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speechyoutube.com· 21 juin 2017 18 min

FRANÇOIS RUFFIN - DISCOURS DE VICTOIRE À FLIXECOURT (Législatives 2017)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:10
François Ruffin

Bon, écoutez, j'avais préparé un discours de défaite, moi, donc bon, il va falloir improviser autre chose. J'ai entendu beaucoup de bravos, là, sur le chemin. Moi, je dis bravo à vous. À Flix Secours, mais dans toute la première circonscription, on a fait... On est parti à un choix qui a un choix de campagne. On a fait le choix du travail. On a fait le choix de se dire que, oui, on était encore à Dommard-en-Pontville, à Saint-Ouen. Monsieur, ce soir, pas de bataille, on n'a pas gagné devant nous. Et moi, je sais que c'est une phrase qu'on entend partout et que ça paraît comme un élément de langage. Mais ce soir, je mesure la responsabilité qui est la mienne. Ouais, ouais, Sandek.

Je mesure... Je mesure que... On va avoir un rôle, certes, dans l'hémicycle, mais on va avoir un rôle... Vous voyez, je ne sais pas combien il y a ce soir à Flix Secours, mais il va falloir que ça se passe dans tous les bleds comme ça. Il va falloir que ça se passe comme ça à Paris, mais il va falloir que ça se passe comme ça aussi à I-sur-Somme. Il va falloir que ça se passe comme ça à Piquini. Il va falloir qu'on réveille notre peuple. Il va falloir qu'on le retire de chez eux. On a réussi, on dit bien un peu. On a changé la donne entre le premier et le deuxième tour. Mais il va falloir qu'on berte au cours, les dames. Et c'était l'anecdote que j'avais vous raconté si on a perdu.

Si on avait perdu, mais c'est l'anecdote que je vais vous raconter qu'on a gagné. Un mec, il était en saxo. Il avait la soixantaine, quoi. Une petite saxo verte. Non, mais de toute façon, il faut quand même se battre. On ne peut pas baisser les bras. Il me dit, mais nous, on s'est battu chez Whirlpool. On s'est battu, et ainsi de suite. Et puis, de toute façon, ça ne va rien changer. Je pense que porte après ce discours, vous l'avez entendu, là, pendant des semaines. Pendant des semaines, vous l'avez entendu. On l'entend pendant des mois. Et c'est encore ce que pensent la majorité des gens dans cette circonscription.

Donc ça veut dire que notre responsabilité, c'est de faire changer ça demain. Dans les cinq années qui viennent, il faut qu'on aille changer ça. Il faut que le gars, je ne connais pas son prénom, mais que le gars qui est dans sa saxo verte sur l'intermarché de Berthe-aux-Cours-les-Dames, il faut qu'il reprenne confiance en nous. Il faut qu'il nous sente à ses côtés. Pas forcément pour changer les lois, parce que vous savez, ça va être raide, mais au moins pour avoir une parole sincère, une parole franche, dans laquelle ils se sentent représentés. Et ça, ça va être notre boulot. Ça va être le mien, mais je pourrais le faire que si vous êtes avec moi ce soir, et si vous êtes avec moi demain.

On a rempli un double challenge, un double défi qu'on a rempli. Le défi du premier tour, c'était de montrer qu'ici, à Fils-le-Cours, mais dans toute la première circonscription, il y avait un autre chemin pour la colère et pour l'espoir que le Front National. Et on les a battus dans les grandes largeurs. Sur le papier, sur le papier, une comète, il ne faut pas que ça dure le temps d'une semaine, le temps d'une élection. Il faut qu'on réussisse à installer ça dans la durée. Et la deuxième bataille qu'on a gagnée, c'est évidemment là dans l'autre de Tours, puisqu'on a battu ce libéralisme qui arrive à changer de visage en permanence pour nous faire croire qu'il est nouveau.

Alors que ça fait 30 ans, la solution s'est baissée. Ici, on a montré à leur con, c'est celle. Je suis de gauche, dans une circonscription de gauche, on vous met un ancien socialiste, dans une circonscription de droite, regardez mes pattes, je suis de droite. Et bien ici, on a réussi à démasquer en une semaine, parce qu'on sait qu'on avait 4000 voix de retard. Et là, on en a combien d'avance ?

7:55
Invité

3000.

7:56
François Ruffin

Donc on a fait plus. Vous imaginez ce que ça signifie pour demain ? Ça veut dire que le masque de Macron, il peut tomber à une vitesse hallucinante. Là, il est dans les sommets. Ah oui, d'accord. Je peux faire un peu de latinisme aussi, non ? Mais voilà. En une semaine, on a réussi à retourner la situation parce qu'on s'est mis au boulot. Parce qu'on savait qu'il y avait ça en dessous. La loiterie, c'est ce qui existe dans les chaises-eux. Et ces gens-là, il va falloir les reconquérir. Je ne sais pas si on va le faire porte-à-porte encore, mais il va falloir aller les reconquérir.

9:11
Invité

Il faut 7 millions en plus.

9:28
François Ruffin

Il va falloir se remettre au boulot. Vous comptiez prendre une cuite ce soir ? Ben non. Rapidement, il faut se mettre au boulot. C'est à vous de me proposer. Mais je pense qu'il faut à nouveau que je retraverse sa circonscription et qu'on fasse un meeting à Ville. Vous savez que je ne fais pas le tri personnellement entre insoumis et communistes. Nous sommes la gauche. Et d'ailleurs, c'est l'une des victoires qu'on a réussies aussi ce soir. C'est nous sommes la gauche. Ce soir, la gauche... Vous pouvez essayer. On n'est pas l'extrême-gauche. On n'est pas la gauche radicale. On n'est pas la gauche... On a gagné pour aujourd'hui, mais vous le savez.

Ce qui est important, c'est d'avoir gagné pour demain. C'est qu'on a allumé des lumières dans le tunnel. Quand les gens sont paumés, ils regardent les seules petites lumières qu'il y a dans le tunnel. Et on doit être cette lumière dans le tunnel pendant les mois à venir. Parce que sans le peuple, on ne pourra rien faire bouger. L'écharpe, elle doit être utile dans l'hémicycle, mais elle doit être utile aussi en dehors. D'accord ? Alors ensuite, je termine sur... Ah oui, et on va diffuser un tract. Il faut que cette semaine, on diffuse un tract dans toute la circonscription. Pressez quand même, vous en avez marre. Je termine sur la citation de Victor Hugo. Victor Hugo, avec laquelle...

C'est la citation à laquelle on a démarré avant même Nuit Debout. Souvenez-vous-en, on l'a mis en une du journal. C'était en janvier de l'année dernière. Donc en ruine de Fakir en janvier de l'année dernière. Cette citation dit... D'ailleurs, Macron me l'a piqué pour un de ses discours, mais c'est pas grave. On ne va pas lui... On ne va pas laisser la Marseillaise... Et on vous invite à la chanter ensuite. On ne va pas laisser la Marseillaise et le drapeau tricolore au Front National. Et on ne va pas laisser Victor Hugo à Emmanuel Macron. Persévérez. Être fidèle à soi-même. Prends le peu de peur qu'elle vous fait. Tantôt affronter la puissance injuste. Tantôt insulter la victoire ivre.

Tenir bon. Tenir tête. Voilà l'exemple dont les peuples ont besoin et la lumière qui les électrise. Je vous remercie.

13:00
Invité

Bon, bon, bon. Merci François. Merci à vous tous. Sérieusement. Merci à vous tous. C'est grâce à vous qu'on en est là. C'est ce qu'on s'était dit. C'est ce qu'on va faire. On est charpe, non ?

13:20
François Ruffin

Flic secours. Il y a des référents d'habits. Il y a des référents d'habits sur seuil. Il y a des référents. Mais il se trouve qu'on est à Flic secours. Et il se trouve que c'est lui ici qui a mené la bataille. Comme Caporal. Bon, allez. Mais voilà. C'est lui ici qui a mené la bataille. Donc c'est un honneur pour moi d'être à Flic secours. Et de recevoir l'écharpe de l'adjoint de Flic secours qui a mené la bagarre à nos côtés.

14:08
Invité

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