Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 5 janvier 2021 25 min

Xavier Bertrand au gouvernement : "Changez tout dans votre stratégie et dites-nous la vérité"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le président de la région Hauts-de-France, ancien ministre de la Santé, invité donc du grand entretien de la matinale. Question réaction 0145 24 7000, passée autrement par les réseaux sociaux ou l'application mobile de France Inter. Xavier Bertrand, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin, on ne va pas rappeler l'ensemble des chiffres, on les a donnés. Juste rappeler la fourchette, les ordres de grandeur. La France a vacciné à la date d'hier 2000 personnes, à la même date 265 000 en Allemagne, 1 million au Royaume-Uni.

Une réunion s'est tenue hier soir autour du président de la République. Le gouvernement promet d'accélérer la cadence en simplifiant les modalités de vaccination. 300 centres de vaccination fonctionneront dans le pays la semaine prochaine. La vaccination des soignants de plus de 50 ans a été lancée hier, en avance d'un mois sur le calendrier initialement prévu. Seront aussi vaccinés, vaccinables. Les pompiers aident à domicile de plus de 50 ans, idem pour les plus de 75 ans hors EHPAD, d'ici la fin du mois de janvier. On va venir sur tous ces points en détail. Dites-nous si vous saluez ce matin cette accélération et si vous êtes rassurés.

1:26
Xavier Bertrand

Non. Nous avons la moitié de la population française qui est prête, qui veut se faire vacciner. Donc on va dire grosso modo 30 millions de Français. Quand est-ce que ces 30 millions de Français pourront être vaccinés ? La question du vaccin aujourd'hui, c'est pour moi une question de priorité nationale. Il n'y a qu'avec le vaccin qu'on pourra protéger les Français, reprendre une vie normale, vie économique, sociale, sociétale, sortir, se retrouver. Et aussi, parce que c'est un point qui est très important aussi à mes yeux, c'est que l'on puisse également montrer que l'homme et la science, on est capable de vaincre ce satané virus. Et ça, ça ne passera que par le vaccin. Et il y a urgence.

On est sous la menace d'une troisième vague. Il y a cette variante anglaise qui oblige nos amis britanniques à reconfiner massivement sur tout le Royaume-Uni. Et donc, encore une fois, la question, c'est la course de vitesse.

2:22
Présentateur

Oui, vous dites que la stratégie de vaccination de la France est une faute impardonnable d'Emmanuel Macron. Vous l'avez dit dans le Parisien ce matin. Mais, Xavier Bertrand, cette stratégie, elle est connue depuis le mois de décembre. Vous saviez, on savait qu'on allait commencer par les EHPAD, ensuite par les plus de 75 ans, puis par les plus de 65 ans, et puis par tout le monde au printemps. Je veux dire, c'est dit. Pourquoi n'avez pas dit plus tôt que c'était un problème ?

2:46
Xavier Bertrand

Si elle était bonne, le gouvernement ne l'aurait déjà pas changé deux fois en moins d'une semaine. Dès septembre, devant la commission d'enquête sénatoriale, dès septembre, j'alerte sur cette question des vaccins en disant qu'après le fiasco des masques, après le fiasco des tests, on ne peut pas se permettre de se louper sur la question du vaccin, parce que ce sera la question déterminante pour justement vaincre le Covid.

Et si je viens aujourd'hui, vous savez, je préférerais venir aujourd'hui, 5 janvier, pour faire la promotion de la vaccination, parce que moi je crois au vaccin, je suis pro-vaccin, et de dire vaccinons-nous le plus vite possible, en présentant les avantages, les bénéfices de la vaccination par rapport au risque de contamination encore et encore. Je préférerais venir pour ça. Et si je viens aussi, c'est à la fois pour dire au gouvernement, changez tout dans votre stratégie, mais surtout pour commencer...

3:36
Présentateur

Et pourquoi changer tout ? Changer quoi ?

3:37
Xavier Bertrand

Attendez, déjà la première chose, dites-nous la vérité. Je veux que le gouvernement nous dise la vérité.

3:42
Présentateur

En quoi ils ne disent pas la vérité ?

3:44
Xavier Bertrand

Combien de doses ont été commandées exactement par la France ? Parce que ce que je pense, c'est que nous sommes à nouveau face à un risque de pénurie de vaccins.

3:53
Présentateur

C'est-à-dire ?

3:54
Xavier Bertrand

C'est-à-dire ?

3:55
Présentateur

On devrait en recevoir 15 millions d'ici l'été.

3:57
Xavier Bertrand

Alors, 15 millions de doses ou de vaccins, ne jouons pas sur l'ambiguïté. Parce que la question qui se pose, quand nous avons aujourd'hui... Allez, le ministre nous indique que nous serions à quoi ? Un million de doses disponibles en France. Donc, avec un million de doses, en appliquant la règle de deux doses par personne, nous devrions être capables d'avoir 500 000 personnes vaccinées et donc protégées. On en est loin. Donc, il y a cette obligation de vérité. Dites-nous la vérité. Quand est-ce que les 30 millions de Français qui veulent se faire vacciner pourront l'être ? Ça, c'est la première des choses. Et qu'on réponde aussi à d'autres questions.

L'Europe a passé des commandes, à mon avis, tardivement. Est-ce que la France ne doit pas passer des commandes en plus de la commande européenne ? Ce que, visiblement, nos voisins allemands ont pu faire. L'Europe, oui, mais rien ne nous interdit de faire plus que l'Europe et de pouvoir passer des commandes supplémentaires.

4:48
Présentateur

Donc, c'est un raté de l'Europe, selon vous ? Oui, elle est en retard. L'Europe est en retard ?

4:52
Xavier Bertrand

Oui, il y a un retard là-dessus. Et je voudrais aussi savoir pourquoi il y a ce retard. J'ai peur que le quoi qu'il en coûte se soit arrêté aux portes de la stratégie vaccinale. C'est-à-dire ? Au niveau français et au niveau européen. Les pays qui, aujourd'hui, n'ont pas de problème de disponibilité de vaccins, sont des pays qui les ont payés au prix fort, disons les choses clairement. Les Etats-Unis, Israël. Ce sont aussi des nations qui ont fait le choix de développer leurs vaccins. Les Américains. Donald Trump, on pense ce qu'on veut de Donald Trump. Je ne suis pas fan de Donald Trump.

Mais il a reçu, il a réuni, il a convoqué les patrons de labo en disant « Maintenant, vous y mettez tous, je veux un vaccin américain. »

5:30
Présentateur

On n'a pas mis assez d'argent, c'est ça le problème ?

5:32
Xavier Bertrand

Les Russes l'ont fait aussi. Les Chinois l'ont fait également. Et le problème, c'est que nous n'avons pas de vaccin européen. Et là, je pense que l'Europe aurait dû avoir cette même ambition.

5:41
Présentateur

BioNTech, c'est un laboratoire.

5:43
Xavier Bertrand

Oui, mais ce que je veux dire, c'est qu'on a passé des commandes auprès des uns et des autres. On ne s'est pas donné les moyens d'avoir notre vaccin à nous. C'est ça le véritable sujet. Et c'est ça ce reproche que je fais aujourd'hui à l'Europe.

5:54
Présentateur

Emmanuel Macron semble dire lui-même, Xavier Bertrand, que la lenteur de cette campagne au démarrage, campagne de vaccination, est injustifiée. Il aurait exprimé sa colère. Vous dites qu'il faut tout changer. D'où vient, selon vous, le problème ? Quand on essaye de le prendre à la racine, c'est la décision politique qui est en cause ? La lourdeur bureaucratique ? La logistique ? La frilosité générale ? D'où vient le problème ? C'est quoi ?

6:21
Xavier Bertrand

Déjà sur la frilosité générale. Excusez-moi, les Français ne sont pour rien dans le retard que l'on connaît aujourd'hui. Pour rien du tout. Les Français, depuis maintenant quasiment un an, ils font preuve d'une résilience extraordinaire. extraordinaire, en respectant les consignes, en ayant accepté le confinement, de ne plus voir les amis, de ne plus connaître l'art de vivre à la française, la culture, l'événementiel, nos cafés, nos restaurants.

6:45
Présentateur

D'accord, mais ils sont un sur deux à dire qu'ils ne voulaient pas se faire vacciner ou qu'ils étaient sceptiques. Est-ce que ce n'est pas ça ? Est-ce que ce n'est pas la terreur des anti-vaccins qui a joué sur le gouvernement ?

6:54
Xavier Bertrand

Eh bien justement, vous avez raison. C'est l'erreur du gouvernement. C'est l'erreur du président de la République que d'avoir voulu encore une fois nous imposer ce en même temps. Nous ne nous sommes pas assez appuyés sur ceux qui sont prêts à se faire vacciner. Il s'agit de respecter l'avis des autres. Dès le début, j'ai indiqué que la vaccination ne devait pas avoir ce caractère obligatoire. D'accord, mais il ne faut pas oublier que 50% des Français prêts à se faire vacciner, c'est un atout extraordinaire. Et c'est sur eux qu'il fallait s'appuyer.

Comme il faut aussi, dès maintenant, je pensais que ça avait été lancé auparavant, imaginer des campagnes de communication, de promotion, en disant les bénéfices risques du vaccin, en jouant la pédagogie la plus totale, la plus transparente possible, et puis aussi d'indiquer le bénéfice du vaccin et le risque que nous pouvons connaître si les Français ne sont pas vaccinés. Je le redis, les retards sur la vaccination, ce sont des Français moins protégés. C'est aussi une vie économique, sociale, sociétale qui ne reprendra pas ses droits, alors que nous avons de nouveaux dangers qui planent au-dessus de nos têtes.

Je l'ai dit, le risque d'une troisième vague et le risque également de cette nouvelle souche anglaise qui est plus contagieuse. Mais vous avez aussi, je n'ai pas répondu complètement à votre question, je m'en excuse. C'est cette question du en même temps. On ne peut pas en même temps chercher à faire plaisir aux anti-vaccins et à ceux qui sont pro-vaccins. Un responsable public politique doit prendre ses responsabilités. Et encore une fois, j'ai ce désagréable sentiment qu'il y a une pénurie de vaccins, un manque de commandes, et qu'on est en train, encore une fois, d'avoir une doctrine qui est fixée par la pénurie. Il faut dire la vérité. Et jouer la transparence la plus complète.

8:30
Présentateur

Faut-il dès lors, Xavier Bertrand, ne vacciner qu'en une seule dose, comme le font les Anglais ?

8:36
Xavier Bertrand

Ce qui a été retenu pour le vaccin, notamment de Pfizer, c'est deux doses. Or, la question qui se pose, et pour tourner ça dans tous les sens, est-ce qu'on a le nombre de doses suffisantes pour vacciner déjà la moitié de la population ? Pour l'instant, non, Xavier Bertrand,

8:49
Présentateur

on va l'avoir à terme, mais aucun des pays ne l'a. Ce que je veux dire, c'est qu'aucun pays n'a aujourd'hui 15 millions de doses.

8:54
Xavier Bertrand

N'attendez pas ce terme. N'attendez pas ce terme. Passez des commandes supplémentaires, en dehors de l'Europe. Ça va être fait,

8:59
Présentateur

dit Olivier Bertrand ce matin.

9:00
Xavier Bertrand

Quoi qu'il en coûte.

9:01
Présentateur

Olivier Bertrand dit, on va accélérer les commandes.

9:03
Xavier Bertrand

Deuxièmement, alors de combien ? Et quand est-ce qu'on aura les doses suffisantes pour vacciner les publics prioritaires, d'accord, mais ensuite, la très grande partie de la population qui le souhaite ? Deuxièmement, nous avons aussi un vaccin français, Sanofi. Il faut accélérer les procédures de façon à ce qu'il n'y ait pas un nouvel étau administratif qui vienne justement empêcher la sortie de ce vaccin dans les prochains mois. Il y a des études de phase 2, de phase 3. Il ne s'agit pas de le faire n'importe comment, mais il s'agit tout simplement de voir que nos process administratifs doivent être raccourcis pour que nous puissions avoir en plus ce vaccin français.

9:34
Présentateur

Comment expliquez-vous que Sanofi soit ainsi en retard ? Le vaccin ne sera pas disponible avant la fin de l'année 2021. Pourquoi est-ce que le pays de Pasteur n'est pas capable de fournir, de produire un vaccin ?

9:44
Xavier Bertrand

Parce que je pense que nous ne sommes pas capables aujourd'hui de dire comme aux Etats-Unis, on veut un vaccin, nous, le gouvernement, on met de l'argent sur la table, que ça marche ou que ça ne marche pas, vous avez l'argent pour investir et pour vous lancer dans ces travaux-là. On n'est pas capables aujourd'hui de prendre ce risque qui est un risque politique, qui est un risque financier, mais quand il en va de la santé des gens, j'estime que l'on doit prendre ce risque.

10:08
Présentateur

C'est un problème d'argent, c'est ça ?

10:09
Xavier Bertrand

Non, je pense que c'est un problème de philosophie. On est à une époque...

10:12
Présentateur

C'est aussi un problème d'argent.

10:13
Xavier Bertrand

Non, il y a le risque sanitaire, il y a aussi le risque judiciaire, le risque politique, mais quand vous êtes un responsable politique, vous assumez vos responsabilités, ensuite, il y aura le jugement des Français, mais vous agissez en conscience. Ils ne le font pas, c'est ce que vous dites ? Ils ne le font pas ? Ils n'assument pas ? Non, je pense qu'il y a au-dessus des têtes une forme de risque judiciaire, de risque politique, mais ce n'est pas l'enjeu. Ce n'est pas l'enjeu quand on parle de la santé des Français et qu'on traverse une épreuve comme rarement on a connue au travers de l'histoire de l'humanité,

10:43
Présentateur

Xavier Bertrand, pour lutter contre, on en a dit un mot, le scepticisme des anti-vaccins pour que la confiance règne ou pour au moins aider à ce que la confiance règne, le gouvernement va installer un collectif de 35 Français, citoyens tirés au sort, ils seront associés à la campagne de vaccination. Que pensez-vous d'un dispositif de ce genre ? Est-ce qu'il a une vertu ?

11:05
Xavier Bertrand

On avait vraiment besoin de ça ? Je pense sincèrement...

11:09
Présentateur

Pour convaincre les sceptiques, Xavier Bertrand. Il y a trois semaines, la question, c'était le scepticisme.

11:14
Xavier Bertrand

Mais non, le scepticisme d'une partie de la population, il fallait s'appuyer encore une fois sur ceux... 50% c'est pas minoritaire. Et les autres alors ? Et les autres ? Ceux qui sont prêts à se faire vacciner, il ne faut pas en tenir compte ? Bien évidemment. Je vais jusqu'au bout. Après vous avez un autre risque avec cette consultation, ce tirage au sort de 35 personnes. Regardez bien, on est en train d'affaiblir notre démocratie parlementaire comme jamais ça n'a été le cas. A force de faire des systèmes de tirage au sort qui peuvent avoir des vertus, mais peut-être sur des espaces géographiques, dans des communes, ça peut être plus pertinent.

Mais là, il y a une représentation, c'est le Parlement. Il y a des pros et des anti-vaccins au Parlement. Il y a une majorité et une opposition. En contournant la démocratie parlementaire, on l'affaiblit. Et tout c'est juste un baromètre ou un thermomètre citoyen ? En quoi ça contourne ? On a aujourd'hui une pratique politique démocratique qui a besoin de transparence et de respect. Quand on invite aujourd'hui les formations politiques à Matignon, c'est pour leur demander leur position, mais on ne joue pas carte sur table. Et encore une fois, au Parlement, ce n'est pas seulement des discours qui s'entrechoquent qui est important, c'est l'audition, notamment des ministres.

Que ce soit à l'Assemblée, c'est ce que Damien Abad a demandé, que ce soit au Sénat également, il faut répondre des différents actes. Mais après, il y a une autre question qui est très importante. C'est la question de la disponibilité des vaccins, c'est vrai. Mais comment, une fois qu'on a les vaccins, comment on va plus vite pour vacciner et comment on vaccine un maximum de monde ?

12:38
Présentateur

300 centres de vaccination mis en place dès la semaine prochaine.

12:41
Xavier Bertrand

Mais encore une fois, il ne faut pas qu'il y ait des taux administratifs. Ce qui est très important, et si je suis là ce matin, c'est parce que je veux qu'elle réussisse cette campagne vaccinale. Je veux qu'il change le dispositif pour que l'on soit plus efficace. Alors, il faut faire quoi

12:51
Présentateur

la semaine prochaine ?

12:52
Xavier Bertrand

La première chose, déjà, c'est qu'il faut qu'il y ait beaucoup plus de lieux pour vacciner. Et 300, c'est même en deçà de ce qu'il faudrait. Les présidents de région, des maires, David Lysnard Rakan, d'autres présidents de région, moi-même, nous sommes prêts à ouvrir des lieux. Cela fait des semaines que je dis aux responsables du ministère de la Santé dans ma région, dites-nous comment on peut prêter main forte d'ouvrir justement des centres. Si l'on nous met les doses à disposition, nous sommes capables d'organiser la logistique, pas tout seul dans notre coin, avec l'État, avec les professionnels de santé. Deuxièmement, il faut qu'il y ait plus de vaccinateurs.

Et je pense que nous avons aujourd'hui tout un réseau, en plus des médecins qui font ce travail formidable depuis des mois et des mois, ce sont les pharmaciens, les pharmaciens d'officine. Ils sont capables de se mobiliser, ils sont prêts à le faire, ils ont l'expérience de la vaccination et en termes de logistique, alors là, je vais vous dire, eux, ça faire. Il y a aussi, bien évidemment, si c'est une mobilisation générale, vous avez des étudiants qui peuvent être formés, vous avez les infirmiers bien sûr, parce que vous comprenez qu'avec le nombre de doses suffisantes, vous ne devez pas avoir derrière de nouveaux goulets d'étranglement.

Il faut vacciner le plus de monde le plus rapidement possible.

14:00
Présentateur

Et Alain Ostandard a d'autres idées sur la même question. Bonjour et bienvenue.

14:05
Auditeur

Bonjour monsieur, bonjour monsieur Xavier Bertrand. Bonjour monsieur. En tant que président de région de France, j'ai bien entendu que vous allez demander et insister à mettre des centres de vaccination sur place. et l'année dernière à Strasbourg, on a mis des hôpitaux de campagne militaire. Et pourquoi on ne réédite pas cette idée de mettre l'armée pour nous soutenir ? Parce que, voilà, c'est quelque chose qui peut nous servir. Ils sont un corps de métier, un corps de santé. On va chercher les pharmaciens. D'après monsieur, ce que j'ai entendu, une dose de vaccin sert à piquer 5 personnes. Mais dans les pharmacies, ça va engorger. Chez les médecins, ça va engorger.

14:45
Présentateur

Donc recourir à l'armée. Merci Alain, Xavier Bertrand pour répondre.

14:50
Xavier Bertrand

Je suis d'accord avec Alain. C'est ce que je propose ce matin dans Le Parisien. On a toute une logistique avec les militaires qui savent faire. On a le service de santé des armées. On s'était beaucoup appuyé sur eux pour préparer justement H5N1 avant H1N1. Il y a tout un savoir-faire français. Mais vous savez, dans ce que dit Alain, c'est un autre vrai. Mais regardez, votre auditeur vous dit tout de suite que c'est la question de la logistique et de l'intendance. Sauf que l'intendance, il y a toujours un grand principe français, l'intendance suivra. Non, l'intendance doit primer. Ces questions pratiques, concrètes de terrain, c'est ce qu'il y a de plus important.

On a vu sur les masques aussi, au-delà du mensonge, un mensonge d'État sur la disponibilité des masques, ça a été derrière toute la question pratique et logistique. Et vous savez, sur la question pratique et logistique, il faut faire confiance au terrain. J'aurais voulu donner un exemple. La question du Brexit, chez moi. La question du Brexit a été importante pour anticiper le Brexit. Nous avons travaillé avec l'État, mais l'État en région. Le préfet de région, Michel Lalande. On a regardé, encore une fois, dans une logique d'anticipation, toutes les questions concrètes et logistiques. Les douanes ont fait un travail remarquable.

Eh bien, depuis le 1er janvier, même s'il y a un accord qui a facilité les choses, il y a une fluidité. Ce qui montre bien que quand on veut, on peut. Il faut juste sortir de la logique centralisatrice, bureaucratique de Paris. Et encore une fois, ce n'est pas sans l'État. C'est avec un vrai partenariat qu'on nous laisse faire. Jacques Ostandard,

16:10
Auditeur

bienvenue, bonjour. Oui, bonjour. On vous écoute. Oui, bonjour, M. Bertrand. Voilà, moi, j'ai juste une simple question. Vous tapez sur le gouvernement, etc. Moi, j'aimerais bien connaître votre mea culpa sur le fait de ne pas avoir commandé, suite à Mme Bachelot, le nombre de masques nécessaires qui a entraîné automatiquement cette, je veux dire, ce manque de... où on est toujours en retard de quelque chose. Voilà, c'est pourquoi ma question. Merci,

16:41
Présentateur

merci Jacques.

16:42
Auditeur

Et on ajoute deux interpellations

16:45
Présentateur

sur l'application. Fabrice, merci de rappeler à Xavier Bertrand qu'il a été ministre de la Santé et que c'est aussi sous son autorité que la situation dans les hôpitaux a continué à se dégrader. Un peu de tenue, M. Bertrand, vous dit Fabrice, même chose, M. Cohen, pouvez-vous rappeler à Xavier Bertrand qu'il a contribué à la destruction du système de soins fermant des hôpitaux et à la pénurie de masques quand il était ministre de la Santé ?

17:03
Xavier Bertrand

Xavier Bertrand, alors je voudrais dire à ces trois personnes, quand j'ai quitté mes fonctions de ministre de la Santé en 2012, ce n'est pas moi seulement qui le dit, les rapports parlementaires en font foi, il y avait 1,4 milliard de masques en stock. 1,4 milliard de masques en stock. Donc il n'y avait pas de pénurie. Et si je peux me permettre, quand j'ai eu à préparer sous l'autorité de Jacques Chirac le plan français contre les risques pandémiques, nous n'avons pas manqué d'un seul masque au moment de la grippe H1N1.

17:35
Présentateur

Donc pas de méa culpa de votre part ?

17:36
Xavier Bertrand

Non, mais attendez, moi si je fais des erreurs, je sais les reconnaître. Je sais les reconnaître. Sur l'hôpital ? Et je voudrais dire sur l'hôpital que quand j'étais ministre de la Santé également, non seulement je n'ai jamais voulu appliquer la règle du non-remplacement d'une personne sur deux partant la retraite parce qu'on a besoin de soignants et que d'autre part les budgets hospitaliers ont progressé.

Donc vous savez, j'ai certainement fait des erreurs dans mes fonctions politiques, ça c'est vrai, je suis le premier à reconnaître, tiens par exemple le dossier médical personnel, on avait été plus ambitieux et la réalité n'a pas été à la hauteur, ça je sais le dire, je sais le faire, mais pour la question des masques, vous me permettez grâce à ces auditeurs de rappeler que quand je quittais mes fonctions il y avait 1,4 milliard de masques et on en était très loin quand justement le Covid est arrivé.

18:17
Présentateur

Xavier Bertrand, en parallèle, l'épidémie reste très forte en France, 380 morts hier, 25 000 hospitalisations Covid, 13 000 cas supplémentaires, c'est la moyenne des 7 derniers jours. Dans ces circonstances, le gouvernement estime que la réouverture des lieux culturels le 7 janvier c'est non et que très probablement la réouverture des restaurants le 20 janvier également ce sera non. Est-ce que vous comprenez que ces lieux restent fermés au vu de ces chiffres ?

18:39
Xavier Bertrand

Je le comprendrais beaucoup plus facilement le jour où nous aurons communication, donc une transparence sur les éléments scientifiques dont disposent le président de la République et le ministre de la Santé dans ces conseils de défense. Parce que la question est là. On a le sentiment qu'il y a un deux poids deux mesures. Prenez notamment les établissements culturels. Vous êtes dans un théâtre, vous êtes dans un théâtre, vous êtes séparés, un grand théâtre, vous êtes donc espacés, vous ne l'êtes pas dans un train. Alors on va me dire oui mais le système de recyclage de l'air... Non, on va vous dire

19:09
Présentateur

c'est le brassage de la population au moment où ça rentre et ça sort du théâtre qu'on risque d'être contaminé.

19:13
Xavier Bertrand

Et comment ça se passe sur un quai de gare ? Comment ça se passe pour rentrer dans le métro ? Donc il faut rouvrir, pardonnez-moi, il faut rouvrir

19:19
Présentateur

les théâtres et les cinémas ou il suffit de...

19:21
Xavier Bertrand

Je sais d'expérience, quand vous avez des décisions à prendre, vous avez des informations que le grand public n'a pas. Une fois que ces décisions sont prises, qu'on nous donne communication, prenez la question des cafés et des restaurants. Ils sont fermés et on nous dit qu'ils vont rester fermés. Pourquoi mes cantines dans les lycées sont ouvertes ? Pourquoi les cantines des restaurants d'entreprise sont ouvertes ?

19:40
Présentateur

Donc quoi ? Il faut rouvrir les restaurants parce que vous allez au bout ? Soit vous dites... Ça veut dire qu'on va avoir la responsabilité de rouvrir les restaurants ?

19:46
Xavier Bertrand

Non, je viens de vous le dire. Si on nous donne les éléments scientifiques qui montrent qu'il n'est pas possible de rouvrir parce qu'il y a un risque, je suis prêt à l'entendre et à l'accepter. Mais la deuxième chose, je ne peux pas accepter comme beaucoup de Français ce deux poids deux mesures. C'est ça le sentiment.

20:00
Présentateur

Colette au standard d'Inter. Bonjour, bienvenue.

20:04
Auditeur

Bonjour, bonjour M. Bertrand.

20:06
Xavier Bertrand

Bonjour Madame.

20:06
Auditeur

Moi j'ai toujours voté à gauche mais je suis prête à voter pour vous parce qu'en fait, pour moi, vous incarnez l'humain. On a besoin de vous. Est-ce que vous pensez à vous présenter ? Est-ce que vous pensez à changer d'avis et à enfin vous présenter en 2022, s'il vous plaît ? Merci Colette pour cette question. Il ne va pas changer d'avis

20:23
Présentateur

parce que l'avis l'a dit. Jamais Bertrand vous répond.

20:28
Xavier Bertrand

Mais je n'ai pas l'intention de répondre à Colette aujourd'hui. Chacun connaît la détermination qui est la mienne. Mais je pense qu'auparavant, j'ai à gérer, notamment et à protéger les gens de ma région. Ça, c'est la première des choses. Je reviendrai, si vous le voulez, quand le moment sera venu. Mais j'ai décidé que le moment n'était pas venu. Merci à Colette.

20:48
Présentateur

Les régionales auront lieu en juin prochain. Vous êtes bien candidat dans les Hauts-de-Seine ?

20:52
Xavier Bertrand

Dans les Hauts-de-Seine, non. Non, pardon. Mais dans les Hauts-de-France, oui. Oui, oui, oui.

20:54
Présentateur

Vous êtes bien candidat ?

21:00
Xavier Bertrand

Oui.

21:01
Présentateur

Pourquoi élire Xavier Bertrand qui sera six mois après candidat à l'élection présidentielle ? Quel est l'intérêt pour la région des Hauts-de-France de voter pour vous alors que vous partirez en campagne quelques jours plus tard ?

21:11
Xavier Bertrand

J'ai entendu la même chose, voilà, plus de cinq ans et demi. J'étais candidat à la primaire et j'ai décidé de ne pas concourir à la primaire après mon élection. On a dit exactement la même chose de Mme Le Pen qui était candidate à la présidentielle et les électeurs ont placé au second tour ceux qu'ils pensaient être capables de diriger la région et je le dis aussi, c'est parce que la gauche dans un élan citoyen, civique, s'est retirée et a voté pour moi que j'ai été élu. Et ça, je ne l'oublie pas non plus.

Je suis un homme de droite, d'une droite sociale, d'une droite humaniste, c'est vrai, mais j'ai conscience également qu'aujourd'hui, on doit aussi faire une politique qui cherche à rassembler et à réconcilier, pas dans les mots, mais aussi dans les actes. Et si vous me permettez, quand je viens ce matin chez vous, quand je parle de mobilisation générale, j'aimerais qu'il y ait une unité nationale. Mais pour qu'il y ait une unité nationale, il faut qu'on en arrête aussi avec l'hypocrisie, notamment du coup de colère. Qu'on en arrête également avec « nous avons fait les seuls choix qui s'imposaient, il n'y a pas le choix, suivez-nous ». Non, on est dans une démocratie.

Une opposition a le devoir de se faire entendre. Et regardez bien...

22:14
Présentateur

Parce que l'unité nationale, vous en êtes loin ce matin.

22:16
Xavier Bertrand

Ah mais attendez, je ne demande que cela, si demain ça change. si demain on a les doses nécessaires, si demain on a l'organisation qui s'appuie sur tout le monde, mais vous pensez bien que je ne vais pas rester de mon côté. Je vais y participer. On a besoin de réussir cette mobilisation collective. On a besoin de réussir la vaccination des Français. C'est aussi pour ça que je suis là aujourd'hui.

22:36
Présentateur

« Vaccination et économie », question de Dominique au Standard. Bonjour, bienvenue. Bonjour, France Inter.

22:42
Auditeur

Bonjour, M. Xavier Bertrand. Bonjour, monsieur. Après la séance de vaccination, pensez-vous qu'on pourra relancer l'économie, l'économie française, et savoir, en même temps, que pensez-vous de la dette qui est colossale, qui va peut-être, certainement, plomber les jeunes générations ?

23:00
Xavier Bertrand

Merci, Dominique, pour cette question. Réponse de Xavier Bertrand. Plusieurs choses. On veut relancer l'économie, alors il faut sortir du Covid. Et pour sortir du Covid, encore une fois, la vaccination, l'importance de la vaccination, que je place comme la priorité nationale. La deuxième chose, c'est qu'on a besoin, aujourd'hui, de savoir comment va être redéfini, réorienté le plan de relance et réabonder pour relancer notre économie. Et le plus tôt sera le mieux.

23:26
Présentateur

Il faut mettre encore plus d'argent ?

23:27
Xavier Bertrand

Le plan de relance, tel qu'il a été conçu, voilà quelques mois, excusez-moi, il est aujourd'hui déjà dépassé. Il faut favoriser ceux qui ont des projets et puis surtout être aux côtés de ceux qui ont des problèmes. On a parlé des jeunes, les fins de contrat, les intérimaires, les indépendants. Les indépendants, aujourd'hui, la décision notamment qui visiblement sera prise de prolonger la fermeture des cafés et des restaurants, il ne faut pas se dire oui, mais ce n'est pas grave, ils vont fermer, certains mettront la clé sous la porte, ils réouvriront. Et les entrepreneurs qui eux-mêmes se sont engagés personnellement, ils vont se retrouver quoi ? En quasi-faillite ?

Non, ce n'est pas possible. Près garantie par l'État. Non, non, non, c'est autre chose.

24:05
Présentateur

Chômage partiel, on ne va pas refaire tout ce qui a été mis sur la table.

24:07
Xavier Bertrand

Je vous parle des indépendants, je vous parle des artisans, les commerçants. Celui qui a investi dans son commerce, le commerce ne pourra pas réouvrir. Et lui, il fait quoi ? Il garde les dettes qu'il a contractées. Vous ne pouvez pas laisser les gens sombrer. Et donc, vous devez à la fois être prêt à accompagner ceux qui ont des projets, mais être là aussi pour ceux qui ont des problèmes. Et ça, ce n'est pas une question de macroéconomie. Il faut se placer à la hauteur des gens. Et il y en a aussi aujourd'hui beaucoup qui s'ouvrent. Vous savez, quand vous êtes à 84% de revenus avec le chômage partiel, ça fait 16% en moins.

Ça fait 16% en moins, c'est-à-dire que quelqu'un qui a 2000 euros par mois, ça fait un peu plus de 300 euros de moins qui rentre tous les mois. Cette crise, elle est très inégalitaire. Des gens ont la capacité d'épargner, tant mieux, mais d'autres vivent avec beaucoup plus de difficultés. Et ils sont des millions et des millions. Et sur la question de la dette, il faudra la rembourser, cette dette. Je pense qu'il faudra l'isoler, cette dette Covid. Mais de toute façon, on ne peut pas faire les hypocrites et dire nos enfants, nos petits-enfants, ce sera leur problème. Ça sera à nous de dire comment nous entendons justement régler la question de cette dette Covid.

25:08
Présentateur

Monsieur le Président de la région Hauts-de-France, merci, merci Xavier Bertrand d'avoir été au micro d'Inter ce matin.