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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 26 janvier 2024 26 min

Censure de la loi immigration, colère des agriculteurs, hausse du prix de l'électricité... Le "8h30 franceinfo" de Xavier Bertrand

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Xavier Bertrand. Hier, le Conseil constitutionnel a censuré 40% environ du projet de loi immigration, le durcissement de l'accès aux prestations sociales ou encore le regroupement familial, censuré, le délit de séjour irrégulier, censuré. Tout ça, c'était des mesures qui avaient notamment été poussées par la droite. Est-ce que c'est un camouflet ?

0:22
Xavier Bertrand

On se fait balader par le gouvernement, clairement. Les républicains qui proposaient des mesures qui étaient souhaitées plébiscitées par les français, on leur a fait confiance, ils ont voté ce texte, le gouvernement a fait voter ce texte en espérant que le Conseil constitutionnel allait censurer.

0:38
Présentateur

C'est pas le gouvernement qui a choisi la posture du Conseil constitutionnel ?

0:43
Xavier Bertrand

C'est le gouvernement qui avait dit en sortant du Sénat que c'était une très bonne loi. C'est le gouvernement qui a fait voter ce texte à l'Assemblée. Et vous savez, aujourd'hui, j'entends un peu tous les commentaires, le Conseil constitutionnel, ça doit pas être le bouc émissaire. Le première chose, c'est qu'aujourd'hui, le président de la République n'a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale. Il n'en recherche pas. Voilà aujourd'hui le résultat. Ces mesures, aujourd'hui, sont souhaitées par les français. Elles ne peuvent pas être dans ce texte immigration. Ce qui veut donc dire qu'avant les européennes, moi j'attends du gouvernement qu'il y ait deux textes qui soient présentés.

L'un, avec les mesures manquantes censurées par le Conseil constitutionnel. Et deux, sur l'aide médicale d'État, dont là aussi, les Républicains avaient proposé, justement, la modification, la transformation, la réforme de l'AME. Le Conseil constitutionnel n'empêche pas de lutter contre l'immigration clandestine. Le Conseil constitutionnel ne nous interdit pas de maîtriser l'immigration.

1:42
Présentateur

J'aimerais juste que vous précisiez, est-ce que, selon vous, le Conseil constitutionnel a suivi une directive du gouvernement ? Absolument pas.

1:48
Xavier Bertrand

C'est ce que vous semblez dire depuis tout à l'heure. Non mais, il y a une hypocrisie de la part du gouvernement dans cette affaire depuis le début. Une véritable hypocrisie. Mais, encore une fois, il ne s'agit pas, aujourd'hui, de chercher les responsabilités ailleurs que là où elles sont. Il n'y a pas de majorité absolue. Et ce texte, en plus, c'était mal né.

2:05
Invité

Quand Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Renal, parle de coup d'état de droit de la part du Conseil constitutionnel, vous n'êtes pas d'accord avec ses propos, alors ?

2:14
Xavier Bertrand

J'ai un profond désaccord avec Laurent Wauquiez sur la conception de la République, sur la conception de l'état de droit et sur le respect de nos institutions. Mais ce désaccord, il devra être tranché au sein des Républicains, devant les Républicains. Ce n'est pas le sujet de ce matin, mais oui, j'ai un profond désaccord. Vous savez, le Conseil constitutionnel, aujourd'hui, il dit que les mesures manquantes ne sont pas contraires à la Constitution.

Celles que voulaient les Républicains sur les prestations sociales qui ne pouvaient pas être reversées aussitôt, le fait qu'on ne devenait pas français automatiquement sans dire « je veux devenir français », tout ça, ce n'est pas anticonstitutionnel. Tout ça, c'est tout simplement que ça ne devait pas figurer dans ce texte. Ce n'est pas la position que j'aurais voulu, mais en attendant, c'est ce qu'on doit respecter.

2:57
Invité

Est-ce que c'est la méthode et la naïveté des Républicains qui est sanctionnée par le Conseil constitutionnel, aujourd'hui, parce qu'ils se sont battus jusqu'au bout pour faire rentrer dans cette loi des mesures, alors que le gouvernement, notamment, alertait sur le fait qu'elles étaient soit anticonstitutionnelles, soit qu'elles n'avaient pas de lien avec le texte de la loi ?

3:13
Xavier Bertrand

Je vous l'ai dit tout à l'heure, nous nous sommes faits balader par le gouvernement.

3:17
Invité

Mais je vous parle de la responsabilité des Républicains.

3:19
Xavier Bertrand

Je viens de vous dire, nous nous sommes faits balader, mais il n'y a pas que nous, ce n'est pas les Républicains le plus important, c'est les Français. Les Français s'ont faits balader, tout simplement parce que le gouvernement a fait preuve en la matière de duplicité. C'est la droite qui a durci le texte, notamment au Sénat, personne n'a tenu le stylo pour la droite. Il ne s'agit pas de chercher à savoir si on avait durci le texte pour durcir le texte. Nous voulions des mesures efficaces, enfin efficaces.

Mais ce que je sais, c'est, avant d'aller plus loin, il est aujourd'hui possible, dans ce qui reste de ce quinquennat, de pouvoir protéger les Français, maîtriser l'immigration, et ce, avec le texte qui reprend les dispositions manquantes qui avaient été votées par la majorité présidentielle, qui avaient été aussi demandées par le Président, par le gouvernement. Ce qu'ils ont demandé hier, je demande que ça soit présenté maintenant, et pas après les Européennes. Donc une nouvelle loi. Je vous le dis, une nouvelle loi ou deux lois, l'une sur l'AME, qui doit être réformée, et l'autre, justement, sur les dispositions censurées par le Conseil constitutionnel hier.

4:17
Invité

Non, l'a écarté, il y aurait dit qu'il n'y aura pas de nouvelle loi d'immigration sur l'AME.

4:21
Xavier Bertrand

Donc ça veut dire qu'ils ne veulent pas, ils ne veulent pas maîtriser l'immigration. Ce qui voudra donc dire qu'il faudra attendre, hélas, l'alternance, que les Républicains reviennent au pouvoir pour que l'on puisse vraiment maîtriser l'immigration. Mais vous voyez, vous avez parlé tout à l'heure du Conseil constitutionnel. Je crois que dans les temps difficiles que l'on vit, dans les temps très perturbés, il faut aussi garder son calme. Garder son calme. Quand on est dans l'opposition, quand on veut gouverner, on ne peut pas raconter n'importe quoi. Et on ne peut pas s'en prendre aux institutions comme on le fait aujourd'hui.

Parce que quand les responsables politiques chauffent tout le monde à blanc, eh bien vous risquez d'avoir une fin de mandat qui pourrait un jour ressembler à celle de Trump aux Etats-Unis. Et il faut faire très attention à cela. Si les responsables politiques oublient que dans responsables politiques, il y a responsables, les choses peuvent mal tourner. Et le sang-froid est à mon avis quelque chose d'indispensable. Surtout en ce moment.

5:14
Présentateur

Mais depuis quelques minutes, vous n'êtes pas en train de dire que le Conseil constitutionnel est absolument légitime dans ses prises de décision. D'une certaine manière, vous-même, vous remettez en cause l'action, la décision prise par le Conseil constitutionnel ? Je pense que je viens de vous démontrer tout le contraire, monsieur. Tout le contraire.

5:30
Xavier Bertrand

Vous savez, c'est quand vous perdez un match de football, vous avez mal joué, tout le monde le sait, et vous en prenez à l'arbitrage. Je ne m'en prends pas à l'arbitre.

5:38
Invité

Vous n'avez pas le temps pour les Républicains de faire un accord de gouvernement pour avancer ?

5:44
Xavier Bertrand

Non mais posez la question à Emmanuel Macron. Quand est-ce qu'il décidera de reconnaître qu'il n'a pas de majorité absolue et que sans majorité absolue, nous ne pourrons pas avoir des réformes efficaces, on ne pourra pas moderniser le pays, on ne pourra pas réconcilier les Français ? C'est vrai sur l'immigration, mais c'est vrai sur la chaîne pénale qui a besoin d'être renforcée. C'est vrai sur notre système de santé où ce ne sont pas des mesurettes qui vont permettre de redonner le droit à la santé pour chacun. C'est vrai sur l'éducation. Ce n'est pas un décret par signes circulaire par là qui vont justement régler les problèmes du pays.

Le président de la République a gagné la présidentielle. Il a perdu les législatives. Les Français lui ont imposé de composer. Avec qui ? Avec le groupe Liotte à l'Assemblée Nationale, avec les Républicains. Mais il ne veut pas le faire. Et les Républicains ne veulent pas composer avec lui ? Non, ce n'est pas ça. C'est qu'il ne s'agit pas d'aller chercher des postes. Il s'agit tout simplement de changer la politique de notre pays. A la fois de protéger les Français, de redonner l'avenir à notre pays et la confiance vis-à-vis de nos jeunes. Voilà ce dont il s'agit. C'est au président de la République de le dire.

Et ce qui s'est passé encore avec ce texte immigration montre que pour l'instant, il ne veut rien changer. Et que donc, l'exaspération et la colère vont continuer à monter. Et il y a un acteur aujourd'hui qui a un talent pour profiter de l'exaspération et la colère. C'est le Rassemblement National.

7:03
Invité

Et le Rassemblement National propose justement un référendum après cet échec ?

7:06
Xavier Bertrand

Il propose un référendum. S'il veut que les choses changent tout de suite, c'est un texte ou deux nouveaux textes, comme je le dis. La question du référendum sur ces questions migratoires, je pousse cette idée depuis 2015. Parce que sur un sujet aussi important que celui-là, il faut demander aux Français ce qu'ils veulent exactement. Et ce serait quoi la question ? La question porterait sur un texte. Un texte avec notamment les quotas migratoires. Est-ce que l'on souhaite, oui ou non, en France, décider chaque année qui arrive dans notre pays pour occuper quelles fonctions et en venant de quel pays ?

Est-ce que vous êtes aussi d'accord pour dire que c'est la France qui détermine ses intérêts légitimes, ses intérêts supérieurs, et que nous ne sommes plus dépendants de décisions européennes ? Ça veut dire rester dans l'Europe. Mais ça veut dire justement reprendre toute notre souveraineté. Voilà ce qu'il y aurait dans une question. Mais ça, pour aller plus loin, on comprend que ça ne sera pas avec M. Macron et son gouvernement. Mais les deux textes en question dont je vous parle, ça peut être tout de suite et avant les européennes.

8:05
Présentateur

Bon, en tout cas, pour aller plus loin, ce sera juste après le filinfo Xavier Bertrand, en président des Républicains des Hauts-de-France, juste après le filinfo de Sophie Echêne à 8h41.

8:13
Invité

Les agriculteurs toujours mobilisés ce matin partout en France. Dans l'attente des annonces de Gabriel Attal tout à l'heure, l'autoroute A7 est coupée en ce moment entre l'Isère et le Vaucluse, l'autoroute A62 aussi, la 64 au sud de Toulouse. Des actions également en Ile-de-France, autour de Paris. La France condamne les tirs hier sur un refuge de l'ONU à Ragnonès, au sud de la bande de Gaza. 13 morts et une soixantaine de blessés. Le Quai d'Orsay, sans accuser Israël directement, appelle l'État hébreu à se conformer aux droits internationaux humanitaires. Kiev et Moscou continuent de se renvoyer la responsabilité de l'accident de l'avion militaire russe près de la frontière avec l'Ukraine.

Mercredi, il transportait 65 prisonniers de guerre ukrainien en vue d'un échange. La Russie maintient qu'il s'agit d'un crime prémédité par l'Ukraine. Énorme surprise à Melbourne avec l'élimination de Novak Djokovic en demi-finale de l'Open d'Australie de tennis. Ce matin, battu par l'italien Yannick Siner, Djokovic était en quête d'un 25e titre en grand chelème. L'autre demi-finale opposera tout à l'heure Daniel Medvedev à Alexander Zverev. France Info

9:16
Présentateur

Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.

9:21
Invité

Toujours avec Xavier Bertrand, président des Républicains des Hauts-de-France, la colère des agriculteurs s'est intensifiée, s'est propagée. Des syndicats appellent désormais au blocus de Paris aujourd'hui. Il y a déjà la N118 qui est bloquée en direction de Paris dans l'Essonne. La droite, depuis le début, soutient les blocages. Donc vous soutenez aussi cette démarche, le blocage des grands axes de la capitale ?

9:42
Xavier Bertrand

Ce sont des manifestations autorisées ou pas ? Oui, elles sont autorisées. C'est la raison pour laquelle je me suis rendu à la demande des agriculteurs, notamment dans la région des Hauts-de-France, à Beauvais, hier à Saint-Quentin, avec Julien Dive, député de ma circonscription qui est très investi dans ces questions agricoles. Alors demande pour les soutenir.

9:59
Invité

Mais théoriquement, ce n'est pas légal de bloquer des routes, d'empêcher la circulation. Il y a des bons blocages et des mauvais blocages pour vous ? Parce que, pardon, mais vous êtes de droite, vous revendiquez d'être le parti de l'ordre, et là vous dites comme Gérald Darmanin, il faut laisser faire.

10:12
Xavier Bertrand

Mais attendez, qui est le ministre de l'Intérieur ? Gérald Darmanin. Il interdit les manifestations ? Non. Alors on est bel et bien dans un état de droit. Et après, je vais vous dire aussi une chose, on n'a pas affaire à des délinquants, ceux que j'ai rencontrés l'autre jour. Ils veulent se faire entendre. Et ils veulent se faire entendre pourquoi ? Parce qu'ils se battent pour nous, les agriculteurs. Ce n'est pas une corporation qui parle pour une corporation, les agriculteurs se battent pour nous. Quand ils auront disparu, parce qu'on les laisse mourir à petit feu, vous savez ce qui se passera ?

On importera des produits qui viendront de l'autre bout du monde, et on sera condamnés à manger de la merde. Voilà la vérité de ce qui va se passer.

10:44
Invité

Vous avez vu qu'il y a des préfectures qui ont été prises pour cible, il y a un sanglier qui a été éventré et pendu, il y a des actes qui sont bloqués. Les agriculteurs que j'ai vus... Est-ce que la situation ne risque pas de dégénérer si on laisse faire comme ça, sans prendre à des bâtiments...

10:55
Xavier Bertrand

Les agriculteurs que j'ai vus, bien évidemment, ne sont pas dans cette logique-là, et condamnent les agissements qui contreviennent à la loi. Mais pour le reste, ne les faites pas passer pour des délinquants. Ce sont ceux qui aujourd'hui produisent et nous nourrissent. Voilà la réalité. Et quand je vous dis que c'est qu'ils se battent pour nous, l'agriculteur, c'est le combat justement de ce que nous voulons, de ce que nous voulons manger. Est-ce que la France est encore un pays qui garde son indépendance alimentaire ? On est en train de les faire mourir à petit feu. Et c'est pour ça que la solution à ce problème, elle ne sera pas seulement économique.

C'est un changement en profondeur qui doit s'opérer.

11:28
Invité

C'est ça que doit annoncer Gabriel Attal aujourd'hui. Il doit faire des annonces en Haute-Garonne auprès des agriculteurs. Vous en attendez quoi ?

11:34
Xavier Bertrand

Oui, mais c'est un changement profond de regard sur l'agriculture. Le changement profond, il passe déjà sur notre place par rapport à l'Europe. Moi, ce que j'attends du Premier ministre aujourd'hui, c'est qu'il dise que les 4% de jachères, c'est-à-dire des terres sur lesquelles on produit et sur lesquelles on ne produira pas, ces 4% de jachères voulues par l'Europe, on arrête tout. Il n'y a pas des dérogations, on arrête tout. Ces jachères, vous savez, sont issus de ce qu'on a appelé le Green Deal, le pacte vert. Il avait été mis en place avant la guerre en Ukraine. Aujourd'hui, avec la guerre en Ukraine, tout a changé. Donc ces jachères, on ne doit pas les mettre en place.

L'autre sujet également, au niveau européen, c'est que l'on doit s'interdire notamment les discussions sur le Mercosur. Elles doivent s'arrêter. On ne peut pas demander à nos agriculteurs de produire le mieux possible et d'importer de la viande qui vient de pays comme l'Argentine où il y a des produits qu'on n'accepte pas chez nous.

12:25
Invité

Mais donc vous, à droite, vous êtes contre le libéralisme ?

12:27
Xavier Bertrand

Oui, je suis un homme de droite qui n'est pas un hyper-libéral et qui pense avant tout que la qualité de ce que l'on mange est quelque chose d'essentiel pour nous-mêmes, pour notre santé et pour celle de nos enfants. Et donc encore une fois, on n'ouvre pas à tout vent et surtout quand des produits sont interdits chez nous, aucun pays dans lequel on utilise ces produits interdits ne fait rentrer de produits agricoles, alimentaires, chez nous aucun. Ça c'est pour l'Europe. Et puis il y a un sujet franco-français. Il y a beaucoup de difficultés qui ne sont pas dues à l'Europe. En France, on n'est plus royaliste que le roi. Les surtranspositions.

Vous avez des règles aujourd'hui qui sont propres à la France qui ne s'appliquent pas dans d'autres pays européens. Non seulement on arrête tout, mais on revient sur les surtranspositions qui ont été imposées par l'administration française depuis maintenant 5 ans, voire 10 ans. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, pour protéger la betterave des pucerons, vous savez qu'on interdit un certain nombre de produits. Eh bien, il y a 5 pays en Europe qui, eux, continuent à les appliquer. Et donc, on ferme les yeux sur ce qui se passe ailleurs. Donc, très clairement, j'attends qu'il y ait la fin des surtranspositions et un retour en arrière sur les surtranspositions franco-françaises qui ont eu lieu.

Et puis, il y a aussi un autre aspect, c'est que les aides PAC, encore une fois, versées par l'Europe, elles sont programmées. C'est tout de suite le versement. La France qui est l'une des premières bénéficiaires de la PAC, rappele. Oui, c'est normal. Ce sont aussi les règles européennes. Les aides PAC, elles doivent être reversées tout de suite, c'est-à-dire en février. Pas en février 25, en février 24. Les aides, notamment pour le bétail qui touche les éleveurs, elles doivent être reversées maintenant. Les aides suite aux inondations pour mes éleveurs, pour les maraîchers dans les Hauts-de-France, c'est maintenant, c'est tout de suite.

Donc, vous le voyez, il y a un problème de fond qui veut dire qu'on ne peut pas continuer, même avec la mondialisation, à accepter tout et n'importe quoi, surtout quand ça gêne, quand ça pose problème par rapport à la sécurité alimentaire, que vis-à-vis de l'Europe, un grand pays comme la France doit dire non quand ça ne va plus, notamment sur la question déjà chère et pour revoir le Green Deal. Mais au niveau national, il est temps aussi de dire que si l'agriculture produit ce que l'on mange, c'est devenu une priorité nationale.

14:33
Présentateur

Xavier Bertrand, l'une des raisons du mal-être, c'est la hausse de la taxation du gasoil non routier, le fameux GNR, il doit progressivement augmenter cette année. Est-ce que le gouvernement doit renoncer ?

14:43
Xavier Bertrand

Il n'augmente pas, ni cette année, ni les années qui viennent. Et vous savez pourquoi ? Hier, j'étais avec Bruno Cardo, c'est un agriculteur qui est un peu l'un des fers de lance de mes groupes de travail, de Nous France, mon mouvement politique, qui expliquait qu'on n'a rien pour remplacer aujourd'hui le GNR. Ce n'est pas comme les voitures électriques, il n'y a pas de tracteur électrique. Donc, il n'y a rien pour remplacer, donc on ne fragilise pas les exploitations.

Et vous savez, j'étais hier en contact avec Pascal Coll, c'est le président du département de la Corrèze, très impliqué sur la question de la ruralité, et qui me disait aussi que pour eux, ce qui est très important, c'est qu'on mette un terme, encore une fois, à ce tout pouvoir de l'administration et que les politiques décident clairement et imposent leur vue. Et imposer leur vue, ça veut dire que l'alimentation, l'agriculture, c'est quelque chose d'essentiel.

15:29
Invité

Xavier Bertrand, vous parliez des terres en jase chère, 4%, vous dites qu'il faut y mettre fin, vous parlez de cette niche fiscale sur le gazole non routier qui, à la base, visait à mettre fin à l'incitation à consommer des énergies fossiles, donc c'était plutôt louable pour l'environnement. Vous, vous dites quoi ? Vous dites que l'environnement, ça commence à bien faire ?

15:46
Xavier Bertrand

Mais absolument pas. Mais les agriculteurs, vous croyez qu'ils ne connaissent pas la nature, qu'ils ne respectent pas la nature ? Vous croyez que l'agriculteur, la nuit, il prend une seringue et il va empoisonner les légumes ou le bétail qui vont être consommés. Mais jamais de la vie. La seule chose, c'est pour le GNR, le gazole non routier. Mais qu'est-ce qu'ils ont pour remplacer ? Il n'y a rien pour remplacer aujourd'hui. Il peut y avoir parfois des biocarburants, mais c'est très rare. Donc tant qu'il n'y a pas de moyens de substitution, vous ne les affaiblissez pas. Est-ce qu'il faut faire des contreparties par exemple sur réduire les pesticides encore ou des choses comme ça ?

Mais aujourd'hui, ils sont prêts à le faire. Ils cherchent depuis des années. Venez notamment dans les Hauts-de-France près de l'An, vous verrez justement un laboratoire de recherche pour justement lutter contre le puceron de la betterave et pouvoir continuer à produire des betteraves.

16:27
Présentateur

Alors pourquoi une partie des Français, souvent militants, sont un peu persuadés que finalement l'agriculture française est ultra intensive et qu'elle pollue majoritairement ? Non, non,

16:36
Xavier Bertrand

ce n'est pas une majorité de Français. Non, non, je ne dis pas que c'est une majorité de Français. Il y a une partie des Français. Ce sont les intégristes au vert. Les intégristes au vert qui donnent des leçons justement aux agriculteurs qui n'ont jamais mis les bottes pour venir justement dans leur exploitation, ces agriculteurs, pour les écouter. Ce sont des gens de bon sens. Vous voyez, au final, je ne sais pas comment ceux qui nous gouvernent aujourd'hui peuvent le comprendre mais ce bon sens, ce bon sens paysan doit s'imposer dans toutes les décisions. Et sur le gazole non routier, le fameux GNR, on va faire simple tout de suite.

Il y a une partie de ce gazole, tenez-vous bien, qui coûte moins cher quand ils l'achètent, les agriculteurs. Mais il y a une partie de ce gazole, à peu près 15 centimes. Il faut qu'il fasse une déclaration pour obtenir le remboursement. Le gouvernement est en train aujourd'hui de nous bassiner en disant on va simplifier, on va simplifier. Alors là, on peut simplifier tout de suite. Et il y a ensuite un autre point. Alors c'est vrai que nous dans les Hauts-de-France, nous connaissons encore et encore les conséquences terribles des inondations. Mais on sait aussi que pour lutter contre la sécheresse, il faut pouvoir stocker l'eau. Il faut des bassines.

qu'on arrête qu'on arrête de venir empêcher les agriculteurs de stocker l'eau dont on aura besoin. Vous voyez, c'est un changement profond. Ce n'est pas seulement d'avoir des annonces du Premier ministre dont j'espère qu'elles seront suffisamment fortes pour répondre à cette détresse des agriculteurs. Mais c'est aussi clairement aller du bon sens et du bon sens paysan dans les décisions politiques. Ce qu'on essaye de faire en tant qu'élus locaux, ce serait bien qu'à Paris, ceux qui nous gouvernent aujourd'hui l'aient aussi en tête. Xavier Bertrand,

18:02
Présentateur

président des Républicains des Hauts-de-France. On se retrouve dans une minute juste après le fil info de Sophie et chaîne à 8h51.

18:08
Invité

La loi immigration doit être promulguée par Emmanuel Macron dans les prochaines heures. Le Conseil constitutionnel l'a largement censuré hier. On se fait balader. Déplore sur France Info le président LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. Le gouvernement a fait voter ce texte en espérant que les sages allaient le censurer, affirme-t-il, ajoutant que le Conseil constitutionnel ne doit pas être le bouc émissaire. À Rennes, plusieurs centaines de personnes cagoulées ont manifesté hier soir contre cette loi immigration causant des dégradations dans le centre-ville. Sur le réseau social X, la mère de la ville fait part de sa colère et de son incompréhension.

C'était une promesse de Clément Beaune. En novembre, la plupart des péages sur les autoroutes vont limiter leur hausse annuelle à moins de 3% à partir de jeudi prochain, 1er février. La NASA met un terme à la mission de son petit hélicoptère Ingenuity après quasiment 3 ans sur Mars. Décision suite à un incident la semaine dernière lors de son 72e vol. il ne devait décoller que 5 fois. Ce qu'Ingenuity a accompli dépasse largement ce que nous pensions possible. Salut le patron de la NASA. France Info

19:10
Présentateur

Le 830 France Info Agathe Lambret Jean-Rémi Baudot

19:15
Invité

Toujours avec Xavier Bertrand président des Républicains des Hauts-de-France Gérard Larcher président des Républicains du Sénat a critiqué sur France Info l'inscription de l'avortement dans la constitution il juge que la constitution n'est pas un catalogue de droits sociaux est-ce que vous êtes d'accord avec nous ?

19:30
Xavier Bertrand

Je suis favorable à l'inscription de l'IVG dans la constitution je suis d'accord avec Gérard Larcher en ce sens qu'elle n'est pas menacée aujourd'hui mais quand on fait de la politique on doit penser au-delà de son mandat on doit penser pour demain pour après-demain et il faut protéger ce droit légitime des femmes et donc il faut l'inscription dans la constitution et puis vous savez quand on entend toute la remise en cause des institutions quand on voit aussi la façon dont l'état de droit est malmené et bien je me dis que d'apporter cette garantie dans la constitution est essentiel j'avais beaucoup réfléchi à cette question je me suis déjà exprimé je le refais devant vous aujourd'hui mais avec tout ce que j'entends quand je vois l'absence de sang-froid de beaucoup de responsables politiques je me dis que oui il faut cette inscription dans la constitution

20:10
Invité

mais vous savez que l'opposition pardon de Gérard Larcher et de celle de Bruno Retailleau empêche le projet d'être adopté puisqu'ils font un accord entre l'Assemblée et le Sénat est-ce qu'aujourd'hui vous les appelez très solennellement à revenir sur leur position et à soutenir ce texte parce que sinon il n'y aura pas d'inscription dans la constitution

20:24
Xavier Bertrand

c'est le Sénat qui avait permis justement que l'on trouve une solution avec une rédaction de ce texte par Philippe Bas qui est un juriste très fin et je pense qu'il faut faire confiance aussi à Philippe Bas pour que l'on puisse trouver les bonnes solutions mais je vous ai dit tout à l'heure qu'elle était clairement ma position et j'espère que ce droit sera reconnu dans la constitution

20:44
Présentateur

Les républicains qui ont fini par désigner leur candidat aux européennes c'est une forme de secrète polychinelle c'est François-Xavier Bellamy choix qui manifestement n'a pas été évident est-ce que c'est le bon choix selon vous ?

20:55
Xavier Bertrand

Écoutez moi maintenant ce qui m'importe c'est de savoir aussi quelle sera la ligne qui sera la nôtre est-ce qu'on sera européen oui ou non ? Est-ce qu'on sera des européens exigeants ? Je vous l'ai dit tout à l'heure Vous n'avez pas répondu est-ce que c'est le bon choix selon vous ?

Non mais je vous l'ai dit c'est pas exactement ma droite mais toujours est-il que maintenant c'est la ligne et ensuite il y aura la question de la composition de la liste mais ce qui est pour moi aujourd'hui essentiel c'est pourquoi on se bat c'est pourquoi on se bat je vous ai parlé tout à l'heure de cette priorité que doit être l'agriculture au niveau européen et ce que j'attends c'est que les candidats LR aux européennes se battent pour revenir sur le Green Deal je veux également que l'on continue à avoir une position d'indépendance d'autonomie de l'Europe notamment par rapport aux américains quelque chose qui pour moi est essentiel c'est une vision gaulliste vous allez dire oui mais je pense quand même que ces références là elles ne sont pas dépassées je souhaite également que l'on continue à se battre pour avoir une industrie où on ne soit pas naïf par rapport et aux américains et aux chinois demain L'image renvoyée

21:50
Présentateur

par un bel ami

21:50
Xavier Bertrand

catholique

21:51
Présentateur

conservateur par rapport à une liste reconquête proche d'Éric Zemmour de Marion Maréchal quelle différence est-ce que vous proposez fondamentalement aux électeurs ?

22:01
Xavier Bertrand

Ce que je viens de vous expliquer notamment pour défendre l'agriculture il s'est battu pour défendre l'agriculture ça n'a pas été le cas du groupe Renaissance parce qu'aujourd'hui ils sont en train de nous dire qu'on va protéger l'agriculture ils ont fait le contraire Renaissance au Parlement européen mais vous voyez les élections européennes elles vont intervenir mais on est en train aujourd'hui d'en faire quasiment le premier tour de l'élection présidentielle voilà ce qui est en train de se passer or aujourd'hui les français on a parlé de la loi immigration on voit effectivement ce qui se passe pour l'agriculture les français vous savez sont très en décalage avec aujourd'hui les priorités médiatiques regardez on ne parle plus d'un sujet clé l'explosion des coûts de l'électricité depuis deux ans au 1er février le gouvernement nous a dit circuler il n'y a rien à voir c'est pas beaucoup mais on va augmenter l'électricité de 10% à cause d'un n'impôt pas du prix de l'énergie c'est pas le prix final non mais 10% c'est dû à un impôt c'est le retour

22:55
Invité

d'une taxe que le gouvernement avait supprimé avant la crise et ça a coûté 9 milliards d'euros par an à l'état c'est le premier impôt à tal mais l'argent ne tombe pas du ciel dit Bruno Le Maire qu'est-ce que vous lui répondez

23:03
Xavier Bertrand

et alors on va le chercher dans la poche des français ou on fait des économies on va le chercher dans la poche des français ça s'appelle un impôt et c'est l'impôt à tal 10% tenez-vous bien c'est deux fois l'inflation et puis pardon vous avez raison Agathe Lambret c'est pas tout à fait 10% regardez l'hypocrisie c'est 9,8% non pas l'hypocrisie c'est du cynisme 9,8% et ça c'est la première lame avant la deuxième lame l'an prochain c'est à dire qu'aujourd'hui vous avez le prix de l'électricité qui augmente il y a une enquête qui a été publiée par l'IFOP qui montre qu'aujourd'hui il y a au 10 du mois 50% des français disent qu'il leur reste 200 euros un peu plus de 200 euros jusqu'à la fin du mois et donc la moitié moins de 200 euros voilà la réalité de ce que vivent les français et notamment beaucoup de français qui travaillent et la réponse du gouvernement est nous on sait gérer vous allez payer plus cher votre électricité à cause d'un impôt et taisez-vous et il ne faut pas s'étonner que l'exaspération et la colère montent et moi je me bats à la fois pour défendre les français au quotidien me battre pour eux ce que je fais dans ma région j'aide les gens qui travaillent je me bats aux côtés des agriculteurs parce qu'il est essentiel aujourd'hui que les français comprennent que tous les politiques ne sont pas déconnectés et qu'il y a des politiques et j'en fais partie je le dis je ne suis pas le seul à me battre pour eux

24:13
Invité

mais donc vous qui êtes de droite à têcher la bonne tenue des comptes publics vous dites il faut prolonger le quoi qu'il en coûte quoi qu'il en coûte

24:20
Xavier Bertrand

mais attendez mais aujourd'hui le gouvernement

24:21
Invité

continuait à aider 40 milliards déjà dépensés pour le bouclier tarifaire

24:24
Xavier Bertrand

mais ce qu'on ne nous avait pas dit c'est qu'il fallait le rembourser le quoi qu'il en coûte les entreprises ont eu le PGE qu'est-ce que vous donnez aujourd'hui Xavier Bertrand ? écoutez vous n'écoutez pas quand vous écoutez les membres du gouvernement si on nous dit qu'aujourd'hui si je vous écoute que les membres du gouvernement quand ils nous disent blanc il faut penser noir alors c'est dramatique parce que s'il n'y a pas la transparence il n'y a pas la vérité de la part de ceux qui nous gouvernent restent bien moins élevés que dans pas mal de pays d'Europe mais beaucoup plus élevés qu'il y a deux ans c'est 44% de plus et les français font quoi ?

les salaires n'ont pas augmenté de 44% et vous disiez sur la question de la gestion je suis à la tête d'une grande région heureusement que j'ai baissé mes dépenses parce qu'autrement je n'aurais pas pu tenir je ne pourrais pas aider ceux qui travaillent avec une aide au transport où je finance le permis de conduire pour les enfants qui vont aller travailler qui ont besoin de passer le permis et je le fais y compris pour les classes moyennes sauf que aujourd'hui le gouvernement laisse filer les déficits ah il trouve de l'argent quand il en faut mais là quand il s'agit d'aller chercher dans la poche des français alors là bien évidemment monsieur Attal nous avait dit je vais m'occuper des classes moyennes je ne pensais pas que c'était en les matraquant pour commencer

25:26
Présentateur

Xavier Bertrand président des républicains des hautes frances merci beaucoup d'avoir été l'invité du 830 France Info

Censure de la loi immigration, colère des agriculteurs, hausse du prix de l'électricité... Le "8h30 franceinfo" de Xavier Bertrand — Xavier Bertrand · Pourquijevote