement. Je n'ai aucune information sur des pratiques au Sénat en l'occurrence. Mais sur la sociologie, oui, je vois très bien ce que tu veux dire. Non, il y a un côté il ne faut pas se voler la face non plus, je suis d'accord. Ok, c'était cool. Où est-ce qu'on vous retrouve d'ici là ? Moi, tu ne m'as pas demandé comment on a une émission. Ça va, tu as passé une bonne émission, Isul ? Non, voilà.
Pourquoi ?
Parce qu'on ne m'a pas demandé comment c'était passé mon émission et ça m'a gâché de toute l'expérience.
Est-ce que tu as perdu le quiz à la con ?
Pas tellement, non, ça va. Je ne vais pas faire. Non, tu t'es bien défendu, ouais. Mais non, je suis d'accord que cette discussion-là et de manière générale, là, je vois que cette saison, ce qu'on n'a pas trop fait l'année dernière, et aux gens de manière générale, parce que c'est un peu plus des choix de société, dans quelles saucisses on vit finalement. Et c'est pas mal aussi comme porte d'entrée vers la politique avant d'aller direct sur le 49.3, la CFDT, etc. Donc, je pense que c'est pas mal qu'on fasse ça et qu'on s'ouvre un petit peu plus à la société et qu'on mélange un peu. Ouais, c'était un des souhaits qu'on avait sur cette saison et pour l'instant, ça commence bien.
Oui, parce que l'année dernière, tu faisais ça en accueillant des streamers et streamuses. C'était une autre manière de faire. C'était une autre manière de faire, mais je pense que là, c'est pas mal non plus. C'est pas mal. Non, c'est cool. J'espère que le chat, ça vous a plu. Merci à vous d'avoir été là, en tout cas. Merci à toutes les personnes qui nous ont regardés en replay sur YouTube. Pensez à mettre un pouce bleu, à mettre la cloche et à vous abonner à la chaîne. Partagez aussi les émissions Backseat sur vos RS, si ça vous plaît. Si vous trouvez ça cool, il n'y a pas de raison que vos potes et vos followers ne trouvent pas ça cool aussi. Donc, allez-y. Let's go.
Merci à toutes et à tous. C'est la fin de cette émission. Merci, au revoir.
François Ruffin