Sébastien Ogier : "Après ma carrière en rallye, je vais peut-être m'essayer à d'autres disciplines"
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On revient ce matin sur l'année sportive avec vous Sébastien Augier, bonjour.
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Sébastien Augier, vous avez 34 ans, vous venez des Hautes-Alpes près de Gapes.
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Champion du monde six ans de suite, on ne se lasse pas à la longue ?
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Malgré cette trajectoire extraordinaire, vous n'êtes pas très médiatisé.
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Comment ça se fait ? Pourquoi les Français, pourquoi les médias, on peut aussi se mettre en cause, ne s'intéressent pas autant au rallye automobile ?
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Dites-nous un peu, Sébastien Augier, tous ces pays que vous visitez chaque année.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« c'est avec grand plaisir qu'on perpétue la tradition française du WRC »
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« ça fait maintenant 15 ans que ça dure, 6 pour moi, qui succèdent au 9 de Séb Loeb et Daniel Elena »
- 1:42Invité politiqueFait
« Je suis issu d'un milieu assez modeste »
- 1:46Invité politiqueFait
« le sport automobile, c'est difficile d'accès. C'est un sport coûteux »
- 3:21Invité politiqueFait
« c'est un championnat du monde, comme le nom le porte. Donc ça va partout, principalement en Europe malgré tout »
- 3:29Invité politiqueFait
« L'année prochaine, on ira au Chili »
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« avec la France, ça se déroule en Corse, le Tour de Corse. Il y a l'Espagne, l'Angleterre, la Finlande, la Suède, l'Allemagne, l'Italie avec la Sardaigne »
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« On peut sortir de la voiture »
- 5:18Invité politiqueFait
« quand je vois l'évolution du trafic dans les grandes métropoles comme ici à Paris. Je me dis que ça devient de plus en plus compliqué et ingérable »
- 5:44Invité politiqueFait
« Et pour moi, polluer tout électrique, hybride ? »
- 5:49Invité politiqueFait
« je ne suis pas convaincu du tout électrique. Parce que je pense que c'est quand même très coûteux pour l'environnement »
- 5:52Invité politiqueFait
« En termes d'extraction de matériaux rares pour produire l'électrique »
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« Le recyclage, je pense, ne sera pas si simple que ça aussi à l'avenir »
- 6:42Invité politiquePromesse
« Il y a des bonnes chances que je participe à d'autres catégories de sport automobile à l'avenir »
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Il est 6h21, ils ont fait l'actualité en 2018, ils l'ont vécu, ils l'ont observé. On revient ce matin sur l'année sportive avec vous Sébastien Augier, bonjour. Bonjour. En 2018, vous êtes devenu champion du monde des rallies pour la sixième année consécutive. On va le citer aussi, vous n'êtes pas seul dans la voiture. Vous avez remporté ce championnat du monde avec votre copilote de toujours, Julien Ingracia. Sébastien Augier, vous avez 34 ans, vous venez des Hautes-Alpes près de Gapes. Champion du monde six ans de suite, on ne se lasse pas à la longue ?
Non, c'est des habitudes qui sont plutôt bonnes. Et sinon, c'est avec grand plaisir qu'on perpétue la tradition française du WRC, puisque ça fait maintenant 15 ans que ça dure, 6 pour moi, qui succèdent au 9 de Séb Loeb et Daniel Elena. Donc non, c'est pourvu que ça dure. Il y a un savoir-faire français en matière de rallye. Il y a une école française de conduite automobile ? Oui, il y a clairement une école. En fait, je pense que c'est beaucoup lié à l'implication de notre fédération, la FFSA, qui a mis en place depuis un certain nombre d'années un système de détection de jeunes pilotes.
Et c'est grâce à cette sélection que j'ai pu me lancer dans le sport automobile, que j'ai pu financer mes premières saisons. Et Séb Loeb a été détecté également grâce au système de sélection. Et ça, il y a beaucoup de pays qui nous envient dans le sport automobile, parce qu'ils voient le succès de cette sélection. Et c'est vrai que moi, je ne me lasse pas de répéter que sans cette sélection, je ne serais probablement pas où je suis aujourd'hui. Je suis issu d'un milieu assez modeste. Et c'est vrai que le sport automobile, c'est difficile d'accès. C'est un sport coûteux. Un sport coûteux, exactement.
Et c'est vrai que la fédération en France met en place un système qui permet justement de sauter le pas et d'avoir ce coup de pouce financier dont on a besoin au début. Et c'est un beau succès.
Malgré cette trajectoire extraordinaire, vous n'êtes pas très médiatisé. Alors, il faut dire que cette année, il y a eu une rude concurrence. Bon, vous n'êtes pas Kylian Mbappé. On ne vous arrête pas autant que lui dans la rue. Comment ça se fait ? Pourquoi les Français, pourquoi les médias, on peut aussi se mettre en cause, ne s'intéressent pas autant au rallye automobile ?
Je ne sais pas. C'est une bonne question. Après, on est conscient que... Ça vous énerve ? Ça vous déçoit ? Honnêtement, je ne suis pas jaloux de cette tranquillité que je peux avoir dans la rue. Contrairement à un joueur de football qui est clairement hyper sollicité 24 heures sur 24. Pour nous, c'est vrai que de temps en temps, finalement, c'est appréciable d'avoir une vie tranquille au quotidien. Mais c'est sûr que c'est aussi sympa d'avoir de la reconnaissance pour ce qu'on fait. Parce que je suis fier malgré tout de Portéo, les couleurs de la France, depuis un certain nombre d'années maintenant. Et bon, la reconnaissance, elle est là. Elle grandit quand même.
Et peut-être qu'elle aura tendance à augmenter l'année prochaine avec notre retour chez Citroën, dans une équipe 100% française. Et essayer de faire une success story à la française. Oui, vous parlez de Portéo, les couleurs de la France.
Il faut expliquer aux auditeurs de France Inter que le championnat du monde des rallies, ça se fait sur tous les continents. Dites-nous un peu, Sébastien Augier, tous ces pays que vous visitez chaque année. Vous êtes allé ou tiens en 2018 ?
Oui, alors c'est vrai que c'est un championnat du monde, comme le nom le porte. Donc ça va partout, principalement en Europe malgré tout. Mais on va aussi sur le continent sud-américain avec l'Argentine, le Mexique. L'année prochaine, on ira au Chili. La dernière épreuve du championnat s'est jouée en Australie cette année. Et puis sinon, après, c'est un petit peu tous les pays d'Europe. Donc avec la France, ça se déroule en Corse, le Tour de Corse. Il y a l'Espagne, l'Angleterre, la Finlande, la Suède, l'Allemagne, l'Italie avec la Sardaigne. C'est sûr que c'est un beau championnat où on a la chance de voyager et de voir pas mal de beaux paysages aussi.
Parce qu'en plus, le rallye, c'est un site naturel. Ce n'est pas un circuit fermé. Donc vous êtes vraiment au cœur des paysages.
Exactement. Et c'est quelque chose qui me plaît beaucoup dans cette discipline. C'est la variété des terrains que l'on parcourt. Parce qu'il y a certaines épreuves qui se déroulent sur asphalte, sur des routes que tout le monde connaît. Mais il y en a d'autres qui se déroulent sur les chemins en terre. Pour la plupart d'ailleurs, la plupart du championnat se déroule sur des chemins en terre. Des fois, il peut y avoir de la neige, du verglas. De la neige, exactement. Avec le rallye de Suède qui est un rallye magique et très grisant. Parce que c'est finalement le rallye le plus rapide de l'année. Le profil des routes est très rapide.
C'est-à-dire qu'on roule très vite sur verglas et sur neige en rallye.
Exactement. Mais on a des pneus qui nous permettent de le faire aussi. Avec des gros clous qui offrent une adhérence assez incroyable sur la neige.
N'importe qui ne peut pas le faire.
Exactement. N'essayez pas qu'à votre voiture de tous les jours, ça ne marchera pas.
Justement, Sébastien Ogier, parlons-en de la voiture de tous les jours. Il y a un débat qui est posé depuis plusieurs années. Mais aussi depuis plusieurs semaines en France. La fin du tout voiture, sortir de la voiture. Vous aimez la voiture, vous aimez la bagnole. C'est facile de faire sortir une société de la voiture. Je ne parle pas du pilote de rallye. Mais de Sébastien Ogier dans la vie de tous les jours. Et des Français dans leur vie de tous les jours.
On peut sortir de la voiture. Je pense que ce n'est pas facile. Mais il y a malgré tout un virage à prendre. Parce que la voiture, ça reste pour beaucoup d'entre nous un objet plaisir quand même aussi. Et qui est vraiment important. J'ai envie de dire pour l'homme. En tout cas pour moi, c'est toujours quelque chose qui m'a fait rêver. Mais quand je vois l'évolution du trafic dans les grandes métropoles comme ici à Paris. Je me dis que ça devient de plus en plus compliqué et ingérable. Et qu'il va falloir trouver des solutions pour que le transport en commun fonctionne mieux. Et pour que les moyens de se déplacer en ville passent finalement par autre chose que l'automobile.
Parce que ça devient insupportable. Et moi, le premier, quand j'arrive à Paris, je ne vois pas comment c'est possible de vivre ça au quotidien. Et pour moi, polluer tout électrique, hybride ? Alors moi, je ne suis pas convaincu du tout électrique. Parce que je pense que c'est quand même très coûteux pour l'environnement. En termes d'extraction de matériaux rares pour produire l'électrique. Le recyclage, je pense, ne sera pas si simple que ça aussi à l'avenir. Donc pour moi, je pense que ce n'est pas forcément une bonne solution de s'engager à 100% dans cette direction unique. Bien sûr qu'il faut passer par de l'hybride et essayer de trouver des solutions pour polluer de moins en moins.
Mais à long terme, je pense qu'il y a encore mieux à faire. Et que je suis sûr qu'on trouvera des solutions encore plus intéressantes que l'électrique.
Je le disais en début d'interview, Sébastien Augier, vous venez des Hautes-Alpes près de Gapes. Vous étiez bon skieur. Vous aviez clairement réfléchi à devenir skieur du haut niveau. Puis vous êtes devenu pilote de rallye. Est-ce qu'on pourrait imaginer un nouveau changement de discipline après le rallye ? Soit dans un autre sport, soit toujours en automobile. Mais pourquoi pas en Formule 1 ?
Il y a des bonnes chances que je participe à d'autres catégories de sport automobile à l'avenir. C'est vrai que le sport a toujours fait partie de ma vie. Et plus jeune, j'ai beaucoup fait de ski. Et j'aurais effectivement aimé devenir peut-être skieur professionnel. Mais je n'en avais pas le niveau, pas les capacités. Donc finalement... Vous êtes bien rattrapé. Voilà, je me suis bien rattrapé. Niveau palmarès en tout cas. Mais c'est sûr qu'après ma carrière en rallye, je vais certainement m'essayer à d'autres disciplines. La Formule 1, il faut être réaliste. C'est un petit peu tard et ce n'est pas quelque chose de vraiment envisageable.
Mais peut-être faire des courses comme les 24 heures du Mans. Ça peut être des directions pour moi pour l'avenir.
Sébastien Augier, invité de France Inter. Six fois champion du monde de rallye et champion du monde des rallies en 2018. Bonne fête de fin d'année. On vous retrouve sur les routes dans trois semaines environ au volant d'une Citroën. Ce sera le rallye de Monte Carlo.
Exactement. Je vous souhaite également de très bonnes fêtes à tous. Pour moi, c'est une petite coupure de deux semaines de vacances avant de se remettre tout de suite au travail. et de repartir à l'assaut du championnat du monde 2019 avec ma nouvelle équipe Citroën. Et essayer de débuter une nouvelle page de notre carrière. Bonne chance à vous et à votre coéquipier Sébastien Augier. Merci.