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interviewLCI (sur YouTube)· 14 février 2024 31 min

L'ancien patron de l'Express, un espion du KGB

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

et donc depuis 2 ans que nous explorons la guerre de Poutine contre l'Ukraine dans toutes ses dimensions donc celle du renseignement russe franchement on avait pas imaginé une telle révélation elle est tout à fait spectaculaire pendant 35 ans le directeur de l'Express de l'époque était un espion du KGB on va en parler avec vous Étienne Gérard merci beaucoup d'être avec nous vous signez cette enquête rédacteur en chef société pour cette hebdomadaire nous sommes associé en partenariat d'ailleurs au numéro que on trouvera dans les ces de demain mais l'enquête on peut la lire dès à présentument et et on va en parler avec vous elle est passionnante évidemment on a envie de parler de de la taupe de John lecré c'est au-delà de ça on va évoquer ce cet espion français qui a euvré pendant 35 ans également avec vous Galia Carman merci beaucoup historienne etesséiste d'origine russe et auteur notamment du régiment immortel la guerre sacrée de Poutine pierreasky merci d'être avec nous éditorialiste international pour France Inter et LOPS bonjour amiral lagaraille ancien commandant de l'école navale ancien directeur du Centre des hautes études militaires et Lucas Manget grand reporter ancien correspondant notamment en moyenne Orient je suis sûr que vous avez été aussi scotché comme nous par la lecture de cette enquête sur cette taupe soviétique au cœur du pouvoir et c'est vrai que pour la France et pour la presse mais pour le pouvoir en général c'est une formation capitale et renversante il s'appelait Philippe grimbac c'était une figure de l'élite française communiste devenu giscardien très proche de l'ancien président jade vous nous rejoignez jade Partouche bonjour à vous vous avez lu cette enquête attentivement très longue enquête très documentée et vous nous en dites un peu plus sur Philippe grimbac pour ceux qui ne l'ont pas connu effectivement c'est l'une des pièces maîtresses de Moscou en France pendant ça a été l'une des pièces maîesses de Moscou en France pendant plus de 30 ans Philippe grimbac c'est lui sur cette photo c'est le 2uxe en partant de la droite juste à côté de Françoise Girou cette photo a été prise alors qu'il était numéro 1 du journal L'Express cet homme a été pendant toute sa carrière de journaliste un homme puissant et influent aux commandes des Soviétiques il a été recruté par le KGB en 1946 il avait alors que 22 ans et il était déjà journaliste c'estàdire que journaliste n'est pas une couverture il a véritablement étudié le journalisme aux États-Unis d'ailleurs quand il s'engage dans un premier temps au KGB c'est pour de véritables convictions idéologiques le l'argent sera un moteur mais dans un second temps quand il rentre en France c'est quand il rentre en France en 1950 que sa carrière d'espion débute ici et c'est Jean-Jacques servant schrebert qui le recrute à L'Express dans lequel il sera il va faire il va faire sans peig une véritable place jusqu'à atteindre l'échelon suprême à savoir directeur du journal il y passe une première décennie jusqu'en 1963 il démissionne et il revient en 1971 de nouveau pour une petite dizaine d'années comme cette fois directeur politique de l'bdo deux décennies donc qui vont lui ouvrir les portes les plus importantes des plus hautes sphère de l'État l'époque actuelle ce n'est pas ce n'est pas son époque à lui hein à l'époque les journalistes entretenaient de véritables relations amical avec les présidents mon cher ami disait-il quand il s'adressait à mes France il il est décrit comme l'un des conseillers les plus écoutés de Valérie giscardestin à l'époque mais c'est bien plus qu'un simple agent d'influence dans les archives de mitro Kin qui est un ancien archiviste du KGB qui a noirci des pages et des pages sur les les secrets les plus lourds du KGB et bien on peut y lire que Philippe Grumbach avait des missions de renseignement d'information et d'action et c'est d'ailleurs davantage ces missions de déstabilisation de la politique qui sont évoqué que l'instrumentalisation de la presse même s'il s'en sert notamment quand il permet par exemple à mitteran de sauver sa réputation il lui offre une tribune trois pages dans l'Express justement lui permettant de donner sa version des faits sur le faux attentat de l'Observatoire vous allez tout me raconter dit-il je vais me faire l'avocat du diable poser toutes les questions qu'on ne manquera pas de vous poser quand tout sera clair on on publiera votre version des faits l'article sortira le 29 octobre 59 c'est un exemple typique du D' d'un d'un service rendu en à en charge de revanche comme je comme comme on dit il restera espion jusqu'en 1981 au moment où il a il avou tout à sa femme qui se fera elle-même le relais il lui avoue également avoir voulu à plusieurs reprises tout arrêté mais qu'il a rapidement été menacé et c'est la raison pour laquelle il est resté tant d'anné alors voilà c'était un un homme d'influence très proche d'homme politique au cœur de ce Paris qui brille et qui pétille il avait tissé une toile d'araignée effectivement je vous ai fait une infographie pour que vous puissiez vous rendre vous rendre compte de l'influence de cet homme vous allez sans difficulté reconnaître à peu près tous les visages intime de miteran proche parmi les proches de giscar dans les petits papiers d'un certain Gaston de fer Chaband delmass Mendes France mendz France la culture également avec Sagan ou Roger Vadim qu'on voit sur cette infographie Alain Delon où Isabelle Adjani était quand même présent à son mariage en 1980 et encore là la liste est non exhausive mais elle reflète parfaitement bien la toile qu'il a tissé pendant toutes ces années au confin des médias de la politique de la mode et du cinéma parfaitement résumé merci infiniment jade c'est une longue enquête de plus d'une dizaine de pages que vous signez donc Étienne Girard pour étayer cette information alors on va revenir au commencement de ces révélation parce qu'on la prend maintenant c'est vous qui le révél et en réalité c'est basé sur les déclarations d'un espion soviétique retourné ouais par la CIA une des plus belles opérations je crois de de ce type dans la fin du 20e siècle et qui se met à tout déballer et a donneré la liste de tous les espions occidentaux al américain et à chaque fois qu'il donne un nom c'est vérifié c'est vérifié c'est et apparaît donc le nom de Philippe grinbach exactement ce personnage clé il s'appelle Vassili mitrokin entre 72 et 82 il a été l'archiviste en chef du KGB en fait il était chargé de trier les dossiers avant un déménagement du KGB lui ne croit plus à ce moment-là à l'idéologie soviétique en secret il va recopier tous les dossiers du KGB qui tombe sous ses yeux il va les garder secrets jusqu'en 1992 chute de l'URSS il part pour le Royaume-Uni les services britanniques accueillent ces déclarations et ses documents il a une seule condition lui demande que toutes ces informations soient publiées elles vont être publiées dans un livre qui sort et qui est traduit d'ailleurs en français aux éditions fire le KGB contre l'Ouest ça sort en 1999 à ce moment-là on a seulement les noms de code alors le le principe invoqué c'est celui des enquêtes en cours c'était trop délicat à l'époque en revanche les archives dites mitrokin qui se sont toujours vérifié tous les services de renseignement dans le monde s'extasie de ces révélations puisqu'ils ont découvert énormément de noms d'espion ces archives elles sont publiées et accessibles aux chercheurs à l'université de Cambridge depuis 2014 mais ell n'avait pas parlé d'avantage parce qu'elles sont en russe en cyrilque et donc pour les décrypter il faut parler le cyrilque et c'est ainsi que grâce à une de nos sources qui maîtrisaient cette langue on a pu savoir que euh Philippe grmac ce c'est c'est un chercheur Cyril géliipter que vous accueillez parfois d'ailleurs dans vos émissions sur LCI qui allait consulter historien il est russophone et il découvre un peu estomaqué parce que c'est quelqu'un qui n'a jamais été soupçonné par personne le nom de Philippe grimbac dans ses archives mitrokin et il est pas cité comme un petit espion par-ci par-ci par là il est cité comme un des plus grands grand espions de l'Union soviétique à la fin du 20e siècle un des plus grands espions soviétiques de la 5e République voà c'est l'un des dites-vous des espions les plus appréciés du KGB pour être précise KB éc et d'ailleurs pour bien montrer ça il a rencontré cinq sous-directeurs du KGB ce qui éta un honneur qui n'arrivait que non reçu à peu près aucun agent du KGB dans le monde ce qui montrait bien que pour les Soviétiques c'était quelqu'un d'extrêmement important juste quand même une curiosité parce qu'on peut se dire Queau moment où mitrokin publie avec un autre auteur d'ailleurs ses mémoires dans laquelle il balance tout ça la DST a dû être alerté pourquoi est-ce que à ce moment-là ne font pas sur Philippe grimbac j'en ai discuté avec rmond Nart qui était directeur adjoint de la DST spécialisé dans le contreespionnage Russe c'est un peu le pape du contreespionnage français en ce qui con concerne les Russes et lui dit qu' alors eux ils ont très vite l'information on est au milieu des années 90 les services secrets britannique les préviennent philippe grimbac est un espion il fait partie de la liste mais on leur demande de ne pas enquêter pour plusieurs raisons l'URSS c'est fini la Russie est ruinée c'est plus très important c'est plus une priorité et de toute façon les faits le crime puisque il s'agit de d'un crime d'intelligence avec une puissance étrangère les fait sont prescrits donc on dit bon bah ça sert à rien mettez-vous sur un autre dossier on passe à autre chose la lumière de ce qui se passe aujourd'hui c'est fascinant s'appelle broc hein son pseudo c'est son alias son code ils en avaient tous et lui effectivement a été nommé Brock dès 1946 on sait pas vraiment pourquoi les nom de code ont une part de une part de mystère mais on peut noter que c'est la même consonance que grmbac mais voilà c'est c'est tout effectivement sous ce nom de code de broc qui va devenir quelqu'un de de d'absolument central dans le dispositif de renseignement soviétique en ce qui concerne les activités politiques en France alors 35 ans quand il invitait Valérie giscardestin chez lui dont il était devenu un ami il était agent du KGB absolument c'est ce qu'on découvre en fait giscar avait un agent du KGB en face de lui à T pas seulement giscar pierre mandes fr pierre mandes France avait un agent du KGB en face de lui il l'ignore absolument François mitteran qui a été exfiltré par Philippe grmbac dans une maison de campagne vous l'avez raconté pendant le l'affaire du faux attentat de l'Observatoire avait en face de lui un agent du KGB et ce qui intéressant c'est que ce qu'on comprend la lecture des dossiers de mitrokin des dossiers du KGB c'est que c'est ça qui les intéressait les services secrets soviétique c'est cet accès aux grandes personnalités politiques au premier chef le président de la République ce que pense aujourd'hui la DST et maintenant la DGSI c'est qu'il servait pas du tout Philippe grimbach à faire de la désinformation journalistique il écrivait pas des intox dans le journal d'ailleurs c'est plutôt à notre honneur nous n'a pas montré un sovitisme délirant au contraire il a publié solgenitine et cetera donc on peut pas prendre en en défaut sa ligne non mais justement ça servait sa couverture d'accord couverture il était là pour livrer des renseignements politiques dans le plus grand secret au KGB et si possible influencer directement les personnalités politiques lors d'entretien alors j'ai encore plein de questions à vous poser comme nous tous j'imagine mais vous en aviez entendu parler ou pas Galia euh non je le découvre comme tout le monde maintenant euh mais ça ne me paraît absolument pas étonnant il y a eu plusieurs cas comme ça bien sûr c'est c'est un niveau élevé et euh je pense que là il s'agit en fait d'une frontière très fine entre l'espionnage et agent d'influence parce que il nelivrait peut-être pas beaucoup de secrets d'État peut-être certaines choses lui ont été confiées où il a entendu parler dans des dans des réunions et cetera mais ce qui était peut-être la partie la plus importante le kajubé a toujours voulu être informé fallait qu'il sache qu'est-ce qui se passe chez l'ennemi et donc et donc là il était bien sûr d'une très grande valeur et je pense aussi qu'il était il suffisait de dire ce que disaient les uns et les autres en fonction de leur positionnement politique par exemple la position de mitéran la position de M la position de jiscar pour constituer une valeur aux yeux du pour constituer une valeur pour peaufiner la politique comment il faut agir quelles sont les méthodes d'approche et Cera et et cetera et puis ce qui est très important très important c'est que certainement étant donné qu'il avait des relations amicales avec les grands de ce monde il pouvait les influencer en douceur est-ce qu'on adopte une telle mesure est-ce qu'on vote de telle façon ou de telle façon dans les instances internationales et aujourd'hui il est impossible probablement de savoir exactement la l'étendue de cette influence h mais s'il était un ami euh il était dans la confidence h voilà et il y a quand même deux épisodes il y en a un qui concerne l'élection de giscar vous racontez que Andropov lui-même bon le grand patron le grand le big boss fourn à grimbac des des faux conseils alors c'est un peu compliqué mais des faux conseils qu'aurait pu donner les Américains à giscar pour faciliter son élection mais il fallait donner cette information à Chaban et miteran ses deux adversaires politiques pour faire croire que que giscar était complètement sous influence et donc pour tuer l'union de droite tout ça VO la complexité le le le comment dirais-je le mobile quand même de Moscou qui veut déstabiliser une élection par des voix très sophistiquées quoi très très en en dessous de la main si je puis dire ah complètement on se croirait dans un dans un roman d'espionnage quasiment l'idée c'était Philippe grmbac dans la vie il apparaissait comme giscardien mais en réalité la mission que lui avait donné le KGB c'est de faire gagner miteran parce que en cas 74 rappelez-vous miteran est l'allié du Parti communiste à l'élection présidentielle de 74 et donc ça ça figure dans les archives du KGB c'est absolument renversant andropof fait fabriquer un faux document c'est les fausses consignes de la CIA à Valérie giscardestin pour parce que à ce moment-là pendant dans la campagne présidentielle l'atlantisme est un thème de campagne et et grbac va profiter de ses rencontres avec les dirigeants de la droite tout particulièrement Chaban Delmas le rival de giscar pour lui fournir ce faux document en en espérant qu'il sera colporté et qu'il fâchera giscar et le reste de la droite l'idée c'est de faire gagner le deè tour à François mitteron c'est très retord et en même temps c'est totalement les méthodes du KGB de l'p ouis c'est ça c'est intéressant la sophistication bien ce qui est très intéressant c'est aussi son parcours politique parce que quand il a commencé avec le KGB si j'ai bien compris il était communiste et et il a fait une dérive vers la droite en passant par le mécisme et ca et mais ce ce qui est étonnant c'est que en en faisant ce voyage intellectuel et politique personnel il est resté au KGB alors qu'on aurait pu se dire que une fois quitté les les les rivages du de l'idéologie communiste il aurait pu se dire bon ben je vais pas continuer à travailler pour euh le la la la patrie du socialisme je vais je vais changer de de camp et et ne le fait pas et donc c'est là que que la motivation du personnage reste très très étrange et très mystérieuse alors est-ce que c'est l'argent ouiors on pe parler de l'argent peut-être effectivement vous vous le dites hein il reçoit euh 252000 € euh par an euhors de de c'est ça vous avez fait la conversion entre les fr EUR al fa il faut préciser mitrokin n'avait pas accès à tous les relevés il a accès au relevés sur 3 années 1976 77 78 et en additionnant ces 3 années Philippe grbac reçoit du KGB 399000 francs et environ 400000 francs c'est l'équivalent en tenant compte de l'inflation de 250000 € sur 3 ans et il a é AGB pendant une belle fortune voilà on peut le penser mais on n pas les éléments matériel pour l'affirmer de façon certaine mais il a des gratifications également des primes on lui donne en plus de ça il a des primes il est écrivez-vous le deuxième agent le mieux rétribué après quelqu'un qui s'appelle jour moi je découvre un chiffreur du qu d'ors qui permet à Moscou de lire la plupart des télégrammes diplomatiques français en direct pendant des années donc voilà il a des des belles relations c'est une c'est une enquête absolument fascinante et bravo et ça me rappelle un l'OPS avait sorti il y a quelques années un autre cas d'un pardon d'un espion qui lui travaillait pour les services tchqus qui était au Canard Enchaîné Jean Clémentin et alors moins comment dire moins flamboyant sans doute que que Philippe grimbac mais qui était déjà et lui aussi c'est intéressant ce parallèle très intégré à la fois dans le monde politique dans l'univers mondain et parisien et et qui lui alors venait c'était un parcours politique et idéologique encore différent parce que que lui venait de l'extrême droite avait même été volontaire en Allemagne pendant la guerre puis était devenu communiste et c'est là que les tchqus l'avaient l'avait saisi et l'avait Ferré et il a été toute sa carrière il a fait une très très belle carrière au quar enchaîné il a fini directeur de pas directeur du rédacteur en chef et et c'est pareil c'est des c'est un chercheur tchèck qui s'est plongé dans les archives des services tchèques alors qui travaillait pour Moscou c'était ind direct mais qui avait qui qui avait réussi à avoir son nom et Clémentin est mort avec son il y a quelques années mais c'est pareil la motivation était essentiellement l'argent et le réseau d'influence alors que lui à la différence avait fait passer trois papiers trois fausses informations dans le Canar enchaîné des informations que Moscou via via les via Prague lui demandait de faire passer sur l'OTAN notamment alors la duplicité quand même d'un espion pendant 35 ans au service du KGB échappe aussi à son épouse et c'est lorsqu'un journaliste le seul journaliste qui vient parler de sa trahison à bac il s'appelle Thierry vololton on le connaît bien sur LCI on expliquera pourquoi il a pas pu sortir finalement l'info mais à ce moment-là grimbac se sent obligé d'en parler à son épouse mais on est très tard hein et et regardez ce que dit l'épouse aujourd'hui que vous avez eu au téléphone thierry volton est venu interviewer Philippe peu de temps avant sa mort c'est à ce moment-là qu'il m'a dit avoir travailler pour le KGB avant notre mariage il m'a expliqué qu'il avait été révolté par le racisme qu'il avait observé au Texas lors de son service militaire avec l'armée américaine il a immédiatement ajouté qu'il avait voulu arrêter très rapidement mais qu'il ne pouvait pas qu'il était menacé et qu'il avait eu peur pour sa famille de l'époque donc est-ce que ça c'est crédible ou pas est-ce que lorsqu'un agent du KGB voulait quitter le service immédiatement les Russes le menaçaient ou pas Galia moi je je pense qu'il faut aussi dire une chose au sujet de ce revirement politique ou soi-disant revirement politique il s'est opéré dans les mêmes années que beaucoup de gens qui avaient été communistes trotistes et cetera ont changé en passant à des positions plus à droite notamment après la publication de L'Archipel du Goulag en 74 mais pour un agent du KGB on peut pas savoir si la conversion euh dans des valeurs libérales et démocratiques était sincère je crois que la question ne se pose même pas euh c'est c'est beaucoup plus important à à ce moment-là d'être plus à droite d'être avec des gens comme giscar et cetera que de rester communiste parce que l'époque communiste était révolue maintenant pour euh l'argent je pense que en effet l'argent a joué un rôle très important mais le KGB aussi tenait ses agents par par la peur et on sait combien de gens qui ensuite ont retourn leur vestes ont rompu avec le KGB l'ont payé tout simplement de leur vie ouais donc quand même quand même il peut y avoir une réalité derrière cette mais très intéressant que vous soulignez qu'il valait mieux avoir des agents à son service de l'autre bord politique que celui de bref et compagnie oui en dehors de ce champ politique moi je voudrais souligner deux choses dont vous avez parlé monsieur et après un article tout à fait remarquable c'est tout d'abord l'influence qu'il a pu avoir sur la ligne éditoriale de L'Express on ne peut pas balayer d'un revers de main le fait qu'il n'est pas eu d'influence donc il me semble que cela pourrait faire l'objet non seulement de travaux journalistiqu mais aussi de travaux de chercheurs de chercheurs au long terme en particulier sur les relations qui peut y avoir entre service influence et cetera on voit que les l'influence se développe actuellement sous d'autres formes avec les réseaux sociaux plutôt que à travers et encore en complément des influences auprès des auprès des déciseur donc la première chose c'est que est-ce que la ligne éditoriale de l'Express a été ou non sur le long terme influencée par l'appartenance de Philippe gembar au KGB la deuxième chose c'est pourquoi n'a-t-on pas enquêté euh et pourquoi sous des prétextes un peu fallacieux comme prescription et cetera on n'est pas allé voir pourquoi Philip gumar était resté pourquoi c'est resté sous sous l'horizon si vous voulez ça non plus ça n'est pas acceptable ça n'est pas acceptable parce que là il peut y avoir des implications actuelles ça n'est pas simplement l'histoire qu'on qu'on peut faire ou refaire c'est un le principe des relations etinfluence sur la lig éitorial donc et et les implications actuelles vous voulez dire quoi et bien ça peut y a forcément des hommes politiques qui sont sont les héritiers de de ces ces pensées là qui sont les héritiers de ces influences là donc là l'actualité est est importante et surtout les leçons qu'on peut en tirer en terme d'influence les moyens ont changé ils n'ont pas forcément remplacé les anciens moyens maintenant il y a les réseaux sociaux et cetera mais tout cela a une implication très forte sur la façon dont la Russie s'ingère dans dans dans dans le pouvoir politique de des diverses démocraties c'est très impressionnant de ce point de vuel vous parliez de L'Express il y a quand même eu en 1960 euh une enquête ou un voyage euh initié par Philippe grimbac oui de François Sagan pour aller à Cuba euh et elle revient elle fait donc vous vous l'écrivez elle fait un compte-rendu avec son ironie euh drôle piquant euh mais pas antiubain pas ni pro ni antiubain l'arti est balancé mais quand on connaî euh les liens quand même entre une partie de la gauche et Castro et ce mouvement cubain se dit bon voilà là il y avait quelque chose peut-être comme l'entretien d'une certaine réputation cubaine non évidemment moi quand j'ai appris tout ça j'ai relu toutes les pages de l'Express de l'époque à l'ône de cette question-là est-ce que l'Express a pu être influencé d'une manière ou d'une autre par la vie secrète de son numéro 2 euh ce qu'il était à l'époque Philippe grimbac la vérité c'est que je n'ai rien trouvé et cette enquête de François Sagan est peut-être l'élément qui laisse le plus de de doutes ou de de questionnement parce que l'article éit n'est pas n'est pas un panflet contre Fidel Castro il est plutôt d'ailleurs gentil contre vis-à-vis de Fidel Castro et plutôt critique vis-à-vis de la situation économique et en terme de liberté d'expression à Cuba bas euh et dans les années 70 à vrai dire il m'est apparu assez évident que Philippe granac n'avait pu avoir d'influence en tout cas que son appartenance au KGB n'avait pu avoir d'influence parce qu'on sait qu'une des priorités du KGB c'était de faire taire Alexandre solienitzin et pourtant en 1974 L'Express fait sa Une sur Alexandre solienitzin qui sort L'Archipel du Goulag on publie des bonnes feuilles exclusives de L'Archipel du Goulag bref merci en fait tout se passe comme si Philippe GRAC avait voulu camoufler dans sa vie à L'Express qu'il était cet agent du KGB je oui une chose qu'on a pas précisé au-delà de l'Express grmbac a aussi été après sa carrière à L'Express directeur adjoint du Figaro un des membres du Haut déjà directeur adj du Figaro pour un homme sans de gauche on repassera un des membres du Haut Conseil de l'audiovisuel il avait même été pressenti par Valérie giscardestin pour prendre la tte la tête d'Antenne 2 on se rend compte quand même de il a failli lui donner le poste de direur plus grand pressenti aussi pour prendre la tête d' RTL enfin vous voyez que après sa carrière à L'Express il a quand même continuer à tisser sa toile on sait pas précisément s'il était encore sous influence du KGB parce qu'on on narrive pas précisément à savoir quand est-ce qu'il a réussi vraiment à en sortir mais malgré tout effectivement ça officiellement il est resté dans le registre jusqu'en 1981 c'est après la présidentielle de 81 qu'il est évincé du KGB ce serait hasardeux de faire des analogies avec aujourd'hui mais enfin bon aujourd'hui on a des on a comme ça des espions du KGB qui sont à des postes d'influence pieras qui ah je n'en sais rien je nen sais rien mais j'ai l'impression quand même que les les les méthodes changent et on voit les les tentatives d'influence russse aujourd'hui elle passe par des des campagnes de manipulation sur internet par des opérations de d'opinion beaucoup plus que je je pense que ça correspond quand même à une époque dans laqu un directeur de journal est au cœur de de de réseau d'amitié de de connivance avec le monde politique et culturel ce qui est quand même beaucoup moins le cas aujourd'hui le le monde politique a changé le monde journalistique a changé la place des journaux a également changé il faut se souvenir quand même que L'Express à l'époque servant schber Françoise c'est quand même une époque voilà c'est les tous les deux sont devenus ministrees par la suite donc c'est c'est pas c'est pas rien même éphémèrement de manière éphémère et euh et et donc c'est c'est une autre époque un un dernier petit point quand même par rapport à l'histoire qui est qui est très troublant en 1981 quand miteran est élu il a des ministres communistes ça trouble les Américains c'est Rean qui était Président et et et il y a une méfiance totale et miteran va voir Rean avec et il lui offre sur un plateau l'affaire fairwell c'est-à-dire un un espion soviétique de de premier plan que qui est une trouvaille des services français et et ça permet à miteran de rassurer les Américains sur le fait que les les la France n'est pas passée dans le camp soviétique et cetera mais c'est extraordinaire de penser que qu'à la même époque euh miteran depuis 20 ans a a dans son entourage euh quelqu'un qui a travaillé pour le KGB et donc euh donc je pense qu'on on on c'est un élément de poste qui remet en cause beaucoup de choses et et à la fois la lecture et la et la compréhension de de de de cette époqueou pour conclure Galia euh euh vous savez j'ai publié dans descrussie il y a quelques temps déjà une enquête qui a été faite par une historienne de la Sorbonne Laurent saint-gill sur la pénétration aux États-Unis et ça c'est quelque chose d'assez épatant parce que il y avait des gens qui ont été envoyés en Occident des des des des Russes hein euh sous bannière de dissidents qui en fait ont tissé un énorme euh réseau d'influence euh qui continue à ce jour et là il y a des noms concrets et ces gens sont toujours là maintenant ils sont dévoilés au grand jour donc euh l'une de de de de ces personnes est ce que vous nous dites c'est que c'est encore possible c'est c'est totalement des personnalités qui sont au cœur du pouvoir ou des hommes et femmes du pouvoir et qui travaille pour Moscou aujourd'hui c'est possible on va tous se regarder différemment quand franchement après cette enquête c'est extrêmement troublant et après vous savez je je voudrais juste ajouter encore un tout petit truc aujourd'hui aujourd'hui même on découvre pas à des positions très importantes comme celle de grand bac plein d'agents qui sont dévoilés je je vous donne juste un nom par exemple le député du Parlement européen letton une dame qui s'appelle tatianadanok qui a travailler au moins à partir de 2004 avec les services secrets russes avec la 5e direction du KGB qui est affecté à ce genre d'opération qui a notamment vrai ça ça ça va ça nous amènera au sujet qu'on va traiter plus loin contre donc la destruction de monuments au soldats soviétiqu mais qui qui était vraiment à la solleb qui douur votes au Parlement européen et cetera et cetera merci beaucoup gmbac broc il s'appelle on n pas tout dit on y a passé du temps mais on n pas tout dit il faut lire cette enquête donc qui sera demain dans le numéro de L'Express dans les kiosques auquels nous sommes associés merci beaucoup ti alors quel boulot hein Merci à VOUS oui il a encore plein de choses à dire on pourrait encore passiexpress vous AZ vous regarder bizarrement aussi he ceux qui ont connu grmbac ou là là oui c'était délicat et en même temps nous on considère que la vérité doit passer avant tout et c'est notre honneur de faire notre examen de conscience sur ce qui a pu se passer dans nos lieux évidemment merci infiniment d'avoir été avec nous dans le temps de l'