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interviewBFMTV· 2 décembre 2024 4 min

Le gouvernement Barnier menacé de censure: la prise de parole de Jordan Bardella

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Si le Premier ministre utilise 47.1, joue la montre, comment réagiriez-vous ?

0:06
Jordan Bardella

Jouerait la montre, mais pour un répit de quelques jours. Je pense que la question, c'est plus est-ce qu'on joue la montre, c'est plus combien de temps a le gouvernement devant lui. Ça fait trois mois qu'on est au travail. Et à partir du moment où Michel Barnier est un prête-nom pour le macronisme, alors ce gouvernement ne peut pas vivre pour une raison très simple, c'est qu'ils n'ont pas intégré la nouvelle donne politique. Et je souhaite, si on a un nouveau gouvernement, Barnier 2, le Cornu 1...

0:36
Présentateur

Renommer Michel Barnier, c'est une option selon vous ?

0:38
Jordan Bardella

Je ne suis pas président de la République, mais en tout cas...

0:40
Présentateur

A la nouvelle nomination de Michel Barnier ?

0:42
Jordan Bardella

Mais la question, ce n'est pas qui, c'est quoi et pourquoi faire. Et moi, mes ligne rouge, elles ne varieront pas. La défense du pouvoir d'achat, la protection de la croissance et des intérêts économiques du pays, un tournant drastique sur la sécurité, l'immigration et la politique pénale. Pas parce que je veux cela, mais parce que c'est des millions de Français qui se sont exprimés pour cela lors des dernières élections législatives. Et ce gouvernement, comme un autre gouvernement, doit intégrer le fait qu'il n'a pas de légitimité démocratique et qu'il n'a pas de majorité parlementaire.

Donc il faut en cela accepter de discuter avec le premier groupe de l'Assemblée nationale, qui est celui du RN. Et honnêtement, le chantage des macronistes à l'égard de Michel Barnier, qui ont tout fait pour empêcher l'adoption du moindre amendement du RN, c'est indigne, c'est antidémocratique. Et ce qui est irresponsable, précisément, ce n'est pas le vote d'une motion de censure qui est prévue par les textes.

Ce qui est irresponsable, et là je veux le dire à Gabriel Attal, non seulement c'est d'avoir laissé un pays avec le record de déficit public, le record de dette, le record de déficit commercial, mais c'est de s'être allié pendant l'entre-deux-tours des élections législatives avec le nouveau Front populaire pour empêcher le RN d'accéder au pouvoir et pour empêcher à la France d'avoir un cadre institutionnel stable d'ici à de prochaines élections législatives.

1:51
Présentateur

Il y a aussi du chantage que vous faites, vous, au RN, de dire à Michel Barnier, soit vous prenez toutes nos demandes, soit on vous fait tomber. Est-ce qu'il n'y a pas du chantage ?

1:57
Jordan Bardella

Non, mais ce n'est pas du chantage. Ça s'appelle la démocratie. Nous avons le premier groupe à l'Assemblée nationale. Comment est-ce qu'on peut ignorer le premier groupe de l'Assemblée nationale ? Comment est-ce qu'on peut faire en sorte que les mesures pour lesquelles nous avons été élus et pour lesquelles, encore une fois, une très grande partie des Français ont voté lors des dernières élections législatives soient ignorées et méprisées ? Nos électeurs, et je le dis à ce gouvernement comme au prochain, nos électeurs ne sont pas des sous-citoyens et ils ne le seront jamais.

2:24
Présentateur

Est-ce qu'il y a une priorité que Michel Barnier doit entendre aujourd'hui pour vous donner le point ? Est-ce qu'il y a un sujet, parce que la liste est longue dans vos demandes, est-ce qu'il y a un sujet sur lequel Michel Barnier peut bouger et qui pourrait vous faire changer d'avis ?

2:34
Jordan Bardella

C'est l'équilibre général du budget qui me dérange. Et se réveiller à trois jours d'une potentielle censure en disant « on veut éventuellement entendre vos demandes », alors qu'hier matin, le ministre du budget, Macroniste, vient dire « le budget ne bougera plus », dont acte, j'en prends acte, mais eux aussi.

2:54
Présentateur

Si la censure passe, vous n'avez pas peur que le pays soit de nouveau dans une incertitude politique ?

2:59
Jordan Bardella

– Mais pardon, je ne suis pas responsable de l'incertitude politique. Le seul responsable d'une éventuelle instabilité, il est à l'Élysée, et il s'appelle Emmanuel Macron. Ce qui est irresponsable, c'est la situation financière dans laquelle nous sommes. Et le Rassemblement national n'a aucune responsabilité dans cette situation. Nous avons été constructifs depuis le départ, nous continuerons de l'être, mais il faut que nos électeurs soient respectés et considérés.

3:23
Présentateur

– Vous espérez une présidentielle anticipée ?

3:26
Jordan Bardella

– Non, mais la question, ce n'est pas la présidentielle anticipée. – Encore une fois, il y a eu des élections législatives. Il faut que ceux qui sont au gouvernement tiennent compte du résultat. Et s'ils tiennent compte du résultat, alors tout se passera bien et le pays pourra avancer. – Sous-titrage Société Radio-Canada