Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — Questions politiques· 28 novembre 2021 54 min

Anne Hidalgo : "Après mon élection comme présidente, le SMIC augmentera jusqu’à 15%"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Bonjour, bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique du dimanche de France Inter, de France Info à la télé, en partenariat avec le journal Le Monde, celle qui a accepté notre invitation jusqu'à 13h et la première parmi tous les candidats de gauche à annoncer avoir ses 500 signatures, conditions légalement nécessaires mais pas forcément politiquement suffisantes pour aller jusqu'au bout de la campagne maire de Paris. Depuis 2014, elle est la candidate du Parti Socialiste à l'élection présidentielle et mène, selon le journal Le Monde, notre partenaire, une campagne à très bas bruit.

Et il est vrai qu'après avoir imposé en début de campagne le thème de la rémunération des enseignants, elle peine un peu à imprimer sa marque dans une pré-campagne où l'extrême droite semble au contraire donner le tempo. La social-démocratie qu'elle incarne peut-elle se faire entendre, à l'heure où ce sont surtout les radicalités qui semblent attirer les électeurs ? Comment compte-t-elle inverser la dynamique à gauche et parvenir à l'union derrière son nom ? Et face aux crises du présent, crise sanitaire, crise migratoire, crise environnementale, elle, présidente, ça changerait quoi ? Toutes ces questions et bien d'autres, nous les poserons à notre invité en direct et avec nous jusqu'à 13h.

Anne Hidalgo, c'est elle et l'invité de Questions politiques. Questions politiques, Thomas Mégaroff sur France Inter. Bonjour Anne Hidalgo. Bonjour à vous. Merci d'avoir accepté notre invitation. Pour vous poser des questions, je serai comme chaque semaine en compagnie de la bande de questions politiques. Cette semaine, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour. Françoise Fressos du Monde. Bonjour Françoise. Bonjour à tous. Et salut Karine Bécard de France Inter. Salut tout le monde. Tout à l'heure, Alexandra Bensey de France Inter également viendra vous poser quelques questions d'économie.

Et le hashtag questions Paul, questions au pluriel, pour vos questions et vos commentaires à vous qui nous écoutez et à vous qui nous regardez. Anne Hidalgo, j'ai envie de commencer par une question d'actualité très chaude. Omicron, lettre grecque, mais aussi nouveau variant du Covid venu d'Afrique du Sud, qualifié par l'OMS de préoccupant. Et peut-être déjà chez nous, écoutez Olivier Véran, c'était il y a un peu plus d'une heure, le ministre de la Santé était dans un centre de vaccination de Paris.

2:09
Invité

Il n'y a pas encore eu d'identification de ce type de variant Omicron sur le territoire national, mais c'est une question d'heure, très probablement, il faut se dire les choses. Manifestement, s'il arrive à circuler, à faire sa place dans des pays dans lesquels il y a déjà une vague de variants Delta qui est très contagieux, c'est que nous pouvons craindre que ce variant, nouveau variant, soit au moins aussi contagieux que le Delta, ce qui n'est pas évidemment une bonne nouvelle.

2:31
Présentateur

Alors, pas une bonne nouvelle, peut-être déjà là sur notre territoire, dit lui ministre de la Santé. Qu'est-ce que vous, Anne Hidalgo, vous dites de ce variant ? Est-ce que le gouvernement fait bien les choses ? Que feriez-vous, vous, avec une situation aussi préoccupante à nos portes ?

2:44
Anne Hidalgo

Il faut toujours anticiper, et au-delà du variant, on est déjà dans la cinquième vague. Donc, c'est cette cinquième vague plus ce variant qui sont préoccupants, avec un seul, je dirais, message fort à passer, c'est vacciner, vacciner, vacciner. Remettre en place les centres de vaccination, ce qu'on est en train de faire, grâce d'ailleurs au maire, disons les choses, dans tout le pays qui était là au moment de la première vaccination, et tous les maires vont réarmer leur centre de vaccination, ce que nous allons faire. Mais aussi, bien sûr, un autre sujet très préoccupant, c'est la situation de l'hôpital.

Et je le mets directement en lien avec cette cinquième vague, parce que l'hôpital, après les vagues précédentes, a été quand même amputé de 5700 lits par ce gouvernement.

3:35
Intervenant

Parce qu'il manque du personnel, essentiellement.

3:37
Anne Hidalgo

Écoutez, 5700 lits supprimés, plus le manque de personnel, parce que l'un va avec l'autre, c'est-à-dire, moins vous mettez de moyens sur l'hôpital, et bien plus les conditions de travail des soignants se détériorent, plus un grand nombre d'entre eux disent qu'ils n'en peuvent plus, qu'ils sont rincés. Et donc, ce qui est préoccupant dans le moment où nous sommes, pour moi, c'est bien sûr cette cinquième vague, bien sûr ce variant, mais surtout aussi la capacité, une nouvelle fois, de notre système hospitalier à répondre à cette crise. Qu'est-ce que vous feriez, très concrètement ?

Très concrètement, je vais vous le dire, mais on a vraiment tenu dans les vagues précédentes, parce que les soignants sont allés bien au-delà, mais bien au-delà, dans une abnégation, qui fait qu'ils se sont vraiment, vraiment mobilisés pour nous sauver. On les remercie comment ? Sans vraiment prendre en compte leur situation, leurs conditions de travail. Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ? Recruter massivement des médecins. Recruter des médecins, peut-être aussi...

4:34
Intervenant

On ne les a pas, il y a des numerus clausus depuis des années, il n'y a pas assez de soignants, et ceux qui existent sont débauchés, soit par le privé, soit par des pays étrangers, donc on est obligé d'apporter des médecins.

4:45
Anne Hidalgo

C'est par des agences d'intérim. Donc, moi, je pense qu'il faut, là, déjà, sur la question de l'intérim médical, faire un yalta ou un moratoire, et que toutes les professions de santé qui, aujourd'hui, passent par cet intérim-là, parce qu'évidemment, c'est plus rémunéré, et parce qu'évidemment, on peut aussi être à distance de conditions de travail très difficiles, ça désorganise aussi l'hôpital. Donc, il y a des mesures à prendre sur l'intérim médical qui n'ont pas été prises. Il y a, bien sûr, à accompagner les soignants.

Il y a à leur donner des perspectives, des perspectives sur les recrutements, Moi, je propose, on manque de 15 000, il faudrait 15 000 médecins par an formés pour arriver à répondre aux besoins de la population. Il faudrait aussi, là, dans le moment où nous nous parlons, considérer que le financement de l'hôpital public et ce fameux Zondame, c'est très technique, on ne va pas rentrer dans les détails, mais qu'on arrête de bloquer ce financement, qui fait que les conditions sont extrêmement difficiles, et que qui en pâtit ? Les personnels et aussi les patients. Parce qu'il faut partir des besoins de santé de la population, et pas, je dirais, d'une approche comptable, théorique, décidée.

5:56
Intervenant

Que la gauche et la droite ont cautionné pendant des années.

5:58
Anne Hidalgo

Peut-être, mais pas quand même dans les mêmes proportions. Et moi, je ne suis pas là pour faire le bilan, ou, je dirais, faire l'état des lieux de ce qui s'est passé sous d'autres quinquennats. Nous sommes dans une situation d'urgence, il faut y répondre en urgence. On a vu combien on était fragilisés.

6:18
Intervenant

Voilà, je vais y arriver. Mais vous y répondez par un plan à moyen, voire à long terme, en fait. Oui, ce n'est pas de l'urgence. On entend, en fait, vos propositions. Donc, à court terme, si vous étiez président, qu'est-ce qu'on fait ?

6:26
Anne Hidalgo

À court terme, je pense qu'il faut jouer déjà sur la question de l'intérim médical. Il faut donner des moyens supplémentaires. Il y a eu un Ségur de la santé, mais qui n'a fait même pas la moitié du chemin. Donc, il faut aller au-delà. 30 milliards d'euros. Oui, et 30 milliards d'euros, ce n'était pas la moitié du chemin. Donc, c'est 60 milliards d'euros. Parce que notre système hospitalier, je le dis souvent, et quand j'en discute avec les Françaises, les Français que je rencontre partout, oui, on pensait tous qu'on avait le meilleur système de santé au monde. Mais vraiment, on en était convaincus. Et puis, on s'est retrouvés au moment du Covid.

Les soignants nous avaient déjà alertés, puisqu'il y avait des mouvements dans les hôpitaux depuis déjà 18 mois avant le Covid. Et puis, on s'est retrouvés dans cette situation. On a vu la fragilité de notre système de santé. Alors, il s'agit de réinverser les choses. Pas partir simplement d'une approche comptable, de gens qui nous expliquent, bien sûr, qu'il faut gérer l'argent public et l'argent de la santé de façon extrêmement raisonnable. Mais il faut partir des besoins de la population. Donc, recruter, remettre des moyens, donner des signes de considération, de considération au personnel soignant. Donc, les augmentations, c'est de les augmenter ?

Ça veut dire négocier avec eux, travailler avec eux, et les augmentations de salaire, mais aussi les conditions de travail, mais aussi assouplir les règles du jeu dans l'hôpital. Il y a une bureaucratie. En fait, c'est ce qui se passe en situation d'urgence,

7:48
Intervenant

et puis après, ça revient, la bureaucratie se réinstalle.

7:50
Anne Hidalgo

Il y a ça, mais il n'y a pas que ça. C'est-à-dire, oui, pendant la période où il y avait l'urgence, on a fait confiance aux soignants dans chaque service, et finalement, les médecins, les soignants ont pu reprendre la main et trouver des solutions. Et on a vu combien ils étaient créatifs aussi dans ces solutions-là. Et là, on revient à quelque chose qui est, un, on a supprimé 5700 lits, et deux, il y a à nouveau une bureaucratie qui fait qu'est-ce qu'ils nous disent les soignants, qui passe plus de temps à remplir des documents, des papiers, des indicateurs, qu'à pouvoir passer du temps avec leurs patients.

Donc, il faut vraiment alléger tout cela, revenir à des organisations qui soient plus souples à l'échelle vraiment de chaque service ou de chaque hôpital, et que l'on puisse donner confiance aux soignants, notamment en les considérant par le salaire et la question des organisations de travail.

8:44
Intervenant

De toute petite question avec le nouveau variant qui vient d'arriver. Est-ce que vous regrettez finalement que la vaccination n'ait pas été obligatoire, comme certains socialistes l'ont demandé à l'époque ? Et deuxièmement, qu'est-ce que vous répondez aux gens qui considèrent que le pass sanitaire, qui est en fait devenu un pass vaccinal, soit attentatoire aux libertés ? Obligatoire, attentatoire ?

9:01
Anne Hidalgo

Je suis, je rejoins mes amis lorsqu'ils disent qu'il faut pousser la vaccination, aller jusqu'à l'obligation. Pourquoi pas ? Mais pour moi, vous savez, c'est beaucoup de la pédagogie qu'il faut faire. Vous voyez bien, il y a toujours à la fin des gens qui résistent à la question des obligations. Donc je pense qu'on aurait, et qu'on doit encore aller plus loin, ce qu'on a fait. Les maires, qu'est-ce qu'on a fait quand on a pris en charge cette question de la vaccination ? On est allé dans les quartiers, on est allé chez les gens, on a fait du porte-à-porte, on est allé dans la rue pour essayer de convaincre les personnes de venir se vacciner et de surmonter le frein à la vaccination.

Donc moi, je suis plutôt pour cela. Et d'ailleurs, du coup, ça a plutôt bien marché puisqu'on est à un niveau de vaccination dans le pays qui est très élevé. Et ce travail d'aller vers, comme on dit, a plutôt bien fonctionné. Sur le pass sanitaire, il y a un moment, écoutez, quand il a fallu voter, d'ailleurs la gauche notamment, et mes camarades ont voté contre l'extension ad vitam aeternam de ce pass sanitaire, parce que c'était quand même une façon de dire on ne repassera pas par le Parlement, ça va alléger quoi ? C'était plutôt bien vu. Ça va alléger.

Oui, mais écoutez, moi je préfère quand même que le Parlement ait son mot à dire sur toutes ces questions-là, parce que c'est une condition de fonctionnement de la démocratie. Et le fait que les décisions soient prises dans un conseil de défense auquel personne n'a accès, parce que c'est sous secret défense, ce n'est pas très bon. Et ce n'est pas très bon signe pour la démocratie. Donc je préfère quand le Parlement a à se prononcer, y compris en urgence sur la prolongation du pass sanitaire.

10:39
Présentateur

Alain Hidalgo, deuxième sujet d'actualité brûlante lié au Covid également, c'est la crise dans les Antilles, en Guadeloupe et en Martinique. Vendredi soir, Sébastien Lecornu, ministre de l'Outre-mer, a jeté un pavé dans la mare en parlant d'autonomie. La porte était ouverte pour la question de la Guadeloupe. Il est dans l'avion actuellement. Il va aux Antilles. Qu'est-ce que vous pensez de cette idée d'autonomie accordée potentiellement, en tout cas discutée même avec les Guadeloupéens ?

11:03
Anne Hidalgo

Mais quelle improvisation ! Mais quelle improvisation ! D'ailleurs, il a rétro-pédalé, disons les choses. Quelle improvisation de ce gouvernement ! Vous croyez vraiment que les Outre-mer, ce qu'il réclame, c'est moins d'État ? Ils veulent plus de justice ! Il y a quand même un sénateur socialiste, Victorien Lurel,

11:22
Intervenant

qui dit que ça peut être une piste de discussion.

11:24
Anne Hidalgo

Ça peut être une piste de discussion, mais aujourd'hui, ce n'est pas ce qui est attendu, ce n'est pas ce qui est demandé. Vous connaissez très bien la situation dans les Outre-mer. J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec beaucoup, beaucoup d'élus des Outre-mer. La situation, c'est quoi ? En Guadeloupe, l'eau... Regardez ce qui se passe sur la question de l'eau en Guadeloupe. Ce n'est pas nouveau.

Regardez ce qui se passe en Guadeloupe et en Martinique, sur les plages, avec notamment les déversements des sargasses, avec des gens qui sont dans des logements à proximité, qui respirent un air totalement vicié, qui sont victimes de maladies pulmonaires et qui, en plus, sont obligés de changer tout leur électroménage et tous les six mois parce que c'est totalement foutu en l'air. Ce sont des départements qui sont oubliés et la jeunesse des Outre-mer qui s'ensoucitent la jeunesse des Outre-mer qu'ils ne sont pas aujourd'hui considérés par ceux qui gouvernent comme des citoyens à part entière.

Les lois, qui ont été des lois importantes sur l'égalité réelle, elles ne se sont pas réellement appliquées dans les Outre-mer. On continue à avoir cette espèce... C'est-à-dire ? Qu'est-ce que vous voulez dire par là ? Eh bien, ce que je veux dire par là, c'est qu'il n'y a pas de considération. D'abord, de nos compatriotes des Outre-mer, il n'y a pas de considération de leur situation.

12:43
Présentateur

Et donc, vous évoquiez des lois qui n'étaient pas appliquées là-bas ?

12:45
Anne Hidalgo

Par exemple, l'hôpital, la situation de l'hôpital dans les Outre-mer, vous croyez que c'est vraiment acceptable, qu'on accepterait ici, en métropole, une situation comme celle-là ? Des renforts ont été envoyés. Des renforts ont été envoyés, mais pourquoi ?

13:00
Intervenant

Le Cornu a fait une conférence, a annoncé des mesures spécifiques.

13:04
Anne Hidalgo

Ah bah, ça, une conférence. Ah bah, ça, des conférences, on en fait. Mille emplois aidés. Des conférences, on en fait, ça, c'est bien. Et la situation des jeunes d'Outre-mer qui sont obligés de venir ici pour leurs études, qui sont souvent seuls ici, les parents sont obligés de se saigner pour leur payer des études pour venir ici. Et ensuite, ils n'ont pas de possibilité de retourner lorsqu'ils le veulent, notamment, y compris sur des postes de la fonction publique. Vous savez, il y a beaucoup, beaucoup de personnes, de fonctionnaires des Outre-mer. J'en sais quelque chose. La ville de Paris est une des principales villes ultramarines de ce pays.

Et nous avons plus de 6 000 agents qui sont des agents originaires des Outre-mer. Beaucoup demandent à pouvoir retourner chez eux. Pourquoi ? Pourquoi on interdit cela ? Pourquoi est-ce qu'on ne facilite pas justement le fait qu'il y ait... Donc vous proposez quoi et ça coûte combien ? Vous vous mettez combien sur la tête ? Oh, quelle question précise ! Vous proposez quoi ? Moi, je propose déjà qu'on les considère. Je propose deuxièmement... Le mot considération,

14:03
Intervenant

dans votre livre, vous en parlez en disant que c'est pour vous la chose la plus importante à remettre en France. Je voudrais simplement revenir deux secondes à la vaccination. Ce mouvement commence parce qu'on oblige les soignants à se vacciner. Donc qu'est-ce que vous pensez ? Est-ce qu'il faut négocier comme le gouvernement qui a repoussé au 31 ? Est-ce qu'il faut accepter que le personnel soignant en Guadeloupe ne soit pas vacciné ? Et est-ce qu'on tolère qu'il y ait des barrages devant les hôpitaux pour des gens qui viennent pour l'idéaliser ?

14:26
Présentateur

Est-ce que tout ce que vous avez dit justifie la violence dans les rues ?

14:30
Anne Hidalgo

Mais non, bien sûr que ça ne justifie pas ce que j'essaye de vous dire. Mais je reviens quand même sur la considération parce que ce n'est pas rien cette affaire-là. Quand il y a eu la première réunion faite interministérielle, le président de la collectivité de Guadeloupe n'était même pas invité. Vous vous rendez compte ? C'est comme ça qu'on procède ici à ne même pas inviter les élus locaux qui sont en train de faire quoi ? De gérer cette situation chaotique avec des barrages, avec des violences qui sont évidemment inacceptables ? C'est là que ça commence la considération dans un bon fonctionnement démocratique.

Alors est-ce que sur l'obligation vaccinale, bien sûr qu'il faut se vacciner et bien sûr qu'il faut aussi du dialogue. Pourquoi cette situation dans les Outre-mer ? Parce qu'il n'y a pas de confiance. Il n'y a pas de confiance dans ce que l'État français n'a pas fait pour les Outre-mer. Il n'y a pas de confiance. Quand vous voyez, je vous parlais tout à l'heure des sargasses et des conséquences sanitaires des sargasses, mais je peux vous parler aussi du chlordécone, et bien moi, qu'est-ce que je ferais là pour redonner de la confiance ?

Je dirais que tous les examens de toutes ces personnes qui sont obligées de se faire des examens pour savoir si elles ont été contaminées, si elles sont aujourd'hui en risque par rapport au caractère cancérogène de cette molécule, ces examens aujourd'hui, c'est eux qui se les payent. C'est eux qui se les payent. Et bien moi, je dirais, l'État français les prend en charge et on donne des signes de confiance et des signes tangibles et des signes concrets.

On donne des signes de confiance aussi par rapport à toutes ces familles qui ne savent pas comment elles vont pouvoir continuer à vivre dans leurs maisons qui sont au bord des plages qui sont envahies par les sargasses et à qui le préfet, les préfets disent quoi ? Ah ben un jour, il faudra des grands déplacements de population pour remonter tout le monde sur les colis. Madame Hidalgo, l'hôpital c'est au moins 100 milliards

16:21
Intervenant

si on vous a bien entendu. Et là, c'est combien pour les Outre-mer ? Enfin je veux dire, ça fait beaucoup de dépenses en fait. Oui, beaucoup de dépenses en 20 minutes d'émission.

16:28
Anne Hidalgo

Oui, beaucoup de dépenses en 20 minutes d'émission et vous croyez qu'il n'y a pas beaucoup de dépenses liées au chaos des Outre-mer ? Vous croyez qu'il n'y a pas beaucoup de dépenses à court terme, à moyen et à long terme sur notre système de santé ? Quand on parle du chlordécone, vous croyez vraiment que ça ne fait pas beaucoup de dépenses à moyen et long terme d'avoir des vies qui vont être complètement balayées parce qu'on n'a pas fait le minimum que l'État français aurait dû faire, c'est-à-dire protéger la santé de ces personnes ? Ne vous inquiétez pas, Madame, il y aura bien un chiffrage du projet.

Mais moi, ce que je regarde, parce que ça suffit de penser uniquement sur le court terme, de n'être que le nez sur les crises et d'avoir ce type de questionnement qui empêche de se projeter. Moi, ce que je vous dis, c'est que cette relation aux Outre-mer ne va pas. Il faut absolument que l'on fasse confiance aux habitants, aux citoyens, à leurs élus, qu'on entame une nouvelle étape de décentralisation. Je suis d'accord avec vous, ça produira des effets sur le moyen et le long terme. C'est un peu de l'autonomie, non ? C'est de l'autonomie, non, ça ? Non, ce n'est pas l'autonomie, la décentralisation. Vous savez, j'ai rencontré récemment les élus de Mayotte aussi.

C'est encore un autre sujet parce que les Outre-mer ne peuvent pas tout être englobés dans la même réalité. Les élus de Mayotte, ce sont les femmes, les femmes de Mayotte qui défendent quoi ? La départementalisation, c'est-à-dire la liberté, l'égalité, leur existence en tant que communauté dans la République. Et il y a cet attachement à la République. Mais si on veut, et je suis profondément républicaine, et je pense qu'en plus, la France a besoin de ses Outre-mer parce que les Outre-mer, c'est le pont vers les autres continents, parce que les Outre-mer, c'est les réservoirs de biodiversité, parce que les Outre-mer, c'est cette ouverture extraordinaire qui donne cette force à la France.

Et c'est là-dessus qu'il faut travailler. Et pas simplement improviser dans une conférence de presse en disant un jour l'autonomie, le lendemain, on ne sait pas ce qu'on va nous sortir, et prendre un avion pour aller là-bas, ce n'est pas suffisant, évidemment. Et pourquoi considérer ? Parce que si on ne pose pas ça au milieu de la table en se disant on se respecte et on est à égalité, eh bien ça ne peut pas marcher. Et surtout qu'il y a quand même beaucoup, beaucoup de choses que l'État centralisé français n'a pas fait pour et avec les Outre-mer. C'est ça qui doit changer.

18:46
Présentateur

Troisième grand sujet d'actualité, cet après-midi se tient à Calais, en milieu de l'après-midi, une réunion organisée par le ministère de l'Intérieur. Gérald Darmanin sera là, il y aura ses homologues belges, néerlandais, la Commission européenne aussi. Les Anglais ne seront pas là. La ministre de l'Intérieur anglaise n'a pas été invitée. Le sujet, c'est la crise des migrants et notamment la crise à Calais avec cette semaine un drame terrible, 27 migrants morts lors de leur traversée vers l'Angleterre. Vous, présidente, Anne Hidalgo, que faites-vous pour à la fois régler la situation de Calais et régler la question migratoire dans le nord de la France ?

19:23
Anne Hidalgo

C'est une question qu'il faut régler aussi à l'échelle européenne, une question sur laquelle la France à travers Emmanuel Macron a perdu beaucoup de crédibilité puisque sa position dès 2017 d'ailleurs, assez vite sur la question des réfugiés, après avoir dit l'inverse pendant sa campagne, rappelez-vous, il est même venu me voir dans mon bureau en me disant que ce que j'avais fait sur les réfugiés à Paris était formidable et qu'il allait m'aider.

Quelques mois plus tard, tout le monde a compris que ça n'était plus tout à fait le cas avec un durcissement, un durcissement de sa position notamment, y compris pour ceux qu'on appelle les Dublinais, c'est-à-dire toutes ces personnes qui étaient passées par l'Italie et la Grèce qui n'allait pas retourner ni en Italie ni en Grèce et que ce gouvernement de M. Macron a laissé partir dans la nature, dans des situations de clandestinité et allait faire qu'il y ait des campements. On en a eu beaucoup à Paris mais aussi évidemment à Calais.

20:20
Intervenant

Là, c'est quand même des migrants qui sont installés là-bas qui veulent partir. Ils sont installés où ?

20:24
Anne Hidalgo

Dans la jungle de Calais et qui ne sont pas installés et qui ne sont pas installés. Ils ne sont pas installés. Ils sont dans des situations... Oui, ils veulent partir. Ils ne veulent pas rester. Oui, bien sûr. Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Vous avez posé la question au gouvernement. Qu'est-ce qu'ils font lorsqu'ils viennent lacérer les tentes de ces migrants pour évacuer ? Parce que c'est la seule attitude qu'ils ont, qu'ils ont eu à Paris comme à Calais. C'est de chasser, de déplacer le problème et on déplace le problème, on ne le règle pas. Moi, j'ai fait une proposition dès 2015-2016 avec les associations humanitaires.

Il y avait Emmaüs, France Terre d'Asile et beaucoup d'autres avec des parlementaires, les parlementaires de gauche. Je ne suis pas parlementaire mais nous avons porté avec Dominique Dersigny aussi une proposition de loi dans laquelle qu'est-ce qu'on propose ? On propose d'abord qu'il y ait à l'échelle européenne sur les... Et bien sûr, en France, parce qu'il faut donner l'exemple, sur les routes migratoires, des lieux, qui soient des lieux où les personnes ne soient pas renvoyées à cette clandestinité et à ces situations de jungle qui ne sont pas une installation, qui sont quand même de la survie pour des femmes et des hommes.

Donc, des lieux qui soient des lieux où ces personnes puissent arriver, faire le point sur leur situation, faire le point aussi sur leur situation sanitaire, sur leurs droits et qu'à partir de là, ils puissent y avoir un travail sur leurs droits. Est-ce qu'ils sont éligibles aux droits d'asile ? D'après les règles internationales et les règles européennes, oui ou non, est-ce qu'ils sont éligibles à rester en France ? Mais là, on négocie avec un État qui n'est plus dans l'Union européenne, c'est-à-dire que c'est des personnes qui veulent partir en Grande-Bretagne.

On est dans un État qui a tellement peu donné de gage sur y compris le respect des textes internationaux en matière d'accueil des réfugiés que nous ne sommes plus crédibles. Alors, aller faire la leçon à Boris Johnson qui, pardon, mais fait n'importe quoi aussi de son côté, vous croyez vraiment qu'avec ça... Vous trouvez que l'attitude de la France est plus condamnable que celle de la Grande-Bretagne ? Moi, je pense que l'attitude de la France fait qu'elle n'est pas crédible sur ce sujet-là à l'échelle européenne. Et d'ailleurs, il suffirait de la comparer à l'attitude de l'Allemagne et vous verrez bien...

Vous savez, en Allemagne, ils ont eu une élection il n'y a pas très longtemps qui a d'ailleurs donné la victoire de Olaf Scholz du... Un social-démocrate. Un social-démocrate. Et des Verts unis. Et des Verts, oui. On va en parler tout à l'heure. Ils étaient contre au début, mais bon, en deuxième position. Et donc, ça a donné lieu à cette victoire. Eh bien, dans cette campagne en Allemagne, la question de l'immigration n'a pas du tout été un sujet. Mais alors, pas du tout un sujet. D'abord, parce que le gouvernement allemand, à l'époque d'Angela Merkel, qui, elle, a sauvé l'honneur de l'Europe, contrairement à ce qui a été fait en France, à l'époque, qu'est-ce qu'elle a fait ?

Elle a travaillé avec aussi les maires. Alors, certes, c'est un État très décentralisé, mais ils ont mis en place une répartition, une répartition de cette offre d'accueil des réfugiés. Et ils ont été très, très clairs. Oui, mais là, c'est pas le même sujet.

23:31
Intervenant

Le sujet, c'est nos relations avec la Grande-Bretagne.

23:33
Anne Hidalgo

Non, madame, notre sujet, c'est la question des réfugiés et la question migratoire. Qui ne veulent pas rester en France, ceux-là, et qui veulent aller en Angleterre. Bien sûr. Et la question migratoire. Et c'est ça, notre sujet. Vous savez, parce que certains veulent nous expliquer que c'est l'alpha et l'oméga de cette élection présidentielle. C'est un sujet. Moi, je ne dis pas que ce n'est pas un sujet. Je pense que derrière ce sujet-là, il y a la question des réfugiés, de leur accueil digne et du respect des textes internationaux auxquels la France est soumise. Et ça, ça doit se passer à l'échelle européenne. Il y a la question de l'immigration et de l'intégration.

Ce sont des sujets sur lesquels je n'ai aucun tabou pour en parler. Donc, c'est ça le sujet, Mme Fresseau. Ce n'est pas la relation franco-britannique

24:20
Intervenant

dans laquelle tout d'un coup... Depuis les années 2000, on voit sans arrêt faut-il renégocier ou non les accords du Touquet. Il y a eu Sangat,

24:28
Présentateur

il y a eu Calais.

24:29
Intervenant

Voilà. Comment faire en sorte que le migrôle ne se noie pas dans la mer du Nord. Chers amis journalistes, allez-y, Anne Delgou.

24:36
Anne Hidalgo

Vous-même, vous dites que c'est un sujet de longue date. Donc, ce n'est pas le sujet de la politique très spectacle de Boris Johnson et d'Emmanuel Macron à coups de coups de menton qui est en jeu. Ce qui est en jeu, ce sont des vies humaines. Et je vais vous dire quelque chose qui n'est pas un scoop. Avec ce qui est en train de se passer sur le terrain du changement climatique, nous allons avoir beaucoup, beaucoup de personnes sur la planète qui vont aller chercher d'autres terres pour pouvoir habiter parce qu'un certain nombre de, non pas de projections, mais d'études sérieuses faites par les scientifiques qui nous ont été présentées d'ailleurs à Glasgow lors de la COP26 montrent quoi ?

Qu'il y a des pays entiers à horizon 2050 qui vont être rayés de la carte et pas des moindres. Et pas des moindres. Donc, il faut prendre cette question au sérieux et pas simplement dans l'urgence et pas simplement dans l'improvisation ou pas simplement dans le sujet entre deux dirigeants qui quand même ne donnent pas une image de grande responsabilité.

25:40
Intervenant

Au sens plus large du terme, dans votre livre, vous dites, je vous cite, l'accès à la nationalité doit être facile pour ceux qui le demandent du moment qu'ils souhaitent s'établir en France et bien sûr acceptent ces lois. C'est-à-dire pour vous que vous voulez ouvrir, non pas ouvrir le robinet, mais ne pas le fermer comme certains, toute la droite en gros et aussi Emmanuel Macron veulent le faire. Vous, vous considérez qu'il n'y a pas de problème d'immigration et qu'il faut laisser...

26:01
Anne Hidalgo

Alors, je ne considère pas qu'il n'y a pas de problème d'immigration. Il y a un sujet qu'il faut réguler et ce que je dis, par exemple, j'étais dans le Vaucluse avant-hier dans une terre viticole, l'appellation Vaqueras, très bon petit vin d'ailleurs, avec modération, avec un viticulteur qui me disait, mais nous, on a besoin de main-d'œuvre étrangère, on a besoin de ces immigrés qui viennent d'ailleurs du Maroc, beaucoup, pour les récoltes saisonnières.

D'ailleurs, il me disait, en fait, on avait les parents, les grands-parents et des familles entières avec lesquelles on a tissé des relations qui viennent pour ennuyer personne, ils viennent pour travailler, donc ça nous aide, et ils repartent avec une rémunération. Donc il me disait, s'il vous plaît, s'il vous plaît, dites en haut lieu qu'on a besoin de ces gens-là. D'autres, dans les secteurs de la restauration, me disent exactement la même chose. Vous croyez vraiment que c'est raisonnable de dire qu'on va se passer complètement d'immigration ? Et quand je vois M. Bertrand qui court après M.

Zemmour et Mme Le Pen et qui nous explique comme ça, très clairement, qu'il va même falloir arrêter de recevoir autant d'étudiants étrangers alors qu'on en a 98 000 qui viennent dans les années où il n'y a pas de Covid et qu'avoir des étudiants étrangers dans notre pays, c'est avoir après des ambassadeurs extraordinaires, des relations qu'on peut entrevoir avec les pays dont ils sont originaires, vous croyez que c'est raisonnable, que c'est visionnaire dans le monde qui vient de penser de façon aussi étriquée ?

Eh bien non, moi je pense qu'il faut bien sûr organiser les choses, organiser l'intégration, permettre à ces femmes et ces hommes qui veulent effectivement adhérer parce qu'on adhère aux valeurs de la France, on adhère à cette nationalité, c'est ce que j'ai fait avec ma famille lorsque nous avons été naturalisés. Eh bien ces gens-là, il faut bien sûr leur permettre d'adhérer et puis ceux qui se retournent contre nous, ils n'ont rien à faire sur notre territoire. Ça c'est très clair aussi. France Inter,

28:14
Présentateur

questions politiques, Thomas Négaroff. Elle fait son entraîne à Alexandra Ben Saïd pour quelques questions d'économie.

28:23
Intervenant

Bonjour Rémi Dalgour. Bonjour. Vous venez d'en parler, vous faites un tour de France en ce moment et votre fil rouge c'est ce slogan « vivre de son travail ». Alors point remarquable, tous les candidats à gauche sont d'accord pour augmenter le SMIC. Vous vous dites que c'est plus 15% qu'il faut accorder à ceux qui sont au salaire minimum. Ma question est à quel horizon ?

28:41
Anne Hidalgo

À horizon immédiat, c'est-à-dire dès après mon élection en tant que présidente, d'une part, une augmentation du SMIC qui ira jusqu'à 15%. Je vous signale qu'Olaf Scholz en Allemagne parle de 25% d'augmentation des salaires. Vous l'avez vu. Il est arrivé à 12 euros

28:59
Intervenant

de l'heure

28:59
Anne Hidalgo

comme vous en fait. Et il va arriver à 12 euros de l'heure. Donc ce n'est pas non plus une idée totalement incongrue. Si l'Allemagne y arrive, il n'y a pas de raison qu'on n'y arrive pas. Et deuxièmement, je lancerai immédiatement, ça aussi, une grande conférence salariale, une grande négociation interprofessionnelle et de branches, syndicats et partenaires sociaux sur la question de l'augmentation des salaires. Mais ils pourront évidemment négocier, s'ils le souhaitent, d'organisation du travail et de plein d'autres sujets. Et je mettrai au cœur de cette négociation quand même la question de l'égalité salariale entre les femmes et les hommes.

Parce qu'on est en 2021, mesdames, messieurs, et il y a toujours 20% d'écart de salaire entre les femmes et les hommes dans notre pays. Et ça, ça suffit aussi. Parce que ça, vous savez, ce n'est pas nouveau. Je me souviens d'une étude ancienne qui avait été faite à l'époque où Lionel Jospin était Premier ministre qui montrait déjà combien c'était une perte aussi de compétitivité et de création de valeur pour notre pays. Alors oui, on le fera et dès le début de mon quinquennat.

30:03
Intervenant

Le SMIC, donc vous le feriez passer dès le début de votre quinquennat de 1 258 euros net à 1 446 euros net. C'est un alourdissement du coût du travail et ça, c'est vraiment un revirement complet par rapport à toutes les politiques menées depuis les années 90 par la droite comme par la gauche qui au nom de l'emploi disent non, il faut alléger le coût du travail. Vous faites ce tour de France. Qu'est-ce que vous leur dites aux patrons de PME que vous rencontrez ? Vous leur dites si, si, 15%, vous allez pouvoir le faire ?

30:30
Anne Hidalgo

Comment ? Vous savez, les patrons de PME et même de grandes entreprises sont confrontés à une grande difficulté aujourd'hui, c'est celle du recrutement parce qu'ils n'arrivent pas à trouver les salariés pour venir travailler dans leurs entreprises et ils n'arrivent pas à trouver des salariés parce que parfois ce qu'il aurait invoqué c'est les conditions de travail et souvent, c'est quand même le niveau des salaires et en France, le niveau des salaires est anormalement bas depuis trop longtemps, anormalement bas.

Il y a eu des allégements de charges et peut-être qu'il faudra continuer sur des allégements de charges pour les bas salaires sauf qu'il n'y a pas eu de conséquences en termes d'augmentation des salaires plus généraux. C'est-à-dire que la richesse et la valeur des entreprises, on l'a plutôt mise sur les dividendes que sur les salaires et ça donne quoi ? Ça donne un pays dans lequel en 30 ans, par exemple, la part du logement dans le revenu d'un ménage est passée de 12% il y a 30 ans à 30, 40, voire 50% dans les zones très tendues. Et donc, que disent les gens ? On ne vit pas de son travail.

31:36
Intervenant

Mais vous avez une proposition. On va en parler. Donc, il faut absolument

31:39
Anne Hidalgo

augmenter les salaires par la négociation. Le SMIC, ça, c'est par des dispositions réglementaires et étatiques puisqu'il y a un rôle de l'État en la matière. Et les entreprises ont les moyens, dites-vous. Parce que vous parlez

31:51
Intervenant

de dividendes,

31:52
Anne Hidalgo

mais ça,

31:52
Intervenant

ce sont les grosses entreprises. La France, c'est beaucoup de PME.

31:55
Anne Hidalgo

Oui, mais beaucoup de PME, Madame, aujourd'hui, n'arrivent pas à trouver les salariés et d'elles-mêmes vont vers des systèmes qui permettent de rendre attractifs leur profession. Et je crois qu'il faut prendre conscience que ce niveau de salaire qui ne permet pas de vivre de son travail, il a eu quoi comme conséquence ?

Il a une conséquence majeure qui est, notamment, c'est la classe moyenne, ce qu'on appelle aux États-Unis la working class, la classe moyenne qui a chuté, qui décroche, qui n'arrive plus avec ce qu'elle gagne de son travail à se loger décemment, qui n'arrive plus à financer les études de ses enfants décemment, surtout quand vous n'êtes pas dans une ville universitaire, et qui décroche. Et ça donne quoi quand la classe moyenne décroche ? Eh bien, ça donne une déstabilisation de nos démocraties. Et ça marche aussi pour les fonctionnaires ? Plus 15%

32:43
Intervenant

pour le traitement minimum ? Ça marche pour les fonctionnaires

32:46
Anne Hidalgo

dans le cadre d'une autre négociation, bien sûr. mais là aussi, regardez, on pensait dans notre pays qu'on avait le meilleur hôpital public au monde et la meilleure école publique au monde. Et c'était vrai. Moi, j'en ai bénéficié de cette école publique gratuite, laïque, la meilleure au monde. Et vous vous rendez compte, vous vous apercevez un beau matin, là, que finalement, ces deux piliers que sont ces deux grands services publics qui stabilisent un pays, qui permettent aux gens de se projeter, de vivre ensemble, d'être sécurisés par rapport à l'avenir de leurs enfants ou par rapport à la maladie et leur santé, eh bien, vous vous apercevez que c'est plus du tout ça.

Et donc, qu'est-ce qu'il faut faire ? Moi, je crois beaucoup, vous savez, qu'il faut absolument se préoccuper de ce que deviennent nos démocraties. Et si on ne veut pas sombrer dans les populismes, dans le chaos, dans toutes ces violences qui sont liées aussi en grande partie à ces inégalités, à ces situations d'injustice totale que beaucoup de nos concitoyens ne supportent plus, eh bien, il faut accepter, comme le font les sociodémocrates dans le nord de l'Europe, que l'on restabilise notre société par des fondements. Et les fondements, c'est l'école, le logement, le salaire et c'est bien sûr la santé.

34:07
Intervenant

On parle de votre promesse, vous l'avez faite à Lille lors de votre congrès d'investiture, aucun ménage ne sera contraint de consacrer plus d'un tiers de ses revenus pour se loger. Très concrètement, ça va fonctionner

34:17
Anne Hidalgo

comment cette promesse ? D'abord, il faut relancer la construction de logements dans notre pays et de logements à des prix abordables, donc limiter la spéculation puisque c'est la spéculation qui a pris le pas sur la construction de logements abordables. Et d'ailleurs, ce gouvernement, le gouvernement de M. Macron, est celui qui a le plus mauvais bilan et ce n'est pas simplement à cause du Covid, en matière de production de logements puisqu'il a contraint beaucoup les collectivités à travers leur budget, à travers leur capacité d'investissement, il les a contraintes et on a les pires chiffres en matière de production de logements.

Donc construire et construire du logement à des prix abordables. Moi, je pense qu'il faut, parce que derrière tout ça, c'est peut-être un peu technique, mais il faut une maîtrise beaucoup plus grande de ce qu'on appelle le foncier public. je pense qu'il faut à l'échelle des régions, avec les régions, avec les maires, avec l'État, bien sûr, il faut engager là aussi des discussions pour savoir quelles sont les terres que l'on va consacrer au logement pour ne pas aller artificialiser trop les sols. Donc construire, libérer du foncier public. Libérer du foncier public. Mais si, par exemple, moi, je dépense plus d'un tiers,

35:30
Intervenant

Mme Hidalgo, si vous êtes chef de l'État à l'Élysée et puis je me rends compte que mon foyer consacre plus d'un tiers de ses revenus pour se loger. Eh bien, il y aura des aides

35:37
Anne Hidalgo

type APL qui existent aujourd'hui, qui ont été évidemment très atteintes par ce gouvernement. Là aussi, franchement, je vais vous dire, tous les gouvernements qui se sont succédés, ils avaient sur leur table, les ministres qui arrivaient, le dossier des APL qui était refilé comme ça par les hauts fonctionnaires de Bercy. Pour leur dire, ça, c'est la mesure. Il faut absolument réduire les APL. Il n'y a qu'un gouvernement qui est tombé dans le panneau et malheureusement, ça a fait beaucoup de dégâts pour nos concitoyens, c'est le gouvernement d'Emmanuel Macron. Lui, il a dit, on prend, ah, ça c'est une mesure, 5 euros, allez hop, on va ratiboiser de 5 euros, ça sera indolore.

Mais vous savez qu'il y a plein de gens qui sont à 5 euros près à la fin du mois et notamment ceux qui se sont vus diminuer leurs APL. Donc, il y aura, oui, des aides aussi mais évidemment, moi, je travaille et sur des choses structurantes pour faire baisser le coût du logement,

36:35
Intervenant

par exemple. Est-ce que, alors, sur les aides quand même, parce que c'est important, vous avez parlé, vous avez dit, on part des besoins. C'est ça, en fait, le fil directeur de votre, d'Anne Hidalgo, son programme. On part des besoins. Donc, vous voulez faire des aides, vous avez parlé de la situation de l'hôpital public, vous voulez partir de ces besoins. Tout ça, ça fait de l'argent, vous voulez réduire les inégalités. Est-ce que vous allez toucher à la fiscalité ? Et là, concrètement, la fiscalité, ça veut dire la TVA, ça veut dire l'impôt sur le revenu, ça veut dire l'impôt sur les sociétés, l'impôt de production. Est-ce que vous allez y toucher ?

37:03
Anne Hidalgo

Alors, je crée, je remets l'impôt sur la grande fortune qui sera un impôt, pour moi, fléché vers l'accompagnement de la transition écologique. On n'en a pas encore parlé. Mais évidemment, qu'il va falloir accompagner cette mutation et notamment dans la formation des travailleurs pour qu'ils puissent accéder aux nouveaux secteurs qui, eux, vont être des secteurs porteurs. Comment on fait ? Je ne suis pas malthusienne, chère madame. D'abord, il y a une partie de l'argent qui n'est pas forcément très, très bien utilisée. Quand on donne des aides aux entreprises sans contrepartie, qu'elles soient sociales ou environnementales, on gère mal.

Je l'ai vu encore dans une entreprise en Savoie, Feropem, qui est une entreprise qui est en train de fermer alors que c'est stratégique, que c'est stratégique pour les nouvelles, toutes les énergies renouvelables et que parallèlement à cette fermeture, ils sont en train de négocier des financements sur le plan de relance. Est-ce que vous allez allourdir les impôts pour une catégorie de population ? Deuxième chose, vous savez que l'impôt sur le revenu, c'est un peu plus de 80 et quelques milliards d'euros. C'est à peu près le même montant que l'évasion fiscale dans notre pays, sur lequel il faut mettre en place des moyens.

Je pense qu'en touchant au verrou de Bercy, c'est-à-dire à cette règle qui permet à des gens de faire ce qu'ils appellent de l'optimisation et finalement d'éviter de se faire attraper par la patrouille pour venir payer leurs impôts dans notre pays, le verrou de Bercy est une règle qui fait qu'ils peuvent négocier. Moi, je supprime ce verrou de Bercy, ce qui aura une conséquence directe sur la façon dont un certain nombre de dirigeants, et je fais appel évidemment à leur patriotisme économique, doivent payer les impôts qu'ils doivent à la France pour que la France puisse progresser. Je ne toucherai pas l'impôt, je ne vais pas augmenter les impôts sur les ménages, évidemment. Les entreprises.

Mais on va créer de la valeur, chère madame. Vous savez que quand on paye mieux les gens, quand ils peuvent effectivement eux-mêmes se projeter, quand on augmente par exemple le niveau de qualification de la population, je me suis engagée à ce que 60% d'une classe d'âge puisse vraiment avoir des diplômes du supérieur. Lorsque l'on crée de la valeur, notamment dans les nouveaux secteurs stratégiques, et j'en ai parlé, les énergies renouvelables, cette valeur-là, elle permet d'avoir plus de cotisations, d'avoir des impôts plus importants, et elle permet aussi de financer les services publics.

C'est vraiment un projet dans lequel on n'est pas malthusien, je ne serai jamais malthusienne, et qui est très clairement le schéma suivi par des pays qui réussissent plutôt mieux que nous, notamment en matière de lutte contre les inégalités. Je pense aux pays sociodémocrates du nord de l'Europe et à l'Allemagne en particulier. France Inter

40:05
Présentateur

Question politique On va revenir en France, politique française en particulier. Ça ne vous a pas échappé hier le déplacement d'Éric Zemmour à Marseille qui s'est achevé sur un échange de doigts d'honneur. Qu'est-ce que vous en pensez, Anne Delgaud, de ce déplacement et de cette lumière médiatique sur cet événement ?

40:25
Anne Hidalgo

Écoutez, la lumière médiatique a été mise sur un homme qui, au-delà du doigt d'honneur, a déjà été condamné pour des propos racistes, condamné par la justice, qui tient des propos négationnistes, qui tient des propos sur les femmes qui sont totalement indignes, inacceptables. Donc voilà, on met la lumière sur un homme qui, je l'ai dit, est un véritable guignol qui amuse la galerie. Ça va signer sa chute ? Ça n'amuse pas à grand mot. On vous approchait d'utiliser le mot guignol comme si c'était une plaisanterie ? Ah ben, c'est pas une plaisanterie. C'est un mauvais guignol, ça c'est sûr. Et vous mettez en cause le système médiatique ?

Bon, écoutez, je ne mets pas en cause, je ne parle pas de système médiatique, ça c'est plutôt Zemmour qui en parlerait et l'extrême droite, donc je n'utilise pas ces mots-là. Mais je pense qu'il y a quand même eu une attitude pas très précautionneuse de celles et ceux qui ont vu un de leurs collègues partir comme ça et qui parfois donnaient l'impression d'être dans l'admiration. Donc je laisse de côté et je ne veux pas prendre du temps pour parler de ce triste personnage. Donc moi, ce que je peux vous dire, c'est que notre pays n'a pas besoin de ça. Notre pays a besoin de se retrouver, de se reparler. Notre pays a besoin de se projeter.

On vient de le faire en évoquant, et je vous remercie, des sujets qui sont les sujets d'aujourd'hui et de demain. C'est là-dessus qu'on nous attend. Moi, quand je vais sur le terrain et j'ai fait un déplacement toute la semaine dans l'Est de la France, qu'est-ce qu'on me dit ? Qu'est-ce qu'on va faire de la question de l'hôpital ? Qu'est-ce qu'on va faire de l'école de nos enfants ? Comment je vais vivre de mon travail ? Ce sont les questions que se posent les Français. Et je vous remercie d'éclairer le débat politique en permettant aux candidats et aux candidats de venir exprimer leur vision. On part d'abord d'une vision et de cette vision on décline un certain nombre de propositions.

Mais Marie-Faitou,

42:17
Intervenant

Anne Hidalgo, votre campagne pour l'instant ça reste difficile. Les sondages en tout cas on peut en penser ce qu'on en veut vous placent assez bas pour l'instant. On est autour de 6%. Qu'est-ce que vous aimeriez changer si c'était possible dans cette campagne qui dure depuis 3 ans ? Peut-être un mot

42:31
Anne Hidalgo

là-dessus sur ce commentaire. D'abord dans un très bon journal du soir Luc Bromère un excellent journaliste a écrit un papier avec une enquête assez soutenue dans laquelle il dit ce qu'est la fabrique des sondages. Et deuxièmement il y a un autre papier qui circule depuis quelques jours qui montre aussi combien dans la technique du sondage en ligne la gauche est totalement sous-évaluée et la droite sur-évaluée. Et on l'a vu d'ailleurs notamment lors des dernières élections régionales ou municipales donc prudence par rapport à ça. Et je crois... Est-ce qu'il y a des choses que vous aimeriez changer ? Est-ce qu'il y a des choses qui ont été compliquées ? Est-ce qu'il y a des choses que vous...

Vous savez je suis en campagne dans un contexte pour la gauche qui est difficile pour le parti socialiste qui est difficile et évidemment que 2017 a été un séisme les deux grandes formations politiques droite et gauche se sont effondrées pour des raisons différentes La gauche plus que la droite malgré tout. Oui, pour des raisons différentes et il s'agit de reconstruire. Qu'est-ce que j'ai voulu voir depuis un an à peu près après ma réélection à Paris et après que beaucoup beaucoup de personnes très différentes PS et pas PS soient venues me voir en me disant tu dois prendre ta responsabilité tu dois porter cette voix-là.

J'ai voulu voir dans un premier temps si cette famille-là si cette pensée-là existait toujours dans le pays.

44:00
Intervenant

Alors c'est la grosse interrogation parce que tout le projet que vous développez c'est au fond le modèle social-démocrate et est-ce que vous pensez que les fondements sociaux-démocrates sont en France alors que les syndicats sont si faibles que les élus sont assez discrédités sur quelle base vous vous appuyez ?

44:16
Anne Hidalgo

Vous avez raison de le poser ainsi parce que moi je porte un projet social-démocrate mais ce que j'ai vu c'est d'abord des élus très très bien implantés dans les municipalités dans les régions dans les départements qui d'ailleurs ont su faire des rassemblements dépasser aller chercher aussi des citoyens parce qu'aujourd'hui l'engagement politique il se fait beaucoup par le biais associatif c'est plus l'engagement partisan classique tel qu'on a pu le connaître il y a 10, 15 ou 20 ans et donc j'ai vu cette implantation-là je vois aussi beaucoup de femmes et d'hommes qui sont à la fois orphelins d'une offre politique social-démocrate d'une offre politique d'une gauche qui veut gouverner qui a conscience qui est lucide des grands défis du siècle sur le climat sur la question des inégalités sur la démocratie je les vois partout en France

45:13
Présentateur

est-ce que vous pensez que la gauche peut gagner sans l'union avec les écolos et puis avec ceux qui manifestement ne veulent pas gouverner selon vous à savoir la France insoumise

45:26
Anne Hidalgo

je pense que la question de l'union elle est fondamentale pour diriger pour diriger et moi c'est pas simplement une question c'est une expérience

45:37
Intervenant

mais pour passer au second tour aussi ça peut servir

45:39
Anne Hidalgo

c'est une expérience que j'ai et je pense que dans cette gauche qui est émiettée c'est pas la première fois qui est émiettée dont on nous dit qu'elle est très faible mais je pense qu'elle est un peu moins faible que ce qu'on nous dit il y a quand même

45:51
Intervenant

un total extrême droite ou droite nationale je ne sais pas comment on doit appeler ça qui dépasse les 30%

45:55
Anne Hidalgo

si vous regardez justement ce qu'on dit quand on passe du sondage en ligne à d'autres types de sondages mais Brice Taturier qui est écrit aussi dans le monde

46:02
Intervenant

dit qu'il y a une droitisation de la France et qu'il n'est pas le seul les sondeurs alors l'union à quelles conditions on va faire

46:12
Anne Hidalgo

le pays moi ce que je veux c'est pas montrer qui a les plus gros biceps au sein de la gauche pour savoir mais ça fait un an que tout le monde clame l'union et qu'elle ne se fait pas mais chère madame une campagne présidentielle vous en avez vu beaucoup vous des campagnes présidentielles qui démarraient en septembre octobre novembre en général elle démarre c'est quand le moment

46:29
Intervenant

l'union elle se fait quand si vous arrivez à la construire

46:33
Anne Hidalgo

d'abord elle doit se faire à travers ce que les françaises et les français eux-mêmes sentiront diront et je l'espère au premier tour et avant le premier tour autour de la candidature qui peut qui est capable de diriger le pays donc moi je suis ça se mesure comment ça ? et bien ça se mesure à partir des propositions que l'on fait ça se mesure à partir des propositions que l'on fait ça se mesure à partir de la population elle-même vous savez les françaises et les français ils sont pas d'une il est où l'arbitre ?

47:03
Intervenant

le juge ? le juge parce que le juge primaire c'est des gens qui votent c'est clair le juge c'est l'élection non chère madame le juge c'est l'élection

47:09
Anne Hidalgo

mais il sera trop tard après mais non parce que je pense vraiment que dans cette élection dans ce temps là nous sommes dans un temps où tous les candidats ne sont même pas connus vous l'avez dit tout à l'heure je suis la première à avoir plus de 500 parrainages et il y en aura beaucoup plus encore dans les semaines qui viennent vous savez il y a un certain nombre de règles du jeu là pour l'instant en mesure des gens dont on sait qu'ils n'auront pas les parrainages ou qu'ils auront du mal à aller plus loin donc aujourd'hui ce que je vous dis c'est à partir des propositions et je pense que ce que j'incarne parce que j'ai cette expérience là cette expérience du rassemblement je l'ai prouvé par deux fois dans un contexte très difficile et en 2014 et en 2020 j'ai cette expérience du rassemblement qui est la condition sine qua non pour ensuite pouvoir diriger le pays mais vous avez aussi l'expérience je crois d'ailleurs que c'est ma valeur ajoutée une de mes valeurs ajoutées dans cette élection et dans cette gauche qui cherche son chemin moi je peux le dire j'ai cette expérience d'une femme c'est pas rien non plus et mesdames vous en savez quelque chose aussi ce n'est pas rien l'expérience d'une femme à un niveau de pouvoir et de responsabilité comme celui que j'occupe aujourd'hui ça n'est pas rien parce qu'on apprend beaucoup de choses quand on sait qu'on est dans un endroit dans un milieu qui a été fait pour les hommes par les hommes et dans lequel tous les matins il faut que vous vous justifiez votre compétence votre légitimité à prendre part à quoi ?

au débat à parler franchement regardons regardons quand même vous avez raison

48:49
Intervenant

mais pourquoi vous avez besoin d'incarner la social-démocratie pourquoi vous ne vous revendiquez pas socialiste ? parce que la social-démocratie elle était quand même aspirée en grande partie il me semble par les macronistes par Emmanuel Macron et la social-écologie et la social-écologie est en ce moment incarnée quand même par Yannick Jadot

49:05
Anne Hidalgo

donc vous êtes enfin mais enfin alors expliquez-nous franchement c'est quoi être socialiste et social-démocrate comme je le suis aujourd'hui par exemple et c'est ma grande différence avec les Verts et avec Yannick Jadot en particulier c'est de dire il y a cette crise écologique cette crise climatique qui doit être vraiment le sujet sur lequel on doit faire converger faire un consensus il dit la même chose faire un consensus faire un consensus de toute la population sur cette crise écologique et on fait comment et ma grande différence c'est quoi c'est que je pense que la question écologique elle est d'abord sociale elle est d'abord sociale parce que on réussira cette transition écologique qu'on est obligé de réussir on est vraiment obligé de la réussir pour les générations qui viennent on ne la réussira que si on met en place les politiques sociales qui font qu'elle ne va pas peser exclusivement sur les classes moyennes et les catégories populaires ce qui est le cas aujourd'hui et par exemple quand moi je dis sur l'augmentation du prix de l'essence il faut une mesure temporaire de baisse de la TVA à 5,5 que disent les Verts ils disent il faut augmenter le prix de l'essence et bien ça veut dire quoi ça veut dire que c'est sans Brine Rousseau ça veut dire non non je suis désolée je suis désolée c'est bien facile pour monsieur Jadot de dire que c'est jamais lui qui dit les choses et de dire qu'il y a des pas gentils ou moins gentils que lui qui disent différemment mais en l'occurrence qu'il vienne le démentir sur votre plateau s'il ne soutient pas cette position qui a été prise dans son parti par ses porte-parole donc la grande différence c'est que je considère que la question sociale elle est centrale ça veut dire quoi ça veut dire former les travailleurs ça veut dire mettre en place aussi un accompagnement territorial de cette réindustrialisation que nous devons faire ça veut dire tout cela et ça c'est très différent de ce que portent notamment aujourd'hui les Verts même si et je suis vraiment et je le dis même si le rassemblement comme j'ai pu le faire à Paris est absolument indispensable pour diriger pour transformer le pays mais pour créer du consensus et je pense que je suis plus à même de créer ce consensus par justement les mesures sociales que je propose sur la crise écologique

51:22
Présentateur

il nous reste très peu de temps mais cette semaine il y a eu une déflagration médiatique, politique et même sociale avec les révélations concernant Nicolas Hulot quelqu'un qui a été proche de vous à un moment donné qui vous a soutenu pour la mairie de Paris pour votre réélection quel est votre regard sur cette affaire ?

51:36
Anne Hidalgo

Je suis horrifiée et je veux d'abord dire aux victimes et aux femmes qui ont pris la parole qu'elles sont courageuses que je les soutiens que je suis de leur côté parce que ce qu'elles ont dit dans ces témoignages accablants va libérer la parole va permettre de sortir de cette espèce de situation terrible dans laquelle sont encore les femmes dans notre pays d'une espèce de pression permanente dans laquelle elles peuvent se retrouver dans des situations de négation de leur dignité et de ce qu'elles sont donc je le dis ici je suis vraiment extrêmement choquée de ce que j'ai entendu et je suis vraiment une femme qui considère que l'état de droit c'est ce qui doit nous guider la justice s'est saisie de ce sujet et elle avance et vous savez j'ai jamais eu la main qui tremble il m'est arrivé aussi vis-à-vis de gens proches de moi d'être celle qui déclenche le signalement a été débarqué du porte-parole à des verts pour cause de proximité avec Nicolas Hulot mais j'ai été moi-même celle qui a déclenché des signalements au parquet y compris pour des gens proches de moi lorsque j'ai eu connaissance de ces faits j'ai même été celle qui a signalé au parquet des actes commis par le nonce apostolique représentant le Vatican à Paris donc vous voyez j'ai jamais la main qui tremble sur ces sujets-là et la main à trembler

53:04
Intervenant

pour l'exécutif ou pas ? en tous les cas

53:06
Anne Hidalgo

j'ai vu une petite vidéo qui circule avec madame madame Schiappa et franchement c'est pas très glorieux

53:14
Présentateur

juste une dernière question il y a un mouvement qui s'appelle MeToo politique en ce moment est-ce que vous Anne Hidalgo femme politique depuis plusieurs années vous avez vous-même éprouvé cette question-là ?

53:24
Anne Hidalgo

bien sûr et plus d'une fois et plus d'une fois et à l'époque qu'est-ce qu'on faisait ? on se battait on essayait d'avoir de la solidarité on n'avait pas accès aux médias pour en parler parce que si on venait en parler on nous aurait dit mais de quoi elle parle et on aurait été banni de tout donc bien sûr et plus d'une fois

53:44
Présentateur

merci beaucoup Anne Hidalgo d'avoir été avec nous depuis midi en direct sur France Inter France Info avec le journal Le Monde merci Jean-Philippe Ballas merci Alexandre Gillardi pour la préparation de l'émission à la réalisation Hélène Ginestou et Ludovic Aslo merci à tous à dimanche prochain

53:58
Locuteur 3

merci à vous