Christian Estrosi, maire emblématique de Nice, s'engage pour la planète
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:20ComplaisanteRéponse directe
Louis Dauphred, vous parliez des athlètes, des performeurs, le motodidacte Christian Estrosi en fait partie car pour les religions du livre, l'océan est chargé de symboles.
- 2:05RelanceRéponse directe
On sait que les COP, parfois, ne fonctionnent pas. Là, les sommets sur les océans, ça marche ?
- 2:39OuverteRéponse directe
Vous avez, et vous présidez, un rassemblement de 300 villes côtières qui s'organisent pour lutter, pour protéger les océans. Est-ce que les villes sont le bon échelon pour protéger la planète ?
- 4:06RelanceRéponse directe
Pourquoi les villes ? Pourquoi l'échelon des villes ? On peut penser que ce sont les États qui ont changé les choses.
- 5:20OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que disent vos autres confrères, les maires des autres grandes villes, en particulier celles qui sont au premier plan du changement climatique ? Alertent-elles les autres maires ? Est-ce que vous avez des exemples ?
- 6:19FerméeRéponse directe
Christian Estrosi, est-ce qu'en France, des villes sont menacées ? Est-ce que, par exemple, Nice est menacée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:22PrésentateurChiffre
« 50% de la surface du globe est désormais protégée. »
- 1:50Invité politiquePromesse
« les eaux extraterritoriales, c'est-à-dire la haute mer, sera protégées. »
- 2:49Invité politiqueChiffre
« 300 qui étaient à Nice, mais 500 qui ont agéré à la coalition. »
- 3:06Invité politiqueChiffre
« nous représentons à peu près 800 millions d'habitants de la planète qui vivent en zone côtière ou sur des îles qui sont menacées de disparaître. »
- 3:17Invité politiqueChiffre
« Et qu'on en compte en tout 1 milliard de 100 millions. »
- 5:33Invité politiqueChiffre
« Alexandrie, qui est la ville aujourd'hui la plus menacée puisque sur les 30 dernières années, les maiseaux sont montées de 40 cm. »
- 6:07Invité politiqueChiffre
« comme Jakarta, qui d'ores et déjà travaille pour déplacer près de 15 millions de populations parce que l'on sait que la montée des eaux sera inévitable. »
- 7:08Invité politiqueFait
« La Méditerranée, en plus, se réchauffant 20% plus vite que le reste des mers, serait criminelle, tout simplement. »
- 8:34Invité politiqueChiffre
« un bloc de béton qui émet un million de cent mille mètres cubes de CO2 par an. »
- 9:17Invité politiqueChiffre
« elle est à 99% décarbonée et n'émet plus une seule particule. »
Temps de parole
- Christian Estrosi80 %
- Présentateur20 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr
A l'occasion de cette matinale à Nice, notre invité Christian Estrosi est en train de monter les escaliers. Louis Dauphred, vous parliez des athlètes, des performeurs, le motodidacte Christian Estrosi en fait partie car pour les religions du livre, l'océan est chargé de symboles. La puissance de Dieu, parfois sa colère, la fragilité de l'homme et puis évidemment les océans recouvrent 70% de notre planète. Il s'ouvre du changement climatique, augmentation des températures, acidification et élévation du niveau de la mer. Le sommet sur les océans qui se conclut aujourd'hui est donc porteur de beaucoup d'espérance.
Au-delà des états nombreux représentés cette semaine, les villes aussi s'organisent. 300 villes côtières sous la houlette de l'emblématique mer de Nice qui est notre invité ce matin. Bonjour. Bonjour. Vous êtes essoufflé parce que vous avez monté à pied les escaliers.
Cinq étages d'RCF Nice. Exactement, merci beaucoup.
Pour entretenir notre condition. Et entretenir notre planète, c'est ce que vous avez fait cette semaine. Oui, c'est vrai. Vous publiez d'ailleurs chez Michel Laffont, ma ligne bleue, quand la planète mer est en feu, l'inaction est un crime. Olivier Poivre-Darvore, qui était le grand témoin de Louis Dauphred, a annoncé un renforcement de la protection des océans. 50% de la surface du globe est désormais protégée. Ça y est, Nice, au centre du monde, a protégé les océans.
D'abord, une grande fierté pour Nice. Naturellement, que d'accueillir le troisième sommet de l'océan après New York en 2017 et Lisbonne en 2022. Et surtout, que cela se traduise, contrairement aux deux sommets précédents, par des aventées extrêmement significatives, comme vous venez de le rappeler. C'est-à-dire que le nombre de signatures et de ratifications avec engagement d'ici le mois de septembre nous garantissent d'ores et déjà que les eaux extraterritoriales, c'est-à-dire la haute mer, sera protégées.
On sait que les COP, parfois, ne fonctionnent pas. Là, les sommets sur les océans, ça marche ?
Écoutez, de voir que c'est en France qu'il y a eu, pour la COP 2021, les accords de Paris. Et que ce soit Nice où nous arrivions à ces accords sur l'océan, je dirais que c'est tout simplement un bonheur formidable. Et puis, un mot que j'aime bien, une espérance pour l'humanité, tout simplement.
Et on parlera d'espérance avec vous tout à l'heure, Christian Estrosi. On parlait des villes parce qu'on parle beaucoup des États dans les COP, mais les villes aussi s'organisent. Vous avez, et vous présidez, un rassemblement de 300 villes côtières qui s'organisent pour lutter, pour protéger les océans. Est-ce que les villes sont le bon échelon pour protéger la planète ?
Alors, 300 qui étaient à Nice, mais 500 qui ont agéré à la coalition. Et nous avons d'ailleurs ce navire norvégien qui, maintenant, va être notre ambassadeur, celui de la coalition, pour faire le tour des villes et sur tous les continents qui ne nous auraient pas encore rejoints, puisque nous représentons à peu près 800 millions d'habitants de la planète qui vivent en zone côtière ou sur des îles qui sont menacées de disparaître. Et qu'on en compte en tout 1 milliard de 100 millions. Donc, quelques villes doivent encore nous rejoindre. Et je compte sur elles.
Cette coalition est importante parce qu'elle est arrivée, elle aussi, à passer des accords, des accords financiers, avec des appels à projets au niveau européen, avec des fondations qui s'engagent à nos côtés, avec des accords sur le plastique, et avec cet accord surtout qui est très important, avec Space for the Ocean, où nous avons signé ces accords à l'Observatoire de Nice, c'est-à-dire un outil qui va être mis à disposition de tout le réseau des villes pour pouvoir, avec les astrophysiciens et les astronautes, nous renvoyer du ciel tout ce qu'ils observent comme dérèglement.
Pourquoi les villes ? Pourquoi l'échelon des villes ? On peut penser que ce sont les États qui ont changé les choses.
Les villes sont les territoires. Et pourquoi ? Parce que, comme je dis toujours, nous sommes les acteurs du dernier kilomètre.
Les États peuvent décider de tout, mais si nous, nous ne prenons pas la clé à molette et la boîte à outils pour pouvoir, ici, lutter contre des îlots de chaleur, faire de la mobilité décarbonée qui fasse qu'il n'y ait plus d'émissions de CO2 et qui, en même temps, pour ceux qui sont les plus exposés, apportent des solutions à ceux qui se sont déjà équipés pour protéger leur littoral face aux érosions, face à la salinité de leur territoire par les subversions marines, eh bien, oui, ce sont les villes qui sont les acteurs pour la mise en œuvre, je dirais, des aires marines protégées sur nos eaux territoriales respectives, là où les États se sont réunis pour lutter contre tout ce qui est chalutage, plastique et autres ravages dans les eaux extraterritoriales qui ne dépendent d'aucun État et où il fallait qu'ils se rassemblent tous.
Qu'est-ce que disent vos autres confrères, les maires des autres grandes villes, en particulier celles qui sont au premier plan du changement climatique ? Alertent-elles les autres maires ? Est-ce que vous avez des exemples ?
Oui, je prends en Méditerranée, par exemple, Alexandrie, qui est la ville aujourd'hui la plus menacée puisque sur les 30 dernières années, les maiseaux sont montées de 40 cm. Et lorsqu'on parcourt, comme je l'ai fait avec son gouverneur, la baie d'Alexandrie, où il n'y a plus de plage, où la digue n'est plus occupée que par la circulation automobile et on n'arrête pas de rajouter des blocs, on sait que si rien n'est fait, d'ici 20 ans, la partie historique fondée par Alexandre le Grand pourrait être submergée sur près d'un tiers.
C'est un des exemples, mais je pourrais vous prendre d'autres exemples comme Jakarta, qui d'ores et déjà travaille pour déplacer près de 15 millions de populations parce que l'on sait que la montée des eaux sera inévitable.
Christian Estrosi, est-ce qu'en France, des villes sont menacées ? Est-ce que, par exemple, Nice est menacée ?
Non, Nice n'est pas menacée. Naturellement, elle peut l'être à l'horizon du 22e siècle. si nous sommes confrontés à des dérèglements de plus en plus importants, mais c'est justement que nous n'ayons pas plus loin dans les dérèglements que nous connaissons que COP, UNOC et l'exigence de prendre les mesures nécessaires pour lutter contre le réchauffement sont là. Je le dis dans l'ouvrage « Ma ligne bleue ». Aujourd'hui, ne pas agir face à un océan qui brûle. La Méditerranée, en plus, se réchauffant 20% plus vite que le reste des mers, serait criminelle, tout simplement. Bon, on a décidé d'agir et d'agir tout de suite. Et d'agir où ?
Et ici, je dirais qu'à Nice, d'abord, nous avons des eaux qui plongent à moins de 100 mètres du littoral à près de 300-400 mètres de fond dans le sanctuaire Pélagos, ce qui naturellement nous expose beaucoup moins que celles qui ont des fonds qui sont très bas et qui s'étendent sur plusieurs centaines de mètres devant leur façade maritime.
Vous parliez, vous disiez que l'inaction est un crime, en tout cas, c'est le sous-titre de votre ouvrage, Christian Estrosi. De quelles mesures êtes-vous le plus fier parmi celles qui seront présentées tout à l'heure ?
Les mesures dont je suis... Je n'aime pas le mot fierté, c'est toujours un synonyme d'arrogance, mais je crois que j'ai d'abord la chance d'avoir avec l'Observatoire de Nice, qui dépend du CNRS, et qui compte beaucoup de scientifiques, d'experts et d'astrophysiciens internationaux, d'ailleurs, qui est un des plus grands observateurs du monde, implanté aussi dans le désert d'Atacama au Chili ou sur la base de Concordia au Pôle Sud, des indications très claires. Moi, je ne fais pas l'aveuglette. Je ne dis pas, bon, ça, on va faire comme ceci ou ça, on va faire comme cela. Quand je fais mon plan local d'urbanisme, je leur dis, dites-moi où, comment et ce qu'il y a à faire.
Et on vous dit, ben voilà, vous voyez, cette tâche rouge, elle représente à cet endroit un bloc de béton qui émet un million de cent mille mètres cubes de CO2 par an. Et je sais que c'est là qu'il faut frapper. Donc oui, je peux dire que nous sommes fiers d'avoir réussi, par exemple, sur notre ancien fleuve qui était complètement recouvert de blocs de béton, de l'avoir renaturée et d'y avoir plantée près de 15 000 arbres. Je pourrais vous parler de la mobilité sur 2500 kilomètres de transport de la métropole de Nice depuis nos villages du Haut-Pays à 2000 mètres jusqu'au bord de la Méditerranée. Au moment où je vous parle, elle est à 99% décarbonée et n'émet plus une seule particule.
Christian Estrosi, vous vous dites largement gaulliste. Quelle est la vision gaullienne ou gaulliste de l'écologie ?
La vision... D'abord, je vous rappelle que c'est sous le général de Gaulle qu'il y a eu un ministre de l'Environnement qui était désigné. C'est-à-dire que de Gaulle avait déjà une conscience des grands mouvements. Lui qui a été un grand visionnaire de ce qui pouvait se produire. Et qu'en même temps, de Gaulle qui était un homme qui essayait de nourrir des rapports pour rebâtir à l'après-guerre des relations avec nos partenaires a toujours été, en même temps, sur la force industrielle de la France, par exemple, qui, de son temps, était la cinquième puissance industrielle avec, au cœur de tout cela, le lancement de notre politique nucléaire civile. un homme très avant-gardiste.
Et naturellement, voir aujourd'hui mon pays qui a perdu des pans entiers de souveraineté en matière industrielle, du PIB, des parts de marché qui nous mettent en étau entre la Chine et la Russie, je pense que le général de Gaulle n'aurait jamais pris cette orientation. Et aujourd'hui, nous avons une opportunité, elle a été soulignée d'ailleurs par le président de la République et comme beaucoup d'autres, une grande politique pour l'océan tournée vers l'innovation, vers la recherche, avec de belles industries et de grandes PME françaises, où nous en avons encore tourné vers l'environnement et qui exportent à l'international.
Je pense à celle qui travaille sur l'eau, qui travaille sur l'énergie, qui travaille naturellement sur le numérique et l'intelligence artificielle qui vont de pair. C'est un espoir de se redresser au plan industriel. L'industrie était un des maîtres mots de de Gaulle parce qu'on mesure la puissance d'une nation par son industrie et pas forcément par son côté guerrier.
Christian Estrosi, vous avez souhaité parmi d'autres que ce sommet sur les océans commence avec une bénédiction interreligieuse. Elle a eu dimanche dernier à Nice. Quel sens pour vous à cette bénédiction ?
Cette bénédiction a pour sens de rapprocher les peuples. Aujourd'hui, nous voyons bien que le débat sur l'océan a rassemblé à Nice des gens de toutes origines, de toutes religions, y compris les pays qui ne sont pas forcément du même côté par rapport aux belligérants qu'il y a sur la planète et de voir que ce que j'ai souhaité, à savoir... C'était pour la paix ? Cette bénédiction interreligieuse et bien que l'océan soit un temps d'espérance pour que la paix se construise.
Là où nous voyons cette nuit que le rapport de l'AIEM a montré que l'Iran transgressait une fois de plus ses accords sur le nucléaire et qu'Israël a été obligé de se livrer à des frappes préventives par rapport à ce rapport qui fait que si jamais l'Iran arrivait à disposer de l'arme nucléaire, ce serait un facteur de déstabilisation énorme qui pourrait toucher la planète toute entière. Nous sommes tous concernés.
Et bien faire de ces rendez-vous des rendez-vous où le respect de chacun dans sa religion les invite à la paix et à se rassembler, c'est pour toutes les nations, tous les peuples, les hommes, les femmes, les enfants, un témoignage d'espérance que je voulais affirmer au bord de la Méditerranée.
Je vais reprendre ce mot espérance, Christian Estrosi. Vous venez de parler de ce qui se passe en Iran, c'est terrible, de l'écologie et des contraintes qui s'offrent à nous avec ce changement climatique. Quelle est votre espérance aujourd'hui ?
Mon espérance, c'est naturellement que nous épargnons des souffrances à des peuples qui sont soumis à des dictatures, à des formes d'esclavage épouvantables. Quand on voit, par exemple, en Afghanistan, qu'une petite fille qui naît aujourd'hui est privée d'éducation, de lecture, d'écriture, d'avoir le droit même de sortir et de parler en public, c'est pour moi absolument atroce de savoir qu'il y a sur notre planète des conditions humaines qui sont réduites à cela. Et donc, votre espérance, c'est que cela change, c'est de faire changer les choses ?
Admirant le courage de ces femmes qui enlèvent leur voile, qui vont manifester au risque d'être lapidées, emprisonnées, condamnées à la pendaison, eh bien, mon espérance, c'est que demain, ce pays qui est une menace sur la planète toute entière, puisse retrouver la voie d'une grande et belle démocratie avec une égalité entre les hommes et les femmes.
Merci beaucoup Christian Estrosi, Mère de Nice d'avoir été notre invité ce matin alors que se conclut aujourd'hui ce sommet mondial sur l'océan. Je rappelle votre livre « Ma ligne bleue quand la planète mer est en feu, l'inaction est un crime ». C'est chez Michel Laffont. Merci beaucoup.
Merci pour votre invitation.
Christian Estrosi