🔴 En direct I Entretien de Marine Le Pen sur BFMTV
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à l'Assemblée nationale.
Bonsoir Marine Le Pen. Bonsoir. Et merci beaucoup d'avoir accepté cette invitation sur BFM TV ce soir pour cet entretien exceptionnel. Bonsoir Sophie. Bonsoir Marie. Bonsoir Madame Le Pen. Je le disais, interview, entretien exceptionnel, car c'est la première fois que vous prenez la parole après la fin de votre procès en appel dans les assistants parlementaires du Front National. Une date est désormais dans toutes les têtes, certainement dans la vôtre aussi, le 7 juillet prochain, date à laquelle on saura si vous pouvez ou non être candidat à la présidentielle. On va évidemment longuement aborder ces questions liées à votre avenir en politique.
On abordera aussi, entre autres sujets, l'enjeu pour le Rassemblement national avec ses élections municipales dans maintenant moins de trois semaines. Mais d'abord ce soir Marine Le Pen, nous avons décidé de débuter cette interview avec ce drame qui est devenu finalement un fait politique majeure, qui a choqué les Français. La mort de ce jeune militant identitaire, il s'appelait Quentin de Ranque, par des militants d'ultra-gauche. J'ai envie d'abord de vous poser cette question. Diriez-vous comme certains qu'on assiste aujourd'hui à un point de bascule total dans la radicalité, dans l'expression de cette violence politique ?
Alors d'abord permettez-moi de présenter de vive voix mes condoléances à la famille de Quentin, de cet enfant, et évidemment terrible. Un point de bascule, en tout cas d'années et d'années et d'années de violences politiques qui ont fait l'objet, il faut bien le dire, d'une forme de complaisance, voire même parfois de complicité, de la part d'un certain nombre de partis politiques, de la part d'un certain nombre de syndicats, et peut-être même de la part d'un certain nombre de médias. Cette dérive qui a atteint son point culminant est un problème majeur, parce qu'en réalité l'objectif de l'ultra-gauche, c'est d'entraver le processus démocratique.
Nous le vivons, vous le savez très bien, depuis des années. Tous nos meetings sont attaqués, tous nos marchés sont perturbés, tous nos tractages, nos bus amenant les gens pour nous écouter sont caillassés. Nos conférences de presse... Entraver le système démocratique ? Oui, parce que tout cela, le système démocratique, il ne démarre pas au moment où on met un bulletin dans l'urne. Le système démocratique, il démarre au moment où chacun peut exprimer librement ses idées pour permettre précisément aux Français de pouvoir faire un choix politique éclairé et lucide.
Or, si vous empêchez une campagne électorale, et c'est ce que fait l'extrême-gauche depuis des années, si vous empêchez d'aller tracter, si vous empêchez, tentez d'empêcher les meetings, si vous tentez d'empêcher les conférences de presse, comme j'en ai été victime, moi, à Dijon, d'une manière ultra-violente, par exemple, en 2020, eh bien, vous entravez le processus démocratique. Et moi, je crois que c'est l'objectif, en réalité, de l'extrême-gauche. Et je vous cache pas que l'assassinat de Quentin...
J'avais déjà alerté les pouvoirs publics sur l'inquiétude qui était la nôtre de pouvoir continuer à faire campagne dans des conditions de sécurité minimales pour nos candidats aux municipales d'abord et pour le candidat à la présidentielle demain.
— Justement, vous parlez d'entraver la campagne. Le chef de l'État a tenu une réunion hier à l'Élysée. Il s'est dit préoccupé. On voit que vous partagez la même crainte que lui pour la campagne des municipales à venir. Il reste trois semaines. Est-ce que vous pensez vraiment que le climat peut s'apaiser, peut être serein pour ces trois dernières semaines de campagne municipale ?
— Je le souhaite, je l'espère. Mais ça n'est pas à moi de répondre, puisque ça n'est pas moi qui est à l'origine, en réalité, de ces actes de violence. La question qui est posée, c'est la question qui est posée aux partis de gauche. Parce que la jeune garde n'est pas un groupuscule de marginaux. Il y en a des groupuscules de marginaux, que ce soit à l'ultra-droite ou que ce soit à l'ultra-gauche. — Groupuscule dissous, hein. — Non, ça n'est pas un groupuscule de marginaux.
C'est une milice qui est affiliée à un parti politique, puisque Jean-Luc Mélenchon a dit lui-même que la jeune garde était un mouvement par la violence, l'expression démocratique des campagnes, et qui est soutenue, légitimée, représentée à l'Assemblée nationale. — Vous n'entendez pas du tout les arguments sur la violence, j'ai envie de dire, défensive. C'est en tout cas ce qu'il porte. C'est-à-dire qu'une... — Non, mais en aucun cas. Écoutez, moi, je vais vous dire. J'ai un exemple extrêmement précis, mais j'en ai mille, en réalité. M. Raphaël Arnaud, il a été candidat dans le Vaucluse contre Catherine Jaouen, notre candidate.
À la fin de la campagne, elle m'a appelée en me disant « Je ne peux plus faire campagne. J'arrête. Je pars du terrain. Je déserte le terrain. Je ne peux plus... » Je suis victime d'intimidation, de violence dans le cadre de cette campagne. Donc on sait très bien... Et d'ailleurs, il y a eu une commission d'enquête sur les groupuscules violents qui a été faite à l'Assemblée nationale, où il est dit que l'extrême-gauche, par idéologie, si vous voulez, considère que l'utilisation de la violence est légitime. Mais d'ailleurs, dans les propos de Jean-Luc Mélenchon, il y a une forme de légitimation de la violence. — Et on va revenir sur Jean-Luc Mélenchon. — Puisqu'il lui-même...
Bon, il ne faut pas qu'elle mène à la mort, d'accord ? Mais non, elle n'est pas légitime. Vous voyez ? Donc c'est vraiment très ancré idéologiquement dans l'extrême-gauche, l'utilisation de cette violence. Et moi, je suis, encore une fois, inquiète pour l'avenir, parce que je pense que dans leur esprit, il y a non seulement le fait d'empêcher, d'entraver le processus démocratique, mais il y a aussi le fait de contester par la violence, potentiellement, des résultats électoraux qui leur déplairaient.
— Mais justement, vous parlez de l'extrême-gauche. Jordan Bardella a organisé une conférence de presse la semaine dernière avec, sur le pupitre, le sursaut face à l'extrême-gauche. Il appelle un cordon sanitaire face à la France insoumise. C'est ce cordon sanitaire dont vous avez fait l'objet vous-même pendant des décennies.
— L'expression n'est pas due au hasard. — Il faudra lui demander, en l'occurrence. Mais l'idée, c'est surtout de mettre les parties de gauche, mais pas seulement du centre aussi, face à leurs responsabilités. Est-ce qu'ils sont prêts ? C'est un peu un clin d'œil, en réalité, qu'a voulu faire Jordan Bardella, parce que c'est un rappel du cordon sanitaire qui a été mis en œuvre contre le Rassemblement national avec la France insoumise.
— Vous dites que c'est une manière de renvoyer la diabolisation sur l'adversaire. C'est ça aussi ?
— Non, non. C'est une manière de rappeler à Renaissance au parti d'Emmanuel Macron, en partie à LR, aux communistes, qu'ils se sont tous mis ensemble contre le Rassemblement national. — C'est ce qu'il a dit dans sa conférence de presse. — Moi, je... Reprenons toutes les déclarations. Mais moi, je me souviens d'Edouard Philippe expliquant qu'il préfère voter communiste que le Rassemblement national. Donc à un moment, il faut qu'ils se regardent dans la glace, qu'ils fassent eux-mêmes leur examen de conscience et qu'ils se posent la question.
Est-ce qu'on veut continuer à faire des alliances électorales ou à accepter des désistements de second tour pour faire élire des représentants d'un mouvement politique qui, non seulement n'a pas rompu avec la jeune garde, mais continue à les soutenir de manière ahurissante ?
— De ce point de vue-là, d'ailleurs, les lignes bougent très clairement. On reviendra sur les propos d'une ministre du gouvernement pour ne pas la nommer Aurore Berger.
— Tout ça est quand même très ambigu. Ils sont quand même d'une grande hypocrisie. Parce que dans le même temps, Emmanuel Macron a expliqué il y a quelques mois que la France insoumise était un parti anti-républicain, anti-sémite, anti-parlementaire, etc. Et vous voyez bien que sur le terrain, quand il s'agit des élections, on passe par-dessus la jambe tous ces principes. La réalité est la suivante. Ces gens sont prêts à abandonner les valeurs de la République, à abandonner leur éthique pour sauver leur place électorale. Donc c'était le cas jusqu'à présent. On verra ce qu'il en sera demain. Je crains hélas que ceux qui
qui espèrent un sursaut soient déçus. — Juste, Mme Penne, vous disiez à propos de Jordan Bardella, c'est un clin d'œil quand il emploie l'expression « cordon sanitaire ». C'est aussi un moyen aujourd'hui pour vous, avant la présidentielle, de renvoyer la diabolisation du parti vers la France insoumise et vers Jean-Luc Mélenchon, avec qui vous tentez d'installer le match. — Non mais moi, je n'envoie la diabolisation sur personne.
— Quand Jordan Bardella appelle à faire un cordon sanitaire... — Non mais Jean-Luc Mélenchon, il fait ses choix. LFI fait ses choix. D'accord ? Ils ont fait le choix de considérer cette ministre de la Jeune Garde comme faisant partie intégrante de la France insoumise. Et d'ailleurs, après la dissolution de la Jeune Garde, ils ont créé un mouvement qui est la fusion entre les jeunes LFI et la Jeune Garde. — Et ils ont fait un recours... — Génération Antifa. Bon. Et donc, encore une fois, l'ensemble de l'expression est une expression qui vise à la violence. Est-ce que... Ceux qui nous écoutent devraient aller regarder un petit peu les réseaux sociaux de ce groupement Antifa.
Toutes les photos des actions de cette milice, les gens, leurs visages sont floutés. À chaque fois qu'ils font une manifestation, ils sont masqués, ce qui, par ailleurs, est interdit par la loi. Ça dit quelque chose, tout de même. Eh bien, malgré cela, l'ensemble des dirigeants de la France insoumise considèrent que ce sont des alliés honorables dont, disent-ils, ils sont fiers. Eh bien, voilà. Maintenant, la classe politique a une responsabilité. Est-ce qu'ils continuent à accepter ce type de compromission ? Oui ou non ?
— Oui. Juste sur la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, j'aimerais qu'on avance, tire ce fil. Sophie, vous parliez du match, peut-être. Est-ce que c'est peut-être votre meilleur adversaire dans la perspective de 2027 Juste un mot sur Raphaël Arnaud. On l'a cité. Il est effectivement mis en cause parce que ses assistants parlementaires étaient ce jour-ci à Lyon et sont impliqués dans le meurtre de Quentin de Ranque. Est-ce que vous entendez l'argument des insoumis qui est porté dans plusieurs interviews, qui est de dire finalement que ce député ne saurait être tenu responsable des actes de son salarié ? Ou est-ce qu'on est au-delà de ça et que finalement...
— D'abord, on est au-delà de ça. — Sur le plan de la morale. — On est au-delà de ça. On est au-delà de ça pour deux raisons. D'abord parce qu'il est le chef de la Jeune Garde. Il en est le chef. Il n'est pas un simple député à la fi. Il est... — Mouvement d'Issou. — Il est le chef de la Jeune Garde. Mouvement d'Issou qui fait l'objet, d'après ce que j'ai compris, d'une poursuite aujourd'hui pour reconstitution de... — Absolument. Mouvement d'Issou. Bon. Trois de ses assistants parlementaires, c'est quand même pas rien, c'est pas un. C'est trois de ses assistants parlementaires sont mis en cause à un titre ou à un autre dans le lynchage de Quentin de Ranque.
Et surtout, il est le promoteur de ce type d'action violente. Il défend ce type d'action violente. Il en fait la promotion de ce type d'action violente. Donc c'est pas un député victime d'un assistant parlementaire qui aurait commis des choses sans que son député soit au courant. C'est pas du tout la situation. Donc vous voyez, il y a quand même là une chaîne de responsabilité et une affiliation assumée, d'ailleurs, par la France Insoumise qui pose, c'est vrai, un véritable souci.
— Justement, vous parlez de responsabilité. Jean-Luc Mélenchon, lui, nie toute responsabilité politique et morale. Comment vous qualifieriez aujourd'hui sa stratégie ?
— Je crois que depuis un certain nombre de temps, Jean-Luc Mélenchon oscille entre la stratégie de la pacification et la stratégie du pire. Bon. Et il a choisi la stratégie du pire. Voilà. C'est la stratégie de l'intimidation. Or, ça pose un problème. Parce que dans l'esprit de la France Insoumise, si vous voulez, tout ce qui est à droite de la France Insoumise est fasciste. C'est-à-dire que le fascisme commence à François Ruffin, en quelque sorte. C'est-à-dire que la France Insoumise crée non pas la bordélisation, mais la mise en œuvre d'une vraie violence, qu'elle soit verbale ou qu'elle soit par l'intermédiaire de la jeune garde physique.
Et ça, c'est inadmissible dans un pays démocratique. C'est le contraire même, si vous voulez, des valeurs de la démocratie que d'user précisément de cette violence.
— De cette violence, de ces invectives aussi vis-à-vis de la presse. Quand vous entendez Sophia Chikirou, par exemple, parler de certains journalistes, comme des, je la cite, nazis à petits pieds, quand vous voyez Jean-Luc Mélenchon, même s'il s'en défend, trier la presse pour accéder à certaines conférences de presse, c'est la traduction d'une fébrilité ou ça acte finalement qu'ils ne sont plus dans l'arc républicain ? C'est ça aussi que vous décrivez par tout cela ?
— Non, mais vous comprenez bien que dans leur esprit, je viens de vous le dire, tout ce qui n'est pas la France Insoumise est fasciste et nazi. — Voilà. Donc même François Ruffin, souvenez-vous, s'est fait malmener dans le cadre d'un atelier à la fête de l'humanité et s'est fait traiter de fasciste. Donc tout le monde est fasciste. Donc cette forme de fascisation de tous est le contraire, d'abord de l'intelligence et de la pacification nécessaire du débat politique.
— De cette relation avec les médias qu'ils instaurent aussi, parce que c'est aussi le sujet du moment. Votre commentaire aussi là-dessus, parce qu'on peut vous renvoyer aussi l'argument qui est de dire que vous avez aussi par le passé, et c'est parfois aussi actuel. Trier la presse, vous aussi, est-ce que ça vous le condamnez ?
— Non, j'ai pas trié la presse. Alors merci de me poser cette question. J'ai jamais trié la presse, moi. J'ai refusé Mediapart dans mes conférences de presse pour une raison très simple. C'est que lors de la présidentielle, Mediapart a dit « J'interrogerai tous les candidats à la présidentielle, sauf Marine Le Pen ». Et j'ai donc dit « Moi, j'accepterai tous les journalistes, sauf Mediapart ». Oui, il y a un moment.
Je ne fais que répondre à un comportement qui est un comportement terriblement sectaire d'un média, très proche de la jeune garde d'ailleurs aussi, disons-le, qui se positionne non pas comme un média, mais en réalité comme un adversaire politique assumé, faisant preuve à notre égard d'un sectarisme absolument total. Donc il y a eu ce cas à Mediapart et je crois le quotidien dont je considère qu'ils ne sont pas des journalistes. Voilà, c'est une émission très contestable d'ailleurs qui consiste à se moquer des gens, parce que c'est tellement facile de se moquer des gens, mais ça n'est pas du journalisme.
Ils ont des cartes de presse. Mélenchon dit que ça va se jouer à la fin entre vous, le RN, et lui. Est-ce que vous pensez la même chose ?
Ça, c'est les Français qui vont décider, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon. C'est les Français qui décideront. Mais je veux dire, la manière qu'il a d'insulter, de pousser encore une fois à l'hystérisation du débat politique, c'est, je l'ai bien compris au travers de ses propos, en réalité pour tenter de mobiliser. Et pour mobiliser, il faut qu'il fasse croire à des gens naïfs qu'il y a une forme de danger fasciste qui existe, etc. Donc il va aller très loin sur ce sujet-là. Mais entre très loin et trop loin, je pense qu'on a déjà passé la barrière.
Vous voyez, quand les propos de Mme Panot, si vous voulez, qui expliquent qu'ils n'accepteront jamais que le RN gagne le pouvoir par les urnes, ça veut dire quoi ? Ils n'accepteront jamais. Que vont-ils faire ? Que comptent-ils faire ? Quelle est l'idée qu'ils ont de contester les résultats d'une élection dans la rue, par la violence ? Vous voyez, ça aussi, c'est une forme d'intimidation. Et ça, c'est éminemment condamnable.
Est-ce que vous, candidate, c'est quand même votre meilleur adversaire ?
Non, je ne crois pas. Vous savez, je pense que si les Français veulent véritablement une alternance, un changement, ils l'obtiendront, quel que soit le candidat qu'il y a en face. Je pense qu'ils sont de plus en plus nombreux. Ils sont des bilans d'Emmanuel Macron. Mais même à faire le bilan des 30 dernières années, beaucoup se rendent compte qu'en réalité, on leur a vendu une alternance qui n'existait pas. Pour finir, que ce soit la droite, que ce soit la gauche, ça a toujours été la même direction. Et nous, nous leur offrons une direction qui est une direction, c'est vrai, très différente de ce qui a été fait dans les 30 dernières années.
Et s'ils souhaitent cela, eh bien, ils l'obtiendront. Ils se le donneront, ce changement, ce grand changement qui est attendu par beaucoup. Et que ce soit Édouard Philippe, que ce soit Jean-Luc Mélenchon, ou que ce soit quiconque d'autre qui soit en face du candidat du Rassemblement National, si les Français le veulent, ils obtiendront cette renaissance.
Et on reviendra d'ailleurs. Renaissance. C'est un clin d'œil là aussi, peut-être ? Peut-être.
On verra ça.
On verra ça. On reviendra d'ailleurs sur l'enjeu des municipales, qui est le prochain scrutin. Juste à ce moment de l'entretien, Marine Le Pen, on a évoqué les violences de l'extrême-gauche. On ne peut pas non plus évoquer, ne pas évoquer les groupuscules d'extrême-droite. D'ailleurs, le Premier ministre, encore une fois cet après-midi dans l'hémicycle, met dos à dos les deux extrêmes. Une marche a eu lieu samedi, ce samedi à Lyon, en hommage à Quentin. Jordan Bardala, le patron du parti, a envoyé une lettre à tous vos cadres pour dire qu'il était interdit, je ne sais pas si c'est le bon terme, mais en tout cas les enjoignants à ne pas se joindre à cette marche. C'est mieux en le disant ?
Il y avait besoin quand même de le rappeler aujourd'hui ?
C'est mieux en le disant, pourquoi ? Parce qu'il y a des gens qui, de bonne foi, avaient envie de participer à l'émotion, en réalité. Car sur les milliers de personnes qui ont participé à cette marche, il y en a quand même une immense majorité qui étaient là pour exprimer leur soutien à la famille, pour exprimer leur tristesse de cet événement tragique. Mais c'était aussi des images, des images de se mêler à des groupuscules. Mais nous, nous savons pertinemment qu'il y a un certain nombre de groupuscules de marginaux qui, évidemment, allaient en profiter pour venir commettre des gestes ou tenir des propos qui seraient tout à fait inadmissibles.
Mais moi, je n'ai pas de difficulté à admettre qu'il y a des groupuscules d'extrême droite, d'ultra droite, qui peuvent d'ailleurs être violents. Et d'autant moins qu'en 2022, j'ai écrit une lettre à Mme Elisabeth Borne pour demander qu'elle mette en œuvre la dissolution de l'ensemble de ces groupements violents, quels que soient leurs bords politiques.
Ce qui n'était pas votre position au départ, parce qu'en 2021, vous vous opposiez aux dissolutions parce que vous pensez que ça pouvait être une atteinte aux libertés fondamentales. Vous avez évolué.
Non, non, je n'ai pas évolué. Je considère qu'à partir du moment où des groupuscules actent la violence comme étant le cœur de leur action, il n'est pas admissible de ne pas les dissoudre. Maintenant, il ne faut pas que la dissolution aille au point où l'on effectue en réalité, pour des raisons politiques, des dissolutions de gens qui n'appellent pas à la violence. Mais en 2021... C'est le problème, mais ça, c'est le rôle de la justice, pour le coup, de déterminer, quand elle est saisie, notamment d'un recours, ce qui fait partie des conditions pour dissoudre un mouvement. Donc en 2022, j'étais là, en 2013 déjà.
En 2020 ?
Déjà en 2013, je réclame la dissolution de ces mouvements violents. Je n'ai aucune difficulté avec ça.
En 2021, au moment où Gérald de Darmanin, ministre de l'Intérieur, souhaitait la dissolution de génération identitaire, vous vous inquiétez d'une atteinte aux libertés fondamentales ?
Mais la question, encore une fois, la question, c'est est-ce qu'il y a des actes de violence ou pas ? Est-ce qu'il y a un appel à la violence ou pas ? Est-ce qu'il y a la violence comme le noyau, encore une fois, qui est celui de l'expression politique ?
Et des propos... Il y a la violence, pardonnez-moi, Marine Leval. Il y a la violence, il y a des propos couverts aussi par la loi, c'est-à-dire un appel au racisme, à l'homophobie, qui peuvent être aussi le relance de ce qu'on peut vous exprimer. Mais vous avez parfaitement raison. C'est ça. Vous avez parfaitement raison. Sur la marche, pardonnez-moi, nous sommes obligés d'y revenir aussi, vous voulez vous en tenir éloigné, il y a le cas de ce collaborateur, assistant parlementaire d'une de vos députés, qui pose question. Depuis, elle a mis fin à ses fonctions, elle a arrêté, mais c'est un membre de votre parti, c'était un assistant parlementaire du Rassemblement National.
Mais ça n'a rien à voir avec le sujet dont on parle, Madame, pardon. Je veux dire, dans un cas, il y a un assistant parlementaire qui n'exprime pas ses idées politiques auprès de nous, qui ne dit pas expressément à sa députée que manifestement ses idées politiques sont contraires à celles du Rassemblement National et qui exprime des propos inadmissibles dans un compte caché, un compte anonyme, si vous voulez. De l'autre côté, vous avez un député, Raphaël Arnaud, qui a trois assistants parlementaires et qui cache à l'Assemblée Nationale l'identité réelle de ses assistants parlementaires. Vous voyez, donc, là, on est vraiment dans deux cas différents.
Dans un cas, nous, nous sommes victimes, en quelque sorte, de cet assistant parlementaire. Dans l'autre, vous avez un député qui, clairement, couvre en réalité ses agissements et fait en sorte que ses agissements ne soient pas connus du public.
Mais on sent que vous voulez vous tenir quand même éloignée de ces groupuscules parce qu'avec la consigne qui a été passée par Jordan-Bardelard,
il y a quelques personnes qui appartiennent à ces groupuscules. Je les ai virées. Je les ai foutues à la porte. Ça a été un des premiers actes de ma présidence du Front National. Donc, bien sûr, je veux m'en tenir éloignée, évidemment. Et le Rassemblement National n'a aucun lien structurel avec ces groupuscules. Et là encore, ça fait une énorme différence avec l'ensemble de la mouvance antifa qui a des liens structurels avec la France insoumise et pas seulement avec la France insoumise.
Le collaborateur parlementaire, ce n'est pas le premier qui faisait partie de ces groupuscules que vous avez dû écarter. Il y en a eu d'autres. Qui faisaient partie de ces groupuscules ? Je ne les connais même pas.
Aussi, et qui ont été écartés. Il y en a eu plusieurs. Je ne les connais pas. Bon, donc, je ne les connais pas parce que nous ne les fréquentons pas. Justement. Parce que nous n'avons pas de relation. Mais ils se rendent dit que tu m'as la première. Est-ce que je peux vous rappeler juste quelque chose ? Lors des dernières élections législatives, les candidats de la France insoumise, sur leurs affiches de campagne, sur leurs tracts de campagne, avaient marqué avec le soutien de la jeune garde. Vous voyez ? Bon. Je crois que vous n'avez jamais vu le soutien d'un groupuscule extrémiste sur les affiches du Rassemblement National.
Juste avant le Rassemblement de samedi, il y a eu un hommage, quelques jours après la mort du militant identitaire, auquel a participé des députés RN, des élus, des eurodéputés, même le président du mouvement de la jeunesse. Est-ce que vous regrettez cette présence ? Cette présence est organisée par un groupuscule d'ultra-droite ?
Non. Je ne sais pas. Moi, je considère qu'à partir du moment où c'est organisé par des gens qu'on ne connaît pas, avec lesquels on n'a pas de lien, mieux vaut éviter d'y participer. Mais encore une fois, on est là juste quelques heures après cet événement dramatique. Il y a eu une émotion, les gens ont eu envie d'exprimer l'empathie qui était la leur. Je crois que ce serait vraiment de très mauvaise foi que d'essayer d'en tirer un lien, contrairement à ce qu'a pu oser dire Mme Brun-Pivet, entre le Rassemblement National et ses groupuscules, parce qu'il n'y en a pas.
Il n'y en a pas.
Il n'y en a pas.
Mais ses groupuscules, pardonnez-moi, encore une fois, ils votent. Ils votent. Ce sont des milliers d'hommes et de femmes. Vous assumez qu'une part de ces hommes et femmes soit une partie de l'électeur ?
En tout cas, je peux vous dire qu'il y en a une part qui ne vote pas pour nous. Parce que clairement, ils sont des adversaires politiques. Et je peux vous dire qu'il suffit d'aller sur les réseaux sociaux pour voir ce que ces groupuscules d'ultra-droite disent du Rassemblement National. Ils en disent le plus grand mal.
Oui, parce que certains vous reprochent peut-être d'être allés trop loin dans la dédiabolisation. C'est aussi ça. Ça, vous l'assumez parfaitement.
Je ne sais pas les raisons pour lesquelles ils ne nous aiment pas, mais ça ne me pose pas de problème qu'ils ne m'aiment pas.
À ce moment de l'entretien aussi, Sophie, évoquons aussi ces questions qui ont eu des répercussions au-delà de nos frontières françaises et des commentaires à l'étranger, notamment en Italie, aux États-Unis.
Oui, Georgia Méloni a commenté la mort de ce militant identitaire. Elle a parlé d'une blessure pour toute l'Europe. Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés. Ça a été la réaction du président de la République. Est-ce que vous, présidence, les propos de Georgia Méloni vous aurez aussi dérangé, choqué ?
Absolument pas. En quoi les propos de Méloni, qui sont une expression d'empathie, peuvent être choquants ? En quoi le fait de dire que c'est une blessure pour toute l'Europe, sachant que, je vous rappelle tout de même, qu'il y a une internationale d'extrême-gauche et qu'il y a eu par le passé d'énormes problèmes ? Souvenez-vous, des G20, des G8, des sommets de l'OTAN, où se sont réunis des militants d'extrême-gauche de toute l'Europe, italiens, français, allemands, s'opposant avec une très grande violence aux forces de l'ordre. Donc c'est un problème en Europe.
En quoi le fait de dire que c'est une blessure pour l'Europe, qui est un propos, encore une fois, d'empathie, peut être considérée par Emmanuel Macron comme une ingérence et peut justifier une réponse aussi violente, aussi brutale de la part d'Emmanuel Macron, et au passage un peu insultante pour son propre peuple, mais ça, il a l'habitude et je pense que ça ne dérange pas beaucoup. Qu'est-ce qui s'est passé quand il y a eu Charlie, mesdames ? Mais quand il y a eu l'attentat épouvantable de Charlie, il y a eu une marche organisée avec tous les dirigeants européens et voire même des dirigeants mondiaux. Il y avait même Mahoud Abbas qui était présent dans...
Le roi de Jordanie qui était présent dans le cortège. Je veux dire, qu'il y ait un élan d'empathie quand il arrive quelque chose comme ça, je trouve que c'est tout à fait naturel et je considère que la réaction d'Emmanuel Macron est disproportionnée et même injustifiable.
Mais vous mettez sur un même plan Charlie et la mort de ce militant identitaire ?
La première ministre italienne, elle se souvient des années de plomb. Elle se souvient que la France a été le pays d'asile de tous les terroristes d'extrême-gauche italiens. des jeunes de son parti politique Fratelli Italia ont été victimes en Italie de scènes de lynchage du même type de celui des images qu'on a pu voir et manifestement par les mêmes personnes, c'est-à-dire par des Français de la jeune garde. Par conséquent, c'est assez normal qu'elle considère que le problème est un problème qui peut toucher toute l'Europe. Je ne comprends même pas qu'on puisse s'élever contre un propos qui m'est apparu, moi, en même temps plutôt sympathique à l'égard de la France et totalement anodin.
Réaction disproportionnée aussi à l'égard de l'ambassadeur américain en France. Cette convocation suite à ces propos de Charles Kushner, là aussi, il ne s'est pas rendu au rendez-vous. Ils se sont tus en même temps entre-temps avec Jean-Noël Barraud. Qu'a dit M. Kushner ? M. Kushner a dit viser spécifiquement ces groupes d'extrême-gauche.
Il dit que c'est préoccupant. Nous continuerons à suivre la situation et espérons que les auteurs de ces violences seront traduits en justice. Mais c'est préoccupant. Il a dit que c'est une préoccupation. Mais c'est une préoccupation aussi aux États-Unis. Où il y a, je vous rappelle, assez récemment, tout de même, l'assassinat par un militant d'extrême-gauche, de Charlie Kirk. Donc, je veux dire, c'est une préoccupation. La manière dont l'extrême-gauche entend entraver par la violence le processus électoral dans un certain nombre de pays est une préoccupation pour tous les gouvernements qui sont attachés à la démocratie.
Je ne vois pas en quoi le gouvernement français peut considérer que ce propos, que je considère là encore anodin, puisse être ressenti et auquel il soit répondu d'une manière aussi brutale de la part du gouvernement français. Moins en quoi, l'ambassadeur aurait dû se rendre à la convocation parce que le principe de la diplomatie, c'est que quand un pays où vous êtes ambassadeur vous demande un entretien, vous y allez.
– Vous l'avez rencontré, vous, en décembre dernier avec Jordan Bardella.
Vous regrettez donc qu'il ne soit pas rendu à la convocation. – Oui, oui, bien sûr, je regrette. Mais je vous rappelle qu'aux États-Unis, les mouvements ainsi d'extrême-gauche ont été classés terroristes et qu'il y a aussi un sujet qui monte dans un certain nombre de pays et pas seulement en Europe, sur ce qu'on appelle l'éco-terrorisme, c'est-à-dire cette idéologie qui considère que la défense de l'écologie pourrait passer par des actions violentes, des atteintes aux biens, des sabotages et notamment d'infrastructures qui sont des infrastructures qui peuvent avoir, dont le sabotage peut avoir des conséquences importantes.
Donc c'est un vrai sujet de préoccupation et j'espère que le gouvernement va se saisir sérieusement de cela.
– Oui, sur les ingérences, d'ailleurs, pas que le gouvernement…
– Non, pas sur les ingérences, sur la montée de cette forme de terrorisme.
– Oui, sur juste Charles Keschner, un dernier mot là-dessus. Vous l'avez rencontré, Sophie le disait au mois de décembre dernier, forme de soutien aussi appuyé en disant que vos échanges étaient très intéressants, qu'il était content d'en apprendre davantage. On sait aussi et c'est documenté, notamment au département d'État américain, qu'on souhaite dans le camp Trump la victoire du camp patriote. C'est le rassemblement national qui est visé.
– Je ne sais pas où vous avez lu ça, moi je ne l'ai pas lu. Mais qu'il y ait des gens qui souhaitent notre victoire, je m'en réjouis. Mais en l'occurrence, je n'ai pas lu cela et je ne pense pas que ça a été exprimé. – Tous les soutiens sont quoi prendre ? – Exprimé ainsi. En revanche, il est vrai que l'interdiction faite à la candidate que je suis de pouvoir se présenter aux élections a suscité incontestablement un émoi aux États-Unis, mais pas seulement aux États-Unis. C'est tous ceux qui considèrent qu'il est tout de même problématique que la représentante du premier parti de France puisse potentiellement être empêchée de se présenter à une élection présidentielle.
Et on y reviendra en longueur, Marine Le Pen. Parlons à présent de politique intérieure quand même. Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a affronté aujourd'hui sa 11e et 12e motion de censure déposée par la France Insoumise et par votre parti, le RN, Sophie.
– Et un fait inédit, Marine Le Pen, vous n'avez pas voté la motion de censure de la France Insoumise, pourquoi ?
Vous savez, nous, on a toujours voté les motions de censure d'où qu'elles viennent parce que l'objectif d'une motion de censure, c'est de censurer le gouvernement. Ça n'est pas d'être d'accord avec celui qui la dépose. Mais nous avons trouvé, compte tenu des circonstances, que l'ambiguïté des partis politiques de gauche à l'égard de la France Insoumise et de ce qui s'est passé est telle, voire même leur hypocrisie est telle, qu'il était nécessaire pour nous de marquer le coup. Et donc nous avons marqué le coup et nous n'avons pas voté la motion de censure déposée par la France Insoumise. Nous réservons évidemment de voter la nôtre. – Mais celle-ci n'avait aucune chance de passer.
Est-ce que si la motion de censure à la fille avait eu une chance de passer, est-ce que vous auriez eu le même comportement ?
– Moi, j'essaye de ne pas trop abuser des filles en politique.
– Non mais ce que je veux dire, c'est que c'était facile
de ne pas voter la motion de censure par la France Insoumise parce qu'il n'y avait pas de chance. – Ce que ça dit surtout, c'est que nous, nous ne sommes pas sectaires. – C'est-à-dire que nous, quand nous voulons censurer le gouvernement pour des raisons très justifiées, parce qu'on ne le dit pas, mais en réalité nous avons déposé cette motion de censure à la suite de la loi de programmation de l'énergie. – C'est par décret. – Qui est une honte absolue, enfin je veux dire qui est une violation majeure du fait démocratique là aussi parce que nous avons voté contre, l'Assemblée nationale a voté contre un projet de loi et il le passe par décret.
Il le passe par décret en cachant un rapport qui a été rendu sur les conséquences de la modulation des réacteurs nucléaires à cause des énergies intermittentes et en caviardant ce rapport. Enfin, je veux dire, tout y est.
– Ce sont des accusations graves et par ailleurs le Premier ministre vous répond aussi parce que vous avez chiffré 300 milliards d'euros, ça c'est les chiffres du Rassemblement national. Sébastien Lecornu dit que vous racontez n'importe quoi et que vous avez juste envie de faire peur aux Français. – Oui mais il est où son chiffrage à lui ?
– Il ne l'a pas encore. – Oh bah tiens, il passe un décret et il n'a pas le chiffrage de ce qu'il fait passer en décret. Ça va engager la France sur 10 ans, vous vous rendez compte ? Ça va multiplier par 15 l'éolien en mer, ça va multiplier par 2 l'éolien sur terre, ça va multiplier par 4 le solaire. – Le RN au pouvoir reviendra sur toute cette… – Ah mais c'est une évidence parce que l'énergie c'est la vie, c'est la vie de notre économie. Or, cette programmation de l'énergie, elle acte la décroissance économique de notre pays, elle acte notre assujettissement à des importations de plus en plus massives, sachant que 51% de notre empreinte carbone, c'est à cause des importations.
Elle acte l'effondrement admis par le gouvernement de notre industrie. Donc c'est une véritable catastrophe. Et on ne peut pas, encore une fois, faire fi d'une vision pour l'énergie pour notre pays pour demain, parce qu'il en va de notre souveraineté, mais il en va aussi de la facture d'électricité. Oui, nous disons clairement que ça va coûter 300 milliards. Et il y a un moment donné où il faut se rendre compte que… – Les chiffres totalement démentis, encore une fois. – Totalement démentis par qui ? – Le chiffrage n'est pas le gouvernement. – Mais par le gouvernement. – D'accord, mais enfin écoutez, on ne parle pas là de quelqu'un qui passe dans la rue. On parle du Premier ministre.
Voilà un homme qui est Premier ministre, qui signe un décret, qui engage la France pour 10 ans contre la volonté de l'Assemblée nationale, contre la volonté de l'Assemblée nationale et qui vient vous dire, oh le chiffre c'est n'importe quoi, mais qui n'a pas de chiffrage lui-même. Enfin c'est honteux sérieusement, c'est pas sérieux, c'est même plus de l'amateurisme. On se moque du monde. Donc nous maintenons ce chiffrage et à chaque fois qu'on a fait des chiffrages, l'avenir nous a donné raison. Vous voyez, donc moi j'attends quelques mois et aujourd'hui on nous moque. Vous verrez que d'ici quelques mois, nous aurons très précisément le chiffrage et que ça coûtera 300 milliards.
– Madame Le Pen, vous serez demain au Salon de l'Agriculture avec Jordan Bardella. Le Premier ministre s'est engagé à ce que la loi d'urgence agricole soit étudiée avant l'été. Il l'a dit hier quand il était lui-même au Salon. Est-ce que vous le croyez ? – Non. – Qu'est-ce qui se passe alors s'il ne tient pas sa promesse ?
– Ça passera plus tard et les agriculteurs continueront à souffrir. Et ils continueront à subir des normes qui sont insupportables. Ils continueront à subir la concurrence déloyale, les surtranspositions imposées par l'Union européenne. On continuera à pleurer cet été en disant « Ah ben il n'y a pas d'eau, il y a la sécheresse ». Alors qu'on a eu un déluge et qu'on nous interdit d'opérer des stockages d'eau pour pouvoir faire face à une éventuelle sécheresse cet été. Voilà. – Un des arguments. – On perd du temps, on perd du temps, on perd du temps.
Et pendant ce temps-là, notre agriculture, elle s'affaiblit au point qu'alors que la balance était ultra excédentaire de milliards pour la France, eh bien cette année, il y aura 200 petits millions d'excédents. Et on passera très certainement à un déficit d'ici quelques mois.
– Vous dites on perd du temps, le gouvernement vous répond, les motions de censure nous font perdre du temps. Et vous en avez redépousé une à nouveau cette semaine.
– Ça fait perdre trois heures. Non mais il faut arrêter là aussi. – Il y a eu trois motions de censure sur le butier et une à nouveau. – Non, il faut arrêter. – C'est ce que le gouvernement vous répond. – Il faut arrêter que le gouvernement se moque du monde. Voilà. Donc ce n'est pas les trois heures de débat sur la motion de censure qui vont faire perdre du temps. Mais je rappelle tout de même que M. Lecornu est là où il est. Parce qu'il a acheté du temps. La réalité… – Aux socialistes ? – Oui, à tout le monde. La réalité, c'est qu'il y aurait dû y avoir des élections législatives. Voilà. Il y aurait dû y avoir… – Vous parlez au passé, vous avez fait le deuil de ça ?
– Non, je n'ai pas fait le deuil. Mais au moment où on se parle, il y aurait dû y avoir une dissolution. Les Français auraient dû être appelés à voter, à se choisir une majorité. Or, par des magouilles, par des manœuvres, notamment avec le Parti socialiste et d'ailleurs avec le portefeuille des Français. Parce que croyez-moi que l'accord du Parti socialiste, il coûte très cher au peuple français. Eh bien il a acheté, avec l'argent des Français, du temps pour lui-même. Et pour en faire quoi ? Ben même pas pour faire passer la loi d'urgence agricole avant automne prochain.
– Il s'est engagé avant l'été. Encore une fois, calendrier fera foi et on verra ce qu'il se passe. Marine Le Pen, au moment de cet entretien, avant d'aborder la question aussi, l'enjeu majeur que sont les municipales dans trois semaines, le premier tour, une question sur la Cour des comptes et sa nouvelle première présidente, Amélie de Montchalin, ancienne ministre du budget d'Emmanuel Macron. – Non, ça vous fait sourire visiblement. – Non, non. – Vous aviez appelé le président de la République à revenir sur cette décision. Vous y voyez, comme d'autres, un verrouillage des institutions en vue possiblement d'une alternance et donc possiblement de l'arrivée du RN à l'Elysée dans un an et demi.
– C'est une autre forme de violence institutionnelle tout de même que de chercher à verrouiller les institutions. Au point de manœuvrer avec M. Villevoix de Gallo, ça n'est pas objectivement anodin. – Le patron de la Banque de France. – Et je considère que c'est très grave que M. Villevoix de Gallo se soit plié à cette manœuvre qui consiste à faire démissionner des gens qui avaient un mandat jusqu'à fin 2027 pour pouvoir choisir des proches du pouvoir dans le but clair d'empêcher l'alternance de s'exprimer.
C'est-à-dire que quand vous n'arrivez pas à empêcher votre adversaire d'être candidat, vous vous dites, tiens, je vais essayer de l'empêcher de gouverner, c'est-à-dire de respecter la volonté des Français quand il sera élu. – Ce sont des accusations très graves que vous portez. – Oui, non, non, ce ne sont pas des... Je le dis parce que c'est le cas pour la Banque de France, la Cour des comptes, ils cherchent à faire ça avec la BCE. – Et Christine Lagarde. – Avec Mme Christine Lagarde.
– Mais surtout, la France et Emmanuel Macron exigent de l'Union européenne que le pacte financier pluriannuel qui normalement doit être négocié fin 2027 soit négocié fin 2026 pour verrouiller les obligations de la France à l'égard de l'Union européenne qui sont des obligations dramatiques pour notre pays et notamment pour les agriculteurs avant les élections présidentielles.
Vous voyez, il y a un moment, si vous voulez, c'est même plus un faisceau de présomption là, c'est un faisceau de preuves qu'il cherche manifestement à verrouiller cela puisque celui qui, je crois, enfin moi c'est un secret de polichinelle qui est envisagé pour être à la tête de la Banque de France, n'est personne d'autre que le secrétaire général de l'Élysée. – Monsieur Moulin. – Il ne cherche même pas à s'en cacher, voilà. Et ça, je trouve que c'est un problème parce que ça veut dire aux Français « je vais essayer de me maintenir au pouvoir même si vous ne souhaitez plus que je sois au pouvoir ».
Eh bien moi je viens vous dire que le peuple français sera entendu, que la volonté du peuple français sera respectée et qu'aucune de ces manœuvres ne sera utile. Donc toute cette agitation de la part du président de la République est, je vous le dis, inutile. Et s'il faut passer par des référendums pour faire respecter la volonté des Français, nous passerons par des référendums pour faire respecter la volonté des Français.
– Parlons à présent des municipales. Scrutin du premier tour le 15 mars prochain, deuxième tour le 22 mars. Vous avez déjà, avec votre procès, fait des déplacements de soutien à des candidats et vous serez ce week-end dans le Var à Toulon je crois, Sophie.
– Oui. Quels sont vos objectifs pour ces municipales qui arrivent ?
– Nos objectifs c'est de gagner dans un maximum de villes. – Mais combien ? Il n'y a aucun chiffre, personne ne lance de chiffres. – Mais parce qu'on ne peut pas lancer de chiffres. Il faut méconnaître en fait le fait de l'élection municipale pour lancer des chiffres pour une raison très simple, c'est que ça dépend du nombre de listes qui arrivent au second tour, ça dépend des potentielles fusions de listes, ça dépend de beaucoup de choses le résultat d'une élection municipale. Mais j'ai envie de vous dire, et surtout de dire aux Français, mobilisez-vous.
Surtout ne laissez pas passer cette élection en vous disant, parce que parfois j'entends des gens dire, ah mais ce qui est important c'est la présidentielle. Non, toutes les élections sont importantes. Parce que si on peut obtenir un changement immédiat dans sa commune, évidemment qu'il ne faut pas se priver de cela. Or, l'élection municipale c'est une élection à la proportionnelle. Ça veut dire que soit on gagne, soit on gagne. Soit on gagne parce qu'un maire de Rassemblement National est élu, soit on gagne parce que des conseillers municipaux d'opposition sont élus et font valoir en fait la voix des électeurs du Rassemblement National et donc les idées qui sont les nôtres.
Donc il est extrêmement important de ne pas faire l'impasse sur ces élections municipales, de les considérer comme le début en réalité de la grande alternance que nous souhaitons.
Vous en tirez donc forcément une leçon nationale de ce scrutin local.
Est-ce que vous avez peur de l'effet des élections législatives anticipées ? Non mais moi je n'ai pas peur des élections. Il n'y a pas marqué Renaissance.
Les sondages annoncés, sans doute, peut-être une majorité absolue ou proche, ça n'est pas arrivé.
Non mais moi je n'ai pas peur des élections. Parce que je n'ai pas peur du peuple français. C'est la raison pour laquelle d'ailleurs je considère que les privés d'élections, comme l'a fait Emmanuel Macron et son Premier ministre, est une très mauvaise chose. Ce que je dis juste, c'est que les dernières élections municipales, il y a eu le Covid. Donc elles ont été quand même très entravées dans la manière dont elles se sont déroulées, qu'on les a privées de législatives anticipées, et que donc là ils ont la possibilité de dire ce qu'ils pensent. Et il y a des conséquences importantes dans les municipalités.
Je suis désolée de le dire, mais le pacte des migrations, qui oblige à aller installer des migrants dans l'ensemble des campagnes, des villes, etc., le maire peut s'y opposer, quoi qu'on en dise. Et quand il s'y oppose, ça a un effet. Bon, en matière de sécurité, Louis Alliol a démontré à Perpignan, il a réussi à obtenir des résultats en matière de sécurisation de sa ville, en matière d'impôts à Hénin-Beaumont, cette baisse de la fiscalité locale. Donc la gestion RN, ça marche. Les Français doivent s'offrir cette chance-là.
Lors du lancement de la campagne des municipales, le parti disait que l'objectif, ce n'est pas de choisir la quantité, mais c'est de choisir la qualité. Ce n'est pas la quantité, mais c'est la qualité, pardon. Force est de constater que la qualité n'est pas toujours au rendez-vous. Fernand Beauvillin, candidat RN au municipal en Gironde, est visé pour des propos racistes tenus sur les réseaux sociaux et l'ironie sur l'équipe de France.
Attention à vos sources, parce que j'ai lu un article comme ça dans un journal d'extrême-gauche où la moitié des gens n'étaient pas candidats, n'avaient pas été investis, ou étaient désinvestis, etc.
On a regardé les postes de ce candidat qui a des propos racistes sur les réseaux, qui ironie sur le Tour de France.
Mais s'il a des propos racistes, alors il n'est plus candidat. Vous pourriez le désinvestir. Mais je ne peux pas vous dire, il y a 600 du Rassemblement national. Je ne peux pas vous dire. Je vous dis que lorsque un candidat a un comportement qui est contraire aux idées du Rassemblement national, eh bien il est exclu. La main ne tremblera pas. Et on lui retire son investiture. Maintenant, moi j'ai un certain nombre de médias d'extrême-gauche qui considèrent que le fait de dire qu'on est contre l'immigration, c'est raciste. Vous voyez, donc il faut aussi qu'on soit d'accord. Là, on n'est pas dans ce type de propos.
Mais s'il a bien ses propos, qu'on a vu les postes, vous dites que du coup, il n'aura plus l'investiture du Rassemblement national.
Mais bien sûr. Il n'y a aucune difficulté là-dessus. Nous avons toujours la même ligne de conduite depuis des années et des années. Et nous continuons à imposer cette ligne de conduite.
On parle à présent, on le fait aussi Marine Le Pen, je vous l'assure. Je vous l'assure. Sur la stratégie du second tour, parce que c'est aussi une véritable question, on évoquait les propos de la ministre Aurore Berger, qui est finalement de reprendre votre argument du cordon sanitaire avec LFI pour ces municipales, et qui dit finalement, eh bien que le RN aille jusqu'au bout et retire certains de ses candidats pour empêcher la victoire de la France insoumise. Vous lui répondez quoi ? Ça peut être une option.
On voit l'attachement des macronistes à la démocratie. Parce que Mme Berger ne semble pas savoir que lorsqu'on arrive au second tour aux élections municipales, on a des conseillers municipaux d'opposition qui sont élus. Si on atteint 2% des... Non mais on a des conseillers municipaux élus, c'est-à-dire qui défendent leurs idées. Ça s'appelle la démocratie. Donc il n'est pas question de retirer des candidats, parce que la confiance que nous portent nos électeurs, c'est de défendre leurs idées dans les conseils municipaux où ils sont élus. Donc voilà.
Maintenant, Mme Aurore Berger, elle ferait mieux de garder ses bonnes idées pour son propre mouvement politique et pour faire en sorte que ne se reproduise pas ce qui s'est passé lors des dernières élections législatives, à savoir que des candidats macronistes se sont retirés dans l'objectif précis d'empêcher l'élection d'un élu Rassemblement national et faire élire un élu la France insoumise. Voilà. Donc, comme dit le président de la République,
chacun chez soi... Justement, vous parlez d'alliance, c'est aussi la question qui va se poser pour les Républicains. Est-ce que vous donnez le feu vert à vos candidats aux municipales de tendre la main aux Républicains pour empêcher des victoires de la France insoumise ?
Mais nous allons étudier au cas par cas, dans le cadre de la commission d'investiture, entre les deux tours, les demandes de fusion, car il y a la possibilité de fusionner des listes au second tour. Donc, si la demande nous en est faite, eh bien, nous analyserons au cas par cas ces situations. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que nous ne nous prions pas par principe de pouvoir envisager une fusion de listes. Ce qui est sûr, c'est que nous excluons le retrait de nos listes. Parce que le retrait de nos listes, c'est la violation de la confiance que les électeurs ont mis en vous lorsqu'ils ont déposé un bulletin au premier tour.
Donc, tout candidat RN en capacité de se maintenir à plus de 10% se maintiendra au second tour. Ça, c'est la ligne.
Ça a toujours été notre ligne et ça restera évidemment notre ligne.
À l'inverse, vous n'avez pas de mots assez durs à l'égard des Républicains au niveau national, mais par contre, vous donnez le feu vert à vos candidats pour des alliances au niveau local.
Un pas de plus vers l'union des droites. Mais vous voyez très bien qu'entre le discours qui est tenu par les dirigeants de LR et ce que pense la base de LR, il y a un gouffre. Il y a énormément de gens et depuis des années maintenant qui sont LR, mais qui sur le terrain n'ont pas du tout la morgue qui est le mépris et les propos qui sont inadmissibles que tiennent un certain nombre de dirigeants LR à notre égard. Si vous voulez, donc, les accords, ils ont déjà existé. Ils ont existé aux législatives. Ils ont existé aux dernières municipales. Ils existent même déjà.
C'est-à-dire qu'il y a déjà des listes dans lesquelles il y a des candidats étiquetés LR qui participent à des listes rassemblement national. Donc, il y a vraiment une énorme différence et c'est lié à la déconnexion de la direction de LR avec ce qui leur reste d'électorat.
Justement, la direction de LR, elle a un nouveau candidat à la présidentielle, c'est Bruno Rotaillot. Vous n'avez pas réagi. Absolument. Vous n'avez pas réagi à cette candidature du tout ?
Vous n'en pensez rien ? Rien. C'est-à-dire que ça a un peu tombé comme un cheveu sur la soupe. Il faut être honnête. Vous n'avez pas compris de quel enrêt ? En termes de timing, je n'ai pas bien compris ce qui justifiait cette annonce inscrit. Mais si, la vraie question, et ça ne dépend pas de moi, bien entendu, et ça n'est même pas mon problème, c'est est-ce qui sera le seul ?
Marine Le Pen, je le disais en début de cet entretien, le 7 juillet prochain, vous serez fixé sur votre sort car sera connue la décision de la Cour d'appel. Votre procès dans le cadre des assistants parlementaires du FN à l'époque, quasiment 5 mois d'attente. 132 jours aujourd'hui ? 132 jours pile. Comment vivez-vous cette période d'attente où votre candidature finalement n'est pas suspendue à un fil, mais à une décision de trois juges ?
Non mais moi, je vis mal cette attente pas tellement en fonction de mon cas personnel. Je vis mal cette attente parce que potentiellement, la campagne présidentielle, elle pourrait démarrer le 1er mars. Vous voyez ? Voilà. Et qu'en réalité, elle ne peut pas démarrer. Elle ne peut pas démarrer avant le 7 juillet. Parce qu'avant le 7 juillet, nous ne saurons pas qui sera le candidat qui représentera les idées du Rassemblement national. Donc c'est une forme déjà d'inconvénient en réalité dans cette bataille électorale des présidentielles. Maintenant, moi, je reste confiante et je vous le dis, si la Cour d'appel applique le droit, nous serons relaxés.
Mais d'un point de vue plus personnel, est-ce que c'est un vertige au quotidien, un dilemme au quotidien de vivre avec cette attente et cette épée d'Amoclès sur la terre ? Mais pas du tout. C'est votre avenir politique qui est en jeu.
Oui, mais mon avenir compte peu par rapport à l'avenir du pays. Vous y allez consacrer 25 ans de vie. Oui, oui, mais je continuerai à le faire. C'est-à-dire que l'avenir du pays, je me bats pour lui et je continuerai à me battre pour lui, au-delà de ma propre personne. Donc il n'y a pas de vertige. Dès le lendemain des municipales, on va commencer à préparer la campagne présidentielle et ce quel que soit le candidat. Avec Mme Bardella ? Mais bien évidemment. Mais bien évidemment. Parce que si je suis candidate et si je suis élu, il sera mon Premier ministre. De toute façon, nous avons vocation à gouverner ensemble, à mettre en place cette grande alternance ensemble. Donc ça ne...
Si vous voulez, en termes de préparatif, ça ne change pas fondamentalement les choses. Si je reprends vos propos, vous dites si les juges, juges en droit
ou en tout cas, la relaxe est possible. C'est ça ?
Non mais la relaxe est évidente si la Cour effectivement applique le droit parce que...
Mais une forme d'optimisme quand même, je vous interromps, mais parce que Sophie, des confrères qui vous ont suivi tout au long de ces semaines, ces cinq semaines d'audience, c'est une épreuve aussi physique, vous ont parfois décrite comme peut-être un peu résignée, vous allez peut-être nous dédire, mais en forme de montagne russe.
Non mais je ne suis pas résignée, je suis juste sage. Voilà. Je sais que la décision ne dépend pas de moi. Vous voyez, donc quand la décision ne dépend pas de vous, ça ne sert à rien de s'exciter, ça ne sert à rien de s'agiter, ça ne sert à rien de faire des plans sur la comète. Je ne suis pas fataliste, je sais très bien que la décision de cette candidature ne dépend pas de moi. Elle dépend aujourd'hui de trois magistrats qui décideront si oui ou non, les millions de Français qui veulent voter pour moi pourront le faire ou pas.
Avant le procès, vous disiez que vous aviez un tout petit, petit, petit espoir. Est-ce que maintenant qu'il est terminé, vous avez un espoir qui s'est agrandi, amenuisé ou au contraire il reste tout petit,
petit, petit ? Non mais juste, l'espoir existe, encore une fois, que le droit soit appliqué dans cette affaire et que nous soyons relaxés de cette accusation infamante et qui a été choisie pour être infamante de détournement de fonds publics. Voilà. Donc moi, j'espère toujours dans le droit. Après, encore une fois, ce n'est pas moi qui suis détentrice de cette décision. Et donc, ça ne sert à rien de discuter, de faire des si ou de parler d'hypothèses. Attendons 7 juillet
et on verra bien. J'ai une question quand même qui se pose. Est-ce que quoi qu'il arrive, vous vous direz je n'ai aucun regret ?
Ah oui, je pense que c'est mon luxe. Vous voyez, le seul luxe que j'ai, c'est de me dire que dans tout le combat politique que j'ai mené depuis maintenant, en fait, plus de 40 ans, parce que j'ai commencé ce combat très jeune, je n'ai aucun regret. Et surtout, je me félicite d'avoir réussi, à la différence de beaucoup de dirigeants politiques, d'ailleurs, à faire émerger une personnalité qui, en cas d'empêchement, a les qualités pour pouvoir porter nos idées à la présidentielle.
Jordat Bardella, on vous posera la question de sa, finalement, préparation à cette hypothèse. Juste revenir sur le procès, pas de regrets, mais on a quand même noté, vous, vos avocats, votre stratégie plus générale, un changement avec le procès en première instance, quant à vos prises de parole, quant à vos critiques de la justice et des juges. Vous, vos soutiens ont été très loin, la tyrannie des juges. Ça a d'ailleurs été reproché dans les réquisitions des avocats généraux. On vous a parlé de vengeresse, Marine Le Pen. Est-ce que vous avez justement ce regret-là, peut-être, d'être allé trop loin
dans la critique de la justice ? Mais pardon, mais le parquet général me fait ce reproche alors que le parquet général lui-même conteste les réquisitions du parquet en première instance. Je vous rappelle que normalement, le parquet est indivisible. Eh bien là, ils viennent contredire le parquet en première instance en disant que non, il n'aurait jamais dû être décidé et donc réclamé parce que ça a été décidé mais ça a été réclamé par le parquet l'inéligibilité avec exécution provisoire. Elle n'apparaît plus. parquet l'avocat général vient dire au début de ce procès il y a un tiers d'alourdissement du délit qui n'aurait jamais dû faire l'objet du jugement de première instance.
C'est-à-dire que eux-mêmes ont porté les critiques si je puis me permettre les plus virulentes à l'égard du jugement de première instance. Et moi, il aurait fallu que je me prive de le faire. J'ai dit que la décision de première instance était politique parce que la décision de première instance était politique. Voilà, c'est aussi simple que cela parce que dans les arguments du jugement de première instance il était indiqué clairement que l'objectif était non seulement de m'empêcher d'être candidat mais de m'empêcher d'être élu. Eh bien, je ne sais pas ce qu'il y a de politique si ça, ça ne l'est pas. J'ai donc dit ce que je pensais. Je ne retire pas un mot de ce que je pensais.
Et vous ne regrettez rien. Et la manière dont les choses se sont déroulées devant la cour d'appel effectivement était très différente de l'ambiance de première instance qui était une ambiance d'une hostilité rare. Je crois que tout le monde l'a vécu comme ça.
Vous avez dit que vous ne retiriez pas un mot. Est-ce que vous pouvez dire ce soir que vous avez confiance dans la justice de votre pays ?
Confiance dans la justice de mon pays. Au fond, j'aimerais avoir confiance. Donc, ce n'est pas un oui. De toute façon, quand on est avocat, on n'a jamais confiance. Donc, vous avez donné votre... Vous avez un avocat qui répondait à cette question. Confiance, non, respect, oui. Mais donc, du coup, vous avez dit votre sort ? Je respecte la justice de mon pays. J'ai été payée pour que ma confiance soit entamée. Mais elle peut être réhabilitée, cette confiance. somme toute. Mais on évoquait votre sort à quelqu'un dont vous n'avez pas confiance. Mais ce n'est pas quelqu'un. Personnalisez pas ça. Ça n'a pas de sens. Mais voilà.
J'ai été encore une fois payée pour apprendre à avoir à l'égard des décisions de justice une certaine méfiance. Mais pas seulement, d'ailleurs, les décisions des tribunaux correctionnels. Si vous voulez, quand la Cour de cassation considère qu'on peut faire des graffitis et des tags sur les monuments historiques, si ce sont des tags écolos ou des messages politiques ou sociétaux, ça va, il n'y a rien à dire. ça ne me pousse pas à la confiance, par exemple. J'ai comme ça un certain nombre de méfiances à l'égard de certaines décisions du Conseil d'État, à l'égard de certaines décisions de la Cour de cassation. Voilà. C'est comme ça. Mais vous devrez vous plier à la décision
des juges. Pas confiance, mais respect. Mais respect. le 7 juillet prochain, vous prendrez votre décision. Vous saurez si vous êtes ou pas... Ils prendront la décision.
Non, mais c'est pas... Ils prendront la décision, pas je prendrai la décision.
Parce que des recours existent.
Moi, je me plierai à la décision,
mais ils prendront la décision. Des recours existent, notamment pour voir en cassation. Dans les scénarii, ça n'existe pas. Ça sera trop tard.
Oui. Alors, quelle paix ? Et le président de la cour de cassation le sait. Et malgré cela, il décide d'une procédure en quelque sorte accélérée. Parce que ce serait vraiment très accéléré. Vous imaginez bien que si une décision du 7 juillet entraîne une décision de la cour de cassation le 1er janvier ou le 10 janvier ou le 15 janvier, c'est une procédure tout à fait exceptionnelle. Je suis donc, en réalité, l'objet d'une forme un peu de justice d'exception, sachant qu'une décision de la cour de cassation en janvier, évidemment, est trop tard. Car je ne vais pas jouer l'avenir de la campagne présidentielle et donc l'avenir du pays sur mon cas personnel. Vous voyez ?
Je ne vais pas me maintenir et faire un recours au risque en janvier. On dit, pour finir, on a décidé que vraiment, vous ne seriez pas candidataires. Vous ne contestez pas
l'accélération quand même de la justice qui a finalement, dans son calendrier, dans l'appel, accédé aussi à certaines de vos demandes, c'est-à-dire d'aller peut-être plus vite. Oui,
pour le coup, d'aller plus vite, un peu à mon... détriment. détriment,
en fait, en réalité. Vous prendrez donc votre décision le 7 juillet. Quelle peine, outre la relaxe... Ils prendront donc la décision le 7 juillet. Outre la relaxe, quelle peine, la cour doit-elle prononcer au maximum pour que vous puissiez vous dire « je peux y aller ».
Une peine qui me permette non seulement d'être candidate, mais encore une fois, moi, je crois... Donc, c'est-à-dire... Je crois... Je crois en droit à la relaxe, mais sublisièrement, une peine qui me permette d'être candidate... C'est deux ans d'inéligibilité maximum... Pardon, mais qui me permettent aussi de faire campagne. Donc, c'est deux ans
d'inéligibilité maximum
qui me permettent de faire campagne. Deux ans, c'est trop. C'est-à-dire qu'il faut que je puisse faire campagne. Vous répondez pas à notre question. Vous imaginez bien que si la cour suit le tribunal qui m'a condamné au port d'un bracelet électronique, je pourrais pas faire campagne.
Le bracelet électronique, si vous êtes... Alors, Madame Le Pen, si vous êtes condamné à de la prison ferme aménagée sous bracelet électronique, vous ne ferez pas campagne, vous ne serez pas candidat.
Mais on ne peut pas faire campagne. C'est un motif d'empêchement. C'est ferme et définitif. Mais on ne peut pas faire campagne dans ces conditions. Enfin, vous pouvez faire campagne sans aller le soir rencontrer vos électeurs dans des meetings, sans aller le week-end. Enfin, ce serait une autre manière de m'empêcher, évidemment, d'être candidate. Quant à votre question sur les deux ans, il faut poser la question au président du Conseil constitutionnel. Il faut poser la question à M. Ferrand. Car deux ans, eh bien, c'est au-delà de la date de dépôt des candidatures, mais c'est avant le scrutin.
Donc, est-ce que c'est la date de dépôt ou c'est la date du scrutin qui est en quelque sorte l'étiage pour juger de l'éligibilité ? C'est à lui de répondre, car figurez-vous que la question ne s'est jamais posée.
Donc, deux ans, Mme Le Pen, vous ne l'excluez pas. Par contre, ce soir, on comprend que si vous êtes condamné à de la prison ferme aménagée sous bracelet électronique, vous n'irez pas.
Je ne peux pas être candidate si on m'empêche d'être candidate ou si on m'empêche de faire campagne. C'est une annonce
que vous faites ce soir.
Le bras électronique. Bien entendu, ça me paraît être une évidence, absolue.
Sauf si, en cas d'aménagement aussi, en tout cas, ça n'a jamais été aussi ferme de votre part. Si vous ne pouvez pas faire campagne et donc, si vous n'êtes pas candidate, le plan B...
Mais parce que le cas du pays passe très largement avant mon cas personnel. Voilà. Quand vous aurez compris ça, vous comprenez parfaitement.
Mais de ce point de vue-là, c'est assez clair. Et le plan B, votre candidat naturel, j'ai envie de dire, c'est Jordan Bardella. Bien sûr. Bien sûr. Est-ce qu'il est prêt à 31 ans, en 2027, à être candidat à cette élection ? Est-ce que ce n'est pas trop tôt ?
Non. Pourquoi ? Parce qu'il y a un certain âge limite pour... Il y a un âge de maturation de maturation ? Je ne crois pas. Peut-être un peu. 40 ans de politique. Moi, je crois que quand on pense bien, quand on a la volonté, quand on est profondément patriote, quand on se bat depuis des années... Parce que... Je ne veux pas dire que c'est un jeune vieux, Jordan, mais enfin, je crois qu'il s'est engagé à 16 ans ou à 17 ans. Donc, malgré son jeune âge, il a quand même de l'expérience derrière lui. Et il n'a pas fait de la politique entouré dans du velours ou en marchant sur des pétales de rose. Inutile de vous le dire. Bon. Donc, je pense que ce sont les qualités, la lucidité, la volonté.
Il a toutes ces qualités pour être candidat si je ne peux pas l'être. Voilà. Et puis, pardon, il y a un certain nombre de candidats par le passé qui avaient un certain âge et qui n'ont pas démontré l'étendue de leurs compétences. Dans les sondages,
il est parfois de nier mieux placé que vous par les sympathisants RN et aussi par les électeurs français en général. Je me souviens qu'avant la campagne présidentielle de 2022, vous disiez si quelqu'un est mieux passé que moi en 2022, je lui cède la place. Là, vous ne cédez pas la place sauf contrainte et forcée.
Mais parce que c'est un choix qui est commun. Si vous voulez, nous avons fait, Jordan et moi, un choix commun. Nous considérons que la meilleure configuration, c'est que je sois élu président de la République et qu'il soit mon Premier ministre. Il ne s'agit pas pour lui d'être rien. Il s'agit d'être un élément absolument essentiel de la transformation du pays.
Ça, c'est très clair,
ce ticket.
Vous, présidente, lui, Premier ministre. Mais si vous êtes empêchés, ce ticket n'existe plus. Eh bien, il se trouvera...
Jordan se trouvera un Premier ministre.
Je n'en ai... Je n'ai aucun doute là-dessus. La question qu'on a envie de vous poser, Marine Le Pen, c'est quel rôle vous auriez auprès de Jordan Bardella, candidat, peut-être élu. Quel rôle aurez-vous auprès de lui ?
Mais le rôle qu'il souhaitera que j'ai. En tout cas, ce qui est sûr, pas un rôle de tutelle. Voilà. Car Jordan Bardella n'a jamais été mis sous ma tutelle. Il ne le sera jamais. C'est un homme libre, convaincu. Et par conséquent, s'il a besoin... Si, si, si, si, si, si, si je ne peux pas être candidate et qu'il est donc candidat, c'est lui qui déterminera à quel niveau il a besoin de ma présence, de mes conseils, de l'expérience qui est la mienne.
Vous avez préparé votre succession. Est-ce que c'est pas pour ne pas reproduire ce qui s'est passé avec votre père ?
Non. Je n'ai pas reproduit ce qui s'est passé avec mon père. Parce que moi, à partir du moment où Jordan a été élu président, je n'ai pas été à ses côtés pour lui dire il faut faire ceci, il faut faire cela, et il ne fait pas ci, et il ne fait pas ça. Mon père est un peu comme ça, et donc je n'ai pas voulu faire ça. C'est pour ça que je vous parle de... Je n'ai jamais souhaité, je n'ai jamais mis Jordan Bardella sous tutelle. Mais je considère que la grande responsabilité d'un homme politique qui aime son pays, sa grande responsabilité, c'est d'envisager son empêchement.
Et ceux qui, par gloriole personnel, par ego personnel, coupent toutes les têtes parce qu'ils ne veulent surtout pas pouvoir un jour être en compétition de quelque nature que ce soit et qu'on mette en place leur... ou qu'on mette en question leur place, ceux-là ne sont pas des vrais patriotes. Parce que quand on aime profondément son pays, on se dit qu'il peut vous arriver n'importe quoi, et que quoi qu'il vous arrive, il faut que les idées que vous défendez puissent être derrière vous, défendues.
On entend, c'est tout, Jordan Bardella, cette grande confiance que vous avez en lui. Une question que l'on se pose, et on arrive quasiment à la fin de cet entretien, sur votre nièce, Marion Maréchal, qui, on a l'impression, fait ce pas vers retrouver le patronine Le Pen. Elle a sorti cet ouvrage, Si tu te sens Le Pen, après avoir s'être alliée à Éric Zemmour, quitté le parti dans le fracas, ça a été aussi peut-être de la douleur de votre côté, est-ce que finalement vous ne regrettez pas qu'elle soit restée dans la famille ? Est-ce que peut-être elle n'aurait pas pu être votre successeuse et que le nom Le Pen perdure, parce que c'est aussi ça
qui se joue ? Non, ça c'est dans l'imaginaire et les fantasmes des journalistes. L'idée que ce qu'on veut, c'est que ce soit la famille qui... Pure fantasme ! Non mais c'est un pur fantasme parce que Marion et moi, nous avons fait le choix d'un engagement politique mais il se trouve que nous avons des sensibilités qui ne sont pas les mêmes et que c'est vrai, mais c'est pas honteux de le dire et je crois qu'elle le dirait de la même manière que moi, que ma sensibilité politique et celle de Jordan Bardella sont extrêmement proches qu'il y a presque une feuille de papier à cigarette entre les deux.
Ce qui n'est pas le cas avec Marion et encore une fois, ça ne lui retire aucune qualité mais nous n'avons pas sur un certain nombre de sujets la même sensibilité. Ça n'est pas le cas pour Jordan Bardella et la famille n'a rien à voir avec ça. Voilà. Et les qualités qui sont celles de Marion sont ses qualités propres qui ne sont pas les qualités liées à son nom.
Madame Le Pen, vous avez été avocate, présidente de parti, conseillère départementale conseillère régionale, eurodéputée, députée française, présidente de groupe, candidate à la présidentielle à trois reprises. Si vous l'êtes empêchée, le 7 juillet, elle fera quoi la prochaine Marine Le Pen ?
Je crois qu'elle va continuer à faire tout ça quand même.
Vous ne pourrez plus être élue.
Toujours de la politique.
Vous ne pourrez plus être élue. Oui, mais... C'est que des mandats. C'est que des mandats d'élu. Mais le mandat est un instrument. Le mandat n'est qu'un instrument qui vous permet de défendre vos idées. Mais ça ne veut pas dire que quand vous n'avez pas de mandat, vous ne pouvez pas défendre vos idées. Donc je continuerai très certainement à défendre mes idées. Je ne vous dis pas que ce sera anodin pour moi. Parce que c'est un... Comme l'a dit mon avocat, c'est l'ouvrage de ma vie, si vous voulez. Ce sera une douleur ? Je pense que chacun peut comprendre que ce soit un ressenti d'injustice absolument majeur, etc. Je ne veux pas me mettre d'ailleurs dans cet état d'esprit.
Mais encore une fois, comme je ne me bats pas pour moi-même, je continuerai à me battre pour les Français, je continuerai à me battre pour la France. Et je serai là où on pense que je suis la plus efficace. Un retour en 2032 ? Vous l'excluez ? Oh là là là ! Non, mais je ne m'appelle pas Emmanuel Macron. Moi, je ne fais pas des plans sur la comète. Les Français ne veulent plus de moi. Parce que même s'il pouvait se présenter, les Français voudraient foutre lui. Je crois que chacun l'admet aujourd'hui. Et donc, j'envisage de revenir en 2032. Tous ces gens n'ont qu'eux-mêmes en tête. C'est terrible, mais c'est quelque chose, vous savez, de très commun en politique.
Beaucoup de responsables politiques n'ont qu'eux-mêmes en tête.
Vous ne répondez pas non ?
Moi, j'ai les Français en tête.
Les Français en tête. On arrive à la fin de cet entretien, Marine Le Pen. Et en cœur d'ailleurs. Absolument. On arrive à la fin de cet entretien. Une dernière question. Le 7 juillet prochain. Vous n'êtes pas obligé d'aller à la cour d'appel. Vous n'êtes pas obligé d'être là-bas pour entendre la décision des juges. Est-ce que vous vous déplacerez pour prendre connaissance de la décision ? Est-ce que vous serez sur place et que vous resterez jusqu'à la fin parce que vous êtes partie plutôt en première instance ?
Oui, je suis partie plutôt parce que l'expression de l'hostilité politique de la présidente était telle que très objectivement, j'avais compris le sort qui m'était réservé. Oui, oui, bien sûr, j'irai comme je suis allée tous les jours au procès en première instance et en appel d'ailleurs parce que je respecte la justice. J'irai évidemment le 7 juillet. Je serai à la cour d'appel pour entendre le délibéré.
Et vous resterez jusqu'au bout cette fois ?
Ça, vous savez,
on ne sait pas.
On verra.
On verra. Rendez-vous le 7 juillet prochain. On se verra. Évidemment, on vous suivra sur le terrain tout au long de cette campagne des municipales et bien après. Merci, Sophie. Merci, Marie. Merci, Madame Le Pen. Merci à vous. Merci beaucoup, Marine Le Pen, de nous avoir accordé cet entretien ce soir sur BFM. C'était un plaisir.
La toute première...
Marine Le Pen