Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewJordan Bardella· 16 juin 2026 8 min

Nous allons durcir la politique migratoire de l'Union européenne !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mesdames et messieurs, merci de votre présence à cette conférence de presse à Strasbourg. Je tenais en premier lieu et au nom de du groupe des patriotes à saluer l'annonce de l'accord de paix entre l'Iran et les États-Unis. La réouverture du D3 d'Ormous à très court terme doit être une priorité absolue pour permettre le passage du pétrole et du gaz destiné à l'économie mondiale.

Il en va de la stabilité de nos économies euh de l'économie française en premier lieu bien sûr et plus directement des prix à la pompe pour les automobilistes européens. À plus long terme, il faut espérer qu'un accord parvienne à rétablir la paix au Moyen-Orient, à neutraliser la menace iranienne et à permettre au pays du golfe d'évoluer en toute sécurité. Je veux ici redire ma solidarité avec le peuple du Liban au tage du fanatisme du Esbola qui n'agit pas dans l'intérêt des Libanais, nous l'avons dit, mais plutôt comme une extension des ambitions et du régime iranien.

Enfin, je souhaite saluer à titre plus national l'engagement des militaires français et saluer la mémoire de nos trois soldats décédés au cours de ce conflit ces dernières semaines. Leur engagement et leur sacrifices ne doivent en aucun cas être oubliés. Pour en revenir à l'ordre du jour de cette session plinière, celle-ci est à l'évidence l'une des plus importantes de la mandature tant nos débats reflètent la nouvelle donne politique actuellement en vigueur dans l'hémicycle et qui accorde aux forces patriotes d'Europe un poids décisif.

Notre première satisfaction concerne l'aboutissement des négociations sur le règlement retour très certainement dans les prochaines heures entériner la réglementation la plus drastique que l'Union européenne n'est jamais connue depuis sa création sur la question de l'immigration. Vous le savez, notre groupe a été les guillon idéologiques de cette négociation qui voit aujourd'hui se dégager un consensus pour durcir la politique migratoire de l'Europe. Je tiens à remercier et à saluer tout particulièrement le travail de Marie Hellers, chef de la délégation néerlandaise du Parti de la liberté ainsi que Fabrice Legger mandaté pour défendre nos intérêts dans ces travaux de négociation.

Je me réjouis de voir que le PPE s'est libéré du syndrome de Stockholm à l'égard des socialistes pour se ranger derrière les convictions et les demandes des forces patriotes. [grognement] Les avancées obtenues dans ce texte sont majeurs. Reconnaissance à nouveau du délit de séjour irrégulier.

Allongement de la durée de rétention administrative à 24 mois avec 6 mois supplémentaires en option pour les personnes les plus dangereuses. Vol chartir pour le retour compris dans le séjour et accord avec des pays extraeuropéens pour des centres de retour. De plus, il en sera terminé de l'effet suspensif des recours en cas de procédure d'expulsion.

Lors de la campagne européenne, nous avions promis, même dans l'opposition, d'obtenir des victoires pour permettre au peuple d'Europe de reprendre le contrôle en matière migratoire. Ces promesses sont donc honorées. Car nous l'avons dit depuis des années, une politique migratoire n'ait aucun sens si les décisions de retour ne sont jamais exécutées.

Aujourd'hui, dans plusieurs Étatsmembres, une part considérable des obligations de quitter le territoire demeure l'être morte. Le taux d'exécution des obligations de quitter le territoire en 2025 était de 27 % en Europe contre seulement 10 % en France. Cette situation alimente l'immigration clandestine.

Elle nourrit les réseaux de passeurs et affaiblit même la crédibilité de la parole publique. Le règlement adopté ne résoudra pas à lui seul la crise migratoire que traverse l'Europe, mais il constitue une réponse tardive et pourtant concrète à une réalité que nous dénonçons avec l'ensemble de nos partis respectives depuis très longtemps. Sans contrôle effectif des frontières et sans exécution des décisions d'éloignement, toute politique migratoire est condamnée à l'échec.

Nous resterons toutefois, mesdames et messieurs, vigilants. Nos concitoyens attendent des actes. Ils attendent que ceux qui n'ont pas vocation à rester sur notre territoire soit effectivement reconduit et ils attendent enfin que l'Europe protège ses frontières intérieures et extérieures.

L'entrée en vigueur le 12 juin dernier du pacte sur la migration et l'asile que nous avons combattu et que nous continuerons de combattre démontre que la volonté proigration de la Commission européenne constitue d'inspirer de nombreuses politiques européennes décidées ici à Strasbourg et à Bruxelles. Ainsi, la France devra assurément reprendre à son tour le contrôle de sa politique d'immigration par la voix du référendum. Le deuxième sujet majeur de cette session concerne le vote du Parlement européen sur l'accord conclu entre l'Union européenne et les États-Unis l'année dernière.

Cet accord était et reste présenté comme un compromis permettant d'éviter une escalade commerciale avec l'administration Trump. Mais lorsque l'on examine de près cet accord, une question simple se pose qui a réellement obtenu satisfaction dans cette négociation pour le Rassemblement national. Et je parle là au nom de la délégation française qui s'appuie sur les intérêts de la France.

Cet accord enterine un déséquilibre manifeste. Les produits européens continueront de subir des droits de douanes américains pouvant atteindre 15 % tandis que l'Union européenne s'engage à ouvrir davantage ses marchés aux produits américains et à supprimer les derniers droits de douanes industriels et agricoles qui subsistaient jusqu'alors. Nos industriels, nos agriculteurs et nos pêcheurs français sont une nouvelle fois invités à s'adapter à une concurrence dont les règles ne sont pas les mêmes des deux côtés de l'Atlantique.

Une fois encore, l'Union européenne semble avoir négocié en position de faiblesse. Depuis des années, Bruxelles a fait le choix d'une dépendance stratégie croissante énergétique, industrielle, militaire, numérique et chaque jour davantage commercial. Face à l'administration Trump qui assume sans complexe la défense des intérêts américains, l'Europe apparaît trop souvent comme une puissance qui hésite à protéger et à défendre les siens.

L'Europe n'a pas besoin d'une mondialisation naïve, mais plutôt d'une stratégie de puissance et de croissance. Par ailleurs, l'annonce récente ces dernières heures de la suppression de certains accès européens au modèle d'intelligence artificielle développé par Anthopique doit nous appeler au sursaut. En quelques heures, des entreprises, des chercheurs et des administrations européennes ont découvert à quel point notre continent était devenu dépendant de technologies conçu hébergé et contrôlé à l'étranger.

Depuis des années, l'Union européenne se rêve en régulateur du numérique mondial en multipliant les normes, les règlements et les contraintes administratives. Et pendant que Bruxelles réglemente, d'autres puissances innovent. Pendant que l'Europe rédige des textes, les États-Unis et la Chine bâtissent les infrastructures, développent les modèles d'IA et contrôle des données stratégiques qui seront celles du 21e siècle.

Aujourd'hui, aucun grand modèle d'IA de rang mondial n'est européen. Nos données sont stockées sur des infrastructures étrangères. Nos entreprises dépendent de fournisseurs américains pour le cloud, les semi-conducteurs et désormais l'intelligence artificielle générative.

La souveraineté numérique n'est pas un slogan. C'est la capacité pour une nation ou un continent de conserver la maîtrise de ses infrastructures stratégiques, de ses données et de ses technologies d'avenir. Or, l'Europe a accumulé un retard considérable et ce retard ne sera pas comblé par davantage de bureaucratie.

Nous le disons, nous devons soutenir nos chercheurs, nos ingénieurs, nos entrepreneurs plutôt que de les étouffer sous les contraintes réglementaires. Nous devons favoriser l'émergence de champions européens capable de rivaliser avec les géants américains et chinois. Nous devons soutenir notamment par la commande publique Mistral AI, l'un des rares acteurs européens capables d'émerger et de rivaliser avec les grandes puissances de ce monde.

La France, par son électricité décarbonée, grâce au nucléaire dont l'Union européenne doit cesser de mettre en permanence des bâtons dans les roues et de son savoir-faire grâce à des ingénieurs d'exception doit être la capitale européenne de l'intelligence artificielle. Sans cela, nous renoncerons à toute ambition de puissance et risquerons à de sortir de l'histoire.