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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 12 juillet 2023 36 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieAgriculture & alimentationSantéÉconomie & entreprises

"Les Algues vertes" : récit d’une enquête contre les lobbys

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 19 %Attaque 30 %Défensif 51 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:03OuverteRéponse directe

    Expliquer ce que sont ces algues vertes.

  • 1:32OuverteRéponse directe

    Comment elles sont suscitées, créées ces algues vertes ?

  • 1:56OuverteRéponse directe

    En quoi ce gaz est-il dangereux pour la santé animale et humaine ?

  • 2:34OuverteRéponse directe

    Où est-ce qu'on trouve en France ces algues vertes ?

  • 2:41OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il faut pour qu'elles se développent ?

  • 3:35OuverteRéponse directe

    Est-ce que ces algues vertes sont toujours dangereuses pour la santé ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:23InvitéFait
    « Ces algues vertes nourries par les nitrates issus de l'agriculture intensive prolifèrent au point de créer des marées vertes en Bretagne. »
  • 2:10InvitéFait
    « C'est un gaz auquel sont exposés, par exemple, les égoutiers de Paris. Ils ont tous des petits détecteurs d'H2S. »
  • 2:22InvitéFait
    « Et en fait, ces algues, elles produisent ce même gaz qui est un gaz très irritant et qui, à certaines doses, peut tuer en quelques minutes ou quelques secondes. »
  • 3:41InvitéFait
    « Oui, pas du tout. C'est vrai que c'est important à préciser. Quand elles poussent sur le rocher, on peut même les manger, on peut en faire des tartares, on peut en faire des plats délicieux. »
  • 7:15InvitéFait
    « ils me demandent de partir et quand j'insiste, ils me menacent physiquement. »
  • 8:07InvitéFait
    « En fait, il faut bien comprendre qu'en Bretagne, tout l'argent qui circule, y compris l'argent des subventions pour les associations, ou l'argent, y compris aussi de la presse régionale qui vit beaucoup des publicités de l'agroalimentaire, tout l'argent passe par les dirigeants de l'agroalimentaire parce qu'ils ont aussi des postes politiques dans les mairies, dans les communautés de communes, etc. »
  • 8:57InvitéFait
    « Oui, en fait, oui, parce que ça, ça a été aussi un sujet de silence pendant des années, c'est qu'effectivement, comme on le disait au départ, ces algues vertes, elles proviennent de l'agriculture intensive et donc parler des algues vertes, c'est mettre en cause cette activité agricole, c'est mettre en cause l'agro-industrie. »
  • 13:51InvitéFait
    « ils ne sont pas du tout responsables, ils n'ont fait qu'obéir à des politiques publiques conjointement aux dirigeants du secteur agricole après guerre pour produire davantage. »
  • 14:02InvitéChiffre
    « qui gagne une de celles qui gagne le moins, qui n'a quasiment pas de retraite, qui travaille le plus, 30% d'entre eux sont sous le seuil de pauvreté. »
  • 15:20InvitéFait
    « les résultats ont démontré la présence en grande quantité d'hydrogène sulfuré. »
  • 15:30InvitéFait
    « la poche de sang a été mal conservée, les résultats ne sont pas exploitables. »
  • 27:03InvitéFait
    « une note interne pour enquêter notamment sur le profil psychologique de mon confrère qui le calomnie, j'y suis aussi citée et calomniée. »
  • 31:53InvitéChiffre
    « On a mis 7 km de haies l'année dernière. »

Temps de parole

  • Invité28 %
  • Invité 225 %
  • Invité 322 %
  • Présentateur21 %
  • Invité 42 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Culture, les matins d'été, Quentin l'a fait. C'est un film qui fait du bruit déjà avant même d'être sorti, un film qui fait du bruit à raison tant il suscite des débats nécessaires sur notre modèle agricole, sur les enjeux écologiques qui en découlent, sur ses implications politiques, des enjeux de santé aussi, on va en parler. Ce film il s'intitule Les algues vertes et pour en parler, pour parler aussi des débats qui l'entourent, je reçois ce matin trois invités. Pierre Jolivet, bonjour. Bonjour. Vous êtes le réalisateur du film Les algues vertes qui sort aujourd'hui en salle. A vos côtés, Inès Léraud, bonjour. Bonjour.

Vous êtes journaliste d'investigation bien connue ici à France Culture, productrice de documentaires, notamment le fameux journal breton, autrice également des algues vertes, l'histoire interdite. C'est paru aux éditions de la revue dessinée Délcourt et c'est éco-écrit avec Pierre Vanhove à distance. Yves Defremantel, bonjour. Bonjour. Vous êtes dirigeant de l'exploitation. du domaine de Beaulieu et peut-être pour évoquer les algues vertes, faut-il commencer par le début, c'est-à-dire, Pierre Jolivet, expliquer ce que sont ces algues vertes.

1:07
Invité

Je ne sais pas si Inès ne pourrait pas faire ça mieux que moi.

1:09
Présentateur

Alors on propose à Inès d'expliquer ce que sont ces algues vertes.

1:12
Invité

J'ai une petite idée quand même.

1:13
Présentateur

J'espère, oui. Vous nous direz.

1:15
Invité

Ce sont des algues de couleur verte qui vivent dans la mer, aux côtés des algues brunes, des algues rouges. Et en fait, ces algues vertes nourries par les nitrates issus de l'agriculture intensive prolifèrent au point de créer des marées vertes en Bretagne.

1:32
Présentateur

Comment elles sont suscitées, créées ces algues vertes ? Elles sont le produit d'un système agricole ?

1:38
Invité

Voilà. En fait, elles sont apparues à la fin des années 60 sur le littoral breton, quelques années après l'installation de l'agriculture intensive dans cette région. et elles sont nourries via les nitrates qui, eux, proviennent des lisiers et des engrais qui sont épandus sur les terres agricoles bretonnes.

1:56
Présentateur

Et lorsqu'elles pourrissent, elles libèrent un gaz, un gaz nommé H2S, hydrogène sulfuré. En quoi ce gaz est-il dangereux pour la santé animale et la santé humaine ?

2:08
Invité

En fait, c'est un gaz très bien connu. C'est un gaz auquel sont exposés, par exemple, les égoutiers de Paris. Ils ont tous des petits détecteurs d'H2S. Quand ils sonnent, ils doivent vite sortir des égouts pour être à l'air libre. Et en fait, ces algues, elles produisent ce même gaz qui est un gaz très irritant et qui, à certaines doses, peut tuer en quelques minutes ou quelques secondes.

2:34
Présentateur

Où est-ce qu'on trouve en France ces algues vertes ? On les trouve évidemment particulièrement en Bretagne, mais pas de partout en Bretagne. Qu'est-ce qu'il faut pour qu'elles se développent ? Et où est-ce qu'elles se sont effectivement développées, Inès Lérault ?

2:44
Invité

On ne les trouve pas qu'en Bretagne, on les trouve aujourd'hui aussi en Normandie, sur l'île de Ré, ailleurs sur la façade atlantique. Et pour qu'elles se développent, elles arrivent au beau jour en fait, parce qu'il faut des eaux qui se réchauffent, il faut de l'ensoleillement. Ce sont des plantes, elles ont besoin de soleil, elles ont besoin d'engrais, comme on le disait auparavant. Et puis, il faut des eaux peu profondes, qui se réchauffent facilement, et en fait, peu mouvementées. Voilà. C'est pour ça qu'on en a beaucoup sur certaines plages qui sont un peu planes, où il n'y a pas beaucoup de dévers. Et donc là, elles s'accumulent.

Et ce qui est tragique, moi j'ai découvert beaucoup avec Inès, c'est des plages absolument magnifiques, sur lesquelles moi, petit bonlieusard, j'allais en Bretagne, et qui là, se sont condamnés depuis des années. Parce que pendant six mois par an, c'est invivable.

3:33
Présentateur

Une dernière question, Inès Léraud, il faut quand même le préciser tout de suite, est-ce que ces algues vertes sont toujours, chaque fois, dangereuses pour la santé humaine et la santé animale ?

3:39
Invité

Oui, pas du tout. C'est vrai que c'est important à préciser. Quand elles poussent sur le rocher, on peut même les manger, on peut en faire des tartares, on peut en faire des plats délicieux. Le problème, c'est qu'en fait, avec quand même les marées, etc., elles finissent par être arrachées des rochers, on ne peut pas toutes les cueillir tellement il y en a, et elles s'amoncèlent sur les plages bretonnes. Ce qu'il faut comprendre, puisqu'on est dans la technique pour commencer, quand elles sèchent, elles se recouvrent d'une croûte, un petit peu, et en dessous de cette croûte, elles macèrent. Et c'est là que se crée du H2S.

Donc, vous pouvez très bien marcher dans les algues vertes, mais quand vous marchez, vous laissez le gaz derrière vous, finalement. Vous marchez, chaque pas, vous met une petite poche de gaz, mais qui est derrière vous. Ce qu'on devine dans les morts, c'est que ce sont des gens qui sont tombés, ou qui se sont tordus le pied, il y a un cheval qui est mort. De toute évidence, le cheval a dû se faire mal dans un trou, et il a paniqué, il a remué. Et là, évidemment, quand vous restez au-dessus du trou que vous avez fait dans cette croûte, là, en quelques secondes, quelques minutes, ça peut aller très très très mal.

4:37
Présentateur

Alors, Pierre Jolivet, à partir de ce que vous venez de dire, à partir de ce qu'Inès Léraud vient d'expliquer, de raconter, comment est-ce que naît un film ? Comment est-ce que naît le film que vous avez réalisé, Les algues vertes ?

4:47
Invité

Il naît par la lecture de la bande dessinée qui m'est proposée par mes producteurs, et qui je travaille à l'habitude, et qui me dit, lis cette histoire, en tant que vieil écolo, ça va t'intéresser, tu devrais peut-être pouvoir en faire un film. Donc, je lis la bande dessinée, et puis je suis, qui est un gros succès, il faut le rappeler. Et je suis comme tout le monde, je tourne les pages, je fais, non, c'est pas vrai. C'est pas vrai.

5:03
Présentateur

Mais en même temps... Qu'est-ce qui vous impressionne dans cette lecture ? C'est l'enquête qui avance ? Oui, c'est l'enquête, c'est l'omerta.

5:08
Invité

C'est l'omerta, c'est le travail qu'on découvre dans le film. L'omerta, les chiffres, voilà, qui sont assez impressionnants. Mais je ne saurais pas quel film en faire, et je me dis vraiment tout de suite, dès la première lecture, je me dis, ce qui m'intéresse, c'est la personne qui a fait cette bande dessinée. Si je devais faire un film, je voudrais raconter l'histoire de la personne qui a fait pendant des années le travail qui permet de faire cette bande dessinée. C'est là que j'ai rencontré Inès, et que j'ai proposé ce point de vue, sur lequel d'ailleurs tu étais un petit peu réticente, parce que je crois qu'il n'y avait pas du tout, chez Inès, l'envie d'être une héroïne de film.

C'est une, comme vous l'avez dit, c'était une investigatrice, quoi. Et puis, en parlant, parlant, j'ai réussi, je crois, à lui faire, comprendre le film que je voulais faire. Et du coup, Inès m'a dit, dans ce cas-là, est-ce qu'on peut écrire ensemble ? Et on a décidé d'écrire ensemble.

5:56
Présentateur

Et pourquoi Pierre Jolivet prend le parti de la fiction, plutôt que du documentaire, alors qu'on est dans le réel, on est dans le présent ? Il y avait à peu près tout en Bretagne et ailleurs pour faire un beau documentaire aussi, non ?

6:06
Invité

Bonne question. D'abord, je ne suis pas documentariste, je suis un cinéaste de fiction. Et puis, comme on dit, la réalité dépasse souvent la fiction. Là, je n'avais pas besoin d'en rajouter. La réalité, c'était une enquête, il y a des morts, il y a des pressions, il y a une omerta. Il y avait tout pour en faire un film de cinéma, vraiment, mais où je n'avais pas besoin de manipuler la réalité, c'était donc de manipuler le spectateur. Je crois que la simple réalité est tellement choquante qu'il y avait de quoi faire un film de cinéma.

6:34
Présentateur

Vous avez prononcé deux fois un terme, celui d'omerta. Inès Léau, est-ce que vous pourriez nous raconter, d'ailleurs c'est ce que raconte très très bien le film, l'ampleur de cet omerta, lorsque vous arrivez en 2018, me semble-t-il, en Bretagne, pour enquêter sur ces algues vertes ?

6:48
Invité

En fait, j'arrive en 2015 en Bretagne.

6:50
Présentateur

2015, d'accord.

6:50
Invité

Il y a huit ans maintenant. Je décide de m'installer en Bretagne, parce qu'à l'époque, j'enquête pour France Inter, sur une grande contamination par des insecticides, et je vais interroger des agriculteurs, je me rends dans des fermes. Ces agriculteurs, je le sais, sont victimes de cette intoxication qui est passée par le grain des animaux, leurs animaux aussi, et en fait, quand j'essaie de leur parler, ils me demandent de partir et quand j'insiste, ils me menacent physiquement. C'est d'ailleurs représenté au début du film dans une scène où un agriculteur veut me frapper avec une pelle. Et ça, c'est une scène qui va vraiment... Enfin, c'est une situation qui va être décisive pour moi.

Je me dis, mais en fait, pourquoi ils ne veulent pas me parler alors qu'ils sont dans une situation très compliquée, ils auraient besoin d'aide ? Quel est leur statut vraiment ? Quelles sont leurs relations avec le tissu agro-industriel ? Et je comprends que ce n'est pas en venant de Paris de temps en temps que je vais pouvoir nouer un rapport de confiance avec eux. Et quelques mois plus tard, je m'installe en Bretagne et je fais pour Les Pieds sur Terre notamment, pour d'autres médias aussi. Mais pour Les Pieds sur Terre, c'est cette série qui s'appelle le journal breton La Fabrique du Silence. Et ça sera les prémices de ma compréhension de l'omerta qui règne sur place.

En fait, il faut bien comprendre qu'en Bretagne, tout l'argent qui circule, y compris l'argent des subventions pour les associations, ou l'argent, y compris aussi de la presse régionale qui vit beaucoup des publicités de l'agroalimentaire, tout l'argent passe par les dirigeants de l'agroalimentaire parce qu'ils ont aussi des postes politiques dans les mairies, dans les communautés de communes, etc. Et ça, c'est à l'origine de ce grand silence et du fait que les gens ont peur de parler parce que soit ils ont peur de perdre leur emploi parce qu'il y a cette économie agroalimentaire. Pour bien comprendre, Inès Leroux,

8:42
Présentateur

parler d'un scandale sanitaire, parler des algues vertes qui vont susciter, engendrer la mort de plusieurs personnes, de nombreux animaux, évoquer ces sujets, les mettre sur la place publique, c'est mettre en danger son propre emploi ?

8:56
Invité

Oui, en fait, oui, parce que ça, ça a été aussi un sujet de silence pendant des années, c'est qu'effectivement, comme on le disait au départ, ces algues vertes, elles proviennent de l'agriculture intensive et donc parler des algues vertes, c'est mettre en cause cette activité agricole, c'est mettre en cause l'agro-industrie et en effet, parler des algues vertes et des autres pollutions de l'agro-industrie, c'est se mettre en danger pour les personnes qui de près ou de loin vivent de l'agro-alimentaire.

Et il y a une scène qui est dans la bande dessinée et qu'on a remise dans le scénario et qui n'est, ce qui a été quand même un déclencheur, c'est quand même, parce que j'ai regardé Omerta, c'est silence qui s'impose dans une communauté d'intérêt.

Je crois que véritablement on est dans cette situation, c'est le coup de fil que tu donnes aux responsables de la communication du conseil régional, de la préfecture et tu dis est-ce que je pourrais vous parler des algues vertes et le gars dit non, non, je ne vois pas pourquoi vous voulez qu'on en parle et il dit bon, parce que voilà, t'insistes un petit peu et le gars dit écoutez, si jamais mon nom apparaît, je vous fais un procès en diffamation, la conversation a duré 5 phrases et il y a une menace en diffamation au bout de 5 phrases, là c'est un déclencheur.

10:06
Présentateur

Yves Fremantel, je rappelle que vous êtes dirigeant de l'exploitation du domaine de Beaulieu, est-ce que cette Omerta, vous en avez été soit témoin, soit victime ?

10:16
Invité

Alors, j'en ai été témoin, victime non, moi d'abord je voudrais féliciter Pierre Jolivet et Inès Léraud pour avoir été très fidèles sur l'explication de l'évolution de l'agriculture depuis le plan Marshall que vous avez bien exprimé dans le film qui nous a entraînés et qui a entraîné le monde agricole dans une course aux économies d'échelle dans laquelle ils n'ont pas réussi à sortir puisque les paysans qui ne voulaient pas investir dans du matériel parce qu'ils voulaient garder leurs chevaux, leurs petites structures, eh bien on leur a dit il n'y a pas de problème, on va faire le remembrement et vous l'avez bien dit dans le film aussi, le remembrement, ça veut dire qu'on réunit tous les petits champs de celui qui a encore les chevaux, on les réunit devant la ferme qui est à 2 km qui est devant la ferme de celui qui a investi dans le matériel ce qui fait que 5 ans après ils vendaient sa ferme à celui qui avait le matériel donc on a été dans l'agrandissement des exploitations par cette course aux économies d'échelle depuis cette période-là et quand la PAC de 92 a été réalisée c'est aussi dans le sens de l'agrandissement, toujours de l'agrandissement et on le voit encore aujourd'hui alors la France avait une agriculture très diversifiée dans toute, quelle que soit la région, toutes les fermes dans notre région de France avaient de l'élevage et de la culture et en général du circuit court il y avait de la transformation à la ferme mais c'était des petits volumes et très diversifiés et on nourrissait la population qui était autour de nous on sécurisait une alimentation de qualité autour de nous et puis on a vu qu'on spécialisait l'élevage dans l'Est dans Bretagne et chez nous on en déboisait on a mécanisé agrandi et c'est les céréales à tout va et du coup en spécialisant on a détruit l'équilibre naturel qu'il y avait où il y avait un équilibre faunistique, floristique qui faisait que tout fonctionnait et puis on a été obligé pour cette course aux économies d'échelle on nous a proposé la chimie alors on y a été alors moi je m'en suis rendu compte moi j'ai eu beaucoup de chance mes parents ont gardé toujours des vaches laitières et j'ai connu le circuit court jusqu'en 76 mes parents faisaient transformer ils avaient des oeufs ils transformaient le lait en beurre et en fromage blanc etc et ça j'ai vu disparaître tout ça et je me suis dit mais c'est ça qu'il faut remettre en place pour retrouver cette agriculture

13:10
Présentateur

Inès Lérault ce que raconte Yves Remantel c'est aussi cette idée assez simple au fond on pointe souvent du doigt les agriculteurs comme étant responsables des algues vertes ils en sont aussi d'une certaine manière victimes victimes de ce système ultra intensif créé à partir des années 60 en France

13:28
Invité

en fait pour moi ils ne sont pas du tout responsables ils n'ont fait qu'obéir à des politiques publiques conjointement aux dirigeants du secteur agricole après guerre pour produire davantage ils ont vraiment essayé de respecter les consignes qu'on leur demandait et en effet aujourd'hui on ne peut que constater que ce sont des victimes puisque c'est quand même la catégorie socio-professionnelle qui se suicide le plus en France ils se suicident à raison de deux par jour c'est la catégorie socio-professionnelle qui gagne une de celles qui gagne le moins qui n'a quasiment pas de retraite qui travaille le plus 30% d'entre eux sont sous le seuil de pauvreté et en plus de ça ils développent des maladies liées aux pesticides

14:13
Présentateur

je voudrais qu'on écoute un extrait du film les algues vertes et vous faire réagir un extrait du film de Pierre Jolivet dans lequel Inès Leroux donc vous-même qui êtes interprétée par Céline Salette s'entretient avec un conseiller régional qui lui est interprété par Jonathan Lambert

14:28
Invité

donc sur l'affaire Morphoas en tant que vice-président du conseil régional chargé du dossier algues vertes de loi des déchets je voulais savoir si vous aviez été entendu par le parquet non et quand j'ai informé le préfet et le procureur du décès d'un ouvrier des algues vertes j'ai même senti comme un malaise et vous n'aviez été entendu à l'époque ni par la gendarmerie ni par la justice par personne mais ce qui m'a le plus interpellé dans cette histoire pour être honnête c'est la deuxième poche de sang vous savez quand il y a un accident sur la voie publique on prélève deux poches de sang une pour mesurer le taux de l'alcoolémie et une seconde en cas de demande de contre-expertise et qu'avait donné l'analyse de la première poche de sang du taux d'alcoolémie zéro alcoolémie une contre-expertise a été demandée par la famille donc le laboratoire a analysé la deuxième poche de sang et là les résultats ont démontré la présence en grande quantité d'hydrogène sulfuré mais la conclusion du parquet a été la poche de sang a été mal conservée les résultats ne sont pas exploitables alors je vous avouerai que c'est le genre d'élément qui jette un peu plus le trou sur cette histoire

15:37
Présentateur

ce que montre très bien cet extrait et le film en général votre film Pierre Jolivet c'est que cette omerta que vous décriviez tout à l'heure autour des algues vertes elle est assez impalpable elle est assez insaisissable elle concerne à la fois les élus les services de l'état les agriculteurs les coopératives au fond il n'y a pas de lobby à concrètement concrètement parler de la lobby du système agricole industriel

16:03
Invité

c'est plus si d'abord il est très présent mais il n'est pas représenté je veux dire par des organes clairs physiquement finalement ça imprègne voilà l'agro-industrie a un tel pouvoir l'agro-industrie est un état dans l'état dans cette région qui est quand même quasiment la plus grande région agricole de France donc il y a une sorte de oui par capillarité partout tout le monde comprend qu'au-dessus il y a l'agro-industrie qu'il faut faire attention à tout il faut savoir que le premier lanceur d'alerte a dû passer par quatre procureurs pour avoir l'autopsie et les résultats d'une prise de sang sur un cheval enfin on croirait que tout le monde a compris je dirais presque depuis la naissance maintenant que c'est l'agro-industrie c'est qui dirige le pays et donc qui dirige la région il faut faire attention à tout qu'il faut essayer dès qu'on va sur des zones dangereuses parler autrement et donc c'est et on se rend compte que cette région moi c'est ce que j'ai découvert même si je connaissais bien la Brentagne j'ai découvert ce schisme que j'ai essayé de traduire dans le film c'est à dire que d'un côté il y a des gens qui vous disent vous parlez des algues vertes et qui vous disent mais oui il faut en parler c'est terrible et puis la maison d'un côté est très violente elle dit non n'en parlez pas parce que ça fait du mal à notre industrie on va perdre des emplois ce chantage à l'emploi en fait il couvre tout il est l'idée que si jamais on met en cause l'agro-industrie on va perdre des emplois donc même si ces emplois sont mal payés même comme l'on dit Inès si ces emplois sont désespérés pour beaucoup il y a cette course à l'emploi mais qui est en fait un argument qui n'est pas totalement recevable parce qu'on se rend compte que ce que j'ai découvert aussi très lisiblement c'est que l'opératif et les coopératives qui étaient des vraies coopératives de mutualité d'intérêt entre des agriculteurs qui se regroupaient pour le matériel pour les engrais etc ont créé des filiales qui elles sont des filiales capitalistes donc il y a là tout d'un coup cette bascule entre l'intérêt mutualisé et les dividendes il faut créer des dividendes donc quand on entend le discours mais il faut nourrir les gens il faut nourrir les gens enfin ce que demandent les filiales qui maintenant ont pris le pouvoir sur les conseils d'administration souvent des coopératives enfin il faut surtout que ça rapporte de l'argent et que ça rapporte des dividendes voilà donc on est dans un système totalement mortifère quoi qui est assez effrayant

18:20
Présentateur

Yves Defromantel vous êtes d'accord avec cette idée selon laquelle le chantage à l'emploi est un faux chantage dans le film Les algues vertes il y a un moment où l'un des personnages explique l'un des personnages qui est représentant de la FNSEA explique que si l'on lève trop le voile sur le scandale des algues vertes la Bretagne risque de devenir la Lorraine je le cite

18:41
Invité

oui alors je suis complètement d'accord avec Pierre Solivet il explique très bien et en fait c'est le fric qui mène qui mène le monde aujourd'hui et qui oriente les choses et on impose le paysan qui veut qui ne veut surtout pas partir dans ce sens là et bien on le on fait tout pour le faire mourir et les coopératives effectivement étaient des vraies coopératives à l'époque mais elles sont complètement dévoyées et l'agriculteur on lui fait croire que s'il dérive un peu il n'aura plus de quoi vivre sa ferme il va tomber et du coup toujours par la peur c'est la méthode actuelle on lui il n'ose pas changer de système il n'ose pas faire le pas pour dire je change je ne suis plus dans cette course aux économies d'échelle et moi j'ai connu quelqu'un dans le comté du Léon qui avait une centaine d'hectares en surendetté il a dit je vends tout je rachète 10 hectares je fais un peu de maraîchage j'ai de vache je fais les marchés donc circuit court je transforme je fais des concerts il dit j'ai plus de dette je bosse je gagne je brasse moins d'argent mais au moins j'ai plus de dette et je vis et je suis heureux

20:02
Présentateur

on va poursuivre cette discussion à 8h20 avec vous trois Pierre Jolivet Inès Léraud et Yves de Fromentel discussion qui porte sur les algues vertes sur les enjeux agricoles du système breton 7h 9h les matins d'été Quentin l'a fait on en parle notamment avec son réalisateur Pierre Jolivet réalisateur du film Les algues vertes je le rappelle qui sort aujourd'hui en salle avec Inès Léraud journaliste d'investigation productrice de documentaires sur France Culture notamment le fameux journal breton autrice des algues vertes l'histoire interdite c'est paru aux éditions de la revue dessinée Delcourt et co-écrit avec Pierre Fanhove et avec nous à distance Yves de Fromentel vous êtes dirigeant de l'exploitation du domaine de Beaulieu Inès Léraud vous me disiez pendant la pause que vous aviez présenté le film Les algues vertes à l'Assemblée nationale hier soir que ça s'était terminé assez tard dans la nuit est-ce que vous pouvez nous raconter cette nuit de rencontres et de débats Pierre Jolivet ou Inès Léraud comme vous le souhaitez il y a eu une projection

21:05
Invité

hier matin il y avait une projection au Sénat hier soir une projection à l'Assemblée nationale moi j'étais à la seconde où il y avait 17 députés la salle de cinéma de l'Assemblée nationale était remplie et on a déjà échangé pendant un long moment mais le débat au sein même de la salle aurait pu durer beaucoup plus longtemps c'était très intéressant parce que parmi les députés il y avait des anciens ouvriers agricoles il y avait des gens en plus de tous les horizons politiques qui se sont exprimés et c'est vrai qu'il y avait vraiment un gros consensus sur le constat le constat en termes de pollution le constat en termes d'agriculture et il y avait des familles de victimes qui étaient là qui sont représentées dans le film et donc il y a pu avoir des échanges entre tous ces acteurs

21:50
Présentateur

consensus sur la pollution Inès Léraud consensus aussi ou non sur l'aspect sanitaire sur les conséquences des algues vertes sur la santé animale et humaine c'est quand même le point qui fait débat dans le film et que vous mettez en lumière

22:02
Invité

En fait il y avait un consensus sur cette question et c'est vrai que c'est assez sidérant d'échanger avec des élus comme Delphine Bateau qui était là hier qui a été ministre de l'écologie et qui raconte comment au début des années 2000 elle a essayé de prendre le dossier en main aussi bien sur les conséquences sanitaires que sur les extensions d'élevage en Bretagne et que ça n'a pas été possible Ce que j'ai trouvé très choquant hier et très unanime c'est qu'il racontait à quel point l'agro-industrie a du pouvoir sur tous les niveaux de l'état et que même eux qui ont été élus démocratiquement cherchent à faire bouger les choses et qu'il y a derrière l'agro-industrie qui repasse derrière et qui fait en sorte que les lois ne soient pas appliquées ou qu'elles soient peu contraignantes et ça c'était très très impressionnant mais ce que je voudrais quand même revenir au film ce qui était très fort aussi hier soir c'est qu'on s'est rendu compte que sur des gens dont la mission est de faire de la politique finalement là ils étaient au cinéma c'est-à-dire qu'il y en avait qui étaient en bord des larmes et que moi c'était mon idée c'est que le cinéma serve la politique que l'émotion humaine parce que quand même on parle finalement de phénomènes politiques mais derrière ces phénomènes politiques il y a des êtres humains il y a des agriculteurs il y a une enquêtrice et finalement c'est à travers l'humanité et à travers l'émotion que le cinéma peut être intéressant plus qu'un documentaire ou plus qu'un débat tout d'un coup je crois qu'on marche dans les pas de Céline Salette qui est une actrice formidable qui joue qui joue Ines et qui nous emmène pas à pas et je crois qu'avec elle on s'enferme dans ce combat terriblement violent et donc hier soir c'était ça c'est-à-dire qu'à la fois tout le temps ça parlait du film et tout le temps ça parlait de la politique et ce message de politique à l'émotion et de l'émotion vers la politique c'était vraiment le pari que moi je trouvais le plus excitant et on s'est rendu compte à quel point hier soir le débat était à deux lectures

23:52
Présentateur

Avant première au Sénat et à l'Assemblée Nationale il y a eu beaucoup beaucoup d'avant première aussi un peu partout en Bretagne plus de 8000 personnes ont pu voir 12000 personnes

24:02
Invité

il va être à 12000 personnes avant que le film sorte

24:04
Présentateur

oui on peut voir le film et en débat qu'est-ce qui s'est dit justement en Bretagne sur les territoires comment le film est reçu, perçu, accueilli ?

24:11
Invité

Alors le film est reçu, perçu, accueilli très bien puisqu'on ne fait que des complets on a dû rajouter des salles partout il y a je crois une envie en tout cas en Bretagne pour tous ceux qui ont lu la bande dessinée formidable d'Inès et elle a été un gros succès là-bas une Agora tout d'un coup on a lu la bande dessinée tout seul chez soi on a parlé en famille et puis tout d'un coup on est 300 et puis on peut en parler là les langues se délient les agriculteurs prennent la parole ça c'est très très impressionnant ce qui m'a le plus impressionné c'est que la semaine dernière on a fait 300 personnes à Strasbourg où il y a 10% des spectateurs qui ont lu la bande dessinée et il reste une heure et demie de débat quand même

24:46
Présentateur

Si je vous pose la question Pierre-Jolivet c'est parce que au fond dans le film même vous ne ménagez pas les Bretons c'est-à-dire que vous expliquez que d'une façon ou d'une autre chacun connaît quelqu'un qui travaille dans l'agro-industrie et chacun n'a pas intérêt à parler et donc à lever le voile sur les conséquences sanitaires des algues vertes ce regard-là que vous portez sur la région et ses habitants comment est-ce qu'il est perçu ?

25:08
Invité

Il est perçu formidablement par certains qui disent bah oui il faut tout mettre sur la table et puis réfléchir à ce qui se passe et puis d'une façon alors ceux-là ils ne viennent pas à la projection ils ont déjà décidé que le film était regardable alors que ce n'est pas un film manichéen au premier degré avec les gentils d'un côté et les méchants de l'autre mais ce que je trouve aussi remarquable c'est qu'ailleurs je suis allé en Corse je suis à Strasbourg je suis allé à Lille les mêmes salles les mêmes débats et on se rend compte que le phénomène de l'agro-industrie qui pèse sur une région c'est à peu près partout et donc chacun identifie le problème à sa propre haune et tout d'un coup en Corse vous parlez des déchets à Strasbourg du réchauffement voilà et moi c'est aussi ce qui m'a intéressé dans ce sujet c'est je dirais l'universalité de cette problématique c'est le monde entier c'est pas seulement la Bretagne c'est le monde entier qui produit trop c'est le monde entier qui ne veut pas voir que le sol les eaux les rivières la mer elle nous le raconte tout le temps n'en peuvent plus et ça c'est ça que je trouve cette fuite en avant de l'humanité tout entière qui est un peu symbolisée par cette histoire des algues vertes on continue on va tout droit on avance alors que les éléments naturels qui nous permettent de vivre sont mal en point

26:21
Présentateur

et c'est assez vertigineux et c'est vrai qu'au fond c'est un film qui se focalise sur la Bretagne dans son histoire et dans son récit dans le récit humain qu'elle tisse mais c'est un film qui parle beaucoup beaucoup plus largement des effets de l'industrie du commerce sur l'environnement Inès Lérault

26:36
Invité

oui tout à fait et en effet et tout à l'heure quand vous parliez des lobbies en fait en Bretagne je voulais préciser qu'il y a des lobbies quand même très puissants qui agissent et pour défendre en fait cette manière de fonctionner du tissu très local jusqu'à la commission européenne à Bruxelles et on l'a vu dernièrement je ne sais pas si vous avez vu ça passer c'est mon confrère Nicolas Le Gendre qui a rendu public une note d'un organe de lobby qui s'appelle les omnivores qui défend la consommation de viande qui est soutenu par de nombreuses industries agroalimentaires et qui a fait une note interne pour enquêter notamment sur le profil psychologique de mon confrère qui le calomnie j'y suis aussi citée et calomniée c'est une note qui n'aurait jamais dû fuiter et donc on parlait tout à l'heure un peu d'un esprit comme ça d'une omerta qui planait mais en fait il y a réellement tout un tas d'organes qui agissent pour contrer ce véritable mouvement sociétal qui est en train d'être mis en branle qui est une forme de prise de conscience de libération de la parole en Bretagne et ailleurs il y a aussi quand même ce que j'ai découvert à travers Inès et dont je me rends compte l'efficacité qui est unique en tout cas à ma connaissance en France et qui est souvent décriée par des députés c'est la cellule d'Eméter c'est-à-dire il faut se dire que la police a créé une cellule spéciale alors c'est le ministère de l'intérieur avec la FNSA qui ont créé une cellule spéciale qui surveille tous ceux qui disent du mal de l'agro-industrie c'est quand même unique et donc ça laisse quand on voit l'interdiction du soulèvement de la terre on se dit où ça commence on sait où ça commence à travers une cellule d'Eméter qui est unique et où ça va finir qu'est-ce qu'on va faire ?

28:30
Présentateur

Le film pose aussi la question des journalistes et de la responsabilité des journalistes et une phrase m'a frappé la presse locale sait tout mais ne peut rien dire la presse nationale elle ne sait rien mais peut tout dire est-ce que vous cautionnez cette phrase Inès Leroux est-ce que c'est ce que vous avez vécu et ressenti dans votre travail d'enquête ?

28:48
Invité

Oui un peu mais enfin effectivement moi je trouve important de ne pas nier la responsabilité notre responsabilité à nous journalistes dans cette affaire parce que finalement ce que j'observe et mes enquêtes m'ont amené à comprendre qu'il y avait eu quand même un gros silence médiatique sur la montée en puissance de l'agro-industrie voire une forme de bienveillance des médias aussi parce que certaines presses vivent des publicités de l'agro-alimentaire de la grande distribution ou on l'état pour actionnaire qui est un grand collaborateur de l'agro-industrie mais en fait en se déplaçant et en vivant en Bretagne c'est vrai qu'on peut ce que j'ai fait j'ai découvert c'est assez rare de faire ça parce que aujourd'hui il y a de plus en plus de journalisme qui se développe dans les grandes villes qui part de Paris pour se développer dans les grandes villes mais pas dans les zones rurales et en fait moi j'invite les journalistes à aller enquêter et s'installer dans les zones rurales parce que quand on travaille pour un média national c'est vrai que dans cette situation là on sait tout et on peut tout dire

29:56
Présentateur

et c'est ce que raconte le film le film très bien votre installation en Bretagne Pierre Jolivet

30:01
Invité

oui je voudrais revenir sur ce que dit Inès c'est ce que vous avez dit d'abord c'est un film qui raconte l'histoire de femmes les héroïnes sont des femmes voilà et il y a je crois au coeur du travail d'Inès Morgane Large cette journaliste locale qui s'est fait déboulonner quand même trois fois les boulons des roues de sa voiture ce qui est vraiment une agression une tentative d'homicide et je crois que la rencontre entre Inès et Morgane c'est la rencontre et qui est fondamentale dans le travail l'amitié de ces femmes va faire qu'elles vont aller plus loin la locale et la nationale et j'ai voulu aussi traiter cette histoire de rencontre et d'amitié et c'est vrai qu'on a créé ensemble du coup ça a été une rencontre très fructueuse on a créé Splend un média d'investigation régional indépendant

30:42
Présentateur

Yves Defremantel je rappelle que vous êtes dirigeant de l'exploitation du domaine de Beaulieu face aux algues vertes aujourd'hui est-ce que vous voyez des solutions et plus largement est-ce que vous voyez des solutions pour proposer des alternatives face à ce système agro-industriel qui a un impact considérable négatif sur la nature

31:00
Invité

Oui tout à fait je crois que le constat a été bien réalisé et bien montré dans le film et sur d'autres moyens et qu'aujourd'hui il faut faire de la résistance mais de la résistance sous forme de résilience c'est-à-dire qu'il faut construire des exemples qui fonctionnent donc nous on a développé le bio holistique qui est un bio global où on ne peut pas faire de bio holistique si on n'a pas des animaux et de la culture pour avoir le cercle vertueux les animaux nourrissent le sol le sol nourrit les plantes les plantes nourrissent les animaux et on développe le circuit court une agriculture très diversifiée où on ne va pas polluer parce que c'est extensif les animaux vont en pâture les pâtures captent le carbone de l'air et le transforment en azote par la photosynthèse donc il y a tout un enchaînement complexe de la nature qui s'équilibre on a mis 7 km de haies l'année dernière qu'on va continuer à développer pour avoir cet équilibre microphone microflore le gibier va revenir etc et pour ça on a un organisme qui nous aide déjà depuis plus de 60 ans qui est le CIVAM le CIVAM c'est le centre d'initiative pour valoriser l'agriculture et le milieu rural et ce CIVAM aide les agriculteurs à changer leur façon de faire agissent auprès des pouvoirs publics pour essayer d'orienter l'agriculture vers une agriculture plus propre plus durable et justement avec parfois des aides financières pour pouvoir que les aides financières soient bien orientées pour aider cette agriculture qui a le souci qui redonne du sens en fait le sens de notre métier c'est quoi ?

c'est de préserver la nature tout naturellement et puis de bien nourrir les gens le paysan doit être le premier acteur de votre santé or aujourd'hui le paysan est devenu agriculteur et agriculteur ça veut dire on développe au niveau industriel et on fait du fric parce que alors derrière il y a une solution il y a un rôle très important des consommateurs aujourd'hui on est consommateur on est piégé par la communication on va faire ses courses à la grande distribution qui est un commerce de l'industrie et tous ces consommateurs ils ont ils peuvent devenir des consommateurs acteurs c'est à dire qu'ils vont dire on arrête d'acheter d'aller faire nos courses à la grande distribution et d'encourager le système et on va faire nos courses dans des petites structures qui achètent chez les producteurs directement en circuit court donc qui permettent aux producteurs de vivre avec des petites structures des petites surfaces et puis derrière ils seront satisfaits parce que s'ils font s'ils acceptent pendant un an ne serait-ce qu'un an de faire leur budget nourriture quand ils achètent à la grande distribution et puis ensuite de faire pendant un an de l'achat de qualité dans les petites structures ils peuvent s'apercevront qu'ils ont peut-être acheté plus cher leur panier mais gagneront à la fin de l'année ils auront fait des économies

34:27
Présentateur

un mot pour terminer cette discussion sur les victimes les victimes elles-mêmes je cite la mention qui apparaît à la fin du film on a longtemps cru qu'il y avait une fracture non c'est pas celle-ci excusez-moi le 25 novembre 2022 après quatre années de procédure la famille Offray a été déboutée car elle n'a pas pu démontrer selon la justice que les algues vertes étaient la seule cause du décès de Jean-René la famille a fait appel Inès Léraud où est-ce qu'on en est aujourd'hui ?

34:50
Invité

alors ben la famille attend son appel mais c'est vrai enfin attend que l'audience ait lieu en appel ce qui était assez fou en première instance je suis allée à l'audience c'est que le procureur disait oui il y a bien de l'hydrogène sulfuré sur place dans l'estuère du Gouessan là où est mort Jean-René mais rien ne prouve que ça vient des algues vertes voilà donc on ne s'attendait pas en fait à cette forme de réponse de la justice le même endroit où il y a 24 sangliers qui sont morts de la même manière 36 36 sangliers qui sont morts

35:23
Présentateur

merci beaucoup à tous les trois Pierre Jolivet Inès Léraud Yves Defromantel et on recommande très très chaudement d'aller en salle au cinéma pour voir ce film Les algues vertes il est 8h36 qui sont morts

35:34
Locuteur

qui sont morts qui sont morts qui sont morts