Possibilité d’une hausse d’impôts ? Gérald Darmanin est l’invité du 18 septembre 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. C'est donc l'heure désormais du rendez-vous politique. Julien, vous recevez ce matin dans les 4V Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur des missionnaires.
Oui, Gérald Darmanin qui reprend la parole après plusieurs semaines de silence. Bonjour à vous. Bonjour. Et votre parole est attendue parce que dans deux heures, maintenant trois heures, vous allez voir Michel Barnier à Matignon avec Gabriel Attal. Et la dernière fois que vous l'avez vu, c'était un petit peu tendu et vous avez créé un petit choc en sortant, en racontant ce qu'il vous avait dit. Vous avez dit, Michel Barnier m'a dit qu'il allait augmenter les impôts, sauf que du côté de Matignon, on dément. Alors dites-nous exactement que vous a dit à ce moment-là Michel Barnier.
Moi, je n'ai pas l'habitude de raconter les échanges avec qui que ce soit, ni avec mon groupe, ni avec le Premier ministre qui m'a reçu samedi dernier. Mais ce qui est sûr, c'est que nous, pour rentrer au gouvernement, c'est ce qu'a dit Gabriel Attal et c'est ce que nous disons dans l'ex-majorité, dans le groupe qui soutient le président de la République, nous avons un certain nombre de demandes. Mais alors attendez, est-ce que ça veut dire que vous démentez des propos rapportés qui vous ont été mis dans votre bouche sur la hausse des impôts ? Michel Barnier a lui-même dit qu'il était pour la justice fiscale.
En général, quand on est pour la justice fiscale, c'est pour l'augmentation des impôts. Il a dit une heure de grande écoute. Oui, mais est-ce qu'il vous a dit plus précisément à vous, oui, j'ai l'intention d'augmenter les impôts ? Moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'il est hors de question que nous puissions rentrer dans un gouvernement ou que nous puissions soutenir à l'Assemblée nationale, puisque je vais redevenir député, un gouvernement qui augmente les impôts. Quand on a fait la volonté de faire une union avec les Républicains, eux-mêmes, ils ont dit dans leur pacte républicain, pas d'augmentation d'impôts, aucune augmentation d'impôts et 25 milliards d'euros d'économie.
C'est dans le projet qu'a porté M. Wauquiez que j'avais salué. D'ailleurs, rappelez-vous, au lendemain, les élections législatives, élections législatives que ni les LR ni nous n'avons totalement gagnées. On peut aussi se le dire qu'il faut que nous soyons tous inspirés par l'humilité. Et donc, je pense que dans ce que nous devons faire, et c'est ce qu'a dit Gabriel Attal, et moi, je le soutiens parfaitement dans la réunion de groupe que nous avons eu hier, c'est que nous ne pouvons pas rentrer dans un gouvernement sans savoir ce qu'il va faire. Sinon, c'est la lutte des places. Et ce n'est pas ce qui, objectivement, doit intéresser les Français aujourd'hui.
– Mais Gabriel, pardon, est-ce que dans votre échange, il est allé un petit peu plus loin de ses propos tenus avec sa première place de parole ? – Moi, j'ai entendu… – Quand il a parlé de justice fiscale, il a dit oui, ça veut dire hausse d'impôt.
– J'ai vu, ben, justice fiscale, ça veut dire hausse d'impôt. – Mais est-ce qu'il vous l'a dit comme ça ? – Voilà, ben, écoutez, la vérité, c'est qu'il l'a dit à plusieurs reprises. Et j'ai constaté que le communiqué de presse hier soir de Matignon ne disait pas qu'il n'augmenterait pas les impôts. Il a dit que toutes les options étaient sur la table et qu'aucune option n'était arrêtée. – Oui. – Donc je pense que, d'abord, un, il ne faut pas… – Y compris le scénario de ne pas les augmenter. – Mais ça fait 7 ans que nous baissons les impôts. À la demande du président de la République, moi, j'ai supprimé la taxe d'habitation. Nous avons redonné du pouvoir d'achat aux Français.
On a supprimé des cotisations pour augmenter des salaires. On a supprimé des impôts sur les sociétés. On a baissé l'impôt sur les sociétés. On a supprimé l'ISF. On a fait ce qu'on appelle un prélèvement forfaitaire unique pour moins taxer ceux qui entreprennent. – Et il ne faut pas y toucher ? – Pardon, on a réussi à faire baisser le chômage. On n'a pas tout fait bien dans la majorité du président de la République, c'est sûr. Sur le logement, on n'a pas été très bon pour améliorer la vie du handicap. On n'a pas assez lutté contre les discriminations. Mais économiquement, l'attractivité de la France, c'est très positif avec la politique économique que nous avons mise en place.
Il ne faut absolument pas casser cette machine économique. – Même si ça ne concerne que les grosses entreprises, c'est ça qu'on lit peut-être. Mais surtaxation, sur les profits des très grosses entreprises, sur l'impôt, sur les sociétés. – Mais c'est la facilité, l'impôt. D'abord, ce n'est pas ce que pensent les LR. Et ce n'est pas ce que nous pensons. Donc d'abord, il faut clarifier ça. C'est la facilité d'augmenter les impôts. Les LR ont toujours dit qu'ils pouvaient faire des économies. 25 milliards d'euros, c'est ce qu'avait dit le pacte de LR. Voilà 3-4 semaines qu'il a été écrit. Nous, nous pensons qu'il faut faire également des économies. Bruno Le Maire l'a dit, elle a très bien dit.
On a eu la chance d'avoir Bruno Le Maire au ministère de l'Économie et des Finances.
– Le gouverneur de la Banque de France, François-Villeroy de Gallo, qui est pas un gauchiste, il est ce matin dans Le Parisien, il dit qu'il faut lever ce tabou de la hausse des impôts.
– Avec tout le respect que je dois au gouverneur de la Banque de France, je suis allé devant mes électeurs. J'ai été élu par mes électeurs. Mes électeurs, je me suis engagé devant eux, comme tous les députés de l'ex-majorité, comme les LR, à ne pas augmenter les impôts. C'est la facilité à l'augmentation des impôts. Nous sommes le pays, malheureusement, où il y a encore le taux d'impôt le plus important. Pourquoi on a fait la réforme des retraites ? Pour ne pas augmenter les cotisations. Pour dire que c'est le travail qui doit nous permettre de faire vivre nos services publics, nos salaires et nos retraites. Donc nous avons là un débat qui n'est pas du tout médiocre. C'est très intéressant.
On ne peut pas rentrer dans un gouvernement sans avoir ce qu'on va y faire, monsieur. Vous comprenez bien. – Alors justement… – Donc, le premier sujet, c'est aucune augmentation d'impôts. C'est ce que nous demandons. Et personnellement, c'est ce que je demande.
Et la deuxième des choses… – Ça veut dire, ça veut dire juste, s'il y a des augmentations d'impôts, vous et votre camp et les macronistes ne participeront pas et ne soutiendront pas le gouvernement ?
– Moi, bien sûr, je l'ai dit et je l'ai dit publiquement, on n'est pas là pour ça. Ce n'est pas en faisant 7 ans de baisse d'impôts qu'on va changer de braquet et changer ce qu'on donne comme image aux investisseurs du monde, parce que c'est grâce à ça qu'il y a du chômage en moins dans notre pays et donc beaucoup moins de misère. Moi qui suis élu de Tourcoing, le chômage qui a baissé à Tourcoing, des familles qui ont retrouvé de la dignité, c'est grâce au président de la République. Et je ne changerai pas de politique économique, et ensuite, nous discuterons avec nos amis, et vous vous rendez bien compte de la situation à laquelle nous sommes.
Le président de la République n'a demandé à Michel Barnier d'être un Premier ministre de rassemblement. Je sais qu'il va réussir à le faire. C'est un lieu de conciliation. – C'est mal parti. – C'est très difficile. – Il y a des dissensions dans tous les sens. – Non, mais c'est difficile. – Ça m'est tendu la réunion tout à l'heure. – Oui, mais c'est difficile parce que Michel Barnier représente un groupe de 47 députés à l'Assemblée nationale, nous, nous sommes une centaine, nous n'avons pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale, le président de la République a demandé à Michel Barnier d'ouvrir, de faire l'union, de rassembler. À lui de le faire.
Nous, nous sommes prêts à rentrer dans cette union pour le pays. – Alors Michel Barnier, il dit juste parce que vous allez lui demander des précisions. Tout à l'heure à Matignon, vous allez lui demander des engagements, et on voit bien que vous en faites un marqueur politique important. Lui, il dit, les infos, vous les aurez pendant la déclaration de politique générale. Vous vous dites, ben non, il les faut avant ?
– On ne va pas rentrer dans un gouvernement sans savoir ce qui va se passer. Ce ne serait pas normal, vous diriez, et à juste titre, ben enfin, tous ces gens sont là pour les places ministérielles. Ce n'est pas le but du jeu. Le but du jeu, c'est d'être conforme, me semble-t-il, à une union qui nous permet d'être assez fort, alors que l'Assemblée sera déjà très hostile pour faire des choses concrètes aux Français. Qu'est-ce qu'on va faire sur la politique du logement ? Qu'est-ce qu'on fait en politique économique ? Sur une politique sociale ? Aujourd'hui, votre reportage sur le SMIC à l'instant est très intéressant. Aujourd'hui, le travail ne paye pas assez.
C'est incontestable que le travail paye de moins en moins. Et que les gens se disent, ben je travaille, et finalement, je ne m'en sors plus. Les femmes seules qui ont des enfants qui nous écoutent le savent mieux que personne. Et ces gens sont poussés à voter à l'extrême droite ou à l'extrême gauche, ou à ne pas aller voter, parce que, alors qu'ils travaillent, alors qu'ils ont un emploi, ils n'arrivent pas à s'en sortir. Que fait-on pour eux ? Alors ça peut être la dé-SMIC artisation, comme ça a été dit.
On peut demander aussi aux entreprises, moi ça a toujours été mon credo, pas d'impôt pour les entreprises, mais leur demander d'être plus patriote, la participation, l'actionnariat à salariés, me payer. Moi, je n'étais pas contre l'augmentation du SMIC, pas à 1 600 euros comme le nouveau fonds populaire, ce point de façon intelligente avec les partenaires sociaux. Ce qui est certain, c'est que nous avons d'énormes chantiers devant nous, et ça ne peut pas être découvert le jour où le Premier ministre et sa politique générale. Parce que si on n'est pas d'accord avec ça, monsieur, qu'est-ce qu'on fait ? Je ne sais pas, on s'émissionne, on s'en va. Voilà, ce n'est pas raisonnable pour le pays.
Donc dans n'importe quelle coalition, et Michel Barnier est un homme de grande expérience de façon européenne et française, on doit pouvoir échanger sur le fond d'une politique publique menée.
On lit beaucoup votre nom sur le Quai d'Orsay, est-ce que ça vous intéresse ? Est-ce que vous êtes candidat ?
Moi, j'ai été sept ans ministre du gouvernement, j'ai fait l'impôt à la source, je me suis occupé des Jeux olympiques, je souhaite retourner au Parlement. Si le président de la République et le Premier ministre me souhaitent me proposer quelque chose, ils le feront, mais je ne suis pas candidat à un poste ministériel, je suis en revanche candidat à ce que nous avons construit, reste, et je suis candidat à mes engagements devant les électeurs soient tenus. Et je ne participerai pas à un gouvernement
qui n'est pas clair sur l'augmentation des impôts. Est-ce que vous demandez aussi de la clarté à Michel Barnier sur la question de l'immigration, qui est la question dont vous êtes occupé tout au long de ces années, en tant que ministre de l'Intérieur, quand il était candidat à la candidature pour LR, il était pour la suppression de l'aide médicale d'État, par exemple, il était pour également un moratoire sur l'immigration, il a dit que c'était un sujet important pour lui, est-ce que vous en avez parlé ? Est-ce que vous attendez aussi tout à l'heure des engagements de sa part ?
Alors, on n'en a pas parlé, mais c'est normal, mais je pense que vient le moment désormais, indépendamment des places au gouvernement, finalement, ça n'a pas beaucoup d'intérêt, quelle politique on va mener ? Et donc, il y a une question très importante sur l'immigration, je rappelle qu'on a fait voter il y a six mois que les LR ont d'ailleurs voté, donc on va peut-être déjà l'appliquer. Enfin, l'immigration, sur la sécurité, sur le handicap, sur le logement, sur l'école, il faut savoir ce que veut faire le Premier ministre et le prochain gouvernement. Donc, il faut rentrer désormais dans cette phase de savoir ce que l'on veut faire. Et il n'y a pas de chèque en blanc.
Voilà, nous, on est là pour aider à la réussite de la France, aider à Michel Barnier à réussir, mais permettez-nous peut-être de savoir ce qu'il veut faire exactement. Il y a quelques lignes que nous avons définies dans le groupe du président de la République avec Gabriel Attal. Pas d'augmentation d'impôts. Par exemple, pas d'argent moins pour les policiers, pour les gendarmes, pour les militaires. On a fait des lois de programmation très importantes pour notre pays. Ça, c'est pas dans les tuyaux, a priori. Non, mais peut-être qu'il vaut mieux le dire avant. C'est toujours mieux qu'on se dise des choses avant. C'est plus sincère. Moi, je viens du Nord, je suis quelqu'un de franc.
Voilà, on se dit les choses avant, parce que sinon, après, il y a quelque chose qui ne va pas. Et les Français nous disent « Mais alors, vous n'êtes pas clairs entre vous,
ce qui demande, c'est avant tout la sincérité de la carte. » Puisque vous parlez des forces de l'ordre, peut-être un mot sur le bilan des Jeux olympiques. Les Français ont constaté pendant cette période qu'il y a plutôt une meilleure sécurité que d'habitude. Comment faire pour que ça continue maintenant et qu'on ne revienne pas à la situation d'avant ? Il faut continuer à faire
ce que nous faisons depuis de nombreuses années, c'est augmenter les effectifs de police et de gendarmerie. Il y avait 45 000 policiers et gendarmes qui étaient présents dans tous les sites olympiques.
Ils sont tous au repos aujourd'hui ?
Non, ils ne sont pas tous au repos. Nous devons encore deux mois de congés à la plupart des policiers et des gendarmes. Ils ont fait un effort considérable. Et nous avons surtout organisé l'avis du ministère de l'Intérieur différemment grâce à la réforme de la police nationale que nous l'ont portée. Les gens qui font du judiciaire font les enquêtes. Les gens qui sont en uniforme sont sur la voie publique. Ça, je pense qu'on a vu beaucoup de policiers et de gendarmes dans la rue, pas qu'à Paris. Et il faut continuer.
Pour ça, il faut plus de moyens pour les policiers et les gendarmes. Un mot sur Edouard Philippe. On connaît votre proximité avec le maire du A. Vous le soutenez depuis longtemps. Il s'est déclaré pour 2027. Est-ce que vous le soutenez ? Est-ce que c'est votre candidat ? Je pense que ce n'est pas le temps
de la campagne présidentielle puisque nous sommes à deux ans et demi de cette campagne présidentielle. Il s'est lancé trop tôt ? On doit réussir. Attendez, moi, je suis pour l'instant au gouvernement et dans l'action pour les Français. Edouard Philippe, il n'est pas au gouvernement. Il fait ce qu'il souhaite. Et tout le monde sait que par ailleurs, Edouard Philippe est un grand homme d'État. Et il rendra des grands services à la France. Il viendra le moment où la campagne présidentielle commencera. Et chacun se positionnera. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'Edouard Philippe est un grand avenir pour notre pays. Merci beaucoup, Gérald Darman.
On va suivre, évidemment, votre rendez-vous tout à l'heure à 10h30 à Matignon. Elle n'est pas tout à fait confirmée pour moi. Ah d'accord, d'accord. On verra si ça se confirme. Merci beaucoup.
Merci, messieurs. Merci à tous les deux. Merci également à Fabrice Penaud pour la langue des signes. C'était Les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv
Gérald Darmanin