Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewSud Radio· 12 novembre 2025 7 min

Bertrand Martinot, économiste : "La suspension de la réforme des retraites va coûter cher"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le grand matin Sud Radio 7h10h, Patrick Roger. Il est 7h41 Sud Radio vous explique la suspension de la réforme des retraites. A priori, ça devrait être voté aujourd'hui cet après-midi.

Nous sommes avec Bertrand Martinau, économiste à l'Institut Montge. Bonjour Bertrand Martinau. Bonjour.

Merci d'être avec nous. Alors, on le voit cette suspension annoncée de la réforme des retraites cet après-midi à l'Assemblée, c'est avant tout un choix très politique pour éviter la dissolution. Mais mais voyons sur le plan de de l'impact, l'impact économique, est-ce qu'il est réel ou pas ?

Bertrand Martinau ? Oui. Alors, en effet, c'est pas une décision de nature économique, c'est une décision purement politique, hein.

C'est quand même non à la dissolution qu'il en coûte en quelque sorte. Et effectivement, ça coûte très cher clairement. Donc le vrai coûpt, c'est pas sur les années 2026 2027.

Un système de retraite, ça se regarde pas à un an ou deux évidemment. Le vrai coût il est à l'horizon de 10, 20 30 ans. C'est mais c'est pas c'est pas très éloigné finalement. c'est nos enfants hein, c'est pas non plus des petites choses.

Euh et donc bah c'est très simple, c'est le fait que les retraites par répartition actuel vont encore plus s'affaiblir, que les retraites futures, celles de nos enfants seront encore plus faibles et ils vont devoir travailler ultérieurement beaucoup plus longtemps. C'estàd toutes les réformes qui ne sont pas faites maintenant devront être faites de manière beaucoup plus dure dans quelques années et ça touchera évidemment principalement nos enfants. Ouais.

Bon et le gouvernement donc non seulement il suspend cette réforme des retraites mais il va aussi suspendre un certain nombre de de points notamment pour pour les carrières longues, ce qui n'était pas prévu d'ailleurs au début hein. Expliquez-nous. Ah bah c'est très simple.

Les les carrières longues, c'est les dispositifs qui permettent permettent de partir plus tôt quand vous avez commencé à travailler très tôt. Vous êtes entré très tôt sur le marché du travail, donc vous avez cotisé très longtemps. Et bien dans la réforme de même que pour tout le reste de la population, c'est les conditions d'accès aux carrières longues étaient repoussées dans le temps.

C'està-dire que on pouvait toujours partir plus tôt que en l'occurrence les 64 ans avec la réforme mais c'était décalé dans le temps. Et là bah la la le gouvernement pour bah pour plaire probablement au Parti socialiste a a accepté de suspendre aussi la réforme pour les carrières longues qui représente à peu près un retraité sur 5. Enfin une entrée en retraite sur 5.

C'est pas totalement anecdotique quand même. Ouais. Bon donc ça va coûter encore un peu plus cher.

Voilà ça ça ça va coûter un peu plus cher mais ça va satisfaire certain nombre de un certain nombre de de gens. Les syndicats n'ont pas manifesté. Ils avaient manifesté il y a il y a un petit bout de temps, évidemment, plusieurs mois, mais là, ils n'ont pas manifesté. n'ont pas eu besoin puisque finalement le gouvernement a peur d'être de la dissolution et donc renonce à à sa réforme des retraites.

Il y a eu des propositions là en batterie hein ici et ici et un peu partout comme celle de Gabriel Atal et il voudrait donner 1000 € à chaque français à la naissance pour capitaliser en vue de sa retraite. Est-ce que c'est une bonne idée ou pas Bertrand Martinau ? Alors déjà, on parle beaucoup de capitalisation en ce moment, c'est une très bonne chose parce que c'est ça fait partie de la solution.

Ce n'est pas la solution, on va y revenir, mais ça fait partie de la solution. Moi-même, je viens d'écrire une note sur le sujet pour la la fondation pour l'innovation politique. Donc, je vais certainement pas dire que c'est une mauvaise idée.

En revanche, il y a une chose que la capitalisation ne peut pas faire, c'est de rééquilibrer le pilier par répartition. il est pas fait pour ça. Hm hein.

Donc la première chose à faire avant même de proposer de la capitalisation, ce serait d'essayer et c'est ce que pourrait faire Gabriel Atal peut-être, d'essayer de faire en sorte que ces troupes votent au Parlement, votent contre la suspension de la réforme. Ce serait peut-être la première chose à faire avant de penser même à la capitalisation. H alors maintenant si on parle de capitalisation parce qu'il faudra bien effectivement y venir, elle a beaucoup d'avantages.

Si on veut faire ça, la solution n'est évidemment pas, en tout cas c'est totalement insuffisant de donner 1000 € au moment de la naissance. Je rappelle qu'un système de retraite, c'est pas un cadeau qui vous tente du ciel au moment de la naissance, c'est vous cotisez sur votre travail pour accumuler des droits futurs à la retraite. C'est ça un système de retraite qui soit par capitalisation ou par répartition.

Donc là, évidemment, ça a l'air très sympathique. C'est un cadeau qui vous tombe du ciel de 1000 €. Alors, avec 1000 € vous aurez pas grand-chose, hein, même si non, parce que au moment de la retraite, 60 ans après, ça donnera bah vous avez 10000 €.

Enfin, si c'est correctement géré, au passage, on se demande qui le gérerait cette affaire, hein. Euh voilà. Bon, euh bon, si c'est correctement géré, vous avez 65 ans, si vous partez en train un peu plus de 10000 € 10000 € sur les 22 23 ans que vous allez passer en moyenne en retraite.

Donc ça va vous faire 40 € par mois. Bon alors effectivement alors l'intérêt effectivement c'est que il en appelle il appelle à compléter ses 1000 € part de l'épargne personnel individuel et qu'est-ce qui se passe évidemment si les gens n'ont pas de patrimoine n'ont pas d'épargne hein donc c'est pour ça qu'il vaut mieux avoir un système de capitalisation plutôt collectif solidaire qui concernerait tout le monde et c'est pas avec ça qu'on y va mais disons l'intérêt au moins de cette proposition c'est qu'elle est pédagogique. Voilà.

Montre qu'il y a un chemin possible. Oui. Qu'il y a un chemin possible avec cette capitalisation.

Alors certains pour conclure hein, certains vont dire "Oui, mais on n pas les moyens de mettre l'argent de l'argent en fait de côté chaque mois pour notre retraite parce que déjà il faut boucler les fins de mois. D'où le système par répartition tel qu'il existe ?" Bertrand Martinot.

Alors effectivement, il ne faut pas croire que le passage et c'est un peu le problème la proposition de Gabriel AT, c'est qu'on a l'impression que tout ça ça c'est gratuit et qu'il y a aucun effort à faire. La mise en place d'un pilier capitalisation qui par ailleurs est économiquement et en terme d'équité pour les jeunes souhaitables nécessite des efforts parce qu'il faut accumuler des actifs, il faut accumuler un fond de capitalisation et ça bah il y a plusieurs méthodes. Alors dans la note pour la fondation pour l'innovation politique, on explique que on peut en particulier bah oui mettre à contribution un petit peu les retraités en cours en des désindexant et en recyclant une partie des économies dans dans le fond.

On peut aussi doter un peu en capital initial et on peut aussi demander aux actifs de travailler un peu plus longtemps pour se financer un complément de de capitalisation. Donc il y a des voies de passage mais mais rien n'est gratuit en économie donc il faut le payer la capitalisation. Merci beaucoup he pour toutes ces explications très claires.