Libye, la bataille ne fait-elle que commencer ? avec Jean-Yves Moisseron - Partie 1
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
7h42 bonjour jean yves moisseron bon jouer le titre de l'émission aujourd'hui y at il de nouvelles guerres en libye il faut dire que c'est comme si de bataille se dérouler en ce moment en libye la première née il ya six mois avec la révolte des villes de l'est du pays qui est en passe d'être gagné puisque la prise de la capitale le 20 août dernier par les insurgés est déjà une grande victoire et puis il ya un deuxième champ de bataille qui vient de s'ouvrir celui de la transition le conseil national de transition a d'ores et déjà annoncé la tenue d'élections libres et la rédaction d'une constitution dès que le pays serait totalement libéré de l'ancien régime mais au fait qui sont les hommes du cnt reconnu par la france comme seul représentant légitime de la libye ancien du régime démocratique namyst bonnart schiste comment toutes ces tendances pourront-elles tenir ensemble quand l'amérique commun sera totalement vaincu ce sont des questions toutes les questions que nous vous poserons jean yves moisseron ge précise que vous êtes chercheur à l'institut de recherche pour le développement les r d et rédacteur en chef de la revue maghreb machrek et puis que vous publiez dans la très bonne revue hérodote la livraison du troisième trimestre 2011 un grand article avec jean françois daguzan sur justement perspective prospective géopolitique du conflit libyen peut-être d'abord la question d'actualité que nous avons envie de vous poser que se passe-t-il en ce moment à syrte syrte on est un peu dans la phase finale des opérations militaires c'est à dire que après la chute de tripoli évidemment syrte est l'endroit où s'est concentré les dernières forces pro-kadhafi qui sont maintenant en cercle et si je puis dire et bons à 6 simplement à la fin de cette c'est au père à sion avec le risque d'une part que ce soit un dernier conflit particulièrement violent puisque ce sont les derniers irréductibles qui sont ces irréductibles lagarde tout rapprocher là ce sont la garde rapprochée mais très clairement la tribu d'origine les kadhadfa de d'où vient kadhafi et où il avait des soutiens extrêmement fort peut-être certaines branches bon d'autres d'autres tribus les warfalla quelques-uns enfin qu'ils étaient très proches qui étaient impliqués dans les opérations militaires et qui évidemment maintenant risque d'avoir des comptes à rendre auprès des auprès des autres forces du conseil national de transition donc donc on espère aussi peut-être on en parle beaucoup de négociations qui permettrait d'éviter un bain de sang et de sortir rapidement de ce conflit et qu'elle est là la crédibilité qu'elle va leur apporte croire que faut-il croire part d'oddo de cette histoire de voyage en voiture blindée du colonel kadhafi sur l'entourage qui aurait traversé la frontière pour se réfugier en algérie j'imagine que tout de même avec les moyens d'aujourd'hui un convoi blindé ça ne passerait pas inaperçu que quel est le sens de cette information entre guillemets vois ça c'est très difficile à dire qu'il y ait que ce soit kadhafi ou des proches de sa famille où les dignitaires du régime qui essayent de de s'échapper c'est assez normal avec kadhafi il faut à peu près s'attendra à toutes les possibilités l'hypothèse qui puisse se réfugier en algérie était finalement au début assez peu à ce peu envisageable on pensait plutôt d'abord qu'il se réfugie à syrte chute dans chez lui chez lui il a cessé dans la mentalité tribal si je puis dire sans tout ramener à cette dimension de tribal le fait d'être chez soi dans un pays qu'on connaît entouré de gens qui nous protège ça permet d'avoir des caches et c'est donc l'hypothèse qui s'échappe à l'étranger était plutôt secondaire qui s'échappe qu'il aille vers l'algérie mais c'est pas du tout confirmé sa part et c'est encore plus étonnant une autre solution pour lui on a été d'aller dans le sud dans la zone sahélienne qui est une zone moins en moins contrôlé et voir au mali au niger c'est difficile on verra après où il est enfin mais bon j'ai rien de particulier à dire sur ce convoi de mercedes alors jean yves moisseron la libye donc vit en ce moment des moments particulièrement importants dont on peut savoir comment ils vont peut-être se dérouler ou est ce que c'est vraiment l'incertitude qui gagnerait aussi tu es l'historial d'une la nouvelle livraison de jeune afrique littoral de marwane ben yahmed kadhafin le titre mais tout de même ceci kadhafi dégagé reste maintenant une multitude d'interrogations et de motifs d'inquiétude les transition tunisiennes égyptiennes ne sont déjà pas des sinécures alors alors la construction de la nouvelle libye le plus dur commence les rebelles du cnt comité national de transition n'ont aucune autre légitimité que celle d'avoir organisé la résistance il faudra donc des élections ni trop rapide le processus redd à clé ni trop tardive dans un pays qui ne l'a jamais connue il ya trois éléments ont d'abord bien se rendre compte que dans l'histoire libyenne à l'unité de la libye s'est constitué contre l'opposant contre les italiens contre le la colonisation italienne donc tout gouvernement donc il ya une histoire il ya un passé les libyens sont quand même assez réticent vous étrangers aux interventions étrangères donc le cnt nécessairement parce qu'il a été soutenu par par l'otan par des forces étrangères va souffrir d'un très grand déficit de légitimité interne au sein même de la rébellion au sein même de la rébellion il ya déjà eu des dissensions l'assassinât d'abdel fatah younès et dont on ne connaît pas tout à fait là qui est un des chefs militaires du conseil national de transition n'a pas été éclaircie mais à cette occasion il était d'une tribu des obeidi date il a été certes cette tribu quand même à demander des comptes au cnt parce que il n'avait pas été protégé ou en tout cas il ya certaines dissensions internes ensuite la libye c'est un pays qui n'a aucune tradition démocratique ça ça il partage un peu cette histoire avec avec d'autres pays de la région mais en plus qu'à aggravant si je puis dire il n'y a pas il n'y a pas eu d'itt et à centraliser d'état administrées et donc on a une difficulté supplémentaire par exemple par rapport à un pays comme la tunisie ou même dans la révolution l'administration continuait à tourner et disons à organiser le pays là tout est reconstruit deux petits mots là-dessus c'est intéressant comme comment cela était qui construit quand vous parlez un d'un pouvoir central non étatisé et pourtant bien contrôlé par kadhafi quel était ce le fonctionnement de ce fameux système politique libyen dit entre guillemets sans état alors c'est un peu une énigme pour la science politique et en même temps une mode de gouvernance tout à fait original jamaï guérilla c'est à dire un système qu'on a du mal à caractériser parce que nous nous pensons toujours état autoritaire c'est à dire des structures étatiques avec une administration ni hiérarchies un système etc qui peut prendre le contrôle de la delà de la société kadhafi a imaginé et mis en place un système assez étonnant puisque il considérait que au fond tout état était une espèce d'aliénation de la souveraineté individuelle on était un peu dans une espèce de synthèse entre les besoins de centralité nez de l'exploitation du pétrole et une espèce de je ne sais pas de romantisme bédouins je caricature évidemment beaucoup mais cette synthèse l'a fait que kadhafi a tenu le pays en presque par la subversion continuelle c'est-à-dire qu'ils empêchaient toute mode d'organisation que ce sont des autorités régionales ou des administrations et rebattait les cartes constamment il le vide jouets avec les disons les les personnalités il donc il s'est arrangé en gros pour maintenir simplement ce qui était nécessaire pour redistribuer la rente pétrolière parce que c'était ça qui permettait d'acheter les alliances de constituer des de changer les rapports de force et d'être toujours au milieu d'un jeu de pouvoir qui le maintenaient au centre mais c'était une espèce d'état enfin on peut pas dire c'est on a du mal à venir acte ericsson état autoritaire mais comme par exemple comment expliquer qu'il y avait pas nécessairement d'état au sens où nous l'entendons mais tout de même une sorte de mécanisme de redistribution proche de ce qu'on appellerait aussi l'état providence parce que pour jets qui existe qui existait bien alors encore une fois état providence on a du mal à le dire parce que parce que s'il n'y a pas des taipei - d'état providence mais simplement ce qui est clair c'est que la rente pétrolière un permis de non seulement de dalida d'acheter de réguler l'ensemble des alliances politiques mais il a aussi incontestablement permis de créer des hôpitaux des des écoles permettre à un niveau d'éducation assez assez élevé dans dans la région mais quand on a quand le pouvoir repose essentiellement sur la redistribution de la rente pétrolière ça peut se faire dans des formes de centralité relativement rudimentaire il n'y a pas de système fiscal par exemple en libye tout tient sur le sur le pétrole donc en gros il suffit de contrôler pour caricaturer le robinet de sortie du pétrole et la signature des contrats de livraison et puis ensuite de redistribuer cette c30 donc on n'a pas besoin d'une très grande administration pour qu'on commence porter le système jusqu'à aux périodes récentes et dix ans avant le ce qu'on appelle le printemps arabe jean yves moisseron disons que une partie de la disons de cette révolte tient au fait que j'interprétais ça comme le leur la rupture du pacte justement mis en place par par kadhafi la rupture du du pack du livre vert ça insiste ça a été un système qui a fonctionné pendant un certain temps et puis dans les 10 15 dernières années disons que la situation économique globale s'est détériorée et que les aspirations de la population libyenne les demandes qui étaient faites sont devenus beaucoup plus importante que les capacités de redistribution de la rente pétrolière la libye était un pays qui quand même s'enfonçait progressivement dans dans une dégradation qui est qui et ce qui est touchée aussi essentiellement la partie est du pays la petite bengazi et donc un certain nombre de forces politiques en particulier des forces prix de triballât l'est du pays n'avaient bénéficié plus de cette manne qui était présenté dans les années 60 70 et pour faire le lien avec l'actualité immédiate vous dites que là où ça se complique alors on comprend que d'ailleurs il sera sans doute très compliqué de de construire on va dire une sorte d'états démocratiques de démocratie sur des bases qui sont tout de même très très flottante et qui plus est vous dit par exemple que les gens de misrata ou de benghazi ont défendu avant tout leur territoire plutôt qu'un idéal reconstruire le pays supposerait d'avoir à la fois une vision commune partagée entre ses différentes factions de régler les la répartition des la répartition des pouvoirs et la répartition des richesses or la seule richesse le problème la libye c'est que la seule richesse qui est exploitable rapidement c'est le pétrole et donc il va y avoir une concentration de la compétition des forces politiques sur le contrôle de ces de ses ressources pétrolières quid des comités populaires je pense que tout ça ça un peu voler quitté quitté la base ce que vous racontez d'hérodote acquittent est à la base de la structuration politique justement de la libye et via la manne pétrolière oui en fait il ya plusieurs institutions mais tout ça faisait partie du système de mis en place le régime de kadhafi tout ça va être balayé ça veut pas dire que les régionalismes les particularismes régionaux ou bien les forces tribales qui peuvent contrôler une partie du territoire vont disparaître donc l'hypothèse d'une commandite d'une d'un état relativement régionaliser voir une fédérant une fédération un état avec deux régions seraient que ça a été d'ailleurs là la solution qui a été adopté par le roi idris lors de la l'indépendance de la libye c'est une solution qui envisage à mais pour l'instant c'est un peu difficile ou s'il ya à définir est toute la question ça va être de savoir si ces forces politiques vont être capables de reconstruire un consensus assez rapidement pour créer les conditions de la stabilité et la sécurité qui vont être nécessaires pour faire revenir les travailleurs étrangers qui faisait fonctionner au quotidien la libye est en même temps remettre rapidement en marche les infrastructures pétrolières et la condition sinequanone et nous y reviendrons tout à l'heure c'est quoi c'est de demander aussi que les forces de l'otan une fois le travail est accompli il s'en aille abbas est clair que l'otan dans ce cadre-là doit jouer un rôle de soutien et en même temps être relativement discret ne pas faire l'erreur de se substituer aux libyens pour définir leur avenir
Jean-Pierre Bataille