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AutreA.B.01.· 19 août 2026 30 minMixte

Bruno Le Maire "sans filtre", 3/5.

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  • Bruno Le Maire18 %

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Présentateur

la colère, l'humour si tu n'acceptes pas l'humour sur toi c'est pas la peine de faire de la politique si tu n'acceptes pas l'humour sur toi honnêtement, c'est pas très bon pour tes amis, tes copains, ta famille et ton entourage

0:12
Bruno Le Maire

c'est parce qu'on t'a taillé pendant deux ans qu'on n'a pas voulu te voir au cercle internaillé que tu viens chez nous ?

0:20
Présentateur

je suis mieux chez vous je suis beaucoup mieux chez vous ceux qui m'ont le plus taillé, c'est les élites comment ils ont fait ?

parce que je pense qu'une partie des gens qui m'ont accablé sur les histoires de dette sont ceux qui ne veulent pas que le système change qui se disent dans le fond ça nous va très bien on continue nos affaires, c'est parfait et ceux qui veulent réellement et sincèrement réduire la dette dans le pays sont ceux qui ont le courage de dire aux français, sur les retraites il va falloir bouger les choses et sur les dépenses sociales et de santé il va falloir bouger les choses aussi et ceux-là ils ne sont pas très nombreux je reviens une seconde au ministère de l'agriculture honnêtement c'était un super ministère je comprends qu'on se fasse bâcher quand on ne sait pas dire qu'un hectare c'est 10 000 mètres carrés je pense que ça ne m'a pas empêché de faire vraiment du bon boulot pour certaines filières je pense à la fière du lait on a organisé la filière de production laitière et il y a un truc dont je suis fier je pense que les éleveurs après l'organisation en organisation de producteurs au moins on a rétabli le rapport de force ça m'a pris 3 ans je regrette qu'on n'ait pas réussi à le faire sur le bovin et sur d'autres filières agricoles mais au moins sur le lait après la crise du lait de 2009 qui a été d'une violence invraisemblable il faut voir ce que c'est quand tu vas jeune ministre de l'agriculture dans une exploitation agricole que les gars sont complètement à la ramasse qu'ils ne gagnent rien qu'ils n'en peuvent plus et que tu te fais accueillir ils ne peuvent pas transmettre leurs exploitations ils ne peuvent pas transmettre leurs exploitations ils ne gagnent plus rien alors qu'ils bossent comme des chiens et le type il t'accueille je m'en souviendrai toute ma vie il a un fusil caché dans son dos et quand tu arrives il le pointe sur toi c'est ça le désespoir auquel il faut répondre à porter plainte ?

sûrement pas sûrement pas parce qu'il n'était pas chargé le type d'abord je pense que je ne sais pas si il était chargé ou pas mais le type il a agi par désespoir il a agi contre moi et donc à ce moment-là je me suis dit la filière du lait ce n'est pas possible on ne va pas continuer comme ça avec des producteurs de lait qui sont dispersés et en face Lactalis ou Sodial qui sont des grands géants dont on peut être très fier mais les rapports de force c'est trop défavorable donc on va faire des bassins laitiers des organisations de producteurs et ils vont négocier collectivement le lait du Grand Ouest ou le lait du Nord de la France avec les industriels ça a marché 3 ans de boulot de la constance une vraie politique publique une vision de long terme ça marche je te coupe

2:48
Bruno Le Maire

revenons un peu à la géopolitique à la guerre économique aux agriculteurs tiens qu'est-ce qui qu'est-ce qui est le liant de tous ces problèmes l'énergie les engrais les intrants les pesticides et tout un tas de choses là la France se retrouve fâchée avec Popov 1er se retrouve un peu coincée avec l'Iran nos agriculteurs ils ont vu le prix des engrais exploser ils vont forcément être obligés de le répercuter ils se font pressurer par les centrales d'achat ils se suicident à gogo la souveraineté alimentaire française tu la juges comment pour les deux prochaines années et tu vas me faire un scénario avec deux prochaines années et la guerre avec les Russes qui arrive

3:38
Présentateur

très difficile je le vois de manière très difficile l'industrie je te l'ai dit on a apporté la preuve en sept ans tu peux relancer honnêtement on a ce qu'il faut on a l'énergie nucléaire on a des talents on y reviendra il faut qu'on investisse sur les semi-conducteurs sur les logiciels sur l'intelligence artificielle mais on a des possibilités l'agriculture c'est plus dur parce que c'est plus long et que les chiffres ils sont malheureusement la chiffre c'est les chiffres quand j'étais mis à l'agriculture 9 milliards d'euros d'excédent la balance commerciale agricole aujourd'hui 200 millions si c'est pas négatif c'est un drame c'est un drame t'as des pans anti-agriculture qui sont dans des difficultés pas possible tu vas dans le Bordelais tu discutes avec les viticulteurs compliqué j'étais à Jarnac il n'y a pas très longtemps tu vas à la région de Cognac Cognac très difficile avec en plus le risque que Donald Trump impose des tarifs sur ces produits des fruits et légumes quasiment impossible de faire la compétition avec l'Espagne et le Maroc et le Maroc donc c'est très difficile le blé regarde les rendements tu as des sécheresses donc tu as des rendements qui dans des bonnes terres étaient chez moi dans l'heure à 110 quintaux à l'hectare ça a tombé à 80 à 75 70 tu as des endroits où c'est à 60 quintaux à l'hectare tu es proche de Saint-André ?

5:14
Bruno Le Maire

Tu es proche de Saint-André ?

5:15
Présentateur

Saint-André-le-Leur ? je suis juste à côté de Saint-André-leur j'ai été élu juste à côté on a lien d'ailleurs avec l'industrie parce que l'industrie de la sous-traitance automobile a fermé sur le plateau de Saint-André où j'ai été élu pendant 15 ans dès que tu as une usine qui ferme tu as une permanence du Rassemblement National qui ouvre mais je reviens à l'agriculture c'est dur et on va être obligés d'inventer une agriculture nouvelle face à un réchauffement climatique qui est là et qui, de toute façon, en termes de type de culture, d'irrigation, d'utilisation de l'eau, va absolument tout bouleverser.

Donc, on doit être massivement derrière nos agriculteurs, on doit inventer l'agriculture qui est compatible avec ce changement climatique, qui, je le reconnais bien volontiers, on aurait peut-être dû écouter davantage les gens du GIEC, les experts, c'est possible, mais on est tous surpris, quand même, disons, de la réalité, tous, par la brutalité de ce qui se passe actuellement.

6:08
Bruno Le Maire

Je conseille à notre communauté de regarder, d'ailleurs, les deux superbes interviews qu'on a faites avec les deux patrons du GIEC.

6:14
Présentateur

Oui, bien sûr, j'ai regardé, c'est passionnant, donc, ils te disent les choses, ils ont raison, c'est compliqué de comprendre qu'on vit dans un autre monde. Pourquoi je dis autre système ? Parce qu'autre monde, et ça vaut pour l'agriculture. Deux ans de guerre économique, ok ? Je pense que l'un des secteurs qui sera le plus en difficulté, c'est le secteur agricole.

6:33
Bruno Le Maire

Tu connais le proverbe, quand il n'y a plus de foin dans les râteliers, les chevaux se battent. Comment la classe moyenne française, qui gagne autour de 2000 balles par mois, va pouvoir réencaisser entre 5 et 12% d'inflation sur les deux prochaines années ? Comment elle va faire ? Quand tu commences à voir des gens qui sautent des repas, des étudiants qui ne mangent plus, comment tu veux mettre de l'énergie dans le peuple français pour construire notre avenir ?

On a l'impression de vous voir, nous on vous contemple, on vous observe, on a quelques coups d'avance sur vous, on vous voit réagir d'une façon symptomatique, vous anticipez franchement pas grand chose, on a été prépositionné sur des sujets, on a vu qu'il n'y avait personne et qu'on était tout seul, on s'est dit merde, on va les ennuyer un peu pour qu'ils s'intéressent à nos sujets. Ça a été très compliqué. Quand on vous observe, on dit gouverner c'est prévoir. Putain, mais vous ne gouvernez pas les gars ! Je fais deux remarques là-dessus. Un... Trop kif, hein ?

7:38
Présentateur

Oui, toujours. Un, je ne vis pas sur la lune. J'ai de la famille, j'ai des amis. Qu'est-ce qu'ils te disent ? Aussi, ils vivent avec 2000, 2500, 3000. Je ne vis pas qu'avec des gens qui ont des niveaux de rémunération très élevés. Je parle aux gens. Voilà, j'ai ma vie. Je suis libre avec des gens qui ont la même vie que la tienne, la même vie que des millions d'autres Français. Je discute avec eux tous les jours. La deuxième chose, c'est qu'on a été capable d'anticiper sur un certain nombre de sujets. Il ne faut pas l'oublier. Donc c'est possible. Le nucléaire. Qui a relancé le nucléaire ? Ce n'est pas Macron. Pardon, mais...

8:17
Bruno Le Maire

Fermer Fessenheim, prévoir d'en fermer combien ? Il voulait en fermer 13.

8:21
Présentateur

Ok, moi, Fessenheim, j'ai pris des positions là-dessus qui étaient très claires. Donc je suis solidaire du gouvernement. Mais enfin, je me suis battu depuis 2017, au moment où je suis arrivé ministre de l'Économie, pour relancer le nucléaire. Et là, les faits, ils sont sans appel. On a ouvert Flamanville. Ça a pris du temps. Mais on a réussi, pour la première fois depuis des années et des années, à relancer une tranche de réacteurs nucléaires. On a lancé la construction de 6 EPR. Et je me suis battu pendant deux ans. Deux ans.

Et je peux dire que la négole n'a pas été facile avec G, avec les Américains, avec les Russes, tout le monde, pour qu'on rapatrie les fameuses turbines arabelles d'Alstom, dont la branche énergie avait été vendue à G. Par qui ? Qu'on la rapatrie. Par qui ? Par le gouvernement précédent. Non, et par qui ? Par le business d'économie du gouvernement précédent. Qui s'appelait ? Ok. Qui s'appelait comment ? Mon sujet, c'est de regarder devant. Qui s'appelait comment ? Il s'appelait Emmanuel Macron, mais moi je regarde devant.

9:14
Bruno Le Maire

T'as été visiter son bureau pourri au ministère de l'économie, tout dans le noir, devant l'ascenseur ?

9:18
Présentateur

Non, c'est pas... Enfin, je pense que si on considère qu'on réglera tous les problèmes de la France en accablant le président de la République, actuel ou précédent, on se plante complètement.

9:28
Bruno Le Maire

Tu sais, à qui tu parles Bruno, on est un peuple français. On est des putains de régicides.

9:33
Présentateur

Mais je le sais bien.

9:34
Bruno Le Maire

Donc, il faut arrêter de prendre les français pour des débiles.

9:37
Présentateur

Je n'ai jamais pris un seul français pour un débile. Sauf parfois moi-même, quand je fais des conneries. Je reviens à l'anticipation. Sept ans à Bercy. On ouvre la Manville. On relance les EPR. On lance la production de six. On en prévoit huit. Je relance une filière de formation, d'ingénieurs, de techniciens de maintenance, de soudeurs nucléaires. Je te stoppe. Et je rapatrie à Rabel. Je vois Agnès Pannier-Rudaché. Et je rapatrie à Rabel chez ASTOM. Agnès Pannier-Rudaché fait un boulot super. Commise de l'énergie à mes côtés sur ce sujet. Tant mieux.

10:09
Bruno Le Maire

Elle dit qu'on va engager 100 000 personnes dans la filière nucléaire. Je demande à Agnès de nous fact-checker. 2020-2030, tu sais combien ça fait de personnes par un jour qu'il faut engager, former ?

10:26
Présentateur

On verra si on tient ces objectifs. Ils sont honnêtement très ambitieux. Et moi, je te dis juste que j'ai trouvé en arrivant comme ministre de l'économie à Bercy. Un bourbier. Mais même pas un bourbier. Des ruines. On a foutu en l'air le nucléaire. Enfin, on l'a foutu en l'air sciemment par idéologie. On ne veut plus du nucléaire. On ferme Fessenheim. On n'envisage plus aucun projet. Les gens, ils regardent. Ils disent, bon, ok, je n'envoie pas mes enfants faire soudeur nucléaire au centre de formation des apprentis de la Manche. Ce n'est pas possible. Puisque ça n'a pas d'avenir. Moi, je suis arrivé, je dis, le nucléaire, j'y crois. J'y ai toujours cru. Pourquoi ?

Parce que c'est un avantage compétitif formidable. C'est bien arrivé. C'est décarboné. Disponible. Pas cher.

11:06
Bruno Le Maire

J'ouvre une parenthèse. Moi, j'ai un de mes voisins. Il doit avoir 25 piges ou 28 piges. Il est volontaire. Alors, je lui ai dit, à la NPE, comment tu appelles ça, France Travail ? France Travail. Ok. Tu lui dis, tu veux aider le pays. Tu veux devenir soudeur pour réacteur nucléaire. Il a déjà un CAP ou un BEP soudeur. Il va voir la NPE. Il dit, moi, je veux aider le pays. Je veux être soudeur nucléaire. Et je lui dis, tu préciseras bien que tu veux remplacer les Américains qui viennent souder chez nous. La nana, elle ne lui a pas conseillé le bon centre d'apprentissage.

11:43
Présentateur

Tu diras à ton copain, de ma part, qui va... Kim, je t'embrasse. Voilà. Tu diras, et c'est Kim, tu lui diras, un, c'est un super métier. Deux, c'est 4 à 5 années de formation. C'est-à-dire, j'ai discuté avec les soudeurs nucléaires qui faisaient la réparation des tranches qui étaient victimes de corrosion sous contrainte. J'ai vu à quel point c'était compliqué. Je pense que l'IA, d'ailleurs, va aider. Parce qu'on va pouvoir mettre des machines à la place de mettre des gens qui vont vérifier la tuyauterie et la corrosion sous contrainte. 5 ans de formation. Il y a des centres de formation des apprentis, notamment du côté de la règle, du côté de la manche.

EDF a ses propres centres de formation des apprentis. Il sortira de sait combien il va gagner par mois.

12:22
Bruno Le Maire

5.006.

12:23
Présentateur

Oui, à peu près.

12:23
Bruno Le Maire

Tu sais combien il va gagner en Australie ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Tu sais combien il va gagner en Australie ? Peut-être plus. 12.000 balles. Oui, déjà. Tu sais combien il va gagner en tant que plongeur sur plateforme pétrolière ? Parce que là, il est en train d'abandonner la France. C'est un mec qui est costaud, qui est motivé, qui est patriote, qui s'intéresse à tout. Putain, il me dit, moi, je me barre en Australie. En France, c'est des connards.

12:50
Présentateur

Tu pourrais donner d'autres exemples. On peut donner l'exemple des infirmières qui se trouvent à Evian, qui vont travailler à Evian, qui ont touché 1.500, 1.600 euros par mois, peut-être 1.800. Des horaires de dingue ? En Suisse, elles sont à 4.000. On le sait tous. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que notre modèle est en bout de course. Un modèle qui finance toute la dépense et une dépense excessive, parce qu'il y a plein de dépenses qui sont complètement inutiles et qui ne servent absolument à rien. Et qui le finance uniquement sur ceux qui bossent, c'est mort, c'est fini, on ne peut plus. Il y a personne qui paye l'impôt sur le revenu en France.

Il y en a un peu moins de 50 %, soit 46, 47 %. Il y a 46 % des Français qui font tourner la boîte. Il y a 10 % des Français, tous ceux sur lesquels on tape tout le temps, mais enfin, c'est des gens qui bossent. Il y a 10 % des Français qui payent 70 % de l'impôt sur le revenu. Donc, c'est ça la réalité française. C'est que tu accables les gens qui bossent avec des dépenses publiques excessives pour financer des services publics qui, n'étant pas suffisamment indépendants, ne fonctionnent pas bien. Je propose un autre modèle dans lequel tu réduis la dépense publique, tu acceptes d'avoir moins d'aide, moins de subventions, moins de soutien.

Revenu de solidarité active, est-ce que vraiment RSA, ça a du sens ? Qu'il y ait une allocation, pour ceux qui sont vraiment en difficulté, qui… C'est quoi être vraiment en difficulté ? Vraiment en difficulté, ce n'est pas pouvoir bosser.

14:10
Bruno Le Maire

Parce que quand tu es en RSA, tu es en archi-difficulté, non ? Non, ce n'est pas vrai, tu as de tout dans le RSA. Ok, tu as déjà essayé de vivre à 450 balles par mois ?

14:18
Présentateur

D'abord, ce n'est pas 450, c'est 650, le RSA. 650, en vrai. Ce n'est pas la même chose. Je suis d'accord avec toi. Et ensuite, tu as différentes populations qui sont sous le même régime du revenu de solidarité active. Ça montre à quel point on n'est pas suffisamment efficace et exigeant. Qu'une personne qui est en situation de dépression profonde, qui est victime de schizophrénie, qui ne peut pas aller bosser, que la collectivité l'aide, ça s'appelle la solidarité. J'y crois à fond. Mais il n'y a pas de solidarité. Si, dans le même temps, tu payes 1 200, 1 300 euros comme un revenu régulier des gens qui pourraient travailler et qui ne travaillent pas, c'est peut-être une minorité, bien sûr.

Mais le système ne peut pas fonctionner de cette manière-là. Je trouve bien avec les fonctionnaires, quand même. Les fonctionnaires font un super boulot. Je dis juste que... Ils ne sont pas efficaces. Je n'ai jamais dit qu'ils n'étaient pas efficaces. C'est-à-dire que tu as des hauts fonctionnaires qui, parfois, s'enferment dans des visions qui ne sont pas les bonnes. Mais les fonctionnaires en France, ce sont des gens qui sont absolument formidables. Je dis juste qu'aujourd'hui, est-ce que vraiment, en 2026, avoir l'emploi à vie, c'est justifié et c'est un graal ? Est-ce qu'on ne peut pas inventer un autre modèle plutôt que l'emploi à vie du statut de la fonction publique ?

15:32
Bruno Le Maire

Tu vas augmenter nos fonctionnaires, donc, parce que...

15:35
Présentateur

Non, je proposais la suppression de la fonction publique territoriale. Je veux dire, regarde le modèle dans lequel nous sommes. Pourquoi est-ce que je veux changer de système ? Je reviens toujours à la même chose. Le jardinier de la ville d'Evreux, dont j'ai été l'élu pendant des années, il est employé à vie sous statut de la fonction publique. Le militaire qui va combattre...

15:54
Bruno Le Maire

Est-ce que tu as vu comment les fleurs d'Evreux sont super bien tenues ?

15:56
Présentateur

Le militaire qui va combattre sur un terrain d'opération extérieure, qui est au cœur des activités de sécurité des Français, qui risque sa vie pour toi, pour moi, pour tous ceux qui nous écoutent. Il est embauché en contrat pour 5 ans. 75% des militaires français sont embauchés en contrat pour 5 ans. Tu trouves que tout ça est raisonnable ? Tu trouves que ça tient encore la route ? Donc non, l'échéance de 27, ça doit être le moment où on ne se contente pas de dire aux Français je vais mettre une ristine ici ou là. Le système est mort, je vous propose un autre système. Il n'y a personne pour assumer ton truc. Mais je l'assume devant toi. Mais tu vas te présenter.

Je l'assume sur la fonction publique. Tu te présentes aux élections, oui ou merde ? Mais pour le moment, je ne me présente pas aux élections. Mais donc tu fais de la flûte. Non, je ne fais pas de la flûte. J'utilise ma liberté pour dire ce qui me paraît nécessaire pour le pays. Oui, on peut imaginer d'avoir des fonctionnaires qui aient des conventions particulières mais qui ne soient pas forcément employés à vie, sous statut de la fonction publique à vie, ce qui permettra de mieux les rémunérer, ce qui permettra de diversifier leur carrière, ce qui permettra de leur ouvrir une deuxième ou une troisième carrière dans un monde où tout change extraordinairement rapidement.

Oui, on doit financer autrement notre modèle social qu'en ayant des charges monstrueuses sur une feuille de paye qui est longue comme un jour sans pain. Moi, j'avais proposé que la feuille de paye et que c'est 56-57 lignes, on la ramène à 10 ou 15 lignes. Tout le monde était contre. Pourquoi ? Parce que ramener à 10 ou 15 lignes, c'est montrer ce qui se cache derrière cette complexité de la feuille de paye. C'est des prélèvements pour ceci, pour cela, pour le versement de transport, pour la formation. Des prélèvements qui ne sont pas tous justifiés et qui fait qu'à la fin, tu as un salaire qui est insuffisant. Moi, je propose pour les salariés qu'on crée un 13e mois.

Tu proposes sous quelle égite de quelle institution, de quel parti ? Je propose comme citoyen. Tous les citoyens sont libres de faire des propositions. À un moment, il va y avoir un grand débat démocratique. Débat démocratique, ce n'est pas de savoir si un tel a une meilleure tête que l'autre. C'est de savoir qu'est-ce qu'on imagine pour le pays. Tu as dit débat démocratique ? Non, mais Bruno... Aujourd'hui, tu n'en as pas. Enfin, on en a aujourd'hui. Mais c'est bien ce qui manque.

18:05
Bruno Le Maire

Le référendum, à chaque fois, je vais être encore vulgaire, parce que tu es prof de français, tu vas comprendre. Mais vous vous torchez avec l'opinion des Français, les gars ? Maastricht ? Vous vous torchez avec ?

18:18
Présentateur

Alors, lis ce que j'ai écrit sur le sujet, justement.

18:20
Bruno Le Maire

Balance, fais-moi un résumé en trois lignes.

18:22
Présentateur

On a le vote sur le traité constitutionnel. On dit aux Français, vous avez voté. Et on va vous écouter. Ils disent non. Qu'est-ce qu'on fait ? On soumet le texte au Parlement. Et les parlementaires, dont moi, votent pour le texte. Je veux dire, au moment où j'ai fait ça, je ne suis pas sûr que j'avais réalisé ce que je faisais. Je le dis là aussi avec beaucoup de franchise. Et qu'est-ce qu'on a fait ? On a contourné le vote du peuple français par les parlementaires français, dont le député de l'heure que j'étais.

Et en faisant ça, non seulement on a manqué de respect vis-à-vis des Français, mais je pense qu'on a abîmé la démocratie représentative, parce que les Français se sont dit, mais ce n'est pas nos représentants, puisqu'ils votent contre nous. Lisbonne 2005. Ils votent contre nous. Ils votent contre ceux qu'on a voté. Donc la conclusion que j'en ai tirée, c'est que maintenant, on est face à un choix qui est un choix absolument fondamental pour la démocratie française. Est-ce qu'on se dit, dans le fond, le peuple, tu le disais, peuple régicide, peuple en colère, il faut s'en méfier, et donc on va imposer aux Français ce qui est nécessaire pour que le pays se redresse ? On se plantera.

Ou est-ce qu'on se dit, il faut que le peuple français puisse s'exprimer davantage ? La première demande des gilets jaunes, c'était le référendum d'initiative citoyenne. J'y suis favorable. Le RIC ? Le RIC. Moi, je suis favorable à ce qu'un nombre plus restreint, aujourd'hui, il y a un référendum d'initiative populaire, il y en a un qui avait été lancé quand j'ai voulu privatiser ADP, ça ne pouvait pas aboutir, parce qu'il faut, je crois, 4,5 millions de signatures, 185 parlementaires, enfin, c'est tellement compliqué que c'est fait pour ne pas aboutir. Tu voulais privatiser ADP ? Oui, je continue. Tu as un nouveau Dominique de Villepin avec nos autoroutes ?

Tiens, je pense qu'il faut céder massivement des participations de l'État dans des entreprises où il est en situation de rente, pour investir dans ce qui est absolument clé, ce que fait d'ailleurs Donald Trump avec Anthropik, c'est que nous investissions dans les entreprises de la tech. C'est quoi ce qui fera l'indépendance française demain ? C'est d'avoir un géant de la tech, c'est d'avoir notre propre intelligence artificielle, et d'avoir notre propre stockage de données. Ben oui, je pense... T'as oublié le principal, là. Les semi-conducteurs ? Non, l'énergie. Et l'énergie, on va y revenir.

Mais je dis simplement, oui, je pense qu'il faut céder les participations à la française des jeux, céder les participations dans Orange, céder les participations dans Engie, ça te fait plusieurs milliards d'euros, et tu les réinvestis dans ce qui est l'avenir de la nation, c'est-à-dire la tech, les semi-conducteurs et l'intelligence artificielle. Je reviens juste au référendum parce que c'est fondamental. Je souhaite que les Français puissent s'exprimer plus régulièrement. Ça fait plus de 20 ans qu'il n'y a pas eu de référendum organisé dans notre pays. Qu'on puisse le faire avec peut-être une barre à 800 000 ou 1 million de votants.

Qu'on le fasse avec l'accord du Conseil constitutionnel, pour s'assurer que ça reste dans un cadre qui est un cadre constitutionnel. et qu'on puisse élargir les sujets sur lesquels on pourra consulter les Français par référendum. Et que ça devienne une habitude et pas une exception. Je propose qu'on le fasse aussi au niveau local. Les référendums locaux, c'est une façon aussi de permettre aux gens de participer, de donner leur opinion. Il y a deux façons de voir l'avenir de la démocratie française. Contre le peuple ou avec le peuple. Si on veut que le peuple français se réconcilie, ce sera avec lui, pas contre lui. Sinon, t'es mort.

21:50
Bruno Le Maire

Il y en a qui pensent qu'ils ne seront pas morts. Je pense qu'ils se trompent. Quand Emmanuel Macron dit, à un moment, ils vont venir me chercher, qu'ils viennent, ou quelque chose comme ça, où ils vont finir par me buter, où il a une horreur pareille. Tu sens qu'on est en période préinsurrectionnelle, là ?

22:09
Présentateur

Un responsable politique qui n'a pas vu en face de lui ce que peut être la colère du peuple français ne peut pas diriger le peuple français. Moi, je l'ai vu comme ministre de l'Agriculture. Je me souviens d'être allé, en pleine crise agricole, au salon de l'élevage à Rennes. J'ai pris très cher. J'ai pris très cher. C'est des choses qu'il faut avoir vécues, sinon tu ne peux pas diriger le peuple français. Je suis arrivé avec ma voiture, à l'époque c'était une C6 Citroën, je m'en souviens très bien, bleu marine. Ils faisaient un temps de merde. C'est une belle, genre un peu DS ? Oui, tout ronde, un peu genre DS. Et du pognon, on doit, non ? Un peu genre DS. C'était les sièges en cuir ?

Oui, c'était probablement les sièges en cuir, c'était le ministre de l'Agriculture, et j'arrive à Rennes, il flottait, je n'ai pas un très beau temps, et tu sens, en arrivant, les gens ne te regardent pas, il y a plein de monde, il y a des milliers de personnes, les gars sont en colère, ça se voit, ça se sent, il y a une tension, tu descends de ta voiture, il y a une tension. Les agriculteurs se ruent sur toi, il y a le patron de la FNSEA, qui est décédé depuis, qui était un type absolument formidable, et qui a eu une attaque sur son vélo, un type que j'aimais beaucoup. Il dit, honnêtement, Bruno, là, ça ne se passe pas bien.

Pardon, j'ai oublié son nom, je vois sa figure, j'ai oublié son nom. Ça doit être l'âge. Et vraiment, on ne sait rien me revenir. Alzheimer ? Non, ce n'est pas Alzheimer, c'est suffisamment grave Alzheimer, on ne peut pas jouer avec ça, mais il m'arrive que les noms m'échappent. Mais le cœur n'oublie pas. Mais le cœur n'oublie pas la figure. Moi, c'est ça que je retiens. C'est la figure, c'est le visage, c'est le regard qu'il a eu en arrivant. Il était presque gêné. Il me dit, Bruno, honnêtement, ça ne va pas bien se passer. Les gars se rapprochent de toi. Tu es coincé entre ta voiture et les gars qui se rapprochent petit à petit, qui te gueulent dessus. Il n'en s'en sort pas. On crève.

On est ici, là, nous voir. On est aux eaux, mais nous, on crève. J'essaie de calmer, d'avoir des paroles pour essayer d'apaiser un petit peu. Et puis là, du fond de la foule, il commence à y avoir une canette qui jaillit, puis une tomate, puis une pierre qui arrive sur la bagnole. Et là, on se dit, putain, il faut revenir dans la voiture à toute vitesse. La sécurité n'arrive pas à contenir les choses. Les CRS qui sont là n'y arrivent pas. Ça tourne vraiment à l'émeute et on se retrouve coincé dans la nette Géco pendant plusieurs heures avec les agriculteurs autour. Et les gars, je les comprends. Je les comprends, les gars. Ils crèvent. Qu'est-ce que tu veux qu'ils fassent ?

Un type, il débarque de Paris avec la C6 et il leur dit ça va aller bien. Non, ça ne va pas aller bien. Un peu comme Macron avec le feu. Donc tant que tu n'as pas vécu ça, tu ne comprends pas ce que c'est que les Français et que ce que c'est que le peuple français. Il y a des gens qui souffrent. Il y a des gens qui sont en difficulté extrême. Et tu as des gens qui sont au bord de la rupture. Et le grand défi des années qui viennent, c'est justement de montrer à quel point notre pays a des ressources tellement exceptionnelles qu'on va y arriver et qu'on peut y arriver mais ensemble.

Si on tombe dans l'affrontement des uns contre les autres, dans l'incompréhension et l'incapacité de se parler, c'est pour ça que je viens ce matin. C'est pour avoir cet échange-là. Ce n'est pas ce matin, c'est ce soir. C'est ce soir.

25:29
Bruno Le Maire

Tu me fais du Jean-Louis Borloo, là, non ? Non, j'aime beaucoup Jean-Louis. D'ailleurs, on lui passe le coucou. J'espère qu'il va bien.

25:36
Présentateur

Oui, je lui passe le coucou et je lui souhaite surtout un bon rétablissement. Mais toute personne qui a beaucoup d'expérience politique en France sait que le plus grand défi qu'on a devant nous, c'est de rester rassemblés. Tu vois qui pour se rassembler ?

25:49
Bruno Le Maire

Putain ! Regarde comment les politiques sont détestées. On regarde l'Assemblée nationale. Mais c'est des clowns ! Quand on voit les Sénètes...

25:57
Présentateur

L'Assemblée nationale donne un bon exemple.

25:59
Bruno Le Maire

Mais c'est qu'entre la buvette où il se déboîte, entre l'autre qui se fait attraper avec des choses illicites...

26:08
Présentateur

Il reste, je vais te dire, il reste plein de gens bien... Qui ? Donne-en 5, s'il y en a plein. Il s'en donne 5. Jean-Louis Borloo est un type qui est absolument formidable. Il a compris qu'il fallait ce changement totalement radical. Le maire de... Je crois qu'il allait me dire Bruno, putain ! Quel beau trou ! Le maire d'Annecy est un type formidable. Il a gagné cette ville. Je pense qu'il la comprend bien. Lissnard ? Lissnard est un type très bien. On est d'accord, on n'est pas d'accord avec lui. Moi, ce que j'aime avec David Lissnard...

26:41
Bruno Le Maire

C'est qu'on peut se castagner sur un ring

26:43
Présentateur

et que le mec assume ses positions. Il assume ses positions comme j'assume les miennes. Quand je te dis le système est mort, on change de système. Ça vaut pour la fonction publique, ça vaut pour l'organisation territoriale, ça vaut pour l'autorité de l'État. Oui, il faut rétablir une chaîne pénale pour que le garde des Sceaux puisse donner des instructions au procureur pour que lorsqu'on décide que les violeurs d'enfants, c'est une priorité absolue, on s'assure que cette politique pénale soit mise en œuvre. Moi, j'assume les positions.

27:09
Bruno Le Maire

L'affaire Epstein, t'en es où ? Paris, c'était quand même un putain de hub pour lui.

27:12
Présentateur

Je ne sais absolument pas ce que fabriquait Epstein à Paris. Je ne sais absolument pas quels étaient ses liens avec les uns et les autres.

27:21
Bruno Le Maire

Que Broupivet refuse de diligenter une enquête, tu en penses quoi ?

27:26
Présentateur

J'en pense que plus de transparence mènera à plus d'apaisement. Tu parlais de liberté il n'y a pas très longtemps ? Ça vaut pour beaucoup de sujets. Il ne faut pas avoir peur de la transparence. Il faut dire les choses, les gens se feront leur avis, mais si tu ne te donnes pas de la transparence, tu nourris le complot. Et le complot nourrit le conflit. Or, ce que je veux éviter pour mon pays, c'est le conflit. Et je pense qu'on a des atouts tellement exceptionnels. Je t'en ai cité avec le nucléaire, on a cité l'agriculture, on pourrait citer mille autres choses qui montrent que le pays a des ressources qui sont totalement exceptionnelles. En se rassemblant, on va y arriver.

La vraie menace... Ensemble, on est plus fort. Ensemble, on est plus fort. La vraie menace, c'est la division. Surtout en ce moment. Surtout en ce moment. C'est la polarisation. C'est l'incapacité à se parler. C'est la haine. C'est les attaques. Quand tu vois la France insoumise... Les attaques qui sont légitimes. Non, oui, il y en a qui ne le sont pas non plus. Il y en a beaucoup qui ne le sent pas. Il y a peu d'attaques qui sont légitimes. Lesquelles ? Il y a peu d'agressions qui sont légitimes. Quand je vois la France insoumise... Je te raconte un truc. Je fais une commission d'enquête de la France insoumise sur les fonds d'investissement.

28:36
Bruno Le Maire

Les seuls qui ont voté contre l'espèce de fliquage sur Internet, d'ailleurs. Et on tient à les remercier pour ça.

28:42
Présentateur

On pourra y revenir. Mais la France insoumise. Trois heures de commission. Je leur reproche... T'as écrit en face ? J'avais des députés de la France insoumise. Aucun autre député n'était présent. C'était les seuls qui étaient présents. Je leur reproche... C'est ça ? C'est ? Les seuls qui bossaient ? Ce ne sont pas les seuls qui bossaient, mais je pense qu'ils voulaient se faire l'ancien ministre de l'Économie. Donc, ils étaient venus pour ça. À un moment donné, ils citent des noms. Ils les donnent en pâture au grand public en les accablant de critiques. Je leur dis, mais attendez, ça, c'est des méthodes de coupeurs de tête.

Pourquoi est-ce que vous donnez les noms d'anciens collaborateurs qui ont très bien fait leur job ? C'est des méthodes de coupeurs de tête. Fin de la commission des affaires économiques. Un des députés vient me voir hors caméra et me dit, face à moi, vous savez, on est vraiment des coupeurs de tête et vous êtes très haut sur notre liste. C'est quoi ces méthodes ? C'est français. Non, ce n'est pas français. Ce n'est pas français. C'est la France insoumise. C'est les extrêmes. C'est la violence inacceptable. Cette influenceuse qui a été empêchée d'intervenir parce qu'elle était de confession juive. Et toutes les bornes ont été franchies. Là aussi, pardon, j'ai oublié son nom.

Mais toutes les bornes ont été franchies. quand on commence à empêcher quelqu'un

30:00
Locuteur

de se dérouler. C'est la France insoumise. C'est la France insoumise. C'est la France insoumise. C'est la France insoumise.