Négociations au Moyen-Orient, stratégie de la droite pour la présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de François-Xavier Bellamy
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Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Et bienvenue sur France Info. Merci d'être avec nous. Beaucoup de sujets à voir avec vous ce matin. La crise énergétique évidemment et les réponses du gouvernement. On va parler aussi de politique avec la situation de la droite à l'approche de l'élection présidentielle. Je vois que ça vous fait sourire. Effectivement, il y a beaucoup de choses à dire. Mais d'abord, commençons évidemment avec les dernières actualités. C'est bien sûr au Moyen-Orient qu'elles nous emmènent ces actualités. Troisième jour de cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran. Et cette situation toujours très fragile au Liban, on va en parler.
Déjà, est-ce que ce cessez-le-feu, ces négociations qui s'annoncent sans doute pour ce week-end au Pakistan, vous y croyez ?
C'est difficile de penser qu'elles pourront vraiment conduire à une paix durable. D'abord parce que les deux camps négocient manifestement sur des bases qui sont totalement différentes et même contradictoires. Et donc on peine à voir comment un accord est possible. Et surtout parce que ma conviction profonde, c'est que tant que le régime des Mollahs continuera de prendre en otage le peuple iranien, y compris par la répression la plus féroce et la plus sanglante, le monde ne sera pas en paix. Le Moyen-Orient, mais aussi le monde entier.
Ça veut dire quoi ? Que les Américains, les Israéliens auraient dû continuer à frapper plus fort encore ?
Non, ça veut dire qu'à un certain moment, seul le peuple iranien le pourra. Mais il faudra qu'il se libère enfin de cette oppression effrayante, effrayante pour lui, pour sa liberté. On connaît malheureusement le prix immense qu'a payé le peuple iranien depuis des années maintenant face à ce régime islamiste qui ne s'impose que par la terreur qu'il tente d'imposer à son peuple.
Mais il faudra aussi que ce régime tombe pour que tous les pays qui l'entourent, on va parler du Liban, mais on pourrait parler bien sûr d'Israël, on pourrait parler bien sûr du peuple palestinien lui-même, tous ces peuples qui sont aujourd'hui piégés par l'agenda de mort dirigé depuis Téhéran, puissent en être enfin libérés et à travers eux, bien sûr, la sécurité du monde.
Alors vous le dites, le régime iranien est toujours debout. Téhéran pourrait aussi renforcer son contrôle sur les détroits d'Hormuz. Qu'est-ce que ça veut dire en termes de bilan sur l'intervention américaine en Iran ? Est-ce que c'est une lourde défaite aujourd'hui pour Donald Trump ?
D'abord, encore une fois, il faut se garder de croire que l'épisode est terminé. Et je ne dis pas cela pour m'en réjouir parce que la guerre est toujours un moment terrible de menaces pour des vies civiles, de menaces pour la sécurité du Moyen-Orient tout entier. Mais le fait est que je ne crois pas que la négociation qui s'engage soit le dernier mot de cet épisode de conflit armé. Et d'ailleurs, d'une certaine façon, nous le voyons bien à travers cette question du détroit d'Hormuz. Si ce régime reste en place, nous serons durablement mis en danger.
Nous serons durablement mis en danger par la menace qui le fait peser sur nos économies, sur le commerce mondial, sur la liberté du monde et en particulier sur la liberté de navigation qui est un principe fondamental du droit international.
Attendez, c'est important que je vous dise, pardonnez-moi, parce qu'il s'agit quand même de bien comprendre ce dont on parle. On parlait du détroit d'Hormuz et Mathilde vous a interrogé là-dessus. C'est-à-dire que vous imaginez potentiellement que les négociations n'aboutiront peut-être pas à une réouverture de ce détroit et donc que potentiellement ça pourra continuer, ça pourra faire se poursuivre cette guerre.
Je pense que tant que ce régime sera en place, il continuera de survivre, y compris à l'international, par le chantage. Nous sommes tellement heureux que nos compatriotes français aient été récemment libérés d'Iran, Jacques Paris et Cécile Collère. Mais le fait est que cette tactique de négociation qui consiste à utiliser des otages, elle continuera parce que c'est l'assurance vie de ce régime. Et je le dis parce qu'aujourd'hui, je vois le grand risque que nos diplomaties occidentales, que notre pays s'engage dans une forme de résignation, de reprise des relations normales avec un régime qui ne peut pas laisser s'établir aucune forme de normalité.
Et notre devoir, c'est de continuer à aider le peuple iranien, quoi qu'il arrive à l'issue de cette négociation, de continuer à aider le peuple iranien par tous les moyens possibles, à se libérer de ce régime, à se libérer du totalitarisme islamiste qui pèse sur lui et qui pèse sur nous. Hier, on a rencontré avec Bruno Retailleau, Reza Pallavi, qui est une figure marquante de l'opposition, qui présente aujourd'hui un plan de transition démocratique et qui ne fait pas l'unanimité.
Oui, c'est un choix parmi d'autres, mais c'est vrai qu'il ne s'est pas imposé, il ne fait pas l'unanimité aujourd'hui.
Mais il ne prétend pas s'imposer, il ne prétend pas s'imposer. Et avec beaucoup d'humilité, il dit, aujourd'hui étant l'une des figures la plus connue, la figure la plus connue du peuple iranien en Iran, il dit que sa mission n'est pas de prendre le pouvoir ou de s'imposer, mais de préparer les conditions d'une transition démocratique vers un Iran qui, demain, à travers des élections, choisirait ses propres dirigeants. Et je pense que notre devoir, c'est de soutenir, Reza Pallavi, de soutenir tous les opposants iraniens, de soutenir tous ceux qui sont prêts à préparer une alternative. Et il y a des moyens concrets pour cela.
En tous les cas, je le redis, ne rien faire qui conduirait à faire croire que nous considérons ce régime comme un régime normal avec lequel des relations normales pourraient reprendre désormais.
Alors ce qui s'est passé ces derniers jours, François-Xavier Bellamy, c'est évidemment, ce sont ces frappes israéliennes massives contre le Liban, qui ont visé le Liban. Au moins 300 morts civiles, le bilan est très lourd. Est-ce que vous considérez aujourd'hui que le risque que représente le Hezbollah justifie un tel bilan ?
Le risque que représente le Hezbollah est un risque existentiel pour le Liban et pour son avenir. Et cela, nous le disons depuis très longtemps. Et là encore, même quand la France, malheureusement, cherchait à normaliser le Hezbollah au Liban, le Hezbollah n'est pas une composante normale de la société libanais.
Pardonnez-moi, ce n'était pas tout à fait la question posée. C'est est-ce que... Justifier les frappes. Justifier, enfin frapper, y compris dans des quartiers qui ne sont pas des quartiers qui sont des fiefs du Hezbollah, frapper et tuer plus de 300 civils, ce qui est quand même énorme à l'échelle du Liban, est-ce que la menace du Hezbollah sur laquelle tout le monde s'accorde justifie cela ? Tout le monde ne s'y accorde pas.
Rien ne justifie la mort d'un civil innocent. Rien. Jamais. Et ce serait absolument horrible d'imaginer que quoi que ce soit puisse justifier le fait que des innocents ont été tués dans ces frappes. Mais le fait est que, je le redis, le Liban était en paix, même après le début de la guerre en Iran. Le Liban était en paix jusqu'à ce que le Hezbollah décide de l'impliquer dans ce conflit suicidaire avec Israël, en recommençant à frapper le territoire israélien. Et désormais, et je pense que tous les Libanais qui nous écoutent le savent, désormais, il est parfaitement clair que le Hezbollah n'est en rien une protection pour le peuple libanais. Le Hezbollah est un danger.
Et je crois que ça permet de jeter un regard rétrospectif qui doit être assez sévère sur les errements de notre propre pays à l'égard du Hezbollah au cours des dernières années. Je me souviens avec honte que la France, et je l'avais condamné à l'époque vigoureusement, que la France a soutenu le candidat du Hezbollah pour l'élection présidentielle au Liban. A l'époque, ce candidat avait été reçu à l'Elysée, le candidat de Hassan Nasrallah. Donc maintenant, il faut terminer avec ça. Le Hezbollah est un ennemi du peuple libanais et la France, qui a une telle responsabilité au Liban, doit s'engager concrètement pour le désarmement du Hezbollah d'une manière très opérationnelle.
On doit soutenir ce qui est en train de se passer, les frappes israéliennes. Vous les justifiez ce matin ?
Non, on doit soutenir les forces armées libanaises qui sont les seules forces militaires qui ont le droit de posséder des armes au Liban. Je termine ma phrase. On doit soutenir les forces armées libanaises dont le gouvernement a enfin, avec beaucoup de courage au Liban, décidé qu'elles devaient procéder au désarmement du Hezbollah. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, elles ne le peuvent pas parce que le rapport de force est tellement inégal. Le Hezbollah est une milice. C'est à la fois un parti politique et une milice. Et ces armes ne sont pas utilisées seulement contre Israël. Elles sont utilisées aussi contre tous ceux qui, au Liban, cherchent à se libérer de lui.
Et donc, le rôle de la France, comme de tous les pays européens qui voudront s'impliquer dans cette tâche, c'est de soutenir concrètement les forces armées libanaises pour aller chercher les armes du Hezbollah, désarmer le Hezbollah et l'empêcher désormais de nuire.
Sur l'action que mène Israël, est-ce qu'aujourd'hui, vous considérez que ces frappes sont disproportionnées ou pas ?
Mais encore une fois, je le redis, le grand problème, c'est que... D'ailleurs, le Hezbollah, vous disiez, aujourd'hui, ces frappes, elles sont dirigées vers des populations civiles. Mais le Hezbollah en est le responsable puisque ses dirigeants se cachent dans des quartiers où vivent des populations civiles. Ces forces armées se mêlent aux populations civiles pour s'en servir comme de boucliers humains. Et tous ceux qui parlent en permanence du droit international pour condamner Israël devraient se souvenir que l'utilisation de boucliers humains est prohibée par le droit international. Et donc, ce que fait le Hezbollah aujourd'hui, ce sont des crimes de guerre.
Qu'est-ce que fait Israël ?
Mais Israël, aujourd'hui, se défend. Et je ne dis pas, encore une fois, que les attaques du Hezbollah justifient la mort de quelques civils innocents que ce soit. Je viens de le dire sur votre plateau. Mais le fait est qu'aujourd'hui, le Hezbollah est le seul responsable de ce conflit suicidaire dans lequel il a piégé le Liban. Et c'est une grande chance que, pour la première fois, des négociations puissent avoir lieu entre le gouvernement libanais et le gouvernement israélien. Parce qu'Israël l'a toujours dit et le gouvernement libanais, en place, l'a répété lui aussi, il n'y a pas, en réalité, de conflit entre Israël et le Liban. Il y a un conflit entre Israël et le Hezbollah.
Et c'est pour ça qu'il faut sortir le Hezbollah de cette stratégie dangereuse et mortelle qui consiste à impliquer le Liban dans son propre conflit suicidaire avec le peuple israélien.
François-Xavier Bellamy, venons-en aux conséquences concrètes pour nous en France et notamment les conséquences économiques qui nous intéressent beaucoup et qui intéressent beaucoup celles et ceux qui nous écoutent sur les prix des carburants, conséquences de cette guerre, avec l'idée lancée hier par la présidente du Conseil italien afin de suspendre les règles de déficit. C'est les fameux critères de stabilité, 3% de déficit public. Les suspendre si la guerre venait à se prolonger, ce que d'ailleurs vous semblez dire également ce matin. Est-ce qu'elle a raison, la Première Ministre italienne ?
D'une certaine manière, ça ne nous concerne pas. Parce que nous, nous avons déjà une situation...
On est en procédure pour déficit.
On est très, très, très, très loin de tenir nos engagements vis-à-vis de nos partenaires européens sur la maîtrise de notre dette. La vérité, c'est que nous sommes déjà totalement dans le rouge. Et donc le fait que la règle soit suspendue ne changera pas le fait que nos dirigeants semblent considérer qu'elle l'est depuis très longtemps. Pour nous, notre vrai problème en France, ce n'est pas les règles budgétaires européennes que nous enfreignons depuis des années. Notre vrai problème en France, c'est le danger majeur que représente une crise de la dette.
Et ce qui est très intéressant, c'est qu'on nous a expliqué pendant longtemps que l'argent magique n'était pas un problème, que la dette n'était pas un problème. Aujourd'hui, nous touchons du doigt que ça l'est. Parce que si la France ne peut rien faire pour soutenir les automobilistes, si la France ne peut rien faire pour aider les citoyens qui ont du mal à payer leur carburant, c'est tout simplement qu'elle n'en a pas du tout. Ça veut dire que c'est raisonnable que le gouvernement n'ait pas distribué des chèques à tout va ? C'est même pas que c'est raisonnable. C'est que ce n'est pas possible autrement. C'est-à-dire qu'on a déjà volé à nos petits-enfants tout ce qu'on pouvait leur prendre.
Et maintenant, le grand risque, ce n'est pas seulement qu'on continue de commettre cette injustice monstrueuse, mais le grand risque, c'est que si on va plus loin là-dedans, on va ajouter à la crise économique, à la crise des carburants, une crise de la dette qui serait pour le coup l'apocalypse pour les Français. Et le gouvernement le sait.
Et quand des dirigeants politiques, je pense par exemple à la gauche, aux socialistes, je pense au Rassemblement National, promettent qu'on va encore donner des milliards d'euros aux Français ou qu'en tous les cas, on va conduire l'État en baissant les taxes, parce que c'est de ça qu'on parle, conduire l'État à perdre des milliards d'euros chaque année, à donc aggraver le déficit et la dette, en réalité, on fait des promesses de Gascog. On ment aux Français en leur faisant croire ça.
Ça veut dire que Sébastien Lecornu, qui a prévu de s'exprimer en fin de journée pour tirer les leçons de cette crise énergétique, il doit rester sur sa ligne, ne pas annoncer d'aide supplémentaire pour les Français sur les prix à la pompe.
Il faut certainement aider de manière ciblée les professionnels qui en ont besoin, les pêcheurs, les agriculteurs, il faut aider, je pense par exemple aux aides-soignantes qui roulent énormément, il faut faire des aides ciblées vers les professionnels qui sont dans un besoin existentiel. Mais ensuite, encore une fois, je le redis, dans un pays normal, on devrait pouvoir aider les Français, dans un pays normal, on devrait pouvoir baisser immédiatement les taxes. Et nous, ce que nous défendons, c'est qu'après une alternance, quand on aura baissé massivement la dépense publique, il faudra bien sûr baisser les impôts qui font que les Français sont asphyxiés aujourd'hui.
Mais le problème, c'est que nous ne sommes plus dans un pays normal. Nous sommes dans un pays surendetté, et ça, c'est à nos dirigeants d'en rendre compte aujourd'hui devant toute la société.
Le 8.30 France Info,
Adrien Beck, Mathilde Sirot.
De retour sur France Info ce matin, François-Xavier Bellamy est notre invité, vice-président du parti Les Républicains. On va en parler, vous êtes aussi chef de file Les Républicains au Parlement européen. On voulait dire un mot avec vous sur ce scrutin qui a lieu dimanche en Hongrie. Le Premier ministre Viktor Orban brigue un cinquième mandat. À l'époque, quand il faisait encore partie du PPE, du groupe de la droite européenne, vous lui aviez rendu visite. Est-ce que vous espérez qu'il gagne dimanche ?
Non, parce que malheureusement, Viktor Orban a quitté le PPE, il a quitté notre famille politique de la droite européenne et ça aurait été le début d'une forme de dérive qui fait qu'aujourd'hui, malheureusement, je le constate, c'est une immense tristesse pour nous, mais la Hongrie est devenue, c'est un fait, la porte d'entrée de toutes les puissances qui cherchent à fragiliser l'Europe. Je pense à la Russie, bien sûr, avec laquelle manifestement Viktor Orban le montre d'ailleurs. Il entretient des relations très proches avec Vladimir Poutine.
La même Russie qui attaque l'Ukraine, la même Russie qui menace l'Europe, la même Russie qui est confrontée si souvent qui affronte nos propres forces armées françaises, un peu partout en Afrique, par exemple. Mais ce n'est pas seulement la Russie, c'est aussi la Chine. Vous avez peut-être vu que sous le gouvernement de Viktor Orban, la Chine ouvre une immense usine d'automobiles, BYD, en Hongrie, qui vont déferler sur l'Europe ces automobiles qui auront été fabriquées en Europe, mais en réalité depuis la Chine et au profit de la Chine. C'est aussi la Turquie.
Quand j'ai défendu l'Arménie par exemple il y a quelques années au moment où elle était attaquée par l'Azerbaïdjan et j'étais en Arménie encore il y a quelques jours pour redire notre soutien au peuple arménien menacé par l'Azerbaïdjan et par la Turquie, eh bien la Hongrie de Viktor Orban était le pays qui refusait de condamner cette agression parce que Viktor Orban entretient les meilleures relations avec M. Erdogan. Et donc on voit bien qu'il y a malheureusement à travers la Hongrie une sorte de cheval de troie de toutes les puissances autoritaires qui menacent aujourd'hui l'Europe et je regrette qu'il faille tirer cette conséquence mais il me paraît aujourd'hui impossible
de soutenir ce gouvernement. Vous avez parlé de la situation précisément par rapport à l'Ukraine. Est-ce que ce scrutin peut permettre de débloquer les aides à l'Ukraine ce prêt de 90 milliards d'euros qui est bloqué par le veto hongrois, le veto de Viktor Orban ? Est-ce qu'à l'issue de ces élections soit il faudra que l'Union Européenne mette davantage de pression pour qu'il soit débloqué ou si Viktor Orban devait perdre qu'il puisse que celui qui lui succédera puisse le mettre en place ?
Ce qui compte c'est qu'on puisse retrouver une cohérence européenne forte et cette cohérence aujourd'hui elle est partagée par 26 pays européens sur 27 de toutes les couleurs politiques. Vous avez des gouvernements socialistes comme celui de M.
Sanchez, vous avez le gouvernement de Mme Mélanie qui est de droite et on voit bien qu'à la fin tous ces pays sont d'accord pour s'engager dans une voie commune ils ont des divergences des nuances ils sont tous d'accord pour s'engager dans une voie commune et ce que fait souvent Viktor Orban c'est qu'il utilise son veto qui protège la souveraineté des états membres mais il l'utilise plutôt comme un levier de négociation comme un moyen de paralyser la discussion européenne que comme une manière de défendre la voie de son pays.
Vous avez le sentiment que son possible successeur son adversaire en tout cas Peter Maguiar sera sur une autre ligne là-dessus sur l'Europe ?
Mais Peter Maguiar il est
et d'ailleurs
sur ce prêt nous nous soutenons l'Ukraine simplement pour le situer
pour nos auditeurs il est à peu près sur les idées de société l'économie à peu près pareil il vient d'ailleurs du parti de Viktor Orban mais visiblement il n'est pas tout à fait sur la même ligne sur les sujets européens Ukraine etc.
Peter Maguiar il a rejoint le PPE donc il appartient à cette famille politique de la droite on le qualifierait sans doute en France de conservateur mais en même temps il a une ligne parfaitement européenne et je crois qu'aujourd'hui cette élection elle va être un moment de vérité en effet pas seulement pour la Hongrie mais pour toute l'Europe
Est-ce que ça veut dire pardonnez-moi mais que quand Marine Le Pen va soutenir Viktor Orban à Budapest elle fait fausse route ?
Moi je ne comprends pas ce choix oui je le dis encore une fois quand on voit la proximité que Viktor Orban entretient avec la Russie qui est confrontée je le répète à nos propres forces armées j'ai eu la chance d'être il y a quelques jours avec les équipages de la marine nationale et d'échanger sur la réalité des menaces que notre pays peut affronter aujourd'hui la Russie est un adversaire de la France et elle l'a montré face à nos forces armées françaises sur le terrain en Afrique elle le montre sur les mers et donc voilà aujourd'hui quand on regarde la réalité de la politique de Viktor Orban qui se fait l'allié de tous ceux qui nous menacent je crois qu'il est difficile et je le dis en ayant moi-même soutenu le fait qu'il devait il y a quelques années rester au PPE mais aujourd'hui il faut tirer les conséquences de cette trajectoire et dire que nous ne pouvons pas soutenir une politique qui fait le jeu des puissances qui sont aujourd'hui nos premiers adversaires stratégiques
Venons-en François-Xavier Bellamy avec vous au contexte politique national à la préparation de cette élection présidentielle à la situation de la droite vous êtes accusé là au sein des LR d'être trop complaisant vis-à-vis du rassemblement national alors pour expliquer pour nos auditeurs vous siégez donc au Parlement européen et à plusieurs reprises notamment une motion de censure qui visait Ursula von der Leyen d'autres votes législatifs sur l'immigration vous avez pu voter avec d'autres groupes qui appartiennent à la droite nationaliste souverainiste qui se rapproche notamment du rassemblement national par exemple Jean-François Copé qui fait partie des Républicains que vous connaissez bien dit que vous incarnez le schisme à droite et donc il met en cause cette porosité que vous alimentez entre la droite républicaine et le RN qu'est-ce que vous lui répondez ?
Ecoutez je viens de vous expliquer ma divergence avec le RN sur deux sujets d'ailleurs c'est incident mais sur la question diplomatique qui est la stratégie européenne sur le sujet de la politique budgétaire moi je ne crois pas qu'on puisse aujourd'hui promettre des chèques aux français alors que nos comptes sont à sec maintenant je n'éprouve pas le besoin de me justifier je serais très heureux d'inviter Jean-François Copé au Parlement européen pour lui montrer comment fonctionne la vie de ce Parlement et lui montrer les victoires que nous gagnons au Parlement européen parce que le texte sur l'immigration
le texte sur l'immigration
auquel fait référence Jean-François Copé c'est un texte que nous avons porté que j'ai porté au nom de mon propre groupe c'est un texte qui a été défendu par une commission européenne qui appartient à notre famille politique qui a été soutenue par tout mon groupe et si le Rassemblement National a voté en faveur de ce texte en effet c'est parce que ce texte permet d'apporter enfin des solutions sur les questions migratoires ces solutions que tous les français attendent que tous les européens attendent et donc moi je ne vais pas m'excuser que la ligne que je défends soit aujourd'hui soutenue par d'autres forces politiques qui sont contraintes de se rendre à l'évidence c'est nous qui apportons les solutions dont les européens ont besoin et permettez-moi de dire une dernière chose j'ai beaucoup d'estime pour tous ceux qui s'engagent dans ce débat et moi je serai toujours du côté du collectif et je ne passe pas mon temps à attaquer mes propres mes propres alliés politiques mais le fait est que je pense qu'il faut regarder ce débat avec beaucoup d'humilité Jean-François Copé comme ceux qui parfois nous font ce reproche il a commencé sa carrière politique avec une droite qui était hégémonique dans le pays le RPR a eu toutes les responsabilités et lui a exercé toutes les responsabilités y compris celles de président de cette famille politique quand il a commencé sa vie politique le Rassemblement National le Front National à l'époque était un petit parti aujourd'hui ce parti est à 40% dans certaines enquêtes d'opinion
donc il faut travailler avec eux
non je ne dis pas du tout ça je dis qu'il faut peut-être vous dites qu'il n'a pas fait le travail je dis qu'il faut peut-être regarder avec un peu plus d'humilité le bilan et quand de toute évidence ça n'a pas marché s'y prendre un peu autrement moi ma conviction profonde
ça ne veut pas s'y prendre autrement François-Xavier Bellamy vous nous avez donné vos divergences mais est-ce que ça veut est-ce que ça veut dire finalement si on n'est pas hypocrite c'est non jamais on travaille avec le RN ou bah oui il y a quand même des sujets où il faut être lucide ils ont un poids législatif ils sont représentés dans des parlements donc pourquoi pas allons-y
on va avoir une compétition électorale dans un an et moi je crois ma conviction profonde que dans cette compétition électorale notre rôle c'est d'assumer une ligne claire la ligne d'une droite qui s'assume le RN dit répète matin, midi et soir qu'il n'est pas un parti de droite dont acte c'est pas si vrai c'est vrai pour Marine Le Pen c'est moins vrai pour Jordan Bardella jusqu'à preuve du contraire Marine Le Pen est la candidate de ce parti à l'élection présidentielle et a priori sa figure majeure je pense que c'est un fait et donc mais c'est pas seulement une question d'ailleurs de récit c'est une question de proposition quand le RN propose de continuer avec la politique d'échec qui a ruiné le pays depuis maintenant 15 ans de gouvernance socialiste avec François Hollande puis Emmanuel Macron moi je pense qu'il faut combattre le socialisme partout y compris au RN et je crois que notre devoir c'est d'incarner une alternative et c'est ce que nous allons faire et ma conviction profonde c'est que quand la droite est fidèle à sa responsabilité quand elle propose des solutions qui fonctionnent quand elle a un programme capable de convaincre les français alors le RN sera moins fort
qu'il ne l'est aujourd'hui l'alternative de la droite ça peut être une candidature unique du centre et de la droite on voit qu'il y a de plus en plus de voix qui se positionnent en faveur d'un rassemblement y compris chez LR qu'est-ce que vous en pensez ?
mais moi je crois au rassemblement de tous les électeurs qui veulent l'alternance pour le pays et donc il faut évidemment rassembler largement il faut rassembler largement mais rassembler ça ne veut pas dire se diluer et surtout ça ne veut pas dire se compromettre avec ceux qui ont mis le pays dans la crise où il se trouve aujourd'hui en 2027 les français vont chercher une alternance au macronisme et certainement pas une continuation
c'est terminé merci François-Xavier Védamy
heureux députés Les Républicains d'avoir été avec nous ce matin
merci Mathilde Sirop
François-Xavier Bellamy