LAURENT JACOBELLI : « L'État a abandonné la France du travail ! » (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:03OuverteRéponse directe
Comment peut s'exprimer la colère ?
- 1:29OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'un certain nombre d'électeurs vont se dire que le pays est mal géré ?
- 3:10RelanceRéponse directe
N'avez-vous pas la crainte d'une rébellion populaire style gilet jaune ?
- 4:48OuverteRéponse directe
Pourquoi les prix en Espagne sont moins chers qu'en France ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Quelles sont les causes de l'augmentation des prix de l'essence ?
- 7:48RelanceRéponse directe
Est-ce que Total et les autres profitent de la crise ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueChiffre
« 50% au minimum du prix du litre aujourd'hui, ce sont des taxes, les taxes sur les assises ou la TVA. »
- 0:41Invité politiquePromesse
« Il faut entendre les Français et baisser la TVA, comme nous le demandons avec Marine Le Pen. »
- 3:55InvitéChiffre
« L'INSEE a mesuré le poids que représentent, dans le budget des ménages modestes, les achats de carburant. Il y avait, en 2021, à une époque où le prix de l'essence était beaucoup plus faible, 10% des ménages français possédant une automobile qui dépensait plus d'un mois de revenu en carburant. »
- 8:11Invité politiqueFait
« Il y a deux types de sur-profits, ceux qui sont dus à un investissement, à des engagements, à des brevets, qui sont dus à une action volontaire de l'entreprise, et là il ne faut pas y toucher. »
- 8:33Invité politiqueFait
« Si par un fait de guerre, des gens gagnent plus d'argent, sans rien faire d'autre que de voir passer les missiles, alors oui, on peut envisager sur cette partie-là précisément, une contribution de ceux qui ont bénéficié d'une situation dont ils ne sont pas à l'origine. »
- 8:50Invité politiqueFait
« Depuis des années, on leur dit, on va éloigner les centres de soins de chez vous, on va mettre dans les villes, c'est plus pratique. »
- 9:14Invité politiquePromesse
« C'est pour ça, c'est un point de désaccord, que je pense que la baisse de la TVA de 20% à 5,5%, comme le propose Marine Le Pen, est utile. »
- 9:32Invité politiqueChiffre
« Les recettes de TVA au premier trimestre 2026 sont supérieures à 2025. Parce que les Espagnols continuent à consommer, et que parce qu'ils consomment, les entreprises continuent à produire. »
- 15:31Invité politiqueChiffre
« Depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, 2017, la pression fiscale a augmenté de 270 milliards par an, les dépenses de l'État ont augmenté de 500 milliards par an. »
- 20:42Invité politiqueFait
« Aujourd'hui nous sommes le pays le plus taxé. Est-ce que nous sommes le pays en meilleure santé ? Bien sûr que non. »
- 21:11Invité politiqueFait
« On est arrivé à un moment où l'impôt tue l'impôt, la phrase est célèbre mais elle est malheureusement vraie. »
Temps de parole
- Invité27 %
- Laurent Jacobelli26 %
- Invité 213 %
- Invité 312 %
- Présentateur12 %
- ?6 %
- Invité 43 %
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Laurent Jacoboli. Mais ce qui se passe est profondément injuste. Vous avez des Françaises et des Français qui se réveillent le matin, qui vont travailler et qui aujourd'hui gagnent moins d'argent après avoir payé leur plein d'essence que ceux qui ne travaillent pas. On est arrivé dans une situation où l'État a abandonné les Français. On oublie de dire que quand le prix du litre augmente, le premier
qui
touche de l'argent, c'est l'État. 50% au minimum du prix du litre aujourd'hui, ce sont des taxes, les taxes sur les assises ou la TVA. Et on a des Français aujourd'hui qui ne peuvent plus finir la fin du mois, même s'ils travaillent, même s'ils bossent dur. Et un État en face qui dit qu'on ne peut rien faire. Eh bien, il y a une urgence, une urgence du court terme, une urgence de la fin, une urgence de la fin de mois. Et là, il faut entendre les Français et baisser la TVA, comme nous le demandons avec Marine Le Pen. Et puis, il y a aussi le moyen et le long terme.
Parce qu'aujourd'hui, les hydrocarbures, on est parti pour durer un petit bout de temps, puisque certains ont détruit le nucléaire. Et donc, il faut trouver des solutions. On ne lâchera pas les Français en race campagne. Sinon, évidemment, ils seront très inquiets et probablement très en colère.
Comment peut s'exprimer la colère ? Il n
'y
a pas de référendum sur ce sujet-là ?
Il
y a des soupapes, comment ? Le vote, c
'est
la plus saine des colères. Personne ne veut une révolution, personne ne veut de la violence. Bien sûr, si les Français descendent dans la rue, il y aura probablement des motifs, parce que le pouvoir d'achat décroît, que malheureusement, la pression fiscale est toujours aussi importante, et que les perspectives économiques ne sont pas bonnes. Est-ce que ça va arriver
?
Sophie
de Menton, vous
représentez une voix plutôt conservatrice ici. Est-ce qu'un certain nombre d'électeurs vont se dire, après tout, le pays est si mal géré, peut-être qu'il sera mieux géré avec soit le RN, soit les FI, qu'il ne l'est par des gens qui ont l'air apparemment très convenables et respectables, mais qui ne sont pas de très bons gestionnaires
? C
'est très étrange. D'abord, je ne pense pas que les gens iront dans la rue, parce que leur colère se focalise complètement contre le politique. Et comme évidemment, on ne parle que de ça, et qu'on voit des hommes politiques toute la journée... Sans
vous, Vané, vous n'êtes pas beaucoup allé dans la rue vous-même, Sophie de Menton, vous n
'avez pas fait beaucoup de manifs?
Pardon, je retire, voilà.
J'avais des
préjugés, je retire tout de
suite. Je suis
allée dans la rue, et figurez-vous que je suis même allée dans la rue avec la CGT une fois. Bravo. Enfin, bravo. C'est inattendu, disons. Et donc, je ne suis pas conservatrice, je suis libérale. Ce n
'est
pas du tout conservateur, je tiens à préciser. Je pense qu'ils n
'y
auront pas dans la rue. Je pense qu'ils sont fous de rage contre l'État. Je pense que... Alors, côté positif, c'est l'année des entreprises. C'est-à-dire qu'ils ont beaucoup plus confiance dans leurs entreprises que dans l'État, et que dans les politiques. Et d'ailleurs, ils ont tort, parce qu'ils aimeraient même que... Il y a eu un sondage, ils aimeraient même que la France soit dirigée par un patron, ce qui est une mauvaise idée. Mais je crois que cette situation, elle est terrible par rapport à tout. Et puis, alors, bonne nouvelle aussi, parce que finalement, il y
a
des bonnes nouvelles, c'est qu'autrefois, on nous a accusés indéfiniment d'être responsables du pouvoir d'achat. On n
'en
payait pas assez nos salariés, c'était de notre faute, etc. C'est fini. Ils ont compris. Les salariés ont compris que les patrons ne pouvaient pas les augmenter. Ils sont dans le même bain. Donc, moi, je vois dans cette prise de conscience quelque chose de très nouveau. On ne connaissait pas.
Question de nos téléspectatrices, téléspectateurs, internautes aussi. Première question, Emmanuel de Bucseuil, bonsoir. N'avez-vous pas la crainte d'une rébellion populaire style gilet jaune ? Et lui, il monte encore les prix, il dit x10.
Non, x10. On peut se dire quand même, enfin, c'est vrai que tout dépendra du niveau de l'essence, mais il y a un exutoire naturel à la colère bientôt, avec des élections
présidentielles.
Donc, probablement, ça augmente le seuil de déclenchement. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est que, justement, les gilets jaunes, c'était une réduction à une augmentation des taxes décidées par le gouvernement. Là,
les gens ont compris
que c'est ça, que ça n'était pas le cas. Juste quelques chiffres, Darius, qui sont très intéressants, qui ont été donnés hier par l'INSEE. L'INSEE a mesuré le poids que représentent, dans le budget des ménages modestes, les achats de carburant. Il y avait, en 2021, à une époque où le prix de l'essence était beaucoup plus faible, 10% des ménages français possédant une automobile qui dépensait plus d'un mois de revenu en carburant. Et l'INSEE a calculé ce que ça serait aujourd'hui. Donc, avec les prix de 2026, il dit que
c
'est le double. Ça veut dire qu'aujourd'hui, en France, vous avez un ménage sur cinq qui dépense plus d'un mois de revenu en carburant. Et c'est davantage en zone rurale, bien évidemment, où on n'est pas loin d'un ménage sur trois. Et avec le diesel, qui est un problème phénoménal. On est 97% des voitures en diesel et ça coûte encore plus cher. Donc,
on
a... Parce qu'on a fait une fiscalité sur le diesel qui était avantageuse. Donc, tout est conjugué pour, effectivement, que... Et
on passe
par Stécie à la pompe à essence. On joue le jeu des questions tous azimuts, effectivement. Celles des téléspectatrices et des
spectateurs. On vient peut-être aux solutions, parce que... Si on
pense que le gouvernement fait mal, on va aux solutions aussi. Stécie, vous avez une question
? Il y a d'autres
choses à proposer. Allez-y, Stécie.
Oui,
bonsoir. Donc, du coup, j'ai une question. J'aurais voulu savoir pourquoi les prix en Espagne, par exemple, sont moins chers qu'en France. Et la cause, du coup, de ces prix qui sont complètement différents.
Éric Coquerel, gouvernement de gauche
en
Espagne, c
'est
chez vous, presque. Le gouvernement de gauche en Espagne, il a surtout, effectivement, joué sur une baisse des taxes. Voilà, c'était clairement ça. Bon, moi, je pense que ce n
'est
pas la solution, parce que, quelque part, on se trompe de responsable. Moi,
tout
à l'heure, on disait, comment va s'exprimer la rébellion populaire ? Alors, elle va s'exprimer dans les urnes, incontestablement. Et nous, on espère qu'elle va s'exprimer pour nous. On essaie de le construire. Maintenant, attention, parce qu'à un moment donné, la supportabilité pour les Français en termes de pouvoir d'achat, personne ne peut dire s'ils attendront patiemment les urnes pour exprimer quelque chose. Donc ça,
c
'est une première réaction. Mais nous,
en tout
cas... Comment ?
Qu'est-ce
que ça pourrait être, avant les urnes ? Ce n
'est
pas moi qui fais une mobilisation sociale.
Mais
personne n'attendait les gilets jaunes. D'accord ? C'est venu. Personne n'attendait... Qui nous dit qu'il ne
veut
pas y
avoir
des mobilisations sociales par rapport aux pouvoirs d'achat qui vont être importants ? Bientôt, là, en ce moment, il y
a
une grève des pompiers. Alors vous me direz quel rapport ? Il y
a
un rapport. C'est que, par exemple, en termes de ce que devraient avoir les pompiers, en termes de matériel humain, etc., vis-à-vis des incendies, vous voyez bien qu'il
y a
une colère qui s'exprime parce que ça fait des années qu'on ne met pas les moyens nécessaires sur ces questions. Donc je ne sais pas par où ça peut venir, mais je ne répondrai pas aussi facilement. Il y a les élections. Mais par contre, nous, notre rôle responsable politique, à partir du moment où je suis d'accord, on estime que le gouvernement ne fait pas ce qu'il faut faire, c
'est
de poser des solutions. Or, aujourd'hui,
vous
demandiez d'où venait l'augmentation des prix. Est-ce que vous savez que depuis janvier, et plus particulièrement depuis juillet, ce qui augmente considérablement le prix de l'essence, ce n
'est
pas la question de l'approvisionnement, ce n
'est
pas la question du prix du baril, c'est le fait que les marges des raffineurs ont été multipliées par 4. Alors
qui sont les
profiteurs d'après vous ? Justement, je vous le dis, Total, qui a fait 25 milliards de bénéfices sur le premier sommet, c'est-à-dire plus de 30% de plus que l'an dernier, et qui notamment, ici en France aussi, justement au niveau des raffineries en France, Madame de Menton, et qui par exemple, sur les raffineries, d'accord, a une marge de x4, qui fait que par exemple, presque toute l'augmentation des prix que vous avez à la pompe, or, la question des taxes, il montre proprement...
Alors réaction là
-dessus.
Elle est due à
l'augmentation
des marges des raffineurs, ce qui explique, je termine là-dessus, pourquoi nous on pense plutôt qu'il faut aller bloquer les prix au niveau des raffineurs aujourd'hui. Moi je préfère que Total paye plutôt que la collectivité ou nos concitoyens, pour faire en sorte de ramener le carburant à un prix plus modeste, et ça permettra en plus d'éviter ces spéculations qui sont l'explication majeure, et la recherche de rentabilité des compagnies pétrolières, à ce qui se passe depuis ce qui s'est passé à Hormuz, beaucoup plus même
que... Alors réaction là-dessus,
sur les profiteurs de
guerre, d'après... Pourquoi Total, parce que c'est Total, parce que c'est Total... J'aimerais répondre sur les mesures... Oui, mais d'abord là-dessus, sur
la...
C'est très
simple. Question à tous sur ce plateau, est-ce que oui ou non, parce qu'à chaque fois c'est débattu, est-ce que oui ou non, Total et les autres profitent ? Bon,
je vais vous faire une réponse générale, je ne
vais
pas mettre une cible dans le dos d'une société en particulier, qui
rapporte beaucoup d'argent à la France,
une des entreprises qui fait des bénéfices et qui crée de l'emploi, et qui a un rayonnement international, mais je vais quand même vous répondre.
Et
qui aident les Français
?
Je ne vais pas fuir la question. Il y a deux types de sur-profits, ceux qui sont dus à un investissement, à des engagements, à des brevets, qui sont dus à une action volontaire de l'entreprise, et là il ne
faut
pas y toucher, parce qu'on est là pour encourager l'innovation, encourager l'emploi, encourager les entreprises. Si par un fait de guerre, des gens gagnent plus d'argent, sans rien faire d'autre que de voir passer les missiles, alors oui, on peut envisager sur cette partie-là précisément, une contribution de ceux qui ont bénéficié d'une situation dont ils ne sont pas à l'origine. En revanche, il faut un électrochoc pour les Français, parce que mettez-vous à la place des classes moyennes, des classes populaires, de la France rurale. Depuis des années, on leur dit, on va éloigner les centres de soins de chez vous,
on
va mettre dans les villes, c'est plus pratique. On va fermer des gares parce qu'il faut faire des économies. Mais attention, si vous utilisez votre voiture, vous polluez, vous êtes des méchants, alors on va vous taxer. Aujourd'hui, ils sont dans la nasse, c'est-à-dire que pour se soigner, pour amener les gamins à l'université, et même pour aller travailler, ils ont besoin de la voiture. Et on leur dit quoi ? Achetez une voiture électrique à 40 000 euros, sinon franchement vous n'êtes pas à la hauteur. Eh bien, ce discours n'est plus audible, il faut aider immédiatement les Français.
C'est pour ça, c'est un point de désaccord, que je pense que la baisse de la TVA de 20% à 5,5%, comme le propose Marine Le Pen, est utile. Regardez ce qui se passe en Espagne. Pour le coup, on ne peut pas m'accuser de complicité idéologique avec le gouvernement espagnol. On nous avait
dit,
vous allez voir, la baisse de la TVA, ça va être la faillite des comptes publics. Les recettes de TVA au premier trimestre 2026 sont supérieures à 2025. Parce que les Espagnols continuent à consommer, et que parce qu'ils consomment, les entreprises continuent à produire,
et parce qu'elles produisent, il y a des recettes de TVA. Alors attendez, vous faites
réagir Stécie, on repasse par vous. Stécie, est
-ce
que vous êtes convaincue par ce que vous avez entendu à la seconde, des deux politiques
?
Pas trop. Moi j'attends vraiment une réforme qui soit concrète et visible pour tous les consommateurs. Donc j'aimerais savoir, quel que soit le parti politique, qu'est-ce qui va être réellement mis en place dans votre programme, que ce soit LFI ou RN, est-ce que vous avez une lignée, un projet qui soit concret pour les prix de l'essence ? Moi je vous réponds, en 90... Exactement. Je vous réponds, je réponds à Tracy,
c
'est ça Tracy ? Stécie. Stécie, pardon, excusez-moi.
C
'est Stécie. Excusez-moi. Je réponds, en 90, il y
a
eu des mesures de blocage des prix, voilà, qui n
'ont
pas empêché l'air total de continuer à faire des bénéfices, et qui a fait en sorte qu'on puisse cesser d'avoir cette espèce de spirale vers l'augmentation. Nous on propose de faire référence au même code du commerce pour aller bloquer des prix, non pas au niveau de la distribution, parce que là on va nous dire à juste titre que par exemple ceux qui sont des distributeurs mais qui ne sont pas des raffineurs, en réalité ne pourront pas assumer ce blocage des prix, mais au niveau de ceux, je le répète aujourd'hui, ça peut peut-être déplaire, mais c
'est
la réalité. Moi je veux bien que Total fasse le bonheur des Français. Ce que je sais,
c
'est que dans la crise actuelle, ceux qui font des bénéfices mérifiques, qui sont entre guillemets des profiteurs de crise, qui a largement été dû d'ailleurs, fait au nom du pétrole, c'est l'entreprise Total, et que je pense que c'est mieux qu'elle contribue elle, que la question des impôts. Pourquoi ? Parce que si on baisse la TVA, on baisse les recettes, il ne vous a pas échappé qu'on a des déficits, et que donc on baisse les moyens de l'État, les moyens de l'État, je le rappelle, c'est aussi les moyens de la collectivité. Donc je préfère faire
en sorte de penser le bonheur des bénéfices de l'État, que d'aller à la discussion, M. Coquette. Ce n'est
pas un cours magistral. Mademoiselle,
madame, je vais vous répondre.
Pour avoir une baisse immédiate, il faut baisser la TVA, je vais vous donner un exemple. Si
notre mesure
est appliquée, et qu
'on
passe de 20 à 5,5%, le litre d'essence passerait immédiatement à 1,83€. Je crois que c'est efficace. Le gel des prix, cette forme un peu soviétique, de gestion de l'économie française, ça aurait deux impacts.
Le premier,
c'est que ceux qui produisent du pétrole iront voir ailleurs, et la France ne sera plus distribuée. Deuxièmement, ce qu'a oublié de vous dire M. Coquette, mais j'ose imaginer que c'est un oubli, c'est que le gel des prix en France ne peut avoir une durée maximum que
de 6 mois.
Que de 6 mois. Et donc dans 6 mois, vous vous retrouvez avec la même solution. Nous, notre solution, elle est pérenne, parce que malheureusement, le coût des hydrocarbures dans la situation géopolitique internationale ne baissera pas de lui-même. Il faut un coup de pouce de l'État.
Écoutons toutes les voix ce soir. Regardez, lisez ce que dit Dominique Schoelcher, grand vigueur de la distribution, qui fait la leçon au consommateur en disant « Consommateur, attention, vous n'êtes pas cohérent, vous ne voulez pas acheter des tomates, par contre vous voulez acheter des iPhones chers. » Je vous lis ce que dit Schoelcher. « Kilo tomate prend quelques centaines, fait scandale. Un smartphone qui dépasse les 2000 euros fait rêver. Je crois que c'est le nouveau smartphone qui coûte très cher. Est-ce qu
'on
ne marcherait pas un peu sur la tête ? » dit Schoelcher. Le parallèle est saisissant quand on regarde l'historique des prix de l'iPhone depuis 2007, de 520 euros à son lancement, à près de 2500, etc. En revanche, lorsqu'il s'agit de rémunérer dignement un producteur, ça déclenche un débat national. Il est grand temps de nous interroger sur ce qu'il y
a
réellement de la valeur dans notre quotidien. Est-ce que vous prenez cette leçon de morale ? Oui.
J'apprends un peu, parce que tout le monde est responsable. Ce qui est extraordinaire, c'est que là, on parle de taxer et de bloquer.
Les
dépenses
de l'État... Mais attendez,
un
peu
de temps. Le consommateur est libre, c
'est
un marché libre, c'est pas un marché planifié.
De quel
droit un monsieur vient dire qu'il doit avoir un salaire confortable ? Michel Schoelcher dire « Attention, quoi, vous osez acheter des
consommateurs
sans libre
? » Les consommateurs doivent aujourd'hui être partie prenante.
On ne peut
pas les considérer comme des gens passifs. Je veux dire que par exemple, dans les entreprises, on est en train de prendre des abonnements à Blablacar, on est en train de faire du covoiturage, il faut qu'ils diminuent leur consommation d'essence, parce que c'est pas possible, et qu'il y a aussi une responsabilité de ce côté-là. Mais ce que je trouve extraordinaire, c'est qu'on parle de bloquer les prix, d'imposer plus, les super profits sont toujours super, et que les dépenses de l'État, on n'a pas regardé une seconde. Il n
'y
a rien qui n'a été fait, c'est une honte. Et les Français le savent et sont outrés. La seule chose qu'on nous a lancées en pâture, les bras m'en sont tombés, c'est le salaire des ministres. Alors là,
il
y a les ministres, et les salaires des ministres, d'un coup, c'était pour faire plaisir probablement aux Français qui n'ont évidemment pas les mêmes salaires. On n'a pas parlé, en revanche, de tous les inventaires de la nature, des parcs de voitures, de chauffeurs de voitures, dans tous les ministères, qui sont pléthoriques. Et donc, on est, l'État, taxe partout, on cherche où taxer.
Non,
honnêtement, la comparaison de Dominique Schulcher m'étonne un peu, parce qu'il y a ce qu'on appelle les dépenses contraintes. Voilà, l'alimentation, vous n'avez pas le choix de vous alimenter ou pas. Il faut le faire, pour vous, pour votre conjoint, pour vos enfants. Et les tomates, évidemment, c'est un produit de base. L'iPhone, vous avez toujours la liberté de trouver un modèle moins cher, qui sera peut-être moins efficace, on ne
sait
rien, enfin, qui vous permettra de remplir les fonctions essentielles. Donc, de ce point de vue, ça me semble un peu outrancier de dire les Français ont mauvaise grâce à rémunérer comme il le faudrait les producteurs.
Oui, je pense que c'est... Alors, il y a souvent des analyses assez justes, sur le monde économique, mais alors là, pour le coup, les bras m'entendent, mais je pense que c'est même irrespectueux. C'est-à-dire qu'il y a aujourd'hui des Français qui, à partir du 10 du mois, ont du mal à nourrir leurs enfants, et on leur dit, on les responsabilise, et on pointe le doigt sur eux. Effectivement, vous l'avez très bien dit, il
y a
des dépenses qu'on ne peut pas éviter, l'électricité, parce qu'il faut se chauffer, on doit manger, on doit manger des tomates, du pain, et ce n
'est
pas la même chose qu'un iPhone, et je pense que ça montre une espèce d'éloignement de la vie réelle des Français. J'aimerais rebondir sur ce que vous avez dit, Mme de Menton. Oui, le problème, il est là. Il est qu'effectivement, on ne veut pas baisser les taxes parce qu
'on
ne veut pas réduire de l'autre côté le train de vie de l'État, les dépenses. Depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, 2017, la pression fiscale a augmenté de 270 milliards par an, les dépenses de l'État ont augmenté de 500 milliards par an. Donc vous voyez, des économies,
il
y en a, parce que je n
'ai
pas l'impression qu'on est mieux soigné, je n
'ai
pas l
'impression
qu
'on est
mieux protégé, et je n
'ai
pas l'impression qu'on est mieux transporté. Ce sont des
chiffres de l
'INSEE. Non, non, non. Ce sont des chiffres de l'INSEE. Alors, j'ai arrondi à 500, c'est
je crois
470 milliards.
C'est le même tort. Les recettes de l'État ont baissé de 30
milliards
que 2017, ça c'est la réalité. La pression fiscale a augmenté. De pression fiscale qui s'est largement allégée sur les ultra-riches, on va en parler après, je crois. Et les dépenses publiques de l'État ont baissé de 0,4%. Mais tout le débat que nous avons là, parce que... On ne
peut
pas trouver les propositions... Sur l'INSEE, les données
que je donne... C'est
intéressant de débattre, puisque nous sommes représentants de candidats, sur les propositions. Le problème, c'est que quand vous renoncez quelque part à réguler le marché, quand vous renoncez, donc j'ai compris, le blocage des prix pour vous, c'est les soviets, etc. Il n
'y
a pas de juste milieu.
Alors
l'idée que c'est l'État à chaque fois qu
'il
doit payer avec moins de TVA, le petit problème, c'est que ça, on en a fait l'expérience. Quand, par exemple, à un moment donné, les restaurateurs, il y a quelques années, ont eu une TVA qui a baissé, les prix n'ont pas baissé. Ils ont augmenté. Pourquoi ? Parce que si, dans le même temps, vous n'avez pas une action sur les prix, eh bien, vous avez un effet d'aubaine qui se passe. Et là, on a le même problème sur le carburant.
Si vous n'agissez pas sur structurellement ce qui fait augmenter le prix, et je le répète aujourd'hui, ce qui fait augmenter le prix, peut-être que les gens vont être surpris parce qu'on parle sans arrêt d'hormouze, mais c'est principalement la marge des raffineurs, eh bien, vous pouvez avoir les prix qui vont continuer à augmenter. L'État peut-être touche en moins, donc nous, parce qu
'il
y
aura
moins de recettes. Et donc, c'est une solution qui n'est ni bonne pour les consommateurs et qui ne règle pas les choses.
Réaction, réaction Stécie, je vous donne suite la parole. Réaction Stécie, vous êtes toujours avec nous pour faire la boucle.
Est-ce que vous
prenez l'action de morale de M. Schoelcher qui dit en substance qu'il y
a
quelques enfants gâtés ? Il y a des gens qui achètent des iPhones à, je ne
sais
pas quoi, des milliers d'euros pendant
qu'ils ne veulent pas acheter le tomate ?
Alors, de mon point de vue, je ne
suis
pas du tout d'accord. Personnellement, je n'achète pas le dernier iPhone,
je
n
'ai
pas les moyens. Mon budget, comme ce que je disais juste avant, si je me fais une journée type, je passe à la pompe à essence,
je
fais le plein qui a plus de 100 euros, je passe ensuite faire mes courses, en moyenne, c'est 100, 120 euros. La journée, elle est vite très chère. Donc, moi, quand j'entends dire qu'on achète les dernières iPhones, c'est faux.
C
'est
-à
-dire que
une journée de
travail, c'était-ci,
vous n'arrivez pas à
payer l'équivalent de ce que vous coûte votre journée ? C
'est ça,
c'est complètement exorbitant. Donc, il est hors sol pour vous, Dominique Schoelcher, quand il dit qu'on va s'acheter des iPhones à 2000 euros ?
C'est faux.
Oui, c'est ça. C'est complètement irréalisé.
Je peux vous dire que tout à
l'heure, quand on vous a entendu la bondiste, c
'est
ce qu'elle dit. Non, mais c'est n'importe quoi. En fait, il faut arrêter, il faut être dans
la vraie vie.
Ce n
'est
pas vrai. En fait, il y a certainement des gens qui le priorisent, mais nous, en vrai, on ne peut pas. Ce n
'est
pas possible.
Est
-ce que c'est révélateur de certaines élites
françaises ? Est-ce que c'est révélateur de certaines élites françaises ? Sur ce plateau, tout à
l
'heure, Alain Bauer parlait de Bercy en des termes incendiaires en disant gens sans doute très brillants mais comptables, des gens qui n'ont pas une conscience réelle de ce qu
'est
la France ?
Ce n
'est pas aux politiques d'obéir à Bercy mais à Bercy d'obéir aux politiques. Voilà. Le politique, il est élu pour donner une vision du pays. On a une vision très différente avec M. Coquerel mais on veut défendre une vision de ce que doit être l'État, de ce que doit être la France et de son devenir. Ce n
'est
pas effectivement au contrôleur de gestion de Bercy de décider et de définir la politique. Or, on a l'impression aujourd'hui que nos gouvernants se plient au diktat de Bercy sans vouloir du coup réformer profondément les choses. Je le répète, la folie de la taxe, la folie de la norme est en train de tuer notre économie et en tuant notre économie parce que les chiffres ne sont pas brillants y compris par rapport à nos partenaires européens eh bien on affaiblit les cotisations sociales et on affaiblit la protection sociale que le général de Gaulle avait promis aux Français. Donc il faut vraiment revoir cela de fond en comble.
J'aimerais vous poser
une question à
tous.
Je vais
faire une petite chose parce que dans ce qu'il dit il dit une autre chose de faux. Il explique, il fait la comparaison oui, oui. Et il dit mais il faut bien rémunérer les producteurs. Le petit problème c'est que ça, ça cache quelque chose. c'est qu'aujourd'hui les marges des distributeurs expliquent beaucoup plus l'augmentation des prix par exemple des tomates que ce que touchent les producteurs qui sont dans une vraie difficulté.
Donc il y a un côté un petit peu de pointer comme ça les responsabilités qui est soi-même de se défausser sur par exemple des marges de distribution on le sait qui parfois en dehors même des prix qui sont payés aux paysans explosent et c'est les consommateurs qui le payent. Les deux victimes c'est à la fois les producteurs les agriculteurs et à la fois les consommateurs. Donc ça sert aussi un petit peu à masquer les défauts du système. Qui
paiera plus d'impôts et qui devrait payer plus d'impôts ? Sur notre antenne il y
a
quelques jours François Hollande disait les riches qui c'est les riches ?
Il a apporté la réponse lorsqu
'il
était président
il a monté les prix
attendez attendez il a monté les prix
il était à 4000
il a dit maintenant c'est plutôt 4500 ou 5000 euros net et il dit c'est les chiffres qu'il dit c'est à peu près 10% de la population. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Et est-ce qu'on va dans un monde de toute façon voyant tout ça les impôts vont augmenter pour
cette couche là ? Si les impôts étaient la solution à tout j'applaudirais des deux mains et je rejoindrais le parti de monsieur Coquerel c'est pas le cas. Aujourd'hui nous sommes le pays le plus taxé. Est-ce que nous sommes le pays en meilleure santé ? Bien sûr que non. Aujourd'hui des chefs d'entreprise hésitent à embaucher non pas parce qu'ils sont méchants non pas parce que les riches n
'ont
pas de cœur mais tout simplement parce qu'ils ne peuvent pas à cause de la pression des cotisations sociales et du fisc. Il faut faire l'inverse diminuer les impôts diminuer les impôts de production et même à terme les supprimer pour les entreprises rapprocher le brut du net et ça veut dire diminuer les cotisations parce qu'on est arrivé à un moment où l'impôt tue l'impôt la phrase est célèbre mais elle est malheureusement vraie nous sommes dans un état d'asphyxie fiscale. Donc quand la seule question de la gauche c'est qui va-t-on asphyxier encore un peu plus alors la question est fausse la question qu'on doit se poser c'est quelles dépenses on diminue les dépenses de l'État
sur le cours de l'Europe sur l'immigration et sur le ministère territoire. Un
mot de François Langlais
parce qu'il y a un déficit par ce que nous disons pas Non
je pense que c'est une solution complètement illusoire et qu'on est déjà à des niveaux de fiscalité qui sont très problématiques on est en croissance zéro on est en croissance zéro et malgré un déficit de près de 6% du PIB c'est comme dans Tintin vous avez lu Tintin en Amérique vous vous souvenez de cette machine à faire les saucisses on fait rentrer les vaches il y
a
les saucisses qui sortent et bien en France on fait rentrer les vaches il n
'y
a pas de saucisses qui sortent parce que de fait le taux de prélèvement est tel que ça asphyxie tout alors cela étant dit dans une période exceptionnelle pour redresser les comptes
il
faut que tout le monde contribue à proportion de ses moyens et évidemment il faut s'intéresser aux dépenses je pense que c'est évident et qu'il y
a
un sujet sur l'extrémité du spectre fiscal c'est à dire les très riches c'est les 1 sur 10 000 dont le taux de prélèvement est bien plus faible que celui des gens qui gagnent je ne
sais
pas 5 ou 7 ou 8 ou 9 000 euros ça c'est une anomalie il faut le faire précautionneusement parce qu'on a besoin de ces gens là en France donc il ne faut pas les faire fuir ils peuvent partir ils peuvent partir évidemment qu 'ils peuvent partir
le capital est
extrêmement volatil donc il faut le faire de façon prévisible progressive précautionneuse et mettre tout le monde dans le baquet en disant chacun paye son écho chacun doit payer son écho évidemment de façon beaucoup plus modeste au bas de l'échelle mais pour autant il s'agit d'une opération de sauvetage national c'est ça dont nous avons besoin quelle
est votre prédiction tous ces français François Hollande dit que
c
'est 10% de la population qui gagnent plus de 4500 euros net est-ce qu'ils doivent s'attendre de toute façon d'être matraqués dans les mois qui viennent c
'est à
craindre
c'est assez vraisemblable quelle que soit l'issue de
l
'élection c'est que effectivement cette partie des français c'est une espèce de réflexe en France d
'ailleurs
ils épargnent énormément ils épargnent plus qu'ils n'ont jamais épargné au lieu de consommer parce qu'ils sont complètement affolés mais je voudrais dire quelque chose certainement politiquement incorrect quel que soit le parti qu'on soutienne et ce n'est pas du tout mon cas de soutenir le parti de Sarah Knafow son livre est absolument stupéfiant de vérité sur ce qu'il faut faire au niveau de l'Etat est-ce que vous l'avez lu ? c'est bien c'est un peu déséquilibré le plateau parce que vous soutenez Mme Knafow voilà voilà je viens de
dire je viens de dire
que ce livre est bon quel que soit le parti qu'on est qu'on soit d'extrême gauche vous devriez lire
je
ne
suis
pas sûr sur la lecture au favori
quand quelque chose est
intelligent
quand il y a une analyse extraordinaire parce
que comme je suis je pense que je suis le seul à faire des propositions un peu différentes moi je crois que la question de dire on veut matraquer l'augmentation des impôts c'est une manière de masquer
ce
que pour le coup disait à la fin François Langlais qui est le propre du macronisme c'est que le propre du macronisme ça a permis à quelques dizaines de milliers d'ultra riches
de
bénéficier de cadeaux fiscaux comme jamais on a eu sous la 5ème république et ça ça a
produit quelque chose mais ça
alors ça madame de Menton lisez tous les rapports
il y en a un excellent il y en a un excellent laissez moi finir
il y en
a
un excellent de
Charles de Courson qui est
sorti récemment qui n'est pas un insoumis tout est documenté aujourd'hui il
y
a quelques dizaines de milliers de personnes les plus riches qui sont à peu près imposées moitié moins
tout
impôt confondu que la moyenne des français qui héritent et qui sont imposés à peu près à 10% de leur héritage quand la part supérieure de l'héritage à 1,8 millions est à 45% et qui du coup depuis 2017 nous coûtent des dizaines de milliards d'euros que ça soit à travers la suppression de l'ISF la flat tax donc la question elle est centrale
pourquoi
elle est centrale non seulement parce que ça met en mal le pacte républicain parce que dans le même temps la pauvreté a explosé dans le pays Eric
Coquerel je suis obligé de vous couper parce qu'on va devoir avancer
non seulement elle est centrale parce que ces
dizaines de milliards qui sont partis dans ces
poches et bien quelque
part il y a eu le débat notamment pour le budget et ça c'est de voir l'objectif il y
a ceux qui veulent y toucher ils
veulent les préserver on est forcé d'avancer mais notre maître républicain nécessite et la
justice fiscale et l'efficacité nécessitent qu'on aille les imposer comme les autres français on ne manque pas plus
vous serez remplacé et vous aussi vous êtes prêt à être remplacé par l'or la valette ah bah si c'est l'or la valette
c'est l'or la valette
qui parlera en votre nom dans quelques instants merci beaucoup à vous j
'ai
Trouwe Wasser
Laurent Jacobelli