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interviewBFMBUSINESS· 9 juillet 2026 4 min

L’Edito de Raphaël Legendre : Présidentielle, le grand bazar d'une gauche éclatée -09/07

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Raphaël Legendre, multiplication des candidatures et appel à la primaire. Voilà où on en est du côté de la gauche qui a du mal à se réunir autour d'un candidat unique. Il faudra ce soir qu'il choisisse sur les modalités. Vous nous dites ce matin, c'est une gauche qui est éclatée non pas en deux, mais en quatre camps.

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Invité

Oui, c'est la fondation Jean Jaurès qui le dit. Elle vient de publier une radiographie des électeurs de gauche qui représente quand même 29% du corps électoral. C'est près d'un votant sur trois. Et c'est vrai que traditionnellement, on a toujours opposé la gauche réformiste et la gauche de rupture. Signe de l'éclatement du peuple de gauche, la fondation Jean Jaurès, elle n'en compte plus deux, mais quatre. La première gauche, c'est le noyau insoumis. C'est la gauche radicale, brutale, c'est le bruit et la fureur de Jean-Luc Mélenchon, des électeurs jeunes, urbains, souvent diplômés, mais souvent précaires.

Jean-Luc Mélenchon, qui écrase aujourd'hui la présidentielle, de très loin à gauche, qui pourtant ne représente que la plus petite part de ces quatre gauches. La fondation Jean Jaurès l'estime à 20% seulement. Un cinquième des votants à gauche. La deuxième gauche, elle est plus subtile. C'est ce qu'appelle la fondation la rupture mélenchoniste. C'est celle qui a voté pour Mélenchon en 2022, mais qui ne veut plus de Jean-Luc Mélenchon. Elle est plus importante, elle représente 25% des votes. C'est une gauche qui reste sociale, elle reste redistributive, mais elle ne supporte plus le fracas, la brutalité, la fureur de la France insoumise. Elle veut de la protection, mais sans la brutalité.

1:47
Présentateur

Mais est-ce qu'elle est plus modérée ?

1:48
Invité

Alors non, ça c'est un point important. Elle n'a franchement pas basculé vers les sociodémocrates. Elle veut toujours beaucoup d'État, beaucoup d'impôts, beaucoup de dépenses, mais elle veut un État moins incendiaire. C'est la gauche de Ruffin et de Clémentine Autain, pour faire court. La troisième gauche, c'est ce qu'appelle la Fondation Jean Jaurès, le centre-gauche orphelin. Les orphelins du macronisme, ceux qui ont voté en 2017 pour Emmanuel Macron et en 2022. Ça représente là aussi un quart des votants, comme les déçus du socialisme, 23% précisément. Ils sont plus européens, plus diplômés, plus aisés aussi.

Ils sont plus sensibles aux questions de dette au sérieux budgétaire, à la crédibilité économique, pour faire simple. C'est la gauche qui peut encore parler au chef d'entreprise. Une gauche réformiste, européenne et écologiste, dit la Fondation Jean Jaurès. Donc un quart quand même des votants du peuple de gauche, qui peut intéresser le centre de l'échiquier politique aussi. Cette gauche-là existe sociologiquement, mais n'a pas encore trouvé son véhicule politique. C'est là que pourrait prospérer un François Hollande ou un Bernard Cazeneuve, par exemple. Ou un Philippe Brun, que vous recevrez tout à l'heure, lors pour le grand entretien, à 7h45.

Et puis, il y a la quatrième gauche, la plus décisive en réalité. Là, c'est 32% des votants à gauche. C'est la gauche pivot, la gauche du vote utile. Elle n'est pas idéologique. Elle veut simplement faire gagner le candidat de gauche qui pourra s'imposer. Ça veut dire qu'elle peut aller de Mélenchon à un Bernard Cazeneuve. Mais c'est ça qui sera le game changer. Il faut juste une personnalité qui puisse émerger et écraser à gauche. Pour l'instant, c'est clairement Jean-Luc Mélenchon.

3:45
Présentateur

C'est très ouvert quand même, du coup, vers le milieu.

3:50
Invité

Oui, effectivement. Ça veut dire que ce ne sera pas tant sur le programme que sur la personnalité que ça va se jouer finalement à gauche. Il y a un sujet, par contre, qui écrase tout. C'est que vous n'avez aucune gauche sociale libérale, si je puis dire, qui parle vraiment au chef d'entreprise. Vous n'avez pas le New Labour. Vous n'avez pas de Tony Blair aujourd'hui. C'est vraiment un modèle social étatiste sur tous les écrans. Et ça, ce n'est pas terrible pour les chefs d'entreprise.

4:17
Présentateur

Merci beaucoup, Raphaël Lejean. On se retrouve, comme tous les jours, dans Les Experts à 9h30.