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InterviewC à vous (sur YouTube)· 11 novembre 2025 58 minComplaisantMixteCulture, médias & sportSolidarités & famille

Isabelle Carré raconte son internement à l'adolescence - C à Vous l’intégrale - 11/11/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Les déstigmatiser pour qu'ils n'aient pas honte d'en parler.

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Vous-même aviez eu honte de parler de ce passage à Necker en psychiatrie.

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Pour incarner votre rôle jeune, une jeune actrice pleine de sensibilité.

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Vous tombez sur des médecins compréhensifs comme l'interprète B.Campan.

  • 25:00OuverteRéponse directe

    On va parler du directeur du Théâtre de Poche Montparnasse, que dirige toujours sa fille Stéphanie.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:00I.CarréChiffre
    « 246 %, c'est l'augmentation de l'hospitalisation des jeunes filles pour les automutilations. »
  • 10:00I.CarréChiffre
    « Les enfants ont besoin de nous. 1 enfant sur 2 ne peut pas être soigné aujourd'hui par manque de place ou de personnels. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

pour la sécurité alimentaire et la sécurité au quotidien. ... - A.-E.Lemoine: "C à vous" en direct jusqu'à 21h avec Lorrain, Pierre et Emilie, esbaudie devant la taille des pâtes de notre chef. - E.Tran Nguyen: Je connaissais pas ce mot.

Il y a des belles pâtes. Ce sera avec des tomates cerises? - D.Accettulli: Je suis pas prêt pour l'hiver.

On va faire des tomates caramélisées au four. - E.Tran Nguyen: Ca change tout? - D.Accettulli: Bien sûr.

Avec la stracciatella et du balsamique. - A.-E.Lemoine: A tout à l'heure pour le dîner de "C à vous".

Aider en parlant de sa propre expérience, c'est ce qui a convaincu I.Carré d'adapter au cinéma son premier roman autobiographique, son internement en hôpital psychiatrique à 14 ans après la tentative de suicide. - Avant de commencer, je dois vous dire quelque chose.

J'ai été internée à votre âge. Ici. - Je reste pas ici. - Tu vas rester un peu. - Papa!

Je me souviens en CP, les mots voulaient dire quelque chose. En fait, tout est vide. - La Gestapo! - Pourquoi je dois rester ici? - Parce que tes parents ont peur que tu recommences. - C'est ta première fois?

T'as fait quoi? - J'ai vidé l'armoire à pharmacie. Pourquoi vous me regardez comme ça?

Vous avez pas autre chose à foutre? Qu'est-ce qu'on se fait chier, ici! Si je pouvais disparaître, si je pouvais fondre comme un sucre dans une tasse de thé... - Tu veux te marier avec moi? - Tu sais quoi, Francis?

On va t'épouser toutes les 2 - Tu danses? - Bah alors, habille-toi. Je danse pas avec un mec en pyjama. - Tes émotions, tes blessures, elles ne vont pas t'abandonner.

Jamais. Sans le savoir, tu vas puiser en elles. Ca va faire de toi une actrice. - A.-E.Lemoine: "Les Rêveurs", en salle demain.

Ce film alerte sur la santé mentale des adolescents, mais il donne de l'espoir. Bonsoir, Isabelle. Ravis de vous accueillir.

On a aimé vos "Rêveurs". C'est un film qui parle d'un sujet douloureux: la santé mentale des adolescents, dans le lieu d'enfermement, un service psychiatrique. Ca peut effrayer.

Mais rien dans votre film n'est violent ni glauque. Au contraire, tout est doux, à votre image. C'était aussi une volonté. - I.Carré: Oui.

J'aurais pu faire un film choc, un peu "Vol au-dessus d'un nid de coucou", montrer des enfants entravés, contorsionnés, des corps abîmés. Je voulais au contraire les déstigmatiser, ces enfants, et montrer qu'il y a des solutions. - A.-E.Lemoine: Les déstigmatiser pour qu'ils n'aient pas honte d'en parler.

On entend plus les adolescents que les adultes, dans votre film. Longtemps, on n'a pas écouté les adolescents. On ne les écoute toujours pas assez.

Vous-même aviez eu honte de parler de ce passage à Necker en psychiatrie. - I.Carré: Ca m'a pris des dizaines d'années.

Le premier déclic, c'était sur un tournage. On était sur une aile d'hôpital désaffectée. Juste à côté, il y avait un service de pédopsy.

On a déjeuné avec des enfants pas loin. Je suis allée les voir et je voulais leur parler. J'ai vu que ça a réveillé de l'espoir en eux, de partager ça.

Je savais pas encore que ça s'appelait de la pair-aidance. - A.-E.Lemoine: C'est-à-dire aider les autres en parlant de son expérience.

Ce film aide à comprendre pourquoi un jeune se sent fragilisé et éprouve tant de mal à surmonter les échecs. Dans votre cas, une accumulation d'échecs vous a blessée. - I.Carré: C'est jamais un facteur qui explique le passage à l'acte.

C'est un faisceau de circonstances. J'ai pas pu tout traiter dans le film. Je raconte davantage dans le livre.

J'avais plus de temps. 350 pages...

Là, il fallait aller au coeur du sujet. Il y avait surtout la danse classique. Je voulais être danseuse et j'étais nulle.

Je me faisais insulter par le professeur. Ca a abîmé énormément ma confiance en moi. - A.-E.Lemoine: Au point de vous dire "je veux vider l'armoire à pharmacie, je veux plus vivre".

Vous êtes la preuve vivante que le mal-être peut être surmonté. Il y a des solutions. Vous, c'est d'avoir découvert pendant cette hospitalisation à Necker "Une femme à sa fenêtre" avec R.Schneider.

Ca vous a pas guérie, mais tout d'un coup, ça a ouvert des perspectives. - I.Carré: Si, ça m'a guérie.

Ca a été un déclic. C'est pourtant pas son meilleur film, mais c'est la première fois que je la voyais autrement que dans "Sissi". Moi qui étais toujours émotive et embarrassée de mes émotions que je trouvais pesantes, j'ai vu cette émotion belle dans les yeux de cette femme.

J'ai changé de point de vue sur l'émotion. Juste après, il y a eu une phrase dans un discours politique sur le marxisme. Il fallait vraiment vouloir l'entendre. "Préférez les risques de la vie aux fausses certitudes de la mort." - A.-E.Lemoine: Vous avez mis du temps à écrire cette autobiographie et encore du temps à l'adapter au cinéma.

Ce qui vous a convaincue, c'est la dégradation phénoménale de la santé mentale des jeunes. Il y a des chiffres édifiants. - I.Carré: 246 %, c'est l'augmentation de l'hospitalisation des jeunes filles pour les automutilations.

Ca a encore augmenté depuis 2024. Les enfants ont besoin de nous. 1 enfant sur 2 ne peut pas être soigné aujourd'hui par manque de place ou de personnels.

C'est insupportable de savoir que des médecins doivent tous les jours faire le tri. - E.Tran Nguyen: Pour incarner votre rôle jeune, une jeune actrice pleine de sensibilité.

On est frappés par son assurance. - J'ai une pétition, là. Tout le monde l'a signée. - A quel sujet? - Au sujet des cigarettes.

On en a marre d'être obligés de se cacher. On est là à guetter une infirmière. On n'en peut plus.

Ca enlève le seul plaisir de notre journée. Et on nous engueule parce que ça sent. Ca sent parce que tout est fermé.

Les fenêtres sont fermées. Il y a que le froid qui passe. On propose 2 ou 3 sorties quotidiennes pour aller en bas des escaliers.

Même les gens en prison, ils ont droit à des sorties. Pourquoi pas nous? - On va en discuter entre nous. - Vraiment? - Ta proposition me paraît recevable. - E.Tran Nguyen: Vous étiez comme ça? - I.Carré: Assez révoltée, ouais.

Je sais que j'ai pas l'air. On m'accole plutôt les vocables "douce" et "lumineuse". - A.-E.Lemoine: Et là, vous menez la révolution. - E.Tran Nguyen: Vous tombez sur des médecins compréhensifs comme l'interprète B.Campan. - I.Carré: Il l'est pas tant que ça au début.

Je lui ai demandé de se refroidir. - E.Tran Nguyen: C'est important, s'entourer de gens qu'on aime? - L.Sénéchal: On aime la musique des "Rêveurs", signée de votre frère.

On l'avait vu en 1996. - Faire une virée à 2 sur les chemins. Et dans le ciel, il y aura des étoiles et du soleil quand on mettra les voiles. - L.Sénéchal: On s'en souvient tous.

Vous chantez vous-même dans le film un morceau de Z.de Sagazan. Il paraît qu'elle-même a adoré l'interprétation. - I.Carré: Je sais pas si c'est la raison...

Ca allait au bout du geste du film. Je voulais pas verser dans l'ego trip. On a d'abord proposé un arrangement de mon frère chanté par elle.

Quand elle a entendu la maquette avec ma voix, elle a dit qu'il fallait que je chante. - A.-E.Lemoine: "Les Rêveurs", c'est en salle demain avec un formidable casting.

On rappelle que B.Campan est aussi avec vous sur scène dans "Un pas de côté" jusqu'en janvier. Il sera à votre place demain pour parler de "Jean Valjean". - I.Carré: La pièce est prolongée jusqu'à la fin février.

Ca marche fort. - A.-E.Lemoine: Je corrige ma fiche.

Restez avec nous pour L'OEil de Pierre. - P.Lescure: Etre pétri d'humanité et ne se faire néanmoins aucune illusion sur le cynisme et la cruauté humaine, ne pas se prendre au sérieux, être souvent contre ou à côté et aimer passionnément le cinéma, les acteurs et le style, c'est un peu le portrait de Claude Chabrol.

Si vous l'aimez ou avez l'âge de de le découvrir, dès maintenant ou à Noël, le coffret qui vient de sortir est pour vous. Le programme est alléchant. C'est une partie des 57 films tournés par C.Chabrol.

J'ai toujours adoré sa façon de philosopher sur l'essentiel. - C.Chabrol: Ca fait longtemps, j'avais trouvé que la connerie était plus intéressante que l'intelligence car elle était sans limite.

D'un autre côté, je me suis aperçu d'une autre chose intéressante. On est effrayé par sa propre intelligence et on est indulgent envers sa propre connerie. - P.Lescure: C'est merveilleux.

Parti en 2010 à 80 ans, Chabrol a été cinéphile très jeune avec un oncle exploitant de cinéma. Au-delà de son humour, Chabrol était un érudit de la littérature policière, avec Simenon en maître absolu. Sa critique sociale a souvent croisé des criminels. - C.Chabrol: Le policier est un moyen de raconter des histoires aux gens qui ne les ennuient pas totalement.

Ma soif du mal est immense, mais je pense que ce que je fais en matière de policier ne suffirait pas à l'étancher complètement. - P.Lescure: Quand Michel Duchaussoy cherche à retrouver le chauffeur qui a tué son fils et qu'il rencontre J.Yanne, ça donne des scènes mémorables où J.Yanne est haïssable. - Ce ragoût est simplement dégueulasse.

La sauce, c'est de la flotte. Pourquoi tu l'as pas fait réduire? - Je l'ai fait bouillir 4 heures. - Eh ben 5 heures, 6 heures, je m'en fous.

Je te l'ai déjà dit, quand la viande est cuite, tu la tiens au chaud. La sauce, tu l'as fait réduire à part, dans une casserole. - P.Lescure: En 68, Chabrol avait tourné "Les Biches", film un peu décalé aujourd'hui mais dont j'adore le ton et l'esthétique.

On suit la relation de 2 stars de l'époque dans une villa de Saint-Tropez où l'arrivée du beau Trintignant va casser l'ambiance. - J'ai préparé le petit-déjeuner. Je vous ai cueilli des fleurs. ... - P.Lescure: S.Audran et C.Chabrol sont indissociables.

Au-delà de leur vie commune, ils ont beaucoup tourné ensemble. Ils en parlaient avec humour et un amour affectueux. - S.Audran: Quand je l'ai connu, ça n'allait pas fort pour moi.

D'abord, ça m'a permis de vivre. Et puis, c'est un garçon charmant. J'ai fait une bonne affaire. - Et vous en avez fait une vedette. - C.Chabrol: Tant qu'à faire tourner sa femme, autant qu'elle rapporte de l'argent. - P.Lescure: Pourtant, ils s'adoraient.

Il avait un grand respect des femmes, mais il avait un humour faussement méchant. S.Audran est au coeur de l'un des meilleurs Chabrol, "La Femme infidèle".

Elle est mariée à un assureur qui se sait trompé et rend visite à l'amant. - Si je vous dis qui je suis, vous allez vous tromper sur le sens de ma démarche. Je suis le mari d'Hélène. - Oh là là... - Je vous dis, ne vous trompez pas sur le sens de ma démarche. - Laissez-moi le temps d'être un peu interloqué.

Eh ben, entrez, je vous en prie. - P.Lescure: Pour ceux et celles qui vont découvrir le film et les autres, je ne dis rien de la suite de l'échange entre les 2 hommes. "Claude Chabrol, première vague", je vous offre le coffret, Isabelle. - A.-E.Lemoine: Dans un instant, Stéphanie et Sylvain Tesson vont nous parler de cette anthologie des articles d'entretiens et éditoriaux de leur père.

D'abord, "HMC". Obturateur. - Vous avez pris une photo? - Non. - C'était quoi, ce bruit? - J'ai reçu un message. - Montre le téléphone. - Je préférerais pas.

Je vous ai pris en photo. C'est pour mon compte Instagram. - Tu fais encore des événements Facebook... - J'ai monté un compte Instagram pour choper des abonnés.

Puisqu'apparemment, maintenant, il faut ça... - Et donc? - Le nom du compte, "Hairwan", comme mon prénom. - C'est assez rendu, comme concept. - Je peux prendre une photo?

Je suis content de la coupe du jour. - Oui, allez-y. - C'est ma mère, elle me harcèle de messages.

Pardon, il faut que je la rappelle. - Il va couper le cordon. C'est joli.

On dirait un petit chapeau de Schtroumpf. - Ah bon? - Celle-là?

Ou celle-là? Les 2, ça vous va? - Oui. - Super.

Je verrai. Il y a de la concurrence, chez les coiffeurs. Ma pote Erika a plein d'abonnés. - A.-E.Lemoine: On va parler du directeur du Théâtre de Poche Montparnasse, que dirige toujours sa fille Stéphanie. - P.Tesson fait revivre ce théâtre. - P.Tesson: Il y aura une vie permanente. - Stéphanie Tesson: C'est pas travailler, c'est s'amuser avec son papa. - A.-E.Lemoine: P.Tesson a transmis à sa fille l'amour du théâtre et à son fils une fureur de vivre. - Sylvain Tesson: L'amour du bon mot mais la détestation de ceux qui ne font que se payer du bon mot.

Ca a été les seuls principes de son éducation: on n'écoute pas les gens qui se réfugient derrière les mots, la vertu, la bonne conscience, et qui ne conforment pas leurs actions aux mots. - P.Tesson: On a ça en commun, mais d'autres choses aussi.

La liberté, le sens critique. Il me reproche d'avoir des comportements théâtraux, mais il est constamment dans la posture quand il fait ses singeries à 6000 m d'altitude. - Sylvain Tesson: On n'a pas le même décorateur. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, Stéphanie et Sylvain.

On est ravis de vous accueillir à l'occasion de cette anthologie de votre père, "Le Quotidien de l'éternité", en référence à une partie de l'hommage que Sylvain a rendu à votre père lors de ses obsèques en février 2023. - Sylvain Tesson: Oui, à l'église Saint-Germain-des-Prés. J'imaginais mon père arrivant au paradis avec ma mère.

Ils avaient fait des journaux pendant 30 ans tous les deux. Je les imaginais sur un nuage en se disant: "Tiens, si on faisait un journal?" Il y a l'intervention permanente, le commentaire politique, dans "Quotidien".

Dans "Eternité", il y a ce qu'aimait notre père, l'anticonformisme, la gaieté, la détestation du mensonge. - A.-E.Lemoine: Votre père a fondé "Le Quotidien de Paris" et l'a poursuivi jusqu'en 1994.

Parmi tant d'archives personnelles, votre père gardait tout. - Stéphanie Tesson: Y compris nous. Il gardait tout avec un soin méticuleux.

L'une de ses dernières paroles...

Il a passé sa vie à en dire. Mais il a dit: "Vous écrirez sur moi des livres superbes." Lui ne voulait pas écrire.

Beaucoup de journalistes lui demandaient pourquoi il n'écrivait pas de livre. Il disait qu'il en écrivait tous les jours avec ses éditoriaux. Il ne voulait pas sacrifier son amour profond de la vie, des êtres et de l'existence quotidienne à ce travail fastidieux que Sylvain connaît bien du face-à-face avec soi-même. - A.-E.Lemoine: C'était un exercice trop solitaire, presque trop douloureux, l'écriture.

Il préférait conduire à 120 km/h dans Paris, ne s'arrêtant jamais aux feux rouges, si on comprend bien le portrait...

Il fumait avec constance, dormait peu et bluffait jusqu'au bout par sa vivacité intellectuelle. - Sylvain Tesson: Il aimait la vie. Il pouvait pas être écrivain.

Il disait que l'écrivain est ridicule, un névrosé narcissique et obscène. Le journaliste est un irresponsable merveilleux qui dit un peu n'importe quoi...

Sauf ici, bien entendu. Sans aucune espèce de légitimité, mais sans non plus craindre les foudres de personnes, puisqu'il est irresponsable. L'autre profession qui trouvait grâce à ses yeux, c'est pourquoi Stéphanie, qui dirige le Théâtre de Poche, est dans sa parfaite continuité, c'était le théâtre.

C'est comme la politique, une manière spontanée de dire les choses. Sauf que dans le théâtre, c'est du mensonge réussi. Demandez à I.Carré, que mon père aurait adoré avoir dans son théâtre.

La politique, c'est du mensonge médiocre, sans le verbe. - A.-E.Lemoine: Il exerçait le journalisme dans la joie, sans contrainte.

C.Chazal, une des signatures qui préfacent le livre, raconte l'heure du bouclage au "Quotidien de Paris". "Des éclats de voix, des portes qui claquent et le directeur qui réclamait à P.Tesson son édito du lendemain, qui n'arrivait jamais en avance." Il le dictait au volant de sa Mercedes en rejoignant un spectacle ou un dîner. - Stéphanie Tesson: Il était dans l'instant.

C'était une éruption perpétuelle. Comme il n'avait pas beaucoup...

Il se prenait jamais au sérieux. Il fallait inventer les choses en direct, constamment. Les conférences de rédaction duraient des heures.

Les journalistes faisaient des pétitions pour que ça s'arrête. C'était pareil au théâtre. Le Théâtre de Poche, on dirait une grande conférence de rédaction perpétuelle où tout le monde peut tout dire et les spectateurs aussi.

On est tous ensemble dans l'instant. - P.Lescure: De la politique de Mai-68 aux attentats de "Charlie" en passant par la guerre d'Algérie et la chute du mur de Berlin, P.Tesson a chroniqué toute sa vie les événements de son époque.

Il hésitait pas à dire tout ce qu'il pensait de la politique des différents présidents, qu'ils soient de droite ou de gauche. S'il n'était pas franchement de gauche, il n'était indulgent avec personne. Je crois que P.Tesson disait: "Je ne connais pas un homme politique qui ne soit abominablement compromis." En même temps, le spectacle l'amusait et le fascinait. - Stéphanie Tesson: C'est ce qu'il disait.

Il a cette phrase merveilleuse qui ouvre le livre: "Le seul intérêt du journalisme, c'est d'offrir à celui qui le pratique un strapontin devant le spectacle de l'humanité." Voilà comment il concevait la chose. - A.-E.Lemoine: Quand on lit certains de ses articles, il avait des accents prophétiques.

Il présentait les difficultés qu'allait rencontrer la Ve République. - Sylvain Tesson: D'abord, il a été une mémoire de la Ve République. Quand il a repris le journal "Combat", il a été rédacteur en chef de 1960 à 1974, il a couvert la présidence de de Gaulle, de Pompidou puis de Giscard...

Après, il a fondé "Le Quotidien de Paris", mort en 94, donc il y a eu Mitterrand. Après, il est intervenu dans différentes revues. Parmi 30 000 éditos, 300 ou 400 ont été isolés, qui donnent...

Ce n'est pas une leçon ni un modèle, mais comme un manuel de penser par soi-même, aimer penser avec joie et bonheur, même quand on se fait des ennemis. Aimer aller à rebrousse-poil. Il n'aimait pas beaucoup le pouvoir.

Il avait la fierté d'avoir été condamné 17 fois à la chambre pour outrage au chef de l'Etat. - A.-E.Lemoine: Convoqué 32 fois devant la chambre correctionnelle de Paris et condamné autant de fois pour offense au chef de l'Etat. - Sylvain Tesson: C'est une médaille.

Il avait une jouissance de s'opposer à la conformité, la convention, la lourdeur. - A.-E.Lemoine: Il a aussi été excommunié. - Stéphanie Tesson: Tout ça, c'est des balivernes.

Je crois qu'il adorait les hommes, l'humanité, mais il se foutait complètement des conventions sociales. C'est un impertinent respectueux...

Il aime les choses profondes. Il a dit: "Je viens de comprendre au soir de ma vie..." Son soir a été long, il a presque atteint 95 ans. "Je viens de comprendre que personne ne peut avoir vraiment de convictions, mais aux convictions, il faut opposer les valeurs." Les siennes, c'était celles d'un grand amour de la vie, d'une grande reconnaissance, une immense énergie, un immense humour, une capacité d'autodérision formidable.

Il pouvait dire tout et son contraire à la fois. C'est pour ça qu'il est mort peiné. Il nous disait tout le temps: "Vous savez, les enfants, c'est pas grave...

Il y a que la mort qui est grave." Et à la fin, c'était même plus grave. "Qu'est-ce qu'on va faire, quand je serai mort?" Eh bien, on a fait ça. - L.Sénéchal: Parmi les valeurs qui l'habitaient, il y avait quand même la famille.

Même s'il rentrait tard, il s'est beaucoup occupé de vous. Il disait que la famille était importante, que ses enfants étaient importants. Archive de 2017. - P.Tesson: J'ai une tendresse ménagère et domestique pour mes enfants.

Je leur demande de se couvrir l'hiver, de s'alléger l'été, de ne pas trop boire...

Leur mère avait la science de la discipline que je n'ai pas. - L.Sénéchal: Il paraît que petit, il vous téléphonait depuis son bureau pour vous aider à faire vos devoirs. - Sylvain Tesson: Je crois que ça transparaît beaucoup.

Il avait un immense soin et souci du style littéraire. Peu lui importait la direction qu'on choisissait. Ma soeur a choisi une direction qu'il a beaucoup appréciée, puisqu'elle vit sur scène. - Stéphanie Tesson: J'ai pas choisi, il m'a foutu dedans. - Sylvain Tesson: Je lui ai fait peur parce que je partais bivouaquer dans la steppe.

Mais il nous disait: "A condition que votre vie soit guidée par un style littéraire, vous saurez ce que vous faites." Une des qualités qu'offre la lecture de 60 ans d'interventions politiques, c'est qu'il a réconcilié la pensée journalistique et le style littéraire. C'était en cela une sorte d'héritier du XIXe siècle, du journalisme littéraire du XIXe siècle, qui s'est projeté dans la modernité.

C'est pour ça que c'est une extraordinaire école de journalisme que ce livre. Les hommes n'ont pas changé. Les politiques sont toujours médiocres.

Les hommes sont toujours aussi abrutis. On comprend toujours rien. Une chose a changé: on le dit plus mal qu'avant.

Ca lui aurait fait de la peine. La comédie de l'Assemblée nationale continue mais le verbe a disparu et ça l'aurait peiné. - A.-E.Lemoine: A lire dans tous les hémicycles et dans les écoles de journalisme.

Un demi-siècle de journalisme pour la liberté aux éditions de l'Equateur, "Le Quotidien de l'éternité", articles, entretiens et éditoriaux rassemblés avec Olivier Fribourg pendant 2 ans de travail. Restez avec nous. On va parler d'une de vos passions, Sylvain: l'escalade. - E.Tran Nguyen: L'escalade est devenue le sport tendance en France.

On a 2 millions de grimpeurs. Il y a des clubs avec des listes d'attente pour pouvoir pratiquer ce sport. Je sais pas si c'est l'effet JO, qui a vu arriver la discipline en 2020.

A Tokyo, on a pu voir pour la 1re fois les frères Mawem grimper et battre des records qu'ils ont battus à nouveau. En 2024, à Paris, Bassa Mawem représente la France. Il continue à nous épater avec son frère Mickaël sur Instagram entre la grimpe rapide et le bloc.

Il y a une autre sensation de vertige, S.Tesson. La passion de l'escalade est contagieuse.

On a reçu F.Civil aux côtés de 2 athlètes aux Jeux de Paris. - F.Civil: J'ai suivi des championnats du monde.

J'étais impressionné. J'étais à un festival en face de J.Phoenix.

Normalement, je suis impressionné par les stars. Ca me fait moins de choses que devant un athlète. J'entends des petites erreurs. - E.Tran Nguyen: F.Civil était plus impressionné que face à J.Phoenix.

On va penser à lui parce qu'on va être très impressionnés de recevoir S.Piret. - S.Piret: C'est un peu idiot d'avoir choisi l'escalade.

Mais c'est comme tomber amoureux. Tu te l'expliques pas. Quand tu trouves ton sport, tu ne te poses plus la question de comment tu es, de savoir si tu as la bonne carrure pour faire ça ou pas. - Bien au fond.

Pied droit. Très haut devant toi. Tu pousses à droite. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, S.Piret.

On est ravis de vous avoir auprès de nos invités pour parler de votre passion de l'escalade, un sport que vous avez pratiqué depuis le plus jeune âge par plaisir. Ca n'est devenu que plus tard une vocation, celle d'escalader. Ce sport a totalement changé le regard que vous portiez sur votre handicap? - S.Piret: Tout à fait.

Mais j'ai complètement arrêté de grimper. Je grimpais avec mes parents toute petite. J'ai arrêté une dizaine d'années, le temps de faire mes études d'architecte et de vivre ma vie d'étudiante et de me mettre à travailler.

Ce n'est pas exactement l'escalade qui a changé mon regard sur le handicap, mais plus une psychothérapie qui a changé mon regard sur moi-même et qui m'a permis de revenir à l'escalade. Je pense que c'est plutôt dans ce sens que ça s'est joué. - A.-E.Lemoine: Longtemps, vous faisiez tout pour cacher votre bras le plus possible.

Comment vous expliquez cette volonté de cacher ce handicap? Vous êtes née avec cet avant-bras qui n'a pas grandi. - S.Piret: C'est un arrêt de croissance.

Je suis née comme ça. L'explication vient un peu du fait que mes parents ont dû se battre pour me garder, contre l'avis médical. A mon avis, je suis venue au monde avec cette volonté d'être comme les autres et de ne surtout pas montrer que j'étais différente, parce que ça avait failli me coûter la vie.

C'est un peu pour ça, je pense, au fond de moi, que j'ai voulu à tout prix cacher et être comme les autres. - I.Carré: Et l'école, non? - S.Piret: Oui.

On veut absolument pas être différent. - A.-E.Lemoine: Aujourd'hui, vous excellez malgré votre différence pénalisante.

Vous le dites vous-même: il faut être idiot pour vouloir escalader quand on a moins de prise. - S.Piret: En effet, je le dis.

Tous les jours, je me demande pourquoi j'ai choisi ce sport. Ce n'est pas logique. - A.-E.Lemoine: Vous vous propulsez à la force des jambes ou de l'autre bras? - I.Carré: La passion, aussi. - S.Piret: Oui.

Le jeu de jambes est important. La souplesse aussi. On peut activer d'autres leviers. - A.-E.Lemoine: Vous n'avez pas le droit de porter de prothèses en compétition, mais il n'en a jamais été question? - S.Piret: Ca a toujours été un "non" catégorique, depuis toute petite.

Pourtant, je le cachais. J'aurais vu ça comme un rajout qui m'aurait handicapée là où je ne me sentais pas comme handicapée. - A.-E.Lemoine: Votre spécialité, c'est l'escalade en bloc.

Mais évidemment, vous vous confrontez à des gros cailloux, à des falaises, à des montagnes. On va vous voir escalader en Norvège 480 m de haut. On retient notre souffle, littéralement.

L'adrénaline est à combien, là? - S.Piret: On est dans un cadre exceptionnel.

Je suis pas sûre que je serais allée en Norvège voir les îles Lofoten si je n'avais pas voulu grimper là-bas. L'adrénaline est haute. On n'est pas en train de risquer sa vie, après.

Sur le papier, un peu, si je vous explique comment on s'accroche, mais on a tout le matériel qui nous permet d'être en sécurité. J'ai pas peur pour ma vie, à ce moment-là. - P.Lescure: Autre exploit, l'ascension du Grand Capucin, l'une des aiguilles du massif du mont Blanc.

Ascension qui fait l'objet d'un film, "Cap ou pas cap", réalisé par Jérôme Tanon et en lice au festival Montagne en scène, qui se déroule du 13 décembre au 26 janvier 2026. On va regarder un extrait. C'est impressionnant. - S.Piret: Le Grand Capucin. 400 m de granit.

Parfois, mon bras m'avantage. Mais c'est pas tous les jours. La plupart du temps, je dois trouver une méthode bien spécifique.

Peut-être que je me suis un peu trop chauffée avec cet objectif. - P.Lescure: Il y a longtemps que vous rêviez au mont Blanc? - S.Piret: Ca faisait longtemps.

Je pensais vraiment que c'était des parois qui étaient réservées à l'élite de l'élite. Comme B.Védrines, que vous avez déjà eu ici.

En fait, quand on m'a dit qu'il y avait une voie accessible, entre guillemets, sur cette montagne-là, tout de suite, j'ai eu envie de la faire. - A.-E.Lemoine: Grimper une paroi, c'est quoi?

Une manière de rendre la vie tellement plus intense? - Sylvain Tesson: Ca me plaît beaucoup, tout ce que dit Solenne. Je vois très bien...

Je ne veux pas parler à sa place. Déjà qu'on a parlé à la place de mon père, qui est mort...

Je ne veux pas parler à la place de quelqu'un de très vivant. Mais il y a dans l'escalade une espèce de recherche d'unité de soi-même avec le monde, avec la vie, avec la beauté des choses, avec la raison de son absurde existence sur scène...

Solenne nous l'a très bien montré. Il y a une forme de liturgie. C'est comme une prière, en tout cas pour moi.

Je prie pour la beauté du monde, quand je grimpe. Un romancier italien qui s'est mis à l'escalade quand il était âgé dit ceci: "Quand on grimpe, on tourne le dos au monde et à toute médiocrité. On va vers une nécessité de convoquer toutes ses forces, tout son équilibre, tout son amour du monde pour arriver là-haut alors que c'est complètement inutile." Pardon, mais c'est assez noble, comme activité. - A.-E.Lemoine: "Cap ou pas cap" est réalisé par J.Tanon.

Le festival Montagne en scène est du 13 novembre au 30 janvier. On va revenir sur les débats enflammés qu'aimait P.Tesson. - L.Sénéchal: P.Tesson a dirigé "Combat" et a fondé "Le Quotidien de Paris".

Il défendait ses convictions avec force. Regardez-le face à J.Lang, emblématique ministre de la Culture de Mitterrand.

Il va subir le verbe du journaliste. - P.Tesson: Depuis quelques mois, vous ne cessez, monsieur Lang, d'appeler à ce que vous appelez un armistice idéologique. - J.Lang: Je n'ai jamais employé l'expression. - P.Tesson: Absolument.

J'ai pris quelques notes avant l'émission. Tout ce que je dis, quand je me réfère à vous, est le fruit d'une lecture très attentive de vos publications et discours. Je voulais savoir si l'expression "l'armistice idéologique"... - J.Lang: L'expression est de J.Delors. - P.Tesson: Est-ce que ça signifie que vous n'avez plus d'idées?

Un armistice pour épuisement idéologique? - L.Sénéchal: La même année, P.Tesson affronte M.Polak, évincé de TF1 pour ce dessin, caricature de Francis Bouygues.

Pour P.Tesson, M.Polak récolte ce qu'il a semé. - P.Tesson: Vous n'avez pas critiqué Bouygues.

C'est là où est le problème. Vous confondez ou vous faites semblant. Vous n'avez pas critiqué Bouygues et vous n'avez pas critiqué la CNCL.

Faire dire à Bouygues "télévision de merde" et faire une imputation de corruption à la CNCL, ce n'est pas critiquer. Vous confondez la critique et l'accusation. C'est tout le problème. - L.Sénéchal: M.Polak ne peut pas en placer une. 6 ans plus tard, P.Tesson accuse le communicant J.Séguéla d'avoir créé un monstre en aidant l'homme d'affaires B.Tapie à devenir député.

A cette époque, il est accusé de malversations financières mais est protégé par son immunité parlementaire. - P.Tesson: D'une certaine façon, vous avez votre part de responsabilité dans ce qui arrive à votre ami B.Tapie.

Il est votre pur produit, B.Tapie. Dans votre bouche, ce procès est quand même très imprudent. - J.Séguéla: Vous n'êtes pas généraliste!

Vous voulez mettre B.Tapie en prison et le condamner et vous me condamnez moi! Demain, vous allez vouloir m'enfermer avec lui.

Mais enfin! Vous n'avez pas le droit de faire ça. - P.Tesson: Je vous condamne pour être apprenti sorcier! - L.Sénéchal: Les colères de P.Tesson peuvent aussi être sans filtre.

Sandrine Mazetier doit s'en souvenir. Elle était députée de Paris et voulait qu'on arrête de parler d'école maternelle au sens qui renvoie à la mère sur 100 % de l'éducation. - P.Tesson: C'est une conne. - Je ne pense pas qu'on puisse parler en ces termes d'une députée de Paris. - P.Tesson: On peut être député et intelligent et député et ne pas l'être.

C'est monstrueux. De quoi a-t-elle peur? De quoi a-t-elle honte?

D'être une femme? D'être une mère? Je trouve ça tellement idiot. - L.Sénéchal: Ses admirations pouvaient être aussi enflammées que ses colères.

I.Adjani a pris la plume pour se plaindre de l'aigreur dont P.Tesson aurait fait preuve à son encontre.

Elle lui reproche aussi de s'émerveiller pour une autre actrice. - T.Ardisson: Dites bien à P.Tesson qu'il m'est apparu qu'une Isabelle doit être au carré.

J'ai une admiration pour cette actrice, mais je survivrai à cette disgrâce et je lui souhaite un prompt rétablissement hépatique. - P.Tesson: I.Adjani me reproche de n'aimer une Isabelle que lorsqu'elle s'appelle Carré.

Ca renvoie à l'admiration que j'avais exprimée sur ce plateau pendant des mois durant pour mademoiselle Carré. C'est dérisoire. Oui, j'adore I.Carré.

Mais j'adore I.Adjani. - Le fait que toutes ces femmes soient jalouse les unes des autres par rapport à vous, c'est flatteur. - I.Carré: Je connaissais cette histoire. - A.-E.Lemoine: I.Adjani était jalouse de l'affection et de l'admiration que vous portait P.Tesson. - I.Carré: Ce qui me touche, c'est qu'il parle de "Mademoiselle S".

Il y a du "Mademoiselle S", dans le film. Tout est lié. Votre mission... - A.-E.Lemoine: Exactement.

C'est le premier texte que vous avez joué. Vous y faites une très jolie allusion dans "Les Rêveurs". C'est aussi ce texte qui vous a permis de recevoir votre premier Molière en 1999.

C'est quand même extraordinaire. P.Tesson vous avait aimée. - I.Carré: Je me souviens bien.

C'est étonnant. La prof de théâtre qui m'a demandé de jouer ce premier texte, "Mademoiselle S", ça parle d'une jeune femme qui commet une tentative de suicide. Elle ne connaissait pas mon histoire.

Des années après, on me demande de le jouer au Théâtre de Paris. Il n'y a pas de lien entre tout ça. Comme quoi, un texte est pour vous. - A.-E.Lemoine: Sans transition, je dois passer à cette autre anecdote autour de cette pièce. - I.Carré: Au début, j'ai joué avec une gastro-entérite.

Je peux vous dire que ça a été quelque chose. Ca a été épique. Après ça, j'ai eu l'impression que je pouvais jouer dans n'importe quelles conditions. - A.-E.Lemoine: C'était ma façon de vous accueillir à la table de "C à vous".

Un excellent appétit! On va déguster le plat du chef. Ce sont des pâtes qui refusent d'être en hiver.

Ce sont des pâtes qui veulent de l'été. - D.Accettulli: Je mets un peu de couleur dans l'assiette. - P.Lescure: Après le Cours Florent, vous êtes passée par le conservatoire de la rue Blanche, Isabelle.

Ensuite, tout s'enchaîne très vite, au théâtre comme au cinéma. En 1988, après un casting, vous décrochez votre premier rôle. Vous vous en souvenez, évidemment, je vois votre sourire.

C'était au cinéma. C'était le rôle de la fille de C.Salviat et de D.Auteuil dans "Romuald et Juliette".

Vous aviez 17 ans. - Sophie va au cinéma. - Je suis pas d'accord. - C'est jour de fête, aujourd'hui. - Je rentre tout de suite à la fin de la séance.

Salut. - P.Lescure: Il vous impressionnait, le Daniel de l'époque? - I.Carré: Il était très gentil.

C'était salvateur pour moi d'avoir réussi ce casting. Je m'étais plantée au conservatoire, rétamée au premier tour. Je me suis dit que ça recommençait, comme avec la danse, et que je ne pourrais jamais être sur une scène de théâtre.

Et voilà que 15 jours après, je joue dans un film avec Daniel. Il faut toujours y croire. - A.-E.Lemoine: C'est dingue.

Pour ceux qui verront "Les Rêveurs", vous voir à 17 ans donnant la réplique à D.Auteuil, et voir la jeune actrice qui vous joue dans "Les Rêveurs"...

C'est fou. Des jumelles! - E.Tran Nguyen: D.Auteuil jouait votre père, dans le film.

Votre vrai père était aussi un artiste, Alain Carré. Il était designer. Il a créé des flacons de parfum pour Dior, Guerlain...

Il a fait tout un tas d'autres objets. - C'est un distributeur automatique de billets de banque. Nous sommes en train de créer les banques automatiques de l'an 2000.

Ca, c'est un pré-amplificateur tuner commandé à distance pour une chaîne hi-fi. C'est un appareil très spécial, très sophistiqué, qui a été monté au Japon. Ca, c'est la platine la plus performante qui existe actuellement au monde sur le marché.

Elle est de fabrication française. Dans ce domaine, on a rien à envier aux Américains ou aux Japonais. - E.Tran Nguyen: Ca vous émue? - I.Carré: Beaucoup.

Mon père avait vraiment et a toujours une espèce de don incroyable dès qu'il s'agit d'arts plastiques. Quand il veut faire de la sculpture, ça devient magnifique. Quand il veut faire des dessins japonais, il va au Japon les exposer.

Il est hyper doué. Il a inventé les platines bulles. On ne les a pas vues.

Je ne connaissais pas ces archives. D'où mon émotion. - E.Tran Nguyen: Les objets se retrouvent chez vous, à la fin? - I.Carré: Il y avait beaucoup d'objets, oui.

Il y avait cet appartement entièrement rouge, qu'on voit au début du film. C'est pas rien de grandir dans un appartement comme celui-là. J'ai 54 ans aujourd'hui.

J'ai cherché partout à retrouver cet appartement. On était en location. Comme beaucoup de gens qui perdent des locations ou des maisons de famille, la porte se referme pour toujours.

On cherche à y retourner. Je n'ai jamais vu d'équivalent de cet appartement. J'y suis retournée dans les pages du livre et dans le film. - A.-E.Lemoine: "Les Rêveurs" est en salle demain. "Le Quotidien de l'éternité" paraît aussi demain.

Solenne, on vous soutiendra aux Jeux olympiques de Los Angeles. La para-escalade y sera représentée. On espère qu'on pourra vous féliciter pour un titre ou une médaille.

Merci beaucoup à tous les 4 d'avoir accepté notre invitation à dîner. Dans un instant, un documentaire inédit sur la consommation d'énergie quotidienne, parce que tout est important. Tout de suite, on carbure aux actualités de Bertrand. - B.Chameroy: Bonsoir.

On commence avec la question du jour. Ce mardi est-il un jour férié? - Bonjour. - Bonjour. - B.Chameroy: Vu le casting des matinales, oui.

En effet, on est le 11 novembre. - C'est l'une des images de ce 11 novembre. - B.Chameroy: Les commémorations de l'Armistice? - N.Sarkozy a repris ses habitudes. - L'ancien président est allé courir. - N.Sarkozy a effectué sa première sortie en milieu de matinée pour faire son jogging traditionnel.

Jogging pendant environ une heure. - B.Chameroy: Est-ce qu'on a des infos sur son cardio?

Non? Dommage. Depuis 24 heures, les journalistes font le piquet devant la prison de la Santé et le domicile de N.Sarkozy.

Ca a donné des belles tranches de vie. ... - B.Chameroy: Mais c'est toujours mieux qu'à Matignon, visiblement.

Rires. - B.Chameroy: Bah alors, monsieur Lecornu!

Ils ont des discussions, les journalistes...

Les commémorations du 11-Novembre en présence d'E.Macron. Le président a fait semblant d'aider à déposer des gerbes de fleurs. "Je l'aurais pas fait comme ça, moi." "Reculez, mesdames.

Reculez. Très bien." "Je l'aurais pas fait comme ça." "Une dernière.

J'aurais pas fait comme ça." Il ne peut pas s'en empêcher. Au programme, un hommage rendu à G.Clemenceau.

BFM avait retrouvé un descendant de l'ancien président du Conseil. - On est avec l'arrière-arrière-arrière arrière-arrière-arrière-arrière petit-fils de G.Clemenceau.

Je me suis pas trompé? - B.Chameroy: Il y a un peu de montage.

Aux commandes de l'édition spéciale, J.Arnaud. Il est un peu fatigué.

Il a bien galéré, avec son journaliste. - On va retrouver Lionel. C'est par vous que cette journée...

Léopold, pardon. On va retrouver Lionel...

Léopold... - B.Chameroy: On lui pardonne.

Je pense qu'il connaît Lionel, le coach de vie. - Bonjour. Je suis Lionel, coach professionnel. - B.Chameroy: Il est venu nous voir hier.

Je pensais pas me marrer autant devant cette édition spéciale sur un sujet qui n'était pas des plus "rigolus". Pour un 11-Novembre funky, c'est sur BFM que ça s'est passé. - J.Arnaud: F.Clemenceau ne sera pas là.

Il est sur ce plateau. La Première Guerre mondiale est au programme...

La Troisième...

Rires. - Le rapport est quand même fou...

Il a foncièrement évolué...

Rires. - B.Chameroy: Pendant ce temps, M.Bregeon rendait compte du Conseil des ministres.

Pour la faire changer d'humeur, 2 mots: France Inter. - Bonjour. Mercredi, les députés seront appelés à discuter. - B.Chameroy: La porte-parole du gouvernement n'est pas ministre de l'Education nationale.

C'est ça qui est rassurant. - Derrière, il y a des enjeux "environnementals" très importants. - B.Chameroy: De son côté, F.Roussel répondait aux questions de Francis Letellier, qui a appuyé tout doucement sur la susceptibilité du patron des communistes.

Si je fais ça, ça t'énerve? Il a fait pareil. - Je comprends pas. - F.Roussel: C'est-à-dire... - Je comprends pas.

Il vote pour quoi? - F.Roussel: Pour du vote. - Répondez à mes questions.

Vous voudrez la suspension? - F.Roussel: Attendez, attendez, attendez...

C'est pas le sujet. Vous m'agacez! - Concrètement... - B.Chameroy: On file au Canada pour un micro-trottoir consacré aux pauses water des habitants. - Ca s'est très bien passé.

Les gens étaient courtois. Aucune attente. - Ca s'est très bien passé. - Ca a duré combien de temps? - 2-3 minutes. - C'est facile et efficace.

Ca m'a pris...

On a attendu 10 minutes. - Ca a très bien été. Merci.

Très heureux. On attend les résultats avec impatience. - B.Chameroy: Il s'agissait des interviews à la sortie des bureaux de vote.

Les élections municipales avaient lieu le week-end dernier. Edition spéciale sur Radio-Canada avec un dispositif exceptionnel. - Ce soir, nos équipes seront partout dans les grandes villes... - B.Chameroy: Grand dispositif, mais pas hypermoderne. - La transmission des résultats n'est pas automatisée.

Nous avons une équipe de téléphonistes qui appellent dans les municipalités pour recueillir les résultats. - B.Chameroy: Un à un.

La soirée a duré 14 heures. Plus de 5 heures de direct pour nous faire suivre cette soirée électorale. Les journalistes avaient besoin de décompresser un peu.

Quoi de mieux pour ça que de se moquer des candidats? Bouh, les nuls! - Effectivement, vous avez raison de le dire, il a tenté à 3 reprises de se faire élire pour les élections fédérales.

Trois reprises qui n'ont pas fonctionné. - B.Chameroy: Même traitement de faveur pour le plus jeune candidat, de 18 ans. - Il a 18 ans.

Assez ironiquement, il ne s'en cache pas, il habite chez ses parents. Il n'a jamais payé de taxes. Rires. - B.Chameroy: Oh, le nul!

Grâce à ces élections, on a aussi appris que des choses qui peuvent nous paraître la norme en France le sont pas outre-Atlantique. - Cet été, on a vu apparaître 2 immenses grues au centre-ville. Ca faisait très longtemps qu'on n'avait pas vu ça ici. - B.Chameroy: Venez à Paris, vous serez pas déçus!

Comme en France, les éditions spéciales sont longues et donnent lieu à des petits moments de solitude. - Bien sûr qu'il parle de transport en commun. Oh...

Est-ce que...

On va les voir...

On va se demander...

Est-ce qu'on va...

Excusez-moi...

Régis? - B.Chameroy: "Régis, sors-moi de là." On ouvre maintenant une page graphisme.

Grosse pensée pour Lorrain, qui adore la météo et qui n'en a pas fait écho dans le 5/5. Nos amis normands ont failli quitter la région dans la nuit. - Pendant ce temps, dans les autres régions, beaucoup de nuages. - B.Chameroy: A cause d'un vent à 602 km/h!

Ca soufflait très fort. TF1 n'est pas la seule chaîne à employer des stagiaires. Sur franceinfo, ils ont donné carte blanche à Timéo, 6 ans, pour ce sondage sur la présidentielle. - 37 %.

Il est très loin devant les autres. Vous semblez ne pas le prendre au sérieux. - B.Chameroy: Avec notamment un 12 et un 6,5 qui font la même taille.

Deux 5,5 qui ne font pas la même taille et un des 5,5 plus grand qu'un 6. Rires. Et vous, votre mardi matin?

On finit avec le remix de Fifi. Nous sommes mardi. On a isolé plein d'extraits.

Oui, il y a du montage. - Bonsoir. - Vous m'avez contacté en me disant: "Je veux raconter ma première leçon d'histoire." Quelle était votre première leçon d'histoire? - P.de Villiers: Ma première leçon d'histoire...

Oui...

L'insouciance des mouettes et des cormorans qui se moquent de nous, qui se moquent de tout. Ecoutez...

Cri de mouette. C'est un scandale. - Autre sujet...

C'était l'une des premières interventions médiatiques du ministre de l'Education nationale. Il parle des vacances de la Toussaint. Il est interrogé par B.Toussaint. - P.de Villiers: Vertigineux.

Est-ce que vous avez déjà vu un lombric... - C'est moi, Eric, le lombric. - Merci, P.de Villiers.

Dans un instant, c'est "L'Heure des pros". A tout de suite. ... - B.Chameroy: L'info continue demain.

Bonne soirée. - A.-E.Lemoine: Merci à tous les 4 d'avoir accepté notre invitation.

On est vraiment ravis.