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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 13 décembre 2024 24 min

Nouveau Premier ministre, réforme des retraites... Le "8h30 franceinfo" de Thomas Cazenave

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Thomas Cazenave. Bonjour. Bon ça y est, François Bayrou vient d'arriver à l'Elysée pour s'entretenir avec Emmanuel Macron. C'est lui le nouveau Premier ministre ?

0:12
Thomas Cazenave

Je n'en sais rien. Nous verrons bien dans les quelques minutes, dans les quelques heures. Mais je crois qu'au-delà du choix du Premier ministre, il y a surtout un moment dans lequel l'ensemble des partis, des formations politiques, doivent à un moment faire un sursaut de responsabilité.

0:29
Invité

Et ça, ce serait dans la logique politique, on va dire, d'un Premier ministre non censurable, puisque c'est ça la recherche des derniers jours ?

0:36
Thomas Cazenave

Ça sera, à mon avis, la feuille de route et la priorité du nouveau Premier ministre, d'arriver à bâtir, je ne sais pas si c'est un socle, je ne sais pas si c'est un accord de non-censure, de non-agression, mais redonner un cap de la visibilité à notre pays, c'est ce que nous demandent.

0:53
Présentateur

Est-ce que François Bayrou est la personnalité idoine, adaptée pour ça ?

0:58
Thomas Cazenave

Il faut un Premier ministre qui ait l'art du compromis, qui puisse s'adresser et à la droite et à la gauche. Je pense que François Bayrou, il a les qualités pour réussir cette mission-là.

1:11
Invité

Vous avez entendu Olivier Faure qui dit, ça ne peut pas être François Bayrou.

1:13
Thomas Cazenave

Mais je dis, au-delà du choix du Premier ministre, ça n'exonère pas les responsables politiques, les présidents de groupes à l'Assemblée de bâtir un chemin, une voie de passage pour sortir le pays de l'ornière. On parlera probablement du budget, mais il y a quand même nécessité de se mettre autour de la table et ça se passe aussi à l'Assemblée.

1:32
Invité

Mais quand Olivier Faure dit ça ne peut pas être François Bayrou ?

1:35
Thomas Cazenave

Au-delà du choix du Premier ministre, c'est les engagements qu'il pourra prendre. Mais il doit faire quoi le Premier ministre ? L'accord de l'ensemble ?

1:42
Présentateur

Moi je crois, très concrètement, admettons, on imagine que, enfin c'est même d'ailleurs l'Elysée qui le dit, on saura qui est le Premier ministre ce matin. François Bayrou est à l'Elysée pour l'instant, on va voir ce qu'il en ressort ensuite. Son premier acte au Premier ministre, ça doit être quoi ? De réunir l'ensemble des forces politiques de ce front républicain ?

2:01
Thomas Cazenave

Très vite, très vite, voir les présidents de groupes à l'Assemblée. Parce qu'on sait que c'est à l'Assemblée que se font d'une certaine manière et se défont les gouvernements, on a vu le gouvernement Barnier tomber. Pour trouver ce chemin, leur dire, au fond, quelles sont les conditions ? A la fois pour travailler ensemble, c'est un accord de coalition, le socle commun, un socle commun élargi, ou bien pour celles et ceux qui ne veulent pas participer, quelles conditions ils mettent pour ne pas censurer ? Le pire serait laisser le pays dans l'incertitude.

Et vous avez raison de parler d'Olivier Faure, parce que je pense que le Parti Socialiste, il a une responsabilité très importante dans le moment.

2:37
Invité

La clé, ce sont les socialistes qui l'ont là ce matin, et notamment avec le profil de François Bayrou, qui est aussi là pour ça, pour aller élargir l'ancien socle commun ?

2:46
Thomas Cazenave

Je pense qu'on a élargi avec la droite républicaine, et maintenant il faut pouvoir discuter avec la gauche, pour donner de la stabilité. Sans perdre la droite. Absolument, de la stabilité, je n'ai pas dit que c'était un exercice facile, de la stabilité à notre pays. Les Françaises et les Français, ils nous demandent de la stabilité, de la visibilité, les chefs d'entreprise nous demandent ce qui va se passer, les élus locaux, donc c'est vraiment très urgent d'une certaine manière de se mettre d'accord à l'Assemblée.

3:11
Invité

Sur quel sujet peut-il y avoir des points de convergence entre cet ancien socle commun, François Bayrou maintenant, et les socialistes ?

3:18
Thomas Cazenave

Moi, il y a des sujets, par exemple, on parle beaucoup des plans sociaux, la poursuite de la réindustrialisation de notre pays. On le voit, c'est clé pour notre souveraineté, pour nos emplois, pour lutter contre le chômage. Est-ce qu'on est capable de se mettre...

3:29
Présentateur

Mais pardon, Thomas Cazenave, tout le monde est d'accord sur le fait

3:31
Thomas Cazenave

qu'il vaut mieux désindustrialiser que désindustrialiser, je crois. Mais sur quelle mesure, du coup ? Il y a des mesures de formation, de compétitivité, soutien à l'industrie dans notre pays, soutien au tissu économique, qui est en ce moment fragilisé.

3:44
Invité

Soutien, pardon, puisque vous en parlez, soutien à l'industrie, c'est des allégements de charges ?

3:49
Présentateur

Non, mais c'est des sujets formation, fiscalité. Ou c'est ne pas alourdir la fiscalité sur certaines entreprises. Vous savez bien que la gauche n'est pas favorable, notamment sur les grosses entreprises, celles qui font beaucoup de bénéfices. C'est là où...

4:01
Thomas Cazenave

Non mais attendez, est-ce que l'exercice, il est difficile ? Bien sûr, sinon honnêtement, on n'en serait pas dans cette situation-là. La question de l'industrie, de l'emploi, est un bon sujet de convergence. Sur la question de la lutte contre les narcotrafiques, par exemple, qui gangrènent nos grandes villes. Est-ce qu'on peut se mettre d'accord entre formations politiques en disant on doit aller au-delà ? La lutte contre la fraude, par exemple, sur laquelle moi je m'étais beaucoup investi. On a des sujets sur lesquels je suis convaincu qu'on peut travailler. La transition écologique en fait partie aussi. Et puis après, il y a l'éléphant...

4:29
Invité

Sur l'éléphant des retraites...

4:30
Thomas Cazenave

Il y a l'éléphant, j'y viens un petit peu, il y a l'éléphant au milieu de la pièce, c'est quand même le budget. Parce qu'à la fin, il faut quand même que notre pays ait un budget. Donc c'est là où je dis, quel est l'accord un peu de non-censure posé par les uns et par les autres pour qu'on dote très vite,

4:46
Présentateur

très vite notre pays d'un budget ? Allons dans le détail peut-être là-dessus. Parce que vous qui avez été ministre en charge des comptes publics, 60 milliards d'économies, on entend certains au Parti Socialiste dire 20 milliards suffirait, ce qui compte c'est la trajectoire. Est-ce qu'il faut peut-être passer de 60 à 40 ou à 30 et arriver à trouver un accord là-dessus ?

5:05
Thomas Cazenave

D'abord, Michel Barnier, il est tombé sur les économies. Son gouvernement est tombé parce qu'il portait dans son projet de budget des économies. Vous voyez à quel point l'exercice est difficile. Il n'y a aujourd'hui pas de majorité pour faire des économies. Vous avez vu, les uns disant, on ne dépense pas assez pour l'éducation, la transition écologique, vous faites des économies, c'est insupportable. Les autres demandant le Rassemblement National, toutes les semaines, des milliards d'euros supplémentaires.

5:31
Invité

Mais donc, vous dites pédale douce sur les économies ?

5:33
Thomas Cazenave

Non, je dis juste qu'aujourd'hui, le constat, c'est qu'il n'y a pas de majorité pour faire des économies et qu'il faut pouvoir engager un travail, y compris avec la gauche, en disant, est-ce qu'on peut trouver ensemble des consensus sur est-ce qu'on peut faire un peu d'économies ? Est-ce qu'on peut mettre à contribution les plus riches ? C'était déjà une partie de l'ouverture de Michel Barnier dans son projet de budget. C'était en partie le cas, c'est effectivement sur les grandes entreprises.

5:54
Présentateur

Donc il y avait déjà le début d'un accord sur ces sujets-là. Mais est-ce qu'il faut renoncer à faire autant d'économies et de hausses de fiscalité que ce qui avait été évoqué par Michel Barnier ? Mais à la fin, on devra faire des compromis.

6:07
Thomas Cazenave

Donc ça veut dire moins réduire le déficit ? Moi, je suis convaincu qu'il faut faire des économies. Parce que si on ne fait pas d'économies, soit on aura un déficit plus élevé, soit on aura des impôts qui vont augmenter. Donc c'est la raison pour laquelle nous, on a toujours défendu le fait de continuer à faire des économies pour ne pas augmenter les impôts et réduire le déficit.

6:25
Invité

Dans le deal, pardon pour l'anglicisme, il y a la réforme des retraites, le gel. Vraiment, gel, dont parlent Olivier Faure ou encore Fabien Roussel. En quoi il est plus acceptable peut-être à vos yeux qu'une abrogation ? Parce que dans les faits, c'est un peu la même chose. Mais pour eux, ça fait toute la différence. Avec une conférence de financement. Gel pour vous, ça va ?

6:45
Présentateur

Un gel pour quoi faire ? Un gel pour quoi faire ? Le temps de mener cette conférence de financement qui permettra peut-être de trouver un autre financement. voire, on peut imaginer, d'attendre 2027 pour que ce soit tranché par la présidentielle.

6:58
Thomas Cazenave

Je pense que ce serait honnêtement très dangereux que d'attendre 2027. Alors que tous les pays ont fait des réformes des retraites. Que la nôtre, elle a porté à 64 ans. On a des pays qui sont passés à 65, 66, 67. Est-ce que pour autant, sur la question des retraites, on peut reprendre le sujet ? Sur des questions retraite, par exemple, égalité femmes-hommes. Sur des dispositifs de... Ça fait des mois que vous dites ça. Oui, mais ça veut dire que ça fait des mois que nous, avec... Ça fait des mois que ça ne satisfait pas la gauche. Avec Gabriel Attal, on dit, on veut que ça marche. Donc s'il y a des sujets qu'il faut mettre sur la table, on est prêt à en discuter.

7:34
Invité

Mais en gelant l'application, parce que c'est quand même ça la vraie décision. Mais il y a quand même des réalités. Est-ce qu'il y est prêt, ça ?

7:40
Thomas Cazenave

Il y a des réalités qui s'imposent à nous. C'est la réalité de nos finances publiques. Moi, je ne voudrais pas... Donc pas de gel. Je ne voudrais pas qu'on se retrouve tous autour de la table en se disant... Oui, oui, j'y vais. J'explique pourquoi la situation est importante. On ne peut pas faire comme si on n'avait pas de problème de finances publiques et dire, on va se faire plaisir, on va geler la réforme des retraites, on va renoncer à toutes les économies. On sera rattrapé par cette réalité. C'est la raison pour laquelle, moi, je vous dis, je ne suis pas favorable au gel de la réforme des retraites. Après, est-ce qu'il faut pouvoir reprendre ce chantier ?

Essayer de l'améliorer, oui, est-ce qu'on doit avoir une main tendue vis-à-vis des autres groupes en disant remettons-nous autour de la table, les partenaires sociaux vont s'en saisir pour améliorer la réforme ? Probablement. Mais ne nions pas la réalité de nos finances publiques parce que ce serait, je crois, criminel et ce serait mentir aux Françaises et aux Français.

8:23
Invité

On n'a pas beaucoup entendu les macronistes. On n'a clairement pas beaucoup entendu votre président, Gabriel Attal, président de groupe. Est-ce qu'il y a des lignes rouges ? Je comprends que le terme, vous ne voulez plus l'employer, appelez-le comme vous voulez, mais des sujets, soit que vous exigez, soit que vous êtes prêts à bannir, par exemple, l'immigration, que les socialistes ne veulent pas ?

8:44
Thomas Cazenave

Notre état d'esprit, ce n'est pas commencé, alors même que nous n'avons pas de Premier ministre, à dire, alors voilà, on a une ligne rouge là.

8:50
Invité

Tous les autres le font, vous n'avez pas le droit.

8:51
Thomas Cazenave

Non, mais nous, on ne souhaite pas. Mais c'est ce qui nous distingue. Je vais vous dire, c'est ce qui nous distingue. On ne commence pas à dresser des murs, des haies, des lignes rouges parce que... C'est important de savoir où on va. Si c'est pour bloquer dans un jour, autant le dire tout de suite. Non, je vais vous dire, parce que notre état d'esprit, et je vais vous dire ce que me disent, moi, les habitants de Bordeaux, du Bousquet, de Bruges, de ma circonscription, faites en sorte, M. Cazenave, que ça marche. Que ça marche. Et donc, avec Gabriel Attal et l'ensemble des députés Ensemble pour la République, nous, on va tout faire pour que ça marche.

Donc, on ne commence pas à poser plein de conditions pour qu'à la fin, si on cumule les conditions de tout le monde, ça ne marche pas. Et donc, on laisse les autres poser leurs conditions. Non, mais nous, notre état d'esprit, ça doit fonctionner. On a un esprit de responsabilité. Par exemple, Thomas Cazenave, sur la loi immigration,

9:31
Présentateur

est-ce que c'est vraiment indispensable ? Est-ce que ce n'est pas quelque chose ? Il y en a déjà eu une récemment, même plusieurs récemment. Est-ce qu'on ne peut pas dire, bon, ça pourra attendre un autre moment, et tant mieux si ça peut permettre de faire avancer les discussions ? Peut-être. Après, il y a le pacte Asie d'immigration

9:45
Thomas Cazenave

qui a été adopté au niveau européen. Donc, il faut une loi pour le traduire. Il faudra une loi. Donc, la question de l'immigration, je pense qu'elle arrivera à l'Assemblée.

9:53
Présentateur

Vous avez bien vu que ce n'était pas exactement ça, l'idée de Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur. Oui, tout est dans le détail.

9:58
Invité

Mais il y a un curseur à placer quelque part. Bien sûr. L'aide médicale d'État, par exemple, sur laquelle Bruno Retailleau veut vraiment avancer, est-ce que vous vous dites, allez, on laisse ça de côté pour l'instant ?

10:07
Thomas Cazenave

Non, on a toujours dit que l'aide médicale d'État, ce n'est pas moi qui le dis, c'est tous ceux qui se sont penchés sur le sujet, elle est utile, elle est utile pour des problèmes de santé publique, et arrêtons de brandir ça comme un symbole, comme un totem.

10:18
Invité

Ça a été brandi, comme vous dites, par Bruno Retailleau.

10:20
Thomas Cazenave

On n'est pas dans cette logique-là, on ne veut pas utiliser les symboles, les lignes rouges, on va tout faire pour que ça marche. Tout faire pour que ça marche. Et on doit discuter avec les autres groupes pour qu'à l'Assemblée, on donne... Enfin, je veux dire, les Français, ils sont en train de se détacher de la politique parce qu'ils voient ce qui se passe à l'Assemblée. Ils sont extrêmement sévères.

10:37
Présentateur

On a souvent reproché aux troupes d'Emmanuel Macron de ne pas être cortiqués, on va dire, d'un point de vue idéologique. Mais là, en fait, vous nous dites, nous, on est prêts à discuter de tout, on n'a pas de ligne rouge, on n'a pas de limite. On est à la fois d'accord et pas d'accord. Non, je préfère...

10:52
Thomas Cazenave

Je caricature un peu, vous voyez ce que je veux dire, mais... Un peu, beaucoup. Je suis en train de vous dire, on a des sujets sur lesquels on veut avancer. Sur le régalien, lutter contre les narcotraffics, c'est un sujet, c'est une priorité absolue. On veut avancer sur ce sujet-là. Sur la question du soutien, la poursuite de la réindustrialisation de notre pays, de la défense de celles et ceux qui travaillent. C'est notre ADN. Donc, on continue à défendre. Mais moi, je préfère dire... Défense de ceux qui travaillent,

11:15
Présentateur

ça peut vouloir dire réforme de l'assurance chômage,

11:17
Thomas Cazenave

et vous le savez. Pour répondre à votre question, je préfère qu'on se mette d'accord sur des sujets pour, en disant on est pour avancer sur ça, que tout de suite dire on est contre ça, ça et ça. Ce n'est pas ça qu'attendent de nous les Françaises et les Français. Je le dis. Ils ont envie qu'on sorte de l'ornière et qu'on avance.

11:32
Invité

Quid du Rassemblement National dans tout ça, dont on ne parle plus, mais hier, l'hypothèse Roland Lescure pour Matignon a été torpillée par beaucoup, y compris dans les rendus de Rassemblement National qui ont menacé de censure. On avait pourtant compris que le Président souhaitait ne plus dépendre du RN. Que souhaitez-vous, vous ?

11:48
Thomas Cazenave

Moi, je ne souhaite pas qu'on dépende du Rassemblement National. Je ne souhaite pas qu'on négocie avec le Rassemblement National. Moi, je considère qu'ils sont légitimes, les députés du Rassemblement National. Il n'y a pas de problème avec ça. Ils ont été élus par les Françaises et les Français. C'est des adversaires politiques. On ne partage pas leur vision, on ne partage pas leur projet, et donc on ne négocie pas avec eux.

12:05
Invité

On ne décide plus en fonction d'eux.

12:06
Thomas Cazenave

Non, je ne souhaite pas que le prochain gouvernement... C'est allé trop loin, ça, pour vous, dans la précision. Absolument. Je ne souhaite pas que le prochain gouvernement soit dans une situation où il dépende du bon vouloir du RN sur son avenir. D'où la question prioritaire pour moi de trouver un accord à minima avec notamment le Parti Socialiste pour donner de la stabilité au prochain gouvernement. Et ce matin, Thomas Cazenave,

12:33
Invité

député ensemble pour la République de Gironde et ancien ministre des Comptes Publics, macroniste et macronien, connaisseur en tout cas du Président. Vous avez été, avant même d'être ministre, vous avez été son conseiller au cabinet quand il était ministre de l'Économie. Et vous le connaissez bien, cette procrastination qu'on observe quand même à chaque nomination, et là en particulier. Quand ça traîne comme ça, qu'est-ce que vous comprenez, vous ?

12:55
Thomas Cazenave

Non mais c'est pas une procrastination. Vous voyez bien que l'équilibre à l'Assemblée est très compliqué à trouver. Donc moi je préfère qu'on prenne du temps pour qu'ils puissent choisir, mais attendez, c'est très important, la bonne personne pour donner de la stabilité au pays parce que l'enjeu, honnêtement, c'est de sortir de l'incertitude dans laquelle nous ont jeté les oppositions qui ont voté ensemble une motion de censure. Donc moi je préfère qu'on prenne un peu de temps pour bâtisser un socle solide.

13:21
Invité

Vous voyez le ras-le-bol que ça génère, honnêtement. On l'entend dans beaucoup de reportages et le sévipof le dit. Est-ce qu'Emmanuel Macron n'a pas abîmé la parole présidentielle en promettant comme ça des annonces sous les deux jours depuis une semaine ?

13:34
Thomas Cazenave

Non mais attendez, l'inquiétude des Françaises et des Français, c'est pas la nomination du Premier ministre. C'est qu'ils se rendent compte...

13:39
Invité

Mais pourquoi ils l'annoncent à ce moment-là ?

13:40
Thomas Cazenave

Non mais attendez, c'est pas 48 heures, 72 heures...

13:43
Invité

Dès que Michel Barnier a démissionné, il a dit on en aura dans 24 heures. Moi je vais vous dire, ce que je rencontre,

13:47
Thomas Cazenave

celles et ceux que je rencontre dans ma circonscription, ce sont des commerçants, des chefs d'entreprise qui me disent ça va être quoi la fiscalité l'année prochaine parce qu'il n'y a pas de budget. Ce sont des élus locaux qui ne vont pas avoir leur subvention. Parce qu'on n'a pas de budget. Oui mais ce que je veux dire par là, ils attendent au-delà du choix du Premier ministre, est-ce qu'à l'Assemblée nationale, enfin on va avoir un accord entre les uns et les autres pour remettre notre pays en marche ?

14:11
Présentateur

Vous avez conscience que ça peut donner une sorte d'impression de vaudeville où le Président voit les forces politiques, leur dit promis dans 48 heures, je dirais le nom du Premier ministre, puis finalement 48 heures après, ce n'est toujours pas le cas. Et je peux aussi citer la semaine dernière où on nous disait, voilà, Michel Barnier est censuré, le Président veut nommer un Premier ministre dans les prochaines heures. Enfin, vous voyez aussi...

14:29
Invité

Pourquoi il s'avance ?

14:30
Thomas Cazenave

Non mais vous voyez à quel point, s'il avait décidé tout seul, très rapidement, on aurait dit, voilà, exercice solitaire. Il décide tout seul, mais lentement. Et là, maintenant, il procède à des consultations, on dit, ce n'est pas assez rapide. J'ai l'impression que, décidément, quoi qu'il fasse, on trouve beaucoup à redire. Mon sujet, ce n'est pas ça. Honnêtement, qu'on prenne du temps pour choisir la bonne personne qui va essayer de bâtir cette stabilité dont le pays a absolument besoin. Nous avons une crise agricole, nous avons des difficultés économiques, nous avons des incertitudes internationales très fortes, et on ne peut pas se permettre de rester dans cette instabilité.

15:04
Invité

Il pouvait annoncer d'entrée de jeu, comme l'ont suggéré, par exemple, les socialistes, un préfigurateur, comme ça se fait en Belgique, en Allemagne, dès le début, en disant, voilà, je nomme quelqu'un et ne m'embêtez pas, on va travailler, ça oui, mais ce n'est pas ce qu'il a fait.

15:19
Thomas Cazenave

Oui, ce n'est pas ce qu'il a fait, mais 48 heures, 72 heures, j'ai l'impression que c'est imminent, de toute manière. Ça a l'air d'être imminent, donc vous allez pouvoir être rassurés, et surtout, le sujet d'après, j'insiste là-dessus, c'est l'après, le travail à l'Assemblée nationale avec les groupes et les formations politiques.

15:33
Présentateur

Alors, il y a l'après, il y a l'avant aussi. Hier, on a découvert Bruno Le Maire assez agacé à l'Assemblée nationale, il était invité dans la commission d'enquête de l'Assemblée pour s'exprimer et s'expliquer aussi sur le dérapage du déficit. Alors, bon, il y en a un petit peu pour tout le monde, on va dire, en gros, pour les parlementaires qui, eux, voulaient alourdir finalement la dette, qui par ailleurs ont été, en quelque sorte, irresponsables aussi de censurer le gouvernement, qui voulaient plus d'aide Covid, qui ne voulaient pas de la réforme des retraites. Est-ce que ce n'est pas un peu de la défausse, quand même ?

16:12
Thomas Cazenave

Ah non, moi je pense, vous savez, je serai auditionné la semaine prochaine par la commission d'enquête et elle a déjà procédé à beaucoup d'auditions. Et qu'est-ce qu'elle met en avant, cette commission d'enquête qui est bienvenue ? Qu'en fait, les dépenses de l'État, elles ont été baissées. Qu'on a bien géré les dépenses de l'État et que la difficulté sur le déficit public, ce que l'on dit depuis des semaines, défend les recettes. Ce sont les recettes. Mais oui, mais ce sont les recettes. Ça s'anticipe, Thomas Cazenave. Non, vous voyez, on a eu des problèmes d'estimation de recettes comme les Américains, comme les Allemands, comme à d'autres... Donc, attendez, c'est un gros problème.

Là-dessus ? Attendez, je vais au bout. Je ne nie pas la difficulté. Je dis juste que ça permet au moins de faire la clarté sur une chose. On a eu un problème d'estimation de recettes. On a tenu les dépenses de l'État et Bruno Le Maire, il a quand même rappelé une chose. On vient de la voir à la censure de Michel Barnier. Il n'y a pas de majorité. Toutes celles et ceux qui nous donnent

17:05
Présentateur

vous avez quand même peut-être conscience que pour les personnes qui nous écoutent, leur dire on est désolé, c'était la faute des recettes. On n'y est pour rien. Il n'y a pas une responsabilité. Il n'y a pas de responsabilité politique.

17:17
Invité

Mais même les recettes. Pardon, je vous laisse répondre à l'action d'Adrien. Mais attendez,

17:20
Thomas Cazenave

notre responsabilité, moi je suis un responsable politique, j'essaie d'expliquer la situation. Et la situation, effectivement, c'est qu'il y a eu un problème d'estimation de recettes. Pourquoi ? Parce qu'après la crise, les modèles économiques, les modèles de prévision des services, à la fin de l'année 2023, on a commencé à s'en rendre compte.

17:40
Invité

Très tardivement. C'est ce que dit Elisabeth Borne dans la commission un peu équivalente devant le Sénat et qui dit que Bruno Le Maire lui avait écrit en décembre 2023 pour l'alerter sur un problème de recettes. Mais elle dit aussi qu'il n'avait pas non plus fait le siège de mon bureau pour imposer un budget rectificatif. Elle était prise, elle, dans la loi de l'immigration. Il y a à minima un défaut d'alerte alors que vous le saviez parce que c'est plus tard qu'on a entendu parler du problème de recettes.

18:04
Thomas Cazenave

Non, je ne peux pas vous laisser dire ça. Dès qu'on a su, on a agi. Vous vous souvenez le débat en février. On a fait 10 milliards de coupes, y compris à votre antenne. Quelle horreur, toutes ces coupes budgétaires, les responsables politiques qui défilaient.

18:18
Invité

En février.

18:18
Thomas Cazenave

Oui, en février. Ils défilaient.

18:19
Invité

Décembre, février, il y a deux mois.

18:21
Thomas Cazenave

Oui, en janvier, je n'étais pas ministre, c'était un remaniement, je n'étais pas ministre du budget à ce moment-là. Mais dès qu'on a su, dès qu'on a su, on a agi. Et moi, je constate qu'en 2024, les seules économies qui ont été faites, c'est celles qu'on a faites en février, puisque le budget qui portait des économies a même été censuré par les oppositions. Les mêmes qui nous font le procès de mauvaise gestion publique. Donc, je vais vous dire, la question des économies, effectivement, on a souvent été seul et qu'à un moment, il va falloir que les partis responsables de gouvernement assument que, oui, il est possible de faire des économies dans notre pays.

Sinon, ça sera plus d'impôt du déficit.

18:55
Invité

Il s'en prend beaucoup aux oppositions, RN, Nouveau Front Populaire. Pourquoi il ne dit pas que dans le socle commun aussi, les Républicains ne l'ont pas soutenu au moment de remonter un peu les taxes sur l'électricité ou même de la réforme des retraites ?

19:04
Thomas Cazenave

Vous avez raison. Vous avez raison de dire que les Républicains, à un moment, ont déposé des dizaines, des centaines d'amendements de dépenses supplémentaires, qui ont une course en avance sur la dépense publique et qu'aujourd'hui, il faut arriver à se mettre d'accord pour dire est-ce qu'on peut faire quelques économies ? Moi, j'en suis convaincu. Sinon, ça sera plus de déficit ou plus d'impôts. Et je pense que les Français et les Français

19:28
Présentateur

un mot sur la loi spéciale, effectivement, Thomas Cazenaf, puisqu'il y avait l'inquiétude autour de la non-indexation du barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation, qui aurait fait rentrer des centaines de milliers de personnes dans l'impôt et d'autres qui auraient vu leur impôt augmenter. Bon, la Commission des Finances de l'Assemblée a adopté hier, donc en commission, un amendement pour indexer sur cette loi spéciale, dans le cadre de cette loi spéciale, pour indexer ce barème. Le problème est réglé ? Alors, le problème,

19:58
Thomas Cazenave

a été réglé en partie par la loi spéciale. Il y a un débat juridique. Moi, je considère que cet amendement, il n'est pas conforme ni à la Constitution ni à la loi organique. Mais je ne veux pas rentrer dans ce type de détails.

20:09
Invité

Mais le fait est qu'il a été adopté en commission, donc maintenant, expliquons ce qu'ils nous écoutent.

20:12
Thomas Cazenave

Il a été adopté.

20:13
Invité

La parole est à Yael Brunpivet, la présidente, qui veut décider

20:16
Thomas Cazenave

s'il est recevable ou pas. Moi, j'ai eu l'occasion de m'exprimer hier, de dire au président de la Commission des Finances que ce n'était pas conforme à la Constitution et la loi organique.

20:25
Présentateur

Mais pourquoi ne pas prendre le risque quand même de le laisser soumettre

20:28
Thomas Cazenave

au Conseil constitutionnel ? On veut qu'il passe cet amendement. On veut que la loi spéciale soit votée. Donc, on ne va pas empêcher le pays d'avancer sur cette question-là et la présidente de l'Assemblée décidera. Mais moi, ce que je voudrais dire...

20:39
Invité

Si tout le monde s'engage à ne pas saisir le Conseil constitutionnel...

20:40
Thomas Cazenave

Oui, mais honnêtement, je ne vois pas un député aujourd'hui qui défend l'indexation du revenu aller saisir le Conseil constitutionnel. Mais attention quand même au piège qui nous est tendu, qui est de dire ça y est, on a une loi spéciale, donc ce n'est pas très grave, on verra plus tard pour le budget. La loi spéciale, c'est une roue de secours. Le temps que vous rejoignez la prochaine station-service ou le prochain garage. Mais on a absolument besoin d'un budget. Parce que, regardez, la réponse à la crise agricole, je le disais, la fiscalité, les entreprises, elles me disent mais quelle fiscalité va s'appliquer ? Des crédits d'impôt qui sont à l'arrêt ?

Des collectivités locales qui me demandent mais comment est-ce qu'on va être financés l'année prochaine ? Donc, il y a urgence à la demeure. La loi spéciale, pardon, et je termine là-dessus, ne résout en rien l'incertitude dans laquelle nous a projeté

21:29
Présentateur

la censure de Michel Barnier. Non, mais il y a des points très concrets comme effectivement cette indexation. On a l'impression que vous êtes un petit peu gêné parce que vous dites que tout le monde le veut mais en même temps ça nous gêne parce que ça voudrait dire que ce qu'on a dit avant n'était pas complètement vrai ?

21:42
Thomas Cazenave

Je ne suis pas gêné par l'indexation. Je suis gêné quand... Je parle de l'amendement, je ne parle pas de la mesure en elle-même. Je suis gêné quand on tord les règles. Quand le président de la Commission des Finances de mon point de vue ne respecte ni la Constitution ni la loi organique parce que la loi spéciale nous dit quoi ? Reproduisez ce qui existe et lui propose de modifier l'impôt sur le revenu quand même. Donc on pense que ce n'est pas... Ce n'est pas parce qu'on est contre cette mesure c'est qu'on dit à la fin il faut arrêter de malmener nos institutions et je considère que le président Coquerel s'assoit sur des règles qui sont supérieures comme la Constitution et la loi organique.

22:17
Invité

Ce que vous voulez dire aussi c'est que dans le budget que vous appelez de vos voeux le plus vite possible ce problème là sera réglé puisqu'il y aura l'indexation du barème des impôts etc. Mais il y aura d'autres problèmes. Mais alors justement qu'est-ce qui ne sera pas rétroactif dans un budget qui serait voté par exemple en février ou en mars les subventions aux associations les tickets restaurants qui sont plus utilisables est-ce que ça c'est rétroactif ? Non mais concrètement budget en mi-février est-ce que les tickets restaurants de janvier-février comment on fait ?

22:44
Thomas Cazenave

Non on va avoir il va y avoir plein de sujets où il n'y aura pas de rétroactivité sur un certain nombre de sujets mais au-delà de ça.

22:52
Présentateur

Mais ça veut dire par exemple

22:52
Thomas Cazenave

moins de rentrée d'impôt l'année prochaine ? Imaginez que vous avez des contribuables des entreprises qui doivent payer les impôts qui ne savent pas quelle est la fiscalité qui va s'appliquer. Vous avez des élus locaux qui ne savent pas comment ils vont faire leur budget. Donc il y a une urgence absolue à se mettre d'accord sur un budget. Et moi j'interpelle les formations politiques. Qu'est-ce qui fait que hier vous avez censuré le budget et que dans 15 jours 3 semaines 2 mois vous ne le censurerez pas ? Et moi je dis il faut tout faire pour que ça marche. Donc j'attends aussi des signes d'ouverture des autres formations politiques.

Sinon on sera plongé dans une incertitude gravissime pour notre pays.

23:28
Présentateur

Pérangère disait février-mars pour le budget ça vous semble jouable ou ça peut être plus long que ça ?

23:34
Thomas Cazenave

Ah non je pense que le plus tôt le mieux en revanche je ne vois pas encore le début d'un accord sur le budget. Et donc ça ça va être pour moi une des priorités du prochain Premier ministre qui ne devrait pas tarder à être nommé et qui devra trouver très vite un accord pour que nous ayons un budget avant la fin de l'année.

23:52
Invité

Très rapidement il y a une toute petite cagnotte 27 millions qui arrive d'excédent de Paris 2024 hop on le remet dans le budget puisqu'il y a eu 200 millions de subventions publiques.

24:00
Thomas Cazenave

Vu les difficultés sur le plan budgétaire de l'État ça ne me choquerait pas que cette cagnotte revienne au budget de l'État en effet compte tenu de tout le soutien de l'État à la belle réussite des Jeux Olympiques

24:09
Présentateur

à Paris.

24:10
Invité

C'est votre level dans le sport

24:11
Présentateur

et puis c'est une goutte d'eau par ailleurs. Merci beaucoup Thomas Cazenave député ensemble pour la République de Gironde ancien ministre des Comptes Publics.

Nouveau Premier ministre, réforme des retraites... Le "8h30 franceinfo" de Thomas Cazenave — Thomas Cazenave · Pourquijevote