« Vous avez accepté de conduire ce rouleau compresseur d'injustice et de casse sociale. »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
monsieur le Président Monsieur le Premier ministre mes chers collègues le 9 janvier dernier vous avez accepté la mission que vous a confié Emmanuel Macron à la tête du gouvernement ce jour-là vous avez accepté d'endosser un lourd passif celui d'une politique libéral et réactionnaire mené depuis bientôt 7 ans vous avez aussi accepté d'osser une lourde responsabilité celle de conduire ce rouleau compresseur d'injustice et de casse sociale vos premières semaines à Matignon en sont l'édifiant témoignage des blindés sur les autoroutes une école publique insultée une facture d'électricité qui explose la franchise médicale doublé rien ne semble vous arrêter pourtant je vous le dis les Français sont à bout je ne parle pas des plus riches d'entre eux qui peuvent continuer à s'enrichir sans limite sans scrupule je parle de celles et ceux qui ne peuvent compter que sur leur travail pour vivre et qui galèrent vous ne le voyez pas ou vous ne voulez pas le voir ces Français sont épuisés par la politique que vous menez depuis 2017 vous ne voulez pas voir qu'ils ont élu Emmanuel Macron par deux fois pour faire barrage à l'extrême droite ils ne lui ont pas donné le mandat pour dérouler cette politique de régression les élections législatives et sénatoriales ont déjà sanctionné votre politique la prochaine étape ce sera le 9 juin lors des élections européennes ce contexte aurait dû vous conduire à un réflexe d'écoute voire d'humilité dans votre exercice du pouvoir à privilégier la concertation le dialogue social la réalité est tout autre ne parvenant pas à emporter l'adhésion des Français vous avez fait le choix du passage en force permanent et de l'utilisation draisonné du 49 alinéa 3 pire vous avez démontré que vous étiez prêt à fragiliser notre État de droit pour parvenir à vos fin en feignant de satisfaire les appétits pour ne pas dire les fantasmes de la droite sur la loi immigration vous êtes cyniquement défaussé sur le Conseil constitutionnel vous avez ouvert la voie à la remise en cause de nos institutions et de notre Constitution et je le dis ici jamais je n'oublierai les propos irresponsables tenus par la droite dite républicaine à leur rencontre ces propos m'ont indigné je les condamne avec force comme je condamne la responsabilité du Président de la République dans cette grave dérive ce jeul est dangereux et nous en sortons tous perdants tous sauf celles qui s'en frotent avidement les mains l'extrême droite la même extrême droite qui se réjouit de votre bilan depuis 7 ans qui se délecte de voir nos services publics mis à mal nos corps intermédiaires ignoré la fracturation sociale assumer l'extrême droite qui n'a plus qu'à déambuler sereinement sur le tapis rouge que vous lui déroulez monsieur le Premier ministre je fais partie de ceux qui croient que notre pays peut résister à la tentation brune et nausée abonde de l'extrême droite pas par principe pas simplement par l'attachement des Français à nos valeurs républicaines car les valeurs républicaines on n a rien à faire qu'on n pas quand on n'a pas les moyens de nourrir correctement ses enfants quand on voit que les efforts reposent toujours sur les mêmes je vous en prie retirez vos illères et cessez d'alimenter le Terrot des populistes monsieur le Premier ministre nous sommes ici dans la chambre des territoires vous avez en face de vous des parlementaires en contact permanent avec nos élus locaux des élus locaux qui mieux que quiconque entendent l'amertume des Français qui d'lection en élection voit de plus en plus de leurs habitants qui partent dépit se laissent tenter par le RN ces élus sont aujourd'hui en colère ils sont en colère parce qu'ils sont en première ligne auprès de nos concitoyens qu'ils n'ont pas les moyens de répondre à leurs besoins ils sont en colère parce que l'attente était forte parce que le Président de la République s'était engagé à ouvrir une nouvelle donne territoriale qu'en reste-t-il aujourd'hui depuis votre arrivée au pouvoir les collectivités territoriales ont été considérées par le gouvernement comme une variable d'ajustement des comptes publics chaque jour les élus que je rend compte m'alerte sur les conséquences de votre politique fiscale avec pour seul d'homme la diminution des impôts la suppression de la CVAE en est le dernier exemple plus de transfert de compétences mais moins de moyens les élus locaux sont aussi en colère face à votre immobilisme en matière de décentralisation la loi 3DS censé représenter un nouvel acte en la matière ne fut qu'un rendez-vous manqué comme si l'excès de centralisation n'avait pas montré ses limites de la crise des gilets jaunes à la crise sanitaire notre groupe croit en la force de l'État et des collectivités qui assure l'unité nationale et l'égalité entre les citoyens qu' se trouvve sur l'hexagone ou sur les outres mèes si l'État est garant de ces principes l'état centralisateur ne peut en garantir seul d'efficacité et nous avons des idées d'abord donner une bouffée d'oxygène aux élus indexer la dotation globale de fonctionnement sur l'inflation renforcer la dotation pour l'exercice des mandats locaux et parce que les finances locales doivent être sécurisé nous voulons aller plus loin nous vous demandons une loi de financement des collectivités territoriales elle permettrait de définir de manière plurannuelle les grands enjeux de l'investissement local et d'assurer l'autonomie financière des collectivités territoriales enfin nous voulons un statut pour l'élu cela a été évoqué intimidation violence agression et ce paroxisme extraordinaire du mois de juin dernier avec les révoltes urbaines incandescence qui nous alertent et qui exige des réponses fortes et j'y viens d'abord d'abord remettre la justice au cœur de nos politiques publiqu depuis 2017 les droits c'est pour les nantis les devoirs c'est pour les petits je crois monsieur le Premier ministre que vous ne mesurez pas les conséquences de ce sentiment d'injustice chez nos concitoyens vous ne mesurez pas le malaise et le ressentiment que cela peut provoquer c'est un élu du Nord qui vous le dit d'un territoire que le déclassement conduit au désespoir un désespoir que vos politique continue d'amplifier comment comprendre quand on a peine à boucler ces fins de mois que des multinationales enregistrent des bénéfices records dans les secteurs du pétrole du gaz des transports sans que ces bénéfices ne viennent contribuer à la solidarité nationale comment comprendre que pendant ce tempsl vous augmentez de 10 % la facture d'électricité des Français comment comprendre l'explosion des haut revenus exonéré d'impô sur la fortune les seules réponses que vous apportez ce sont des primes pardonnez-moi monsieur le Premier ministre mais si elles apportent une réponse d'urgence bienvenue pour les Français les plus modestes ces primes sont avant tout du bricolage on ne gouverne pas un pays à coup de rustine qui n'apporte aucune réponse de long terme là encore puisque vous semblez à cours d'idée en voici quelques-unes mettez en place une taxe sur les super profits dans les secteurs de l'énergie des transports instaurer un ISF climatique ou encore rétablisser les impôts de production il s'agit là de répondre à un besoin réel renflouer les caisses de l'État pour financer des politiques publiques pour tous il s'agit aussi d'un signal qui n'est pas que symbolique non les classes moyennes n'ont pas à supporter tous les efforts ces efforts doivent être répartis suivant les moyens de chacun voilà une ambition politique nouvelle car les Français ne demandent pas l'Ô ils demandent de vivre dignement de leur travail Vous vous targuez d'avoir deand d'avoir diminué le taux de chômage mais vous avez augmenté le nombre de travailleurs pauvres vous avez favorisé un marché du travail au service des entreprises sans contrepartie pour les salariés la baisse du chômage ne dit rien des difficultés croissantes de nos concitoyens à se nourrir se loger se chauffer se soigner vous dites vouloir difficile desmicardiser la France mais quel a veu qui est responsable de ce smicardisation quand elle concerne 17 % des salariés français nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude contrairement à vous nous ne proposons pas une nouvelle baisse des charges mais une véritable politique de revalorisation salariale pour chaque citoyen et qu'il soit justement rémunéré une juste rémunération pour mieux vivre et en premier lieu se loger vous n'avez aucune vision pour la politique du logement la dérégulation ne constitue pas une politique Monsieur le Premier Ministre tout le secteur économique de la construction subit une crise sans précédent avec des entreprises et des emplois menacés des élus locaux désarmés en réponse Vous avez sapé le modèle économique du logement social et maintenant vous vous attaquez désormais au fondement de la loi su c'est irresponsable ce que nous proposons d'abord réhabiliter la construction en ville comme en milieu rural et si l'objectif du zan est essentiel il doit être équilibré avec les aspirations des Français et coconstruit avec les élus locaux ensuite repenser la place des collectivités dans les politiques de logement pour permettre l'adaptation locale nécessaire renforcer leurs moyens leur donner des outils propres de régulation favoriser une reprise de la construction de logement avec une maîtrise de l' volée des prix du foncier et la généralisation de l'encadrement des loyers ne serait-ce que dans les zones tendues et enfin réévaluer les APL oui notre pays s'enfonce vers une fracturation de la société qui atteindra bientôt un point de non retour tour et le monde agricole nous en donne une nouvelle illustration la mobilisation des agriculteurs est aujourd'hui une expression flagrante de cette colère qui gronde une colère qui trouve ses origines dans une crise structurelle appelant à des réformes d'ampleur votre gouvernement manque une nouvelle fois d'une vision d'ensemble et d'un projet mobilisateur ce que nous proposons une véritable transition de notre modèle agricole vers davantage de durabilité et de reconnaissance du travail rendu conditions indispensables pour pour offrir des perspectives justes à nos agriculteurs c'est l'objectif monsieur le Premier ministre monsieur le Président de la commission d'enquête que nous réclamons sur la question des revenus agricoles et des relations commercial agroalimentaire il est temps qu'un diagnostic clair précis transparent soit posé sur des pratiques de certains opérateurs économiques afin de mettre fin à un système qui tue à petit feu notre agriculture les annonces que vous avez faites hier et encore aujourd'hui ne sont pas du niveau pour conclure je souhaite évoquer les dizaines de milliers de personnes qui seront demain avec nous à gauche dans la rue pour défendre notre école publique laïque et gratuite car aujourd'hui vous la mettez en danger vous continuez de la fragiliser en supprimant des postes d'enseignant encore 650 cette année comble du cinisme votre Ministre accuse ensuite l'école publique d'être responsable d'une fragilité que vous avez provoqué en fin de compte quel est votre vision pour l'école brandir lestendards du choc des savoirs ne fait pas une politique publique ce qui ronge aujourd'hui l'école c'est l'absence de mixité sociale ce qui ronge notre société c'est le séparatisme dès le plus jeune âge face à cela que proposez-vous vous prenez le retour de l'uniforme à l'école la labellisation d'Emmanuel scolaire et le placement en internat une vision étriquée vieillotte qui ne répond qu'à une seule logique l'autoritarisme plutôt que la pédagogie Monsieur le Premier Ministre hier vous avez affirmé je vous cite que vous voyez davantage de raisons d'espérer que de douter permettez-moi de vous dire Monsieur le Premier Ministre que l'on doute de la place de la France sur le plan international que l'on doute de votre attachement à la démocratie et à nos institutions que l'on doute de votre capacité à assurer notre souveraineté oui que l'on doute de votre gouvernement macrosiste l'illusion macroniste du social libéralisme de 2017 aura duré un printemps aucun enseignement n'a été tiré des multiples crises sociales dans ces deux quinquen le libéralisme antisocial du président de la République ne trompe plus personne vous n'avez fait que semer les graines de la colère qui sont en train de germer sur le terraau de vos choix de société et votre vocabulaire guerrier n'est que le signe avant tout d'une grande faiblesse les relant réactionnaires et la course folle aux alliances opportunistes ont le don non seulement de nous faire douter mais nous oblige surtout à agir pour les Françaises pour les Français notre groupe portera et portera des solutions celle d'un avenir solidaire et durable je vous remercie
Gabriel Attal