Primaire : «C'est la solution pour redresser la France», selon Hervé Morin
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Europe 1 La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari Et notre invité ce matin dans la grande interview C News et Europe 1, c'est Hervé Morin. Bonjour à vous, bienvenue. Bonjour Laurence. Président centriste de la région Normandie. Le pire n'est pas toujours certain, mais par moments il insiste Hervé Morin. La France de ce 31 août au matin semble aller droit dans le mur, en tout cas économique et budgétaire. Est-ce que vous êtes optimiste ou pessimiste à 8 mois de la présidentielle ? Les Français sont très mécontents, 98% des Français. C'est-à-dire ceux qui nous regardent se disent mécontents de l'état de la France. Ils l'ont dit dans un sondage publié par le Figaro. Vous êtes où ?
Dans les 2% ou dans les 98% ?
Il y a très clairement un sentiment de déclassement extrêmement profond dans le pays. Notamment de la classe moyenne pour qui c'est de plus en plus difficile. Et quand je suis en Normandie, vous voyez, j'ai plein d'espoir. Parce que je rencontre des usines, je visite des usines comme tout priant de région chaque semaine puisque c'est une partie de notre boulot, d'aider développer l'économie régionale. Je rencontre des hommes et des femmes qui ont un savoir-faire incroyable, qui sont capables d'exporter à travers le monde.
Ils ne vous disent pas que tout va bien, j'imagine ?
Et à côté de ça, on est emmerdés tous les jours par une bureaucratie absolument démentielle, des règles. Je vous donne juste un exemple. La région finance le développement du port de Cherbourg. C'est un port qui est complètement artificiel, une activité. Cherbourg, il y avait 15% de taux de chômage, 3% de taux de chômage. On a une entreprise qui s'installe. On nous dit, attendez, là, c'est une zone avifaune. On leur dit, mais attendez, c'est une zone artificielle qui a été créée toute pièce. Non, non. Ça veut dire quoi, avifaune ? Avifaune, ça veut dire qu'il faut des compensations, il faut trouver des terres ailleurs, sur une terre. Voilà, enfin, tout est comme ça.
La bureaucratie paralyse notre pays. La bureaucratie empêche la France d'avancer comme elle pourrait avancer. Et donc, il y a une chose extrêmement simple à faire pour celui qui est élu président de la République, c'est de faire le point très précis sur tous ses freins et de dire aux chefs d'entreprise, voilà, on vous les fait sauter et en contrepartie, pour faire des économies, on réduit les aides aux entreprises. On va vous aider à développer, à créer de la richesse et en contrepartie, on fait ça. Ça, voilà une bonne proposition.
C'est intéressant. Un tout petit mot du budget. Sébastien Lecornure va réunir aujourd'hui un séminaire pour tenter de trouver une solution pour que ce budget soit adopté. Il y a un risque quand même qu'il soit censuré, que ce gouvernement tombe. On pourrait se retrouver à nouveau sans gouvernement avant Noël. C'est une mauvaise farce, à nouveau, Hervé Morin ?
Mon sentiment, compte tenu de ma vie politique, c'est que ça va être une opposition et qu'on va dire au gouvernement, bon allez, vous nous faites passer un budget par ordonnance ou quelque chose de genre et puis on ne vous emmerde pas pour aller jusqu'aux présidentielles. Je pense qu'au bout du compte, quand on voit...
Personne n'a intérêt donc à faire tomber le goût.
Ouais, quand on voit comment s'est comporté Olivier Faure l'année dernière, on se dit qu'il va bien trouver les moyens d'avoir une petite discussion derrière les fagots avec Sébastien Lecornu. Donc c'est la compromission à tous les étages ? Bah écoutez, vous avez vu dans quel monde on vit là depuis 2024, vous avez vu ça ? Merci, il a des solutions ? Ah oui, ça va, on peut le dire.
Ouais, ok. Pas de nouveaux impôts promet le Premier ministre ? Cette promesse n'a évidemment pas été tenue l'an dernier, elle ne le sera pas cette année ?
Bah, de toute façon, la réponse de la France, c'est pas simplement d'augmenter des impôts pour régler le problème, quoi. La question française, elle est celle de, d'abord...
Vous avez entendu beaucoup de gens qui vous disaient, oui, il faut couper dans les dépenses publiques ?
Ouais, d'accord, mais il y a un premier élément...
Pour l'instant, d'autant que les nouveaux impôts.
Non, non, non, mais vous vous souvenez, j'ai déjà dit ça dix fois lors du soir de campagne électorale sur ce plateau. La première question pour la France, c'est d'abord être capable de créer de la richesse. C'est-à-dire de pointer les éléments sur lesquels on va pouvoir augmenter très significativement notre potentiel de croissance, améliorer notre compétitivité. Quand on aura déjà créé de la richesse, premier point. Et puis le second, alors, celui-ci déplaît beaucoup pour Français, mais c'est qu'une grande partie de la question de la dépense publique et des déficits, c'est les retraites. C'est 40% du total. Alors, à chaque fois que je dis ça, je m'en ai rigolé.
Mais clairement, c'est pour ça que, vous voyez, quand Marine Le Pen dit, je mets la retraite à 62 ans, on a envie d'y croire. On se dit, mais attendez, pourquoi tous les autres pays ont augmenté la durée du travail ? Ils avaient envie de faire beuver des ronds de chapeau leur peuple, les faire travailler plus longtemps. C'est parce qu'il n'y a pas d'autre solution compte tenu de la situation démographique. Donc, c'est un mensonge énorme et c'est un des éléments clés sur la question du retour à l'équilibre budgétaire.
La réalité, c'est que c'est Nicolas qui paye, selon l'expression consacrée. Sarah Knafo sort dans quelques jours son livre « Le casse du siècle ». Elle part de la fiche de payée d'un salarié qui gagne 2079 euros net par mois et son employeur qui lui verse quasiment 4000 euros. Ce n'est pas là que réside le problème au coût du travail ?
Oui, mais quand on a abordé la question du coût du travail, on n'aborde pas pourquoi on est à un tel niveau de cotisation. On est à un tel niveau de cotisation parce qu'on a des dépenses sociales qui sont trop élevées. Donc, on coupe ? Bien sûr qu'il va falloir. Pourquoi on aurait un régime autour de la rupture conventionnelle que tout le monde utilise ? Ça coûte 8-10 milliards par an. Quand les arrêts de travail, on a tous dans nos histoires des personnes qui sont en arrêt de travail dont on ne comprend pas bien et qu'on peut retrouver au supermarché du coin. Bon, enfin voilà. Donc, il y a les cotisations et malheureusement le pouvoir d'achat de nos compatriotes.
Il est directement lié à un système dont on voit bien qu'on n'est plus capable de le financer, surtout quand on a aussi peu de croissance.
Parle-nous de la présidentielle Hervé Morin. Vous êtes à l'initiative d'un appel avec plusieurs centaines de mères, 300 mères environ. Croissant.
Et chaque jour, on en a, vous voyez, hier soir, un député Renaissance m'a appelé, il m'a dit, voilà, c'est tellement du bon sens que même si vous n'êtes pas franchement un ami de la majorité présidentielle, je vais le signer.
Une primaire. Vous voulez donc une primaire de la droite et du centre ? Vous voulez un candidat pour Noël ? Ça veut dire que vous croyez au Père Noël ?
Non, non. Je vous l'amènerai dans ma hôte, Laurence Ferrari. Le candidat ? Oui, non, parce que, écoutez, on voit bien l'histoire des sondages. Personne ne va vouloir fonctionner dans cette histoire. Ça va durer jusqu'en février. Parce que vous allez avoir des candidats qui vont dire, mais les Français ne sont pas dans la présidentielle, c'est à partir de février que les sondages...
Ils sont déjà dans la présidentielle.
D'accord. Mais on va donc avoir des candidats qui, jusqu'en février, vont vous expliquer, comme on l'entend à chaque élection, on sent que les choses changent, le climat est différent. Vous voyez, là, vous l'avez entendu mille fois, cette histoire-là. Bon. Donc, février, c'est trop tard. Les équipes vont être en cours, vont être en route. Vous allez avoir la question du financement. Vous n'allez pas faire ma carrière, c'est trop tard. Et c'est trop tard. Donc, la primaire.
Donc, si on est un candidat qui, réellement et sérieusement, veut respecter les électeurs de la droite et du centre, pour les appeler comme ça, qui veut respecter l'idée qu'il y a d'autres solutions que les solutions de Marine Le Pen et les solutions de M. Mélenchon, et qu'il y a là à peu près 40% des Français qui se disent qu'il faut une réponse responsable. Si vous êtes responsable vous-même, vous devez accepter l'idée de la primaire. Et vous pensez que la raison va l'emporter sur l'émotion ? Eh bien, il va falloir. Vous aurez observé que depuis le lancement de mon histoire...
Alors, c'est une charte, en fait, que vous proposez.
Alors, moi, j'ai fait une charte. J'ai dit, voilà, il faut une charte qui définit globalement quels sont les principes auxquels on est attaché et que nous partageons tous. La construction européenne, la bonne gestion des finances publiques, l'efficacité de l'action publique avec une régionalisation et une décentralisation massive.
L'utre contre la bureaucratisation.
La lutte contre l'immigration, un plan massif autour des questions de sécurité. Et chacun ayant ses solutions. Mais globalement, on a le même corpus. On croit à l'idée de liberté, d'initiative. On croit à l'idée de responsabilité. On croit à l'idée qu'il faut une économie performante reposant sur l'économie de marché. Voilà.
Et sur les questions de sécurité, par exemple, vous pourriez mettre d'accord M. Rotailleux et M. Attal ?
Ils sont à l'opposé, hein ? D'accord. Bon, cette charte, je vais l'écrire ce soir. Je vais l'envoyer. Parce que ce qui est intéressant, c'est que non seulement il y a eu 300 maires qui l'ont signé, mais que derrière, on fait une pétition. Donc, j'invite tous ceux qui veulent signer cette pétition.
C'est une signature à l'heure où on se parle.
Oui. Pas beaucoup. Oui, d'accord, mais ça donne de 36, 48 heures. Allons-y. Et donc, ce que je vais faire, c'est que je vais envoyer cette charte en disant au candidat, voilà ce que ça pourrait être.
À qui vous l'envoyez donc ?
Je l'envoie donc à ceux qu'on connaît, à ceux dont on sait qu'ils sont candidats, puisqu'ils sont tous les jours sur la route. On parle d'Édouard Philippe. Il y a Édouard Philippe qui fait ses frites. Il y a David Lissnard qui fait son meeting à Cannes. Bref, Bruno Retailleau, etc. Et puis, je ne fixe pas. Sarah Gnaffo, par exemple ? Attendez, mais ce n'est pas fini. Clémour ? Il ne s'en va pas qu'il est deux, quand même. Non, mais là où l'autre ? Si j'aurai un problème dans le couple. Non, mais là où l'autre ?
Vous allez jusqu'à eux ou pas ?
Non, je ne fixe pas de limite. Je dis, est-ce que ces principes-là, ce sont des principes dans lesquels vous vous reconnaissez ? Si vous vous y reconnaissez, vous pouvez y participer. Si vous ne vous y reconnaissez pas, vous êtes à côté, vous êtes ailleurs. Mais ce n'est pas à moi de fixer. Je pense que ce n'est pas à nous, si tant est, on arrive à faire un collectif là-dessus, de dire, est-ce que Dominique de Villepin doit-il participer ou pas ? Bon, est-ce que ça, oui ou non, vous vous y reconnaissez ?
Et s'ils vous disent non ? Non, ils continuent leur vie.
Ils continueront leur campagne.
Et est-ce que dans les conditions, si vous vous engagez dans cette primaire, vous vous engagez à soutenir celui qui a été désigné, quoi qu'il arrive ?
Ça me semblerait naturel. Mais je vais vous dire, ce n'est pas tellement le sujet. Le sujet, c'est les élections ou non. Parce que je vais vous dire, celui qui pense que parce que vous êtes soutenu par tel autre, vous allez faire des voix en plus, ça c'est le monde d'hier et d'avant-hier. C'est-à-dire, le monde réel, ce sont des femmes et des hommes qui sont, je pense, encore au moins une majorité, si on veut bien leur donner un message d'espérance, de leur dire que la France peut se redresser et les solutions pour cela. Je pense qu'il y a une majorité de Français qui est encore là-dessus. Et donc, cette majorité de Français, on ne doit pas les désespérer par nos histoires. Ils le sont déjà.
Ah ben là, ils le sont. Oui, mais attendez, attendez. Je pense qu'aujourd'hui, personne ne peut considérer qu'il est une évidence. En 2007, il n'y avait pas de débat. Tout le monde savait que Sarkozy était le candidat naturel pour tout le monde. Non.
Donc là, c'est Édouard Philippe qui est placé dans les sondages.
Oui, mais enfin, quand on est à 17 ou 18, honnêtement, on ne peut pas dire qu'on est en train de faire l'unanimité quand celui qui est derrière est à 14, quoi.
Donc, il n'y a pas de candidat qui se dégage. Qu'est-ce que vous dites à Xavier Bertrand et Rémorin ? On n'est pas obligé de faire refaire les conneries à chaque fois sur la primaire ?
Oui, enfin...
Rappelez-vous 2016 ?
Elle était très bonne, cette primaire. Elle a été exceptionnelle. Je dirais même à Xavier Bertrand, tu devrais au contraire considérer que c'est une chance pour toi. Parce que quand on est à 1,5 ou 2% dans les sondages, c'est quand même compliqué de se dire qu'on va finir en tête. En revanche, quand on a la chance d'avoir une primaire, François Fillon, il était à 3% au début. Il a été quasiment élu au premier tour. Et s'il n'avait pas eu ces histoires, il aurait été président de la République. Et donc, la primaire, ça va permettre à 5, 6, 7 millions de Français de venir voter, d'écouter tous ces candidats qui sont dans cet arc et de se dire, tiens, celui-ci, il a un projet, mais plus que ça.
Il a un caractère. Un caractère. Il a une personnalité. Il a la densité. Parce que dans l'État où est le pays, il va falloir quand même quelqu'un qui soit solide.
Et qui incarne un tout petit peu. Qui avez-vous derrière vous sur cette initiative Hervé Morin ? Je l'ai fait de moi-même. Non mais, est-ce que Gerard Larcher, El Brunpivet sont derrière vous ? Il dit, ok, Banco, on y va ?
J'en ai parlé pour deux. Je ne peux pas me cacher, j'en ai parlé aux deux. J'ai cru comprendre. Je ne vais pas parler à leur place. Mais j'ai cru comprendre qu'ils partageaient assez l'idée qu'il fallait une primaire. Même plus qu'assez. Gerard Larcher, il y a quelques mois, était pour les sondages. Et puis, il constate bien que les sondages, ça ne va pas le faire. Et donc, aujourd'hui, mon sentiment, c'est que Gabriel Attal, Bruno Retailleau, David Lysnard, qui l'a toujours été, et l'essentiel des personnalités politiques de l'arc, ils sont favorables. Il n'y a plus qu'un. Mais lui, je dis à Édouard Philippe, ça va être une grave... Il n'en veut pas. Oui, d'accord.
Mais c'est une lourde responsabilité. Parce que le fait d'aller...
Il faut un ticket avec Gérald Darmanin.
Ça peut être redoutable. D'accord, mais le fait d'aller... Comme ça veut dire Paul. Non, mais je veux dire, c'est l'éthiquet, tout ça. Il y a un candidat. Ah, c'est un tandem. Le fait... Ah bon, il y avait déjà Premier ministre. Il a dit Premier matelot. Ah bon, d'accord. OK. Mais celui qui va refuser cette primaire, il va porter une lourde responsabilité face aux électeurs. Aux électeurs de sa famille.
Bon, OK. La gauche, en revanche, elle va faire une primaire ?
Oui, mais alors la gauche a le temps de faire une primaire et nous, on n'aurait pas le temps d'en faire une. Vous voyez ce que je veux dire ?
Mais François Hollande n'y participera pas.
Oui, mais enfin, François Hollande, vous savez, le retour permanent, ça... Vous n'y croyez pas ? Ah non, je ne crois pas du tout. Pourquoi ? Pas d'envie de François Hollande ? Mais vous savez, vous êtes président de la République sortant, vous êtes tellement... Les Français vous rejettent tellement que vous n'êtes même pas capable d'être candidat à votre propre réélection et vous pensez que 5 ans plus tard, les Français sont suffisamment amnésiques...
10 ans plus tard.
Ou 10 ans plus tard, oui, pardon, sont suffisamment amnésiques pour se dire, on va recommencer. Non, ça n'existe pas, ça.
Hervé Morin, pour l'instant, les sondages sont implacables. Quel que soit le cas de figure, c'est Marine Le Pen qui est élue. Marine Le Pen, c'est pour vous ce qu'il faut éviter à tout prix. S'il y a un deuxième tour, second tour, pardon, RN LFI, vous faites quoi, pardon ? C'est la question... Vous m'avez déjà posé la question. Oui, mais il faut...
Pour moi, c'est la même menace pour le pays. La même ? C'est le même danger pour le pays. Le même danger. Marine Le Pen, elle a un programme socialiste. La retraite à 62 ans, ça ne tient pas la route. Un instant. Bon, voilà, parlons pas de Mélenchon, c'est une catastrophe.
Désobéissance civile de la part de LFI. Demande d'abrogation de l'apologie du théorème.
On est bien d'accord.
Attaque sur la famille.
On est bien d'accord.
Vous dites que c'est pareil, ça ?
Non, je dis que ça n'est pas ni d'un côté ni de l'autre la solution pour redresser les pays.
Vous restez sur le nini ?
Je dis qu'il faut un candidat qui forme une équipe de personnes qui sont solides, responsables, qui ont de l'expérience, le jeunisme, c'est bon, et qui disent aux Français l'économie de marché, c'est le seul moyen pour se redresser. Une construction européenne rénovée, c'est aussi absolument indispensable parce que face aux deux grandes mâchoires que représentent les Etats-Unis et la Chine, il nous faut un ensemble européen qui fonctionne autrement et que pour cela, c'est un candidat qui est dans cette sphère de la droite et du centre. Il n'y en a pas d'autre.
Mais vous n'avez pas répondu à ma question avec moi. En votre âme et conscience, il y a un second tour, vous entrez dans l'isoloir, qu'il y a un bulletin RN, un bulletin et les filles, qu'est-ce que vous mettez dans l'urne ?
Eh bien, je ne vais pas commencer à parler du second tour avant le premier tour. C'est un principe de base dans la vie politique. Oui, mais vous avez une réponse de normal à la parole. Non, non, mais je vous répondrai le moment venu. Ah oui, mais alors allons-y. Non, non, non, non.
La transparence, la clarté, c'est maintenant,
c'est pas demain en fait. Non, non, Laurent Ferrari, la clarté et la transparence et de faire en sorte qu'on ait un candidat qui soit capable de gagner. C'est ça le sujet.
Écoutez, on verra si les Français vous entendent. Un tout petit mot d'un risque de conflit armé. Emmanuel Macron, vous êtes ancien ministre de la Défense, a évoqué encore l'hypothèse d'un conflit armé en Europe il y a une dizaine de jours. Le chef d'état-major des armées, le généralement donc, pareil, a réitéré ce qu'il avait déjà dit, éventualité d'une confrontation avec la Russie d'ici 2030. Est-ce que vous comprenez ce qui se passe ?
Écoutez, moi j'aimerais bien savoir qu'il peut y avoir une confrontation avec la Russie en 2030. Ça veut dire que notre système de dissuasion avec l'Alliance Atlantique est morte. Parce que ça veut dire que la dissuasion qui normalement nous empêche, nous protège face à tel risque, n'a pas fonctionné. Vous voyez donc les conséquences cataclysmiques de l'idée que la Russie pourrait envahir un des pays de l'Alliance Atlantique.
Mais c'est un risque réel pour vous ou pas ?
Je ne peux pas y croire parce que ça veut dire que c'est l'apocalypse.
C'est l'apocalypse.
C'est rassurant. Oui, mais il faut se dire les choses telles qu'elles sont. Si les Russes envahissent la Pologne, ou un État balte, on entre dans l'inconnu. Voilà. Donc je voudrais comprendre sur quoi ça repose.
Très bien. Trois questions pour terminer avec des réponses rapides d'Hervé Morin. Si on vous propose d'être ministre, vous y allez ?
Vous savez que je suis président d'une région que j'adore. Je suis à ma place.
Attention, ça sera enregistré.
J'adore ma région. J'essaie d'y faire plein de choses. On a une magnifique perspective de développement pour l'énergie. Pas de poste de ministre. Pour tout vous dire, c'est une question qu'on m'a posée il n'y a pas si longtemps que ça.
Vous aviez répondu non. La première mesure à prendre pour redonner du pouvoir d'achat aux Français. La première, toute première, premier jour. Ok.
Celle de David Lissnard me plaît, baisse de la CSG.
Et là, on donne un bol d'air aux Français. 2027 peut-elle être la dernière échéance démocratique dans notre pays, selon vous ? Est-ce qu'on est à un point de bascule ? Est-ce que cette élection signe la fin d'un cycle ? Et est-ce qu'on peut entrer dans un nouveau cycle qui pourrait être autre chose que de la démocratie ?
Il y a de grandes menaces sur la démocratie avec le nouveau monde numérique dans lequel on est, l'IA, etc. Je ne parle pas de ça. Mais moi, je crois au contraire que si on a quelqu'un qui libère massivement la démocratie locale, la décentralisation, etc., ça peut être une démocratie comme j'en rêve, c'est-à-dire une démocratie de proximité et de responsabilité en lien direct avec celles et ceux auxquelles on s'adresse.
Mais quand vous entendez parler de désobéissance civile, vous ne dites pas qu'on peut arriver à un régime libéral ? Est-ce qu'on n'y est pas déjà ?
Je sais une chose, c'est que les Français, ils veulent de la sécurité, ils veulent de la stabilité et de l'autorité.
Donc on peut arriver à un régime autoritaire ?
Non, de l'autorité dans le respect des lois et règlements de notre pays, de la Constitution.
Donc la démocratie est encore de beaux jours
dans notre pays ? Oui, je pense qu'on est un vieux pays attaché à ça.
D'un vieux continent. Merci beaucoup Hervé Morin d'être venu ce matin dans les grandes interviews sur CNews et sur Europe. Bonne journée à vous. Merci Hervé Morin, merci Laurence Ferrari. Restez avec nous sur Europe 1 dans un instant. Votre club culture et votre signature Europe 1 du lundi. Philippe Vall, à tout de suite.