Fonds de solidarité, publicité pour les véhicules polluants, rachat de Suez... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Le Maire
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Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Marc Fauvel. Il y a un mois vous présentiez un plan de relance à 100 milliards d'euros pour réveiller l'économie française. Est-ce que la reprise est là aujourd'hui ou est-ce qu'elle est encore plombée par la crise sanitaire ?
Non, la reprise est là. Il n'y a pas de crise sanitaire qui plombe. Ça plombe le moral, ça oui, on est tous affectés par cette crise sanitaire. Mais l'économie a bien redémarré en juillet, en août. La consommation a été importante. Vous avez des secteurs qui redémarrent très bien. Je pense aux bâtiments, je pense aux travaux publics, je pense à l'industrie agroalimentaire. Donc oui, la reprise est là. Et le plan de relance vise à accélérer cette reprise et à faire en sorte que nous sortions d'ici 2022 avec le même niveau de croissance que celui que nous avions avant la crise. Donc je ne veux pas que les discours pessimistes, obscurs, l'emportent sur la réalité de l'économie française.
Elles redressent la tête. Nous sommes dans la bonne direction et nous tiendrons notre engagement à retrouver en 2022 le même niveau de croissance qu'en 2019.
On tourne à plein régime en ce moment où on est à quoi ? 80-90% ?
Il y a des secteurs qui sont très durement touchés, évidemment. Je pense à l'hôtellerie, à la restauration, à tous les secteurs. On va évidemment en parler. Je pense à un secteur qui me préoccupe beaucoup, qui est le secteur de l'aéronautique. Quand je m'oppose à ce qu'on mette de nouvelles taxes sur le transport aérien, c'est tout simplement parce qu'aujourd'hui, le secteur aéronautique prend la crise de plein fouet. Il y a très peu de vols. Il n'y a quasiment pas de commandes d'avions. J'ai eu hier le président d'Airbus au téléphone. On cherche à trouver un accord.
Et je sais qu'il travaille beaucoup pour qu'il y ait un accord avec les salariés d'Airbus et qu'il n'y ait pas de départ contraint. Je le remercie de tout le travail qu'il fait. Mais on a devant nous des perspectives de transport aérien qui sont très sombres. Donc tout un secteur, avec les PME qui sont à Toulouse, en Normandie et ailleurs, qui sont très durement touchés. Nous les accompagnons. Nous sommes à leur côté. Donc il y a des secteurs qui sont très durement touchés. Mais au total, l'économie française commence à se redresser.
Il y a des secteurs qui vont mal, Bruno Le Maire. Est-ce que votre plan de relance, alors, est toujours suffisant ? Ou alors il faut l'ajuster avec la situation qui évolue ?
Ce serait un peu bizarre d'ajuster un plan avant même de l'avoir totalement développé. On a commencé à mettre en œuvre immédiatement un certain nombre de mesures. Toutes les mesures qui sont pour l'emploi des jeunes, pour l'emploi des apprentis, elles sont déjà disponibles. Un chef d'entreprise qui nous écoute aujourd'hui, je lui dis, voilà, vous vous embauchez un jeune jusqu'à 26 ans en CDI, vous avez 4000 euros de prime. Vous embauchez un apprenti, vous avez également une prime. Donc toute une série de mesures, par exemple sur le soutien au secteur automobile, sont déjà en vigueur. D'autres vont rentrer en vigueur. Je pense à MaPrimeRénov' pour la rénovation énergétique des bâtiments.
Je pense à la rénovation énergétique des bâtiments publics. Donc vague par vague, nous soutenons l'économie française avec, une fois encore, cet objectif de retrouver le même niveau de croissance. Donc on ne va pas commencer, alors que nous sommes en train de déployer le plan, à immédiatement le changer. Il faut arrêter avec cette panie française où tous les quatre matins en changent d'avis. Je pense que la France a besoin de stratégie, de constance et de détermination.
Bruno Le Maire, il y a un secteur qui est durement touché en ce moment, vous en avez parlé. Depuis ce matin, les bars sont fermés dans quatre départements en région parisienne et à Marseille aussi. Les restaurants peuvent rester ouverts, mais sous condition de respecter un protocole sanitaire renforcé. Est-ce que vous comprenez le désarroi des professionnels de la restauration, de ce secteur-là, qui disent qu'on prend pour tout le monde ?
Je ne le comprends pas, pas que je le comprends, c'est que je le partage. Je le partage, j'ai beaucoup d'amis restaurateurs, je discute avec eux, ils ne prennent pas pour tout le monde, mais ils prennent très cher. Et c'est très douloureux humainement, parce qu'un restaurateur qui a pris la première crise, qui s'est adapté, qui a acheté des vitres en plexiglas, qui a modifié sa carte, qui a acheté du gel, qui a acheté des masques, qui a formé ses salariés, et qui se reprend cette deuxième vague.
Il y a quelque chose de désespérant, je pense qu'il faut comprendre au plus profond de soi-même le désarroi, voire le désespoir d'un certain nombre de restaurateurs, que vous avez fait beaucoup d'efforts, et qu'il faut faire à nouveau des efforts, c'est très dur. Mais d'abord, je veux saluer l'esprit de responsabilité des restaurateurs, qui ont adopté une nouvelle charte, avec des nouvelles règles sanitaires, qui vont leur permettre de rester ouverts. Et je veux leur dire ensuite, nous continuerons à être à vos côtés. Il y a un fonds de solidarité, on va le renforcer. Je vois bien, aujourd'hui, il est limité aux entreprises jusqu'à 20 salariés.
Il faut voir si on ne peut pas augmenter ce seuil. On y réfléchit.
C'est une de leurs revendications. En disant pourquoi à 21, on n'a plus rien alors qu'à 20, on touche les âges.
C'est une juste revendication. Et en règle générale, ce gouvernement a l'habitude de répondre positivement aux justes revendications. Donc j'y travaille avec Jean Castex et avec le Premier ministre. Dès la semaine prochaine, nous allons présenter un nouveau seuil. Et nous verrons quel sera ce seuil. Deuxième chose, on me dit qu'on ne peut avoir accès à ce fonds de solidarité que si on est fermé, c'est normal, ou que si on a perdu 80% de son chiffre d'affaires. C'est trop, 80%. Essayez de baisser ce seuil. Je proposerai aussi au Premier ministre que nous baissions ce seuil. Je pense que là aussi, c'est une question de justice. A combien ? Enfin, on va en discuter avec Jean Castex.
Tout ça doit se faire de manière collective, en écoutant chacun. J'aurai l'occasion dès cet après-midi de revoir à nouveau les responsables du secteur pour en discuter avec eux, faire des propositions au Premier ministre. Et dès la semaine prochaine, au moment du comité interministériel sur le tourisme, le Premier ministre présentera les dernières décisions. Enfin, il y a un autre point qui est très important, c'est qu'il y a d'autres secteurs qui sont ceux dont on parle moins, parce qu'ils sont à côté de la crise, mais pourtant ils la prennent de plein fouet. Je pense à tout le secteur de l'événementiel. Je pense aux fleuristes. Aujourd'hui, vous commandez moins de fleurs.
Je pense aux graphistes. Il n'y a plus de carton pour inviter à un mariage. Ils prennent la crise de plein fouet. Je pense aux photographes. Aujourd'hui, les fêtes où on invite des photographes, il n'y en a plus beaucoup. Moi, je souhaite que nous puissions inclure toutes ces professions dans le fonds de solidarité. Aujourd'hui, elles ne sont pas dedans. Je pense qu'il serait juste qu'elles soient dans ce fonds de solidarité et qu'elles puissent en bénéficier. Et donc qu'elles puissent toucher jusqu'à 10 000 euros par mois. Et ce sont des sommes qui sont immédiatement disponibles. Elles sont gérées par la Direction Générale des Finances Publiques.
Vous avez uniquement à vous inscrire sur le site. C'est purement déclaratoire. Il n'y a aucune autre formalité. Donc l'État a toujours été au rendez-vous pour soutenir les indépendants, les entrepreneurs, les très petites entreprises, les restaurateurs, les bars. Il sera toujours au rendez-vous. C'est l'engagement que je prends ce matin. Il sera toujours au rendez-vous.
Pour toutes ces professions que vous venez de citer, Bruno Le Maire, et qui s'inquiètent pour leur avenir, les annonces, c'est quand ?
Dès la semaine prochaine. Vous voyez que nous, on aborde ça de manière très ouverte. Comme ministre de l'Économie, j'aborde ça de manière très ouverte avec un souci de justice et de protection. Et les annonces précises, dans les directions que j'ai indiquées, seront faites par le Premier ministre en début de semaine prochaine.
Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, avec nous jusqu'à 9h sur France Info. On va parler dans quelques instants, si vous voulez bien, de la bataille qui oppose depuis plusieurs semaines deux grands groupes français, Suez et Veolia. Les Français ont parfois du mal à comprendre les enjeux exacts de ce qui se passe entre ces groupes. Vous nous direz ce que vous pouvez faire si on peut empêcher ce mariage, s'il est bon pour ces entreprises, et puis tout simplement pour les Français qui payent chaque mois également une facture d'eau et qui sont peut-être un tout petit peu concernés par ce qui se passe en ce moment. Il est 8h40, le Fil Info tout d'abord avec Mélanie Delaunay.
Tout juste sortie de l'hôpital, Donald Trump enlève son masque au balcon de la Maison Blanche. N'ayez pas peur du coronavirus, lance le président américain. Allez dire ça aux 205 000 familles qui ont perdu quelqu'un, lui répond le candidat démocrate à la présidentielle américaine Joe Biden. Au moins quatre morts dans les intempéries qui ont touché l'arrière-pays-Ni, soit les opérations de secours et le balai des hélicoptères dans les Alpes-Maritimes pour évacuer les sinistrés, leur apporter des vivres et de l'eau potable dans des zones encore difficiles d'accès. Huit personnes sont toujours portées disparues. Les bars tirent le rideau pour deux semaines à Paris.
Les brasseries peuvent continuer à servir des cafés à table à condition de respecter le nouveau protocole sanitaire mis en place dans les restaurants. Six personnes maximum par table. Avant de déjeuner ou dîner, vous devrez laisser vos coordonnées. Une dérogation jusqu'en 2023. Les députés ont dit oui pendant la nuit au retour des néonicotinoïdes dans les champs de betteraves ravagés par les pucerons. Le vote solennel sur l'ensemble du texte a lieu cet après-midi. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel Toujours avec Bruno Le Maire, le ministre de l'économie. Avant d'évoquer la bataille suèze Veolia, un mot sur les PME. On n'en a pas parlé Bruno Le Maire et c'est important. Elles sont très nombreuses à se demander si elles vont pouvoir tout simplement tenir le coup, amortir le choc de la crise. Là aussi, est-ce que tout est sur la table pour elles ou est-ce qu'elles peuvent attendre de nouvelles mesures ?
Elles auront de nouvelles mesures dans le projet de loi de finances. Le plan de relance est un plan pour les PME en priorité. C'est elles qui sont le plus touchées. Donc nous voulons compléter le plan de relance avec des nouvelles mesures pour les PME. Elles ont été proposées par le rapporteur général, Laurent Saint-Martin. C'est d'excellentes propositions. La première, c'est de dire l'impôt sur les sociétés à taux réduit, 15%. Aujourd'hui, il est réservé aux PME jusqu'à 7,6 millions d'euros de chiffre d'affaires. On nous propose, Laurent Saint-Martin, un certain nombre de députés, de relever ce plafond à 10 millions d'euros. C'est oui.
Deuxième proposition, l'impôt sur le revenu, vous pouvez le réduire jusqu'à 10 000 euros quand vous investissez dans les PME. Ce dispositif qui est très efficace, il s'arrête le 31 décembre 2020. Les parlementaires dont Laurent Saint-Martin nous propose de prolonger cette mesure hier, PME, jusqu'au 31 décembre 2021, la réponse est une nouvelle fois, oui. Tout ce qui permet de soutenir les PME, nous le soutiendrons. Donc l'impôt sur les sociétés à taux réduit sera élargi un plus grand nombre de PME et le dispositif de réduction de l'impôt sur le revenu, quand on investit dans les PME, sera prolongé au minimum jusqu'au 31 décembre 2021.
Bruno Le Maire, depuis un mois, Veolia et Suez, les deux plus grandes entreprises dans le domaine du traitement des eaux et des déchets, se déchirent sur la place publique. Veolia veut racheter Suez qui refuse de se laisser faire. Est-ce qu'on peut marier deux forces, deux entreprises, dont l'une dit non ?
Les mariages de forces, je vous le dis, je n'y crois pas. Je pense que ça ne marche pas. Ça ne marche pas dans la vie et ça ne marche pas non plus dans la vie des affaires. Donc la position de l'État, elle a été constante. Il faut un accord amiable entre Suez et Veolia. Je pense qu'un accord amiable était possible. Nous y avons travaillé depuis des jours avec l'ensemble des responsables de Suez, de Veolia, d'ENGIE qui cédait sa participation. Je pense que nous étions à quelques centimètres d'un accord. Nous nous sommes heurtés à l'intransigeance des uns et à la précipitation des autres. Je le regrette. Et ma position reste la même et la position de l'État reste la même.
Cette opération ne fonctionnera pas s'il n'y a pas d'accord amiable entre Suez et Veolia. Donc je souhaite, et d'ailleurs le président de Veolia l'a déjà indiqué, je souhaite que les discussions reprennent tout de suite entre Suez et Veolia pour trouver un accord amiable.
Vous êtes prêt à les organiser, ces discussions aujourd'hui, entre ces deux patrons et ces deux entreprises qui s'insultent même parfois à coups de communiqués de presse ou de campagnes de publicité dans la presse.
L'État n'a pas ménagé ses affaires pour essayer de bâtir cet accord amiable. Et je le redis, nous y avons passé tout le week-end. Nous étions à quelques centimètres de cet accord. C'est d'autant plus regrettable qu'on ait cédé à la précipitation. Ça ne coûtait rien de se donner un peu plus de temps. C'est très regrettable aussi que du côté de Suez, il y ait eu beaucoup d'intransigeance dans les positions. Donc l'intransigeance des uns et la précipitation des autres a donné ce résultat qui est regrettable. L'État, lui, a été cohérent de bout en bout. Les entreprises défendent l'intérêt privé. Nous défendons l'intérêt général.
Et l'intérêt général des Français, l'intérêt général des salariés, l'intérêt général de l'industrie. C'est que deux champions de cette taille-là, de cette réputation-là, qui ont cette histoire en France, Suez et Veolia, s'entendent et trouvent un accord amiable. Je ne relâcherai jamais la pression pour que nous parvenions à cet accord amiable.
Si Suez et Veolia se marient, enfin aussi là, rachètent l'autre, le nouveau groupe sera en situation de quasi-monopole sur le marché de l'eau en France. Il contrôlera 60% de l'eau. Est-ce que les Français doivent s'attendre à ce que leur facture augmente à partir du moment où il n'y aura plus de concurrence ?
Mais l'intérêt général, c'est quoi ? L'intérêt de la nation française, qui est celui que nous défendons, nous, État, c'est quoi ? C'est qu'il y ait deux champions industriels. Pas un monopole, deux. Parce qu'il y aura concurrence et donc qu'il y aura des meilleurs prix. Le deuxième intérêt pour la nation française, c'est qu'il y ait effectivement un champion de classe internationale dans le domaine du traitement des déchets et des eaux, qui peut être Veolia. Enfin, le troisième intérêt, surtout en période de crise actuelle, Marc Fauvel, c'est que l'emploi soit préservé. C'est qu'il n'y ait pas un emploi supprimé dans cette opération. Voilà ce que j'ai toujours défendu depuis le premier jour.
Voilà pourquoi l'État a voté non hier au conseil d'administration d'ENGIE. Oui, parce que la cohérence et la stabilité de l'État, c'est de tenir sa position d'intérêt général. Mais alors c'est un cas mouché pour l'État, ce qui s'est passé hier soir. Il n'y avait aucune raison de se précipiter. On s'est précipité. L'État a donc exprimé sa position. Les conditions n'étaient pas réunies. Pour que l'opération se fasse dans les meilleures conditions, la condition pour que ça se fasse dans de bonnes conditions, c'est un accord amiable.
Bruno Le Maire, est-ce qu'il faut interdire les OPA en période de crise ? C'est une proposition de Pierre Persson.
Je pense surtout que les OPA hostiles appartiennent à un capitalisme dépassé. Enfin, tout ce que nous essayons de construire avec le président de la République depuis maintenant près de 4 ans, c'est un autre capitalisme. Et on voit bien qu'il se heurte parfois à des réserves, à des réticences, pour ne pas dire à de l'hostilité, dans lequel les entreprises arrivent à trouver des accords, dans lequel on préserve les intérêts des salariés, dans lequel on écoute davantage les salariés dans ce qu'ils ont à dire sur l'avenir de leur entreprise. Les salariés de Suez ont exprimé des choses sur l'avenir de leur entreprise. Il faut les écouter. Il faut les respecter.
Donc c'est ça le capitalisme que nous voulons construire. Et dans ce capitalisme-là, les OPA hostiles n'ont de toute façon pas leur place.
Et donc pour conclure sur le dossier Suez-Veolia, une fois que cet entretien est terminé, vous prenez votre téléphone, vous rappelez les deux patrons, vous leur demandez de se réunir dans la même pièce.
Vous les enfermez, je vous parle avec ma franchise habituelle. J'ai beaucoup donné. J'ai beaucoup donné dans cette affaire. Mais je pense surtout aux 65 millions de Français qui s'inquiètent pour leur emploi, pour leur usine, pour leur café, pour leur restaurant. Donc je vais m'occuper des Français. Et tant pis pour Suez-Veolia. Oui, Suez-Veolia doivent maintenant trouver un accord. Et croyez-moi, quand je dis qu'un accord amiable était nécessaire pour le succès de cette opération, je vous le redis, il ne peut pas y avoir de succès dans une opération industrielle de ce genre sans entente entre les deux parties. Maintenant c'est à elle de trouver la voie de l'entente.
Il y a un débat en ce moment à l'Assemblée nationale et dans les propres rangs de La République En Marche, Bruno Le Maire, sur l'intérêt de limiter ou d'interdire certaines publicités, notamment des publicités qui vantent les produits les plus polluants. La question étant de savoir ce qu'on met derrière cette étiquette, évidemment, de produits polluants. C'est ce que prône notamment le WWF, dont la présidente Isabelle Autissier était ce matin sur France Info.
Je crois franchement que la publicité nous vend tellement ces voitures comme étant formidables et merveilleuses qu'on peut facilement se laisser avoir. Sur l'alimentation ou sur le vin, on a considéré qu'il fallait mettre un message pour dire aux gens attention. Mais là je pense qu'à minima, il faudrait mettre un message pour dire aux gens attention.
On a une loi E20 pour interdire ou en tout cas encadrer la vente d'alcool en France. Il faut faire la même chose, par exemple, pour les SUV, les voitures les plus polluantes.
Moi je suis tout à fait d'accord avec la position exprimée par Isabelle Autissier. Parce que c'est une position raisonnable, une position mesurée. Vous avez le choix entre interdire ou informer. Et dans le fond, c'est aussi le choix de l'écologie que nous voulons. Est-ce qu'on interdit toute publicité ou est-ce qu'on informe le consommateur ? Moi comme je crois à l'intelligence des Français, je pense qu'il faut informer le consommateur. Le dire voilà, vous voulez acheter un SUV, voilà le niveau de pollution. Et j'ai proposé que l'on indique très clairement le niveau de pollution de certains véhicules.
Et je suis convaincu que si on informe très clairement les Français sur les dommages que causent à l'environnement certains véhicules très polluants, ils changeront leurs habitudes de consommation. Il y a une autre voie à laquelle je suis totalement opposé, chacun le sait. C'est la voie de l'interdiction systématique. Où on interdit aux Français de faire ceci, on interdit aux Français de faire cela. Je ne pense pas que dans une démocratie responsable et mature comme la démocratie française, ce soit la meilleure façon de faire progresser l'écologie. Parce que je connais suffisamment le caractère de nos compatriotes.
Pour savoir que si vous leur interdisez, faites pas ci, faites pas ça, nos compatriotes vont dire vous me dites de ne pas faire ceci ou de ne pas faire cela, je vais le faire. Le Gaulois est réfractaire à la publicité. Mais ce n'est pas une question de Gaulois réfractaire, ce n'est pas mes mots. Je dis simplement que le peuple français est suffisamment adulte pour que sur la base de l'information, il le fait avec ses applications quand il va consommer dans les magasins.
Après les Français savent que les SUV sont polluants. Est-ce qu'il y a besoin d'un message ?
Un message beaucoup plus clair, oui, sur les émissions de CO2. Pour dire voilà tel véhicule, c'est 160, 180, 200 grammes d'émissions de CO2. Et voilà en quoi ça abîme la planète. Parce que les informations plus claires peuvent être extrêmement utiles pour garantir qu'on lutte plus rapidement contre le réchauffement climatique. Si on le fait pour les voitures, on le fait également pour les autres produits qui polluent. Mais il n'y a aucune raison qu'on ne le fasse que pour les voitures. Pourquoi est-ce qu'on stigmatiserait ?
Les voyages en avion, l'office de tourisme de la Martinique qui communique, on dit attention, c'est beaucoup de CO2 pour aller là-bas.
Je pense que ça peut être une des voies très intéressantes que d'informer davantage sur les émissions de CO2 des actes de consommation que chacun nous produisons tous les jours. D'ailleurs, dans le projet de loi de finances, dans les discussions que nous avons avec les parlementaires, il y a ce qu'on demandera aux entreprises en matière d'émissions de CO2, qu'elles soient plus transparentes sur leurs émissions de CO2, l'information plutôt que la contrainte, le pari de l'intelligence plutôt que le pari de l'obligation. Voilà ma conception de l'écologie.
Il est 8h09, moins 10, même Mélanie Delonnet pour le fil à faux. Et on poursuit cet entretien avec vous dans un instant. Bruno Le Maire.
Le préfet de police a promis d'être implacable pour ceux qui veulent en permanence contourner la règle. Les bars doivent rester fermés. Depuis ce matin, à Paris, dans les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis est pour deux semaines pour tenter de freiner l'épidémie de coronavirus. Suez promet de mettre tout en œuvre, tous ses moyens à sa disposition pour préserver les intérêts de ses salariés. Le conseil d'administration d'ENGIE a dit oui à la vente de ses parts dans Suez à Veolia contre l'avis de l'État, les mariages de force, je n'y crois pas.
Cette opération ne fonctionnera pas s'il n'y a pas d'accord amiable, vient de dire le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, invité du 830 France Info. Éric Dupond-Moretti va recevoir les syndicats de magistrats dans les jours qui viennent. Dans une interview au Figaro, le garde des Sceaux indique aussi qu'il va s'entretenir avec la première présidente de la Cour de Cassation et son procureur général très critique dans une tribune. Elle va devenir la numéro 1 française de tennis. Fiona Ferro veut tout faire pour soulever les plus grandes coupes. Elle quitte Roland-Garros en huitième de finale, éliminée par l'américaine Sophia Kenin.
Toujours avec Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie.
De nouvelles mesures de lutte contre la pauvreté doivent être annoncées. L'État ne laissera personne au bord du chemin. C'est ce qu'a dit Jean Castex en fin de semaine dernière. Quels gestes sont prévus pour les plus précaires ?
D'abord, je veux rappeler que nous avons fait un certain nombre de gestes pour les plus précaires et qui sont indispensables. Je vous en donne juste quelques-uns. L'augmentation de l'allocation de rentrée scolaire, qui coûte un demi-milliard d'euros à l'ensemble de la collectivité, c'est un geste fort pour les plus modestes. La réduction du ticket universitaire de un peu plus de 3 euros à 1 euro, c'est une façon aussi de soutenir les étudiants qui prennent de plein fouet aussi cette crise économique. Donc ça a toujours été la ligne du gouvernement. Nous allons travailler sur des dispositifs complémentaires, je ne veux pas dire lesquels pour le moment.
Je veux simplement dire que ma responsabilité de ministre de l'Économie et des Finances, c'est d'abord l'emploi. Vous parlez de pauvreté. Le taux de pauvreté en France, il reste évidemment trop élevé dans un pays aussi riche que le nôtre, près de 14%. Et il est probable que la crise augmente le taux de pauvreté dans notre pays, d'où la nécessité de nouvelles mesures. Je veux simplement rappeler que le taux de pauvreté des chômeurs, il est de 37%. Et que donc la meilleure façon de lutter contre la pauvreté est celle pour laquelle je me bats matin, midi et soir. C'est qu'il y ait des emplois pour tous les Français.
Si vous voulez mettre fin à la pauvreté en France, il faut effectivement des dispositifs spécifiques, j'y suis favorable et nous allons y travailler. Mais la meilleure réponse, c'est l'emploi, c'est le travail, c'est l'activité.
Les nouvelles mesures, on les apprendra plus tard donc ?
On les apprendra plus tard, on y travaille avec les autres ministres qui sont concernés. Mais moi, mon combat pour l'emploi, pour que chacun ait un travail, pour qu'on amortisse la crise et qu'on ne se retrouve pas à un niveau de chômage qui soit trop élevé, pour moi, c'est mon combat contre la pauvreté. Mon combat contre le chômage est un combat contre la pauvreté.
Les enchères, Bruno Le Maire, pour l'attribution des fréquences de la 5G ont rapporté un peu moins de 2,8 milliards d'euros aux finances publiques, à l'État, à nous, donc on est un peu plus riches que la semaine dernière. Mais si jamais l'ANSES, l'agence sanitaire, qui doit se pencher dans quelques mois, en mars prochain, sur les éventuels dangers de la 5G sur notre santé, si jamais l'ANSES, ce jour-là, dit effectivement, il y a un doute, effectivement, peut-être que ces fréquences sont dangereuses, vous rendrez l'argent aux opérateurs téléphoniques ?
Nous n'en sommes pas là, on n'a pas la vie de l'ANSES, et moi, je pense qu'il est utile, voire indispensable pour la France, de rester à la pointe du développement technologique. Parce que sinon, demain, nous serons dépendants de technologies qui sont produites aux États-Unis, en Chine, ou dans les autres pays européens, et pas chez nous. Ensuite, qu'on regarde l'impact sur la santé, parce qu'il y a des préoccupations, c'est parfaitement légitime. Je rappelle juste, mais je crois que chacun l'a compris, que la 5G qui va être déployée d'ici à quelques mois, n'est pas encore la 5G, avec les nouvelles bandes mégahertz, beaucoup plus puissantes, qui seront la véritable 5G.
C'est celle qui ressemble pour l'instant davantage au Wi-Fi. Voilà, exactement. Donc, on se laisse le temps d'avoir un débat qui soit un débat serein, où on pose les choses en regardant si, effectivement, il y a des risques sanitaires. Vous trouvez qu'il est serein pour l'instant ce débat,
quand Emmanuel Macron dit que ceux qui sont contre sont des aguches ? Vous pensez que ça pose sereinement les termes du débat ?
Je ne cesserais de plaider pour que la démocratie française ait des débats sereins, que nous soyons capables de faire preuve de sens de la nuance. Le sens de la nuance a totalement disparu du débat public. Donc, la 5G, on est pour, on est contre, c'est formidable, ou faut oublier. Et je pense qu'on peut construire un chemin dans lequel la France reste une grande puissance technologique et répond également aux préoccupations sanitaires des Français.
Bruno Le Maire, des députés de la majorité proposent un allongement à 14 semaines au lieu de 12 actuellement du délai légal pour recourir à un avortement. Est-ce que vous êtes pour ?
Je vais vous dire très sincèrement, je ne me suis pas penché sur ce débat. Sur le principe ? Mais je ne peux pas vous répondre en 5 secondes sur une question de vie ou de mort, puisque c'est bien de ça dont il s'agit. Donc, je ne peux pas vous répondre aussi rapidement. Un sujet dont je n'ai pas eu l'occasion de m'occuper au cours des dernières semaines, qui ont été très remplis, comme vous pouvez l'imaginer, par les sujets économiques.
Monsieur le ministre, vous avez eu le Covid. Vous avez été testé positif, vous avez été malade pendant un petit moment. Aujourd'hui, Donald Trump, le président américain, est lui aussi positif au Covid. En revanche, il n'en ressort pas comme vous, c'est-à-dire que vous en êtes ressorti diminué. Lui, il fanfaronne. Comment vous réagissez quand vous le voyez ?
Je ne sais pas comment est-ce qu'il en est sorti. En tout cas, je souhaite à Donald Trump un bon rétablissement, comme à tous ceux qui sont touchés par le Covid. La seule chose que je veux redire, c'est que ce virus n'est pas un virus comme les autres, qu'il faut y faire attention et que nous sommes tous responsables de la santé de nos proches et de la santé des personnes que nous aimons. Donc, faisons-y attention. Je pense que c'est notre responsabilité collective.
Vous avez peut-être vu l'image cette nuit de Donald Trump regagnant la Maison-Blanche, enlevant son masque, c'est le premier geste de son retour au travail en quelque sorte, et disant aux Américains, n'ayez pas peur de ce virus. Il a raison, il ne faut pas en avoir peur.
Il ne faut pas avoir peur, il ne faut jamais être habité par la peur. Mais il faut être responsable et comprendre une fois encore que ce virus n'est pas un virus comme les autres. Les Français sont inquiets. Et c'est légitime qu'ils aient ces inquiétudes. Ils n'ont pas des inquiétudes pour eux-mêmes, ils ont des inquiétudes pour leurs proches. C'est exactement le sentiment que j'éprouve aujourd'hui. C'est être inquiet pour mes proches, pour mes parents, pour les amis que je connais, pour les personnes un peu plus âgées, un peu plus fragiles. Et nous devons tous nous sentir responsables de la santé de nos proches.
Et ça n'interdit absolument pas, contrairement à ce que j'entends dire, de vivre, de travailler, de poursuivre notre activité économique. Il faut juste comprendre que tout cela durera longtemps. Et pour que ce soit donc supportable, puisque ça va durer longtemps, il faut que nous adaptions nos comportements et que nous prenions aussi les décisions économiques nécessaires. J'ai écrit hier à l'ensemble des agents du ministère de l'Économie et des Finances pour leur dire « Je vous recommande, dans toute la mesure du possible, le télétravail.
» Parce que c'est une façon de continuer l'activité économique vitale pour la nation du ministère de l'Économie et des Finances, tout en protégeant notre santé. Donc on peut parfaitement concilier les deux. Mais retirons-nous l'idée de la tête que demain, après-demain, dans 48 heures, c'est fini. Ça, je crois que tout le monde a bien compris. Et je pense qu'il faut le dire avec gravité et sens des responsabilités. Ça nous oblige, chacun d'entre nous, à adapter nos comportements pour continuer à avoir une vie qui soit la plus normale et la plus acceptable possible. Merci à vous, Bruno Le Maire.
Merci, Marc. Très bonne journée dans 1 minute 30, le journal. Et puis les informer, Renaud Delis et tous ses débatteurs. À suivre sur France Info.
Bruno Le Maire