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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 19 avril 2017 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSécuritéSolidarités & famille

Jean-Pierre Raffarin : "Emmanuel, ton tour viendra ... l'Elysée n'est pas un centre de formation"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:02OuverteRéponse directe

    Deux propositions pour commencer, vous me dites celles qui vous agréent.

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Franchement, c'est une campagne difficile ?

  • 0:34RelanceRéponse partielle

    Vous l'aviez même écrite dans un livre, donc j'ai du mal à imaginer que vous puissiez aimer davantage cette campagne.

  • 0:49OuverteRéponse directe

    La situation internationale et nationale est très grave ?

  • 1:36OuverteRéponse directe

    Vous êtes en phase avec cela, Jean-Pierre Raffarin ?

  • 1:54RelanceRéponse directe

    Vous êtes à l'aise avec ces critiques contre le système médiatique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36Invité politiqueFait
    « je me souviens que vous n'avez pas aimé la campagne Sarkozy de 2012 »
  • 1:06PrésentateurFait
    « la guerre gronde aux frontières de l'Europe »
  • 2:31PrésentateurFait
    « mon ennemi c'est la violence »
  • 4:42PrésentateurFait
    « On reproche à Poutine de prendre la Crimée sans règle internationale »
  • 5:22PrésentateurFait
    « Il y a un risque de Marine Le Pen qui est un risque sérieux »
  • 5:53PrésentateurFait
    « Aucun leader des Républicains ne parle d'alliance avec le Front National »
  • 7:41PrésentateurFait
    « J'ai des désaccords avec eux, j'ai des points d'accord avec eux »
  • 8:31PrésentateurFait
    « Moi, je suis sur la même ligne qu'Alain Juppé »

Temps de parole

  • Présentateur80 %
  • Jean-Pierre Raffarin20 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Jean-Pierre Raffarin

Bonjour Jean-Pierre Raffarin. Bonjour Patrick Cohen, bonjour à tous. Deux propositions pour commencer, vous me dites celles qui vous agréent. Un, quelle belle campagne avons-nous eue ? Deux, vivement que ça s'arrête.

0:10
Présentateur

Bon écoutez, ce sera pas mal quand ça sera passé quand même. Donc vivement que ça s'arrête. Franchement oui, franchement c'est une campagne difficile. Moi c'est la plus difficile que j'ai eu à connaître. La plus difficile ? D'une certaine manière la moins agrée à beaucoup de sectarisme, beaucoup de clivage, beaucoup de division, enfin tout ça, bon c'est la démocratie, c'est le débat, c'est mieux d'avoir des débats que de ne pas en avoir,

0:33
Jean-Pierre Raffarin

mais enfin c'est quand même assez dû. Et ce n'est pas rien dans votre bouche Jean-Pierre Raffarin, parce que je me souviens que vous n'avez pas aimé la campagne Sarkozy de 2012. Vous l'aviez même écrite dans un livre, donc j'ai du mal à imaginer qu'au fond de vous, vous puissiez aimer davantage cette campagne de 2017.

0:49
Présentateur

Si vous voulez, je pense que la situation internationale et nationale est très grave. Donc je suis dans une situation où finalement j'ai une conscience personnelle d'une extrême gravité. Quand je vois aujourd'hui M. Trump, quand je vois la tension en Corée, quand je vois M. Erdogan, quand je vois M. Poutine, je me dis que la guerre gronde aux frontières de l'Europe. Et tout se passe comme si finalement tout ça n'avait pas beaucoup d'importance pour nous. Quand vous regardez les deux sujets majeurs qui sont, un, notre sécurité, deux, l'emploi, ce sont des sujets graves qui vont imposer beaucoup de courage, beaucoup d'audace, beaucoup de détermination.

Et puis finalement, on s'aiguait dans des débats qui sont assez loin de ces réalités. Franchement...

1:33
Jean-Pierre Raffarin

C'est ce que dit aussi François Fillon, mais sur un autre mode. Il dit qu'il a été empêché de développer ses propositions à cause du système médiatique. Vous êtes en phase avec cela, Jean-Pierre Raffa.

1:43
Présentateur

Le système médiatique, il ressemble à la société. Et donc, on a le système médiatique qu'on mérite, comme on a les hommes politiques qu'on mérite. Donc tout ça, on est collectivement tous responsables.

1:54
Jean-Pierre Raffarin

Donc vous êtes en phase, vous êtes à l'aise avec ces critiques contre le système médiatique, la police de la pensée, l'idée que si les journalistes se font me laisser dans les meetings, ils l'ont un peu cherché ?

2:02
Présentateur

Très franchement, moi ce qui me gêne le plus, c'est un peu la violence sur les réseaux sociaux, pour être très franc. Parce que dans les débats, on peut s'exprimer, vous pouvez m'attaquer, je peux vous répondre. Et puis de toute façon, c'est le pluralisme. La seule façon d'avoir un équilibre politique, ce n'est pas d'avoir une pensée dite objective, c'est d'avoir le pluralisme des opinions. Moi je ne crois qu'au pluralisme, pour faire affirmer la vérité. Mais quand je vois, je n'aime pas la violence. Et je vois la violence dans la société française. Hollande disait, mon ennemi c'est la finance, moi mon ennemi c'est la violence. Et je la vois partout présente aujourd'hui.

Et ça, je trouve que c'est une démocratie qui se met en danger aujourd'hui, quand on crée autant de tensions. Parce qu'à un moment ou à un autre, il faut quand même rassembler, il faut pouvoir gouverner. Ça va être très difficile de gouverner. Ça va être très difficile. Si Mme Theresa May a fait des législatives, c'est pour avoir plus de force. C'est parce qu'elle a vu qu'il y avait des élections en Allemagne, et des élections en France. Elle veut se rélégitimer. Et en fait, c'est une question de leadership. Les autres ne nous attendent pas. Et ni Erdogan, ni Poutine, ni Trump. Et donc dans ce contexte-là, on a besoin d'être très fort et d'être plutôt rassemblés.

Et nos campagnes, surtout sur les réseaux sociaux, ça claque avec une telle brutalité. Et puis, un peu schématique. On a du mal à avoir une pensée nuancée, une pensée complexe, une pensée équilibrée.

3:24
Jean-Pierre Raffarin

Vous pensez aussi, j'imagine, pas seulement aux réseaux sociaux, mais à des ambiances de meetings aussi. Oui, bien sûr. C'est vrai qu'il y a une bonne ambiance dans les meetings de François Fillon ?

3:34
Présentateur

Non, il n'y a pas une bonne ambiance. Mais si vous voulez, il faut bien se dire une chose très claire. C'est que... Non, du point de vue de la santé démocratique globale, il y a beaucoup d'enthousiasme, il y a beaucoup de clivage. Mais c'est vrai que les hommes politiques aujourd'hui, les journalistes, les magistrats, tous ceux qui sont les représentants du Syrien, ne sont pas aujourd'hui dans une cote d'amour dans la société, disons-le clairement. Donc, on a un problème de représentation dans notre société. Et aujourd'hui, il y a un petit sentiment d'esprit rebelle qui fait qu'on conteste un peu tous ceux qui représentent.

Donc, au fond, moi, je dis, pensons à la gravité des choses, pensons à ce qu'il nous faut pour diriger le pays. Et si je suis avec François Fillon, c'est parce que je pense que c'est le plus solide pour la gravité. Voilà, c'est ça. J'ai des points d'accord, des points de désaccord, mais c'est le plus solide face à la gravité des choses. J'ai grand peur que M. Trump nous fasse une opération comme il l'a fait en Syrie, sans prévenir personne, se lançant dans une opération qu'on ne peut pas complètement condamner parce qu'on l'a demandé à Obama, mais au fond, sans concertation, sans droit international. On reproche à Poutine de prendre la Crimée sans règle internationale.

Mais si on fait la même chose, et si demain, on tape la Corée du Nord sans discuter avec la Chine, où est-ce que nous allons ? La situation est extrêmement dangereuse, sans parler du rapport de force que fait Erdogan avec l'Union Européenne. Donc, c'est grave, il faut de la solidité.

4:59
Jean-Pierre Raffarin

Vous parlez des risques extérieurs, Jean-Pierre Raffarin. Quels sont les risques intérieurs à vos yeux ? Je connais à peu près la réponse parce que vous l'avez souvent dit, y compris à ce micro. C'est le risque du Front National de Marine Le Pen ?

5:11
Présentateur

Je pense que c'est le risque de la violence. C'est donc le risque de tous ceux qui ont des raisonnements schématiques et de tous ceux qui peuvent créer dans le pays des tensions. Je pense qu'il y a un risque de Marine Le Pen qui est un risque sérieux et qu'il faut essayer d'éviter cette épreuve au pays.

5:28
Jean-Pierre Raffarin

Mais est-ce que vous n'êtes pas troublé par le fait que les rares critiques contre Marine Le Pen et le Front National le recueillent au mieux dans les meetings de François Fillon qu'une indifférence polie, au pire des sifflets comme à Nice contre Christian Estrosi ?

5:40
Présentateur

Non, mais alors ça, il faut voir les choses de mon point de vue un peu différentes. Je pense que le Front National, c'est en grand partie une question qui est assez réglée au sein des militants, ceux qui viennent dans les meetings des Républicains. Nous avons clairement dit à plusieurs reprises que nous ne venions pas de l'alliance. Aucun leader des Républicains ne parle d'alliance avec le Front National. Donc c'est une affaire qui est, je crois, politiquement réglée. Ce qui est très clair, alors il y a des porosités de vote partout, mais aussi de l'extrême gauche vers l'extrême droite. Donc on voit bien ça, la porosité, elle existe partout.

Et puis alors, c'est vrai qu'il y a chez tous ceux, parce que pour François Fillon, ces élections ont été très difficiles, et pour ces militants et ceux qui l'ont soutenu coûte que coûte, ne pardonnent pas beaucoup à ceux qui l'ont lâché. Donc c'est sûr qu'il y a une tension très très forte de ceux qui sont fidèles, qui ont été fidèles à François Fillon dans la tempête, et qui voient dans les meetings des gens qui viennent et qui ont été, de leur point de vue, moins fidèles. Et donc là, ça crée en effet une tension. Il y a une forme de radicalisation. Il y a toujours eu radicalisation dans les dernières heures de campagne.

6:49
Jean-Pierre Raffarin

Radicalisation, c'était le mot utilisé par Alain Juppé au moment où il a tourné le dos à François Fillon. Base radicalisée, avait-il dit au lendemain du Trocadéro.

6:58
Présentateur

Tourner le dos est une expression un peu forte. On ne l'a pas vu beaucoup. Puisqu'il a annoncé qu'il soutenait François Fillon, il se voit aujourd'hui. Donc il y a des points d'accord, il y a des points de désaccord, mais il est clair qu'aujourd'hui, toute la famille des républicains d'Alain Juppé à Nicolas Sarkozy fait le choix de Fillon parce que c'est le choix d'un projet, d'une volonté, d'une solidité dans la gravité de la situation.

7:22
Jean-Pierre Raffarin

Sens commun, le mouvement issu des veilleurs de la Manif pour tous dont François Fillon fait l'éloge, n'est pas, à vos yeux, Jean-Pierre Affarin, un peu trop visible, trop présent dans cette campagne ?

7:32
Présentateur

Franchement, je trouve qu'il y a une forme un peu de sectarisme à faire de sens commun, la diabolisation. Je n'aime pas les diabolisations. Moi, je les connais, les gens de sens commun. J'ai des désaccords avec eux, j'ai des points d'accord avec eux. Je suis d'accord avec ce que dit Alain Juppé. Mais je vois bien que les expressions, parce que c'est toujours en 140 signes, c'est très rapide. Ce que dit Juppé, par exemple, il dit je serais dans l'opposition si sens commun dictait la ligne politique au gouvernement. Moi aussi, dicter la ligne politique. Mais Philippe de Villiers...

8:04
Jean-Pierre Raffarin

C'est rapporté par le canard enchaîné, donc vous validez ces propos.

8:08
Présentateur

Non, je ne valide pas du tout, mais tous les réseaux sociaux citent ça. Donc c'est un fait aujourd'hui que c'est cité partout. Moi, ce que je dis, c'est que Philippe de Villiers était dans le gouvernement de Jacques Chirac, il n'a pas dicté la ligne politique du gouvernement de Jacques Chirac. Parce que la ligne,

8:24
Jean-Pierre Raffarin

en l'occurrence, ce sont des revendications précises de sens commun. La réécriture de la loi Taubira contre l'adoption plénière

8:29
Présentateur

par les homosexuels... Donc, ça, vous connaissez. Moi, je suis sur la même ligne qu'Alain Juppé. Je défendrai les positions qu'on a défendues avec Alain Juppé. Je pense que c'est quelque chose qui est important. Mais globalement, je ne veux pas diaboliser ni sens commun, ni les adversaires de sens commun. Je comprends bien qu'il y a un débat sur cette question et que ce débat, il est profond parce que c'est un débat éthique, parce que c'est un débat de conviction. Mais je ne veux pas qu'on diabolise. Et donc, moi, je ne veux pas qu'en effet, quelques groupes que ce soit dicte, mais pas plus les cathos que les francs-maçons que les agriculteurs.

Je ne veux pas qu'on dicte la politique du gouvernement. Et je peux vous dire une chose. Pour François Fillon, c'est son projet qui dictera la ligne politique de son gouvernement.

9:09
Jean-Pierre Raffarin

C'est le projet Fillon. Pour résumer, d'accord, pour que sens commun soit au gouvernement, mais à condition qu'il n'impose pas leur vue ou leur revendication. Mais franchement, je ne veux pas parler

9:17
Présentateur

de composition du gouvernement. D'abord, il faudrait supposer qu'il y en a parlé. On n'a pas encore gagné, donc on ne parle pas de composition du gouvernement. Et puis, deuxièmement, je ne suis pas sûr qu'on compose un gouvernement aujourd'hui en fonction d'un dosage de sensibilité. Il nous faut des compétences pour un projet. Le projet, c'est celui de Fillon et de personne d'autre. On a accepté ce projet et on est derrière. Et il faut des gens compétents et non pas des gens qui viennent faire une autre politique. Il faut des gens compétents pour appliquer ce projet.

9:43
Jean-Pierre Raffarin

Jean-Pierre Raffarin, Vite-être France Inter. On vous retrouve dans quelques minutes avec les appels des auditeurs au Standard Inter. 8h32.