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Interviewyoutube.com· 4 mars 2022ContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

La Matinale Week-End: l'interview intégrale de Louis Aliot (RN)

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 25 %Attaque 30 %Défensif 45 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • Louis AliotChiffre
    « une centaine de réfugiés, 113, je crois exactement, réfugiés ukrainiens, jusqu'à Perpignan »
  • Louis AliotChiffre
    « c'est la Pologne aujourd'hui qui accueille près de 1 million de réfugiés »

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci d'être avec nous en direct ce matin, maire de Perpignan, vice-président du Rassemblement National. Vous êtes en ce moment même à Cracovie, en Pologne, sur le chemin du retour. Vous vous êtes rendu jusqu'à la frontière entre la Pologne et l'Ukraine pour ramener une centaine de réfugiés, 113, je crois exactement, réfugiés ukrainiens, jusqu'à Perpignan.

Qu'est-ce qui a motivé ce voyage ? Écoutez, je crois que l'émotion que suscite cette guerre au cœur de l'Europe nécessitait que les responsables politiques prennent leur responsabilité et de montrer la mobilisation tout simplement de tous les patriotes européens. On n'a plus vu de guerre, évidemment, il y a eu des épisodes comme en Serbie en 1999, très regrettable, mais on n'a plus vu de guerre en Europe depuis très longtemps.

Et ce retour des conflits, ce retour des affrontements, cette attitude de la Russie pose quand même beaucoup de questions et je pense qu'il était nécessaire pour l'ensemble du spectre politique de se mobiliser. Et donc, à Perpignan, on a une communauté ukrainienne, on est une association dans le département très dynamique et c'est évidemment avec cette association que nous avons agi et puis le transporteur aussi qui nous a mis des bus à notre disposition. Qui est avec vous dans le bus, sur le chemin du retour ce matin, Louis Alliot ?

Des femmes, des enfants ? Voilà, deux tiers à peu près. Comment avez-vous, entre guillemets, choisi ceux qui montent avec vous ?

On n'a pas choisi, c'est l'association qui a proposé une liste de personnes, évidemment, femmes, enfants, des personnes âgées, des malades aussi, quelques malades. Parce que tout simplement, les maris, les pères, les frères sont au front et se battent en ce moment même. Et c'est eux qui ont fait ce choix.

Il y a d'autres initiatives dans d'autres villes, il faut aussi les saluer. Mais voilà, ça vient du monde associatif et on a eu la chance d'avoir une entreprise de transport qui s'appelle Vectalia, qui est une entreprise franco-espagnole, qui nous a mis à disposition deux bus et on y est allé tout de suite. Voilà, on y est allé tout de suite.

À l'arrivée à Perpignan, Louis Alliot, où seront-ils logés ? Est-ce qu'ils pourront s'insérer, avoir du travail, des cours de français à leur proposer ? Alors il y aura évidemment des cours de français, les malades seront pris en charge et puis ils seront placés dans des familles d'accueil dans la semaine qui arrive.

Mais toutes ces familles, vous savez, avec lesquelles on a pu un peu discuter, veulent retourner chez elles. Elles considèrent que c'est tout à fait temporaire, que cette guerre ne va pas durer, même si elle est catastrophique. Mais en tout cas, la grande majorité de ces gens-là ne rêvent que d'une chose aujourd'hui, c'est de revenir chez elles parce qu'elles sont évidemment très tristes d'être parties, tout simplement, et de laisser là-bas leurs familles, leurs amis et leur passé.

C'est précisément ce caractère temporaire de l'accueil qui a aussi motivé votre solidarité, Louis Alliot, qui a motivé ce statut spécial qu'on fait aux réfugiés ukrainiens, un séjour d'un an, l'accès aux soins, au travail, au logement, la gratuité, la SNCF, tout ça est normal ? Tout ça est normal parce que la situation est encore une fois dramatique. Ça permet aussi de faire baisser la pression sur nos amis polonais, parce que c'est la Pologne aujourd'hui qui accueille près de 1 million de réfugiés et c'est sur elle que s'exerce cette pression.

Donc par solidarité, je pense qu'il faut le faire, qu'il est nécessaire de le faire. Mais cela aura un coup tout de même, Louis Alliot, qui paiera la facture à l'arrivée ? Parce que, écoutez-vous, je voudrais juste, c'est l'archive RMC du jour, il y a 4 ans, certes, ce n'étaient pas les mêmes conditions, mais voici ce que vous disiez au moment du projet de loi du gouvernement pour durcir notre politique d'accueil en France.

La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Continuer à dépenser de l'argent du contribuable à l'accueil des réfugiés sans discernement, c'est prendre le risque de plonger la France dans, un, le chaos et potentiellement, dans certains endroits, une guerre civile, deux, le chaos budgétaire, parce que ça coûte cher et que la France n'a plus les moyens. Donc il y a 4 ans, la France n'avait plus les moyens, Louis Alliot, mais aujourd'hui, elle doit se donner les moyens d'accueillir les Ukrainiens.

Oui, non, mais là, vous faites un mélange de beaucoup de choses. Là, il ne s'agit pas d'immigration, là, il s'agit d'un conflit au cœur de l'Europe. Voilà, il ne s'agit pas de conflit à l'autre bout de la planète à laquelle les Français et les Américains sont allés.

Rien à voir avec les Afghans ? Non, rien à voir. Et au mois d'août, vous avez lancé une pétition, Louis Alliot, pour dire non à la cale des Afghans.

Parce qu'on le fait, c'est par solidarité européenne qu'il faut le faire, c'est temporaire. Là, pour le coup, une opération comme la nôtre, c'est un transporteur privé qui la prend en charge, c'est une association, on met évidemment des moyens à disposition, et ces gens-là ont évidemment vocation à repartir dans leur pays. et je pense que c'est ça aussi, la véritable Europe, c'est celle-là.

Le reste, c'est malheureusement une immigration économique, je pense notamment aujourd'hui à tous ceux qui, à Perpignan, par exemple, les MNA qui viennent du Maroc et d'Algérie, que je sache, l'Algérie et le Maroc ne sont pas en guerre, et nous n'avons pas à accueillir des gens qui...

Deux situations, deux mesures, Louis Alliot. Pardon ? Deux situations, deux mesures.

Vous le faites aujourd'hui...

Non, ce sont des situations très différentes, voilà. Vous le faites aujourd'hui par solidarité européenne pour le peuple ukrainien, est-ce que vous le faites aussi contre Poutine ? Ah ben, il est évident que l'agression de la Russie est à dénoncer, et évidemment que le comportement du président Poutine est à condamner, ça ne fait aucun doute, mais il faut en même temps, parce qu'on fait aussi de la politique et de l'histoire, s'interroger pour savoir la manière dont ont été appliqués les accords de Minsk, et la manière dont se sont comportés un certain nombre de pays européens dans cette affaire.

On va y revenir, Louis Alliot, mais pour que ce soit très clair ce matin, vous dites que Poutine n'est plus un homme admirable. C'est ce que disait Marine Le Pen il y a encore quelques mois. Oui, oui, d'accord.

Mais moi, vous savez, je trouve qu'aucun homme en soi ne mérite une attention particulière. Il est un président, il est un chef d'État, et on a toujours dit, nous, que...

Un dictateur ? Oui, oui, enfin, un dictateur, il est à la tête d'un État autoritaire, mais vous êtes les journalistes assez particuliers, parce que vous tentez de faire croire aux gens qu'il y a comme ça des gens plus horribles que d'autres, mais pendant que Poutine est un dictateur, il a l'unité aujourd'hui...

Pardon, Louis Alliot, mais c'est Jean-Yves Le Drian, c'est Joe Biden qui utilise ce terme. Non, écoutez, pendant que Poutine est un dictateur, vous dressez des couronnes de laurier aux dictateurs chinois que lui, vous ne traitez jamais de dictateurs. Donc moi, quand il y aura une égalité de traitement entre tous les dictateurs, eh bien je serai d'accord pour qu'on traite tout le monde de dictateurs, et qu'on arrête évidemment d'avoir des relations avec ces dictatures.

Mais évidemment, quand c'est la Chine...

Pour le Rassemblement National, Poutine est un dictateur au même titre que le président chinois est un dictateur. Quand c'est la Chine, l'émir du Qatar ou d'Arabie Saoudite, ce sont des gens très bien parce qu'ils font du commerce avec nous, et quand ce sont les autres, ce sont des dictateurs. Eh bien moi, je suis pour un principe d'égalité.

Il y a des gens qui privent leur peuple de liberté, qui musellent leurs médias. Ça, oui, ce sont des régimes autoritaires, et quand ils sont violents, ce sont des dictatures. Et c'est valable pour les Chinois, c'est valable aujourd'hui malheureusement pour la Russie, c'est aussi valable pour les Émirats divers et variés avec lesquels la France a des relations privilégiées.

Louis Alliot, ici en France, campagne présidentielle, qui paraît bien dérisoire. Emmanuel Macron vient de publier un clip de campagne dans lequel il dit d'ailleurs cette petite phrase, ça n'est pas plié. J'imagine que vous êtes d'accord, Louis Alliot ?

J'espère bien que ce n'est pas plié, sinon ce ne serait pas la peine de faire la campagne électorale. Je pense que M. Macron a eu beaucoup de Français qui sont contre lui, malgré évidemment aujourd'hui son rôle de premier plan dans ce conflit.

Oui, mais est-ce qu'ils sont tous pour Marine Le Pen, qui se pose comme l'adversaire principal ? C'est l'éternel débat des deuxièmes tours d'élection, quels qu'ils soient. Est-ce que vous avez une majorité qui vous soutient parce qu'elle soutient votre programme, ou parce qu'elle s'oppose à votre adversaire ?

Eh bien voilà, c'est un peu ce qu'il faudra résoudre dans un peu plus d'un mois à cette élection présidentielle. Autrement dit, voter Marine Le Pen, est-ce que c'est un vote d'adhésion ou un vote de rejet ? Il y a toujours une part de vote d'adhésion, il y a toujours une part de vote de rejet, vous savez.

Et vous l'assumez. Ça a été valable pour M. Macron, ça a été valable pour M.

Hollande, ça a été valable pour M. Sarkozy, ça a été valable pour M. Chirac.

C'est comme ça, la politique c'est à la fois de l'adhésion et c'est aussi du rejet. L'essentiel c'est d'avoir une majorité dans les deuxièmes tours des élections démocratiques. La politique c'est parfois aussi des départs, des trahisons.

Marion Maréchal-Le Pen est annoncée en ouverture du meeting d'Éric Zemmour demain à Toulon. Qu'est-ce qu'elle fait Marion Maréchal-Le Pen ? Elle soutient Éric Zemmour, elle prépare aussi la suite, elle deal des circonscriptions pour monter son propre parti ?

Écoutez, je n'en sais rien, ça fait longtemps qu'elle n'est plus d'ailleurs au Rassemblement National, il faut quand même le rappeler. Je n'ai pas moi de renseignements particuliers. Je pense que dans la situation que l'on vit et dans cette campagne présidentielle très particulière, nourrir un certain nombre de calculs politiciens, de négociations en sous-main, de circonscriptions, de je ne sais quoi, c'est assez dérisoire.

Et je pense dans tous les cas de figure que l'électorat aujourd'hui fera peu cas de ce ralliement comme il a fait peu cas jusqu'à présent du ralliement des autres. Quelle attitude ? Un mot pour qualifier cette attitude de Marion Maréchal-Le Pen.

Décevante, voilà. Une attitude décevante, mais encore une fois, je veux dire, elle est majeure et vaccinée, elle fait ce qu'elle veut. L'essentiel, c'est d'avoir des valeurs, un honneur et de défendre un certain nombre de principes sur lesquels on s'est toujours battus.

C'est en tout cas ma ligne de conduite. Louis Alliot, merci. Merci, maire de Perpignan, vice-président du Rassemblement National.

Merci de nous avoir répondu depuis Cracovie en Pologne, où vous êtes donc sur la route du retour avec 113 réfugiés ukrainiens qui seront donc accueillis chez vous à Perpignan. J'en profite juste d'un mot pour vous rappeler que RMC et toutes les antennes d'Altis Média s'associent au Secours Populaire Français pour aider les populations qui fuient l'Ukraine. Si vous souhaitez faire un don, rendez-vous sur notre site rmc.fr ou sur le site du Secours Populaire Français.