Rencontre avec des acteurs de l'agroécologie à Tilly.
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- 1:00E. MacronFait
« Nous devons à la fois créer de la valeur économique et créer véritablement, traduire en actes notre ambition écologique et nos agriculteurs sont absolument clé en la matière. »
- 10:00E. MacronFait
« La PAC qui arrive va permettre aussi de prendre le relais de notre plan France relance sur beaucoup de sujets »
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-E. Macron : Bien. Heureux de vous retrouver.
D'abord, je voudrais remercier M. Galmel de nous avoir accueillis... -Merci. -E.
Macron : ...dans sa ferme, son exploitation.
On a pu avoir une table ronde ici et là, dans ce qui est le point de vente. Je souhaitais qu'on puisse, en effet, aujourd'hui, se retrouver autour de ces sujets qui réconcilient notre agriculture et notre écologie. D'abord parce que je pense que c'est toute l'ambition qui est la nôtre depuis maintenant 3 ans et que nous souhaitons intensifier, c'est la réconciliation de ces deux objectifs.
Nous devons à la fois créer de la valeur économique et créer véritablement, traduire en actes notre ambition écologique et nos agriculteurs sont absolument clé en la matière. C'est ce qui a conduit à porter un plan Ambition Bio dès le début du quinquennat de plus d'un milliard d'euros, à développer des exploitations agricoles HVE ou bio, à créer plusieurs milliers ainsi d'exploitations avec ces labels et à mener cette transformation en profondeur depuis le début. Et je pense que l'exploitation de M.
Galmel montre parfaitement ces réconciliations, lui qui, depuis plusieurs années, a décidé de replanter des haies, de faire de la conservation de sol pour stocker le carbone, au fond de faire des choix qui, parfois, nécessitaient du temps, mais qui lui ont permis d'une part de recréer massivement de la biodiversité sur son exploitation et pour son territoire, de stocker du carbone et de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, de prendre de nouvelles initiatives, du maraîchage, etc., et de réussir en même temps à avoir de la rentabilité. Donc ça, c'est pour moi le premier message, il ne faut pas opposer l'agriculture et l'écologie, il faut au contraire collectivement innover, mener ces transitions pour réconcilier nos deux objectifs.
Et c'est exactement ce qui est au coeur de notre projet depuis le début et au coeur du plan France relance. Le 2e sujet, c'est qu'il n'y a pas qu'un seul modèle. On est ici sur un formidable modèle d'agroécologie.
Il y a plusieurs modèles et ces modèles continueront à cohabiter sur notre sol. La clé, c'est que nous puissions continuer à accélérer cette transition vers nos objectifs, c'est que la ferme France continue à nourrir les Françaises et les Français avec de la qualité, nous sommes l'une des productions de plus grande qualité au monde et en Europe, on doit continuer à monter la qualité tous ensemble, et ça, c'est clair. La 2e chose, c'est qu'on intègre maintenant dans la ferme française nos objectifs de lutte contre le réchauffement climatique et pour la biodiversité, et c'est faisable.
A cet égard, nous avons pris plusieurs initiatives que je souhaite ici souligner. La première, c'est que pour répondre à ces objectifs, tout ce qui permet, justement, de favoriser le circuit court de qualité est souhaitable. On l'a fait avec l'ensemble de nos collectivités territoriales, ça fait partie d'ailleurs de notre Plan Bio, favoriser circuits courts et circuits bio dans, justement, notre restauration scolaire et collective.
Nous l'avons inscrit dans la loi, nous le suivons et les transformations sont en train de se faire. Nous avons maintenant lancé une plateforme, annoncée ce matin par le ministre, fraisetlocal.fr, qui a déjà plus de 5 000 référencements, 8 000, vous êtes d'ailleurs dans ces référencements, M.
Galmel, et qui va permettre à nos concitoyens, alors qu'on a eu beaucoup de débats sur les plateformes de vente en ligne et, au fond, un monde où tous les repères se distendent, eh bien, de remettre du sens, de la proximité en même temps de la lutte contre le réchauffement climatique en réduisant les distances, mais en permettant à chacun de se nourrir avec de l'alimentation de qualité fraîche et localement, et donc, en ayant aussi la possibilité d'avoir un contact avec l'exploitant agricole. La deuxième chose qu'on veut continuer à faire très fortement dans le cadre de cette stratégie, c'est lutter contre les émissions carbone, continuer à favoriser ce qu'on appelle justement l'agriculture de conservation, on l'a vu ici, qui permet de stocker le carbone et favoriser ces fameux bilans carbone qui permettent d'aller dans ce sens. Dans le plan de relance, nous avons ainsi prévu cette ambition.
Au total, le plan de relance, c'est un milliard pour notre agriculture, 200 millions pour notre forêt, parce que je ne sépare pas ces deux objectifs. Et comme vous le savez, notre plan de relance a été considéré comme l'un des plus environnemental de tous les plans de relance européens par les classements indépendants internationaux, et cette transition agricole en fait partie. Notre présence aujourd'hui, elle était aussi liée à notre plan pour, justement, replanter des haies sur notre sol.
La ferme ici est un formidable exemple de cette ambition. Elle n'a pas attendu ce plan, et je salue le travail qui a été fait, mais ce que nous ambitionnons de faire, c'est de replanter plus de 7 000 km de haies, donc 7 traversées de la France, si je puis dire, de haies, ce faisant. Pourquoi ?
Parce que replanter des haies sur notre sol, c'est permettre, précisément, de recréer de la biodiversité sur celui-ci, parfois de le stabiliser, d'être dans une démarche, justement, qui consiste non seulement à nourrir, mais à reconstituer le sol français dans la durée et la biodiversité qui y est attachée. L'exemple donné par votre ferme, M. Galmel, d'ailleurs, est très illustratif, vous nous avez montré les chiffres et les espèces qui, à travers votre démarche, et durant les années, sont revenues s'implanter sur le sol grâce à cette initiative. 50 millions d'euros seront consacrés à ce projet. 50 millions d'euros pour accompagner nos exploitants agricoles sur ce plan Plantons nos haies.
Et ces 7 traversées de la France de haies que nous voulons faire, c'est en quelque sorte notre petite muraille verte. Je le dis parce qu'hier, au One Planet Summit pour la biodiversité, l'une des initiatives les plus structurantes que nous avons annoncées, c'est la grande muraille verte. C'est développer l'agroécologie et l'agroforesterie dans 11 Etats de la bande sahélo-soudanaise, en disant : on va lutter contre le désert en replantant des arbres, des haies, des exploitations agricoles pour stabiliser, remettre de la biodiversité, créer des emplois et du développement économique.
Eh bien, le pendant de cette initiative que nous portons à l'international, nous le portons sur le sol français avec cette initiative pour nos haies, parce que c'est recréer de la biodiversité sur notre sol, c'est permettre aussi d'accompagner des exploitants agricoles dans une démarche qui est de continuer à nourrir, mais de nourrir mieux, de nourrir en reconstituant le sol et la terre de France, et donc, ce faisant, notre patrimoine commun, et c'est de le faire en améliorant notre biodiversité. Voilà les quelques points que je souhaitais faire aujourd'hui pour montrer la cohérence de notre agenda international et national et la symbiose qu'il doit y avoir entre notre ambition environnementale, qu'il s'agisse de la lutte contre le réchauffement ou pour la biodiversité, et notre ambition agricole. Je vais maintenant répondre à toutes les questions que vous avez sur ce sujet. -Oui, vous venez de citer la part du plan de relance qu'il y aura sur la question de l'agriculture et de l'écologie.
On pourrait citer aussi les initiatives en faveur de l'environnement que vous avez faites durant ces dernières années : Fessenheim, EuropaCity, Notre-Dame-des-Landes, etc. Et pourtant, beaucoup de Français ne vous jugent pas suffisamment sincère sur la question de l'écologie. Est-ce qu'encore aujourd'hui, vous payez les années Hulot ? -E.
Macron : D'abord, j'aurais jamais une telle formule, parce que je pense que toutes les personnes doivent être respectées dans leur sincérité. Je pense que juste, il faut qu'on crée collectivement le cadre de référence de l'écologie. Moi, je crois dans une écologie du concret et des travaux pratiques.
Je l'ai souvent dit. Il y a eu une génération qui a, en quelque sorte, dénoncé le problème, qui l'a fait exister dans la sphère internationale et nationale, C'est "la maison brûle". Il y a eu ensuite la génération qui a pris des lois pour l'avenir, mais ça ne changeait pas, ça ne créait pas beaucoup de contraintes pour soi.
Nous sommes la génération des travaux pratiques, qu'on le veuille ou non, collectivement. Et donc, celle où nous avons toutes les tensions qui sont là. Et je dis simplement, il faut réconcilier tous les agendas, l'agenda du consommateur, du producteur et du citoyen.
Mais on ne peut pas avoir des citoyens qui nous disent : "Changez du jour au lendemain tout et tout." Et le même citoyen qui, lorsqu'il consomme, veut consommer le moins cher possible et n'est pas d'accord pour payer la transition et le même citoyen qui nous dit, à juste titre : "Mon père, ma mère, mon frère, ma soeur, "travaillent dans des entreprises qui, aussi, "sont des entreprises qui parfois polluent, qui parfois ne sont pas conformes à cet agenda." Et lorsqu'il est, lui-même, travailleur, ou producteur, il nous dit : "Laissez-moi du temps." Donc je dis juste nous sommes, nous, dans le moment de la transition et des travaux pratiques.
Et donc, j'assume ce bilan écologique qui est le nôtre, qui est celui d'une grande cohérence, d'un grand pragmatisme et d'une grande ambition. Oui, j'ai arrêté des projets qu'aucun de mes prédécesseurs n'avait eu le courage d'arrêter. Je vous le dis très sincèrement.
Et d'EuropaCity en passant par Notre-Dame-des-Landes, en allant jusqu'à la Montagne d'or, où on va continuer le travail, mais je suis cohérent et je n'occupe pas les gens en disant : "On verra. On verra. On verra." Les grands projets qui détruisent le territoire et qui ne sont plus conformes aux usages actuels, nous les avons arrêtés.
Deuxième chose, oui, nous sommes cohérents. Nous allons vers la production d'énergie qui est la plus décarbonée du monde. Pourquoi ?
Parce que nous avons un actif, on réduit progressivement notre dépendance, mais c'est le nucléaire, qui est aujourd'hui le moyen le plus sûr et non intermittent et peu émetteur de CO2 de produire de l'électricité, ce qui nous permet de sortir de la production d'électricité par les centrales thermiques utilisant du fossile. On est en train de les fermer. Et vous savez, toutes celles et ceux qui parfois me donnent des leçons, n'ont jamais été se confronter aux salariés des entreprises que nous sommes en train de fermer, parce qu'il faut aller l'expliquer à des gens pour, justement, ce modèle de transition.
On va fermer votre usine, on va aller faire de la biomasse, on va créer d'autres activités, projeter les gens dans une transition, mais dire : "Là où vos parents, vos grands-parents ont travaillé, "nous allons le fermer "et on va vous offrir des emplois dans d'autres entreprises sur le site." C'est ce que nous avons construit depuis le début. Mais ce ne sont pas des mots, ce sont des vies.
Nous l'avons fait, nous sommes en train de le faire et nous irons au bout. Et oui, ensuite, nous avons une formidable transition à faire sur plusieurs chantiers. L'agriculture depuis le 1er jour, nous l'avons fait, les Etats généraux de l'agriculture, la loi EGalim et ce que je viens d'annoncer, qu'est-ce que c'est, c'est un agenda de transition où, simplement, on doit réconcilier la valeur économique et la valeur écologique.
On ne peut pas demander à qui que ce soit, surtout compte tenu des revenus agricoles aujourd'hui, de dire : "Vous devez tout changer, ce que vous faites n'était pas bien" si on n'accompagne pas les gens, si on n'accompagne pas aussi sur des projets qui ont parfois le temps de la nature, qui supposent sur plusieurs années d'être rentables. Donc on doit accompagner, changer et on doit sortir de la stigmatisation. On a beaucoup parlé de glyphosate, monsieur nous a parfaitement expliqué tout à l'heure pourquoi lui, il avait besoin de glyphosate, et c'est une ferme exemplaire.
Parce qu'il considère que le glyphosate, pour avoir justement une agriculture de conservation qui permet de stocker le CO2, c'est moins mauvais que de labourer les sols et de venir tout retourner. On a appris collectivement, mais c'est parfois très loin des dogmes et de ce qu'on a pu nous dire quand on réduit tout le débat. Et on nous a longtemps expliqué : est un vrai écologiste celui qui dit "il n'y aura plus de glyphosate nulle part".
Faux. Travaux pratiques. Venez dans la ferme de M.
Galmel, il vous dira le contraire. Il vous dira le contraire. Donc parfois, quand on met les mains dans la terre, dans la glaise, dans les travaux pratiques, on sort des idées reçues et des propos d'estrade.
Et donc, je considère que le pragmatisme qu'on a eu est bon, qu'il va permettre d'accompagner cela. Mais donc, dans l'agriculture, on a un agenda, on le continue, qui est un agenda de création de valeur, parce que l'argent est dans la cour de la ferme, de transformation du modèle écologique et de souveraineté, parce que ce qu'on fait, c'est qu'on recrée de la souveraineté, notre plan Protéines, on crée de la souveraineté, on va refaire de la protéine chez nous, mais on lutte contre la déforestation importée d'Amérique latine. C'est de la souveraineté quand on lutte pour notre biodiversité.
Ca, c'est l'agriculture. On va faire la même chose sur le logement. Le ministre a porté un plan de rénovation thermique des logements qui n'a pas d'équivalent.
On a mis beaucoup d'argent public et on l'assume, on accompagne les ménages, MaPrimeRénov' est en train de partir très fort, il y a un plan, là aussi inédit, sur l'accompagnement de nos collectivités territoriales et des ministères pour rénover les bâtiments publics qui est dans le plan de relance, mais qui va nous permettre, ça, c'est de l'écologie concrète, de réduire notre consommation d'énergie indue et notre gaspillage. Et puis, à l'accompagnement de toutes les entreprises pour aller, justement, vers cette transformation avec un prix du CO2 qui monte, une stratégie européenne. Donc vous voyez, tout ça, c'est simplement un agenda complet de transition écologique.
Et encore, je ne suis pas exhaustif, parce que je n'ai pas le temps de l'être, mais simplement pour vous dire, quand on abandonne ses projets, quand on ferme des entreprises, quand on accompagne les gens dans la transition, on parle de vies. Ayons simplement de la décence et du respect. On parle de la vie de nos concitoyens.
Et donc, arrêtons de les stigmatiser. Arrêtons de dire "on peut tout faire du jour au lendemain". Arrêtons de dire "on peut tout casser".
Ce n'est pas vrai. Parce qu'on parle de femmes et d'hommes qui, à la fin de la journée, doivent pouvoir manger, doivent pouvoir vivre, avoir un avenir et donner un avenir à leurs enfants. Et donc, il faut juste qu'on se respecte en tant que nation et qu'on embarque tout le monde dans ce projet.
C'est ce qu'on est en train de faire. Il faut accepter qu'on fera pas tout du jour au lendemain non plus. C'est la France de 2030 qu'on prépare, mais on le fait à marche forcée.
Après, il y a beaucoup de gens qui ont fait de l'invective, du discours de dramatisation, un fonds de commerce. Je ne peux pas leur en vouloir, ce sera jamais assez vite pour eux, simplement, ils n'ont pas à s'occuper de la vie d'une nation. Ils peuvent dire : vous n'allez pas assez vite, vous ne faites pas assez, c'est leur rôle, je les respecte, et ils nous aident aussi à certains égards, ils nous poussent à aller plus vite.
Mais il faut que ça se fasse dans le respect de tous et toutes et avec beaucoup de cohérence. C'est ce qu'on essaie d'avoir. Est-ce qu'il y a d'autres questions ?
Allez-y. -Hier, vous évoquiez "l'agroécologie à l'européenne". Vous pouvez nous expliquer en quoi elle diffère de ce qu'on peut voir sur les autres continents et comment vous la mettrez en oeuvre en 2022 avec la présidence française ? -E.
Macron : Alors, vous avez parfaitement raison. D'abord, on le fait depuis le début et ça me permet d'ailleurs de compléter mon propos sur ce que j'évoquais. Tout ce qu'on fait en France, ce qu'on a fait avec la loi EGalim, les plans que nous portons, etc., c'est comment structurer nos filières et porter cette agriculture française.
Simplement notre agriculture, je l'ai toujours dit, elle s'inscrit dans une ambition européenne, celle de la PAC, et nos exploitants agricoles le savent ô combien. Si l'Europe a un visage concret, c'est celui de l'agriculture. Nous avons âprement négocié notre PAC avec deux batailles qu'on a menées, celle pour préserver le revenu de nos agriculteurs et le montant de la PAC et qu'on ne soit pas les sacrifiés du Brexit, on a réussi, et celle de la transition pour avoir, justement, une PAC qui accompagne cette transition, un écostyle qui permet, justement, d'accompagner tout cela.
Et la PAC qui arrive va permettre aussi de prendre le relais de notre plan France relance sur beaucoup de sujets. Donc, la France, de là où elle est, continuera à porter cette ambition européenne en cohérence avec notre agenda national, valeur économique, valeur écologique. Deuxième chose, notre Europe, elle bâtit notre souveraineté.
Notre souveraineté alimentaire, elle se fait à l'échelle européenne. Et le plan Protéines que nous avons poussé, porté, que j'avais annoncé il y a bientôt 3 ans, qui a été décliné au concret il y a quelques mois par le ministre de l'Agriculture, c'est un plan de souveraineté française, mais il se décline au niveau européen, et typiquement, moi, je tiens à ce qu'on ait une grosse avancée européenne sur ce volet-là sous la présidence française, c'est-à-dire qu'on fasse un point d'étape de ce plan Protéines. Pourquoi ?
Parce que c'est comment l'Europe remet en cohérence ses agendas. C'est l'Europe qui a choisi il y a 50 ans de dire : "Nous, on va produire, on va nourrir nos concitoyens, "mais par exemple, sur la protéine, "les protéines dont on a besoin pour nourrir le bétail, on va les importer du continent américain". Cette spécialisation, elle se fait dans les années 60.
Nous y revenons à travers ce plan Protéines. Et il va nous permettre de quoi ? De renforcer la souveraineté européenne, mais comme je le disais rapidement tout à l'heure, d'arrêter avec la déforestation importée sud-américaine, parce que quand on importe du soja qui est fait à marche forcée sur de la forêt détruite au Brésil, nous ne sommes pas cohérents avec nous-mêmes.
Et donc, on peut nous dire : "Vous êtes contre le fait qu'on brûle "ou qu'on détruise la forêt amazonienne, mais vous vivez des conséquences de cela". Ben, la manière concrète d'y mettre fin, c'est pas simplement de le dire, c'est de le faire. Le faire, c'est de dire : "Nous avons aujourd'hui besoin du soja brésilien pour vivre, "et donc, on va produire du soja européen ou l'équivalent pour que notre modèle reboucle".
Ca, c'est l'Europe qui nous permet de le faire. Et ensuite, cette ambition, elle va continuer, en effet, à se décliner aussi, et ça me permet de faire un point là-dessus, avec le continent africain. Je crois en la matière à une ambition euro-africaine.
Je faisais le parallèle entre la grande muraille verte annoncée hier au One Planet Summit dans les 11 Etats sahéliens et la petite muraille verte que nous voulons faire en France, mais cet agenda agroécologique, agro-forestier français-européen, il doit trouver sa synergie avec l'agenda africain. Et en particulier sur le plan Protéines, je souhaite qu'on puisse, et c'est ce qu'on est en train de travailler, regarder les protéines qu'on peut produire en France et en Europe pour notre autonomie, mais regarder toutes celles qu'on peut produire aussi sur le continent africain pour permettre au continent africain de déployer plus vite son modèle agricole et d'entrer dans un partenariat gagnant-gagnant avec l'Europe. Parce que les protéines qu'on fera sur le continent africain, ce ne seront pas des protéines de la déforestation, ce seront des protéines de la reforestation et du retour agricole sur des zones qui sont aujourd'hui désertiques.
Donc voilà à quoi, aujourd'hui, en quoi l'Europe est essentielle à notre ambition agricole, mais aussi à la cohérence de notre agenda international. Merci à vous. Vous voyez que tout se tient, et c'est important de montrer que sur cette ambition, le temps long parfois s'impose, l'agenda national, l'agenda européen et international se tiennent entre eux.
Et voilà. Je pense que c'est ça qui prend du temps, mais je dirais qui, progressivement, se révèle, comme on le dit, d'une photographie qu'on sortirait ou qu'on ne sort plus, puisqu'on est maintenant à l'ère du numérique... -Monsieur le Président, on n'a pas parlé de la loi Climat. -E.
Macron : Oui, mais elle arrive. On est en train de finaliser sa préparation à la fois dans sa partie constitutionnelle et dans sa partie législative. -Et là, pour le coup, il y a aussi des arbitrages... -E.
Macron : Bien sûr, mais c'est normal et il y en a, j'ai eu l'occasion de le dire et on a eu un très long débat avec les ministres et les citoyens quand je les ai vus en fin d'année dernière, un texte va arriver au Parlement. Il y a aussi beaucoup de choses qui ne relèvent pas du législatif. Plusieurs textes vont arriver au Parlement, un projet de loi constitutionnelle et un projet de loi de nature législative.
Il y aura ensuite tout le temps du travail des parlementaires et les actions qu'on mène à côté de ça qui sont très concrètes. Donc on continue. Merci beaucoup.
Bon courage. -Merci beaucoup.
Emmanuel Macron