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interviewÉlysée· 4 mars 2023 38 min

Discours du Président Emmanuel Macron et du Professeur Muyembe sur la recherche scientifique.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

1:32
Présentateur

Avec l'autorisation de... Mesdames et messieurs, dans notre pays, comme vous le savez, la République démocratique du Congo reçoit, depuis hier soir, les présidents de la République française, je disais, son excellence, monsieur Emmanuel Macron. Je m'en vais directement vous faire l'économie de notre programme de cet après-midi. Nous allons commencer d'abord par le mot des circonstances de son excellence, messieurs les ministres de la Santé publique, hygiène et prévention. Ensuite, ça sera à l'adresse du directeur général de l'INRB, le professeur Jean-Jacques Mouyimbé, sur la recherche scientifique d'aujourd'hui pour l'Afrique de demain.

Ensuite, interviendra le mot de son excellence, messieurs les présidents de la République française. Et juste après, il y aura la signature du protocole, du confrétion, vous l'avez dit, du projet PRISM. Mesdames et messieurs, sans plus tarder, j'invite son excellence, messieurs les ministres de la Santé publique, pour son mot.

2:50
Invité

Excellence, monsieur le président de la République française, avec l'expression de mes hommages les plus différents. Excellence, monsieur le ministre de la Récheuse scientifique et innovation. Monsieur le directeur général du CDC Africa, messieurs les ambassadeurs de la France, Japon, Belgique et de l'Union africaine en RDC. Mesdames et messieurs les représentants et délégués des agences du système des Nations unies en RDC. Monsieur le secrétaire général de la Santé publique, hygiène et prévention. Monsieur le directeur général de l'Institut national de recherche biomédicale, en sigle INRB. INRB.

Mesdames et messieurs les directeurs centraux et des programmes spécialisés du ministère de la Santé publique, hygiène et prévention. Mesdames et messieurs, en vos titres et qualités respectives. Le 4 décembre 1984, le président François Mitterrand inaugurait l'Institut national de recherche biomédicale, INRB en sigle, fruit de la coopération scientifique entre nos deux pays. Près de 40 années plus tard, en ma qualité de ministre de la Santé publique, hygiène et prévention de la République démocratique du Congo, je suis particulièrement heureux et fier de vous recevoir, Excellence, M.

Emmanuel Macron, président de la République française, dans cet institut, devenu depuis notre principal outil de surveillance des maladies prioritaires, mais également un fleurant en matière de recherche biomédicale, grâce notamment à l'appui de nombreux partenaires dans la France. Nul ne peut en effet contester que les conditions qui ont milité à la création de cet outil de recherche et de santé publique sont plus que jamais d'actualité au regard de l'émergence et réémergence des pathogènes dangereux que sont Ebola, les virus de Mancobox, COVID-19 et tant d'autres, à la base des épidémies et pandémies qui perturbent la santé mondiale.

La gestion de ces émergences exige une collaboration internationale, car ces pathologies n'ont pas de frontières. La récente pandémie de la COVID-19 en est d'ailleurs une parfaite illustration. La prévention de ces émergences nécessite donc une parfaite collaboration en termes d'informations, permettant et surtout favorisant une collaboration scientifique entre les États. C'est ainsi que je salue très chaleureusement, M. le Président, votre initiative dénommée « Preventing the Nautic Disease Emergency », lancée depuis quelques années pour prévenir les émergences zoonotiques.

Cette thématique, il faut le souligner, rencontre parfaitement la vision de notre président, chef de l'État, Son Excellence, M. Félix-Antoine Sécredi-Chilombo, qui a fait de la prévention et gestion des épidémies une des priorités de son mandat. Excellence, M. le Président de la République, Distingués invités, Mesdames et Messieurs, Enfin, pour conclure, je ne puis que faire part de mon extrême satisfaction a co-signé ce jour la Convention de la plateforme de recherche internationale sur la santé mondiale en sigle PRISM.

La signature de cette convention consacre à mon humble avis le retour de la coopération scientifique entre nos deux pays au travers d'une part l'Institut national de recherche biomédicale, l'Université de Kinshasa et d'autre part l'Institut de recherche pour le développement, l'Institut de santé de recherche médicale INSERM en sigle, l'Agence nationale de recherche sur le sida et les maladies émergentes et enfin l'Université de Montpellier.

C'est donc avec beaucoup d'espoir que le gouvernement de la République s'engage à l'initiative Présode et est déterminé à accompagner les activités de la plateforme PRISM de manière à renforcer davantage la coopération scientifique entre les différentes institutions concernées afin de prévenir et de lutter efficacement contre les maladies zoonotiques émergentes et réémergentes. Excellences, j'ai dit et vous remercie.

7:50
Présentateur

Merci beaucoup, Excellences et Messieurs les ministres, pour votre mot des circonstances. Le professeur Mouyembe, c'est lui qui nous accueille ici. Je vous prie de venir prendre la parole au nom de notre institution. Professeur Mouyembe.

8:03
Invité

Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs les ministres, Excellences, Mesdames et Messieurs les ambassadeurs et chefs de mission diplomatique, chers collègues et amis, distingués invités en vos titres et qualités. Bonjour. Monsieur le Président, L'Institut national de recherche biomédicale, l'INERBÉ, qui a l'insigne honneur de vous accueillir en ce 4 mars 2023, est le fruit d'un partenariat de plusieurs pays, représentés ici par leurs ambassadeurs respectifs, qu'ils veuillent bien recevoir l'expression de notre profonde gratitude. La création et le développement de l'INERBÉ étaient liés à des opportunités que nous avons su exploiter à bon escient.

En effet, le tout avait commencé par la volonté politique du Président Mouboutou de créer un Institut national de recherche médicale, à l'instar de l'Institut Pasteur de Paris et de l'Institut de médecine tropicale d'Anvers, qu'ils venaient de visiter en 1975. Nous avions le privilège d'être alors à la tête de la Commission ADOC, chargée d'établir les termes de référence de la création d'un Institut national de recherche médicale, dont la construction sera confiée plus tard à la coopération française.

L'émergence du virus Ebola en 1976 et du VH-Sida en 1983 renforça davantage la conscience nationale de doter les pays d'un laboratoire de recherche biomédicale qui sera inauguré le 8 décembre 1984 par le Président Mitterrand lui-même et le Premier Commissaire d'État, le citoyen Kengo Wa Dondo. L'Institut était dirigé par une équipe de chercheurs français. L'INERB, fleuron de la coopération franco-zaïroise, était devenu le lieu idéal pour les analyses médicales et l'étude des viroses émergentes comme le VH-Sida. Mais, en 1993, suite à des scènes de pillage de Kinshasa, les coopérants français ont dû quitter définitivement le pays.

Les coopérations bi- et multilatérales avec les Aïrs avaient été alors interrompues, y compris le financement français pour l'INERB. Néanmoins, le développement de l'INERB avait repris grâce à divers partenariats que nous avons développés. Dans sa configuration actuelle, l'INERB se distingue par ses activités de recherche et de formation qui visent à combattre l'ignorance, socle de pauvreté et de maladie. A l'INERB, la recherche scientifique n'est plus l'apanage des seuls occidentaux et orientaux. A l'INERB, elle est notre activité phare sous forme fondamentale et appliquée.

Nous y associons aussi la pédagogie de la sérendipité, je ne sais pas si ce mot existe en France, retirée de la pérégrination des trois fils du roi de Sérendipe. Il est généralement admis qu'un bon nombre de découvertes scientifiques est faite par chance, par hasard et mieux, par sérendipité. Louis Pasteur l'a confirmé en disant « La chance ne sourit qu'aux esprits bien préparés ». De même, les chercheurs de l'INERB partent d'une simple observation clinique en guérissant sept malades d'Ebola sur huit transfusées avec le sang de convalescent d'Ebola en 1995 ont découvert quelques années plus tard, grâce à des cherches fondamentales au laboratoire, les facteurs de cette protection inattendue.

« Voilà l'origine de Banga, l'anticorps monoclonal congolais qui a sauvé des vies et transformé l'histoire naturelle de la maladie à virus Ebola en une maladie traitable. » A l'INERB, la culture scientifique se développe par la formation qui se déroule sous deux types. La formation diplômante par un partenariat fructueux avec l'Université de Kinshasa, l'École de santé publique de Kinshasa et les institutions scientifiques internationales et étrangères. A mon avènement à la tête de cet institut, en 1998, j'étais le seul docteur à thèse. Aujourd'hui, nous en avons plus de 20 et en 2030, nous en aurons une cinquantaine. Cette belle moisson s'explique par deux faits.

Le premier est l'appui de plus en plus ferme de nos partenaires qui résolument contribuent à la formation de notre personnel scientifique. Le deuxième est l'effet que, désormais, la plupart des docteurs formés à l'étranger regagnent la RDC après leur thèse, car l'INERB leur offre un environnement propice au travail scientifique. La formation se fait sous forme de recyclage réservé au personnel scientifique local et sous-régional. La RDC est fière d'avoir partagé son expérience de plus de 40 ans de lutte contre la maladie à virus Ebola avec les autres pays africains pour les préparer à mieux faire face à des futures crises sanitaires à l'interface de la santé homme-animal-environnement.

Entre 2013 et 2016, le gouvernement congolais avait déployé plus de 100 experts multisectoriels pour prêter main-forte à la Guinée, frappés pour la première fois par le virus Ebola. Les experts de l'INERB y étaient restés deux ans pour assurer les diagnostics de laboratoire et former les collègues guinéens. La cérémonie d'aujourd'hui coïncide avec la fin de la deuxième session du programme de formation régionale pour le renforcement des capacités diagnostiques de maladies émergentes et réémergentes que l'INERB organise chaque année en collaboration avec ses partenaires.

Pour cette session, nous avons reçu des participants du Burundi, Cameroun, Congo-Braza, RDC, RCA, Tchad, Gabon et Guinée-Conakry. Enfin, le développement de l'INERB s'explique par ses infrastructures de recherche et de formation de haut niveau. Jadis, le retour au pays était une exception. La règle était la fuite de cerveau. Les chercheurs congolais étaient comparables à l'albatros de Baudelaire, ce roi d'azur qui, une fois écroulé sur le pont d'un navire, devient la risée de Matelo. De même, les chercheurs congolais excellent à l'étranger.

Mais une fois descendus sur le sol congolais, devient parfois la risée de l'homme politique, voire de la population qui les traite d'économistes de chambre, parce qu'ils s'enferment dans sa tour d'ivoire académique et restent déconnectés de la réalité du terrain. Le 4 mars 1868, à l'Académie des sciences, Louis Pasteur déclarait tout haut « Prenez intérêt à ces demeures sacrées que l'on désigne du nom expressif des laboratoires. Demandez qu'on les multiplie, ce sont les temples de l'avenir. » Comme signe du destin, en ce 4 mars 2023, l'Inherbé est l'un de ces temples.

Ce vœu, dont le vœu de Louis Pasteur, ce vœu, ont été exaucés également par l'installation en 2020 du laboratoire Rodolphe Mérieux de l'Inherbé à Goma. Messieurs les présidents, Votre visite en ce 4 mars 2023 est historique parce que la France, après 30 ans d'absence, vient concrétiser et amplifier la relance de la coopération entre l'Inherbé et les grandes institutions scientifiques françaises qui vous accompagnent. Tel est d'ailleurs le souhait de notre président, son excellence, M. Félix-Antoine Ditchekedi-Chilombo, qui, déjà, en juillet 2019, avait signé avec votre autorité la feuille de route franco-congolaise qui a permis à l'Inherbé de renforcer ses capacités. En conclusion, M.

le Président, Excellences, Distingués invités, l'histoire de l'Inherbé que je viens de vous brosser nous enseigne que la recherche scientifique demeure le levier du progrès socio-économique, surtout lorsqu'elle tient compte des opportunités qui se présentent devant elle. Il nous appartient donc de créer et maintenir cette collaboration sincère, efficace et respectueuse de nos spécificités respectives. C'est ainsi que l'Afrique de demain sera développée. Les chercheurs et décideurs politiques africains doivent être préparés à investir et à s'investir dans la recherche scientifique.

Ainsi, en Afrique, la science rayonnera là où il y a la conscience, c'est-à-dire l'éthique professionnelle, comme le rappelle avec force l'emblème de notre alma mater, scientia, plein d'être, être conscientia, que vive la coopération scientifique franco-congolaise. Je vous remercie.

19:25
Présentateur

Merci beaucoup, professeur Mouyembe, pour votre mot, à la fois historique et qui nous donne des perspectives réelles pour un avenir à Dieu au niveau du continent. Excellence, monsieur le président, qu'il me soit permis de vous demander, au nom de nous tous ici, de prendre la parole, parce qu'on a longuement parlé de la France, de la coopération. J'en suis convaincu que vous avez une réponse à ce que nous venons de suivre. Pas immédiate, mais au moins une perspective dans la coopération entre la ADC et la France. Monsieur le président, je vous prie de prendre la parole.

20:22
Emmanuel Macron

Merci beaucoup. Mesdames, messieurs les ministres, monsieur le professeur, mesdames, messieurs les ambassadeurs, ambassadrices, mesdames et messieurs en vos grades et qualités. Tout a été dit par monsieur le ministre et le professeur à l'instant et je tenais à remercier le professeur pour l'accueil à l'INRB, ce fleuron de la recherche scientifique congolaise et le remercier pour les propos qu'il vient de tenir. La sérendipité, c'est le mariage en effet du hasard et de la ténacité. Et quand on voit votre parcours et celui de votre laboratoire, il y a peut-être eu des hasards, mais on est convaincu d'une chose, il y a eu beaucoup de ténacité.

et dans le temps, une obstination joyeuse et généreuse à marier les talents, à les former, à les faire grandir, à vous équiper, à tresser les coopérations et à réussir à bâtir ici ce véritable fleuron. Alors je ne vais pas répéter ce qui a été dit. L'objectif premier était en effet de constituer une forme d'institut pasteur et d'ailleurs vous avez placé sous ses auspices votre propos, ce qui montre la fidélité à ce rêve. Il y a eu ensuite la découverte d'Ebola, le travail qui a été fait, le travail qui ensuite a permis d'aller jusqu'à l'anticorps monoclonal et les expériences très concrètes qui ont été procédées.

Puis sur ce chemin, la coopération avec la France, la présence du président Mitterrand en 1984, dont nous avons vu la photo tout à l'heure, qui va sceller une amitié, une coopération inédite. Et même si, il y a 30 ans maintenant, la France a cessé cette coopération du fait des événements politiques, jamais le lien n'a été rompu. Parce que beaucoup de vos chercheurs de vos post-docs, de vos étudiants même de quelques semestres ont continué à être formés en France et en particulier à l'université de Montpellier. J'ai pu le constater tout à l'heure en visitant le laboratoire. Une bonne partie était passée par Montpellier.

Et donc, ce lien a persisté à travers la formation, les échanges et la circulation des talents, mais avec cette volonté en effet de revenir. Et je n'ai pas vu que ni pour eux ni pour vous, ces ailes de géant vous empêchent de marcher. L'Albatros se porte bien quand il revient à Nierbet et au Congo. Et donc, au-delà de cela, il y a cette formation aussi de nombreux chercheurs et la formation de beaucoup à travers tout le continent, puisqu'on me dit qu'il y a au moins 7 pays d'Afrique centrale ici représentés avec des femmes et des hommes qui sont passés par l'Institut national de santé publique et qui ont ainsi ici appris.

Mais c'est vrai qu'il y a eu un peu moins de coopération, en tout cas, sauf ces mécanismes de formation, une présence différente. Alors, nous avons commencé à changer les choses, vous l'avez rappelé, avec la feuille de route franco-congolaise en matière de santé signée en 2019, qui nous a permis d'engager ensemble des actions ambitieuses pour lutter contre Ebola, le renforcement du système de santé congolais et la création de nouveaux partenariats scientifiques.

Et cette ambition partagée nous a permis de faire face ensemble d'ailleurs à la crise de Covid-19, où vous avez été en première ligne et où on a pu ainsi financer, contribuer à financer un laboratoire de séquençage qui vous a permis de travailler en temps réel et d'échanger les travaux avec la NRS et tant d'autres laboratoires à travers le monde. Mais aujourd'hui, nous passons une étape supérieure, c'est en effet une nouvelle page qui s'ouvre, avec la plateforme de recherche internationale en santé mondiale et cette convention PRISM.

A travers elle, c'est un partenariat nouveau et ambitieux qui se met en place entre l'INRB, l'UNIKIN, 4 institutions scientifiques françaises, l'IRD, l'Université de Montpellier, l'ANRS, l'INSERM, couvrant ainsi de nombreux domaines et les thématiques d'Ebola, la variole du singe, la Covid-19 et les essais thérapeutiques que vous avez vous-même réévoqués.

Cette étape d'aujourd'hui et ce que vous allez en faire concrètement permet de revenir à la logique, si je puis dire, originelle, mais en ayant beaucoup appris collectivement et donc en faisant encore beaucoup plus, beaucoup plus fort, parce qu'au fond, nous avons appris quelques éléments qui, à mes yeux, au-delà de la signature d'aujourd'hui, doivent guider nos travaux. D'abord, vous l'avez très bien dit, c'est que, et le ministre y est revenu aussi, tous ces virus n'ont pas de frontières, n'ont plus de frontières géographiques. Qu'elles soient régionales, à l'échelle du continent, ces virus, maintenant, s'internationalisent en temps réel et nous l'avons encore vécu ces derniers temps.

Et donc, une coopération internationale du meilleur niveau qui vient compléter les liens que vous avez avec la Belgique, le Japon et plusieurs autres pays est pertinente et vient renforcer le caractère international d'un laboratoire comme le vôtre. La deuxième chose, c'est qu'il n'y a plus de frontières entre la nature, les espèces animales et les hommes. Et là aussi, nous l'avons vécu et on en parlait tout à l'heure dans le laboratoire, il y a fort à parier que des espaces d'interaction aussi vibrants avec une biodiversité si riche seront les épicentres, on le sait, d'épisodes à venir, de zoonoses pathogènes, voire létales pour l'homme.

Et donc, il est important d'y renforcer les lieux de recherche à la pointe avec les meilleurs équipements. Et cette philosophie, si je puis dire, de recherche, alors, vous, elle vous est familière parce que c'est votre quotidien, votre savoir, elle l'était peut-être moins dans les politiques publiques de la santé nationale et internationale. Et je crois que c'est un des éléments que nous avons appris pendant le Covid qui a conduit à ce qu'on a appelé One Health.

Et pour moi, ce qui est fait ici, ce qui sera fait sur la base du partenariat et de la convention Prism est très illustratif de cette stratégie One Health que nous avons défendue maintenant depuis un peu plus de deux ans, qu'on a encore réévoquée à Libreville dans le cadre du One Forest Summit parce que c'est la compréhension justement de tous ces phénomènes qui sera clé et la capacité à faire travailler ensemble des disciplines qui se parlaient insuffisamment pour comprendre justement les interactions entre tel phénomène de biodiversité, telle espèce animale avec un virus et évidemment l'espèce humaine.

A cet égard, comme je le disais, l'émergence ou la réémergence de zoonoses pathogènes voire létales pour l'homme sont directement liées à ce que nous traitons aujourd'hui et c'est pourquoi aussi je suis très heureux, vous l'avez évoqué, monsieur le ministre, que la RDC rejoigne l'initiative Présod que nous avons lancée en 2021 et qui vient concrétiser les travaux de ce type. Et puis, dernier point, c'est que nous avons aussi appris qu'il ne fallait plus qu'il y ait de frontières entre la recherche, la recherche clinique et la capacité à traduire les réponses les plus rapides possibles sur le terrain d'un point de vue épidémiologique et de pouvoir diagnostiquer, traiter, soigner.

Si on veut éradiquer les virus dès qu'on les a identifiés et le faire au bon endroit, au bon moment, avec les bons instruments. Et c'est pourquoi, en scellant ce partenariat nouveau et en venant aussi consacrer vos travaux depuis tant d'années, je veux ici dire l'importance pour nous de deux choses qui viennent compléter ce qu'on est en train de se dire. La première, c'est de continuer de renforcer le système de santé primaire de la RDC.

Parce que faire tout ce qu'on fait avec vous aujourd'hui n'a de sens que si le jour, l'épidémie, tel virus est identifié, on a les meilleures capacités à organiser une campagne de vaccination quand vous aurez contribué à trouver un vaccin et à déployer les réponses. On l'a vu sur le continent africain, malgré le formidable travail de CDC africain, et je veux saluer son nouveau directeur général, je rendais hommage en début de semaine à cette structure qui a été remarquable, là où on a buté, vous alliez beaucoup plus vite et vous étiez souvent bien meilleur que CDC Europe. Je l'ai dit avec beaucoup d'humilité. Yacdan s'en souvient en comparer les chiffres.

Mais vous avez buté sur la faiblesse de certains systèmes de santé primaire. Et donc, il nous faut en parallèle, nous, renforcer, redoubler d'efforts pour partout sur le territoire avoir un système de santé primaire qui permet d'apporter la réponse à la population au plus vite et au plus près, et aussi d'avoir la bonne politique de prévention parce que ce n'est pas encore le cas. Deuxième chose, c'est évidemment de développer les capacités de production des traitements, des éléments de diagnostic, des dispositifs médicaux et des vaccins sur le territoire africain. C'est le coeur de ce que nous avons lancé au printemps 2021, en Afrique du Sud mais dans plusieurs autres pays.

C'est de dire ce continent qui représente 20% des besoins de vaccins à l'échelle de la planète en produit 2%. Dès qu'il y a une épidémie qui est à l'échelle mondiale, il se passe ce qu'on a déjà vécu, c'est que les gens qui les produisent les gardent d'abord pour eux et ceux qui en produisent moins sont les derniers servis. Est-ce qu'on peut légitimement considérer que c'est une fatalité et qu'on ne devrait rien faire ? Non. Donc on doit en plus aussi investir sur des capacités, pas simplement de recherche mais de production, de tout ce qui est le fruit de la recherche partenariale à laquelle vous aurez contribué.

Sinon, le risque, c'est que dans deux ans, cinq ans, dix ans, peut-être aurez-vous séquencé ici un virus, aurez-vous contribué à le découvrir. Les Européens, les Américains, les Asiatiques les plus riches auront la possibilité de produire très vite un vaccin et vous ne l'aurez que six mois ou douze mois plus tard. Il faut donc aussi que nous nous mettions ensemble en capacité de produire sur le sol africain, dans des hubs de production, des virus, quelles que soient les technologies qui reposent, enfin, pardon, des vaccins qui reposent soit sur la technique du virus mort, soit sur celle de l'ARN messager. Il n'y a pas de fatalité non plus en investissant.

Voilà les quelques convictions que je souhaitais apporter au-delà de la Convention Prisme d'aujourd'hui sur ce qu'il nous reste à faire pour les mois, les années qui viennent, avec, je l'espère, la même ténacité de celles qui vous animent, chers professeurs, le même talent et la même humilité. Vive la coopération entre l'ARN messagerie et la France et vive cette coopération scientifique et l'excellence de vos travaux.

31:12
Présentateur

Merci beaucoup, monsieur le président. Alors, on va prendre la dernière partie de notre activité. Ça sera la signature de la Convention Prisme. J'ai pris les trois personnes, c'est-à-dire le recteur de l'Université de Kinshasa, l'ambassadeur de la France en RDC, de venir signer la Convention. Juste après, il y aura une photo des familles. J'inviterai le président et le professeur Mouyembe, les ministres, pour la photo. Monsieur le recteur, un bon enseignant, il a l'habitude de corriger de notes, donc ça lui prend un peu légèrement quelques secondes pour signer. Monsieur le recteur, merci de terminer un peu plus tôt. Merci beaucoup, monsieur le recteur. On va appeler monsieur l'ambassadeur.

S'il vous plaît, monsieur le recteur. Monsieur le recteur, vous restez encore là. Les diplômantes ont leur langage, c'est de code, ça passe, je pense, ça va aller un peu plus vite. Monsieur l'ambassadeur, je n'ai pas eu tort. Je n'ai pas eu tort, vous avez remarqué. Monsieur le ministre, s'il vous plaît, vous conviendrez avec moi les politiciens aussi leur langage. C'est fini ? Pas encore ? Les politiciens prennent un peu plus de temps. Peut-être pour mieux faire passer le message. Ah, c'est fini quand même. OK. Alors, j'invite nos amis des ANRS, IRD, université, vous restez si vous voulez, monsieur le ministre. Je vais simplement faire professeur Mouyembe, aussi. pour la photo des familles.

Excellences, monsieur le président, s'il vous plaît, je n'ai pas vu... Excellences, monsieur le ministre, ce n'était pas l'appel nominale, donc j'ai appelé les membres du gouvernement. Chers amis photographes, vous avez cinq secondes pour la photo souvenir. j'ai des comptes. Merci beaucoup, Excellences, monsieur le président. Chers amis,