Municipales : qui sont les gagnants, qui sont les perdants ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir, bonsoir à toutes et à tous. C'est un sens public 100 % politique que je vous propose ce soir, 90 minutes pour donner du sens aux résultats des élections municipales hier et pour rendre aussi hommage à un homme qui avait su unir la gauche sans céder aux insultes et à la violence, Lionel Jospin. Ce 22 mars 2026 aura marqué notre histoire politique, il symbolise la fracturation de l'opinion doit-on désormais parler de trois France ?
On va quand même le reste de la France, notamment la France des villes moyennes, des petites villes et la France rurale qui là a voté davantage LR et RN également, le RN qui confirme sa bonne dynamique électorale. Je pourrais ajouter d'ailleurs une troisième France peut-être, qui est la France des banlieues. C'est là que la France insoumise a réussi le plus son infantation à Saint-Denis, à Creil, à la Courneuve.
Il y a les Insoumis dans certaines banlieues, mais aussi la percée du rassemblement national dans les villes petites et moyennes, la domination du parti LR avec près de 1300 maires dans toute la France. Et puis des victoires majeures pour la gauche à Paris, Lyon et Marseille. Bref, tout le monde peut dire qu'il a gagné.
D'ailleurs, les leaders de toutes ces familles politiques ne s'en sont pas privés sur ce plateau hier soir. Peut-on vraiment tirer des leçons nationales de ces 34 874 scrutins locaux que nous réserve la course présidentielle lancée dès hier soir par plusieurs candidats déclarés. On en débat dans une minute avec nos experts et dans trois quarts d'heure avec nos invités politiques.
Et vous pouvez, comme tous les jours, réagir grâce à notre QR code, notamment à la mort de Lionel Jospin à l'âge de 88 ans, l'ancien premier secrétaire du Parti Socialiste sous François Mitterrand, devenu premier ministre de cohabitation face à Jacques Chirac aura marqué la Vème République par la victoire de la gauche plurielle en 1997 et par ce 21 avril 2002. Fabien Recker. la responsabilité de cet échec, et j'en tire les conclusions en me retirant de l'avis politique après la fin de l'élection présidentielle. 21 avril 2002, une date historique et un séisme à gauche.
Éliminé au premier tour de l'élection présidentielle, Lionel Jospin annonce qu'il quitte la scène politique. La politique qui, pourtant, le berce depuis l'enfance, ameudant dans une famille protestante militant à la SFIO. Je me souviens d'une perquisition de la Gestapo dans notre appartement.
J'ai le Je ne me souviens que de l'importance du silence. Il fallait savoir se taire, parce que si on ne se taisait pas, on pouvait faire courir des risques immenses à des personne. Et je suis sûr qu'après coup, y compris dans la vie politique, j'en ai gardé une certaine horreur des bavardages.
Passé par le trotskisme, Lionel Jospin adhère au Parti socialiste en 1971. Proche de François Mitterrand, il lui succède à la tête du PS quand la gauche prend le pouvoir en 1981. Dans les années 80, il gère l'écurie socialiste et ses différents courants apparaissant parfois comme un premier secrétaire isolé.
Mais Lionel Jospin nourrit déjà d'autres ambitions. Je ne peux pas me confondre avec mon parti ou avec un appareil. L'homme, avec sa carure, son existence, sa couleur propre doit exister.
Je pense qu'il apparaîtra de plus en plus. Aux prises avec Laurent Fabus lors du congrès de Rennes en 1990, il s'impose comme le leader de son et porte les couleurs de la gauche à la présidentielle de 1995. Deux ans plus tard, Jacques Chirac dissout l'Assemblée nationale.
La gauche gagne les législatives, c'est la cohabitation. Lionel Jospin débarque à A la tête d'un gouvernement de gauche pluriel, il mène plusieurs chantiers. Emplois jeunes, PACS, couverture maladie universelle et réduction du temps de travail.
Nous avons pour perspective que la durée légale soit à 35 heures pour tous avant la fin de l'actuelle législature. En 2002, Lionel Jospin est de nouveau candidat à la présidentielle mais rate sa campagne, un traumatisme. Le 21 avril 2002 a été pour moi une épreuve cruelle.
Désormais en retrait de la politique, il continue néanmoins de peser à gauche soutenant Ségolène Royal en 2007. Un quinquennat plus tard, François Hollande lui commande un rapport sur la modernisation de la vie publique. Lionel Jospin appelle à mettre fin au cumul des « Nous devons renoncer à cette exception française. » En 2014, il entre au Conseil constitutionnel, un sage demeuré fidèle à sa famille politique, comme ce jour-là en compagnie de parlementaires Je suis dans un temps où je n'ai aucune raison d'avoir des déplaisirs.
C'est ce que vous leur avez dit ? Moi rien ! Premier ministre de la plus longue cohabitation sous la 5ème République, l'homme du 21 avril 2002 était une figure tutélaire à gauche.
L'homme du 21 avril 2002 est aussi l'homme de la gauche plurielle dont on parle pour ouvrir notre débat avec Frédéric Savicky, bonsoir. Bienvenue, vous êtes professeur de sciences politiques à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chercheur au Centre européen de sociologie et de sciences politiques et vous publiez avec Igor Martinach la fin des partis, point d'interrogation, aux presse universitaire de France. Bérangère Bond, bonsoir.
Bienvenue, vous êtes journaliste politique, votre livre Gabriel Attal, L'ange exterminateur aux éditions de l'Archipel, vous présentez également le podcast dans l'hémicycle et vous avez à de nombreuses reprises pour différents projets rencontré, interviewé Lionel Jospin. Steward Cho, bonsoir. Bienvenue, merci d'avoir accepté notre invitation, directeur des études à l'Institut Vériant.
Anne-Charlène Bézina, Bonsoir Anne-Charrel, toujours sur ce plateau comme hier soir pendant notre soirée électorale, constitutionnaliste et éditorialiste pour sens public. Et puis avec nous en duplex Alain Richard, ancien ministre de la Défense de Lionel Jospin. Merci d'avoir accepté notre invitation, un premier tour de table.
Peut-être que je commence avec vous Frédéric Savicky. Quel héritage ? Parce qu'on a donné deux dates.
Il y a la victoire de 97 le 21 avril 2002. Quel héritage vous retenez-vous de Lionel Jospin C'est compliqué parce qu'il a eu une longue vie politique. C'est devenu une figure morale ces dernières années, Lionel Jospin.
C'est quelqu'un dont la parole était rare mais très écoutée. Autant sur le coup, j'allais dire la défaite tragique pour lui et pour le Parti socialiste de 2002 avait à la fois troublé l'homme et puis suscité beaucoup de discussions sur sa responsabilité personnelle, sur la conduite de sa politique, autant les années passant finalement cette période a été très largement reconsidérée positivement comme un moment à la fois pour le pays de plutôt bonne situation économique, de réformes sociales conséquentes au moment même où par exemple en Allemagne ou en Angleterre les socialistes largement adeptes de la troisième voie mettaient en oeuvre des politiques sociales libéral, donc il avait su, lui, finalement garder le cap et notamment maintenir en tout cas pendant toute la période de gouvernement une majorité large qui incluait des communistes, des écologistes, des radicaux mais et également des chevets de mantistes à l'époque. Et finalement, après coup, son quinquennat à lui...
On peut parler comme ça, parce qu'il a duré et c'est assez rare, sous la 5ème République, a été très largement, on pourrait dire, réappréciée et ce qui lui a conféré cette autorité morale. Et d'ailleurs, effectivement, on ne va pas pouvoir se concentrer sur tout. Donc on a choisi de parler de ces 5 années de de pouvoir et de cohabitation.
Bérengère Bonde, qu'est-ce qu'il en disait de cette cohabitation face à Jacques Chirac ? Ça a duré cinq ans quand même. Ça a duré cinq ans et on s'imagine toujours que c'est un enfer la cohabitation.
Moi, plusieurs premiers ministres, quand j'ai travaillé sur le Conseil des ministres pour un livre et des documentaires, m'ont dit que c'était presque un fantasme ce qu'a eu le droit de vivre Lionel Jospin. Au sens où il était seul avec ses ministres quasiment toutes les semaines. C'est un premier ministre ne peut pas réunir occasionnellement ses ministres tout seul sans le président.
Lui, par définition, ça fonctionnait différemment. Il avait un pouvoir qu'aucun premier ministre n'a jamais eu hors cohabitation. Et il s'est même payé le luxe en tout début de son mandat à Matignon.
Jacques Chirac avait expliqué à la télévision, le 14 juillet, que le président aurait le dernier mot. Et évidemment, Jospin était furaxe. Il a demandé à pouvoir intervenir en Conseil des ministres pour faire un rappel, un cours de droit constitutionnel à Jacques Chirac en lui disant vous ne trouverez nulle part dans la constitution cette histoire de dernier mot et donc il lui fait vraiment un cours de droit.
Il m'a raconté ça mais avec un plaisir, c'était...
Alors quand on parle de l'austérité de Lionel Jospin...
L'austère qui se marre, c'était le surnom qui s'était donné. C'est l'austère qui savait exactement où il est. Moi j'ai repensé aussi à un Deuxième, quand j'ai appris sa mort ce matin, il y avait ce souci de venir-là.
Et puis, alors, il y a eu le Jospin figure morale, le Jospin droit dans ses idées. Moi, je pense, quand j'ai J'ai enquêté sur Elisabeth Borne. Elle a été sa conseillère très, très proche à Matignon.
Elle était encore relativement jeune et...
C'était un mentor, c'était clairement un mentor. C'était vraiment...
Et c'était réciproque. Il y avait une énorme confiance. Et quand j'ai contacté l'Union de Jospin parce que je travaillais sur Elisabeth Borne, c'était silence radio.
Il a fallu que j'insiste énormément. Je n'ai jamais pu faire d'entretien en bonne et mute forme. Il a fini quand même par accepter qu'on se parle quelques minutes.
Je ne citerai pas les propos parce que j'ai promis de ne pas le faire, mais on sentait un homme blessé et notamment parce qu'elle a remis par exemple en cause leur oeuvre commune, les 35 heures par exemple. Elle me disait que c'était très idéologique notre façon de travailler. Ça illustre bien cette droiture qui pouvait confiner parfois à la rigidité.
En tout cas, c'est comme ça que certains le décrivaient. C'est effectivement une anecdote passionnante. Alain Richard, je viens de première fois vers parce que dans notre reportage hommage d'ouverture, il y a cette phrase où il avait horreur des bavardages.
Est-ce que vous l'avez ressenti ça ? Vous avez travaillé cinq ans, vous avez passé cinq ans au ministère de la la défense pendant toute cette cohabitation. Pour moi, le padre dans lequel on travaillait était celui de la constitution telle que ça vient d'être rappelé, c'est-à-dire que le président de la République avait cette prérogative, en particulier en matière de défense pour l'engagement des forces.
Mais pour beaucoup d'autres choses, c'était le gouvernement qui avait pleine responsabilité, et en en particulier Jacques Chirac, comme vous le savez peut-être, avait dans sa famille et dans tout son passé une attirance particulière pour l'industrie de défense. Il aurait beaucoup souhaité prendre parti dans les discussions que vous Nous avions pour regrouper et concentrer, rendre le plus compétitif de l'industrie de défense. Et on lui a expliqué que ça ne faisait pas partie de ses prérogatives.
Donc il y a eu un cadrage des et responsabilité qui a été solide et auxquelles Jacques Chirac s'est bien plié. Ce que je veux surtout souligner, c'est que pendant toute cette période, l'un comme l'autre dans les responsabilités internationales de la France, ont tenu à ce que les positions soient toujours communes. Ça prenait le temps que ça prenait. – Pardon de nous interrompre, monsieur le ministre, mais elle est un peu futile ma question, mais je vais oser la reposer.
Est-ce qu'effectivement, il chassait des bavardages, Lionel Jospin – Oui, oui, il détestait les commentaires un peu futiles qui pouvaient circuler dans la vie politique. – Alors restez avec nous, j'ai encore plusieurs questions à vous poser. Cette période de cohabitation.
Est-ce que Lionel Jospin a toujours été plus populaire que Jacques Chirac ou pas du tout ? Oui, alors il a été très populaire. Moi ça m'évoque tout ça, c'est effectivement le moment politique que l'on n'a jamais retrouvé au final depuis cette cohabitation.
Lionel Jospin rentre au gouvernement à un taux de niveau de confiance qu'on n'a jamais retrouvé pour un Premier ministre, 71 % de niveau de confiance. À titre de comparaison, on est dans un moment politique très différent, mais c'est à peine entre 20 et 23 % et il quitte le gouvernement Et c'est beaucoup puisqu'on lui reconnaît une dynamique plutôt positive à à peu près 50 % Donc ce que je veux dire par là, c'est qu'effectivement Il est entre 71 et 50 100%, surtout la durée de l'exercice de ses fonctions, ce qui montre qu'effectivement c'était un moment politique assez différent et assez singulier. On voit d'ailleurs dans son évolution de sa courbe de popularité, que ça évolue assez marginalement, peut-être une fois de manière un peu plus importante.
C'est fin décembre 97, début des années 98, où effectivement il annonce cette fameuse réforme sur les 35 heures où là il y a une première crainte et depuis il y a une légère érosion mais comme je vous le disais il arrive au final à la fin de ses 7 ans à 50 % ce qu'il ne s'est encore une fois jamais vu. Anne-Charlen, Est-ce qu'il y a une conception de la Constitution, du rôle du Premier ministre, de l'équilibre entre le Premier ministre et le Président qu'on peut mettre en exergue à propos de Lionel Jospin ? Il y en a même plusieurs des constitutions, Jospin, en réalité, il y a d'abord sa volonté de réformer le septennat en un quinquennat.
Il avait dit notamment qu'il valait mieux cinq ans avec lui que sept ans avec Jacques Chirac. Donc c'est une manière d'avoir défendu les institutions. Il a été assez respectueux, en réalité, du domaine réservée du président, on l'a dit, mais finalement dans une cohabitation qui était encore républicaine, dira-t-on, dans la pratique entre les deux institutions.
Je retiens aussi le fait qu'on est sur Public Sénat, donc on va parler de l'anomalie de la République, qu'il avait qualifié le Sénat de la sorte. Donc ça c'est peut-être un peu ce qu'on peut lui reprocher. Mais c'est vrai que c'était quelqu'un de respectueux aussi d'un certain sens de la transparence.
Il ne faut pas oublier qu'il a présidé cette commission Transparence de la vie politique et auparavant c'est quand même la personne qui a osé toucher aux fonds spéciaux alors aujourd'hui ça nous paraît quelque chose d'assez abscons mais en réalité c'était la pratique d'avoir de l'argent liquide dans plusieurs enveloppes ministérielles qu'il a réussi à prendre courageusement à bras le corps et donc voilà c'était un Premier ministre de la Transparence très respectueux des institutions républicaines qui les a un peu lus à la manière de Michel Rocard mais avec sa patte à lui et un chef de majorité quand même très ferme aussi, donc voilà un style républicain, un style constitutionnel qu'on n'a plus totalement aujourd'hui. Alain Richard, vous nous avez parlé de cet équilibre et depuis votre mission, votre poste de ministre de la Forcément, vous étiez entre Jacques Chirac et Lionel Jospin. Quelle réforme, quel moment particulier vous souhaitez mettre en avant aujourd'hui alors qu'on rend hommage et qu'on se souvient de l'ancien Premier ministre – Dans ce secteur-là, évidemment, c'est la professionnalisation des armées qui avait été décidée par Jacques Chirac après son élection d'ailleurs, sans être mentionné pendant l'élection, mais avant 97 et qui avait commencé à être planifié.
Et lorsque le gouvernement de Jospin est formé, nous avions la responsabilité de mettre en œuvre cette transformation profonde. Et Jean-Luc Tospin m'a dit « Nous continuons, nous ne sommes pas opposés à cette réforme, nous n'avons pas de mandat pour faire autre chose, donc on poursuit cette réforme et on l'a on l'a accompagné, on l'a accompli, je pense, sans désaccord du tout avec Jacques Chirac. Il y avait de temps en temps, on était en cohabitation, il y avait de temps en temps de sa part des critiques sur le fait que nous n'allions pas assez haut dans les dépenses d'investissement de défense, c'est-à-dire dans les dépenses d'armement, alors que nous étions dans la période des dividendes de la paix où, dans tous les pays, à commencer par les Etats-Unis d'ailleurs, les dépenses d'investissement de défense baissait et donc nous fusions un peu le parcours et comme la profession avait un coût budgétaire certain, il fallait bien faire un choix.
Mais en dehors de ce point-là qui est resté à la surface, c'est-à-dire que c'est simplement une critique superficielle. Et d'ailleurs, lorsque notre gouvernement est parti, les dépenses d'investissement n'ont pas considérablement évolué. Mais à part ce point-là, cette politique a été menée en plein accord.
Et alors, lorsqu'il y a eu les crises des décisions d'emploi des forces armées, ça s'est fait toujours en étroite concertation et on a fait fonctionner les institutions comme ça a été rappelé. Notamment les conseils restreints, les conseils de défense. Merci beaucoup Alain Richard de votre témoignage à très bientôt sur notre antenne, à très bientôt sur Public Sénat.
On va commencer à glisser vers l'actualité des municipales en écoutant Benoît Payan, qui venait tout juste d'être réélu maire de Marseille et qui rendait hommage à Lionel Josselin. C'était donc avant l'annonce de la mort de l'ancien Premier ministre. Écoutez.
Je pense que la constance en politique, ça paie. Vous savez, Lionel Jospin est quelqu'un qui compte beaucoup pour moi, qui m'a appris comme d'autres lui ont appris qu'en politique soit on se répète, soit on se contredit. Je préfère être dans la première catégorie.
Et puis je vous cite ce témoignage d'un de nos téléspectateurs, Franck qui nous écrit de Nice. J'ai des images de congrès du Parti socialiste où le électrique entre Fabius Jospin, Emmanueli, Rocard, Mélenchon et les autres. Une seule ligne ensuite, pas de fondeur.
Et puis il nous dit, seul candidat de gauche pour qui j'ai voté en 95 puis en 1997. Alors il y a cette histoire de constance, Frédéric Savicky. Certains diront de rigidité.
Est-ce que c'est pour vous un marqueur de Lionel Jospin ? La rigidité ? La constance aussi.
Il y a deux façons d'interpréter...
Non, c'est quelqu'un qui a...
D'abord, vous l'avez rappelé dans le reportage, il a commencé à l'extrême-gauche. C'est quelqu'un qui vient d'une matrice révolutionnaire, très marquée aussi par le combat anticolonial pour cette génération, pour des gens comme lui. La guerre d'Algérie, les guerres de libération coloniales ont été des moments très importants et notamment de prise de distance avec la vieille SFIO.
Donc il a quand même, j'irais, commencé très à gauche et puis il a accompagné finalement l'évolution du Parti socialiste. Il a été très favorable à la politique d'union de la gauche, il a travaillé avec François Mitterrand. François Mitterrand l'a fait nommé premier secrétaire lorsqu'il a été élu président de la République.
Il a largement, on pourrait dire, soutenu les nationalisations, les grandes transformations. Et puis après, il a accompagné aussi le revirement de la politique menée par les socialistes vers une politique, disons à la fois très pro-européenne, une politique qui préparait la France à l'euro, qui a accompagné aussi les privatisations, donc si on regarde quand même sa pratique politique, y compris comme ministre ou premier ministre, à force est de constater qu'il s'est adapté en même temps que son parti à l évolution de la conjoncture internationale et nationale, donc c'est pas quelqu'un de ce point de vue là qui est rigide. Par contre il avait des principes et notamment c'était un homme de parti, ça c'est très important de le souligner, c'est quelqu'un qui d'ailleurs avait beaucoup de peine à constater ce qui se passait au cours de ces dernières années, de voir les partis à ce point s'affaiblir et il avait la nostalgie finalement d'une politique où ce n'était pas une politique personnalisée, où c'était des hommes ou des femmes qui mettaient en avant des qualités personnelles ou des humeurs personnelles, mais des organisations puissantes et il rêvait quelque part quand même que le Parti socialiste puisse redevenir, quitte à ce qu'il se transforme, vraiment une organisation collective puissante autour de laquelle la gauche se rassemble. – Tiens, vous disiez des hommes et des femmes à nous peut-être là-dessus en gerbonde parce qu'il y a plusieurs témoignages que vous avez recueillis qui disent que ça a été un homme politique qui a laissé la place à des femmes politique c'est de notamment dominique voîné qui a été son ministre de l'environnement la parité c'est lui qui a signé kyoto etc pour lui enfin ils ont eu un elle a été importante dans ce gouvernement et elle disait ce matin c'est sans doute le premier homme politique pour qui les femmes ne faisaient pas partie du décor et c'était son expression quoi et qui a donné une réelle place et c'est vrai qu'Elisabeth Guigou, Marie-Élise Lebranchu, Martine Aubry évidemment, il y a quand même beaucoup de femmes qui durant la période notamment de Matignon le combat pour la parité c'est lui quand même avec son épouse et ça en fait presque un – Féministe, enfin moi je pense qu'on peut prononcer le mot. – Allez on commence à chercher cet effet miroir quand même Stuart Shaw parce que le succès de la gauche plurielle législative 87, forcément on est en 2026 et on voit plutôt une gauche des Unis ce soir.
Allez, on rentre dans le chapitre municipal avec vous. Oui, c'est vrai que là, c'est une France électorale un peu façon patchwork. C'est-à-dire que c'est très éparpillé.
La lecture nationale de ces C'est un sondeur qui vous le dit. Quand on fait des études, on a plutôt le sentiment de vouloir y voir plus clair. Là, on y voit beaucoup plus de complexité.
Pour la gauche, c'est vrai qu'il y a plusieurs La première, c'est qu'il faut noter la résistance au final quand même du Parti socialiste qu'on a pensé reléguer au final au deuxième voire troisième plan qui garde ces grandes villes en dépit d'un certain nombre de pertes. Donc ça, c'est quand même un premier point assez important. Et puis, sur la gauche, je trouve que ce qui est assez marquant, c'est qu'en termes de nationalisation de l'interprétation, c'est les ingénieries d'alliance qui ont fonctionné ou pas fonctionné.
Force est de constater que pour l l'instant, on a des doutes sur l'alliance qui a unis sur un certain nombre de villes LFI et le parti socialiste. C'est intéressant de le voir. Il y a quelques contre-exemples mais ils sont plutôt minoritaires.
Ils sont plutôt minoritaires. On a plutôt le sentiment qu'effectivement, lorsqu'il y a eu cette alliance, ça a eu un effet plutôt contre-productif puisque les villes ont été perdues. Est-ce que c'est dû vraiment à un front anti-LFI ?
Ça, il faudra le voir encore une fois sur les mobilités électorales. Il n'y a pas d'études pour l'instant qui, aujourd'hui, analyse les transferts de voix. Donc je pense qu'il faut aussi lire les choses avec beaucoup de prudence.
Est-ce que vraiment des électeurs ont décidé de faire front contre LFI en votant un candidat par exemple LR ? Je parle notamment à Toulouse. Il faut prendre quand même les choses avec beaucoup de précautions.
Néanmoins, et pour terminer sur la gauche, il y a des premiers indicateurs intéressants. Quand on regarde dans les études d'opinion, les dernières heures ou derniers jours, je dirais avant le second tour, l'alliance, la désirabilité d'alliance dans le socle électoral de gauche, PS, Europe Écologie, Les Verts, était extrêmement faible. 66 % des électeurs PS ne voulaient pas et ne souhaitaient pas d'alliance, quelle que soit la configuration de second tour avec l'FI, 50 % pour les électeurs Europe Écologie, Les Verts.
Donc est-ce que c'est un premier indicateur qui montre qu 'effectivement cette gauche plurielle aujourd'hui n'existe plus, en tout cas ne gagne plus ? Alors ce qui est sûr c'est que depuis hier soir 20h, ou 20h05, Olivier Faure, il l'a répété plusieurs fois, il désigne son boulet. On écoute le premier secrétaire du Parti Socialiste.
Jean-Luc Mélenchon est devenu aujourd'hui le boulet de la gauche. La réalité d'ailleurs, ses propres amis devraient s'en rendre compte. Si Damien Maudet à Limoges et si François Picmal à Toulouse n'avaient pas dû supporter le poids de Jean-Luc Mélenchon, de ses outrances, de ses dérives antisémites, ils auraient gagné à Toulouse et à Limoges.
Et donc c'est à eux de se poser la question aujourd'hui de ce qu'ils font, parce qu'il y a aujourd'hui un sujet, et ce sujet c'est qu'il y a un plafond de verre qui plane au-dessus de la gauche et que fait descendre la France Insoumise sur la gauche. – Félix Savicky, Jean-Luc Mélenchon, Boulet de la gauche, comment vous analysez cette affirmation d'un Olivier Faure qui aurait peut-être pu y penser un petit peu avant Oui, enfin, c'est-à-dire que c'est ce qui vient d'être dit. L'avantage et l'inconvénient des élections municipales, c'est que vous pouvez isoler quelques exemples et utiliser ces exemples à charge ou à déchargent en votre faveur ou en défaveur de l'adversaire.
Donc oui, probablement à Toulouse, il y a eu incontestablement un effet repoussoir sur une partie des électeurs de centre-gauche ou des socialistes. Ailleurs, c'est beaucoup moins évident quand on regarde, par exemple, on citait justement le cas de Limoges ou de Nantes ou...
Bon, il y a des cas où la fusion n'a pas empêché le Parti socialiste de gagner la mairie. Il y a d'autres cas où la défaite...
C'était Grenoble, ça a été serré. Oui, oui, mais enfin bon, il y a des cas où la défaite socialiste s'explique passe pas simplement par un rejet ou même principalement par un rejet de l'alliance LFI quand on regarde les scores obtenus au premier tour à Brest, par exemple par le maire François Cuyandre on se rend compte que c'est très bas et alors que que lui incarne une ligne différente. – Effectivement, on est tous d'accord pour dire qu'il y a peut-être autant d'explications que de villes, mais sur la stratégie politique d'un Olivier Faure quand même, qui juste avant le premier tour et juste après le second, est en conflit ouvert avec Jean-Luc Mélenchon et a laissé faire les fusions entre les deux.
A laisser faire parce qu'il ne pouvait pas faire autre chose que de laisser faire. Mais dans l'illustration de l'affaiblissement des partis, dont on parlait tout à l'heure. Il y a un instant de l'affaiblissement des partis.
Le Parti socialiste a eu beau sanctionner symboliquement Catherine Trottmann en lui retirant le soutien officiel. D'abord la plupart des colistiers issus du Parti sont restés en place et aujourd'hui, tout le monde présente une alliance avec un candidat et Catherine Tottenham va être considérée comme une victoire du PS contre une alliance écolo Et donc aujourd'hui, les configurations locales sont à tel point différentes. Les candidats mais aussi les maires sortants agissent assez largement à leur guise.
Alors évidemment, ils ne peuvent pas transgresser totalement, mais si Olivier Faure avait décrété ou le bureau national qu'il était absolument impossible de faire la moindre alliance avec LFI, il n'est pas sûr qu'il ait été suivi. Et d'ailleurs François Hollande, qui est complètement contre cette alliance, a lui-même avalisé une alliance à Tulle qui finalement n'a pas été efficace. Donc c'est vrai que le pragmatisme, ça a été aussi très largement finalement de faire de nécessité vertu.
On en déduit aujourd'hui, parce que les adversaires d'Olivier Faure se saisissent effectivement de ça pour lui essayer de le déstabiliser, voire de le renverser. Donc lui, pour réagir, évidemment, j'allais dire... – Il en remet une couche contre Jean-Luc Mélenchon. – Contre l'exemple et en contre une couche, mais très fondamentalement, tous les partis d'ailleurs ont fait la même chose, les écologistes aussi ont été incapables d'imposer une seule ligne, il n'y a que les insoumis qui y arrivent à peu près et encore. – Oui, bon allez on avance parce qu'il y a beaucoup de thèmes évidemment mais heureusement on a encore plusieurs jours, plusieurs semaines pour tirer le dessin de ce scrutin.
Parmi les résultats marquants de la soirée d'hier, Anne-Charlène, il y a Le Havre et Pau, deux anciens premiers ministres dont les destins se croisent. – Exactement et c'est ce dont j'ai choisi de vous parler ce soir, je vais vous dresser un petit portrait des points communs et des divergences pour qu'on comprenne un peu les deux dynamiques et puis je vais essayer d'expliquer pourquoi les destinées ont été différentes. Alors dans les points communs évidemment ça tombe un peu sous le sens, deux anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron, plutôt dans un bloc central de personnalités politiques nationales, tous deux ancrés localement et depuis longtemps.
Pour Edouard Philippe, ça remonte à 2010, François Bayrou est l'humain depuis 2014, mais on sait qu'il était auparavant déjà conseiller municipal et dans sa région depuis assez longtemps et de grands défenseurs du cumul des mandats, notamment puisqu'on sait que François Bayrou le lendemain de son accession à Matignon se rend au conseil municipal et Edouard Philippe a même l'idée d'aller tenter la municipale alors qu'il est encore Premier ministre. Donc ce sont vraiment des férus, on va dire, de leur mandat local. Pour autant, il y a des enjeux qui étaient assez différents.
Et oui, notamment par rapport à la nationalisation du scrutin, qu'on s'est tous interdit de faire, mais qu'eux deux ont assumé totalement pleinement. Notamment Edouard Philippe qui en a fait une étape à son accession présidentielle en disant si je ne convainc pas les avrais, je n'aurai pas assez de légitimité pour aller à la présidentielle. On rappelle qu il est plus ou moins en écurie depuis le départ de Matignon en 2021, carrément candidat annoncé depuis 2024.
Donc là, c'était vraiment la dernière étape pour lui. François Bayrou, c'est presque un peu la même chose dans le sens inverse. C'est-à-dire qu'en fait, il avait besoin de venir avaliser localement une fin de parcours national qui a été quand même climante et difficile.
Donc, il avait besoin peut-être de cette posture de sage dans sa cité. Alors, qu'est-ce qui explique cette différence de résultat ? Alors déjà, il me semble un différentiel de temps.
C'est-à-dire qu'Edouard Philippe est quand même moins collé à son bilan, étant donné qu'il a quitté Matignon il y a assez longtemps. A l'inverse, François Bayrou part sur un profil assez clivant avec un départ un peu en araquiri. Là, à peine, en septembre de cette année.
Donc, je pense que c'est dans tous les esprits. Évidemment, les affaires judiciaires et l'affaire Boutarame. On ne peut pas considérer que François Bayrou, localement, n'a pas pâti de cette grande affaire alors qu'Edouard Philippe n'a pas eu d'équivalent au Havre.
Et puis, attention, la personnalisation de l'ancrage local n'est pas du tout la même entre les deux hommes, pas le même style. On va dire plutôt un style plus technocratique et discret de la part d'Edouard Philippe, là où François Bayrou joue complètement la baronnie locale. Ce qui est, il parlait d'ailleurs de son fief très souvent dans ses discours, ce qui est quand même prompt à solliciter le dégagisme.
Alors en conclusion, moi je me suis demandé si justement étant donné que François Bayrou avait perdu son levier locaux, il ne pouvait pas devenir une une forme de soutien intellectuel à Edouard Philippe qui serait ce candidat du centre élargi et pourquoi pas un socle commun qui se, voilà, rabiboche autour du destin croisé de ces deux hommes. Merci beaucoup Bérangère vous avez consacré une biographie à Edouard Philippe le sioux c'est aux éditions de l'archipel la semaine dernière vous étiez sur ce plateau vous disiez ne pas croire à une défaite voilà les avraies réalisent leur mère c'est la formule que vous aviez employé il l'emporte alors il l'emporte il l'emporte quand même c'est serré c'est six points d'écart avec le candidat communiste Jean-Paul Lecoq est-ce qu'on peut dire quand même que c'est un élan un peu faible pour relancer sa campagne présidentielle moi je n'ai pas d'accord moi je dirais pas ça parce qu'il a vraiment été donné perdant par tout le monde et tout le monde gère le simple fait c'est sans doute une erreur de sa part évidemment d'avoir dit d'avoir mis en la balance il faut que je sois réélu pour pouvoir poursuivre la route vous pensez bien que toute la gauche locale voulait se payer le scalp de leur philippe et le rn de la même façon par ailleurs justement le vote rn est quelque chose qui était un peu inexistant au Havre et qui, c'est pas énorme, mais enfin quand même, qui s'est maintenu. Il était dans une triangulaire.
Encore 11 % au second. C'est ça. Là où il peut être satisfait, d'une certaine façon, c'est que le vote et Rennes a régressé entre le premier et le deuxième tour.
Donc il l'a visiblement convaincu de l'utilité de faire front autour de lui. Et puis là où aussi, autant on a tous remarqué qu'il avait vraiment fait une campagne très locale, on ne l'a pas vue, contrairement par exemple à un Gabriel Attel qui a fait le tour de l'Europe et qui s'est absolument pas occupé des municipales. Lui, il est resté dans sa ville, il a quand même commencé dans l'entre-deux-tours, à bien se rappeler aux souvenirs de ses troupes, à tordre le bras de Pierre-Yves Bournazel à Paris et il obtient, même si ce n'est pas une réussite parce que la candidate Dati finalement n'est pas élue, mais il obtient de Bournazel qu'il se Horizon a soutenu le candidat LR.
C'est-à-dire qu'il a envoyé des gages à la droite qui vont lui être logiquement assez utiles dans la perspective d'une présidentielle. Et puis on peut mettre à son crédit, je ne suis pas sûr que les Français le fassent, mais c'est finalement le seul des candidats à la présidentielle qui a pris le risque de se présenter aux municipales. Je ne suis pas sûr que ça le servira tant que ça, c'est dans un an qu'on votera pour la présidentielle, mais c'est un élément à prendre en compte peut-être ?
Oui, je pense qu'en tout cas le narratif qui va vouloir aussi mettre en avant plaider cette dimension un peu courageuse, de se dire voilà, je vais au suffrage et je n'ai pas peur d'y aller, je n'ai pas peur finalement de me confronter à mon électorat. Dans une ville aussi d'ailleurs où on lui attribue quand même, et ça c'est perçu de manière assez transversale et nationalement dans nos sondages, cette idée de proximité et de quelqu'un qui est proche des gens et de son territoire. Ça c'est un élément assez distinctif aussi au final par rapport aux prétendants déclarés ou non déclarés à l'élection présidentielle de 2027, c'est quelqu'un qui est ancré, qui a une expérience, pas simplement nationale mais aussi au niveau du territoire et ça, ça peut plaire.
Deux éléments pour compléter, on voit quand même que depuis un certain nombre de mois, et notamment avec la rupture consommée avec le président de la République, il a dégringolé dans les sondages. Chez nous, il perd entre 17 et 20 points en quelques mois. On verra si effectivement cette réélection lui redonnera une nouvelle dynamique.
Il y a une question qui se pose, et c'est mon dernier point, c'est au final la raison d'être aussi de cette candidature. C'est-à-dire qu'hier, sur les plateaux de télé, on avait effectivement un Édouard Philippe ressorti, plutôt vainqueur renforcé, mais un LR qui n'a pas, semble-t-il, très envie non plus de lui laisser forcément le champ libre. Donc d'une certaine manière et un Gabriel Attal d'ailleurs peut-être sûrement aussi en embuscade.
Ah oui, qui a pris la parole assez vite aussi dans la soirée. Tout à fait. Et qui d'ailleurs dans son discours a plus appelé, je dirais le centre gauche que le centre droit et d'une certaine manière il va quand même y avoir en dépit de sa réélection une bataille et un duel au centre qui va être assez important. – Éric Savicky, est-ce que l'une des leçon de ce scrutin, même si les uns et les autres restent prudents sur les leçons nationales, c'est...
Alors j'allais dire l'obligation. Le terme est certainement trop fort. Mais la pression pour organiser des primaires au sein de de ce bloc central pour désigner un centre candidat et ne pas s'éparpiller ?
On n'en a pas beaucoup parlé jusqu'à présent, mais la progression quand même de l'implantation locale du Rassemblement national...
J'y viens juste après. Le RN et les villes moyennes, c'est écrit mais au-delà même des villes moyennes donc il y a quand même effectivement une confirmation que le RN sort non pas forcément très très renforcé mais enfin voilà. Plus puissant qu Il est puissant, il reste dans le paysage et probablement son candidat ou sa candidate, on ne sait pas encore très bien, a très très forte chance d'être présente au premier tour.
Donc mécaniquement ça veut dire pour les autres forces politiques à gauche et à droite qu'il n'y a plus qu'une place et qu'il ne peut y avoir qu'une seule place donc ça veut dire qu'à droite et au centre droit de horizon au modem en passant par Renaissance jusqu'à LR, il faut trouver le moyen d'éviter la guerre. Et même chose, alors pas avec la France insoumise, mais sûrement sans, puisqu'ils ont leur candidat, même chose pour les autres forces de Donc ça, les municipales le confirment, il n'y a pas eu un camp qui a écrasé l'autre, les forces sont plus ou moins équilibrées, même si LR a plutôt de meilleures performances qu'Horizon, parce que Horizon c'est aussi le maire de Nice qui a été battu, c'est pas rien. Donc ils ont gagné le Havre, mais à côté de ça les autres têtes de pont en quelque sorte ont échoué et l'air est plutôt renforcé donc ça va être compliqué pour Edouard Philippe de convaincre à la fois sur sa gauche, entre guillemets, au renaissance et sur sa droite LR, qu'il est le candidat qui est au barycentre d'une certaine façon.
Alors il y a eu un discours hier qui était clairement en s'appuyant sur l'identité populaire à Vraise, un discours qui l'ornit à gauche. Bon voilà, environnement, social, sécurité. Donc il essaye de rassembler mais reste le dispositif.
C'est-à-dire que qui va l'investir son parti n'est pas suffisamment puissant pour s'imposer aux autres. Donc il va bien falloir effectivement une négociation. Alors la négociation ça peut se faire sur des places aux législatives, sur des responsabilités gouvernementales, sur un programme ou sur un dispositif, une primaire ou une négociation entre les parties.
Mais je dirais que de ce point de vue là on a beaucoup focalisé sur les divisions de la gauche. La route va être quand même très escarpée. Alors on ne va pas faire du raffarin pour dire que la pente est raide mais la pente n'est pas vraiment beaucoup moins raide à droite qu'à gauche.
Allez on parle du rassemblement national dans un instant, vous vouliez prendre la parole Anne-Charlée ? Peut-être un mot pour dire que, alors c'est la constitutionnaliste qui parle mais le véhicule des primaires, moi j'ai quand même beaucoup de mal à l'envisager entre trois parties ayant des représentations locales, nationales, différentes. Comment est-ce que vous voulez convaincre d'un départage identique entre trois formations politiques différentes, déjà ça me paraît très illégal et en plus voilà soit ça se joue à la courtoisie et dans ce cas là c'est en fait une primaire qui va se jouer dans les sondages, soit j'ai du mal à visualiser. 2016 c'est une primaire de la droite et du centre.
Oui c'est pas illégal. C'est une primaire. C'est une primaire.
C'est une primaire. C'est une primaire de la droite et du centre. Alors excusez-moi mais en réalité les candidats centristes y participent quasiment pas.
Ça s'est organisé dans le cadre des statuts de LR. Il faut trois partis différents qui se mettent d'accord pour changer leur parti pour solliciter leurs adhérents pour dire que le processus est identique. Moi je vois pas comment ça peut se faire.
Il y avait une équipe Juppé, une équipe Feufillon, une équipe Bruno Le Maire. Dans un contexte où ils travaillaient ensemble...
Moi je je vois pas tellement comment les trois parties pourraient perdre leur identité pour choisir finalement des processus de consultation des adhérents qui soient les mêmes. Ça me paraît quand même très complexe et très difficile à organiser en si peu de temps. C'est parfait, on commence, on amorce un débat qui va certainement nous passionner...
Nous mobiliser pendant pas mal de temps. Dans les prochaines semaines, le Rassemblement national, alors il y a eu l'effet loupe, on va voir les résultats de la ville de Toulon, lors Lavalette qui depuis des semaines était donnée favorite et qui est finalement battue par la mère sortante José Massy. Tiens, on va écouter un extrait de la déclaration de la députée RN de Toulon lors Lavalette, c'était hier soir.
Le peuple toulonnais s'est exprimé et pas réussi à rompre le front du rejet qui s'est levé de LR à LFI pour faire barrage au projet de proximité et d'avenir que nous avons porté pour tous les Toulonais. Cette défaite est la mienne, j'en assume la pleine responsabilités ? Alors, il y a effectivement cet effet loupe sur Toulon, mais à côté de ça, il y a quand même plus de 60 villes, remportées par le Rassemblement National.
Ils avaient 13 mers sortants, c'est ça ? Ils ont gardé leur ville et ils en conquièrent 50 de plus. Donc voilà, c'est quand même un ancrage local, pas dans toute la France, mais c'est quand même un ancrage local qui se renforce, on peut dire ça – Oui, effectivement, c'est une percée lente, on va dire.
C'est-à-dire qu'effectivement, quand on voit qu'il y a 57 villes, il me semble de plus de 3 500 habitants, aujourd'hui sous l'étiquette RN, c'est autant de mer… – On arrive à 63 avec les Alliés. – Avec Luière, avec Luière, – Et puis c'est autant de maires que de conseillers municipaux aussi, c'est-à-dire autant de conseillers municipaux que de cadres qui vont être formés par le parti quand on sait que l'élection présidentielle, elle se gagne aussi sur cette légitimité et cette crédibilité d'un point de vue de l d'opinion, de faire du RN un parti de gouvernement. C'est quelque chose qui est extrêmement important.
Et puis, d'une chose aussi, c'est-à-dire que là, on parle des résultats du second tour, c'est un tiers de l l'électorat français qui se sont rendus aux urnes, puisqu'au final 95 % des communes avaient déjà un maire élu dimanche dernier, enfin dimanche il y a 10 jours. Donc ce qu'il faut aussi avoir en tête, c'est les maires qui sont sans étiquette et qui sous la houle, on va dire de ces grandes villes, pourraient aussi au final se révéler être autant de soutien du RL, notamment en vue des sénatoriales. – Oui d'ailleurs ils avaient fait, je me souviens bien, signé un pacte à un certain nombre d'élus qui se présentaient sans étiquette, et qui s'engageaient éventuellement ensuite à donner la signature au candidat ERN et éventuellement peut-être à voter pour un candidat ERN au sénatorial du mois de septembre.
Il y avait ces engagements. Tout à fait. Donc, d'une certaine manière, même ces maires qui sont sans d'étiquettes.
Si, finalement, on se rend compte, au final, dans quelques mois, en septembre, que ces maires sans d'étiquettes sont en majorité aussi des maires qui pourraient voter rassemblant au national, c'est quand même d'autant plus d'ancrage et de force donnée au rassemblement national, donc oui je verrais qu'il y a une petite première vague qui s'installe et puis peut-être finalement un courant sous-jacent qui va progressivement arriver, donc il faut être très prudent sur cette percie RN. Deuxième question du même téléspectateur Franck, mais elle est bonne donc je la donne, qui se pose justement la question des conséquences au sénatorial, Frédéric Savicky, parce que je crois que le nombre de conseillers municipaux c'est plus de 3000, 3500 si on ajoute les alliés à l'extrême droite. C'est une implication entre 3 et 4 par rapport à 2020.
C'est annonciateur d'un groupe Rassemblement National ici au Sénat, il y a de fortes chances. Disons que si on regarde la concentration géographique parce que la carte des villes et des conseillers municipaux ARN n'est pas étale. Elle est très forte dans le sud-est de la France, maintenant aussi un peu dans la région Occitanie, dans le Nord, surtout dans le Pas-de-Calais, dans l'Est.
Ce sont en plus des gros départements. Il y a beaucoup de sièges sénatoriaux. On oublie aussi qu'à Marseille, il y a deux mairies de secteur qui ont basculé du côté de l'extrême droite.
Donc, mécaniquement, ces départements-là vont fournir, indépendamment, on pourrait dire du reste, trois, deux, trois sénateurs potentiel pour le Rassemblement national. Il faut 10 sénateurs, si je contrôle pour constituer un groupe. Il y en a déjà 3.
Et on en reçoit l'un des trois dans quelques minutes. 7 me semblent effectivement très atteignable. Et puis on ne sait pas ce que les élus ruraux, sans étiquette officiellement, vont faire dans le secret de l'isoloir. – Allez, dernier mot, Anne-Charlène. – Petite conséquence institutionnelle à laquelle on a assez peu Le parti Rassemblement National, anciennement Front National souffrait très souvent des parrainages à l'élection présidentielle en disant qu'on a peu d'implantation locale et on a du mal à trouver des gens qui nous soutiennent.
Ça aussi, ça va changer. Oui, ce sera certainement un non-sujet. On est bien d D'accord, mais ça change un peu la rhétorique Jean-Marigny, donc ça va changer quelque chose Vraies nouveautés et futurs non-sujets On est bien d'accord Merci beaucoup, merci à tous d'avoir participé à ce débat J'ai rappelé les titres de vos livres Frédéric avec Igor Martinach, la fin des parties aux presses universitaires de France et Bérengère, bon de Gabriel Attal l'ange exterminateur, quel titre aux éditions de L'Archipel et puis je cite également votre podcast dans l Un hémicycle en préparation, un épisode en préparation sur l'impact justement sur les sénatoriales et sur la vie parlementaire de ces municipales.
Dans quelques jours. Vous serez réinvités alors, ça ne saurait tarder. Merci beaucoup, à très bientôt sur notre antenne.
Gabriel Attal