Sans "rassemblement de la droite" en 2027, "c'est la machine à perdre", assène Laurent Wauquiez
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Benjamin Duhamel, votre invité et député de Haute-Loire et président du groupe droite républicaine à l'Assemblée Nationale. Bonjour Laurent Wauquiez. Bonjour Monsieur Duhamel. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Je voudrais commencer par les prix du carburant. Dominique Seux vient de le dire. Le gouvernement envisage de plafonner les marges des distributeurs, ce qui ne veut pas dire plafonner les prix, mais bien contrôler les marges qui sont faites. Une piste étudiée, mais pas tranchée. Voilà ce que dit l'exécutif. Est-ce que c'est une bonne idée de plafonner les marges ?
Plafonner les marges, c'est une idée, mais pour moi, ce n'est pas le cœur du sujet. Le cœur du sujet, c'est une question de transparence par rapport à ceux qui nous écoutent. Bien sûr, et Monsieur Seux l'a parfaitement rappelé, malheureusement, l'État français n'a pas les moyens de faire des baisses massives d'impôts. Et on doit le retenir, j'y reviendrai. Par contre, il y a un engagement qu'on doit prendre. Il n'y aura pas un État qui va faire des recettes supplémentaires sur le dos de la crise pétrolière. Et donc moi, ce que je demande, c'est qu'il y ait juste un engagement.
Chaque mois, l'État indique combien est-ce qu'il a perçu d'impôts supplémentaires avec la TVA et s'engage à le rendre en baisse de TVA. On va prendre un exemple très concret. Sur le mois de mars, c'est à peu près 300 millions d'euros. Eh bien, l'État baisse de 300 millions d'euros les taxes qui ont été sur l'essence. Ça veut dire qu'on va gagner quoi ? 10, 15 centimes d'euros à la pompe. Ça, on peut le faire. Et ça, c'est une proposition qui est raisonnable et qu'on peut atteindre.
Deux points là-dessus, Laurent Wauquiez. D'abord, vous dites aujourd'hui, vous reprenez le chiffre du gouvernement, 270 millions d'euros. Je précise quand même que le 1er avril, vous aviez évoqué des surplus fiscaux de 2 à 3 milliards d'euros. Donc visiblement, vous avez revu vos chiffres. Par ailleurs, ce qui a été expliqué par le gouvernement sur les 270 millions d'euros, c'est qu'en réalité, c'était compensé par une baisse de la consommation. Donc en fait, ces surplus fiscaux-là, ils ne permettent pas de baisser le prix à la pompe pour les Français. Là encore, est-ce que ce n'est pas une fausse bonne idée, en quelque sorte un miroir aux alouettes que vous promettez aux automobilistes ?
D'abord, notre discussion, elle montre que la première chose dont on a besoin, c'est de transparence. C'est la première chose dont on a besoin.
Parce que vous vous êtes trompé sur les chiffres.
Oui, et c'est parfaitement exact. Et je le prends. Il y a des moments où on fait des erreurs. J'avais répondu, en partant sur la base de ce qu'était la hausse, projeté sur un an. Si on projette sur un an, ça fera bien 2 à 3 milliards, le chiffre que j'avais indiqué. Sauf que c'était au bout d'un mois ce que vous aviez dit. Oui, bien sûr, c'est pour ça que je le dis, c'était une mauvaise approche et une mauvaise appréciation. Tout le monde fait des erreurs. Absolument. Il faut juste savoir les reconnaître. Mais c'est pour ça que ce que je demande, c'est qu'il y ait une évaluation. Et qu'on puisse savoir, chaque mois, combien est-ce qu'il y a eu de recettes supplémentaires.
Les 270 millions d'euros, c'est le gouvernement lui-même qui l'a indiqué. Bon, donc moi ce que je demande, c'est juste que ce soit rendu. Et qu'on applique une règle simple, l'État perçoit plus de TVA. Peut-être qu'il peut y avoir un impact sur le volume, mais il rend tout sur la consommation. Ça, c'est simple. Et tout le monde peut le comprendre. Un principe assez ouvert, quand il y a des recettes en plus sur la crise pétrolière, on les rend.
Donc ça, c'est votre proposition. Mais juste pour revenir à cette idée de plafonner les marges, est-ce que vous dites ce matin, en fait, le gouvernement, il fait un peu de la communication, puisqu'à la fin, on voit bien que ça n'a un impact extrêmement limité sur le prix que paieront les automobilistes ?
Moi, je voudrais revenir sur un point. Pourquoi est-ce que je fais cette proposition dont je suis lucide sur le fait qu'elle ne répond pas à tout ? Dominique Seul a parfaitement dit. Et il faut qu'on ait le courage de le dire à ceux qui nous écoutent. Oui, comme la France a fait n'importe quoi depuis des années sur sa dépense publique.
On n'a plus les moyens.
Ça a des conséquences. Et on ne peut pas faire n'importe quoi. Et donc, quand Mme Le Pen propose de baisser de X% la TVA sans aligner le moindre économie en face, c'est n'importe quoi. Et donc, oui, il faut avoir le courage de le dire à ce micro. Pour qu'on puisse baisser les impôts, il faudrait juste qu'on ait fait des économies sur la dépense. Vous savez quelle est la seule région qui a baissé sa taxation sur l'essence ? C'est la région Auvergne-Rhône-Alpes. Vous avez mis à peu près 4 minutes sans parler de la région Auvergne-Rhône-Alpes. C'est bien, moi j'aime bien. J'aime bien parler de ma région. Même au micro de France Inter, ça me fait plaisir. Notamment et surtout de France Inter.
Et surtout, quand c'est un exemple, parce qu'on a baissé notre dépense. Et c'est parce qu'on a baissé notre dépense qu'on a pu baisser les impôts. Donc je reste convaincu, parce qu'il y a aussi malheureusement dans cette crise des leçons à prendre, si on veut arriver à baisser les impôts pour les Français, il faut baisser la dépense.
Laurent Vauquiez, d'un mot, je voudrais qu'on parle du 1er mai. Après le recul du gouvernement, vous continuez d'exiger, vous l'avez dit sur votre compte X, que les boulangers...
J'exige pas, j'essaie de défendre.
Que les boulangers fleurissent, puissent voir leurs salariés travailler dès ce 1er mai, alors que la porte a été fermée par le gouvernement. Vous êtes l'un de ceux qui aviez assumé de discuter avec le gouvernement de Sébastien Lecornu au moment du budget. Qu'est-ce que vous dites là ? En fait, c'est l'impuissance, il ne peut plus rien faire, il recule face à la gauche, face au syndicat ?
C'est pas un scoop que cette Assemblée nationale sans majorité rend les choses très difficiles. Enfin, quand même, de quoi on parle ? On parle juste d'une tolérance qui existait depuis 1947, consistant à laisser ouvert des boulangeries artisanales et des fleuristes, avec le salaire deux fois pour des salariés volontaires. Même Martine Aubry, dans les années 80, avait fait une instruction pour dire qu'il fallait le faire. Enfin, on est devenu à ce point-là compliqué dans notre pays, que ça c'est une bataille de rue pour y arriver. Donc je garde l'espoir qu'on puisse obtenir ça pour le 1er mai. Je me bats pour ça, j'ai pas renoncé.
Donc vous demandez, comme Bruno Retailleau qui dit, qui demande au président du Sénat et à la présidente de l'Assemblée de convoquer ce qu'on appelle une commission mixte paritaire pour espérer que ça puisse être appliqué dès le 1er mai ?
Je pense que le Premier ministre est dessus. Il a essayé de poser les choses clairement, en disant, bah, pas les boulangeries industrielles, des boulangeries artisanales. Juste des fois, notre pays a la passion pour allumer des gros sujets de guerre civile sur des choses qui sont quand même assez simples.
Mais vous n'êtes pas très sévère ce matin au micro sur Sébastien Lecornu. Il fait ce qu'il peut dans une assemblée impossible ?
Il n'y a pas de majorité. Et donc on ne découvre pas que c'est très difficile sans majorité de faire avancer des choses. Je vais le dire simplement, si vous voulez qu'on fasse des choses à droite, ce que je veux, il faut une majorité de droite. Et pour une majorité de droite à la présidentielle, il faut un rassemblement de la droite.
Vous me fournissez la transition, Laurent Wauquiez, ce dimanche. Si même moi, c'est maintenant qu'il fait les transitions au micro de France Inter et du souci à se faire, là, monsieur Duhamel. Vous parlez de votre région et vous faites les transitions. Allez-y, je vais revenir si vous continuez.
Ce dimanche, les militants, les républicains, auront à voter pour la désignation du candidat pour 2027. Vous désignez directement candidat, une primaire fermée ou une primaire semi-ouverte. J'imagine, Laurent Wauquiez, que vous êtes à jour de cotisation ou alors que ce serait un scoop. Vous allez voter pour qui et pourquoi ?
Je voterai blanc. Je voterai blanc parce que je considère que ce qui est proposé, c'est un choix de dupe. C'est quand vous consultez les militants, il faut assumer de poser toutes les questions. Pas seulement les questions qui arrangent, mais les questions qui dérangent. La seule question qui n'est pas posée, c'est la plus importante. Est-ce que les militants des républicains sont pour avoir un candidat LR, quoi qu'il arrive, avec d'autres candidats de droite, au risque de perdre la présidentielle ? Ou est-ce que les militants LR veulent le rassemblement de la droite ? Moi, je suis pour le rassemblement de la droite. Et je ne comprends pas que cette question ne soit pas posée.
Mais il y a un côté un peu mauvais joueur quand même, non ?
C'est-à-dire qu'en fait, vous anticipez le fait que vous allez perdre et donc vous ne votez pas.
En politique, il ne faut jamais exclure qu'on soit un peu mauvais joueur. Bien sûr, il y a une partie d'affect. Bien sûr qu'il y a une partie de sensibilité. Mais non. Pourquoi ? Juste cette question-là, c'est la question fondamentale, M. Duhamel. Et d'ailleurs, David Lissnard lui-même a souligné que c'était quand même très étrange, ces questions qui étaient posées. Parce que je rappelle, Laurent Wauquiez, que vous vous défendez
une large primaire qui va d'Edouard Philippe à Sarah Knafow. On est d'accord ?
Non, moi ce que je défends, c'est d'abord le rassemblement de la droite. Quelle est ma préoccupation ? C'est James Dean, la fureur de vivre. On assiste à une multiplication des candidats à la présidentielle de la droite. Tout le monde est dans sa voiture, fait vrombir le moteur. Tout le monde se précipite l'un vers les autres. C'est la machine à perdre. Donc ce que je souhaite, c'est qu'il y ait un seul candidat de la droite. C'est ça ma préoccupation. Et là, pourquoi je n'aime pas ce qui est proposé ? Parce que si chaque parti désigne dans son coin son candidat, plusieurs candidats de droite au premier tour, c'est aucun au second tour. Donc non, ce n'est pas mauvais joueur.
C'est au contraire, je pense, essayer de se positionner au bon enjeu un seul candidat de la droite.
Laurent Wauquiez, ce matin, vous dénoncez donc cette consultation des adhérents. Vous défendez toujours cette primaire. Au point que je m'interroge... Attends, je pose juste ma question. Au point que je m'interroge, qui faut-il croire entre Laurent Wauquiez et Laurent Wauquiez ? Voilà ce que vous disiez le 16 février 2025, c'était sur BFM.
Je ne suis pas favorable à la primaire. Je pense qu'elle a abouti à mettre la droite en lambeau. Je souhaite que ce soit les adhérents qui puissent s'exprimer sur ce qui sera le mode de désignation de la présidentielle.
Qu'est-ce qui s'est passé en un peu plus d'un an ?
Vous comprenez qu'on a du mal à vous suivre, Laurent Wauquiez ? C'est normal, et la question est parfaitement légitime. Vous n'avez pas vu l'état dans lequel on est ?
Qu'est-ce qui s'est passé entre le 16 février 2025 et avril 2026 ?
Vous avez l'impression que les Républicains se sont renforcés ?
Non, mais je n'ai pas l'impression qu'il y ait eu non plus de changement fondamental entre temps.
La seule différence, c'est que Bruno Retailleau est devenu président des Républicains alors que vous souhaitiez le devenir, Laurent Wauquiez. Monsieur Duhamel, on est à un an de la présidentielle. Vous êtes un fin observateur de la vie politique. Le candidat LR à la présidentielle est à 7%. Vous pensez sérieusement que ça, ça fait un vainqueur à la présidentielle ?
Il était à peu près dans ces eaux-là en février 2025. Pas du tout. Non, non, non, non. Non, mais juste expliquez-moi fondamentalement comment vous pouvez dire « Stop à la primaire, la primaire c'est épouvantable, c'est pas à Gaulliste, c'est pas à la droite » et aujourd'hui nous dire que c'est la solution formidable.
Je vais vous répondre, mais d'abord, soyez fair-play, c'est faux ce que vous dites. A l'époque, le candidat LR à la présidentielle faisait entre 13 et 15%. C'était juste le double. C'est pas un petit sujet quand même. C'était Bruno Retailleau quand il était testé. Bien sûr, mais c'était pas un petit sujet. Vous me reconnaissez ce que je dis. Deux, la deuxième chose, c'est que pourquoi j'essaye de prendre en compte la situation ? Un LR qui s'est pas renforcé, une multiplication des candidatures, une menace et les filles. Potentiellement, le danger du RN à plus de 30% à la présidentielle. On est à un an.
Je rêverais de pouvoir, comme je l'espérais, avoir un seul candidat de droite, capable tout seul de faire sa candidature. Je constate que c'est pas le cas. Et donc j'essaye de me battre pour qu'il y ait ce rassemblement de droite. Est-ce qu'il y a une dimension personnelle dedans ? Évidemment, on a tous une dimension personnelle. C'est humain, ça fait partie de la vie. Mais ce que j'essaye de faire juste, c'est de dire « Attention, la seule façon pour les R d'avoir leur candidat, c'est le rassemblement de la droite. »
Laurent Wauquiez qui donc admet des erreurs et parfois changeait d'avis ce matin sur France Inter. Merci Laurent Wauquiez.
Ça arrive à tout le monde et peut-être même à France Inter, monsieur Diomel.
Et à tout à l'heure, Benjamin.
Laurent Wauquiez