CE QUE DRAG RACE ET LA TÉLÉ NE DISENT PAS DE LA CULTURE QUEER | SOA DE MUSE ET A.BAZIN
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Drag race en fait n'est pas du tout la représentation du drag. Moi comme je définis le drag c'est un art de la transformation de soi et du monde plus que on va dire un un type de beauté un type de performance à atteindre. On a 90 % de ces personnes qui vivent d'autres choses que du dragers qui vivent sous le seuil des pauvreté.
Aujourd'hui le drag est partout sur scène, à la télé et même à l'ouverture des Jeux Olympiques de 2024. Cette popularité s'explique surtout par l'arrivée de la franchise Drag Race en France en 2022. Diffusé sur France Télévision, cette téalité met en compétition des dra queen pour un concours pour élire la meilleure queen.
Mais que se passe-t-il quand une culture marginalisée à la base devient un tel phénomène de société ? C'est la question que pose la journaliste Apolline Basin dans son dernier livre Drag fever sous les paillettes toujours la rage. Un essai qui revient sur l'histoire de cet art et sur ses transformations en cours et à venir.
Apolline Basin est avec nous aujourd'hui sur ce plateau pour en parler accompagné de la drag queen soit de muse finaliste de la saison 1 de Drag Race France. On s'autorise à penser, c'est tout de suite. Mais on s'autorise à penser dans les milieux autorisés.
Alors ça c'est encore un autre truc. Les milieux autorisés, vous y êtes pas vous hein. Bonjour Apoline Basin, bonjour Lilia.
Bonjour Sois de Muse. Merci d'être avec nous sur ce plateau. Je vais commencer par une première question pour toi Apoline.
Tu fais un constat dans ton livre. Tu dis "Il y a 10 ans, le drag était loin d'être aussi célèbre et populaire y compris au sein des publics gay. Elle ressemble à quoi la scène du drag en France avant l'arrivée de Drag Race ?
Oh euh alors je pense que Soa aura des choses à dire aussi puisque ça fait une petite décennie que qu'elle est là. Bah ça ressemblait à des shows beaucoup moins ambitieux que maintenant. Ça ressemblait à déjà batailler avec des patrons de barre pour se faire respecter pour avoir un billet à la fin de sa perf.
C'était poser les bases en fait pour une reconnaissance ne serait-ce que communautaire. En effet, puisque euh Drag Race a été lancé aux États-Unis en 2009, euh s'est lancé sur une chaîne gay écryptée. Donc au départ, on parle sur un public un peu de niche, puis petit à petit, effectivement ça circule, ça circule à l'international aussi grâce au streaming. et il y a des viewings parti des voilà des soirées de visionnage en collectif public qui s'organisent et c'est comme ça que les choses voilà prennent avec cette version bah voilà américaine des codes du drag. on pourrait y revenir le travestissement à une plus longue histoire.
On a une scène aussi avec une histoire particulière, mais voilà, ça ressemble à un mix de personnes qui découvrent Drag Race, qui euh euh cessit à tout un tas de looks pas forcément aussi du coup cadré qu'aujourd'hui. On peut avoir des associations de couleurs aussi de l'époque, des 2010 et quelques, du fluo, des wigs plus ou moins bien des wigs, c'est des perruques, voilà, plus ou moins bien brossé. Ouais, dans mon livre je je parle, c'est j'ai discuté avec Ghost Ghost Electra qui est aujourd'ui une organisatrice d'événements qui le raconte très bien aussi cette voilà cette manière de l'époque cit très DIY, il y avait beaucoup plus de les de lâcher-prise qu'il n'y en a maintenant qu'il y a une reconnaissance et donc une forme de sérieux euh vis-à-vis d'un public tiers mais aussi vis-à-vis de voilà des standards qui se sont créés dans les communautés d'artistes et dans la communauté LGBTQA.
Je sa Soa toi, comment tu l'as tu as vécu ces débuts ? Ah les débuts, moi je sais que ça c'est ça a commencé littéralement le drague en France si je me trompe pas au Queen. Donc avec des noms tels que Cassie Brown, Nomil, euh boî le Queen c'était la boîte de nu pour ceux qui ne savent pas, le Queen c'était la boîte aux Champs-Élysées qui a fermé je crois je pense.
Et il y avait des voilà Athéna Palace enfin bref des vraiment des drag queen à l'ancienne qui se débrouillaient pour faire leur costume avec vraiment ce qu'elles avaient. Mais il y a eu vraiment cette démocratisation, je sais pas comment on peut dire ça, mais cette ouverture en tout cas Drag Race a permis à à donner un peu plus de conscience sur ce que c'était que le drague et qu'on pouvait se dire "Ah mais le drague, on va pas le voir juste aussi que dans des boîtes de nuit." Donc il a essayé un peu de il y a eu un peu ce truc un peu de tu sais comme les champignons mycéanum, je sais pas comment on appelle ça, [rires] qui ont fait des racines.
Ouais. qui ont fait des racines et ça s'est déplacé partout. Mais oui, effectivement, le drague il y a plus même il y a plus de 10 ans c'était vraiment dans des dans des boîtes de nuit, dans les cabarets cit là, on nous on nous voyait plus souvent.
Ouais. Toi, tu as commencé à quel âge ? Ouf !
J'ai commencé à quel âge ? Donc j'ai commencé il y a combien de temps ? Tu veux [rires] dire ?
J'ai commencé donc j'ai tac tac tac. Ouais, j'ai commencé à 13 13 14 ans un truc comme ça. J'ai 37, je commencé à 23.
Calcule. Non, même pas. Attends.
Si si si, ça fait ça. Ça fait bad. Mais ouais, ça fait ça fait un petit moment que je ça.
Mais moi, je suis venue pas du drag, pardon, je suis venu pas du drag, je suis venue littéralement de du milieu de du burlesque. Donc j'ai commencé dans des caves en dans des dans des bars aussi où on était payé aussi un peu au lance-pierre. Mais j'ai commencé comme ça.
Je suis pas directement allée dans le drag. Je suis allée dans le burlesque. Après, je me suis dirigé dans la danse contemporaine, je suis allée dans le cabaret, après je suis apparu dans le drague, mais euh je faisais déjà de ce qui était l'art un peu subversif, underground et tout ça.
C'était c'était un peu dans ce domaine là qu' donc on croisait des drag queen un peu à chaque fois quoi. Ouais. Et toi, elle ressemblait à quoi ta pratique du drague quand tu l'as commencé ?
Ma pratique du drag quand j'ai commencé euh c'était le dragé toujours été une excuse pour moi pour monter sur scène parce que monter sur scène pour moi c'était c'est ça l' toujours hein c'est un privilège de monter sur scène parce que quand tu es éclairé tu as les light tu as tu choisis ta musique tu choisis ton costum c'est et les gens sont là indirectement pour voir ce que tu vas raconter pour écouter pour c'est à toi c'est toi qui a le pouvoir un peu de les faire voyager de les faire partir en vacances d'e même it's it's something ça ressemble à quoi tu as mis des des wig très vides des perruques tu étais plus genre non. Ouais, moi j'étais plus tu sais string comment on dit ça ? String qui sont un peu un peu gainant.
Donc du coup je mettais pas de corset, j'avais mes longues tresses que moi je refusais de mettre des perruques. Je comprenais pas l'intérêt de la perruque au début. Mais parce que moi mon drague c'était aussi une question aussi par rapport au genre.
Il y a eu toute cette ce questionnement là avant de savoir en fait comment je pouvais me définir moi. Il y avait beaucoup de questionnements dans mon genre. En tout cas, ça me concerne moi.
Donc mon drag a pris du temps à euh avoir aussi une sorte de conscience, on va dire, visuelle. Ça a pris du temps et c'est aussi de l'argent en fait, on va pas se mentir. Faire des costumes, ça coûte cher, ça coûte grave cher.
Une perruque, c'est c'est cher. Un costume, c'est cher aussi. Donc ouais, c'est en prenant un peu de l'échelon et aussi en ayant un peu plus de visibilité que là j'ai eu aussi un peu plus d'argent, à pas se mentir.
Et ça m'a permis après de monter un peu plus le truc dans les costumes. Mais au début euh j'avais rien et je me débrouillais pour en tout cas monter sur scène. Ça ça prouvait aussi que c'est pas parce que tu as des gros costumes que tu déchires sur scène et c'est pas parce que tu as pas des gros costumes que tu peux pas déchirer sur scène.
Ça c'est faux. C'est à partir du moment où tu es décidé, ton premier pas sur scène, il va définir comment ton show il va se passer. Et si tu as conscience aussi de tout ce qui de tout ce qui t'entoure quoi.
Ouais, je vois comme ça. C'est intéressant parce que tu dis que tu as commencé par le burlesque et on enfin ce qui est assez bien expliqué dans le livre c'est cette tradition qu'on a en France du cabaret du burlesque. Tu peux nous en parler un petit peu àoline ?
Ouais bien sûr. Et puis c'est aussi toi ça a été une étape aussi dans ta dans ta carrière. Alors effectivement avant qu'on parle de drag qui du coup un peu comme des termes qu'on utilise beaucoup aujourd'hui queir est une voilà c'est une adaptation en hérite d'un d'un terme anglais avec aussi toute une histoire bah américaine anglaise qu'on adapte quand on le réceptionne on le reçoit avec un peu déjà on va dire des couches d'interprétation de conflict qu'il a ouais un vécu qui a pu avoir autour de ces de de ce mot donc drag aussi pour le dire un peu rapidement, c'est voilà dans ça, il y a un verbe en anglais qui dit tout drag, c'est les longues traînes qui traînent voilà qui qui se roulent sur le sol des comédiens travestis à une certaine époque mais aussi à l'époque où on a commencé à avoir les premiers balles travestis aux États-Unis et on a commencé à avoir des des communautés en fait qui se formaient autour du travestissement, autour de l'expression d'une féminité cuir d'homme gay ou de personnes trans Et donc ça c'est voilà une première petite première petite précision parce que après quand nous on le reçoit en France pour moi on le reçoit avec déjà effectivement cette idée associée à la pop culture vraiment associée avec les combats de la communauté avec voilà l'idée de de pop et une une certaine vision déjà esthétique quand même.
Il y a déjà quelque chose qui se joue parce que Rou Paul, la personne qui a créé Drag Race, a commencé dans les années 90. Effectivement, Soa mentionner le queen. Le queen, c'est une une boîte qui a eu une une première belle époque dans les années aussi 90, il me semble.
Et il y a eu un premier mouvement en fait de visibilité dans la pop culture du drag avec les débuts de la carrière de Rouole, mais aussi d'autres personnes, la sortie de de plein de films. Donc voilà, je finis mon petit détour. le en en français en France on a longtemps parlé plutôt de travestissement de travestie de transformisme.
Alors tous ces termes et toutes ces et toutes ces pratiques qu'on peut ranger dans la très grande famille du du travestissement et des différentes manières de créer un personnage existe toujours. Le drag est aujourd'hui effectivement la forme la plus connue liée à une émission, un contexte américain et tout mais il cohabite avec plein d'autres facettes. d'autres investissements, on peut en retrouver dans le théâtre, dans voilà Shakespeare, le théâtre antique.
Bon, tout simplement parce que les femmes n'avaient pas le droit de monter sur scène. Le transformisme c'est un peu plus récent et c'est lié à vraiment l'émergence du star système des stars. C'est on va reproduire, incarner, rendre hommage à une célébrité en performant voilà ses mimiques, ses chansons, son look iconique.
Et ça c'est par exemple le cabaret Chez Michou qui est juste en face d'une institution du cabaret français madame Arthur. Et le cabaret qu'est-ce qu'il a de différent du coup pour y venir ? Bon on peut y voir des de transformistes dans certains, mais le cabaret c'est surtout une histoire de la de la chanson en France, de la de l'écriture, de la réécriture, de du jeu avec le public, de la confrontation avec le public parfois.
Et ça c'est pas forcément des normes de genre qui sont aussi fermées que dans le drag du circuit Dragress. Ça peut être voilà, on peut on peut jouer sur le trouble, sur le fait du de voir que euh la personne la personne qui est sur scène euh voilà est euh en civil, un homme et euh et se prend plaisir à être travesti, mais ne veut pas reproduire l'illusion euh de euh de de de d'incarner, d'être une femme. Il y a tout un jeu comme ça autour de de la figure du de ce qu'on appelle de ce qui est une insulte, ne l'utilisez pas chez vous ou n'importe comment, du travelot, mais qui a un jeu pour les personnes concernées qui par exemple ont vécu de l'homophobie ou vivent toujours de l'homophobie au quotidien.
Il y a des formes, des performances du genre qui sont un peu plus larges dans le monde du cabaret et qui aiment bien jouer sur le trouble là où dans le drague, on aime bien la poupée Barbie. Gros, si je le résume les choses très grossièrement, je sais pas si tu veux ajouter des choses. On va dire que dans le cabaret, on appelle surtout aussi les créatures du cabaret.
Quand tu dis quand tu dis que tu fais du cabaret, tu es soit artiste cabaret ou soit tu es une créature. Donc en fait c'est ça veut dire ce que ça veut dire c'est qu'il n'y a pas un genre prédéfini. Euh il y a justement un trouble beaucoup plus assumé dans l'histoire en tout cas euh du cabaret et c'est pour ça que le drag avec drag race est apparu aux États-Unis mais nous effectivement comme tu l'as dit ben nous ça sort littéralement du cabaret du travestissement et cetera.
On a aussi William d'oretwan aux États-Unis qui était legend parce qu'on parle pas beaucoup de William d'orsan qui était première premier artiste drague noir à se prétendre en fait à dire je suis la reine des drag queen parce qu'il avait justement trop de traines et qu'il était enfin trop de traines dans ses robes et qu'il était toujours obligé de ramener sa traî vers lui. Donc William Dorsan a été le premier, on en parle pas souvent mais c'est important d'en parler et voilà. Ensuite bah effectivement dans Drag Race et je précise Ruple Drag Race vient d'une personne qui a découvert le drag dans les années 80 en commençant déjà en se travestissant déjà parce qu'il était fasciné un peu par les prostituées qui voyaient à New York au States et tout.
Il dit "Ah ouais moi je vais avoir ce style là." Rupol c'est littéralement au début un chante c'est un chanteur chanteuse un don't know comment on peut le définir mais qui est l'animateur le producteur de drag race la t réalité qu'on retrouve aussi en France ben c'était quelqu'un qui faisait du punk c'était un chanteur de punk et au fur et à mesure a joué justement avec ses codes du genre cette l'idée de la prostituée un peu aux États-Unis n essayer de se travestir dans ça et s'est rendu compte en plus que premièrement il il se sentait joli. Deuxièmement, il avait plus de gigs.
Les geigs, c'est proposition de show. Désolé pour ceux qui ne savent pas. Use Google.
Utilisez Google, ça va pas vous faire du mal. [rires] Mais du coup en fait si tu veux, il s'est rendu compte que il a eu une proposition avec Mac qui est une une marque de make-up enfin de maquillage et ça l'a permis ensuite a donné vraiment un boost et a sorti cette première saison de drag race Rolle Drag Race season one donc la première saison qui est littéralement une parodie de American Next Top Model de Ty Banks American Next Model c'est une émission de réalité où on cherche un peu la Ouais la meilleure top modèle quoi, la meilleure mannequin et qui voilà est accusé enfin surtout quand on regarde cette émission avec le recul de grossophobie, de sexisme et et tout petit quanti quoi. Exactement.
Et c'est je pense que c'est ça que Rouol a essayé de s'approprier a fait une parodie mais avec des avec des drag queen et tout aussi différentes les unes que les autres. Je pense qu'au début il a fait un peu pour le fun. Ouais, il a fait faisait déjà des petites émissions, des petites capsules comiques et cetera. a lancé cette première saison et s'est rendu compte que là ben en fait les gens étaient h mais nous n'avions jamais ça dans un concours de drag queen et en fait il s'est rendu compte que premièrement il y avait de l'argent qui p qui tournait autour de ça le capitalisme n'est-ce pas mais il s'est dit aussi je pense il s'est dit là je tiens un truc que personne a et je pense que c'est là où du coup la machine de drag race est partie on va dire ça comme ça voilà tu me fais une tu me fais une transition toute trouvée après avoir remis un peu les termes et le contexte historique on va pouvoir parler de l'arrivée de Drag Race à la télévision française en 2022.
Apoline, tu résumes en une phrase un peu l'esprit de l'émission dans ton livre. Drag Race est à la fois un espace de liberté et de conditionnement. Pourquoi ?
Parce que alors comme bon déjà comme vient de le raconter Soa et comme en fait le parcours de Rouol lui-même le raconte, le drag c'est un vaste domaine de possibilités. C'est plus une manière de d'envisager de l'art d'envisager la création d'un personnage. Moi, comme je définis le drag, c'est un art de la transformation de soi et du monde plus que on va dire un un type de beauté, un type de performance à atteindre.
Et aujourd'hui, c'est vraiment particulièrement important d'insister sur cette définition parce que effectivement la puissance médiatique de Drag Race peut un peu justement étouffer euh parce que on voilà, on sélectionne certains visages, parce que euh on est dans un format contraint qui est celui de la téléréalité. Euh bon, nous on est sur le service public en France, donc il y a un enjeu euh il y a moins de présence de marque mais quand même. Donc il y a vraiment un enjeu à vraiment euh rappeler que Drag race, c'est la partie divertissement émergée d'un ensemble beaucoup plus vaste qui est une culture avec une histoire, avec ses conflictualités, ses générations, avec ses références.
Fin de cette première parenthèse avant de de répondre à ta question. Pourquoi c'est un espace donc de liberté et de conditionnement ? parce qu'on voit des artistes qui sont exceptionnels dans leur recherche, dans leur générosité et dans ce qui elles arrive à nous donner.
Euh vraiment, on voit des personnes qui voilà comme Soa sont arrivées avec des années de parcours derrière et ont des propositions artistiques qu'on ne voit pas dans le reste du paysage culturel et médiatique parce qu'il y a très peu de personnes et de place pour les artistes LGBT en France. Il y a des choses qui ont bougé ces dernières années mais enfin voilà, rien n'est jamais acquis. après de conditionnement parce que justement cette émission elle a un historique euh elle a des objectifs euh dans le cadre français on est sur le service public et c'est assez assumé dans le discours.
C'est dire on fait quelque chose qui rassemble le plus large. Donc on est dans une visibilité qui est à la fois où on a un divertissement et une la diffusion d'une forme d'art qui est issu de personnes gay, trans, cuir, non binaire, mais en même temps on doit faire avec un grand public qui ne connaît pas forcément les termes mais qui a aussi en fait des représentations de ce que ça peut être justement la communauté, les communautés LGBT, la Queirness, il y a un enjeu de pédagogie, ça c'est et ça on peut pas en vouloir aux gens. de pas savoir et ça c'est le les bienfaits de l'émission d'amener une pédagogie à grande échelle.
En revanche, cette question du regard, on va dire six genres hétérosexuels, six genres, c'est qui correspond au genre voilà qu'on qu'on nous a attribué à la naissance. Ça amène aussi une forme d'autocensure et de enfin, il y a un enjeu autour de qu'est-ce qu'on montre justement de des communautés, qu'est-ce qu'on assume de partager au grand public, qu'est-ce qui ne doit au contraire pas trop être montré. Euh qu'est-ce que ça veut dire de représenter aussi euh des artistes issus de public qui voilà sont discriminés historiquement et donc euh où on retrouve euh des marginalités économiques, des fragilités en terme de santé et tout un tas de euh de de fragilité en fait structurelle.
Est-ce que ça on peut le montrer ? Et si on montre ça, est-ce qu'on va montrer des personnes qui ont uniquement envie de divertir ou est-ce que c'est des personnes aussi qui sont en colère, qui sont un peu crazy, un peu folles ? Et donc voilà, il y a quelque chose qui se joue à cet ordre là et ça c'est un peu pour la partie visibilité politique mais après il y a aussi le conditionnement dans tout simplement le type de performance qui peut être présenté parce que Drag Race a une histoire et Drag Race valorise par exemple énormément la danse là où nous effectivement on va avoir une histoire du cabaret où bon il peut y avoir de la danse mais c'est pas la danse au sens américain enfin dans dans ce que dans ce que les États-Unis peuvent peuvent attendre.
Il peut y avoir aussi tout simplement oui une je sais pas une attente particulière. Bon, sur la comédie, ça c'est ça c'est toujours bien ça mais ça peut ça peut mettre tout le monde d'accord mais par exemple la il y a une une surimportance une surprésence de de ce qu'est le lipsyn la synchronisation labiale dont Soa parle très très bien parce que c'est une reine en la matière mais soit aussi quelqu'un qui chante toi tu un peu un double regard là-dessus mais en fait c'est cette c'est art où en fait on mime on fait du playback résumé grossi [rires] résumé grossièrement Playback playback plus comedy vraiment c'est poussé à son max et c'est vraiment alors c'est pratique parce que c'est une forme voilà que tout un chacun peut s'approprier avec beaucoup de travail mais c'est quasiment maintenant quand c'est comme la forme par excellence du drag alors qu'il y a plein d'autres possibilités. So toi comment est-ce que tu l'as vécu cette expérience ? tu as été membre de la première saison, je l'ai dit, et tu es même arrivé en finale.
Est-ce que tu l'as Est-ce que toi aussi tu l'as vécu comme un espace à la fois de liberté, de conditionnement ? Ça a été quoi ton rapport à Drag Race ? Ah, ça a été quoi mon rapport à Drag Race ?
Comment je pourrais te dire ça ? J'ai vite senti et que j'étais dans que ma vision en tout cas du drag, moi je me suis définie, enfin je me suis définie c'est vrai enfin je me suis senti définir en tant que drag queen en faisant drag race. Moi je viens, je faisais littéralement du cabaret.
Donc quand on m'a contacté justement pour faire drag race, sinon je n'aurais jamais prétendu euh passer le casting. Je m'étais dit moi je suis créature de cabaret mais en même temps le cabaret pour moi fait partie de l'histoire du drag en France donc je suis totalement légitime d'aller dans ce truclà mais jamais j'aurais j'aurais pensé passer le casting. C'est quand ils m'ont contacté en me disant "Est-ce que tu serais intéressé pour passer le casting ?" Que là je me suis déjà premièrement une chaîne de télé ou un truc comme ça qui t'appelle pour dire si tu es intéressé pour un truc.
That's mean enfin ça veut dire que tu devrais pincer le casting quand même. Donc là je me suis dit pourquoi pas. Mais comment l'expérience comment je me suis sentie [soupir][souffle coupé] ah ça a été un roller coaster.
Il y a eu plein de de choses qui sont passées dans ma vie, plein d'ouvertures, plein de visibilité mais en même temps il y a aussi un retour à la réalité qui a pas été facile. Et c'est intéressant. On va en parler.
Ouais. Ouais. Et ça c'est et il faut pas l'oublier cette surexposition justement première saison ça veut dire beaucoup de choses.
On a été un peu la saison test qui a permis aussi à d'autres saisons d'exister et à pouvoir aussi peut-être un peu ouvrir un peu le champ du drag dans dans certaines villes ou dans certains dans certaines familles dans certaines maisons où c'était pas possible d'imaginer qu'il y avait un concours de drag queen. On ne savait même pas ce que c'était qu'une draque queen à part si on était basé que par rapport à la cage au folle et cetera. Ouais, voilà.
C'est assez limité quand même. Donc du coup euh Non, moi je l'ai vécu d'une manière un peu je je suis partie dans une vague, je sais pas si j'avais bon surf, je vais te le dire comme ça. Mais après voilà, je je j'ai essayé de surfer, j'ai ça m'a permis de faire plein de choses dans ma vie et voilà.
Mais est-ce que c'était facile ? Bien sûr que non. Non non, c'est pas facile.
Et pendant l'émission, tu t'es quand même senti assez libre de faire ce que tu avais envie de faire où tu avais l'impression qu'il y avait une forme de conditionnement ou une volonté de te faire rentrer dans un moule ? Je sais pas si c'est très bien dit, je pas te dire conditionnement qui vont pas être derrière toi. Non, tu as pas le droit de faire ça, ça existe pas.
Ils vont pas faire ça. De toute façon, on est en France hein, il y a le droit du travail, tu vois. Enfin, mais c'est un vrai c'est une vraie conversation.
Est-ce que je me suis senti libre ? C'est dur de me mettre en cage he franchement. Tu vois, tu mettes j'ai un peu d'un passé peut-être colonial.
Oui, il faut pas que tu l'idée que tu essayes de me mettre dans un dans un dans un circuit ou dans une vision, dans un système, un périmètre, je vais toujours faire en sorte de de le bousculer. Et je pense qu'ils l'ont très vite compris. Donc non.
Oui, il y avait des un peu des règles, mais j'étais un peu en mode alors là les règles chérie, c'est pas avec moi que ça va trop marcher, quoi. Mais c'est aussi une question de personnalité. comment on visualise beaucoup beaucoup de personnes aujourd'hui critiqu ou pas.
On voit une certaine manière drag race en fait n'est pas du tout la représentation du drag, c'est juste une exposition, ça expose un certain type mais c'est pas du tout la représentation globale du drag français. Pas du tout. Il y a une citation que j'ai trouvé assez intéressante dans ton livre Apoline.
Tu dis "Le spectre de la parisienne idéale, grande, mince, bourgeoise, valide, plutôt blanche, n'est mine de rien pas si loin des canons valorisés par Drag Race France. Comment est-ce que Drag Race impose des nouvelles formes et des nouvelles normes de beauté ? Alors, des nouvelles formes, euh il y a rien de nouveau.
Il y a rien de nouveau nouveau. Euh moi, l'enjeu c'était un peu plus de dire euh OK parce qu'il y a tout un discours et euh moi-même en tant que c'est mon deuxème livre sur le drag, j'ai été amenée à OK pareil, expliquer un certain nombre de choses. Et euh il est clair que la beauté qu'on peut voir qui les standards de maquillage sont exagérés.
Donc, on n'est pas dans une reproduction classique des codes hétéronormés. En revanche, l'enjeu c'était aussi de d'aller un petit peu dans la complexité à l'endroit de OK à quel point c'est vraiment subversif la beauté qui est représentée par en plus à force le drag de drag race. Et pour compléter un peu ce que je disais juste avant en fait il y a une une draqueine anglaise qui le résume très très bien qui s'appelle Shedar Gorgeous.
En fait, la société prend du drag ce qu'elle veut, ce qu'elle célèbre déjà en fait, la beauté, la minceur, la jeunesse. Donc c'est pour ça que sur le conditionnement drag race, c'est sur une ligne de crête en fait entre ce qui est économiquement viable et donc rassemble un large public et ce qui peut au contraire être défrichur, être déstabilisant pour le grand public mais aussi pour la communauté, les communautés cuir. Pourquoi j'ai voulu poser ça ?
Ben parce que oui, je crois que toutes les franchises de Drag Race en fait, puisque c'est vraiment un empire, il y a une version de drag race en Angleterre, en Espagne, en Brésil, enfin partout. À chaque fois, il y a un jeu sur les codes nationaux. Vraiment ça, Drag France n'a pas le monopole du tout là-dessus.
En revanche effectivement nous le fait que la tour Effel soit aussi présente, la diffusion sur France Télévision aussi peut-être à à jouer là-dessus euh voilà qu'on littéralement ça joue aussi là-dessus puis ça permet un peu de raccrocher les wagons justement avec un public qui ne qui ne connaît pas. Pour moi, ça pose un problème parce que c'est voilà, ça veut dire que on enfin ça pose un ça ça mérite d'être d'être critiqué pas forcément en disant que ce sont des mauvais choix pour commencer à installer cette émission qui prend une place qui n'existait absolument pas. Mais il faut être exigeant sur une suite parce qu'en fait on peut pas juste accepter des personnes qui de fait existent parce qu'elles rentrent dans un cadre national qui lui-même est déjà en fait extrêmement hauppressant.
Pendant longtemps, l'État a criminalisé les vies des personnes LGBT, des personnes racisées aussi également continuent de le faire. Euh donc, il y a un enjeu à pas non plus euh trop euh embrasser la cage euh euh sans sans réfléchir à ce que ça peut vouloir dire de rentrer dans le récit national, surtout dans le moment politique qu'on vit. et euh la l'accent mis sur la mode dans euh Drag Race.
Euh nous bénéficie en tant que spectateur, on voit des choses incroyables et vraiment on voit à rebour de là où sont énormément de grandes maisons aujourd'hui euh qui font quasiment bon de la face fashion de luxe. On on voit du vrai artisanat, il y a un travail énormissime derrière tout ça et ça c'est essentiel de pouvoir le mettre en avant. En revanche, le fait que la franchise française se brande autant comme ce se ce market autant comme l'excellence à la française par la mode, l'excellence ceci, l'excellence cela, bah ça voilà ça revient sur ça pose un problème du point de vue de cette question de l'intégration du d'un certain récit national d'une certaine image de la France.
Et aussi quand on parlait de tout à l'heure de du conditionnement et d'où va le le drag, ça pose un standard financier de participation à cette émission, d'attente. Tu t'évoques des montants assez assez délirants dans ton livre. Exactement.
De de combien de combien ça coûte bon de participer à l'émission américaine, on est vraiment dans des sphères, c'est délirant délirant et ça pour nous en dire ça va pour nous en dire quelque chose. Mais en fait même sur la saison 2, on a eu des chiffres grâce à un article du Parisien. Mamie a commencé avec un découvert de moins 300 € et a été quand même très critiqué pour certains looks très DIY dans cette saison là.
Bon, après, elle a pris sa revanche, une très belle revanche. Mais à côté, on avait effectivement Cookie Kenty qui est une des pionnières de la scène parisienne qui a dépensé, j'hésite entre 20 et 30, je sais plus, c'est 20 entre 20 et 30000 20 ou 30000 €. Oui, c'est je la réponse est dans le livre, je vais l'ouvrir.
Donc il y a le standard financier, il y a la question de quelle image de la France on véhicule et une contradiction entre le fait de tenir un discours sur la bienveillance, l'ouverture, le fait que le cuir c'est pas comme enfin une émission que n'est pas sous-entendu prise dans les mêmes contradictions et normes que le reste de la société et en même temps de valoriser euh quand même au final les silhouettes fines des certaines formes de bourgeoisie. Effectivement So est-ce que tu veux rebondir sur cette question de la standardisation de la beauté par Drag Race ? Alors je sais pas si c'est vraiment drag race qui sont standardis la beauté.
On est quand même sur ça a été quand même pris par une chaîne qui est France Télévision. Il y a il y a un cadre, c'est pour ça que moi je précise Ruple Drag Race. Donc Drag Race fait part est parti à partir de Roule qui avait sa vision du drag qui ne résume pas du tout ce qu'est la vraie histoire du drag.
C'est comme si par exemple on va parler du vogging par exemple sur France Télévision avec Vinny Revlon et cetera. Donc on va te montrer, on va essayer de te montrer le plus possible ce qui est que le voging si vous savez pas ce que c'est que le vogging. Vogging une danse urbaine enfin bref Legend work. [raclement de gorge] Et en fait, on va essayer de montrer le plus mais on peut pas montrer, je pense toute la diversité justement du vogging parce que déjà même avant de qu'on se dise est-ce que ça se est-ce que drag race tend la beauté est-ce que les médias qu'est-ce qu'ils font aujourd'hui ?
Qu'est-ce qu'ils montrent qui il enfin quel quelles sont les personnes qui sont mis le plus en avant ? Drag Race France n'est un peu la représentation de ce qui se passe. Enfin, on a on essaie de montrer le plus possible de diversité.
Ils essayent hein mais je pense que si on voulait représenter le le vraiment le milieu du drag, ce serait pas juste avec une saison de 8 épisodes déjà et c'est pas tu vas pas prendre juste 12 artistes qui font du drag à ce moment-là tu en prends une trentaine et tu expliques le drag king, les drag queir, les drag queen et cetera. Enfin, tu montres toute la spécificité du drag mais tu peux pas enfin c'était déjà pour moi assez ambitieux. Ils ont fait ce qu'ils pouvaient hein.
Je défends pas, c'est pas que je défends ou pas, mais c'est juste que moi au début quand j'étais face aussi face à Drag Race, j'étais un peu dans ce truc où j'avais beaucoup de visions, je disais "Mais en fait vous représentez pas vraiment l'histoire du drag et tout et en fait je me suis dit mais j'attends pas en fait que vous représentiez quoi que ce soit. vous essayez de montrer ce que vous pouvez, ce que vous avez, ce que vous avez envie de montrer, mais ce n'est pas une émission euh sur une chaîne de télévision où je vais me sentir euh où je dois où je dois me dire "Ah, je me sens représenté parce que dans cette chaîne de télévision euh ou dans cette émission-là, on a euh ne serait-ce que la la représentation." Je pense que c'est aussi l'idée de c'est une émission d'entertainment donc de un peu de fun et cetera, où ils essayent de montrer un peu plus mais euh c'est là où moi j'essaie de dire même pour personnes qui se lancent dans drague ou aux personnes qui ont des attentes en se disant moi je vais faire du drag et du coup je pense que il faut prendre de la distance avec drag race si tu veux vraiment te lancer dans drag si le drag t'intéressant drag race il y avait plein de choses on peut s'intéresser par exemple à des à des icônes en tout cas par exemple du cabaret je pense à fétiche je pense à cocinelle enfin bref Si on veut se baser en tout cas sur l'histoire, j'aurais dit du cabaret et ensuite qui a évolué sur le drag mais qui est totalement connecté pour représenter le drag dans sa dans sa multiplicité.
À ce moment-là, il faudrait une autre une autre émission qui s'appelle pas forcément drag race qui n'est pas forcément une compétition. Ouais, exactement. Donc ce soit pas une compétition, ça peut être aussi un partage, je sais pas, un sorte de workshop géant de cin épisodes ou une dizaine d'épisodes avec différents types de dragues.
Il y a une sorte de pédagogie autour de ça. Si je peux si je peux rebondir. Effectivement, je pense qu'il y a des endroits où voilà effectivement les critiques que je formule elles sont justifiées dans le sens où elles sont sourcées et tout basé parce qu'elles sont nécessaires.
En revanche, moi ma position sur l'émission, est-ce qu'on peut en attendre ? Elle est assez claire dans le sens où c'est une émission de divertissement qui arrive dans un contexte où il n'y a jamais rien eu dans le paysage audiovisuel français. L'ARCOM ne compte même pas les la question de Oui. de est-ce que on montre des personnes LGBT dans les productions à l'écran en France ?
Ça n'existe même pas. Donc ça dit les attentes en fait qui pèsent aujourd'hui sur Drag Race et il y en a beaucoup et elles sont pas forcément bien adressées par le public. Elles elles sont là parce que il y avait rien avant parce qu'il y a une absence, une maltraitance des sous-cultures et à force des sous-cultures LGBT.
Bon en France mais pas que. C'est un problème un peu plus global. En revanche, on est quand même et dans l'émission dans vous le vous le dites très bien toi Paloma, dans le documentaire qui a été fait sur la première saison, il y avait vraiment une une crainte sur la réception de cette émission parce que bah la France c'est quand même la France de la manif pour tous en fait et la manif pour tous c'était il y a pas si longtemps et la manif pour tous a été la matrice de des mouvements réactionnaires qu'on voit aujourd'hui.
Donc les inquiétudes, elles étaient légitimes. de divertissement, on peut lui demander un voilà de de produire un bon spectacle, de produire quelque chose de bien, de pas avoir un discours trop auto satisfait. Moi, c'est sur ça que j'ai envie de voilà de mettre l'accent.
Après, il faut l'apprécier pour ce que c'est. C'est vraiment euh c'est vraiment ça la solution et c'est important de le rappeler parce que enfin c'est ma position en tout cas à l'heure actuelle et c'est important de le rappeler parce que on parle beaucoup de l'aspect positif du phénomène mais euh il y a aussi quand même très tôt un problème de cyberharcèlement qui est arrivé avec euh cette émission. Et oui et pareil encore une fois euh soit on a fait les frais, d'autres personnes en ont fait les frais.
Ouais, ça c'est violent. Donc et c'est du harcèlement et enfin qui vient de public pas forcément for, c'est aussi du harcèlement intracommunautaire malheureusement. Donc euh cette partie-là du succès, elle renvoie un visage, un un reflet pas forcément très gracieux au public qui aujourd'hui est supposé porter le plus ce genre de d'émission.
Est-ce que tu veux évoquer ton cyberharcèlement rapidement ? En fait, en fait, je pense que on a aussi dans la communauté queir faut le le seul point que moi je je dirais qu'il faut faire attention, c'est ne pas reproduire le même système oppressif, le même système oppressif qu'on a subi. Et c'est moi ce que j'ai senti en tout cas quand en fait certaines quand on n'est pas d'accord avec ce que tu dis.
Moi ce qui s'est passé c'est que j'ai dit quelque chose qui a été un peu pris d'un endroit pour être placé dans cet endroit-là. Bref, et je me suis un peu fait taper sur les doigts parce que les gens n'étaient peut-être pas d'accord avec ce que je disais sans forcément savoir ce que je qu'est-ce que je voulais dire. Non, voilà, j'ai donc on m'a essayé de me mettre plein de statu, plein d'épées de Damoclè sur moi en me disant que j'avais le jugement dernier sur moi et c'est j'ai pris du temps à comprendre que ce que les gens voient sur les réseaux c'est leur leur vision.
Il y a quelque chose aussi d'effet miroir, comment tu réagis dans certaines situations. Donc moi que j'ai dit un truc qui peut qui peut te faire t'exprimer du coup ta seule manière justement d'exprimer ton mécontentement ou le ben c'est de dire quelque chose de négatif sur internet. Libre à toi.
Est-ce que c'est la meilleure manière ? Non mais c'est pour ça que je dis qu'il faut pas qu'on reproduise le même système parce que nous on subit déjà de l'oppression. Donc si dans la communauté queir comme tu as dit intra comment tu as dit ça intra communautaire merci.
Si on reproduit la même chose, c'est là où c'est questionnable. Et oui, non, c'est c'était pas c'était pas très fun. Non.
On va maintenant parler de l'impact qu' a eu Drag Race après avoir parlé de Drag Race en tant que tel. L'impact qu'il a eu euh Drag Race, c'est une explosion de visibilité. Qu'est-ce que ça change soa dans ton quotidien d'artiste, dans ton travail, dans tes publics, cette nouvelle cette nouvelle visibilité ?
Déjà, ça faisait un petit peu un bike. J'étais dans un peu dans le milieu en tout cas de l'artistique, de la performance, mais ça m'a porté la visibilité, ça m'a porté des privilèges en vrai de connaître telle personne qui connaît, je sais pas, une salle de répète et tout nana, faire croquer aussi les potes qui veulent aussi se lancer ou sortir leur prochaine soirée et cetera. Donc non, ça m'a permis justement d'avoir des accès que j'avais pas avant et euh c'est comme aussi se servir un peu du système parce que tu rentres dans un système à partir du moment où euh je suis plus euh il y en a qui m'ont connu soit avant Drag Race ou soit après Drag Race.
Il y en a qui vont avoir peut-être des clichés quand ils vont voir parce que la la enfin l'émission a montré ce qu'ils avaient envie de montrer. Peut-être que moi aussi j'avais un caractère un peu plus un peu plus excité, on va dire ça comme ça. Donc non, c'est vraiment l'idée du privilège des rencontres parce que moi j'ai toujours fonctionné comme ça.
Donc j'ai on s'est rencontré aussi un peu grâce à ça. Donc j'ai rencontré Virginie Despente aussi. Ça a permis de non, ça a permis de connecter plein de choses et de pouvoir aussi me dire "Ah, je vais sortir mon spectacle, ah je vais sortir un solo, ah je vais produire des trucs parce que je commence à à connaître des gens et puis aussi faire croquer aussi les des jeunes artistes qui veulent se lancer aussi." Donc ouais, c'est une visibilité qui est pas qui est pas négligeable, mais il faut savoir s'en servir parce que ça déjà premièrement ça dure pas longtemps et deuxièmement faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre parce qu'en fait on il y a beaucoup de personnes, je me permets, je parle peut-être en ma connaissance, on sort de drag race, on se dit bon allez c'est bon, c'est c'est ça arrive là tout m'appelait et tout.
Non non, il faut enrichir le truc, faut essayer de faire des choses pour moi importantes, faut peut-être aussi après c'est ce que je fais moi, mais aussi avoir un petit message politique, être un peu plus engagé, faire un peu plus de jeu de conscience avec le public qui te suit, pas juste et no judging, pas juste dire "Moi, je fais ma soirée ou je sors tel ou c'est il y a que si ou que ça." Non, c'est je pense qu'il faut essayer d'avoir un discours qui est large pour permettre aussi de sensibiliser un public qui premièrement nous connaît pas mais dire ah mais en fait elle pense ça aussi ah bensi moi je cherchais on parle de tel tel sujet ça me permet aussi de me sensibiliser je pense qu'il y a une responsabilité de sensibilisation qu'on doit avoir en en sortant de tout ça ouais si je t'ai posé aussi la question des publics c'est parce qu'on voit arriver un nouveau public avec Drag Race un public plus large souvent hétéro qui consomme donc de plus en plus ses contenus Qu'est-ce que ça change concrètement pour toi l'arrivée de de ces publics là ? Ils sont partout, [rires] ils étaient déjà là.
Ils sont partout ils sont ils sont ils ont déjà non enfin qu'est-ce que mais non tant mieux en fait si ça leur permet de leur et puis ça permet aussi d'avoir un public un peu plus différent mais je me dis euh bah heureusement qu'il découvre ça quoi. C'est un le drag il est il a été créé on va dire dans un milieu plus LGBTQ a plus que mais le drag il est plaçable partout et le drague avec le drague tu peux tout faire quand je te dis tout ce qui est artistique tu peux faire avec le drag parce que le drag c'est littéralement une assiette vide. Donc je pense qu'il y a aussi ce jeu de sensibilisation qui peut être aussi intéressant justement pour un public straight hétéro donc qui n'y connaît rien mais qui au fur et à mesure ben s'intéresse un petit peu à à ce milieu-là tu vois.
Après tranquille, enfin ce que si je pourrais dire ça au [raclement de gorge] aux hétéros qui viennent voir des chaudragues, bienvenue, bienvenue, welcome. Mais par contre vous êtes pas chez vous donc euh faites pas comme si qu'il y en a des fois certains ou certaines qui se permettent des trucs. Non non non, tu sais comme si tu tu allais voir un spectacle ou un one woman show, un ou man show, tu vas voir bah justement des artistes mais respecte-les, tu es pas obligé de les toucher, tu as capté.
Tu vois l'idée du consentement, tu vois, on reste autour de ça à respecter les artistes. Mais c'est pas parce que vous entrez dans un endroit et que c'est cuir, donc on est super ouvert d'esprit. Oui, on est ouvert d'esprit mais vous êtes pas chez vous, donc restez sage.
C'est ce que je pourrais dire. J'espère que le message est passé. Je pense aussi. [rires] Euh oui, bah oui, oui, je je peux qu'est-ce que je peux dire après ça ?
Effectivement, moi je me suis arrêté sur cette question dans le chapitre 4 du livre, mais en essayant aussi de la contextualiser au-delà de du drag parce qu'en fait c'est un enjeu de la visibilité que qu'à le drague aujourd'hui. Elle s'inscrit dans OK, un mouvement un peu plus global de euh sur 10 ans. Euh on a eu une explosion de séries, de production de d'artistes aussi euh LGBT qui ont atteint des stades de notoriété qu'on avait jamais vu avant.
Et dans la visualisation du drag, Netflix a joué un grand rôle. C'est aussi Netflix qui a produit un certain nombre de séries euh qui ont voilà pas changé la donne mais ont créé un événement à un moment donné. Et en fait, il y a eu une diffusion très très forte de choses qui sont alors plus ou moins comprises.
Entre eux, c'est toujours ça quand on on est au contact d'une culture qu'on ne connaît pas et que on réceptionne sans forcément peut-être connaître des personnes de cette culture, de cette communauté. Euh en théorie la la la règle c'est qu'on peut pas récupérer des éléments par exemple esthétiqu si on connaît pas euh le background, le vécu, si on n' pas des gestes de solidarité. C'est valable pour l'appropriation culturelle euh dans un contexte antiracisme et aussi c'est valable pour tout ce qui concerne euh des esthétique qu'on va dire cuir et euh et ça effectivement euh ben je me suis basée le youtubeur vulgarisateur en sciences sociales Grégoire Sanson a fait une très bonne vidéo qui s'appelle Pourquoi Squeezie a un look un look queir et est-ce que est-ce que voilà ça veut dire que tout tout le monde est déconstruit Voilà, exactement.
Qui est un peu un cliché parce que voilà, ça peut aussi mettre du vernis sur les ongles, commencer à changer son look, ça peut être ça peut être vraiment des des signes aussi de commencer à avoir un parcours sur soi, sur sa transition, un truc vraiment profond. Donc, il faut jamais s'arrêter à uniquement des questions de surface. Euh néanmoins et c'est tout l'enjeu en fait, c'est un enjeu très ancien de comment on fait pour diffuser une culture euh qui a été marginalisée mais pas que une culture qui peut-être est issue euh voilà de d'un certain public qui euh est portée par des personnes qui n'ont pas les mêmes opportunités dans le reste de la société.
Comment on fait pour que la culture grandisse sans que ces personnes soient dépossédées ? C'est vraiment le même enjeu dans les publics qui ont porté la techno, les personnes qui ont porté le rap. euh les personnes qui portent le vogging parce que pareil le vogging, la ballro, il y a un enjeu de diffusion voilà qui pos voilà qui est vraiment structurel.
Donc c'est des enjeux, voilà, le drag est confronté à des enjeux qui sont de toute façon structurels et avec en plus là la dimension de bah oui, en fait, tu produis des spectacles, donc il y a des espaces où selon les endroits où le spectacle a lieu, les règles ne sont pas les mêmes. quand on produit enfin quand on fait un show dans un bar cuir quand on va à la mutinerie des choses comme ça. Bon le cadre est quand même assez clair et là effectivement principal bar exactement quir lesbien à Paris et qui il y en a d'autres de deux super mais la mutinerie résiste et tient depuis des années donc snap snap snap c'est vraiment le repère des drag king c'est clair euh mais donc il y a il y a les règles effectivement seront pas les mêmes selon les endroits.
Ça déjà c'est un premier c'est un premier un premier truc et le fait justement quand on est dans des endroits où le public lui-même est concerné, ça crée une atmosphère, ça crée quelque chose. Et c'est pour ça que notamment toi tu le fais très souvent Soam, mais d'autres personnes aussi le font de dire que le le drag de drag race, il faut aussi rencontrer n'est pas une fin en soi. Il faut rencontrer voilà le public, faut rencontrer pardon le dragon local.
On parle souvent de ça sous l'angle il faut rencontrer voilà des personnes qui ne sont qui ne sont pas passées par le star système qui sont près de chez vous. Mais il y a aussi une dimension en fait quand on va rencontrer le drag en local ou dans des dans des espaces qui sont pas des zénites, on va rencontrer le public aussi du drag. On va rencontrer les personnes qui partagent les mêmes problématiques que les artistes.
Exactement. Et ça ça change énormément de choses de enfin de faire l'expérience euh d'une forme culturelle avec un public qui réagit dans sa chair. Je pense que c'est vraiment quelque chose qui qui est une une partie de l'expérience en soi et de la valeur du drag parce que le drag et pour le public.
C'est un truc un espèce d'échange de on se célèbre, tu nous nous célébrons, enfin tu célèbres l'article, nous nous célébrons. L'artiste, nous nous célébrons. Enfin voilà, tout le monde s'enjaille.
Et c'est ça qui fait que c'est aussi euh quand tout marche bien, que c'est aussi salvateur pour tout le monde qui conçoit de tous horizons. Donc après euh voilà, les barrières d'entrée dans les lieux, elles peuvent être multiples. C'est des choses qui sont financières, il y a des choses qui sont effectivement culturelles.
Là où on a des problèmes, c'est effectivement quand mais pas que effectivement pour le drag par exemple même des soirées de type techno ou house quand on se retrouve à avoir effectivement un nouveau public qui vient qui prend trop de place qui ne respecte pas effectivement qui ne s'intéresse pas au-delà et même dans des espaces comme madame Arthur comme le cabaret il y a un enjeu où bon déjà le modèle économique des endroits conditionne énormément de choses. Voilà, premier [rires] point, trois petits points. Mais euh surtout euh après, c'est pas parce que justement les gens payent pour venir voir un spectacle et que ils savent à peu près ce qu'ils vont voir, que leur regard change vraiment.
Il est encore intéressant dans le livre. L'endroit du spectacle, c'est à la fois on met des on on rencontre des personnes qui sont en position de puissance he ce que tu as très très bien décrit au début d'expression d'elle, de beauté, mais malgré tout il y a des personnes qui voilà sont touchées vraiment très sincèrement parce qu'elles le voi peut-être parfois elles comprennent pas tout mais voilà des personnes qui vont juste voir quelque chose d'un peu beau qui les aimeux mais parce que dans leur compréhension, dans leur homophobie, transphobie internalisée et racisme ne vont pas euh s'autoriser. à être à l'aise avec cette émotion, on va tout de suite mettre à distance avec une forme d'exotisation, de fétichisation euh qui après autorise tout un tas de gestes déplacés en fait.
Et puis voilà, ce genre de et ce genre de comportement, c'est inadmissible quels que soient les artistes. En revanche, ce qui est certain, c'est que les personnes minorisées sont surexposées parce que on respecte ce qu'on considère et quand on considère pas pleinement les gens et bah on se comporte n'importe comment quoi. Et la nuit en fait est un un pour moi un endroit où les rapports de force, alors il y a des agressions à toute heure du jour et de la nuit malheureusement mais je crois que dans la nuit parce que c'est un terrain où justement il y a une certaine reconnaissance de l'excellence artistique des cuirs, il se joue quand même un truc un peu particulier.
C'est-à-dire qu'il y a des gens qui veulent en être mais qui ont peut-être un peu honte d'en être et en même temps qui qui vient mais qui l'assume pas. qui déjà avant même qu'il chose de répréhensible c'est vraiment ça dbut de toute façon ça c'est sûr et en fait il vaut mieux poser enfin des questions ou admettre qu'on a pas envie d'être là admettre qu'on est mal à l'aise et et s'en aller c'est vraiment mieux mieux pour tout le monde. Mais donc effectivement dans la nuit enfin il y a le rapport de force se voi se retrouve et les pour moi les les artistes drag sont vraiment encore une fois à la frontière entre les mondes et c'est vraiment cette vocation d'interface qui peut être franchement je pense des fois très éprouvante pour les artistes selon les intentions voilà manifesté et et si je précise normalement enfin je suis totalement d'accord avec toi mais le drag c'est pas je je je vais peut-être me faire taper sur les doig quand je dis ça mais le drag c'est pas pour tout le monde en vrai tu peux te lancer tu tu peux te lancer explorer le drague et tout mais c'est une faut avoir quand même une condition mentale pour te dire de la conscience de ce que tu fais sur scène, c'est assez ouf d'avoir ce cet espace là mais aussi la conscience du public parce que des fois tu peux tu es pas forcément tu vas pas tomber sur un un public people love ils sont tous gentils tout ça non tu peux tomber des fois sur un public qui répond mais il faut te rendre compte que en fait à partir du moment où tu es sur scène et que tu as cet espace ce périmètre qui t'appartient ce n'est pas le public qui doit te dominer c'est toi limite qui domine le public parce que C'est toi qui décide où tu veux les enner.
Donc il y a toutement pour moi, il y a tout un une conscience de se dire de le monde de la nuit aussi de rentrer dans ce milieul c'est pas Est-ce que tu dirais qu'il faut une conscience politique dans le sens large du terme ? Obligé. Oui.
Politique en Totalement. Ah oui, ce que j'entends dans ton dans ton discours effectivement, parce que dire le drag c'est pas forcément pour tout le monde, on va dire au sein de des publics LGBT, c'est quelque chose qui euh qui euh fait ressortir peut-être la tension entre le fait que voilà, il y a un intérêt pour les publics quir à s'initier au drag et à à en faire pour soi, pour ses parcours, pour sa vie et le fait que ce soit devenu et que ça ait toujours été mais que ce soit encore plus aujourd'hui valorisé comme une carrière artistique. En fait aujourd'hui l'enjeu c'est que il y a des pratiques qui sont à échelle communautaire, à échelle collective et c'est vraiment très très précieux pour la vie de de personnes qui parfois bah découvrent leur transidentité ou remettent en question des normes de genre ou voilà soignent des traumatismes grâce aux dragues.
Et par contre effectivement ces pratiques peut-être presque enfin thérapeutique ou en tout cas collectiv drag elle on les oublie un peu parfois parce que la figure de la star et de de la carrière artistique prend énormément de place. Mais il est clair que effectivement enfin tout le monde il y a un enjeu de tout le monde ne n'a pas une pratique artistique pour le même but. ça dans mais normalement dans tous les champs artistiques et euh et après il y a un autre enjeu qui est la question de l'embouteillage.
Et ça c'est euh ça c'est encore un autre sujet dans le sujet. Bah c'est ça parce qu'en fait quand je dis que le drag n'est pas pour tout le monde en fait c'est un arc qui est accessible. C'est comme le burlesque c'est un arc c'est un art qui est accessible que tu peux tu peux monter sur scène ou pas, faire des scènes ouvertes et cetera et cetera.
À partir du moment où tu décides de te dire "Ah, je veux avoir une certaine somme, je veux gagner entre guillemets ma vie." Pour ça, c'est là à ce moment-là que je dis que c'est pas pour tout le monde parce que beaucoup de personnes veulent se lancer ou voit un artiste ou une artiste se dise "Ah ben moi aussi je envie de me lancer dans le drag." Si tu décides de te lancer dans le drag, c'est pour ça que je le précise, faut que tu es conscience que il faut que tu sois multiple.
Faut pas que tu te réfères juste sur un une seule et même vision, un seul et même carcan. Non, au contraire, il faut que tu que tu aies envie de t'ouvrir, envie de découvrir. C'est c'est là où je dis que c'est pas fait forcément pour tout le monde.
Après, il y a plein de scènes, tu peux monter sur scène si tu veux, mais je pense qu'il y a certaines scènes qui sont pas réservées mais qui sont beaucoup plus ouvertes aussi pour ceux qui veulent ben littéralement en vivre et payer aussi ben leur loyer avec ça quoi. C'est le c'est le trix de ça aussi. Tu dis dans ton livre que le la drag queen qui gagne le mieux gagne environ 3000 € bruts par mois. estimation.
Ouais. En revanche effectivement, on a une Ah, un peu plus je pense franchement ça dépend du mois. Ça dépend du mois en fait.
C'est dépend du moi. Ça dépend du mois et surtout ben moi je suis pas que drague, je me suis pas arrêté que à ça. Je je fais d'autres choses.
Le drag race m'a permis justement de réaliser certaines choses que je pouvais pas avoir peut-être accès avant. Euh mais euh non, je ne fais pas que ça en vrai. Je fais pas que des soirées drag.
Pas du tout. Non. Et il y a aussi cette notion dont tu parles à Pauline qui est le plafond le plafond rose.
C'est cette cette expression calqué sur le plafond de verre du sexisme. En gros, ça veut dire que les artistes qui font du drague peuvent avoir des opportunités dans la musique, le théâtre et cetera jusqu'à un certain stade. Soit est-ce que tu l'as vécu ça ?
Parce que tu dis que tu fais d'autres choses à côté mais est-ce que tu tu te sens confronté à ce plafond rose ? Non. Je parce que je je ne refuse aussi de me dire que je euh je suis passée par drag race mais je faisais déjà des choses avant en fait.
Donc ce plafond euh oui, il peut exister d'une certaine manière mais en tout cas pour moi il va pas exister parce que je ne veux pas qu'il existe pour moi ou en tout cas je choisis aussi les endroits aussi où je veux travailler. [grognement] Je suis je suis je suis réaliste aussi avec ce que moi j'ai envie de faire. C'est sûr que bien sûr j'ai déjà je me suis lancé un peu dans la chanson.
J'ai sorti un petit son parce que je me suis fait plaisir. J'ai bossé avec des amis, c'est trop cool n na mais je fais autre chose à côté. J'essaie de travailler aussi un peu aussi avec des personnes cuit. on essaie de se faire monter les uns les autres et justement de de dépasser justement ce ce mur de verre, ce plafond de verre ou ce plafond rose qui est un peu aussi institutionnel qui est déjà un peu été déjà créé même avant nous si on si je peux dire ça comme ça.
Donc c'est c'est soin en fait après ça dépend ce que tu vas faire aussi de tout ça ce que tu vas faire de ton drague parce que c'est sûr que si tu restes dans un carcan bien précis c'est sûr que là oui tu vas tomber sur le truc. Après, je pense que l'idée c'est comment aussi tu peux faire autre chose tellement pour prouver aussi que le drague, il est vraiment multiple et qu'il n'a pas de règle. Mais malheureusement avec dans la société dans laquelle on vit aujourd'hui, bah en fait oui, tu as tu peux vite tomber sur ce truc là.
Oui. Ouais, c'est possible. Moi non, je pense que oui.
Enfin, ça vraiment c'est la question de d'où est-ce qu'on veut s'inscrire, de où est-ce que les carrières veent veulent percer parce que effectivement beaucoup de personnes qui font euh drag race après voilà peuvent vouloir poursuivre une carrière dans la musique ou dans l'acting. Euh or être par exemple tout simplement être un une comédienne out aujourd'hui en France, c'est une galère sans nom. Et en plus quand on est drag queen, c'est voilà le le fameux discours de Muriel Robin 2023.
Ouais. le plateau de quelle époque qui décourage enfin voilà qui vraiment c'est une vision quand même extrêmement pessimiste. C'est une séquence qui m'a beaucoup marqué, qui a marqué beaucoup de gens hein de dire il faut dire aux jeunes comédiens pour que ça ne sert à rien.
Euh donc pareil encore une fois quand on parlait du contexte, ça renseigne énormément sur dans quel contexte on a toutes ces discussions sur un divertissement issu de des communautés LGBT [souffle coupé] et aux États-Unis. Donc par contre moi le plafond rose effectivement moi c'est c'est une expression sur laquelle je suis tombée en poursuivant les recherches sur les États-Unis et le le Royaume-Uni et par exemple des des artistes qui sont des superstars du drague et qui gagnent extrêmement bien leur vie parce qu'il y en a d'autres en dehors de de Rouol. Euh, par exemple, Triximatel, euh Trixy Matel au niveau des attentes, enfin visons de la de comment elle elle euh elle se place dans l'industrie de la musique, euh elle a quand même déjà dit que euh voilà, ça c'était euh il y avait aucune reconnaissance et que euh malgré la qualité de ce qui était de ce qui était ce qu'elle produisait, il y avait vraiment une forme de de d'ain et que elle se posait la question effectivement de continuer ou non cette dans cette voie.
Je pense que c'est des raisons au fait effectivement qui sont structurelles. La POP proposée par des artistes drague, elle elle je pense qu'elle a elle a elle doit composé avec un milliard de paramètres dont on a dont on a dont on a parlé. Et je voulais revenir sur juste le volet économique tout simplement parce que effectivement il y a une opacité quand même hein dans tout euh alors autour de Drag et d'une manière générale quand même c'est les chiffres c'est pas facile à avoir.
Mais par exemple, il y a un draing qui s'appelle Art mensonge qui a fait son mémoire un mémoire sur les conditions économiques du drag. Alors lui est Dra King. Donc il a eu beaucoup de réponses de draing. 170 170 personnes avaient quand même une grosse portion de king dans dans ses réponses.
Et ça permet de montrer à quel point aujourd'hui le drag reste une pratique précaire parce que effectivement on a cité OK 3000 environ en moyenne pour les queen les mieux payés de France. Le king le mieux payé de France ça va être 1000 € par mois qu' qu'il arrive à tirer uniquement de son activité du drag ou dérivé. Donc ça donne déjà un peu un ordre de grandeur.
Et euh donc dans l'enquête d'art mensonge, on a 89 % des répondants. Déjà ce que le son enquête établie, c'est que le le drague en tant qu'univers artistique est un monde jeune. Euh les sur ces 200 quasi 200 personnes interviewées, tu as euh 80 % de ces personnes qui font du drag depuis 2 ans avec des niveaux de professionnalisme très différents parce que c'est difficile aussi de persister en fait tout simplement.
Et c'est pas grave. C'est bien parfois quand c'est des parenthèses et stade de la vie. On a 90 % de ces personnes qui vivent d'autres choses que du drag avec la moitié qui touche autour de 15 moins de 1500 € net par mois et pire 1/3 qui vivent sous le seuil des pauvreté.
Donc ça renseigne sur aujourd'hui qui pratique le drag justement en dehors de du star système. Quelles sont les réalités économiques, cette double marginalité d'être cuir et artiste et qui va avec aussi une précarité économique. En tout cas, enfin voilà que sur justement pour les personnes qui rencontreraient du drag dans différents contextes, faut se représenter ce que ce qui sont les personnes qui font qui font du drag, combien après ça leur coûte parce qu'effectivement on évoquait une perruque, une palette de maquillage, on arrive vite à 200 € pour composer une tenue low cost en version très très très low cost.
Ouais, parce que il y a plus de détails dans le livre. Voilà. Voilà, on arrive vite à un ticket 200 € minimal.
Voilà, on va le dire comme ça. Quand on voit une personne en drague, il faut se rendre compte de des efforts, de ce que ça demande et donc aussi apprécier ça parce que c'est voilà, c'est tout ce que ça demande de bah de d'investissement de soi, mais d'investissement aussi très très concret et matériel quoi. Merci Apoline Basin pour pour ta présence sur ce plateau.
Merci Soau, et merci à vous d'avoir suivi cet épisode de On s'autorise à penser. Cette émission et toutes les autres sont à retrouver sur la chaîne YouTube du média ou sur la télé, canal 165 sur votre Freebox et 235 sur votre télé orange. Bonne journée sur le média et je vous laisse avec la suite de nos programmes.
Ciao ! [sifflotement] Ah.
Arnaud Bazin