Éric Zemmour, le Poutine français ? - C à vous - 16/02/2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
En début de campagne, vous avez souvent cité De Gaulle ou Napoléon, mais parmi les leaders contemporains, celui sur qui vous portez le regard le plus élogieux, ce n'est pas Trump, c'est Vladimir Poutine. Question de Caroline Roux, c'est dans l'air qu'elle vous a consacré dans cette crise ukrainienne. Faut-il fixer des limites à Poutine ?
On ne fixe pas des limites à Vladimir Poutine. Vous voyez, c'est un chef d'État, un grand chef d'État, dirigeant d'un des plus grands pays de la planète. Il est très respectable, il faut le respecter.
Un grand dirigeant respectable pour lequel vous aviez confié votre admiration, je me souviens, c'était sur ce plateau juste après l'addiction de la Crimée. Mieux encore, il y a trois ans, c'est Poutine qui sort quand Nicolas Béthoud, l'opinion, vous demande de citer un homme dans le monde qui dirige et défend bien son pays.
Je dirais que Poutine ressemble beaucoup, il aurait pu être français, vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire qu'il prend un pays qui a été un empire, qui a été une grande puissance, et qui est un empire en déclin, et il essaye de le redresser. Vous rêvez d'un Poutine français ? Oui, j'en rêverais.
Le rêve d'un Poutine français. Donc ma question, c'est pour quoi faire ? Pour sa pratique démocratique, sa façon d'emprisonner ou de faire assassiner ses opposants, pour sa réussite économique, le pays est plutôt en ruine, pour sa verticalité, son militarisme, qu'est-ce qu'un Poutine français pourrait apporter à la France ? D'abord, Poutine est russe, ça ne vous a pas échappé.
C'est pour vous parler d'un Poutine français. Bien sûr, on m'a posé la question. Donc moi, vous savez, j'ai l'honnêteté de répondre. Ça me joue parfois des tours, mais c'est comme ça, je pense que les Français apprécient. Donc Poutine est russe, donc il n'est pas français. Ce que j'ai voulu dire, c'est que Poutine est un homme d'État, un patriote. Un patriote, j'y tiens, un patriote, qui aime son pays et qui défend son pays et qui ne met pas au-dessus de son pays des considérations idéologiques, politiques, chimériques, une Europe fédérale, etc., ou les droits de l'homme, etc. – Les autres dirigeants sont moins patriotes ? – Beaucoup de nos dirigeants sont moins patriotes, oui.
Pour moi, Emmanuel Macron n'est pas patriote. Voilà, si vous voulez que je parle clairement. – Mais qu'est-ce qu'il met au-dessus du pays, alors, Emmanuel Macron ? – L'Europe, il veut une Europe fédérale, il veut former les États-Unis d'Europe. Pour moi, ce n'est pas être patriote. Donc, Poutine a pris son pays, je vous le rappelle, quand il était au bord de la ruine, et pas seulement de la ruine, qu'il était en train d'être dépecé par les Américains, par tous les Occidentaux, que, vous savez, il y avait une boutade à l'époque en Russie, puisque vous parliez de démocratie, qui disait, tu es pour le peuple ou tu es pour la démocratie ?
La démocratie était associée à la corruption, à la dérilection, à la ruine de l'État. Les retraités russes ne touchaient pas leur misérable retraite. – Dans la brève histoire des élections libres en Russie. – Je ne vous le fais pas dire. Donc, voilà, après, il fait, avec ses moyens, avec sa volonté politique, il a montré quand même qu'une grande puissance pouvait redevenir une grande puissance avec une grande politique étrangère et une puissance militaire.
– C'est la force, c'est la puissance que vous…
– Non, c'est la grandeur. Vous savez, le général de Gaulle, est-ce que vous considérez que le général de Gaulle n'était pas soucieux de la puissance française ? – Il avait d'autres pratiques démocratiques. – Non, mais on est en France, encore une fois, Patrick Cohen. Ne comparez pas la France et la Russie. Je ne vais pas adopter les méthodes démocratiques de la Russie. La Russie n'est pas la Suède. Vous n'en ferez pas une sociale démocratie à la suédoise. Donc, la France est la France. Elle a des pratiques démocratiques, évidemment, que je fais miennes, parce que je suis français. Et le Poutine est russe. Donc, il est, il est, il est comme il a toujours été.
Les Russes sont un peuple qui n'est pas les Français. Les Russes sont un peuple qui n'est pas les Français.
Éric Zemmour