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interviewCNEWS (sur Dailymotion)· 11 juillet 2026 5 min

Porte-avions Charles-de-Gaulle : «Un fragment de la souveraineté nationale», salue Michel Onfray

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Invité politique

Une expérience extraordinaire, d'abord je remercie les deux amis dont je ne donnerai pas le nom qui aient rendu possible cette expérience extraordinaire, c'est une vraie expérience existentielle, vraiment. C'est-à-dire que c'était il y a deux ou trois ans avec des amis à qui j'avais dit oui j'adorerais, ils m'ont dit on va essayer de mettre ça sur pied, point. Et puis il y a 8-10 jours, on me dit tel jour, telle date, telle heure, à l'aéroport, tel endroit, en Crète, on viendra en hélicoptère vous chercher, d'où ça vient, etc. Ça c'est l'armée française.

D'abord les deux amis en question, elles sont des amis de l'armée française, c'est-à-dire qu'on n'a pas besoin de dire dix fois quelque chose pour ne pas tenir sa parole, on l'a dit une fois, ça vaut parole donnée, voilà. C'est-à-dire s'il se passe deux ans, c'est simplement que pendant deux ans ça a été fait, ça en a travaillé. Donc on arrive sur un autre monde. D'abord on arrive là, il y a quelques individus qui sont gardes-à-vous, c'est toujours très impressionnant, je n'ai pas l'impression de mériter des gardes-à-vous, mais ça m'honore. Et simplement je pense que ces gens qui me saluaient étaient plus à saluer que moi-même à être salué. Et puis on découvre une république.

Il y a presque 2000 personnes qui sont là, on m'a fait tout visiter, je vous assure, des cuisines jusqu'aux états-majors et au PC décisionnel, des endroits où les guerres se décident, du lieu même où le contre-amiral dit, le chef de l'État a demandé la bombe atomique, on y va, et moi je mets en place ce qu'il faut faire pour que la bombe atomique explose là-haut, etc. Et donc on a un fragment de souveraineté nationale. D'abord il y a des... Je suis très fétichiste avec le général de Gaulle, j'aime bien les affiches du général de Gaulle, j'aime bien... Il y en a partout ? Pas partout, mais au bon endroit. D'abord ça s'appelle Charles de Gaulle.

Mais ensuite effectivement, dans l'endroit où nous avons pris nos petits déjeuners, nos déjeuners, nos dîners, etc., il y avait effectivement le statut du général de Gaulle, bleu, blanc, rouge, etc. Enfin, tout ça me touche beaucoup. Et je me dis, effectivement, l'esprit du général est là. Le contre-amiral me dit, je ne fais pas de politique, nous ne ferons pas de politique, etc. Donc nous n'avons pas fait de politique. Mais on a parlé de politique, géopolitique, géostratégie, souveraineté nationale, engagement de la France dans les conflits étrangers. Vous pensez bien qu'ils n'ont rien dit que je pourrais utiliser contre eux.

Ce sont des gens qui ont le sens des valeurs perdues, l'honneur, la fidélité, la loyauté, de l'État bien sûr, de la France, de la nation, etc. Et puis le contre-amiral m'a fait l'amitié, vraiment très important pour moi dans ma vie. On s'est trouvé sur une partie du porte-avions qui doit avoir un nom, mais une espèce de passerelle probablement. Et on était tous les deux, il y avait quelques militaires évidemment, mais sous la voie lactée, à assister aux appontages et aux catapultages. Vous avez des rafales qui, quand ils sont en post-combustion, ont des flammes qui font 3 mètres de long sur chaque tuyère.

Je vous assure que vous avez en plus de ça le système de catapultage, l'ensemble du porte-avions bouge et tremble. C'est-à-dire que quand je suis arrivé, il y portait à 8h du matin, quelque chose comme ça, on est allé prendre un petit déjeuner, d'un seul coup, on entend quelque chose, il se passe quoi ? Ah là, c'est votre premier appontage, donc ne vous inquiétez pas, c'est un avion qui vient juste de décoller. Et donc, il m'expliquait que les avions s'écrasaient plutôt qu'autre chose. Vous imaginez, ils arrivent à 250 à l'heure et ils ont l'équivalent de...

Alors d'abord, c'est une tête d'épingle, ensuite c'est un timbre, et puis après, quand vous arrivez à 250 à l'heure, c'est l'équivalent d'un terrain de tennis. Et il faut vous poser là, vous arrivez à 250 et il faut freiner tout ça, et vous avez des brins, et il faut que vous puissiez être arrêté par le premier, le deuxième ou le troisième brin.

Et donc, quand on se retrouvait sous la voie lactée, et qu'on discutait de Clausewitz, de la guerre, etc., il y avait des appontages, réussis ou ratés, et il y a des lumières qui vous disent, voilà, vous avez un angle extrêmement précis, si l'angle est le bon, vous avez une lumière verte, si ce n'est pas bon, vous avez des lumières rouges, et à ce moment-là, ils remettent les gaz, ils vous passent sur la tête comme ça, vous n'imaginez pas dans quel état physique vous êtes.

En philosophie, on appelle ça le sens du sublime, c'est-à-dire, c'était le sublime naturel, vous êtes un petit personnage et vous avez l'immensité de la voie lactée, d'abord, on l'avait, le contre-amiral et moi-même, vous avez l'immensité de la mer, vous avez l'immensité du volcan, etc. Là, c'est un sublime avec des instruments fabriqués par les hommes. Je vous assure que quand vous remettez les gaz et que vous avez peut-être 4-5 mètres au-dessus de votre tête, et qui sont des armes de guerre, je le rappelle.

Et on voit là ce qu'est la souveraineté nationale, ce qu'est la France, ce qu'étaient les valeurs de la France, c'est-à-dire que c'est un morceau de France qui reste là, qui est à toute allure, je vous assure qu'ils font 1000 km par jour, le Charles de Gaulle fait 1000 km par jour. C'est incroyable, quand vous êtes sur les flots comme ça, le bateau, gîte, tangage, houle, etc. C'est-à-dire que quand vous arrivez avec votre avion, il faut que vous vous posiez sur un terrain de tennis qui bouge dans tous les sens. Et vous avez là des pilotes qui sont des gens extraordinaires qui garantissent notre sécurité.

Donc l'idée de dire, et là pour le coup on va faire un peu de politique, mais que tout ça pourrait être offert à l'Allemagne et partagé avec l'Europe, on s'est dit... Ça ne vous va pas ? Non. On est dans le... Sous-titrage Société Radio-Canada

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