Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewyoutube.com· 14 mars 2014 29 min

Entretien : Nicolas Dupont Aignan, le patriotisme tranquille [rediffusion]

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour, merci d'avoir accepté notre invitation. Ma première question portera sur le rassemblement des patriotes. Vous avez appelé récemment, et vous avez appelé ce rassemblement autour d'une ligne républicaine irréprochable, selon vos mots. Doit-on comprendre que ce rassemblement se fera autour de vous ? D'abord, il n'y a pas que moi qui ai une ligne républicaine irréprochable. J'en ai pas le monopole.

0:46
Nicolas Dupont-Aignan

Vous avez déclaré être le seul à pouvoir rassembler... Non, j'ai dit qu'il fallait bien qu'à un moment ou à un autre, un patriote sorte de sa boutique et pense à l'intérêt de la nation avant l'intérêt de son parti. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'au moment où la France affronte une des pires crises économiques, sociales et à terme politique de son histoire, il est temps que chacun fasse des pas vers les autres. Et j'ai dit qu'il y avait en gros plusieurs forces patriotiques en France. Il y a des patriotes de gauche, il y a des patriotes de la droite... Cheveu de l'Assemblée Temple. Oui, Cheveu de l'An, même Mélenchon dans une certaine mesure encore qui va pas assez loin.

Il y a des patriotes à l'extrême droite ou à la droite extrême, parce que je trouve que ce terme est parfois caricatural. Il y a votre serviteur. Et j'ai dit qu'il faut qu'il y ait un dialogue urgent entre toutes ces forces politiques pour qu'on débloque la situation et qu'on ne continue pas, par notre émiettement, à laisser l'UMP et l'EPS gouverner en fait avec une minorité de Français. C'est ça l'enjeu. En 2005, le nom a été majoritaire. Nous sommes majoritaires d'un pays. Et pour autant, nous donnons prise trop souvent à une sorte d'émiettement ou de caricature.

Et j'ai dit, c'est le sens de mon mot, j'ai dit pour que le patriotisme puisse gagner en France, et c'est une question vitale, il faut peut-être aussi que chacun fasse son examen de conscience et regarde ce qui rebute les autres et ce qui rebute le peuple français.

Et vous rentrez droit dans le vif du sujet, j'ai le sentiment que Marine Le Pen, à la tête du parti Front National, a fait évoluer le Front National, ce qui explique sa croissance, mais qu'il reste, à mon sens, des comportements qui font peur aux Français, parce que la France est faite de rassemblements de Français d'origine différente et qu'il ne doit pas y avoir un instant l'idée qu'on puisse dresser des Français contre les uns contre les autres. Je n'aime pas quand Mélenchon fait du sectarisme de gauche démagogique, je n'aime pas quand Marine Le Pen reprend certaines vieilles recettes du Front National qui, à mon avis, sont malsaines, en tout cas pour moi.

Et donc j'ai dit, quand c'est un problème d'intérêt national, de salut public, eh bien chacun doit faire son examen de conscience et voir si on ne peut pas dialoguer pour progresser et pour faire une offre politique aux Français qui aille à l'essentiel. Voilà le sentiment que j'ai. Je le dis vraiment sans aucune arrière-pensée, ça a été plus ou moins bien pris. En fait, il y a les deux conséquences. Il y a ceux qui disent, ah, M. Dupont-Aignan veut dialoguer avec Mme Le Pen, c'est très mal. Je m'en fiche qu'ils disent ça, je refuse le procès en sorcellerie.

Et puis il y a aussi certains au Front National qui disent, oh, j'ai lu ça, c'est une tour de l'ULP, qui nous critique, c'est pas bien, on arrivera tout seul au pouvoir. Bon courage, bonne chance, je ne le crois pas. Le parti communiste a été 35% et n'est jamais revu au pouvoir. Ça veut dire qu'il faut faire son examen de conscience. Et moi je suis sur une ligne qui est la mienne, je ne vais pas changer, patriotique et républicaine, je crois que c'est la bonne. Voilà. Maintenant, que du dialogue naissent, je dirais, des progrès. Et puis de ces progrès naîtra la vraie alternative politique de demain.

4:08
Présentateur

Mais la Ve République étant ce qu'elle est, le rassemblement se fera autour d'un nom pour l'élection présidentielle. Donc il va bien falloir sortir de cette lutte d'individualité qu'on voit à droite comme à gauche. Oui, mais justement, il n'y a pas d'élection présidentielle tout de suite.

4:25
Nicolas Dupont-Aignan

On est à la fin d'une élection. Le choix d'un leader viendra en 2015, 2016. On a trois ans au moins où on peut dire, mettons les questions de personnes de côté. Et regardons sur quel projet de salut public pour la France on peut s'entendre. C'est ça qui est important. Et faisons-le sans avoir peur du candidatron. Et donc c'est un pas très important que j'ai fait. Très important. J'en ai pris d'ailleurs plein la figure. Et je ne regrette pas de l'avoir fait. Il faut continuer. Et puis on verra ce qu'il en sort. Peut-être rien. Peut-être quelque chose. On verra. J'en sais rien.

Mais ce que je sais, c'est qu'on a un devoir moral de proposer aux Français une autre politique que celle que mènent l'UMP ou le PS à tour de rôle. Ça, on a le devoir moral. Et je pense que celui qui le proposera ou celle qui le proposera, qui l'assumera, sera un rôle utile au pays. Voilà, c'est tout.

5:26
Présentateur

Et on est très loin de l'élection. D'accord. J'aimerais avoir votre avis sur Henri Guénaud aussi. Parce que je trouve que c'est un personnage très intéressant. Tout à fait. Parce qu'on a du mal à douter de sa sincérité, de la sincérité, de son amour de la France. Et d'un autre côté, il reste à l'UMP. Il y a là une contradiction.

5:44
Nicolas Dupont-Aignan

Mais dans mon discours des universités de rentrée, que je vous invite à relire, j'ai été très clair. Et je peux vous dire, j'ai écrit, j'ai pesé chaque mot. J'ai dit quoi ? J'ai dit, je fais appel, je demande à Henri Guénaud et à Lionel Lucas de regarder où ils sont dans l'UMP, qui est complètement contraire à ce qu'ils pensent. Je demande à Mélenchon d'arrêter son sectarisme de gauche bazar. Je demande à Marine Le Pen d'arrêter l'obsession identitaire. Les mots ont un sens. Et je suis convaincu de ça. C'est ça mon boulot. Après on verra. Mais il y a plein de leaders politiques qui au fond pensent comme nous. Et puis il y a le peuple qui pense comme nous.

Alors est-ce qu'on va continuer à lui donner, finalement, à donner à l'UMP, le PS, un boulevard ? Est-ce qu'on va continuer encore 20 ans comme ça ? C'est bien de protester. Mais la protestation sans le projet alternatif positif ne sert pas. Et si vous regardez l'histoire, le grand mérite d'un Charles VII, aidé par Jeanne d'Arc, il faut trouver Jeanne d'Arc, le grand mérite d'un Clémenceau, le grand mérite d'un De Gaulle, c'est qu'ils n'étaient pas simplement dans la complainte, mais ils étaient dans l'espérance. L'espérance. Vous savez cette belle phrase de Pernanos, hein ?

L'espérance n'est que le désespoir surmonté, si j'ai bonne mémoire, je ne sais pas, il faut la retrouver, mais je crois que c'est ça. Le désespoir en achant plein dedans. Alors moi je peux faire des déclarations comme les autres, tout va mal, c'est catastrophique, mais les Français le savent, ils sont catastrophiques et incompétents et incapables. On le sait. Aujourd'hui les Français le savent. Simplement les Français se disent, mais qui y a ? Donc notre boulot à nous, c'est de dire, voilà nous ce qu'on va proposer. Et c'est pas de la division des Français, c'est pas de l'archage du bouc émissaire, c'est beaucoup plus grand, beaucoup plus haut.

Et ça je suis convaincu que c'est mon rôle, avec d'autres, de faire accoucher ça, quitte à provoquer un peu, quitte à gêner, quitte etc.

7:41
Présentateur

Mais est-ce que vous pensez qu'on peut considérer vraiment Jean-Luc Mélenchon et les gens du front de gauche, qui sont très internationalistes, comme des patriotes ?

7:49
Nicolas Dupont-Aignan

Non, c'est entre les deux, mais en même temps ils ont un bon réflexe quand même. C'est-à-dire qu'ils sont trop internationalistes, mais je pense que parfois c'est une couverture, parce qu'ils sont tellement encore imbibés de pensée unique qu'ils ne peuvent pas l'assumer. Mais ils ont quand même un bon réflexe, par exemple de refuser le traité, je veux dire. Vous voyez, si on cherche toujours les arrières-pensées des uns des autres, on n'aura jamais une majorité.

Et je crois que la grandeur historique, pendant cet été après la campagne, j'ai beaucoup lu, je me suis posé des questions, c'est normal, et je me suis dit que la grandeur de l'histoire, c'est justement d'être visionnaire, d'anticiper. Et moi j'anticipe aujourd'hui, je ne dis pas que je suis visionnaire, je n'ai pas cette prétention, mais j'anticipe un chaos économique, social et politique. Et face à ce chaos économique, social et politique, on a le devoir de sortir de nos boutiques. Ça c'est fondamental. Mais ce n'est pas en termes d'absorption, j'ai été un peu surpris, je vous parlerai franchement, au moins sur le mérite de votre interview, c'est ce qu'on ne dit pas dans les médias.

C'est le but d'Internet. Exactement. Je vais vous dire franchement, j'ai entendu la parole de Marine Le Pen qui dit « Oui, il n'a qu'à venir chez moi, moi j'ai créé le B, je ne sais plus quoi, le Marine, qui vienne chez moi. » Mais ce n'est pas la question. Moi je ne vais pas demander à Marine Le Pen de venir chez nous. Il faut arrêter de raisonner comme ça. Il faut raisonner sur un projet politique. Qu'est-ce qui est un projet ? Quel serait le programme commun des patriotes ? Voilà. Ce serait quoi ? Ça c'est important. Après, qui le portera ? Qui aura l'intelligence de le porter ? Qui aura la capacité ? Ce n'est pas bientôt la même chose d'ailleurs.

Qui sera en position politique de le faire ? J'en sais rien. Mais si déjà on n'est pas capable, nous, avec des gens de gauche, avec des gens de Chevènement, avec des gens de Chevilier, avec des gens de l'UNP, avec des gens du Front National, de se dire « Voilà, c'est comme ça qu'on va sauver la France », à ce moment-là, il ne se passera rien.

9:47
Présentateur

Donc il faut maintenant changer, braquer. Quelque part, en tendant la main vers les gens du Front de Gauche, vous marchez un peu dans les pas du général de Gaulle, qui avait fait pareil avec les communistes. On est un peu dans la même situation. Mais on est pareil. Mais on est pareil. La France est à l'abandon.

10:01
Nicolas Dupont-Aignan

Ça se voit moins parce qu'on n'est pas occupé par des uniformes. Mais on est occupé par des grandes entreprises multinationales. On est occupé par une dérive morale. Marc Bloch a écrit « L'étrange défaite ». Ce n'est pas une étrange défaite aujourd'hui ? Même quand on voit le droit de vote des étrangers, quand on voit le mariage, l'adoption. Le mariage, moi, ça me le demande. Chacun vit comme il veut. Mais l'adoption, ce n'est pas un problème. Enfin, je ne sais pas. On nous fait passer ça comme quelque chose tout à fait normale, ce n'est pas un problème.

Quand on voit que les parlementaires ont une très large majorité abandonner le pouvoir de lever l'impôt et le pouvoir du budget à une autorité supranationale. Mais c'est fou ce qui se passe. Donc, on s'est habitué à cette dérive permanente. Donc, il faut réagir. Et réagir, ça veut dire ne pas simplement être là parce qu'on gère une boutique. Ce n'est pas la question de DLR, ce n'est pas la question du Front National, ce n'est pas la question du Front de Gauche, ce n'est pas la question du chérimentiste. Alors, chacun est dans une logique très à court terme, je trouve.

11:05
Présentateur

D'accord. Vous avez parlé du mariage homosexuel, justement, et sur le découlant de l'adoption. J'aimerais avoir votre avis et votre position sur cette question de société.

11:13
Nicolas Dupont-Aignan

Alors, je sais que sur cette question, moi, je me fâche avec les deux côtés, si je puis dire. Parce que je pense que j'ai une position équilibrée. Ma position équilibrée, c'est que deux personnes du même sexe qui s'aiment ont le droit de solaniser l'humour. Et je comprends le besoin qu'ils ont. Que ça soit sans mérille ou ça ne me gêne pas, si ça ne s'appelle pas mariage. Pour moi, j'avais proposé le nom d'alliance, du miron, d'alliance, je trouvais que c'était un beau terme, d'alliance. Très bien. C'est-à-dire un pacte s'améliorer. Oui. En revanche, je suis radicalement hostile de toutes mes forces morales contre l'idée de l'adoption. Parce que je pense qu'il n'y a pas de droit à l'enfant.

Il y a les droits de l'enfant. Et qu'à partir du moment où on légalise l'adoption, ça veut dire qu'on prive un enfant de la possibilité d'avoir son papa et sa maman. Or, que je sache, un enfant a besoin des deux. Même s'il y a des enfants qui ont le malheur de ne pas avoir l'un ou l'autre. C'est clair. Et qui peuvent être très bien élevés dans un couple homosexuel, bien sûr. Mais il reste que ce n'est pas au législateur de montrer le chemin ainsi. Je veux dire, des cas peuvent exister, mais ce n'est pas pour autant qu'on devrait les généraliser. Et donc je trouve absolument inquiétant cette espèce d'égoïsme qui voudrait que la loi s'adapte à tous les désirs de chaque individu.

Il y a un problème moral derrière ça. Chacun vit comme il veut. Mais en revanche, on n'a pas le droit, je crois, de mettre un enfant dans cette situation. D'ailleurs, on parle beaucoup d'égalité. La première déségalité, c'est l'égalité entre les enfants. Et au nom de quoi on peut imposer ça aux enfants. Voilà. Bref. Dernier point. Le pouvoir de gauche sert de cette histoire du mariage et de l'adoption pour diviser les Français sur des sujets non pas accessoires, mais des sujets sociétaux. Et pendant ce temps-là, c'est la démission économique et sociale.

Et donc on voit très bien la manœuvre des socialistes qui consiste à recréer des sujets de diversion, qui sont importants moralement, mais de diversion pour ne pas qu'on s'occupe du sujet essentiel d'aujourd'hui, qui est le naufrage économique du pays.

13:29
Présentateur

On va parler un peu de laïcité. Marine Le Pen s'est prononcée récemment sur l'interdiction du voile et de la kippa dans la rue. Sur votre compte Twitter, vous avez jugé que cela n'avait aucun sens. Est-ce que vous pensez que la présidente du Front National s'égare dans une sorte d'intégrisme laïque ? Oui, oui, oui. Et ça m'a fait de la peine.

13:49
Nicolas Dupont-Aignan

D'ailleurs, quelques jours après que j'invite au dialogue, j'ai vu immédiatement que les vieux démons du Front National reprenaient. C'est-à-dire, c'est le besoin, malheureusement, de se distinguer à tout prix par une mesure qui, objectivement, est impossible à mettre en œuvre et qui est absurde. Parce que la laïcité, c'est le respect de la liberté de conscience. Et je ne vois pas au nom de quoi on devrait interdire aux Juifs de porter la kippa ou aux musulmans d'avoir un voile, et alors après aux abbés de se promener en soutane. Enfin, c'est un non-sens absolu.

Et je pense qu'il y a suffisamment de thèmes où la laïcité ne s'est pas imposée par l'acheté de la République que Marine Le Pen ferait mieux de se concentrer sur ce qui est faisable et ce qui est souhaitable, à mon avis. Après, on peut avoir un désaccord avec elle. Et notamment, je pense, l'application de la loi sur la burqa, qui a été votée, qui n'est pas appliquée dans notre pays, et qui devrait être appliquée avec la plus grande fermeté. La traçabilité des viandes halales et cachèbres, où il faut qu'il y ait une traçabilité et qu'on voit ce qui se passe dans les abattoirs.

Le fait que les prêches de toutes les religions, sermons, prêches, soient en français, ce que je réclame, notamment pour la religion usulmane, mais pas seulement. Bref, je pense que la République a été faible vis-à-vis des communautarismes, et qu'il faut durcir le ton, bien évidemment, et qu'il faut appliquer les lois de la République. Mais ce n'est pas la peine de faire la surenchère dans un autre sens. Et c'est là où j'aimerais que les patriotes ne soient pas toujours caricaturaux. Comme si, en fait, ils avaient besoin d'inventer des croisades, entre guillemets, pour exister. Mais le premier combat qui est le nôtre, c'est le combat pour la liberté de la France.

Donc arrêtons de polluer ce combat pour la liberté de la France par des fixations qui, certes, amusent la galerie, médiatisent les prises de parole, mais n'aboutissent pas à la crédibilité qu'attendent de nous les Français. Car les Français savent que l'UMP et l'EPS ne sont plus crédibles. Mais ils se disent, les autres, ça sera pareil, dans un autre genre. Eh bien, il ne faut pas. Donc, moi, je demande à chacun, que ce soit Marine Le Pen, Mont... Je vais dire Montaubourg, malheureusement, il collabore pour l'instant. Mélenchon, Chevènement, et puis les autres, puis des jeunes, il n'y a pas que ces personnages, qu'on invente un nouveau patriotisme, débarrassé de toutes ces caricatures.

16:20
Présentateur

— Et au regard de l'histoire et de la culture et des origines de la France, est-ce que vous pensez que la religion chrétienne doit, dans cette laïcité, avoir un traitement particulier ?

16:31
Nicolas Dupont-Aignan

— Non. Elle n'en a pas besoin si on est ferme sur l'immigration, ce qu'on n'a pas été assez. Si on est ferme sur le respect des lois républicaines, c'est-à-dire qu'il n'y ait aucune dérogation, à l'inverse, pour de nouvelles religions. C'est-à-dire qu'il faut bien comprendre que la France est une nation chrétienne, on le sait. Que la République a dompté la religion catholique, au point d'ailleurs qu'on a envoyé les gendarmes dans les congrégations. Donc ça s'est fait brutalement. Qu'on soit pour ou contre, ça s'est fait. Que le pape a respecté l'autorité de la République. Ça a mis des siècles. Les rois ont beaucoup combattu pour ça, pour s'émanciper des papes. La République l'a fait.

Napoléon l'a fait avec la religion juive. Et aujourd'hui la République est à genoux devant certaines tentations communautaristes musulmanes. Pas tous, mais certains. Certains fanatiques, intégristes. Eh bien moi je demande que la République d'aujourd'hui, de 2012, soit aussi ferme que l'a été la République de 1905 face à la religion catholique, que Napoléon l'a été face à la religion juive, c'est-à-dire disent à l'islam de France, on est d'abord français, et ensuite croyant et pratiquant d'une religion. Ça veut dire, et je reviens sur les mesures que je propose, interdiction des financements d'étrangers, interdiction des financements d'étrangers, prêche en français, etc.

17:56
Présentateur

J'aimerais savoir si vous étiez un républicain convaincu, et est-ce que la République est le régime qui convient à la France ? Car je me souviens d'une phrase du général de Gaulle qui disait « La République n'est pas le régime qui convient à la France » et vous revendiquant du gaullisme, j'aimerais savoir si vous étiez convaincu.

18:17
Nicolas Dupont-Aignan

Moi je crois en la démocratie. Et la République c'est une vision plus achevée encore de la démocratie, qui va plus loin que la démocratie. Et je ne crois pas au pouvoir héréditaire. Je me méfie beaucoup du pouvoir héréditaire. Alors que la République soit aujourd'hui devenue oligarchique, c'est un fait. Qu'elle ne soit pas à la hauteur, on le sait tous. Mais, comme disait Churchill de la démocratie, c'est peut-être le pire des régimes et je n'en connais pas de meilleur.

18:44
Présentateur

Donc aujourd'hui je n'en connais pas de meilleur. D'accord, et quelle est votre position vis-à-vis des monarchistes et des artistes ? Il y en a beaucoup qui vous soutiennent. Bien sûr.

18:54
Nicolas Dupont-Aignan

D'ailleurs c'est un compte que M. Renouvin m'ait soutenu pour la présidentielle, et que pour moi, mon mouvement s'appelait Debout la République. Parce que ça prouve qu'il y a une sorte de synthèse qui se fait. D'ailleurs quand on y réfléchit, la République a prolongé certaines tendances de la monarchie. L'État est le cœur de la France. L'État qui symbolise l'intérêt général, normalement. Donc moi je n'ai jamais opposé dans l'histoire de France, République et monarchie, et même empire. Il y a une extrême continuité en fait. Il y a une exception française. Et là aussi, je préfère qu'on défende cette exception française, plutôt que de se chamarier sur le régime qu'il a fait vivre.

Quand la nation est en danger, eh bien on ne regarde pas la couleur des pompiers, on ne regarde pas les convictions des pompiers. Quand la maison brûle, on va chercher de l'eau et on ne regarde pas. Et aujourd'hui, j'ai le sentiment que les pompiers ont des uniformes très différents et se disent avant d'aller éteindre le feu, comment on va faire pour y aller ? On n'a plus le choix, on n'a plus le temps. Et puis après, on reprendra toutes les discussions là-dessus. Mais déjà, défendons l'exception française, c'est-à-dire la liberté du peuple français de mener son destin. C'est ça qui est en cause.

Et si le peuple français souffre autant aujourd'hui, c'est parce que les décisions ne sont pas prises par les représentants du peuple. dans l'intérêt du peuple. Les décisions sont prises par l'étranger, par des forces économiques, culturelles, très dangereuses pour l'intérêt du pays. Et donc il faut réagir. Ça fait 20 ans que ça dure, on voit le résultat. Donc est-ce qu'on peut se permettre encore 20 ans comme ça ?

20:36
Présentateur

Je ne crois pas. Ce qui est important aussi dans une République, c'est l'éducation nationale. Et on voit que la nôtre est aujourd'hui défaillante. Alors j'aimerais savoir ce que vous proposiez pour redresser l'éducation nationale. En gros, c'est très simple.

20:49
Nicolas Dupont-Aignan

J'ai écrit beaucoup là-dessus. C'est d'abord de se concentrer sur la langue française, qui ne maîtrise pas la langue, ne maîtrise pas son avenir. Ça veut dire renforcement des cours de français, passer de 9h à 15h, comme en 69. Il faut revenir aux horaires de 69. Reprendre les programmes qui existaient, les meilleurs étaient vers 1922. D'ailleurs, dans certains cours privés, ils ont repris les programmes de 1922, ce qui veut dire quelque chose. En termes de grammaire, en termes d'apprentissage, l'histoire, ce n'est pas être passéiste. Ce n'est pas être passéiste, parce qu'on va dire « le pauvre réactionnaire, conservateur réactionnaire », pas du tout.

C'est qu'on donne à l'enfant la capacité d'être un citoyen, et non pas d'être un consommateur. Donc, réforme de l'apprentissage du français, rétablissement de la discipline dans l'école, cours de soutien, bourse scolaire pour favoriser le mérite et le brassage des milieux sociaux, développement des internats, voilà, apprentissage. C'est tellement simple, ce qu'il y a à faire. Formation des maîtres, parce que si les maîtres sont plus incultes que les enlèves, ça va commencer à être gênant. Bref, il y a tellement à faire. On sait exactement ce qu'il faut faire. Tout a été écrit. Il y a des enseignants remarquables qui ont tout écrit.

Et nous avons fait un beau projet pour l'éducation nationale. J'allais dire pour l'instruction publique. Et moi, je veux revenir au terme d'instruction publique.

22:11
Présentateur

Cela passe par le français, cela passe aussi par l'histoire. Ah ben l'histoire, bien sûr. Elle est aujourd'hui reniée, relâguée à un rang inférieur. Elle est manipulée. Cela passe aussi par la révision des manuels scolaires. Est-ce que vous pensez justement que cette négation de notre histoire aujourd'hui est un frein à l'assimilation ? Bien sûr. Elle est un frein à l'assimilation.

22:34
Nicolas Dupont-Aignan

Mais vous savez, on est en train, je pense qu'il y a une volonté inconsciente ou consciente, de détruire les nations. Ils veulent détruire les nations parce que les nations sont les seuls remparts aujourd'hui contre un consumérisme matérialiste vide de sens. Donc on veut faire des hommes, des animaux qui ne réfléchissent plus, qui sont des consommateurs. J'ai un animal domestique, un chien. Et un jour, je le regardais quand je lui tenais à manger et je me disais, tiens, en fait, c'est ce dont rêvent certains publicitaires, de nous transformer en animaux. Et encore, je trouve que le chien est très intelligent. Mais c'est-à-dire d'avoir des réflexes pavloviens, c'est incroyable.

Parce qu'on veut enlever la conscience. Mais on n'enlèvera jamais la conscience du cerveau d'un homme. Quand je dis d'un homme, il y a une femme, bien sûr. Et on ne l'enlèvera jamais. Donc notre boulot, c'est de faire appel à la conscience des Français. Et surtout les Français qui sont une vieille nation millénaire et malgré tout, il y a des centaines d'années de conscience politique. Alors aujourd'hui, cette conscience politique paraît éteinte, mais elle ne l'est pas au fond. Dans le cœur des Français, il y a encore beaucoup de protestations et notamment dans la jeunesse. J'ai tout à fait confiance dans la jeunesse française.

23:51
Présentateur

Vraiment. Concernant l'économie, vous avez récemment déposé près de 10 000 pétitions à l'Elysée contre le traité budgétaire européen. Est-ce que vous avez eu des retours par rapport à cette action pour l'instant ?

24:03
Nicolas Dupont-Aignan

On a de plus en plus de signatures. Je sais qu'il y en a aussi à gauche, je sais qu'il y en a au Front National, partout. Il n'y a que 1 000 ruisseaux déversent ce maximum de signatures qu'on réveille les Français. Et je pense que ce sera le tombeau du Parti Socialiste serait fait ce traité européen.

24:20
Présentateur

Malheureusement, ça va être le tombeau de la France qui est quand même gênant. Vous avez aussi appelé à l'annulation partielle de la dette. Alors j'aimerais savoir quelle est cette partie de la dette qu'il fallait annuler et pourquoi ? C'est très simple. On paye des intérêts illégitimes aux banques.

24:36
Nicolas Dupont-Aignan

C'est tout. Donc j'estime que les intérêts, ou du moins une forte partie des intérêts, n'ont pas à être payés. Et qu'il faudra bien à un moment ou à un autre mettre carte sur table. D'ailleurs, on ira tout droit à l'annulation de certaines dettes. Alors il ne s'agit pas de spolier les épargnants, au moins de là. Mais il s'agit de revenir à un passé clair. C'est que la banque centrale du pays finance à 0% les investissements publics. Je parle des investissements. Il faut un équilibre de fonctionnement. Donc il faut un peu de rigueur. Mais les grands investissements doivent être financés à 0% pour qu'on puisse préparer l'avenir. J'ai écrit 150 fois là-dessus.

Vous connaissez mon projet économique. On nous parle d'économie toute la journée. Mais la première économie, c'est les intérêts d'emprunt. Et ça, ils ne le font pas. C'est curieux. C'est très curieux. C'est étonnant. Il faut faire des économies, mais il y a des intérêts d'emprunt, non. C'est absurde. Donc vous savez bien qu'aujourd'hui, on est en train de ruiner des pays comme l'Espagne et la Grèce pour pouvoir payer des intérêts d'emprunt illégitimes à des banques qui se sont accaparées la richesse produite par les peuples.

25:34
Présentateur

Donc votre solution d'urgence, quelque part, c'est d'abroger au plus vite la loi Pompidou-Giscard de 1973 ?

25:40
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, et puis surtout de sortir de l'euro. Parce qu'en fait, la loi Pompidou-Giscard, quand on la regarde bien, permettait des conventions plus restreintes, finançant à 0%. Ce qu'on ne sait pas. Mais c'était la première loi qui a freiné les prêts à taux zéro de la Banque de France. C'est devenu Maastricht. Et surtout Maastricht. Donc il faut sortir de l'euro pour retrouver notre liberté monétaire. Il faut retrouver notre liberté monétaire. Il faut retrouver nos frontières. Et il faut retrouver l'exercice de notre budget. Quand on aura fait ça, on pourra avoir un chef d'État, un Parlement qui enfin gouverne. Et puis après, on discutera de la manière de gouverner.

Mais déjà, il faut retrouver les leviers. C'est comme si vous montez dans une voiture et qu'il n'y a pas de moteur, ni de volant. Qu'est-ce que vous faites ? Vous faites l'unus, vous faites semblant. Les passagers s'en rendent compte.

26:24
Locuteur

C'est tout.

26:25
Nicolas Dupont-Aignan

C'est tellement simple. En fait, plus je réfléchis, plus c'est simple. Je ne vois pas au nom de quoi. C'est un bon sens élémentaire. Retrouver la maîtrise de notre destin, c'est-à-dire notre souveraineté.

26:38
Présentateur

Une petite question pour conclure. Comment comptez-vous agir pour faire renaître le patriotisme aujourd'hui dans notre pays qui est de moins en moins présent ?

26:48
Nicolas Dupont-Aignan

Oui et non. Il est de moins en moins présent officiellement. Mais le cœur des Français bat encore. J'en suis convaincu. Donc, il faut un moment qu'on réveille les Français. Mais je vais vous dire ce qui va réveiller nos concitoyens, c'est la dureté des temps, malheureusement. On ne nous a pas cru quand on le disait. Maintenant que ça arrive, beaucoup de gens viennent nous voir en disant « Ah, vous aviez dit que finalement, vous n'aviez pas tort ». Et certains ont été en avance dans le combat. Je pense à Philippe Séguin, je pense à Philippe De Villiers, je pense à Jean-Pierre Chevènement, je pense à d'autres. Et au jour d'aujourd'hui, les Français commencent à réaliser qu'ils...

Vous savez, c'est comme l'air. Quand on est privé d'oxygène, on découvre que l'air, c'est important. Mais quand on a du bon air, on ne se rend pas compte que l'air qu'on respire, c'est formidable. Donc, voilà. Le peuple français commence à être étouffé et il dit « Mince, ma liberté ! » Mais la liberté, ça y est, elle est partie. Donc, il faut la retrouver. Donc, c'est un boulot gigantesque. Et ce n'est pas plus intéressant que de savoir si on porte une kippa ou pas. Ce n'est pas plus intéressant que de dire « mort au riche » entre nous. C'est ça, l'enjeu. Donc, il va falloir... Mais c'est difficile parce que moi, je le sais, je suis à 2-3% et les autres, ils sont à 20%, à 11%.

Donc, vous dites « Pauve gars, comment il va y arriver ? » Mais je vais vous dire, quand on est une idée juste et qu'on voit précis, « Je suis convaincu qu'on y arrive. » Et qu'à un moment ou à un autre, les Français se diront « Tiens, on préfère un patriotisme tranquille à un patriotisme agité. »

28:13
Présentateur

Voilà. Donc, vous mettez de votre côté votre volonté que vous estimez plus forte que celle des autres ? Pas plus forte.

28:20
Nicolas Dupont-Aignan

Ils ont de la volonté. Ils sont respectables. Je pense qu'il faut aller maintenant à l'essentiel et qu'il faut arrêter les combats sur notre terme. Et sinon, on ne va jamais y arriver. Et il faut y arriver parce qu'on a un devoir. C'est une mission. C'est notre devoir. C'est notre devoir. Et les deux ans qui viennent vont être absolument cruciaux. Donc, voilà. Donc, je tends la main. Je vais peut-être me prendre des baffes, mais au moins, je tends la main. Et puis, on verra la suite.