Budget santé : "Il n'y a pas de dérapage" sur les dépenses de médicaments, affirme le syndicat des entreprises pharmaceutiques
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:32OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça va inciter les fabricants de médicaments à baisser leur prix ?
- 2:58RelanceÉludée
Est-ce que vous avez une explication depuis ces quatre jours ?
- 5:37OuverteRéponse directe
qu'est-ce que vous préconisez, vous, les industriels du médicament, pour faire baisser la dépense de médicaments en France ?
- 6:33OuverteRéponse partielle
Mais pour l'instant, quand même, ce qui est sur la table, c'est un taux de remboursement de 5%.
- 6:43OuverteÉludée
Mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Est-ce que ça veut dire que le prix du médicament va baisser ? Est-ce que c'est vous qui allez baisser le prix du médicament ? Est-ce que c'est à la mutuelle de le prendre en charge ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43InvitéFait
« Nous sommes extrêmement préoccupés. »
- 2:16InvitéFait
« On ne le constate absolument pas. »
- 3:48InvitéPromesse
« Il y aura aussi une augmentation de la taxe spécifique de la pharmacie et qui va peser très lourdement. »
- 5:10InvitéFait
« Les Français ont besoin d'avoir accès à leur traitement. »
Temps de parole
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France Info Bonsoir, je suis ce soir avec Laurence Perrault, vous êtes la directrice générale du LEM, bonsoir.
Bonsoir.
Le LEM, organisation professionnelle du médicament en France. La ministre de la Santé, Geneviève Dariussec, annonce que les médicaments seront moins remboursés l'an prochain par la Sécurité sociale. Le taux de remboursement sera abaissé de 5% pour faire des économies. Une annonce qui a été faite alors que le budget de la Sécu commence tout juste à être examiné par le Sénat. Est-ce que ça va inciter les fabricants de médicaments à baisser leur prix ?
Alors merci de m'interroger sur ce budget de la Sécurité sociale et donc notre budget en réalité pour le traitement des patients en France. Je ne vous cache pas qu'à l'heure où on se parle, nous sommes extrêmement préoccupés. C'est-à-dire ? En réalité, on est préoccupés par une annonce récente, il y a moins de 4 jours. On nous annonce qu'il y aurait un dérapage qui conduirait à prendre des mesures, dont celles que vous mentionnez, sur le médicament.
Effectivement, la ministre de la Santé justifie les annonces en disant qu'il y a eu un dérapage de l'ordre d'un milliard d'eux. Et effectivement, elle vous rend responsable de ce trou parce que, selon le ministère de la Santé, vous n'avez pas effectué de remise, sorte de ristourne accordé à l'État, ce que vous donc vous contestez.
Alors, deux choses. Un, il y a 4 jours, on apprend qu'il y a un dérapage 1 milliard d'eux. C'est un énorme dérapage que nous ne reconnaissons absolument pas dans les chiffres que nous mesurons chaque mois avec nos entreprises. Première chose.
Vous ne l'avez pas vu ce dérapage ?
On ne l'a pas vu et on ne le voit pas. Nous discutons chaque jour avec nos entreprises pour regarder au plus près des provisions que nous faisons. Nous ne le constatons pas ce soir au moment où je vous parle.
Donc déjà, vous êtes étonné par le chiffre annoncé par le ministère de la Santé.
Absolument. Comment un chiffre d'un milliard d'eux peut sortir à ce moment-là de l'année ?
À ce moment-là parce qu'on a l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale devant le Sénat.
Vous avez raison. Mais c'est pour ça que, comme nous sommes une économie régulée, nous discutons chaque mois avec l'administration. Nous les avons rencontrés en juillet, en septembre, en octobre. Il n'y avait aucun dérapage, voire même, il y avait même une maîtrise sur le budget du médicament.
Donc ce que vous dites, c'est qu'il n'y a pas de dérapage concernant les dépenses de médicaments en France.
On ne le constate absolument pas. Nous avons réussi, après avoir réclamé tout le week-end, d'avoir les chiffres hier. Ces chiffres qui nous ont été annoncés, vous le mentionniez, sur des baisses de remise, des écarts de remise, voire des écarts de prévision pure.
Alors, pour que l'auditeur comprenne bien, effectivement, c'est un petit peu complexe. Mais en gros, le secteur du médicament doit accorder des ristournes, des remises à l'État. Et donc, c'est ce manque à gagner que l'État estime à 1,2 milliard aujourd'hui. Des remises que vous n'auriez pas effectuées.
Mais si on ne fait pas de remise, ça veut dire qu'il n'y a pas de croissance de la dépense, puisqu'elles sont liées, ces remises, à de la dépense. Donc, il n'y a pas de dérapage. Donc, on ne comprend pas, en fait, ce qui se passe.
Est-ce que vous avez une explication depuis ces quatre jours ?
Nous n'avons toujours pas d'explication. Les explications qui nous ont été données hier sont très incertaines. D'ailleurs, sur l'ensemble des explications, il y avait marqué niveau d'incertitude. Donc, finalement, ce que l'on demande, c'est qu'il y a urgence à regarder ces chiffres et en responsabilité de les comprendre avec l'administration.
Est-ce que vous voyez un dérapage de votre côté ? S'il n'est pas d'un milliard d'eux, il serait de combien, Laurence ?
Il n'y a pas de dérapage au moment où nous nous parlons. Des dépenses de médicaments. Il n'y a pas de dérapage, l'affirme ce soir, sur ce que nous constatons avec nos entreprises. Ce que l'on demande au gouvernement au moment où l'on se parle, c'est de se poser, car au moment où nous discutons, il y a le Sénat à qui on va produire un texte sur lequel il va voter.
Et auquel on demande de faire un texte dans lequel est prévu un taux de remboursement abaissé de 5%.
Notamment parce qu'il y a ce taux de baisse de remboursement qui va peser sur les Français, mais il y aura aussi une augmentation de la taxe spécifique de la pharmacie et qui va peser très lourdement.
Alors oui, effectivement, parce qu'il y a une taxe qui est prévue sur votre secteur qui s'appelle une clause de sauvegarde.
La fameuse clause de sauvegarde.
Et alors, de ce que j'ai lu, vous allez me dire si c'est vrai, c'est que vous aviez obtenu un plafonnement de cette taxe à 1,6 milliard. C'est ce que vous avez payé l'an dernier, enfin cette année, en 2023. Et vous dites, c'est déjà énorme, on ne devrait pas aller au-delà. Qu'en est-il aujourd'hui concrètement ? Et pour que tout le monde comprenne.
Alors concrètement, les entreprises payent des taxes, la taxation générale et la pharma a une taxe supplémentaire qui est aujourd'hui à 1,6 milliard. Il faut que vos auditeurs comprennent que cette taxe est la taxe la plus importante en Europe. On a un effet ciseau, les prix les plus bas d'Europe et la taxe la plus haute d'Europe. Donc, nous avions eu des engagements des trois derniers ministres concernés pour plafonner cette taxe à 1,6 milliard. Mais mieux, nous avions un engagement de notre ancienne première ministre à faire baisser cette clause de Soga, Elisabeth Borne, un rapport interministériel. Ce n'est pas uniquement nous, les entreprises du médicament, qui avons posé ce constat.
Il faut refonder cette politique du médicament. Pourquoi ? Parce que les Français ont besoin d'avoir accès à leur traitement.
Mais ce que ça veut dire, Laurence Perrault, c'est qu'aujourd'hui, vous pensez que vous allez payer une taxe encore plus importante ? C'est 1,6 milliard ?
S'il y a ce dérapage dit constaté que nous ne constatons pas, alors il va y avoir des mesures pour pénaliser encore plus les entreprises. Et là, on le conteste, parce que nous ne voyons pas ce dérapage.
Mais si, dérapage, il y a, même s'il est moins important que ce milliard 2, qu'est-ce que vous préconisez, vous, les industriels du médicament, pour faire baisser la dépense de médicaments en France ?
Alors ça, c'est un très bon point. Et d'ailleurs, depuis plusieurs mois, nous avons sur la table de négociation des mesures d'économie. Et d'ailleurs, nous avons déjà anticipé, puisque nous avons lancé il y a quelques mois maintenant, une grande campagne à destination des Français pour réduire la consommation de médicaments. Cette campagne qui s'appelle « Réduisons le volume », notamment pour les personnes âgées.
Alors ça passe par quoi ? Ça passe par moins de prescriptions ?
C'est moins de prescriptions, moins de consommation. Si je vous prends un exemple, sur les personnes âgées de plus de 65 ans, elles consomment plus de 9 médicaments par jour. On sait qu'au-delà de 5, il peut y avoir des effets délétères. Donc nous encourageons les Français d'aller revoir leurs médecins, leurs professionnels de santé, et nous encourageons également les médecins à moins prescrire. Pour cela même, on a fait ce qu'on appelle un logiciel d'aide à la prescription.
Donc ça, ça pourrait faire baisser les dépenses de médicaments. Mais pour l'instant, quand même, ce qui est sur la table, c'est un taux de remboursement de 5%. Voilà, taux de remboursement a baissé de 5%, qui n'a pas été négocié. Mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Est-ce que ça veut dire que le prix du médicament va baisser ? Est-ce que c'est vous qui allez baisser le prix du médicament ? Est-ce que c'est à la mutuelle de le prendre en charge ?
Qu'est-ce qui va se passer concrètement ? Ce qui va se passer, c'est sorti hier, sorti de façon non négociée. Déjà, le président de la mutualité française s'en est ému. Nous, ce que l'on dit, c'est qu'il faut absolument travailler en co-construction avec les acteurs qui sont concernés. On ne peut pas apprendre. Nous, par la presse, la semaine dernière, hier, par la presse à nouveau, ou au banc, qu'on va faire des mesures d'économie sur les Français.
Sauf si vous baissez le prix du médicament.
Sauf si l'on baisse le prix du médicament, qui est aujourd'hui, les prix en France sont les prix les moins chers en Europe. Ils sont déjà extrêmement bas. Fiscalité la plus haute, les prix les plus bas. Nous devons sécuriser deux choses essentielles. L'innovation et l'attractivité de la France pour l'innovation. Et nous devons aussi se battre pour la relocalisation, la production en Europe et en France.
Parce qu'aujourd'hui, vous dites que si l'industrie du médicament est davantage taxée, ça peut inciter les fabricants de médicaments à quitter la France. On a vu que Doliprane était vendu à un fonds d'investissement américain. Ça ne veut pas dire que la production de Doliprane demain va partir. Mais vous dites, le signal est mauvais aujourd'hui.
Il faut un signal qui donne envie à toutes les entreprises du monde entier à choisir la France. C'est pour ça qu'on a d'ailleurs un très joli événement, où les entreprises s'engagent, on a besoin d'une Europe, une souveraineté au niveau européen pour qu'elle attire des capitaux, pour que ces capitaux soient au service de l'innovation et de la production pour que les Français aient accès à leur traitement. C'est notre obsession tous les jours.
Et donc, si je comprends bien ce que vous dites, Laurence Perrault, ce que vous voulez, c'est que les sénateurs ne votent pas ce taux de remboursement abaissé de 5% sur les médicaments, notamment. Merci beaucoup. Vous êtes la directrice générale du LEM Industrie du Médicament en France, invitée éco de France Info ce soir. Merci madame.